Tandis que Jo terminait son assiette, Spock se leva et se rendit sous la douche. Elle sourit en se disant qu'elle avait tout de même de la chance. Les vulcains auraient pu être comme les klingons qu'on disait du genre à redouter les nettoyages. Et puis, ça ne lui ferait pas de torts à elle non plus. Elle songea un instant à aller le rejoindre puis elle se dit que sans compter la taille minuscule de la douche, les chances que le commandant soit du genre à apprécier ce type de partage avoisinaient sûrement le zéro.

Il sortit en s'essuyant avec une serviette et elle enfila dans la douche. Lorsqu'elle sortit à son tour, elle remarqua qu'il avait reprit sa place sur le lit, le dos appuyé contre le mur et les jambes étendues devant lui. Elle s'approcha du lit et se demanda un instant comment commencer. Si on continuait dans la même veine, il valait mieux y aller carrément. Elle s'assit donc directement à califourchon sur lui et le regarda en souriant. Il lui rendit son regard attendant la suite des événements. Elle approcha son visage du sien et posa chastement ses lèvres sur les siennes mais il ne rendit pas le baiser. Elle lui fit un sourire contrit.

- Vous savez qu'il faut que vous y mettiez un peu du vôtre pour que ça marche, dit-elle gentiment.

À en juger par sa tête, il se sentait plus ou moins concerné.

- D'accord alors on refait un essai ça vous va ?

Il approuva et elle l'embrassa doucement en tentant de provoquer une réponse mais n'obtint pas pour autant les résultats escomptés. Autant embrasser une bûche, se dit-elle déçue. Visiblement, il ne servirait à rien d'insister.

- Vous détestez embrasser pas vrai?

- C'est un rituel étrange mais je savais que je devrais m'y soumettre. D'ailleurs, je ne m'y oppose pas, fit-il remarquer.

- Ça c'est très inspirant, dit-elle avec sympathie. Mais si vous n'aimez pas, il n'y a qu''à sauter cette étape.

Il acquiesça en ne manifestant aucun regret.

- Donc à part ça, vous avez des préliminaires que vous aimeriez ou enfin … je sais pas trop dans votre culture comment ça se passe.

Il lui renvoya un regard curieux.

- D'accord, j'ai été introduite à votre accouplement mais ça c'était pas vraiment la baise quotidienne pas vrai? Non mais les femmes vulcaines elles vous caresse ou je sais pas trop. Elles font quoi ?

Il ne comprenait visiblement pas où elle voulait en venir. Ne comprenant pas non plus comment il pouvait ne pas savoir où elle voulait en venir, Jo se dit qu'elle allait simplement ignorer la question.

- D'accord, alors on va faire ça à la terrienne, qu'est-ce que vous en dites ?

Spock ne s'objecta pas et Jo s'agenouilla à côté de lui question de le mettre en route.

Elle prit le membre au creux de sa main et y appliqua la dynamique millénaire. Elle s'activa quelques instants sans réussir à obtenir quoi que ce soit. Elle soupira désappointée. Après tout ça, il n'y avait plus la moindre mine dans le crayon, c'était bien sa chance.

- Dois-je avoir une érection maintenant ? demanda Spock.

- Heu … ben ouais… C'était un peu ça l'objectif.

Quatre secondes plus tard, elle tenait un manche bien ferme au bout rebondi et aux légers accents verts.

- Sans blague … dit-elle en en croyant à peine ses yeux.

- L'érection est volontaire chez les vulcains.

- Ah. D'accord … Et bien, j'imagine que vous devez avoir l'esprit en paix question dysfonction érectile.

- Bien entendu.

Il disait ça comme s'il allait de soi que les capacités vulcaines battaient les terriennes à plat de couture. Une chose était certaine, il ne connaissait pas tout des capacités humaines pour croire ça.

- Peut-être que je pourrais vous faire découvrir une tradition très populaire chez les terriens. Ça s'appelle une pipe. Vous connaissez?

- Uniquement le principe théorique.

- Vous voulez essayer?

Il hocha la tête, ouvert à la proposition.

Avec tout ça, Jo avait un peu l'impression qu'elle défendait l'honneur terrien et elle se pencha sur lui en ayant bien l'intention de lui faire ravaler sa morgue. Elle entama le processus tendrement puis fit monter doucement les enchères. Le truc c'était de varier les méthodes, mais pas trop. S'orienter assez longtemps dans une direction puis changer au bon moment. Il fallait aussi varier les dynamiques. Passer de la langueur à la fougue. Foncer énergiquement tout en n'hésitant pas à papillonner de ci de là. Effleurer pour ensuite engloutir le tout avec entrain et ce, en évitant bien entendu les hauts le coeur disgracieux. Elle y mit tout son savoir faire jusqu'à ce qu'elle en ait marre puis elle se releva, consciente d'avoir réalisé une petite œuvre d'art.

- Alors? Vos impressions?

- C'est intéressant.

- Intéressant?

Non mais elle venait de lui faire la pipe du siècle à ce connard!

- Et bien tant mieux, dit-elle comme si elle s'en foutait complètement.

Il l'observa et prit un air grave en fronçant les sourcils.

- Vous ne dites pas ce que vous pensez réellement.

- Aucune importance.

- Je m'attend à ce que vous soyez spontanée et brutale, lui rappela t-il.

- Et bien je dirais que j'ai trouvé mon maître, dit-elle en souriant. Mais ça n'a aucune importance. Bon, et bien puisque vous vous en foutez, passons directement au coït.

- Je croyais que je devrais accomplir des préliminaires. C'est une étape essentielle pour les terriennes. Les informations que j'ai consulté insistes beaucoup sur leur importance. Le toucher bucco-génital est souvent mentionné. Vous venez d'ailleurs d'en fournir un exemple.

Jo eut l'air embêté et grimaça un sourire.

- Vous savez quoi ? Je suis pas sûre. Ce n'est vraiment pas de votre niveau. Essayons quelque chose de plus simple, dit-elle d'un air compréhensif.

Spock haussa les sourcils comme s'il avait quelque difficulté à croire qu'un vulcain puisse échouer devant une tâche qu'un humain était capable d'accomplir.

- À votre guise, c'est votre coït, dit-il en gentlemen.

- C'est très aimable, répondit Jo qui n'aurait pas cru entendre ça un jour.

Elle grimpa par dessus lui et marcha sur ses genoux en se rapprochant jusqu'à ce que son torse s'appuie sur son ventre.

- Si vous voulez essayez de nouvelles choses, je crois que le plus facile ce serait ça.

- Qu'est-ce que je dois faire ?

- D'après vous? Je viens de mettre mon sein dans votre figure.

- Une succion?

- On dira ce qu'on voudra, les vulcains sont des rapides.

- Ce n'est pas aussi évident que vous semblez le croire, rétorqua t-il en ayant perçu l'ironie.

Jo le fixa tandis que le menton levé entre ses seins, il la toisait, digne et sérieux.

Elle ferma les yeux comme si elle hésitait entre rire et pleurer puis elle pouffa de rire. Bordel … Question nullité, c'était un grand champion. Il se décida enfin et elle sentit sa bouche s'appuyer contre le bout de sa poitrine. Il hésita un moment, incertain. Il finit par entrouvrir les lèvres et se mit à aspirer le mamelon dans une sorte de parodie de succion ratée. Et ben, finalement, question nullité on n'avait pas encore atteint le fond et Jo dû se concentrer des toute ses forces pour épargner son orgueil en n'éclatant pas de rire à nouveau.

Après quelques tâtonnements ou par quelque miracle, il finit par se souvenir du principe et réussi à accomplir une succion mécanique. Ce n'était pas trop génial et Jo se dit qu'un peu de chaleur vulcaine serait un ajout appropriée faute de mieux. Elle prit ses bras qu'il tenait posé à plat sur le lit et les mit autour d'elle. Un instant, elle craignit qu'il les laisse retomber mais il finit par entourer sa taille.

Le lien battait toujours entre eux et elle se laissa bercer par son rythme. Sa bouche sur son sein lui donna enfin une sensation agréable et elle coula son bassin contre son ventre, laissant monter l'excitation. Elle s'imagina qu'il la tenait dans ses bras parce qu'il était fou d'elle et qu'il la désirait comme un démon, ce qui l'échauffa considérablement. Soudain, il s'arrêta comme s'il venait d'avoir l'idée du siècle.

- Lorsqu'on y pense, vos préliminaires semblent tous relever d'un réflexe de succion propre aux nourrissons.

Jo battit des cils en grimaçant.

- Même vos baisers sont du même ordre à mon avis.

Elle le fixa gravement.

- Une chance qu'on y est allé par étape. Vous imaginez un peu ? Si vous me sortiez des conneries pareilles en plein cunnilingus … Bordel!… Ça m'aurait hanté des années.

- Ce n'est qu'une simple observation.

Jo le fixa gravement. Pour ça, elle n'avait jamais vu son pareil. … Putain qu'il était con.

- Bon écoutez, oubliez ça. Ce n'est vraiment pas pour vous.

Franchement, elle ne voulait plus trop bénéficier de ses préliminaires mais elle se dit que ce serait quand même bien qu'il se décoince un peu parce que vraiment, c'était un sacré défi de s'exciter sur monsieur Alaska ici présent. Il lui vint tout de suite une idée évidente. S'il n'y avait qu'une seule chose susceptible de le faire réagir, c'était bien celle-là. Elle eut un sourire mutin et releva ses cheveux langoureusement tout en faisant une mine coquine.

- Vous aimeriez que je vous appelle commandant? demanda t-elle suggestive.

- Ce serait en effet plus approprié, dit-il soulagé qu'elle le propose enfin.

Jo cessa son manège en réalisant qu'il n'y avait même pas l'ombre d'un espoir et Spock se rendit compte qu'elle semblait désappointée par sa réponse.

- Était-ce une mise en scène de type hiérarchique? demanda t-il avec un doute soudain sur ses intentions.

- D'accord. On oublie tout ça. Juste … Ne dites plus rien d'accord ?

Il prit un air détaché.

- Nous allons simplement passer au coït. Vous n'avez pas d'objection?

Il approuva la manœuvre.

- Bon alors couchez-vous complètement sur le dos, ce sera le plus simple.

Il s'exécuta et Jo se mit à califourchon sur lui. Soudain, elle songea que tout allait peut-être recommencer.

- Vous croyez que ça va faire comme tout à l'heure? La tempête et tout?

- Non. Je n'ai pas envie de vous.

Elle le regarda mi-figue, mi-raisin.

- Vous vous rendez compte que c'est limite insultant de se faire dire ça dans les circonstances?

- Je ne vois pas pourquoi.

- Dites tout de suite que vous me trouvez affreuse, dit-elle avec une pointe de colère dans la voix.

Spock ne voyait pas trop la logique sous-jacente à la déduction mais il flaira tout de même le danger et détermina que le plus sécuritaire serait de s'en tenir aux valeurs sûres que lui avait indiqué Mccoy. Complimenter sa femelle.

- Non. Je ne trouve rien de tel. Vous êtes ferme et jeune. Vous semblez très féconde.

- Féconde? dit Jo en haussant un sourcil incrédule.

- Les critères de beauté terriens s'en tiennent normalement à cet aspect.

Ça c'était clairement le compliment le plus bizarre qu'elle ait jamais entendu.

- En langage humain ça veut dire genre que vous me trouvez belle ?

Sûr qu'elle n'apprécierait pas une réponse franche, Spock opta pour un autre point de vue.

- Les vulcains n'attachent pas d'importance à la beauté physique.

- Non mais c'est quand même dommage que je ressemble pas à une grosse reine fourmi. Vous ne trouvez pas? dit-elle un peu vache. Là j'aurais été tout à fait votre genre.

Il ne releva pas le sous-entendu et se contenta d'attendre stoïquement qu'elle se calme. Jo le regarda d'un air suspicieux puis soupira en essayant de ne plus y penser. Elle se concentra pour retrouver un état d'esprit plus érotique et après un instant, elle descendit lentement sur le membre toujours dressé. Comme de fait, il ne se passa rien de cinglé. Tandis que le lien se contentait de battre calmement entre eux, elle fit quelques aller-retour d'introduction. C'était bien mais ça pouvait être mieux.

- Vous voulez bien monter un peu vos hanches.

Sans même forcer, il les leva assez pour que les genoux de la jeune femme décollent du matelas et à cheval comme sur un tonneau, elle dû s'appuyer sur sa poitrine pour ne pas être désarçonnée.

- Heu … Qu'est-ce que vous voulez faire ? Du rodéo? Redescendez, ordonna t-elle en se demandant sérieusement si elle allait y arriver un jour.

Imperturbable, il se recoucha tandis que Jo ne savait plus trop par quel bout prendre la situation.

- Vous n'avez jamais baisé ou quoi ?

- Une fois mais je n'en garde qu'un vague souvenir. Qui plus est, je n'était pas moi-même.

- Alors c'est quoi votre problème ? Vous avez jamais regardé un porno?

- Non. Ces images sont reconnues pour être dégradantes.

- Et bien peu importe la prochaine fois n'hésitez pas. Dans votre cas ce ne serait pas un luxe, dit-elle impressionnée. Alors maintenant concentrez-vous d'accord. Vous allez lever vos hanche mais juste un peu.

- De quelle façon ? demanda t-il embêté.

- Et bien pour que ça dégage … hum … en longueur vous voyez. Ça fait plus d'effet, dit-elle en trouvant étrange de devoir expliquer un truc pareil.

Il souleva le bassin de façon relativement appropriée.

- Voilà. C'est bien mieux. Vous voyez la différence?

- Pas nécessairement.

Jo hocha la tête dépitée et se dit qu'elle en avait trop rien à cirer de l'introduire aux mystères féminins. De toute manière pour ce qu'il en avait à foutre... Elle se concentra plutôt sur ce qui la concernait et à ce niveau, il fallait avouer que la performance de l'équipement vulcain était tout à fait satisfaisante. En fait, ça allait le faire vu où elle en était déjà après quelques minutes à peine. S'il pouvait juste lui refaire son air sombre avec sa belle petite gueule... Elle le regarda avec un mince espoir et se rendit plutôt compte qu'il l'observait comme une bête de foire. Elle s'arrêta et le dévisagea.

- Arrêtez de me regarder comme ça vous voulez?

- Je ne dois pas vous regarder ? demanda t-il étonné.

- Pas comme ça. On dirait que vous évaluez une expérience de laboratoire.

- Je n'ai jamais eu l'occasion d'observer un accouplement humain. C'est vraiment très intéressant, dit-il comme si c'était sensé lui faire plaisir.

- Bon sang mais je rêve …

Désespérée, elle soupira en se passant les mains sur la figure.

- Vous ne pouvez pas juste faire semblant d'être un peu humain? dit-elle à bout.

- Les vulcains ne mentent pas. À moins bien sûr de ne pas avoir d'autre choix, ce qui n'est pas le cas ici. Qui plus est, je ne peux pas savoir comment les mâles terriens sont censé «être» lors de cette activité.

Jo se sentit près de lui foutre une baffe question de lui faire rentrer un peu d'humanité dans le crâne mais bien sûr, ça ne servirait à rien. C'était clairement un cas désespéré. Ceci étant, elle n'avait pas trop le choix d'en prendre son parti. Le mieux, c'était de considérer qu'il n'était qu'un godemichet vivant, rien d'autre. Elle n'avait qu'à penser au gars qui travaillait au transporteur. Mike. Oui. Pourquoi pas. Il était mignon … et très émotif.

Elle ferma les yeux, question de ne plus voir sa tronche de taré et comme il eut le bon goût de la fermer, elle réussi à attraper le drapeau en deux temps trois mouvements. Lorsque les spasmes délicieux eurent disparus et qu'un calme satisfait se fut emparé de ses sens, elle se souleva pour se séparer de lui.

- Vous n'avez qu'un seul orgasme? Si je ne m'abuse, les femelles sont multi-orgasmique chez les humains.

Elle se dit qu'il allait encore la regarder comme un rat de laboratoire mais couché sous elle, il la dévisageait avec curiosité.

- Si vous voulez bien recommencer, ce serait l'occasion idéale pour observer ce phénomène, expliqua t-il.

Oui. Elle était bien un foutu rat de labo.

- D'accord, ouvrez bien vos grandes oreilles. Pour avoir des orgasmes multiples, il faut être excitée par le mâle et vous, vous êtes vraiment nul à chier alors désolé pour votre petite expérience mais ça ne va pas le faire.

Il la regarda d'un air hautain, quelque peu piqué dans sa fierté.

- Je ne crois pas mériter ce qualificatif. Vous avez eu un orgasme. Selon les critères terriens il s'agit d'un coït réussi.

- Ah oui et grâce à qui au juste? Sûrement pas vous.

Un instant, il sembla se demander de qui d'autre elle pouvait parler.

- Ne cherchez pas. Tout ça, c'est grâce à mon incroyable faculté d'adaptation. Parce que vraiment, il fallait le faire ; vous pouvez me croire.

Il haussa un sourcil étonné.

- Je ne vois pas ce que vous me reprochez.

- Ne vous en faites pas, dit-elle en toute mauvaise foi. Maintenant si ça ne vous fait rien, j'aimerais bien m'enlever de sur vous puisque ça ne sert plus à rien de rester plantée là. Je peux ?

Il la fixa froidement.

- Puis-je tenter quelque chose d'abord ?

Jo se demanda si un rat de labo intelligent aurait la moindre chance de faire confiance à un chercheur aussi taré.

- J'espère que votre truc n'implique aucune succion.

- Non. Aucune succion, assura t-il.

Elle leva un sourcil blasé et haussa les épaules pour accepter, tout de même curieuse de voir comment il allait se planter.