Chapitre 21

Le jour du bal, tous ceux que l'on attendait étaient là, certains d'entre eux retardés par le mauvais temps, mais arrivés avec suffisamment d'avance pour s'installer. Nouvellement arrivés étaient le capitaine Campbell, et Lord Andrew et Lady Alice, qui avaient tous deux l'air grave, mais avaient estimé qu'une partie de la famille Fitzwilliam devait être là. Mme Annesley avait exprimé ses regrets de ne pouvoir venir pour le bal, car elle ne pouvait s'éloigner de sa nouvelle famille plus longtemps que pour le mariage lui-même.

Elizabeth ressentait le bourdonnement d'activité dans la demeure, qui se préparait à son plus grand événement depuis des années, mais voyait à l'expression de Mme Reynolds que tout se déroulait comme prévu ; peut-être Mme Wright avait-elle réellement apporté son assistance. Elizabeth passa donc sa matinée et son après-midi dans une parfaite sérénité, avant de monter voir Sarah pour se changer.

Elle et Georgiana furent les premières à redescendre – il y avait peu de plaisir à s'habiller pour ce bal – et, comme Elizabeth passait la table dans le hall d'entrée, elle réalisa que tout le monde avait été si occupé ce jour-là qu'ils avaient totalement négligé le courrier, si bien que plusieurs lettres attendaient dans la petite boîte dorée. Elle en fit la remarque à Georgiana, et se saisit des lettres. La première était un courrier d'affaires pour Darcy, mais Elizabeth eut en choc en réalisant que la deuxième venait de Lord Brandon. Elle avait été mal acheminée – l'écriture de Lord Brandon était l'opposé de celle de son épouse – et Elizabeth l'avait tout juste ouverte quand elle réalisa ce dont il retournait.

« Une élégante voiture remonte l'allée, madame, elle n'était pas attendue », dit M. Parker, se précipitant vers elle.

« C'est bien trop tôt pour nos voisins », dit Elizabeth, le suivant, Georgiana lui emboîtant le pas.

Ils réalisèrent en passant la porte que la voiture était aux armes des Brandon, et Elizabeth regretta de ne pas avoir remarqué la lettre plutôt, car elle n'avait pas la moindre idée des personnes qui sortiraient de la voiture. Son cœur se mit à battre à l'idée que sûrement, les Fitzwilliam ne seraient pas venus jusqu'ici pour délivrer en personnes de mauvaises nouvelles. Lord Brandon sortit en premier, puis aida Lady Ellen à descendre. Il avait l'air semblable à lui-même ; en revanche, Lady Ellen semblait pâle, et lasse, mais avec un air heureux qui voulait certainement dire…

« Edward ! » s'exclama Georgiana, car on pouvait voir le colonel Fitzwilliam derrière sa mère.

« Tout à fait ! J'ai cru comprendre qu'il y avait un mariage, et je n'ai pas encore donné mon consentement ! » Le colonel descendit d'un bond de la voiture, et enlaça Georgiana, l'air en bonne santé, excepté...

Elizabeth retint son souffle, et Georgiana devait maintenant l'avoir remarqué, bien qu'elle ne pût rien dire, et n'avait sans doute rien à dire, au milieu de ses sanglots de joie. Le colonel Fitzwilliam avait souffert le sort qu'ils avaient craint pour le capitaine Stanton – il n'y avait pas d'écharpe à son bras, uniquement sa manche désormais inutile, épinglée à son manteau.

« Nous l'avons trouvé dans l'une des maisons réquisitionnées et transformées en hôpital, à Bruxelles. L'amputation avait déjà eu lieu », murmura Lady Ellen à Elizabeth, sa voix s'emplissant de larmes au mot amputation. « Il le supporte incroyablement bien, cependant, et nous avons bien plus de chance que de nombreuses familles. C'était le bras gauche, au moins, et il est en bonne santé, à part cela. C'est bien mieux que ce que j'ai parfois craint. »

Une fois de plus, Elizabeth fut surprise par une présence supplémentaire dans une voiture arrivant à Pemberley, car quand l'excitation due à l'apparition du colonel Fitzwilliam se calma, Lydia descendit de la voiture, défaillit, se redressa, et s'écria, « Mon Wickham est mort ! »

« Mon Dieu – Lydia ! » s'exclama Elizabeth.

« Lord Brandon, vous devez avoir dit à Mme Darcy dans votre lettre que sa sœur voyageait avec nous », dit Lady Ellen.

« Je n'ai pas encore eu l'occasion de lire votre lettre », dit Elizabeth. « Elle a d'abord été mal acheminée, et je viens seulement de la remarquer dans notre courrier. Mais nous sommes très soulagés de tous vous voir. Je vous en prie, entrez, et nous allons faire le point. »

Ils la suivirent tous au salon bleu, où ils pouvaient fermer les portes pour s'assurer un peu d'intimité, car les invités devaient se retrouver dans le salon jaune avant d'aller au bal.

Elizabeth demanda à M. Parker d'envoyer chercher Darcy, ses propres parents, et Lord Andrew et Lady Alice ; car elle fut rapidement informée que le courrier envoyé à elle-même et Darcy avait inclus une lettre au frère du colonel Fitzwilliam, visant à lui impartir les mêmes informations qu'elles venaient juste de découvrir.

Les Fitzwilliam présentèrent leurs humbles excuses pour le délai de la lettre. Lord Brandon l'avait écrite durant la traversée pour Ramsgate, sur le Daphnée, et ils l'avaient postée en exprès de l'auberge où ils avaient loué une voiture, mais il semblait que le propriétaire eût empoché l'argent pour l'exprès, plutôt que de l'envoyer ainsi. Ils avaient été certains que la lettre irait plus vite qu'eux, comme ils s'arrêtaient à Londres pour deux nuits, avant de partir pour le Derbyshire. Tout fut aisément pardonné, et Elizabeth venait de demander une meilleure explication de la manière dont ils avaient trouvé Lydia, quand Mme Bennet entra, suivie par les autres.

« Oh, Lydia ! Mon enfant, vous nous avez été retournée ! » s'écria-t-elle, enlaçant sa fille.

« Maman, mon Wickham est mort ! Nous avons cherché dans tous les hôpitaux, et nous n'avons pas pu le trouver. Mon pauvre, mon cher Wickham ! »

Sa femme et sa benjamine étant maintenant en larmes, M. Bennet remercia calmement Lord et Lady Brandon de s'être occupés de Mme Wickham, et de la leur avoir ramenée. Lord Andrew et Lady Alice entrèrent et furent extrêmement choqués de trouver leur frère dans le salon ; Elizabeth fut surprise de voir Lord Andrew, qu'elle avait toujours pensé fort stoïque, verser quelques larmes à la vue de son frère ; et les Fitzwilliam passèrent un certain temps à s'embrasser avant de tourner leur attention vers les autres personnes présentes.

Ils s'assirent tous, et les Fitzwilliam expliquèrent comment ils étaient tombés par accident sur Lydia, car elle cherchait dans tous les hôpitaux en même temps qu'eux, et ils l'avaient entendue poser des questions sur M. Wickham, dans un lieu où ils venaient d'effectuer leur propre enquête. Ils lui avaient demandé si elle était la sœur d'Elizabeth Darcy – elle l'était – et ils s'étaient unis dans leurs recherches dans les hôpitaux.

Le colonel Fitzwilliam fut trouvé, le porte-drapeau Wickham ne le fut pas. Après des recherches aussi exhaustives, car ils avaient vérifié dans chacune des maisons réquisitionnées, et même dans les granges plus proches du front, ils avaient été forcés de conclure qu'on ne le trouverait pas aux Pays-Bas, et avaient convaincu Lydia de faire la traversée avec eux. Quand il ne put être trouvé à Ramsgate, ni à Londres, ils avaient commencé à soupçonner qu'il était mort sur le champ de bataille, comme tant d'autres.

« Lizzy, avez-vous quelque crêpe noir ici ? Sinon, où peut-on en acheter ? » demanda Mme Bennet. « Ma pauvre, pauvre Lydia va devoir prendre le deuil. Nous allons tous le prendre. »

« Mon Dieu, elle a raison », murmura Elizabeth à Darcy. « Il était mon frère. Au moins vous et moi allons devoir porter le deuil. Il est trop tard pour faire quoi que ce soit pour le bal, mais le mariage… »

« Il est hors de question que le mariage de Georgiana soit reporté à cause de cet homme », dit Darcy, plus fort qu'il n'en avait eu l'intention.

« Et pourquoi pas, monsieur ? » s'écria Mme Bennet. « Il est de votre famille, et il est mort en héro ! Et vous n'allez pas faire son deuil, comme il convient ? »

« Cet homme a fait tout ce qu'il pouvait pour calomnier mon nom, et a bien failli ruiner votre famille », dit Darcy.

Des personnes présentes dans la pièce, seuls lui, Elizabeth, le colonel Fitzwilliam et bien sûr Georgiana savaient la blessure bien plus profonde qu'il avait infligée aux Darcy, même s'ils ne l'évoqueraient pas. Et parmi eux, c'est le colonel Fitzwilliam qui prit finalement la parole, tentant une approche différente :

« Madame, nous devrions peut-être attendre jusqu'à ce que ce soit absolument sûr. Il est possible qu'il y ait d'autres hôpitaux dont nous n'ayons pas entendu parler, où qu'il ait été hébergé par un fermier quelque part. Ou qu'il ait fait la traversée vers un autre port, et n'ait pas encore eu la possibilité d'en informer Mme Wickham. Je suis sûre que vous ne souhaitez pas en faire le deuil, et apprendre plus tard qu'il est encore en vie. »

Mme Bennet sembla apaisée par cet argument, mais Lydia y resta insensible, et dit, avec de nouvelles larmes, « Il est mort, j'en suis sûr. Je le sais dans mon cœur. Il m'aurait trouvée s'il était encore vivant ! Vous pouvez attendre avant de faire votre deuil si vous le souhaitez, mais je le démarre dès maintenant, car je sais que mon Wickham nous a quittés. »

Ceci étant réglé, les Fitzwilliam et Lydia furent encouragés à monter à l'étage et se changer pour le rapide dîner qui précéderait le bal. Elizabeth vit la bataille à l'intérieur de la tête de Lydia à l'idée de manquer le bal, car elle ne pouvait guère y participer pendant son deuil, mais au crédit de sa sœur, elle maintint sa position, et dit qu'elle resterait dans ses appartements après le dîner.

Comme le reste du groupe s'en allait, Elizabeth, Darcy, Georgiana et le colonel Fitzwilliam restèrent en arrière. Quand les autres furent tous partis, le colonel Fitzwilliam dit, « Je suis heureux que Mme Wickham le croit mort, car selon toute probabilité il est mort, mais cela pourrait prendre des mois à l'armée avant de mettre les choses au point et de le déclarer décédé. Je n'aimerais pas lui donner de faux espoirs, mais comme Darcy, je ne veux pas que le mariage de Georgiana soit différé à cause de cet homme, même s'il est mort. »

Ils se dirigèrent vers le salon jaune, et croisèrent dans les couloirs le capitaine Stanton, qui fut rapidement présenté au colonel Fitzwilliam.

« J'ai entendu dire que vous étiez rentré, monsieur, et je voulais exprimer ma joie de vous voir revenu », dit le capitaine Stanton.

Le capitaine Fitzwilliam le remercia avec raideur, et le capitaine Stanton sembla remarquer la tension dans le groupe, car il regarda Georgiana avec curiosité. Elle prit son bras, et Elizabeth l'entendit murmurer la nouvelle de la disparition, et probablement de la mort de M. Wickham, et du débat sur la nécessité de prendre le deuil.

« Je suis d'accord que nous ne devrions pas reporter le mariage pour cet homme », dit-il, de façon si particulière qu'Elizabeth fut certaine que Georgiana lui avait déjà fait le récit de son histoire avec Wickham. « Comment prenez-vous la nouvelle, ma chère ? »

« Je ne sais comment la prendre », dit Georgiana. « Il n'était pas un homme bon, et il a essayé de m'utiliser à de mauvaises fins, mais je ne peux souhaiter la mort de qui que ce soit. »

Ils continuèrent en silence, le colonel Fitzwilliam les quittant afin d'aller s'habiller pour le dîner. Le salon était déjà rempli par tous leurs invités, hormis les derniers arrivés et Mme Bennet, qui était montée avec Lydia. Ils regardèrent tous Elizabeth et Darcy avec curiosité quand ils entrèrent. Il était clair que la nouvelle de l'arrivée de la voiture des Brandon avait déjà fait le tour de la maisonnée. Darcy fit une brève annonce, expliquant le retour du colonel Fitzwilliam et les nouvelles personnes qui se joindraient à eux, avant de préciser que l'on n'avait toujours pas de nouvelles du porte-drapeau Wickham.

« Pauvre gars », dit Lady Tonbridge. « Nous devons tous prier pour qu'il rentre sain et sauf. M. Stanton, peut-être pouvez-vous nous montrer l'exemple ? »

David Stanton s'exécuta, puis le groupe se détendit autour d'une conversation similaire à celles des derniers jours. Elizabeth fit le tour de la pièce du regard pour s'assurer que tout le monde était confortable, et s'arrêta avec surprise en voyant Mary. Car les cheveux de Mary étaient coiffés sans leur austérité habituelle, et pour une fois, mettaient son visage en valeur – elle avait d'ailleurs l'air assez jolie, et Elizabeth était heureuse de la voir montrer enfin quelque intérêt pour son apparence.

La cause de cet intérêt soudain se fit apparente, car Mary fut approchée par David Stanton, et bientôt tous deux furent plongés dans une profonde conversation. Elizabeth repensa aux derniers jours, et réalisa qu'ils avaient souvent été assis ensemble. Si Mary devait un jour être attirée par un homme, il était exactement le genre qu'Elizabeth imaginait pour elle – un homme d'église calme et conservateur.

« Peut-être Mary ne mettra-t-elle pas si longtemps que nous le pensions avant de suivre Catherine dans le mariage », chuchota Darcy à son oreille, les observant également. « Le frère de Stanton est célibataire, c'est-ce pas ? »

« Il est veuf », dit Elizabeth. « Mais je ne crois pas qu'une telle chose importera à Mary. »

« Nous allons devoir les surveiller de plus près, s'il lui fait réellement la cour. »

« Je ne suis pas sûre qu'aucun d'entre eux pense déjà en ces termes, mais oui, cela m'a pris par surprise. »

Ils furent interrompus par l'arrivée des Fitzwilliam, suivis peu après par Lydia et Mme Bennet, et Elizabeth et Darcy s'occupèrent de présenter les invités qui ne se connaissaient pas déjà, ce qui, pour Lydia, était le cas de presque tout le groupe. Lydia, heureusement, n'avait pas encore trouvé de crêpe, mais elle ne pouvait s'entendre dire des mots d'espoir pour le retour sain et sauf de son époux sans un certain degré d'hystérie, d'elle-même comme de sa mère. Elizabeth remarqua Georgiana et le capitaine Stanton assis dans un coin de la pièce, l'air grave, et fut heureuse quand Mme Reynolds vint l'informer que le dîner était prêt, afin qu'elle pût les appeler à entrer.

XXX

Le dîner fut rapidement expédié, mais c'était ce qui était prévu, un repas assez simple pour les faire tenir jusqu'au souper. Ils n'avaient pas tenté de recréer l'astuce de Lord Anglesey quant à la préséance, si bien que, comme le nombre d'invités augmentait au cours des derniers jours, Georgiana était assise de plus en plus loin de son fiancé, mais cela ne l'avait guère dérangée jusqu'à ce soir. Ils avaient passé beaucoup de temps ensemble ces dernières semaines, et dans trois jours, se voyaient assurés d'en passer plus encore. Aucun des deux n'étaient bien placé pour converser ce soir-là, cependant, car il avait dû accompagner Lady Catherine, et il semblait qu'elle dominât la discussion de ce côté de la table, tandis que Georgiana devait endurer l'embarras d'être assise à côté de Lydia Wickham, qui ne parlait que de son pauvre époux.

Il était impossible pour Georgiana de penser à autre chose qu'aux nouvelles de la journée, et elle n'arrivait toujours pas à savoir ce qu'elle en pensait. Certainement, elle était absolument ravie que le colonel Fitzwilliam leur fût revenu – ceci étant tempéré, bien sûr, par la perte de son bras. Mais de penser à M. Wickham mort, ayant quitté ce monde, lui semblait vraiment étrange. Elle ne pouvait s'empêcher d'être soulagée pour Lydia – même si celle-ci ne ressentait pas ce soulagement – de ne pas avoir à faire face à une vie entière mariée à un tel homme.

Les gentilshommes ne passèrent guère de temps autour de leur porto – dans moins d'une demi-heure, Elizabeth, Darcy, Georgiana et le capitaine Stanton devraient prendre leur place dans la ligne accueillant les autres invités. Pourtant, le colonel Fitzwilliam et le capitaine Stanton n'étaient pas parmi eux quand ils les rejoignirent au salon, et Fitzwilliam s'arrêta à côté de Georgiana pour lui dire, « Edward et votre fiancé sont allés dans mon cabinet de travail. Ils veulent avoir un entretien privé, mais reviendront à temps pour la réception des invités. »

« Edward était-il sérieux à propos de donner son consentement à mon mariage ? »

« Je crois que c'est surtout votre fiancé qui était sérieux à propos de le requérir », dit Fitzwilliam. « Mais je pense qu'Edward voulait lui parler ; ils ont à peine eu le temps de faire connaissance. Vous n'avez pas à vous inquiéter quant à la date de votre mariage – aucun de nous n'acceptera le moindre délai, ni pour Wickham, ni pour toute autre raison. »

« Mon frère, que ressentez-vous, à propos de sa mort ? »

« Je sais qu'il serait plus correct de me dire triste, mais ce que je ressens est du soulagement, avant tout, à la fois pour Lydia, et pour vous. »

« Il ne pouvait plus me toucher, même avant que j'apprenne sa mort », dit Georgiana. « J'espère que vous ne vous inquiétiez pas qu'il puisse partager cette histoire avec mon fiancé. J'ai tout dit au capitaine Stanton, le jour où il m'a demandée en mariage. Je ne pouvais supporter un tel secret entre nous. »

Fitzwilliam prit une brusque inspiration, mais ne dit rien, et Georgiana sut qu'il pensait au risque qu'elle avait pris.

« Nous avons joué ensemble quand nous étions enfants, lui et le colonel Fitzwilliam et moi », dit son frère. « Je n'ai jamais cessé de me demander pourquoi il avait tourné ainsi. Il avait un père excellent, et de bien meilleures perspectives que la plupart des hommes de sa condition, mais il a gâché tout cela. »

« Il n'était pas si différent de Stephen Mallory », dit Georgiana. « La seule différence est que Stephen Mallory avait une plus grande fortune à dissiper. »

« Comment empêcherai-je mon enfant de suivre un tel chemin ? »

« Vous l'élèverez de la même façon que vous m'avez élevée, mais vous devrez vous rappeler que cela ne dépend pas que de vous », dit Georgiana, pensant à M. Wickham, élevé par leur père à eux après le décès de son propre père, et au capitaine Stanton, qui avait quitté sa maison pour être élevé par d'autres hommes alors qu'il était si jeune. Logiquement, c'est le capitaine Stanton qui aurait dû mal tourner.

« Georgiana ! Fitzwilliam ! De quoi parlez-vous ? » leur demanda Lady Catherine, qui était de l'autre côté de la pièce. « Si c'est du mariage, je veux participer à cette discussion. Nous n'avons pas encore couvert tous les détails, et je ne m'attends pas à ce que Mme Darcy… »

« Mme Darcy aura tout arrangé à la perfection, comme elle l'a fait pour ce bal », dit Fitzwilliam d'une voix puissante, regardant Lady Catherine de travers, et quittant Georgiana à contrecœur.

Tout était arrangé à la perfection, songea Georgiana comme elle regardait le chemin illuminé par les torches. C'était le Pemberley de jadis, un Pemberley qui n'avait guère existé depuis sa naissance, et qu'elle se remémorait à peine, mais cela semblait juste, comme si la résidence s'était réveillée à son rôle. Elizabeth et Fitzwilliam y étaient parfaitement à leur place, au début de la ligne ; Elizabeth y semblait beaucoup plus à l'aise, mais c'était peut-être parce que Georgiana était plus sensible à l'inconfort de son frère, se sentant tout aussi mal à l'aise qu'il en avait l'air, sachant qu'ils allaient devoir recevoir toute une foule.

Tout de même, maintenant qu'elle savait Edward en vie, Georgiana avait bien plus hâte d'être au bal qu'auparavant. Vraiment, la seule chose qui lui manquait était le capitaine Stanton, qui prit sa place à ses côtés dans la ligne de réception alors que les premières voitures arrivaient. S'ensuivit une intense demi-heure, comme les invités arrivaient à leur niveau et devaient continuellement être présentés au capitaine Stanton, avant d'exprimer leurs meilleurs vœux pour le mariage. Il y avait des gentilshommes qui souhaitaient parler du Polonais, et des dames qui se rappelaient Georgiana quand elle était petite, se promenant sur le domaine avec sa mère, et ne pouvaient croire qu'elle avait tant grandi et était sur le point de se marier ; et ils souhaitaient tous parler longuement de ces choses.

Georgiana était déjà fatiguée quand ils entrèrent finalement dans la vaste salle de bal de Pemberley, mais sentit son humeur s'alléger à l'idée de danser, et encore plus à la pensée de son premier cavalier. Car elle et le capitaine Stanton devaient mener la danse ; il ne savait pas combien de temps il aurait avant que la douleur persistante à sa jambe et à son bras ne le dérangeât vraiment, mais il était sûr de pouvoir au moins profiter de la première danse.

« Maintenant vous devez me dire si vous souffrez trop, et nous pourrons nous retirer de la danse », lui dit Georgiana comme ils se dirigeaient vers l'avant de la salle de bal, et s'inclinaient.

« Nous menons la danse, ma chérie. Si nous nous retirons, ils nous suivront tous, et ce sera la fin de la danse. »

Georgiana pouffa à cette image. « Etes-vous sûr, donc, que cela ne sera pas trop ? »

« J'irai bien », dit-il. « Mais n'optons pas pour un quadrille, s'il vous plaît. »

Ils saluèrent la salle, et démarrèrent. Georgiana l'observa attentivement, mais ne vit aucun signe de raideur, et finit par se détendre, s'autorisant à apprécier la danse.

« Le colonel Fitzwilliam a-t-il donné son consentement ? » demanda-t-elle, quand ils eurent pris le rythme.

« Oui, presque immédiatement. »

« Vous êtes restés absents un bon moment, pourtant », dit Georgiana, avant qu'ils ne fussent séparés.

Quand ils eurent effectué un cercle et qu'ils furent revenus ensemble, il dit, « Waterloo était une bataille absolument épouvantable, Georgiana, et en plus de sa perte la plus visible, le colonel Fitzwilliam a aussi perdu de nombreux compagnons d'armes. »

« Mais il n'a pas l'air différent d'avant. »

« Il ne souhaite pas inquiéter sa famille. »

« Mais il veut bien vous en parler ? Il vous connaît à peine. »

« Nous avons tous deux été à la guerre. La vie dans l'armée et dans la marine sont peut-être différentes, au premier abord, mais il n'y a guère de différence dans les combats, et dans les pertes. »

« Me promettez-vous quelque chose, dans ce cas ? »

« Que voulez-vous que je vous promette ? »

« Que vous ne me cacherez jamais rien par peur de m'inquiéter. »

« Je vous le promets », dit-il, serrant fermement sa main avant qu'ils ne fussent à nouveau séparés.

Comme la danse continuait, Georgiana se fit une meilleure idée des autres couples. Il y avait, bien sûr, les couples mariés, même si, Elizabeth ayant choisi de ne pas danser ce soir, Fitzwilliam avait fait la faveur à Lady Catherine. Lord Anglesey et Lady Tonbridge dansaient ensemble, Kitty Bennet et le capitaine Campbell, et Mme Bennet et Charles Bingley. M. Bennet n'était pas intéressé par la danse, et Jane et Anne s'étaient retirées avec Lydia après le dîner ; Jane allait entrer en couches juste après le mariage, à moins que sa santé ne lui imposât de le faire avant. Enfin, Georgiana vit Mary Bennet, dansant bien plus loin sur la piste avec David Stanton, l'air bien plus heureuse d'être à un bal que Georgiana l'eût jamais vue.

Il semblait que le capitaine Stanton se fût fait la même réflexion, car il dit, « Mlle Bennet et mon frère ont passé beaucoup de temps ensemble, et ils dansent maintenant la première danse ».

« Je pense que ce pourrait être un beau couple. Et vous ? »

« Je le pense, maintenant que je les vois ensemble. Il ne m'a écrit à propos d'aucune femme, depuis la fin de son deuil. Peut-être est-il enfin prêt, et Mlle Bennet est la seule dame de ma connaissance qui puisse engager avec lui le genre de conversation théologique qu'il apprécie. »

Georgiana avait promis la deuxième danse à son frère, et il vint lui demander sa main rapidement. Ils dansèrent en silence ; elle ne souhaitait pas évoquer leur conversation précédente, car le sujet semblait bien trop sérieux pour une salle de bal. Puis il la remit à Lord Brandon.

XXX

Elizabeth approcha Lady Ellen comme Lord Brandon menait Georgiana vers la piste de danse, et Darcy rejoignait le colonel Fitzwilliam et le capitaine Stanton.

« Tante Ellen, les dernières semaines doivent avoir été éprouvantes », dit Elizabeth. « La soirée va sans doute finir tard – je vous en prie, ne vous sentez pas obligée de rester jusqu'à la fin. »

« Oh, je crois que je vais rester là toute la soirée », dit Lady Ellen. « Ce dont j'ai le plus besoin en ce moment est un excellent bal anglais, après avoir vu les résultats de tant de sauvagerie. »

« Je ne puis imaginer les choses que vous avez vues. »

« J'étais surprise de voir à quelle vitesse je me suis désensibilisée à tout cela. Ce n'est pas comme si je ne connaissais pas la mort avant, mais cela avait là-bas une ampleur que vous ne pouvez comprendre si vous ne l'avez pas vu », dit Lady Ellen. « Un flot constant de charrettes remplies de blessés, et un grand nombre d'entre eux dans un état si grave que je ne vois pas comment ils auraient pu survivre. Et comme nous nous sommes rapprochés du front, l'odeur, oh… »

Lady Ellen porta la main à son réticule et en sortit des sels, en respirant une bouffée, ce qui perturba profondément Elizabeth, car Lady Ellen n'était habituellement pas le genre femme à avoir besoin de sels.

« Au moins l'avez-vous trouvé », dit Elizabeth. « Je ne peux vous dire comme nous avons été inquiets, et comme nous sommes heureux de son retour. »

« Oui, je ne peux supporter l'idée de ce que cela aurait été, de rentrer sans lui », dit Lady Ellen. « Je me sens si mal pour votre pauvre sœur, pour qui cela a été le cas. »

« Je ne peux vous remercier assez, d'avoir pris soin d'elle. Je sais qu'elle peut être – difficile, par moments. »

« Elle n'a pas été difficile du tout », dit Lady Ellen. « Elle n'a eu ni plus, ni moins de force d'âme que moi, dans une situation si terrible, et elle a dû faire face à une issue bien pire. »

XXX

Georgiana dansa toutes les danses avant le souper, car aucun gentilhomme de sa connaissance ne voulait la laisser passer une danse. C'était un tel contraste avec le bal du prince régent, de danser avec Lord Andrew, Lord Anglesey, le capitaine Campbell, David Stanton et M. Clark, tous des hommes qu'elle connaissait et en qui elle avait confiance, et dans la vaste mais confortable salle de bal de Pemberley.

Elle aurait pu être parfaitement heureuse ce soir-là, en-dehors de deux choses. La première était que le capitaine Stanton se contentait d'observer la majorité des danses, bien qu'il en eût dansé une avec Kitty quand il avait remarqué qu'elle n'avait pas de cavalier. La seconde était qu'Edward ne dansait pas du tout. Il passa la majeure partie du bal assis dans un coin de la salle de bal, discutant souvent avec le capitaine Stanton, ou Fitzwilliam. Elle vit en revanche des choses qui lui firent grand plaisir. Georgiana n'avait jamais vu Mary Bennet danser plus de trois danses à un bal, et pourtant elle avait continué jusqu'à la danse du souper, qu'elle passa avec David Stanton. Et il y avait Lady Ellen, qui dansa à plusieurs reprises, incroyablement élégante, surtout lorsqu'on songeait à l'épuisement qu'elle devait ressentir.

Ils étaient maintenant bien au-delà de la danse du souper, et Georgiana se tenait avec Elizabeth et son frère durant une pause. Georgiana admirait Elizabeth, qui n'avait pas dansé, mais avait été une hôtesse très active malgré son état. Mais elle avait maintenant l'air fatigué, et il commençait à se faire tard.

« Je crois que celle-ci sera la dernière danse », dit Elizabeth.

« Cela fait bien trois danses que j'espère que ce sera la dernière », dit Fitzwilliam.

« C'est le premier bal de Pemberley depuis des années, Darcy. Vous savez que nous ne pouvons pas laisser l'impression de ne pas en faire assez. »

« C'est tout à fait vrai. Personne ne va pouvoir se plaindre de ce genre de chose. »

« M'aiderez-vous à faire le tour de la salle et faire savoir à chacun que c'est la dernière danse, et que ce sera une valse ? »

« Une valse ? Elizabeth, vous oubliez que nous ne sommes pas en ville. »

« La valse devra bien arriver à la campagne un jour ou l'autre, Darcy. Pourquoi pas maintenant ? » dit Elizabeth, se tournant vers Georgiana pour lui faire un petit clin d'œil.

C'était pour elle ! Georgiana essaya de ne pas sourire ouvertement. Bien sûr qu'Elizabeth s'était souvenue de cette soirée embarrassante ; bien sûr qu'elle s'était souvenue que Georgiana et le capitaine Stanton n'avaient jamais dansé la valse.

« Vous allez scandaliser le comté », dit Darcy, bien que son attitude montrât qu'il n'était pas entièrement sérieux.

« La plupart de ces familles passent du temps en ville. Elles ne vont pas crier au scandale. Allons, m'aiderez-vous à le faire savoir ? » dit Elizabeth, se tournant vers Georgiana. « Vous feriez mieux d'aller retrouver votre cavalier. »

Georgiana fit le tour de la pièce du regard, et vit qu'il était toujours dans un coin, à discuter avec le colonel Fitzwilliam. Elle les approcha timidement, ne souhaitant pas les interrompre, mais ils la remarquèrent immédiatement.

« Mlle Darcy, vous voilà », dit le capitaine Stanton. « Comment se sont passées vos danses ? »

« Très agréables », dit Georgiana, soudain incertaine de ce qu'elle devait dire, car elle avait très envie de danser, mais ne voulait pas qu'il s'y sentît obligé, s'il ne se sentait pas assez en forme pour cela.

« Le moment de la valse est-il venu ? » demanda le capitaine Stanton.

« Oui. Comment… »

« Votre sœur m'a informé de ses plans tout à l'heure. J'ai évité de danser plus qu'il n'en était besoin, pour être sûr d'être prêt pour celle-là. »

« Elle avait tout prévu depuis le début, donc. »

« Je ne puis dire depuis combien de temps elle l'avait prévu », dit le capitaine Stanton. « Mais je sais qu'elle m'en a informé après la première danse. »

Il lui offrit son bras, et ils allaient rejoindre la piste, quand Kitty les rejoignit, l'air fort résolue.

« Eh bien oui, colonel Fitzwilliam, j'accepte de danser la valse avec vous. »

« Je n'ai pas – je ne peux pas… » bredouilla le colonel Fitzwilliam, pris au dépourvu.

« Allons, un jeune homme en bonne santé comme vous ne peut passer un bal entier sans danser », dit Kitty, tendant sa main. « Et vous savez que je suis fiancée, vous n'avez donc rien à craindre de moi. »

« Mlle Bennet, je suppose que vous avez remarqué que je n'ai plus qu'un bras. »

« Il vous reste toujours deux jambes. Nous nous débrouillerons », dit fermement Kitty, la main toujours tendue. Finalement, le colonel Fitzwilliam tendit la sienne, et ils suivirent Georgiana et le capitaine Stanton sur la piste.

« Elle lui a sans doute fait plus de bien que toute une soirée de conversation avec nous », murmura le capitaine Stanton à Georgiana, quand ils se furent un peu éloignés des autres couples.

« Ne négligez pas l'aide que vous lui avez apportée », dit Georgiana. « Mais oui, bien que je souhaite de tout cœur que le capitaine Ramsey ait pu être là, je pense que cela ne devait pas être, parce que Kitty devait être – et bien, être Kitty. »

Ils rirent tous deux, mais Georgiana commença à sentir l'attention de presque toute la salle de bal se concentrer sur eux, et jeta un œil autour d'elle pour voir que c'était le cas.

« Ils attendent que nous menions la danse », chuchota-t-elle, se sentant rougir.

« Dans ce cas, nous devons la mener », dit-il, plaçant sa main droite sur son épaule, et saisissant la menotte de Georgiana de sa main gauche, les préparant à la marche.

Quand la musique démarra, ils progressèrent autour de la salle, et il était impossible de ne pas sentir le regard de tous ceux qui les observaient. Ce fut un soulagement quand ils passèrent à la pirouette. Georgiana arqua son bras par-dessus sa tête pour placer sa main dans la sienne, et ne ressentit cette fois aucune douleur, juste un frisson au plus profond d'elle-même, de se trouver si proche de lui, et à l'idée que dans trois jours ils seraient mari et femme, et encore plus proches que cela.

Elle fut plaisamment surprise de découvrir qu'il était très doué pour cette danse ; la valse requérait une excellente synchronisation et un bon sens du rythme, ce qu'ils avaient tous deux acquis au cours de nombreuses années d'expérience musicale. Ce fut remarqué par ceux qui ne dansaient pas, car le couple suscita de nombreux commentaires.

Ils tracèrent leur chemin jusqu'au bout de la salle de bal, et Georgiana contempla son fiancé avec tout la joie qu'elle ressentait, le chaos et les nouvelles de tout à l'heure oubliés, et elle vit qu'il affichait tout autant de bonheur et de tendresse. Ils ne parlèrent pas, mais dansèrent comme seules le peuvent deux personnes très amoureuses.

XXX

Elizabeth se tenait au bout de la salle de bal vide, le candélabre qu'elle tenait à la main éclairant à peine ce lieu qui avait tant scintillé une heure plus tôt. Il était deux heures du matin, mais elle ne pouvait se décider à se retirer.

Elle joua avec le pendentif de son collier le plus récent, et repensa à la valse, et comment, bien qu'une part d'elle-même eût désiré pouvoir danser, elle avait aussi apprécié de se tenir à côté de son époux, regardant progresser les couples. Il y avait, bien sûr, Georgiana et le capitaine Stanton, sa principale motivation pour introduire cette danse. Mais il y avait aussi eu Kitty et le colonel Fitzwilliam, qui avaient dû changer de position pour s'adapter au bras du colonel Fitzwilliam, à l'opposé des autres couples présents dans la salle de bal, mais en dehors de cela s'en tiraient fort bien. Il y avait Lord et Lady Brandon, qui avaient valsé comme deux vétérans des saisons londoniennes, bien que Lady Ellen n'eût pu s'empêcher de regarder de temps à autre son fils cadet avec un air de profond contentement. Et il y avait Mary Bennet et David Stanton, qui n'avaient pas voulu valser, mais se tenaient à l'extrémité de la salle de bal, plongés dans une conversation.

« Vous voilà », dit celui qui lui avait offert le collier, se plaçant juste derrière elle et enveloppant ses bras autour d'elle de façon à poser ses mains sur la petite proéminence de son ventre. « En pleine contemplation de la scène de votre dernier triomphe ? »

« Je ne l'appellerais pas un triomphe. »

« Moi si. On ne parlera que de cela dans le Derbyshire pendant un bon moment. »

« Certainement, étant donné que nous avons scandalisé le comté », le taquina Elizabeth – en vérité, même s'ils ne constituaient pas ses meilleurs souvenirs du bal, elle avait ressenti un certain plaisir ce soir-là à voir les familles locales s'amuser autant, tout particulièrement celles qui s'étaient rassemblées autour de sa tante Gardiner pour évoquer le passé. Et ils étaient plus nombreux qu'elle ne s'y était attendue à avoir pris place pour la valse – cela aidait que la plupart des couples plus âgés se fussent déjà retirés au salon jaune pour le thé et les délicatesses qui y étaient servis en fin de soirée.

« Je vous accorde qu'ils ne semblent pas avoir été très scandalisés », dit-il. « Et même s'ils l'avaient été, cela aurait valu le coup, ne serait-ce que pour voir la joie de Georgiana. »

« C'est magnifique de la voir si heureuse – et ils ne sont même pas encore mariés. »

« Tout à fait, et je sais que cet événement sera maintenant complet pour elle, puisque Edward et moi serons tous deux là pour la conduire à l'autel », dit-il. « Et qu'en est-il de vous – êtes-vous heureuse ? »

La réponse d'Elizabeth était facile, et ce n'était pas seulement dû au retour du colonel Fitzwilliam. Elle avait passé tant de temps, au début de leur mariage, à se sacrifier pour ses sœurs, et elle pensait toujours que cela avait valu la peine – même Mary avait sa chance, maintenant – mais il était temps qu'elle s'occupât de son propre bonheur, et de sa propre famille, et elle attendait avec joie et impatience les événements à venir.

« Je le suis », dit-elle, couvrant ses mains de sa main libre. « Je suis si, si heureuse d'être Mme Darcy. »

« Je le suis encore plus que vous soyez mon Elizabeth », dit-il, se penchant pour embrasser son épaule. « Maintenant venez au lit, mon Elizabeth chérie. »

+ Fin +