Troisième drabble qui arrive avec un peu beaucoup de retard.. Et très court aussi.. Bonne lecture quand même!


Steve expira doucement. Le moment de vérité était enfin arrivé. Sanglé à la table du Dr Erskine, le jeune homme se sentait plus sûr de lui qu'il ne l'avait jamais été. Les appareils d'Howard Stark clignotants et les scientifiques tournants autour de lui le stressaient mais il était fier et déterminé. Rien ne le ferait changer d'avis. Son entrainement au camp militaire l'avait conforté dans son idée de faire partie de l'armée. Peut-être que son physique était une tare mais son caractère généreux et patriote était son atout.

Complètement déconnecté de son environnement, Steve vit le caisson se refermait sur lui. Les pensées se bousculaient dans sa tête. Le Dr Erskine lui avait dit que ce qui était en lui allait être décuplé grâce au sérum. Son patriotisme, sa générosité, sa bonté. Mais quoi d'autre ? Steve avait peur des parties inconnues, ou du moins laissées sans analyse approfondie, de sa personnalité. Comme les sentiments.

Les images de ses parents défilèrent devant ses yeux, il pouvait presque sentir leur fierté. Puis il pensa à Bucky. A ses yeux cristallins et son sourire. A son absence.

Une douleur fulgurante le foudroya. Il se sentit défaillir et hurla en s'en déchirer les poumons mais pour rien au monde il n'arrêterait la procédure. Il le fit savoir au docteur et serra les dents sous les assauts de plus en plus douloureux des rayons métamorphosant son corps. Un flot de pensées tourbillonna dans son cerveau, lui faisant perdre contact avec la réalité.

Enfin, la douleur s'estompa et son esprit se stabilisa. Les portes s'ouvrirent pour laisser place au nouveau Steve Rogers. Il répondit mécaniquement aux diverses sollicitations mais ses pensées étaient ailleurs. Déjà au front. Aux côtés du sergent Barnes. Toutes à lui.

Ainsi, ses sentiments aussi s'étaient décuplés. Et ceux qu'il ressentait pour Bucky, cette crainte qui le cloisonnait depuis son adolescence était justifiée. Parce que c'était bien de l'amour qu'il ressentait pour son ami d'enfance.