Des cheveux mi-longs couleur violine prenait vie sur le visage masculin qui apparaissait sous les yeux stupéfait de Saber. Le corps mince d'Irisviel laissait place à une robuste et imposante armure noir. L'héritière était sous le choc. Celui qui se tenait à présent devant elle n'était autre que Lancelot, plus connu sous le nom de Berserker.
- Lancelot...soufflait la servante abasourdie, tandis que son ancien compagnon se levait brusquement.
La blonde se reculait de quelques pas en arrière mais l'étreinte de la main du chevalier de la table ronde se refermait sur son cou. D'un regard remplit de corruption, le servant aigris soulevait avec aisance la masse osseuse d'Arturia dont l'air manquait.
- Ô roi d'Angleterre, Arthur Pendragon, moi qui vous ai autrefois trahi, j'avais besoin de votre jugement. Cependant, vous m'avez pardonner, sans chercher à l'expiation de mes pêchers. J'avais besoin de vos mots. De votre punition.
Il plongeait son regard haineux dans les yeux de Saber.
- Lan..celot...Pourquoi..? Articulait-elle avec difficulté.
Une lance rouge traçait un sillon dans les airs avant de venir se planter brusquement dans l'avant bras du servant corrompu. Celui-ci relâchait alors la nuque de Saber, qui retombait sur les genoux, récupérant son souffle.
La Gáe Dearg disparaissait de la chair de Lancelot pour réapparaître dans la paume de la main du lancier.
- Berserker...Hm..Je t'attends, affirmait sûr de lui Diarmuid.
- Attends Lancer, je...Je crois qu'il serait mieux que tu me laisses régler mes différences avec lui.
- Comme tu voudras, Saber. Mais si la situation te serais défavorable, sache que je ne pourrais retenir mes coups. Répondait le chevalier des Fianna.
- Entendu.
Le jeune roi faisait apparaître avec prestance son armure sur ses épaules ainsi que son épée légendaire entre ses mains. Elle s'adressait à Lancelot :
- Toi qui désir à présent expier tes pêchers, ce combat sera ton jugement. En garde !
Les chevaliers et autre fois compagnons, se mirent en position de combat. Saber laissait derrière elle les émotions qui la liait par le passé avec son ami. La bataille débutait, et déjà les étincelles se faisait voir. La ténacité d'Arturia et la haine de Lancelot offrait un affrontement digne des règles de la chevalerie. Lancer, quant à lui, ne pouvant que rester ébahi devant la magnificence de ce combat. Le jeune bourgeon fleurissant qu'était la blondinette en dehors du champs de bataille devenait une redoutable lionne furibonde. Pas une seule fois elle ne laissait prendre l'avantage à son opposant qui s'avérait aussi coriace qu'elle.
Le temps défilait mais le tintement de leur épée ne s'arrêtait pas pour autant. Le roi d'Angleterre profitait de l'attaque frontale du servant pour esquiver cette dernière avec habileté, avant de se précipiter vers l'abdomen de Lancelot, le transperçant brusquement du long de sa lame légendaire. Le corps de son ami se laissait tomber contre le sien, avant de disparaître dans une poussière d'argent. L'expression de l'héritière demeurait pleine de culpabilité à la vue d'Excalibur tâchée du sang de son ancien ami.
- Saber, tu as fais ce qu'il fallait, cesse de t'en vouloir, réconfortait le noiraud en posant sa main sur l'épaule de sa dulcinée.
- Magnifique, hahaha !
Les deux protagonistes se retournaient. Leur yeux s'écarquillèrent.
- Ne faites pas cette tête, voyons.
Le rire hautain du servant doré résonna dans le vent.
- Archer...Qu'est-ce que tu fais ici ?! S'exclamait Arturia.
- Saber, quel dommage que nous nous sommes fait interrompre l'autre jour.
Un sourire pervers se dessinait sur le visage du blond.
- Gilgamesh, je t'ai pourtant transpercé...
- Hahaha ! Ne va pas croire qu'une misérable lance comme la tienne suffirait à m'achever, mécréant ! Toute fois..Aujourd'hui, je vous fais l'honneur de ma présence. Que diriez vous d'en savoir plus sur ce mystérieux endroit ?
- Pourquoi nous le dirais- tu ?
- Saber. Je dois dire que ce petit spectacle entre Berserker et toi m'a rendu d'humeur charitable. Alors, que décidez vous ? Ricanait le roi Babylonien.
Arturia et Diarmuid s'échangeait leur regard pendant un bref instant.
- Nous t'écoutons, Gilgamesh.
- Sage décision, mécréant. Bien. Je vais donc vous révélez le secret qui pèse sur cette île. Pour ne pas disparaître, il lui faut de l'énergie, de la mana. Votre mana.
Le minois des deux servants s'allumait.
- Ça veut dire que...Rider à disparu car toutes ses réserves de mana étaient épuisée...?
- Quelle perspicacité, Saber, déclarait Gilgamesh sur un ton méprisant.
- Mais alors...Nous allons aussi disparaître ..! Clamait Lancer, d'un air effaré.
Le servant d'or riait au éclat, laissant sa moquerie déferler face aux visages abasourdis des chevaliers.
- Ça n'a rien de drôle, Archer ! Criait Arturia avec agressivité.
- Hahaha ! Décidément, je ne me lasserais jamais de voir vos têtes de chien abattue ! Sur ce.
Le roi de Babylone se laissait disparaître dan une fine nuée de paillette doré.

Le chemin du retour pour les deux servants amoureux se faisait dans une ambiance chagrinée. Eux qui avaient enfin trouvé le bonheur devrait bientôt se séparer.
- Hé, Saber, profitons du temps qu'ils nous reste, d'accord ?
La voix chaleureuse du lancier embaumait le cœur attristé de la jeune blonde.
- Cela va de soit, Lancer, lui répondait-elle d'une voix mielleuse.
Les protagonistes rejoignaient la rive sablonneuse afin d'y passer la soirée. Lancer s'occupait du feu, tandis que l'héritière des Pendragon ôtait sa robe bleu roi, plongeant son corps élancé dans l'eau claire du lac qui reflétait l'orange du ciel habité par le crépuscule tombant. Il ne se fut pas tarder pour que Lancer rejoigne cette dernière, en lui sautant dessus, coulant l'entier de son petit corps sous l'eau. Saber, qui refaisait surface quelques seconde après, riait comme une enfant en compagnie de celui qu'elle aimait. L'éclat sincère de son rire ne rendait le chevalier des Fianna qu'on ne peut plus joyeux. Il saisissait les bras de la blondinette, la tirant vers lui. Arturia passait dès lors ses bras derrière la nuque du servant qui flottait avec aise dans le lac. Mais un détail brisait soudainement leur romance. Le noiraud attrapait l'une des mains de Saber, fixant alors sa peau qui semblait démontrer une certaine transparence.
- Saber..Ta main, tu...
Le regard d'Arturia se figeait. Sa silhouette toute entière commençait à se dissiper, tout comme Diarmuid à présent.
- Non...Non...Je ne veux pas disparaître, je...Je veux rester avec toi ! S'écriait la jeune servante, qui pleurait à chaude larme.
La figure rongée par la douleur, Lancer s'emparait du visage apeuré de la blonde.
- Je serais là, toujours ! Je vais rester avec toi, et toi avec moi. Ne t'inquiète pas, d'accord ? Nous resterons à jamais ensemble, déclarait d'une voix sanglotante qu'il essayait de cacher, le jeune chevalier.
Saber, qui se calmait peu à peu, hocha la tête, sentant alors les lèvres tendre du noiraud se poser sur les siennes.
- Lancer..Je..t'aime, lui murmurait-elle.
Il souriait.

De leur corps devenu poussière, les deux servants regagnaient les cieux bercé d'un doux vent à l'effigie de leur sentiments. Sur le sol tapissé de sable, les bras croisé, une tignasse blonde faisait son apparition. Un long rire moqueur retentissait une dernière fois au travers de ce climat printanier.