Harry regarda son réveil tout rapiécé : 4 02 Il soupira. Il essaya de retrouver le sommeil mais ses efforts étaient vains. Il craignait de replonger dans le cauchemar de la mort de Cédric. Même si il savait que ce n'était pas réellement sa faute, il ne pouvait s'empêcher de culpabiliser. Une larme coula sur sa joue… Il se recroquevilla sur lui-même, sanglotant doucement. Parfois il souhaitait être normal, à la limite comme les Dursleys. Il en avait assez d'être « the boy who lived », d'avoir affronté quatre fois Voldemort, être le gagnant malgré lui du tournoi des trois sorciers. Il voulait être un garçon de 15 ans normal, sans passé taché par le sang, avec des parents, une petite amie. Mais il avait fallu qu'il devienne le Survivant. Si seulement Voldemort n'avait jamais existé… Il ne savait même pas pourquoi Tom était venu le tuer à l'âge de un an.
Mais toutes ces réflexions étaient vaines, parler avec des si ne servaient à rien ; Harry le savait bien. Un nouveau but enflammait son esprit depuis le début des vacances : comprendre. Comprendre pourquoi tout cela n'arrivait qu'à lui. Il devait bien avoir quelque chose d'autre pour subir tous ces malheurs. Il était décidé à trouver des réponses.
Un autre but, plus fou, plus incroyable le rongeait de l'intérieur : vaincre Jedusor. Il devait le faire pour ses parents, son parrain et ses amis… Ses amis, même s'ils devaient les abandonner pour leur sûreté il le ferait. Il ne supporterait pas d'être le responsable d'autres meurtres.
Plongé dans ses pensées, Harry sombra dans un sommeil agité…

- Tue l'autre
- Avada Kedavra !
Une lumière verte… un bruit sourd… Cédric les bras en croix… Mort

Harry se réveilla en sursaut. Encore une fois, il avait vu la mort de Cédric mais il ne s'y habituerait jamais. Ses rêves attisaient seulement de plus en plus la haine et la colère qu'il avait envers le Seigneur des Ténèbres.
La voix aiguë et pincée de Tante Pétunia lui agressa les oreilles « Lève-toi fainéant ! Tante Marge arrive à midi, je veux que tu sois présentable. Dépêche-toi donc ! »
Harry maugréa, il doutait pouvoir se contenir avec cette purge de Marge à Privet Drive. Comme il ne voulait pas énerver plus sa tante, il se leva et se dirigea vers la salle de bain pour se doucher. Après quelques minutes, de retour dans sa chambre, il s'habilla et s'inspecta dans le miroir. Pour une des premières fois de sa vie, le reflet que lui renvoya le miroir lui plaisait presque. Le Harry Potter, maigre et chétif avait disparut, au profit d'un jeune homme plutôt bien bâti. Le tournoi des trois sorciers l'avaient en effet entraîné physiquement et pendant l'été pour oublier Lord Voldemort, il s'était infligé moult sport. Son visage avait depuis longtemps perdu son innocence remplacée par une maturité excessive pour ses 15 ans. Ses yeux étincelaient comme des émeraudes et portaient en eux l'empreinte de trop d'horreurs. La seule chose qui n'avait pas changé était ses cheveux, toujours aussi touffu et indomptables d'un noir profond. De plus il avait grandi, tout cela le rendait, il fallait bien l'avouer, très séduisant. Avant de descendre, il glissa sa baguette sous son t-shirt pour pouvoir se défendre facilement contre un excès de colère de Marge ou de Vernon.

Marge arriva vers midi, comme deux années auparavant elle faillit déboîter la mâchoire de Pétunia en l'embrassant, et lorsque elle étreignit Dudley,la scène aurait pu être confondu avec un combat de sumo, Harry dû se pincer pour ne pas éclater de rire. Marge ressemblait maintenant comme deux gouttes d'eau à son frère et avait toujours des goûts vestimentaires légèrement douteux. Au grand bonheur de Harry, la nouvelle venue ne semblait pas l'avoir remarqué, il resta alors bien sagement derrière la porte et entendit les Dursleys se diriger vers le salon pour prendre le thé. Le jeune Potter monta rapidement dans sa chambre. A sa grande surprise lorsqu'il ferma la porte, il vit 5 hiboux qui visiblement l'attendaient. En effet, c'était le jour de son anniversaire et il l'avait complètement oublié. Il reconnut Hedwige qui vint se poser directement sur son épaule et Coq qui voletait frénétiquement à travers sa chambre. Il ouvrit en premier la lettre de sa chouette et vit avec joie que c'était une lettre de son parrain.

Cher Harry,

Tout d'abord, Joyeux Anniversaire ! J'espère que tu vas bien malgré la menace de Voldemort. En ce moment, je suis à Hogwarts car la mission que Dumbledore avait confiée à Snape et moi a été un véritable fiasco. Notre but était de retrouver Pettigrow mais ce sale rat semble être bien protégé. Passons sur une note plus joyeuse : comme je serai à Hogwarts toute cette année en tant que *chien du professeur de défense contre les forces du mal* nous pourrons nous voir plus souvent. J'espère que ton cadeau te plaira et te dit à bientôt.

Prends soin de toi et à bientôt Sirius

Cette lettre réchauffa le cœur d'Harry car durant cet été et sa quatrième année leurs liens s'étaient considérablement resserrés. Il était devenu son principal soutient, presque un père. Il ouvrit avidement le colis qui accompagnait la lettre et découvrit un livre intitulé « Animagi pour facéties, vite et bien ! Par Moony, Padfoot et Prongs ». Le cœur d'Harry fit un bond, il ouvrit la première page et lut une note de son parrain. « Nous l'avons écrit pendant notre septième année, c'est l'original, il te revenait. Je t'aiderai pour ton apprentissage, je pense que cela ne t'apportera un avantage pour ton avenir. » Harry observa le livre de long en large remerciant son parrain pour ce magnifique cadeau. Il se décida à attraper Coq, ce fut assez rapide grâce à ses talents d'attrapeur.

Cher Harry,
Joyeux Anniversaire !
J'espère que malgré les événements récents tu te portes bien. Au ministère c'est la débâcle, Fudge nie toujours tout en dépit des meurtres envers les moldus et sorciers, Papa et Percy sont de moins en moins à la maison… De plus, Dumbledore refuse de te laisser venir au terrier pour ta sécurité, je suis vraiment désolé. Je te souhaite tout de même de bonnes vacances en espérant que ton cadeau te sera utile ! Il s'agit d'un abonnement à la gazette !
Ne te laisse pas faire pas tes moldus,
Essaye de venir le 28 au chemin de traverse, Hermione y sera,
Ron

PS : Hermione a été nommé préfète…

Harry sourit en pensant qu'il pourrait enfin avoir des nouvelles du monde des sorciers. Il se dirigea vers un hibou inconnu pour prendre une nouvelle lettre.

Cher Harry,
Je te souhaite un joyeux anniversaire. Finalement je ne suis pas allée en Bulgarie avec Viktor. Je pense que je dois être franche avec toi. Ron et moi sommes ensemble depuis le début des vacances. Voila … désolée de ne te l'avoir pas dit plus tôt mais j'avais peur que tu le prennes mal. Au fait, j'ai été nommé préfète ! Ron n'est pas enchanté. Je ne sais pas qui est le garçon préfet, sais-tu ?
J'espère que mon cadeau te plaira et que tu puisses venir au chemin de traverse le 28.

Amitiés
Hermione

PS : Je te présente mon nouveau hibou, Vec.

Harry reposa sa lettre et regarda, sceptique, le petit colis qui l'accompagnait. La boîte était trouée. Le jeune homme l'ouvrit prudemment et découvrit avec stupéfaction un petit serpent. Sans attendre il engagea la discussion :
« Sssalut, je m'appelle Harry et tu es ?
Je ssuiss étonné de pouvoir vous parler, Maître, je n'ai pas de nom mais vous pourriez m'en donner un ?
Hum… Thryn çsssa te va ? Et appelle-moi Harry, pas de maître.
Je sssuiss d'accord, je m'appellerai donc Thryn. »
Harry sourit à son nouvel ami, content de voir qu'il pourrait converser… Puis il considéra ses amis en tant que couple, d'un côté c'était tant mieux, il pourrait les éloigner plus facilement de lui s'ils passent leurs temps à se bécotter.
Harry prit la lettre que lui tendait un hibou grand duc.

Cher Mr Potter,
Vous voudrez bien prendre note que la nouvelle année scolaire commencera le 1er septembre. Le Hogwarts Express partira de la gare de King's Cross, quai n° 9 ¾ à onze heures précises.
Vous trouverez également sous ce pli la liste des livres qui vous seront nécessaires au cours de l'année scolaire.
Le bal de l'année dernière ayant rencontré un franc succès, veuillez vous procurer aussi une robe de bal.
De plus, veuillez prendre note que je vous ai nommé préfet de Gryffindor accompagné de Miss Granger.
Avec mes meilleurs sentiments,
Professeur M. McGonagall, directrice adjointe.


Lui ? Préfet ? Il n'en revenait pas. Quand il se fut remis de ses émotions, il s'intéressa à la dernière lettre.

Cher Harry,
Tout d'abord, bon anniversaire. Cette lettre te paraîtra sûrement étrange étant donné que tu m'as seulement connu en tant que professeur mais tant pis.
J'espère que tu vas bien malgré les derniers événements. Je voulais aussi t'avertir que je reprends en main le poste de professeur de défense contre les forces du mal à la grande joie de Snape, tout cela pour te dire que nous étudierons les patroni, sortilège que tu maîtrise déjà à merveille donc tu risques de t'ennuyer ferme pendant mes cours, alors mon chien et moi nous nous disions que si tu avais d'autres projets, comme devenir un animagus … mon dieu, j'en ai trop dit !
Je te souhaite d'ores et déjà de bonnes vacances et te dit à bientôt, en espérant que mon cadeau te plaira.

Amitiés
Rémus

Harry reste bouche bée devant sa lettre. Il n'aurait jamais imaginé le professeur Lupin ainsi. Mais il se réjouissait d'avoir deux personnes qui le soutiendraient un peu comme des parents. Il s'intéressa au reste du colis et découvrit un livre intitulé « Recueil de nos meilleurs farces écrit par les Maraudeurs » Harry vit que Rémus lui avait laissé une note.

Le mot de passe pour ouvrir le livre est Lily Flower. Je pense que tu as compris que c'est ton père qui l'a choisi… Nous l'avons écrit après notre scolarité. Réfléchis avant de le montrer aux jumeaux, les conséquences pourraient être désastreuses…

Harry était heureux, ses cadeaux étaient merveilleux. Il remarqua que Molly lui avait envoyé un gros gâteau et les jumeaux un assortiment de leurs premières inventions pour le remercier des mille galions.
Le jeune homme passa le reste de l'après-midi à apprivoiser Thryn et à explorer ses cadeaux, sans oublier de répondre à ses amis, son parrain et Sirius.

Mais le calme ne pouvait pas durer longtemps, en début de soirée la voix tonitruante de Pétunia lui hurla de descendre souper.
Lorsqu'il arriva en bas, les yeux perçants de la tante Marge lui laissèrent penser à un moment pénible en perspective.