Salut à tous ! Encore merci à tous pour vos reviews, et spécialement aux invités à qui je ne peux pas répondre, elles me font chaud au cœur... J'espère ne pas vous décevoir avec ce chapitre. Plus j'avance, plus j'ai peur de vous décevoir on dirait, et du coup je mets plus de temps à sortir les chapitres… Donc désolée pour ça.

Dans tous les cas, je vous souhaite une bonne lecture !

EDIT : Je suis actuellement en période d'examens, alors le prochain chapitre n'arrivera qu'en fin de mois. Je vous dis à bientôt !


Le couloir était étroit et long, Bob et Lucie ne pouvaient se déplacer que dans deux directions, mais elle ne comptait pas le laisser avancer plus loin dans sa maison.

« Alors, c'est pour ça que t'es venu, hein ? Tu as l'intention de me trucider ? » Demanda-t-elle, commençant à être à bout de souffle.

« C'est vrai que tu m'as pas mal énervé, inutile de le cacher, mais j'espérais pouvoir parler avec toi et m'en tirer sans avoir de sang sur les mains… Mais même ça, tu l'as entravé. »

Légèrement satisfaite de tant le frustrer, elle força un sourire.

« Tu mériterais bien une muselière… Je lui en toucherai deux mots. »

Elle reçut une claque au visage qui la fit basculer, et elle se rattrapa sur un meuble. Légèrement sonnée, elle lui lança un regard assassin.

« Arrête de faire la maline, arrête de parler comme si tu avais une quelconque influence sur lui maintenant ! » Grogna-t-il en réponse.

Après avoir senti l'impact de sa main, une partie de lui réagit et réalisa ce qu'il était en train de faire. Il prit pleinement conscience de la douleur qu'il ressentait à sa main blessée, et il serra les dents. Se raccrochant aux derniers souffles de bon sens qu'il lui restait, il parla.

« Ecoute… J'ai pas envie de gravement blesser voire de tuer qui que ce soit, ça n'arrangerait personne, et surtout pas moi et toi... Alors, je veux bien te laisser t'en tirer avec une seule claque, si tu quittes Mahyar et que tu disparais de nos vies. »

Leurs regards ne se quittèrent pas pendant quelques secondes, ils semblaient jauger les intentions de l'autre. Constatant qu'il était sérieux, la colère fit reprendre à Lucie ses esprits, et elle écarquilla les yeux.

« Non mais tu te crois où ? Tu forces le passage chez moi, tu me menaces, tu me frappes, et maintenant tu veux faire le gentil homme qui me prend en pitié ? » Elle se pencha vers lui. « Non non, tu ne vas pas t'en tirer comme ça. Écoute-moi bien, tu n'auras aucune influence sur moi et ma vie. Jamais. Si ton cerveau malade est encore capable de comprendre, va-t'en. »

A cet instant, elle sut qu'elle avait détruit les derniers remparts de la conscience de Bob, et elle ne put qu'observer son regard fixe se vider de toute empathie.

« On m'avait dit que tu étais plus intelligente que ça… Mais soit… Si tu veux être irritante jusqu'au bout, je vais faire avec. » Dit-il sans cacher son irritation.

Une partie d'elle lui souffla qu'elle allait le regretter, mais il était inenvisageable qu'elle se plie à ses attentes ou qu'elle le laisse s'en tirer. Il en était hors de question, même si ça devait engendrer des répercussions catastrophiques, elle lui résisterait, et elle s'en sortirait.

Il n'y avait plus d'autres solutions, il fallait qu'elle l'arrête par la force, et par elle-même. Elle fit basculer le meuble sur lequel elle s'était soutenue pour bloquer le passage en espérant se donner une avance, et courut dans la cuisine pour attraper la première arme qui lui vint à l'esprit : un couteau. Il n'avait pas l'air d'avoir amené d'armes, il ne savait même pas que Mahyar n'était pas là, il avait dû venir sur une impulsion… Sur ce point-là, elle pouvait avoir un avantage.

Alors qu'elle n'avait pas encore atteint la cuisine, elle entendit déjà les pas de Bob se rapprocher à vive allure. Elle manqua de trébucher en se précipitant trop vite, mais elle se rattrapa sur le rebord des tiroirs qu'elle visait. Les secondes qu'elle prit pour fouiller dans les couverts et trouver un couteau suffisamment aiguisé lui parurent durer une éternité, et elle n'allait pas supporter de rester le dos tourné à la porte plus longtemps. Finalement, elle tomba sur le couteau auquel elle pensait, et la sensation qu'elle eut en saisissant fermement l'arme lui procura une sensation de pouvoir qu'elle n'aurait pas soupçonnée.

Au moment où elle se retourna pour faire face à l'entrée, il était déjà dans la pièce. Il stoppa en la voyant brandir l'arme dans sa direction, et leurs regards se croisèrent. Celui de Bob était fixe, elle ressentait comme une bestialité animale en lui, accentués par les frissons qui semblaient lui parcourir le visage. Comment avait-il pu en arriver là ? Elle avait beau en imaginer la cause, tout ça la dépassait.

Il fit un pas ferme en sa direction en la menaçant du regard.

« Pose ça. » Ordonna-t-il.

« Tu veux que j'obéisse à un malade et que je me laisse gentiment faire ? Non, je ne suis pas comme toi. »

Elle s'avança à son tour vers Bob dans le but de le faire reculer, le couteau pointant dans sa direction.

« Ce n'est pas une remarque très pertinente, venant de la personne qui a épousé le malade à qui tu fais référence. » Sa voix était froide. On aurait dit qu'il ne cherchait pas seulement à établir une situation de domination physique purement bestiale sur elle, mais aussi psychologique.

Mais il ne recula pas, et fit à son tour un pas en avant. Malgré les tentatives d'intimidations de Lucie, il ne battait pas un cil. Son attitude de prédateur ne la craignant pas malgré ses efforts commença à la faire paniquer.

« Tu fais un pas de plus et je te plante ! »

Elle balada rapidement son regard autour d'elle, cherchant une issue, mais son regard se posa sur une poêle à cuir. Elle pourrait le mettre hors d'état de nuire plus facilement avec un objet contendant, en l'assommant par exemple. Ce serait bien plus accommodant que de l'avoir agonisant et saignant dans la maison, et bien plus crédible aux yeux des autorités. Cependant, il serait bien trop risqué de ne plus lui faire face arme en main.

« Ah oui ? Tu as pourtant l'air réticente, je suis sûr que l'idée de planter un homme te fait peur. »

« Tu serais surpris de voir ce dont je suis capable. »

Il était vrai que les conséquences seraient graves, mais elle était à peu près sûre de pouvoir s'en sortir avec la police, si toutefois Mahyar témoignait en sa faveur. Ce qui l'angoissait était d'imaginer la sensation du transpercement de la chair d'un homme, aussi détestable soit-il. Cette simple idée lui donnait envie de vomir, mais elle allait devoir surmonter son dégout si elle voulait survivre. Elle ne s'était pas battue contre sa maladie et condition pour rien, et elle était bien assez forte pour surmonter ça.

Son souffle se fit court dans l'attente du moindre mouvement de Bob, et ce dernier se délectait de la peur qu'il créait chez sa proie. C'était pour lui le début d'une bien douce vengeance.

Il fit finalement le pas décisif. A ce moment-là, le cri de Lucie résonna dans la pièce. Elle avait mise toute son énergie dans son mouvement pour lui asséner un coup au bras, mais son mouvement fut stoppé.

Bob avait esquivé son coup, comme s'il l'avait prévu, et lui avait saisi le poignet de sa main valide avant qu'elle ne puisse le toucher. Il remonta son emprise jusqu'à sa main, et il la tourna avec force afin que la lame fasse face à sa propriétaire. Comprenant ce qu'il comptait faire, et le sentant commencer à forcer, le regard agressif de Lucie fit place à de la terreur. Elle sentit toute la rage de Bob dans l'énergie qu'il mettait pour qu'elle s'embroche elle-même, et la vision de la lame tremblotante pointée vers elle la fit frissonner.

De toutes ses forces, elle repoussa sa propre main. Constatant qu'elle pouvait encore se débattre et le repousser, il serra les dents et appuya la paume de sa main blessée contre le bout du manche du couteau, et s'appuya de son corps pour la faire reculer. Cette proximité entre eux était insoutenable, et elle fut contrainte de reculer malgré la force qu'elle mettait pour le repousser. Il y avait quelque chose d'oppressant dans son regard et dans sa manière d'agir, elle ne ressentait pas qu'une simple violence physique. Comprenant qu'elle ne pourrait pas résister éternellement, elle voulut lâcher son arme, mais Bob maintenait fermement l'emprise de sa main sur le couteau.

Elle songea à lui assener un coup de pied, mais elle savait qu'elle perdrait l'équilibre et que Bob tomberait sur elle, couteau levé. Si elle n'exerçait plus de force contre Bob au niveau du couteau, si elle retirait ne serait-ce qu'une main, elle savait qu'elle n'aurait pas suffisamment de force pour le retenir et que le couteau s'enfoncerait en elle. Elle ne pouvait penser à d'autres solutions.

En reculant, elle finit par heurter le comptoir, et son dos commença à se courber contre ce dernier. Il était désormais sur elle, tentant de pousser la lame jusqu'à son corps, et plus précisément son cou. Elle sentit ses force s'amenuiser, et la lame se dirigeait toujours lentement mais irrémédiablement vers elle. Elle se débattit de ses jambes, tentant de le renverser sur le côté, en vain.

Que pouvait-elle faire ? Prier pour sa vie ? Il en était hors de question. Crier à l'aide ? Hors de question, il était de toute manière peu probable que quelqu'un l'entende. Quelles autres options avait-elle ? Continuer à résister jusqu'à ce que l'un d'eux s'épuise ? Cela n'apporterait rien de bon pour elle. Son regard était embué par la sueur et le stress, mais elle distingua sur le côté la poêle qu'elle avait repérée tout à l'heure. C'était risqué, mais elle n'allait pas s'en sortir sans prendre de risques.

Sébastien s'était précipité dans sa voiture le plus rapidement possible, et s'était mis à rouler en direction de chez Bob. Il s'en voulait terriblement de lui avoir annoncé, il aurait dû savoir qu'il réagirait si mal, il aurait dû tenir sa langue… Qui sait, peut-être que Mahyar aurait fini par faire quelque chose pour lui. Il ne savait pas ce qu'il avait en tête, après tout. Dans tous les cas, cela ne le regardait pas, il n'aurait pas dû s'en mêler, même si son cœur souffrait de le voir dans cet état. Maintenant, qui sait dans quel état pouvait être Bob par sa faute. Il l'avait entendu faire tomber son portable, et il avait arrêté de lui répondre, c'était presque comme s'il avait oublié son appel.

Ses mains moites tremblaient sur le volant, alors qu'il grillait plusieurs feux rouges pour arriver le plus rapidement possible chez son ami.

Et s'il s'était… tranché ? Non... Même dans un état second, Bob ne ferait pas ça. Il avait beau se rassurer avec cette pensée, Sébastien n'en savait rien. Il se comportait tellement bizarrement ces dernières semaines… Ça avait beau paraître insidieux, quelqu'un de proche comme Sébastien le voyait clairement, et il ne savait plus ce qu'il était capable de faire…

Il ne prit pas le temps de garer correctement sa voiture en face de chez Bob et se hâta vers sa porte. Son doigt appuya sur la sonnette, et il patienta quelques secondes. Le silence qui suivit le retentissement de la sonnette était pesant, et il décida de le briser.

« Bob ? C'est Seb, je suis venu voir comment tu allais… »

Ce fut le silence qui lui répondit, encore.

« … Est-ce que tu es là ? »

Il plaça sa main sur la poignée sans grande conviction, et fut surpris de constater que la porte était ouverte.

Il fit quelques pas à l'intérieur de la maison, et constata que le silence y régnait, et que rien n'y bougeait. Sébastien avait attribué à cet endroit d'heureux souvenirs, mais aujourd'hui tout semblait différent. Peut-être était-ce à cause des événements récents, mais il s'en dégageait une impression presque morbide, tout était à sa place, mais c'était comme si… quelque chose était mort chez lui. Sébastien tenta de se dégager de ce sentiment, et chercha dans toutes les pièces de la maison, espérant toujours vainement qu'il le verrait surgir devant lui, riant de sa mauvaise blague comme il sait le faire. Evidemment, il n'en était rien. Il ne trouva que le portable de Bob, qu'il avait fait tomber sur le sol de son couloir.

Visiblement il n'avait pas pris la peine de le récupérer avant de sortir de chez lui, et il n'avait pas non plus pris la peine de verrouiller sa porte… Il devait certainement être dans un sale état, et malheureusement il avait certainement dû se rendre chez Mahyar pour le retrouver…

Il ne voulait pas s'impliquer entre eux plus qu'il ne l'était déjà, mais il était trop tard pour reculer. Il fallait au moins qu'il s'assure de l'état dans lequel il était, et… de pouvoir faire ce qu'il peut pour le soutenir dans ce qu'il vit.

Il se précipita à nouveau dans sa voiture, et partit en direction de chez Mahyar. Il espérait de tout cœur que Bob allait bien, et qu'il ne lui était rien arrivé de grave. Durant le chemin, son esprit fut tourmenté par plusieurs scénarios catastrophes que son inquiétude associé à sa culpabilité lui avaient fait créés.

Une fois arrivé, il gara maladroitement sa voiture sur le trottoir en face de la maison, et constata que la voiture de Bob était garée devant cette dernière. Il était bien là. Il fut rassuré de l'avoir trouvé, mais quelque chose lui dit que ce qu'il allait voir n'allait pas lui plaire.

Arrivant devant la maison, il constata que la porte était poussée, mais pas fermée. Au vu de la situation, il ne prit pas la peine de sonner ou de toquer, et ouvrit la porte. Il manqua de trébucher sur les meubles et multiples objets qui étaient tombés à terre, et entendit des voix essoufflées accompagnés de mouvements lui faisant penser à des débattements. Il ne réfléchit pas, et fonça en direction de la provenance des bruits. Il poussa avec fracas la porte de la cuisine, et la vision qu'il eut allait sûrement le marquer à vie.

Bob était effondré à terre, se soutenant sur un coude et se tenant douloureusement une côte. Il avait visiblement des difficultés à se relever et avait des difficultés à respirer. Derrière lui se tenait une Lucie haletante, saignant d'une zone proche d'une épaule, s'apprêtant à le frapper à terre avec une poêle.

Elle se stoppa en le voyant.

Sans réfléchir, presque instinctivement, Sébastien se plaça entre elle et Bob et lui retira la poêle des mains.

« Arrêtez tout de suite ! Qu'est-ce que vous foutiez tous les deux ?! »

La bouche de Lucie était en sang. Elle semblait aliénée, mais tentait malgré tout de rester claire.

« Je récolte ce que Mahyar a semé, je pense que c'est une bonne façon de formuler la chose… » Répondit Lucie, essoufflée. « Maintenant que t'es là, tu vas me faire le plaisir d'attacher ce chien, j'ai besoin de repos… »

Sébastien ne mit pas longtemps à comprendre ce qui s'était passé.

« Oh non… Bob vous a vraiment… attaquée ? »

« Tu veux voir le trou qu'il m'a fait dans l'épaule ? » dit-elle en découvrant son T-shirt sali par le sang. « J'ai besoin de soins, maintenant. Je ne subirai pas les conneries de ce fou plus longtemps. »

Il n'aurait jamais imaginé que Bob serait capable d'aller si loin, allait-il vraiment la tuer ? Qu'avait-il vraiment en tête ? Était-il devenu complètement fou ?

« Oui… Je vais appeler une ambulance tout de suite. »

« N'oublie pas la police, surtout. » Ajouta-t-elle.

Entendant Bob tousser, il se retourna et s'agenouilla à ses côtés.

« Ça va, Bob ? Je suis vraiment désolé pour tout… Mais qu'est-ce qu'il t'a pris… ? »

Il toussa du sang, et prit une grande respiration roque en tentant de se relever.

« Bouge de là, j'ai un truc à faire avant de pouvoir reprendre ma vie normale… Et je pense que tu ne veux pas voir ça… » Répondit Bob. Il tenta de se relever encore une fois, et se soutint sur une chaise.

Sébastien n'arrivait pas à croire ce qu'il entendait.

« Attache le, je suis sérieuse quand je dis ça. » Ordonna Lucie, laissant transparaître dans sa voix la peur qu'elle contenait. « Il est bien amoché, mais je ne sais pas ce dont il est encore capable. »

Sébastien avait encore foi en Bob, et refusait de croire qu'il ne pouvait être raisonné.

« Calme toi, je pense que tu as besoin de repos… Je ne suis pas sûr que tu te rendes bien compte de ce dont tu parles. » Dit Sébastien.

« Tch… Je vous laisse entre vous, ne le laisse pas sortir. Je sais que ça ne te plaît pas mais maîtrise-le, j'ai un coup de fil à passer avant que ça ne dégénère. » Annonça Lucie.

Elle quitta la pièce en se tenant l'épaule.

Bob mit un moment avant de répondre à Sébastien, et il leva finalement son regard vers le sien. Il avait une était une expression que Sébastien n'avait jamais vue chez son ami, il semblait dément.

« Si, je sais. Je le sais très bien. Et ça m'attriste, tu sais, d'en venir à là. Mais je n'ai pas le choix, elle ne me laisse pas le choix. »

Sébastien resta silencieux. Il ne savait que répondre, il ne comprenait pas. Il était désemparé de voir l'être qu'il chérissait le plus au monde dans cet état si sinistre et hors de la réalité.

« Mais… Bob, je sais que cette révélation t'a fait mal, et j'en suis le premier désolé, mais il n'y a vraiment aucune raison d'en arriver à là… Tu sais, Mahyar n'aimerait certainement pas que tu en arrives à là… Surtout que tu es vraiment blessé, tu as besoin de repos… »

Sébastien faisait de son mieux pour trouver des arguments convaincants, mais Bob ne semblait pas les écouter. Il se dirigea presque mécaniquement vers le comptoir de la cuisine, et récupéra à terre un couteau ensanglanté qui y était posé.

« Merde ! » Souffla Sébastien avec résiliation en se jetant sur Bob pour le maîtriser.

Lucie avait le sentiment que ce n'était pas fini. Elle avait réussi à s'en sortir jusqu'à ce que quelqu'un arrive, et elle en était rassurée, mais elle tremblait encore du moment où il l'avait poignardée. Elle savait qu'il ne s'en tiendrait pas à là. Elle ne savait pas si elle pouvait faire confiance à Sébastien pour retenir Bob, mais il gagnerait au moins du temps le temps qu'elle puisse appeler une ambulance.

Elle monta dans sa chambre, pris son portable, et composa le numéro de l'ambulance.

Bob se débattait dans les bras de Sébastien.

« S'il te plaît Bob, arrête ça ! Je te promets que ça se passera bien, tu ne dois pas en arriver à là… Je crois encore en toi. »

« Seb, ne me force pas toi aussi à être violent avec toi, reste en dehors de ça. »

« Je suis désolé, je t'ai toujours soutenu dans ce que tu voulais, mais là… je ne peux pas. Et puis, tu ne t'en sortiras pas si tu le fais, alors ça ne t'apporterait rien. »

« Et alors ? Tu m'aiderais à m'en sortir si je le faisais ? »

« Je… Non, parce que tu ne le feras pas. Le Bob que je connais ne le ferait pas. »

« Je pensais pouvoir compter sur toi… Si tu ne comptes pas m'aider, ne t'en mêle pas »

Bob lui planta le couteau dans l'avant-bras. Sébastien hurla de douleur, et le lâcha sous le choc.

Bob sortit de la cuisine et s'arrêta dans le salon. Il entendit la voix de sa proie à l'étage, et il s'y précipita aussi rapidement que son corps l'y autorisait.

Lucie entendit des bruits de pas devant sa porte, qu'elle avait bien entendu verrouillée à clé. Elle pensait que Bob était suffisamment affaibli et que son ami pourrait le retenir, mais elle avait entendu le cri de ce dernier. Avait-il été si naïf que ça ?

Elle resta silencieuse, espérant que la porte tiendrait suffisamment longtemps pour que l'ambulance arrive. Ils habitaient loin de la ville, mais elle espérait qu'ils puissent arriver à temps. Son épaule lui faisait terriblement mal, et elle n'arrêtait pas de saigner. Elle se recroquevilla dans un coin et serra les dents, dans l'attente de ce qui allait se produire.