Je ne suis pas spécialement une grande fan de Fear the walking dead. Il serait même plus juste de dire que je regarde à cause de deux choses "Walking Dead" et Alycia. J'ai donc eu l'idée d'un crossover entre FTWD et the 100, en espérant que l'idée vous plaira. Il ne va pas se passer grand chose dans ce premier chapitre mais je croise les doigts pour que vous accordiez une petite chance à cette fiction !

Au programme ? Amour et survie.

Ce premier chapitre reprend des éléments réels de la série et des conversations.

N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ! A la semaine prochaine !


Chapitre 1 :

- Chérie tu es prête ? Lexa ? Il faut qu'on y aille, dépêche-toi !

La voix de ma mère retentit dans la pièce d'à côté et je ne pu m'empêcher de lever les yeux au ciel. Elle me connaissait pourtant, elle savait très bien que ce n'était pas en me pressant que j'allais accélérer le pas alors pourquoi s'efforçait-elle de me demander de me dépêcher ?

Je basculai la tête en arrière et profitai encore un peu de l'eau brûlante. Rien ne changeait, matin après matin. Je me levais, en retard selon ma famille, je me préparais et partais au lycée. Toujours la même rengaine, toujours la même monotonie. Les semaines s'échangeaient et se ressemblaient sans rien pour les différencier. Coincée à Los Angeles, partagée entre mes rêves d'échappatoire et mes peurs. Aujourd'hui, comme d'habitude, c'est le visage de mon frère qui hantait mes pensées. Cet abruti avait disparu de la circulation depuis déjà cinq jours et cet absence pesait lourd à chacun de nous. Pour moi, ma vie n'était qu'un éternel recommencement. Les cours, les disparitions de Nick, mon inquiétude que je tentais de cacher sous un masque froid et impassible. J'ignorai combien de temps encore je serais capable de supporter tout ça, de cacher toutes mes émotions et de ne rien laisser paraître mais je sentais mes forces s'amoindrirent au fur et à mesure que nous recevions des appels de la police ou de l'hôpital.

Je coupai brusquement l'eau et sortis de la douche, irritée par mes propres pensées. Je ne devais pas me soumettre à ma faiblesse. Je valais mieux que ça. Sans attendre, je m'emparai de ma serviette et commençai à la nouer autour de mon corps nu lorsque quelqu'un toqua à la porte de la salle de bain et l'ouvrit à moitié avant même que j'ai eu le temps de répondre.

- Tu as cinq minutes, m'avertit ma mère.

- Je t'ai pas dis d'entrer ! C'est dingue ça !

Je refermai aussitôt le battant en le claquant fortement sous le coup de la colère. Il fallait toujours qu'elle me materne comme une mère poule, c'était tellement agaçant !

- Ne claque pas la porte !

Bah voyons. Elle avait le droit d'entrer sans prévenir mais je ne pouvais pas protéger un minimum mon intimité.

- Tu n'avais qu'à te lever une demi-heure plus tôt.

Je retins un cri de rage et appuyai mes mains de chaque côté du lavabo, frustrée par son attitude. Respirer profondément, calmer les battements de mon coeur trop rapide. J'aimais ma mère, vraiment, mais parfois comme aujourd'hui je ne supportais plus sa façon de me couver ou de me contrôler. Elle inversait les rôle avec Nick. Ce n'était pas moi qu'il fallait surveiller par peur des faux pas, ce n'était pas moi qui l'empêchait de dormir chaque nuit.

- Lexa, dépêche-toi !

Cette fois un grognement de frustration m'échappa. Au travers de la porte, j'entendais Travis et ma mère discuter, sûrement en train de roucouler comme ils avaient l'habitude depuis que l'homme avait choisi d'emménager chez nous. Depuis qu'elle l'avait rencontré, Maman semblait heureuse, plus épanouie et il lui permettait de souffler un peu entre chaque disparition de Nick mais je ne pouvais m'empêcher de détester ce type. Il tentait de prendre la place de mon père, de se frayer un chemin dans notre foyer et dans notre vie. Je ne pouvais pas le laisser faire sans réagir.

Une sonnerie de téléphone me coupa brusquement de mes pensées et mon sang se glaça dans mes veines. Mon cœur se serra aussitôt et j'ouvris les paupières que j'avais clos sans vraiment m'en rendre compte. A chaque fois que cette stupide chose sonnait, une vague d'inquiétude déferlait en moi et cette fois ne faisait pas exception à la règle.

Je ne mis que quelques secondes avant de sortir de la salle de bain, maintenant ma serviette contre moi, et m'approchai lentement du salon. Ma mère se tenait dans la cuisine, une main sur la poitrine et l'autre tenue contre son estomac, comme si elle se retenait de vomir. Elle ne faisait pas attention à moi tandis que Travis s'emparait du combiné, la mine aussi soucieuse que nous.

- Allô ?

Je compris directement au ton de sa voix qu'il s'agissait de Nick. Je n'attendis même pas d'entendre la suite de la conversation et me précipitai de nouveau dans la salle de bain pour enfiler mes vêtements et terminer de me préparer en vitesse. Les mots "hôpital" et "voiture" retentirent plusieurs fois tandis que j'achevai de m'habiller. Je rejoignis finalement Travis et ma mère qui m'attendaient déjà dans l'entrée.

- Qu'a-t-il fait cette fois ? demandai-je.

- Nous ne savons pas grand chose pour le moment mais nous devons aller à l'hôpital. Ton frère vient d'être prit en charge par un médecin.

- Au moins, il n'a rien de grave, annonça Travis en déverrouillant la voiture.

- On finira par le retrouver dans un sac mortuaire.

- Alexandria !

Je n'ajoutai rien et me contentai de monter à l'arrière sous le regard désapprobateur de tout le monde. Il ne nous fallu qu'une vingtaine de minutes pour rejoindre l'hôpital et être prit en charge par le médecin de Nick. Il expliqua aussitôt à ma mère les blessures dont souffrait mon frère.

- Une côte brisée, des contusions...

Je ne voulais pas y aller. Je ne voulais pas le retrouver complètement défoncé, en train de divaguer. Je ne voulais pas entendre son rire de junkie où le voir réclamer sa dose. Et plus que tout, je refusais d'écouter ses excuses lorsqu'il se rendrait compte que je suis auprès de lui. Il avait toujours cette sale habitude, il se mettait à balbutier des "je te demande pardon petite soeur" sans se rendre compte de la douleur et de la déception que j'éprouvais face à lui. Alors je traînai les pieds, ralentis la cadence tandis que mon visage se fermait et que je l'empêchais d'exprimer la moindre émotion. Il était hors de question que je montre mes sentiments à ma famille. Ni à personne d'autre. Travis leva les mains dans ma direction pour me faire comprendre d'avancer plus vite mais je me contentai de lui jeter un regard désabusé. Le médecin, lui, continua son diagnostic.

- Il a eu de la chance mais ce qui m'inquiète -

- La toxicologie, le coupe ma mère en montant les escaliers.

- Oui, entre autre, mais faible pour l'héroïne.

- Il a pris quoi ?

- Il est majeur je ne peux rien vous dire. Pas plus qu'à la police.

- La police est ici ? Vous auriez pu le dire avant.

Evidemment que la police était ici. Nick venait de se faire renverser par une voiture en plein milieu d'une rue bondée. Ca ne pouvait pas passer inaperçu. J'enfonçai les mains dans mes poches et serrai les poings, rejetant dans ce geste toutes mes émotions pour arborer un visage parfaitement lisse et désintéresser. Je me fermai complètement à la conversation et ne fis que suivre la petite troupe. Un an. Il ne me restait qu'une seule année à tenir et tout ça serait terminé. Je n'aurais plus à me soucier de rien.

Les deux policiers qui occupaient la chambre de mon frère semblaient plus q'avide de trouver des réponses à leurs question mais comme à son habitude, ma mère ne tarda pas à débouler comme une tornade pour leur demander de partir. Disons plutôt qu'elle ne leur laissa pas le choix et ce fut dépités qu'ils finirent par quitter la pièce, manifestement sans ce pour quoi ils étaient venus. Sans attendre, je m'adossai au mur et fixai la mine défoncée de Nick. Son visage arborait de nombreuses coupures et ecchymoses tandis que ses cheveux gras encadraient sa tête, faisant ressortir d'avantage ses grands yeux exorbités par le manque et les hallucinations. Il tentait faiblement de se défaire des liens qui le gardaient attachés au lit. Il semblait encore plus blafard et cadavérique la dernière fois que j'avais posé mon regard sur lui.

- Que s'est-il passé ? lui demanda aussitôt Maman en se postant devant lui.

- L.A n'est pas fait pour les piétons.

- Nick !

- J'ai voulu traverser trop tôt.

- Pourquoi ils t'ont attaché ?

- J'n sais rien, répond mon frère en haussant les épaules. Demande au médecin.

- Tu as voulu te faire du mal ?

- Non Maman.C'était un accident.

J'écoutai distraitement la conversation qui se déroulait devant moi. Comme à son habitude, Nick mentait comme il respirait. J'avais toujours pu dire quand il racontait n'importe quoi. C'était inscrit sur son visage et je le voyais à cet instant. La manière dont il fuyait le regard de ma mère, dont il se tortillait dans son lit comme un ver de terre, comme pour échapper aux questions qu'on lui posait.

Maman tenta de lui faire accepter de reprendre sa place dans le dernier centre de désintoxication mais évidemment Nick refusa aussi sec.

- Ecoute ta mère, Nick, tenta de le raisonner Travis mais mon frère n'a aucune envie de l'écouter.

Il ne l'estimait pas assez pour ça.

- Laissez-moi tranquille, demanda-t-il comme fatigué par cette discussion. Oubliez-moi.

- Bonne idée.

Je n'avais pas pu m'en empêcher. J'en avais assez de le voir se lamenter sur lui-même, de nous supplier de faire comme s'il n'existait plus et ne faisait plus partie de la famille. Je n'en pouvais plus de le voir aussi faible, sans même chercher à se sortir de sa misérable existence.

- Ça n'aide pas, Lexa.

- C'était pas le but.

- Pardon ? intervint brusquement ma mère.

- C'est rien, répliqua aussitôt Travis mais il était hors de question que je me taise.

- Ca ne le concerne pas !

- Attends-nous dans la voiture.

Alors c'est tout ? On me renvoyait me planquer uniquement parce que j'osais donner mon avis sur la question ? Je levai les yeux au ciel avant de tourner les talons pour rejoindre la salle d'attente. Travis m'emboîta aussitôt le pas, ce qui acheva de m'agacer.

- Alors, content d'avoir emménagé ?

Il ne répondit rien et poursuivit son chemin, me laissant seule une nouvelle fois. Je savais qu'il allait appeler son ex-femme pour l'informer de ce qui se passait ici mais je ressentais le besoin de penser à autre chose. Et comme pour répondre ma prière silencieuse, une vibration dans ma main attira mon regard. Je constatai que j'avais loupé plusieurs messages. Un de Matt, mon petit-ami et un de Octavia. Je ne pu m'empêcher de sourire en lisant ce dernier.

De Blake : Alors, on a décidé de sécher les cours Miss Je veux aller à Berkeley ?

Je connaissais Octavia depuis l'école primaire. A dire vrai, sa main avait rencontré violemment ma joue après que je l'eu fais tombé de son siège à la cafétéria. Il faut dire qu'elle m'avait voler mon goûter et on ne pouvait pas se permettre de voler mon goûter sans en subir les conséquences. Depuis ce fameux instant, elle était devenue l'une des personnes les plus importantes de ma vie. Elle savait tout de moi, même mes secrets les plus enfouis, même tout ce qui concernait Nick. Elle était capable de lire en moi et de me comprendre mieux que ma propre famille. Si quelqu'un pouvait réaliser ce que je ressentais, c'était Octavia Blake.

De Woods : Nick.

De Blake : On en parle dès que tu es au lycée. Courage Lexa.

J'aperçus ma mère sortir de la chambre de Nick du coin de l'œil, aussitôt rejoint par Travis. Je les observai discuter même si je n'entendais rien. De toute façon, il était plus qu'évident que mon frère était le principal sujet. Je compris qu'il était temps pour nous de partir lorsque ma mère enlaça son petit-ami avant de se diriger vers moi et de sortir de l'hôpital pour monter dans la voiture. Nous n'échangeâmes aucune parole, nous contentant de fixer la route. Mes écouteurs vissés dans mes oreilles, je ne prêtai aucune attention à ma conductrice. Du moins jusqu'à ce qu'elle choisisse de me parler.

- Il va s'en sortir, me rassura ma mère.

Mon absence de réaction l'irrita quelque peu et elle me demanda de retirer ma musique. Chose que, bien évidement, je me retins de faire.

- Je t'entends, répondis-je à la place.

- Retire-les s'il te plait.

Je m'exécutai à contrecœur. Je n'avais aucune envie de lui parler, pas quand j'éprouvais tant de colère contre tout ça. Contre elle, contre ma mère. Je ne pouvais plus supporter ma vie telle qu'elle était aujourd'hui.

- "Il va s'en sortir", répétai-je lentement.

- Oui il ira mieux. Merci.

- Enfin, tant qu'il est attaché.

Ma mère me lança un regard estomaqué que je soutins pourtant sans faillir.

- Quoi ?

- Tu peux être un peu plus optimiste ?

- Il est majeur. Tu ne peux plus l'envoyer en désintox comme quand il était ado. Tout ce qu'on peut faire c'est ce que Nick a dit.

- Je ne vais pas laisser tomber ton frère !

- Son addiction empire.

- Il faut juste que son organisme soit sevré.

- Si tu le dis.

Je ne lui laissai pas le temps de me répondre et remis mes écouteurs en place. Bientôt, elle aussi verrait que mon frère ne pourrait plus être sauvé. Elle ferait mieux de l'accepter comme je l'avais fais. Nous rejoignîmes rapidement le lycée et je me précipitai hors de la voiture. J'avais l'impression d'étouffer dans cette famille. J'aperçus aussitôt Octavia sur le parking, à me faire des grands signes de mains, sourire aux lèvres. Sourire que je ne pus m'empêcher de retourner. Sans un mot pour ma mère, je me dirigeai vers mon amie qui me serra dans ses bras, plongeant sa tête au creux de mon cou.

- Est-ce que tu vas bien ? me demanda-t-elle.

- Ouai.

C'était un mensonge, elle le savait. Et pourtant elle ne dit rien. Elle se contenta de notre silence avant de me relâcher de son étreinte.

- Allez viens. Tu sais que Mr Kane déteste qu'on arrive en retard à son cours.

- Le médecin a dit qu'il s'est jeté sur la route sans même regarder. Que c'était volontaire. Il courrait pieds nus dans la rue sans faire attention.

- Tu penses qu'il a voulu se suicider ? chuchota Octavia. Lexa, ton frère est un camé mais il n'est pas suicidaire.

- J'en sais rien. Les choses ne font qu'empirer depuis quelques temps. Je n'arrive même plus à le reconnaître. Il disparaît tout le temps, il passe son temps à errer je ne sais où. Il se fiche de sa famille.

- Tu dois rester forte pour lui.

- J'en ai assez d'être forte pour tout le monde. Ma mère n'arrive même pas à voir ce que ça me fait à moi.

Sa main se posa sur la mienne et je serrai les dents. Je ne devrais pas me montrer aussi faible, même devant ma meilleure amie mais de voir mon frère sur ce lit d'hôpital, imaginer qu'il avait pu attenter à sa vie, me brisait le cœur bien plus que ce que je n'aurais imaginé. Heureusement la sonnerie ne tarda pas à annoncer la fin de notre heure de cours et je rangeai mes affaires dans mon sac. Octavia m'imita sans chercher à me faire plus parler. Elle savait très bien que tant que je n'aurais pas décidé de m'ouvrir à elle, il était inutile de me forcer. Je l'en remerciait pour ça, pour cette compréhension que je ne trouvais nul part ailleurs.

- Je ne vais pas en cours d'espagnol, annonçai-je alors que nous sortons de la salle. Matt m'a demandé de le rejoindre dans la cour. Est-ce que tu veux venir avec moi ?

- Et profiter d'une occasion pour ne pas voir cette horrible Mrs Sanchez ? Bien sur que je viens avec toi !

Je la connaissais bien. Je voyais qu'elle se retenait d'ajouter une réflexion à propos de mon petit-ami. Si, au début de notre relation presque un an plus tôt, Octavia était ravie, son jugement s'était vite dégradé avec les différentes épreuves que mon couple avait traversé. Matt et moi avions du mal à communiquer, chacun vivant avec ses propres rêves et plus les semaines passaient, plus nous nous éloignions l'un de l'autre. Il me reprochait cette envie pressante de partir de Los Angeles et se plongeait à cœur perdu dans sa passion pour le dessin. Quant à moi, je n'avais même pas la volonté de me battre pour sauvegarder ce qui nous avait autrefois unie. Je ne savais même plus ce qui me retenait à lui.

Nos sacs sur l'épaule, nous nous dirigeâmes vers la cour extérieure et j'aperçus aussitôt les élèves d'Arts appliqués de Terminal. Ils étaient une dizaine de sélectionnés pour peindre une grande fresque sur le mur, afin de donner un nouveau visage au lycée. Matt avait évidement été choisi, ainsi que plusieurs de ses amis. Je cherchai la silhouette familière de mon petit-ami parmi eux mais ne le distinguai encore nul part.

- Je ne vois pas ton prince charmant, me fit remarquer Octavia. Comme c'est étonnant.

- Ne commence pas O. Matt m'a demandé de le rejoindre, il va arriver.

Du moins je l'espérais. Je laissai mes yeux étudier la fresque déjà bien entamée et ses artistes. Une partie de moi enviait les étudiants qui s'affairent contre le mur, chacun occupés avec sa propre création. Ils possédaient un vrai don pour certains.

- Pssst, regarde qui je vois, chuchota ma meilleure amie avec excitation.

Je suivis son regard et mon cœur fit un bond dans ma poitrine lorsque j'aperçus la personne que me montrait Octavia. Clarke Griffin faisait partie de la bande d'amis de Matt et je l'avais rencontré lorsqu'il m'avait présenté officiellement à tout le monde. J'ai été interpellé par sa beauté naturelle, la façon dont ses cheveux blonds cascadaient sur ses épaules, sa peau nacrée, ses formes généreusement attirantes et par ses yeux... D'un bleu profond, hypnotique. Je trouvais son sourire ravissant, son rire enivrant. Jamais encore je n'avais trouvé une fille aussi belle et c'était pour cette raison que j'en avais aussitôt parlé à Octavia. Depuis ce jour, ma meilleure amie ne cessait de taquiner à propos d'elle.

- Elle est particulièrement jolie aujourd'hui, tu ne trouves pas ? me demanda O avec un énorme sourire entendu.

- La ferme.

Mais elle avait raison. Clarke n'avait pas besoin d'être habillée avec des vêtements aux prix exorbitant pour être magnifique et à cet instant, elle rayonnait. Son attention restait fixée sur sa peinture, ses sourcils fins froncés par la concentration. Ses cheveux attachés en queue de cheval haute retombaient paresseusement sur sa nuque, laissant juste quelques mèches voleter au gré du vent. Ses gestes étaient précis tandis qu'elle ajoutait des nuances de verts et de marrons à son oeuvre.

Occupée à la dévisager, Octavia ne parvint à attirer mon attention que lorsqu'elle me mit un coup de coude douloureux dans les côtes.

- Va lui parler.

- Je n'ai rien à lui dire, O. Et puis je suis là pour Matt. Pas pour Clarke. Aide-moi à le chercher plutôt.

- Va lui parler.

- Non.

- Si !

- Non !

Nous aurions passé encore deux bonnes minutes à nous chamailler, Matt toujours invisible de mon champs de vision, lorsqu'une voix nous interpella avec douceur.

- Lexa ?

Je me figeai brusquement face à Octavia dont le regard se portait maintenant par dessus mon épaule. Un mince sourire se dessina sur ses lèvres et je me retins de lui enlever de manière peu conventionnelle pour me retourner face à la personne qui venait de m'appeler.

Et voilà, je venais à peine de croiser les yeux de Clarke que mon coeur se remit à danser rapidement dans ma poitrine.

- Salut...Clarke.

- Salut, répondit-elle avec un sourire craquant. Tu cherches Matt ?

- Il m'a demandé de le rejoindre mais je crois qu'il est en retard.

- Hum...A vrai dire tu viens de le louper.

Octavia simula une quinte de toux derrière moi et je me retournai un instant pour lui faire les gros yeux. Ce genre de geste ne passa pas du tout inaperçu auprès de la charmante blonde qui retint un nouveau sourire, manquant de me faire chavirer.

- Il est parti il y a dix minutes, continua-t-elle malgré tout. D'après ce qu'il m'a dit, il devait rejoindre Wells pour travailler sur leur B.D. C'est ce que j'ai compris en tout cas.

Je serrai les dents, l'estomac noué par une nouvelle déception. Encore une fois, Matt préférait se consacrer au dessin et cette fois-ci il n'avait même pas pris la peine de me prévenir. Son message à l'hôpital me demandait pourtant de le rejoindre ici à 11h et voilà qu'il était aux abonnés absents, occupé avec son meilleur ami. Est-ce qu'un message de sa part était trop demandé ?

Clarke posa sa main sur mon bras, ses yeux cherchant les miens comme pour lire dans mon âme.

- Désolée Lexa, si j'avais su que tu devais le rejoindre je l'aurais retenu, s'excusa-t-elle.

Octavia grimpa sur le banc pour y poser ses fesses et m'incita à m'asseoir avec elle.

- Vous n'êtes pas censées être en espagnol vous deux ?

Clarke s'installa près de nous et nous regarda avec amusement.

- "Censées" est le bon mot, répliqua O avec un grand sourire. Mais tu sais ce que c'est, moi je m'endors pendant ces cours et Lexa est meilleure que la prof de toute façon alors.

Elles échangèrent un rire complice avant que ma meilleure amie ne désigne le mur.

- Pas mal du tout. C'est quoi le sujet de cette année ?

- "Figure héroïque". Heureusement que j'ai été choisi pour y participer ou bien j'aurais vomi devant toutes ces figures masculines. A croire qu'un héro est obligatoirement un garçon de nos jours.

J'observai son dessin avec attention. Maintenant qu'elle le précisait, je remarquai qu'il n'y avait que des supers-héros peints sur le mur à part de son côté. Clarke, elle, dessinait une silhouette féminine, dotée d'une armure et d'une épée qu'elle tenait entre ses mains jointes. Le croquis n'était pas achevé mais le rouge d'une cape ressortait sur le fond gris du reste du mur.

- Elle n'a pas encore de visage, fis-je remarquer. Est-ce que tu comptes lui en faire un ?

- Je ne sais pas encore, me répondit Clarke avec un sourire. Je n'ai pas encore décidé. Peut-être que je devrais la laisser comme ça, impersonnelle. Histoire que tout le monde puisse s'identifier à elle et devenir une figure héroïque.

Je hochai la tête. Son idée était impressionnante. Clarke était impressionnante.

Pendant quelques secondes je ne pu m'empêcher de la fixer, d'observer la façon dont le soleil éclaircissait son regard et le rendait encore plus attractif que la normale et je me rendis à peine compte qu'elle faisait la même chose de son côté. Du moins jusqu'à ce qu'un raclement de gorge nous fasse sursauter l'une et l'autre.

- Je peux partir si je vous dérange les filles, minauda Octavia avant de me tirer la langue.

J'étais certaine de rougir à cet instant précis. Clarke, elle, remit une mèche derrière son oreille et sourit timidement avant de se relever et d'épousseter son pantalon.

- Il faut que j'y retourne, nous avertit-elle avec douceur. C'était sympa de vous voir les filles.

- Tout le plaisir a été pour Lexa j'en suis sûre !

- O !

Heureusement pour moi et mes joues déjà rouges, la blonde choisit de ne pas relever et s'éloigna joyeusement pour retrouver sa peinture. Je laissai mes yeux divaguer sur ses hanches une seconde avant de me rappeler qu'il fallait que je tue ma meilleure amie pour cette réflexion.

- Ne sois donc pas si violente Lex ! me dit-elle en se protégeant. Tu la dévores littéralement du regard ! Je ne fais que t'aider un peu c'est tout.

- Je suis avec Matt, O. Et en plus c'est l'une de ses amies.

- Au moins Clarke est là, et elle est venue te parler alors que ton supposé petit-ami a prit la tangente pour aller s'amuser avec ses crayons dans son coin en te laissant poireauter ici. Franchement Lexa, je ne sais pas ce que tu attends pour larguer ce type.

Je secouai la tête. Je n'avais aucune envie d'avoir cette conversation une nouvelle fois avec Octavia. Alors je me contentai de regarder les étudiants peindre le mur. Le dessin de Clarke était vraiment magnifique.

- Peut-être que j'attends un signe.