Très sûr de lui, Spock posa la paume contre sa fourrure intime, appuya les doigts sous son nombril et sembla se concentrer. Aussitôt, Jo sentit la chaleur se diffuser dans son abdomen. Ce n'était pas une chaleur calorifique mais une réelle impression d'excitation tout à fait reconnaissable. Il leva les yeux sur elle pour observer sa réaction et elle se fit un point d'honneur à rester de marbre.

L'impression se précisa, descendit dans son bassin en l'échauffant d'une façon beaucoup trop agréable. Il l'observait toujours et elle détourna les yeux d'un air blasé, comme pour dire que franchement, ce n'était pas la fin du monde son truc vulcain.

La douce pression descendit encore pour se concentrer sur l'organe clitoridien. L'organe en question n'avait rien d'un «bouton de rose» ainsi que l'appelait poétiquement les terriens mais ressemblait plutôt à un iceberg. Le petit renflement bien connu, n'étant en fait que l'apparat d'un imposant organe intérieur, beaucoup plus mystique.

Spock descendit un peu sa main pour prendre le mont de vénus au creux de sa paume. Il se concentra sur la part enfouie la plus secrète du plaisir féminin et l'éveilla de sa pensée en y concentrant l'énergie de leur lien.

Jo avala de travers et prit une grande respiration en ressentant un plaisir profond, doux et viscéral … Comment il pouvait arriver à faire ça ?! Bon sang! C'était génial. Mais bien sûr, pas question de le laisser faire le paon. Elle fit un effort considérable pour que rien n'y paraisse et bien qu'elle ressentit une soudaine envie de le baiser à mort, elle resta parfaitement immobile en faisant de son mieux pour avoir l'air ennuyée.

N'obtenant pas les résultats escomptés, Spock mit son autre main derrière son dos et appuya le bout de ses doigts à la naissance de la colonne vertébrale afin d'éveiller également l'arrière du système génital. Une zone érogène moins classique mais effective.

Soudain, comme malgré elle, sa femelle se cambra et ferma les yeux en levant la tête.

Jo n'avait jamais rien senti de tel. Rien qu'avec ses deux mains posées sur elle, il semblait faire doucement sourdre tout le plaisir que pouvait donner son bassin tandis que son sexe planté au cœur de son corps s'offrait à elle, attendant patiemment sa capitulation finale. Bon sang! C'était pas de jeu! Il allait gagner avec ses touchers de dingue!

Mais tout bien compté, est-ce que l'orgueil n'était pas bien peu de chose en comparaison d'une baise pareille ?

Oubliant toute idée de résistance, Jo s'engagea dans un souple mouvement le long de lui. Doucement d'abord parce que ce qu'il éveillait en elle n'exigeait rien de précipité. Mais rapidement, elle fut emportée par le plaisir de son toucher qui devenait plus précis, plus fort, plus enveloppant. Il souleva les hanches pour lui faire le plus d'effet possible et elle gémit lorsqu'un orgasme à faire rêver la traversa de part en part.

Elle resta immobile un instant, savourant le calme merveilleux qui suivait une impression pareille. Elle en ressentait presque l'envie de l'embrasser. Elle ouvrit les yeux avec l'intention de le faire mais il semblait beaucoup trop satisfait et elle ressentit plutôt l'envie de lui faire ravaler sa sale tête de vainqueur.

- C'était beaucoup mieux, dit-il un rien suffisant.

- C'était pas mal, dit-elle faussement blasée.

- Vos réactions étaient plus intéressantes, dit-il en abandonnant sa superbe pour reprendre l'habit scientifique. Mais étrangement, je n'ai rien ressenti.

- Vous ne sentez pas de plaisir quand vous baisez?

- Je ne suis pas intéressé par le plaisir physique, dit-il comme s'il s'agissait d'une pauvre chose. Mais je n'ai pas perçu votre orgasme.

- Et bien c'était dans mon corps, pas dans le vôtre, dit-elle en le regardant comme s'il était timbré. Vous n'avez qu'à envoyer la sauce et je parie que vous aurez votre propre orgasme personnel.

À voir sa tête, on aurait pu parier qu'il entendait rarement des propositions aussi idiotes.

- Ce que je veux dire, c'est que les manuels parlent d'union entre partenaire mais que je n'ai rien perçu de tel.

- Les humains ne font pas de fusion, vous le savez.

- Pourtant vos histoires d'amour, sont très explicites sur cette impression d'union.

- Vous vous tapez des histoires d'amour ? Sans blague.

- À titre informatif. Selon ces données il est étonnant que vos orgasmes ne soient pas partagés. Cela me semble plutôt inefficace.

- Pour avoir cette impression il faut s'aimer. Ce dois être pour ça que vous êtes largué, dit-elle avec un rien de méchanceté.

- Si vous aimez, vous percevez l'orgasme de votre partenaire?

- Non. C'est autre chose.

Il lui lança un regard dubitatif.

- Si je n'avais pas couché avec un vulcain, je n'aurais pas pu comprendre votre union vulcaine pas vrai? Et bien c'est pareil. Si vous n'aimez pas une terrienne, vous ne pouvez pas comprendre l'union terrienne.

Il resta pensif un moment comme s'il réfléchissait aux implications de ce point de vue puis leva à nouveau les yeux sur elle.

- Accepteriez-vous d'avoir un autre orgasme?

- Pareil comme vous venez de faire? demanda Jo avec un sourire.

- Oui. Faire intervenir le koon-ut-so'lik me permet une perception optimale de l'appareil génital féminin interne lors de l'ac ...

- Non. Fermez-là, dit-elle en lui mettant carrément la main sur la bouche. Faites juste votre truc d'accord?

Elle le débâillonna aussitôt mais le mal était fait. Appréciant peu de se faire couper de cette façon, il lui lança un regard de reproche. Jo se dit que tout bien compté, se laisser aller à ce genre de manœuvre impolie s'avérait plus ou moins stratégique dans cette situation.

Elle s'attendait à ce qu'il la regarde comme un steak à attendrir mais imperceptiblement, il soupira à la manière d'un adulte ennuyé par la bêtise des enfants. D'une condescendance autrement plus insupportable. C'était au point où elle ne fut plus du tout sûre si elle n'aurait pas préféré le marteau à viande. À son tour elle releva le menton et le regarda comme une merde.

Il la dévisagea un rien suffisant, posa une main sur son bas-ventre et une autre à la base de son dos puis sans s'embarrasser de faire monter la pâte, il mit toute la gomme. La résistance était futile et prise par le plaisir le plus incroyable qu'elle ait jamais ressenti, elle dû abdiquer.

La lueur qui passa dans les yeux du vulcain était parfaitement reconnaissable. C'était la même qu'un maître qui réussi à faire obéir son chien juste en claquant des doigts. Le pire c'est qu'il avait raison. Il arrivait à la faire obéir comme un putain de chien qui veut son biscuit et elle se jura de lui faire payer ça à la première occasion. Mais en attendant, ce biscuit c'était vraiment quelque chose.

De là d'ailleurs venait tout le problème. Se faire prendre de façon aussi sublime par quelqu'un d'aussi détestable vous faisait exploser des étincelles dans le cerveau. À tout le moins, au lieu d'en profiter pour faire le coq, il avait repris une attitude professionnelle et l'observait à nouveau tel un intéressant phénomène, l'emmenant méthodiquement vers l'apothéose qui lui permettrait d'observer l'orgasme humain tout à loisir. D'ailleurs, il réussi sans peine à avoir ce qu'il voulait et sembla très satisfait de la réaction de son cobaye.

Reprenant la maîtrise de ses sens, Jo se balança paresseusement sur lui en ayant peine à en croire son corps.

- Vous savez quoi? Si ça se savait que vous pouviez faire ça, les vulcains seraient les types les plus courus de l'espace.

- Ça n'aurait aucun intérêt pour un vulcain.

- Sans blague? Toutes les femelles les plus canons de l'univers à vos pieds. Il faudrait être drôlement difficile pour cracher là dessus.

- Pour nous, l'accouplement n'est pertinent qu'à l'intérieur du mariage. Ceci est différent. C'est une mission.

- Ah oui. Une mission c'est vrai. Pourquoi ne pas voir ça comme ça et vous envoyer des tas de femelles l'esprit tranquille ?

- Aucun intérêt, répéta t-il ennuyé. Seriez-vous d'accord pour avoir un autre orgasme?

Jo se cambra langoureusement sur lui, plus que satisfaite.

- Écoutez, c'est rien contre vous mais franchement je commence à avoir mon compte.

- Un dernier, suggéra t-il.

- Pour la science, dit-elle d'un air compréhensif.

Il approuva, agréablement surpris.

- Bon alors dans ce cas …, dit-elle ironique. Mais ça vous dirais de changer de position?

- Non. Cette position est idéale pour …

- Mettez-vous derrière, le coupa t-elle n'ayant aucune envie d'entendre ses raisons. Comme ça, ça me donnera une pause.

Spock se dit que comme les humains étaient fort peu résistants elle devait être fatiguée mais Jo ressentait surtout le besoin de prendre congé de sa tête de déterré lorsqu'il accumulerait les données sur son appareil génital.

- À votre guise, acquiesça t-il.

Elle se sépara de lui et laissa de la place pour qu'il se relève. Elle se positionna en levrette et il s'agenouilla derrière elle. Il posa ses doigts sur elle et tendrement, laissa courir ses mains sur sa croupe. Jo ferma les yeux et se sentit fondre. Une caresse … Merci mon Dieu. Elle en avait vraiment besoin après tout ça. Reconnaissante, elle savoura la douce pression de ses mains sur elle … du moins jusqu'à ce qu'elle comprenne qu'il ne la caressait pas du tout. Il ne faisait que sonder le territoire avec son toucher vulcain. Le nez sur le matelas, elle soupira désappointée.

Malgré tout, il n'y avait pas de quoi de plaindre considérant les avantages non négligeables de ce toucher. Une agréable chaleur embrasa bientôt une zone qu'elle n'avait jamais trop voulu explorer mais qu'elle découvrait grâce à sa maîtrise interne de la chose. Elle gémit lascivement tandis qu'il déplaçait ses doigts sur sa peau, faisant s'élever des sensations subtiles et enivrantes. Il descendit une main qui effleura son derrière et concentra sa pensée sur un organe que personne n'avait encore eut le droit d'approcher. Le gémissement sourd de sa femelle lui indiqua que comme prévu, l'organe en question était étonnamment réceptif. Kot ondula sous sa main.

- Prend-moi, maintenant, souffla t-elle.

Spock soupira quelque peu exaspéré.

- Je vous prie de me vouvoyer.

Il s'introduit en elle sans la moindre difficulté pour s'engager dans un va et vient qui pouvait s'apparenter aux diagrammes qu'il avait consulté. Après un départ quelque peu maladroit, il saisit le principe du coup de hanche et réussit à engager un coït qui lui sembla acceptable ; ce que d'ailleurs, la réaction positive de Kot confirma.

Tandis que son esprit discipliné s'appliquait à maîtriser et effacer toute impression de plaisir physique, il se concentra à nouveau sur l'excellente perception qu'il avait du corps de sa femelle. Le lien du koon-ut-so'lik le rendait presque clairvoyant à ce niveau. Les humains n'ayant pas développé de résistance télépathique, il était aussi facile de lire dans leur esprit que dans leur corps. Aspect particulièrement intéressant dans cette situation.

Tout en se familiarisant à l'art de la levrette, Spock dû convenir que cette position se révélait finalement un observatoire intéressant. Comme c'était lui qui engageait le mouvement, il était en mesure de prévoir les variations du coït et colliger les données se révélait beaucoup plus facile. Par exemple, il avait pu percevoir que cette action sexuelle multipliait les phénomènes physiques déjà engagés par l'excitation préliminaire. À cet effet, le rythme des pulsions cardiaques chez la femelle semblaient varier considérablement avant et après l'intromission du membre pénien.

Spock regretta de ne pas avoir pensé à se munir d'un tricordeur médical pour observer ces variations avec plus de précision. Il songea qu'il serait sans doute possible d'en faire livrer un. D'ailleurs, considérant que les humains se munissaient souvent d'objets singuliers lors de l'accouplement, Kot n'y verrait peut-être pas d'objection. Songeant que la mission achevait, il se dit qu'il serait plus sûr de tout arrêter le temps de le faire apporter. Heureusement pour lui, un éclair de lucidité lui fit deviner que cette interruption risquait de déplaire à sa partenaire et il se concentra à nouveau sur sa tâche.

Comme l'étrange mécanique de l'orgasme était ce qui l'intéressait avant tout, il entoura le bassin féminin de ses mains et se concentra afin de déterminer quel aspect du coït s'avérait le plus efficace pour y arriver. Après quelques essais, il déduisit que l'action de s'enfoncer semblait produire les meilleurs résultats. Au lieu de simplement entrer et sortir, il insista sur l'aller ce qui incidemment, maximisa la profondeur à laquelle il pouvait se rendre. Kot cria de douleur et il s'arrêta aussitôt. Elle jura en le traitant d'imbécile et lui ordonna de continuer.

Il en déduit que même si c'était à n'y rien comprendre, les femelles terriennes criaient lorsqu'elles étaient dans des dispositions négatives mais aussi lorsqu'elles appréciaient l'accouplement. Il reprit donc son manège qui parut efficace au vu des cris de sa femelle qui se mit aussi à jurer sans raison apparente.

Tout en se concentrant sur la stimulation interne, il agrippa ses hanches plus fermement tandis que son corps à demi humain trouvait d'instinct la cadence. Étrangement, ce mouvement répétitif le mit dans une sorte de transe qui pouvait se comparer à l'état de méditation. Un effet imprévu qu'il nota pour analyse ultérieure.

Le coeur de la jeune femme s'emballa et il y reconnu le signe qu'il attendait. Il s'appliqua en espérant maximiser la force de l'orgasme qu'il s'apprêtait à étudier et elle se raidit en criant. Tout en continuant la manœuvre, il écouta attentivement de tous ses doigts tandis que l'organe clitoridien se rétractait et que l'utérus s'engageait dans une série de spasmes rythmant l'expression brutale de l'intriguant phénomène.

C'est alors que Spock vécut l'une des expériences les plus troublantes de sa vie. Il se retira avec un vif mouvement de recul et entraîné par son élan, il tomba en bas du lit. Stupéfaite, Jo qui n'avait même pas encore réussi à reprendre ses esprits se précipita pour lui jeter un coup d'oeil du haut du matelas. Il était par terre sur le dos et observait son sexe frémissant avec un mélange de répulsion et d'épouvante. Un long jet en jaillit et la jeune femme observa la substance qui s'immobilisa une fraction de seconde devant ses yeux avant de retomber en arabesque sur son propriétaire.

Mystifié, Spock donna des coups de talon erratiques pour se pousser contre le mur où il appuya son dos, visiblement sous le choc. Jo ouvrit de grand yeux sans pouvoir y croire. Jamais elle n'aurait pensé que quelqu'un puisse être effrayé par son propre orgasme.

- Ça va? demanda t-elle stupéfaite.

Il lui jeta un coup d'oeil méprisant puis se releva vivement et s'appuya contre le mur.

Suite à l'incomparable expérience dont elle venait de bénéficier, et malgré que ce délire soit incompréhensible (pour ne pas dire ridicule), Jo s'était sentie toute disposée à le rassurer et être là pour lui. Sauf que la façon blessante dont il l'avait regardé lui fit relativiser ces bonnes dispositions. Rendu là, il n'y avait plus de doutes possible. Ce foutu vulcain était peut-être un amant cinq étoiles mais c'était surtout un connard fini.

Dos à elle, Spock resta immobile un instant en l'ignorant de son mieux puis il marcha jusqu'à la table, prit une serviette et s'essuya méticuleusement en lui tournant le dos. Jo ne put s'empêcher de remarquer que si ça ne lui avait pas fait un pli de se rouler dans sa décharge vulcaine, il ne semblait pas du tout avoir la même considération pour celle-ci.

La jeune femme afficha un sourire moqueur. Le «maître» ne semblait pas du tout apprécier les biscuits pour chien et il venait de s'en prendre une bonne tranche. Question revanche, c'était très appréciable surtout vu à quel point il semblait sonné. Avec un sourire en coin, elle s'alanguit sur le ventre en l'observant.

- Vous allez bien?

Il haussa les épaules, peu enclin à répondre.

- Vous avez juste envoyé la purée, c'est tout. Il n'y a pas de quoi en faire un foin.

Il se retourna pour lui lancer un regard glacial.

- J'ai perdu l'esprit.

Jo appuya son menton dans sa main, n'ayant jamais pensé à voir ça comme ça.

- Bah oui. Ça ne vous a pas plu?

- Non, dit-il en retournant à son minutieux nettoyage.

Elle hocha la tête puis un sourire moqueur fendit son visage et elle éclata de rire en se roulant sur le matelas.

- Ça c'est la meilleure! Terrifié par son propre orgasme. Hahaha!

- Je ne suis pas «terrifié», assura t-il.

- Et bien sans vouloir vous froisser ça m'en avait tout l'air, dit-elle amusée.

- J'ai perdu l'esprit. Complètement, répéta t-il comme si ça expliquait tout.

Jo se releva à demi et le regarda comme s'il était cinglé.

- Attendez un peu … C'est bien vous qui avez pété les câbles pendant des jours à cause de votre rut vulcain? Je vous rappelle que vous avez essayé de me baiser de force devant vos potes au beau milieu d'un nid de fourmis géantes. Ça c'est perdre l'esprit ! Une décharge de trois secondes c'est rien en comparaison. Comment ça se passe dans votre tête, j'aimerais bien comprendre.

- Vous êtes humaine, vous ne pouvez pas, dit-il en jetant la serviette par terre.

- Et votre accouplement vulcain, c'était pas perdre l'esprit peut-être ? Bordel! Ça vous fout le cerveau directement aux abonnés absents.

Tel un fin sommelier qui baisserait les yeux sur un soûlon et sa vinasse, il la fixa hautain.

- Au contraire. Il s'agissait de l'esprit à son état le plus pur. Purgé d'émotions et de pensées.

Jo leva les yeux aux ciel pour signifier ce qu'elle pensait de sa connerie d'esprit purgé. Spock la regarda gravement. On ne pouvait pas approcher d'un tel état de grâce avec une aussi totale indifférence. Il dû se rendre à l'évidence. Kot était sûrement l'être humain le plus désespérément humain qu'il ait jamais connu.

Cette pensée lui fit un effet considérable et le rythme sourd qui faisait battre le lien diminua aussitôt pour cesser soudainement. Spock releva la tête.

- Vous avez senti ça? demanda Jo. Le lien … il a changé.

Spock resta immobile quelques secondes comme pour être sûr que c'était bien fini puis dès qu'il en fut certain, le lien disparut.

Jo le regarda surprise. La disparition subite de leur lien la fit se sentir étrangement seule.

- Mademoiselle Kot, cette mission est terminée, annonça t-il.

Il s'approcha de la table, prit un caleçon et l'enfila tandis que jo restait pensivement agenouillée sur le lit.

- Vous êtes sûr?

- Oui, dit-il prenant un pantalon.

- C'est vous qui venez de couper le lien ?

- Oui. Il n'a plus de raison d'être, expliqua t-il en zippant la fermeture éclair.

- Ouais … c'est sûr, dit-elle pensive.

Elle le regarda mettre son chandail bleu en se disant qu'aussi dingue que ça puisse paraître, ce truc allait lui manquer. Être relié comme ça à quelqu'un, c'était vraiment chouette une fois qu'on s'y était habitué. Spock s'avança vers l'interphone et appuya sur la touche.

- Spock.

- Kirk, j'écoute, répondit Jim vivement.

- Je vous informe que la mission est terminée capitaine.

- Des blessés? demanda Mccoy incapable de se retenir plus longtemps.

- Aucun blessé docteur.

- Merci monsieur Spock, dit Jim avec une voix où distinguait un réel soulagement.

Il retira son doigt de la touche.

- Vous savez quoi ? demanda Jo. Avant que ce soit vraiment fini, vous voudriez pas refaire le truc avec les doigts une dernière fois? Vous savez, la drôle de bulle.

- Non. Ce ne serait pas approprié, dit-il.

- Allez quoi...

- Il faudrait que nous soyons mariés, dit-il en époussetant son uniforme de la main.

Elle fit la grimace.

- Ouais … oublions ça. Sans vouloir vous offenser, je crois que j'aimerais mieux crever qu'être coincé toute une vie avec vous.

Il la fixa un instant puis approuva.

- Oui. J'ai la même opinion.

- Et bien il y a au moins une chose sur laquelle on s'entend, dit-elle avec un sourire ironique.

Il se pencha pour mettre ses bottes et elle fronça les sourcils.

- Vous allez où?

- La mission est terminée. Je reprend mes fonctions habituelles, dit-il en se relevant.

- Quoi? Maintenant?

- Oui, dit-il comme s'il ne voyait pas très bien le but de sa question.

- Heu, attendez. Vous n'allez quand même pas partir comme ça ?

- Oui, dit-il simplement.

Jo le regarda sans pouvoir y croire. Ça c'était la meilleure ! Monsieur avait fini sa petite affaire alors il n'avait plus rien à branler dans le coin. Il ne lui restait qu'à balancer une poignée de billets sur la table et le tableau serait complet! Bordel de merde, il n'allait sûrement pas s'en tirer comme ça. Furieuse, elle se leva du lit et se planta devant lui.

- Ça va pas!? Vous ne pouvez pas baiser une femme comme vous venez de le faire et foutre le camp comme un salaud une fois que vous avez giclé tout ce que vous aviez! dit-elle totalement insultée.

Spock la regarda imperturbable. Au cours de sa vie, il s'était senti attiré par quelques femelles et à ces moments il avait su se montrer aimable et presque compréhensif avec elles. Mais Kot se trouvait dans une toute autre catégorie, la catégorie professionnelle. C'était une collègue, elle avait été chargée de mission et cette mission avait prit fin. Dans les circonstances, son attitude violait toutes les règles connues de Starfleet. Il mit les mains derrière son dos et la regarda d'un air sévère.

- Cette mission est terminée mademoiselle Kot. Dès à présent, vous devez respecter la hiérarchie et des sanctions seront appliquées si vous utilisez encore une fois un langage inapproprié.

Jo battit des cils. C'était les paroles plus merdiques qu'un amant lui ait jamais dites. Le plan était clair. D'abord elle allait tuer cet enfant de pute ensuite elle se demanderait si c'était une bonne idée. Aussi brutale et spontanée qu'on pouvait le souhaiter, elle lui balança un coup de poing sur le nez et regretta immédiatement d'être nue parce que ses bottes de sûreté auraient été drôlement pratiques pour lui arranger un tibias en passant. Rapide, elle sauta de côté et attrapa la barre de métal qui lui avait déjà servi pour le frapper.

- Vous voulez partir? Et bien vous allez partir c'est moi qui vous le dit, dit-elle en lui en balançant un bon coup dans les côtes.

Il attrapa la barre au vol et la regarda impassible.

- Calmez-vous, ordonna t-il.

Elle lâcha la barre et leva les mains devant elle en reculant d'un air narquois.

- Votre comportement …

- Et votre putain de comportement à vous il est comment !? cria t-elle. Vous êtes un enculé de première, la pire pourriture que j'ai jamais vu de ma vie. Foutez le camp et appelez la sécurité. Et quand ils vous demanderont pourquoi votre plan Q vous a foutu son poing dans la gueule, dites leur qu'après vous l'être bien envoyé par tous les bouts, vous avez claqué la porte en lui citant vos saletés de règlements! Ils comprendront ce qui vous est arrivé, lui cria t-elle furieuse. Et qu'est-ce que vous attendez pour foutre le camp !? Putain, vous voulez de l'aide?

Elle se mit à attraper tout ce qui lui tombait sous la main pour le lui lancer à la figure. C'est à ce moment que, comme d'autres mâles avant lui, Spock se rendit compte qu'avoir des relations intimes avec une terrienne n'était pas aussi simple que les manuels pouvait le laisser entendre. Mais bien sûr, la mission était terminée et Kot n'était plus de son ressort. Elle relevait maintenant de son supérieur direct, le lieutenant-ingénieur Rick White.

Les objets volatiles étant assez peu nombreux dans la pièce, Jo arriva vite aux bouts de ses munitions. Après avoir lancé sa dernière botte de sûreté, elle marcha rageusement jusqu'à la tête du lit où elle s'assit puis elle se ramassa sur elle-même en position fœtale et éclata en sanglot la tête enfouie dans les bras.

Spock remit les mains derrière son dos et, bien qu'il trouvât regrettable de devoir en venir là, se prépara à l'informer des sanctions qu'elle venait d'encourir.