Spock refit le chemin inverse, reprit l'ascenseur et retourna à la chambre d'où il entreprit de faire disparaître tout aspect incriminant. Il jeta les draps et serviettes dans le convoyeur, frotta énergiquement le matelas et repartit avec la boîte qu'avait préparé Mccoy. Il passa à l'infirmerie pour la lui remettre en main propre mais comme il dormait, Spock préféra la garder jusqu'au lendemain. La mission était classée secrète et il n'y avait pas le moindre risque à prendre. Il monta dans l'ascenseur et se rendit à l'étage des officiers.

- Monsieur Spock ?

Le vulcain se retourna. Jim s'avançait dans le couloir. Juste à son air, il savait qu'il avait guetté son retour afin d'avoir son rapport tout de suite. Sans qu'il soit nécessaire de dire quoi que ce soit, il le suivit jusqu'à ses quartiers. Ils entrèrent et restèrent debout dans l'entrée. Kirk sembla quelque peu embarrassés.

- Qu'est-ce que c'est? demanda Jim en indiquant la boîte.

- De l'équipement médical. … Pour la mission, ajouta t-il. Je tiens à la remettre moi même au docteur Mccoy, dit-il en la posant sur le bureau.

- Ah. Oui, bien sûr, dit Jim en approuvant. Je vous attendais car … hum, je voulais m'assurer que tout s'est bien passé.

Spock haussa un sourcil intrigué. Le capitaine lui sembla étrange. Normalement, lorsqu'ils discutaient d'une mission le ton était plus formel.

- Oui. La mission s'est déroulé de façon satisfaisante.

- Et mademoiselle Kot …?

- Capitaine ?

- Vous étiez plutôt … agressif lorsque nous vous avons laissé avec elle.

- Comme je l'avais prévu elle a démontré d'excellente capacité d'adaptation. Et n'a eu à subir aucune véritable agression.

- Tant mieux, dit Jim sincèrement soulagé.

- J'ai personnellement eut à essuyer quelques attaques mais rien de sérieux, dit Spock afin de ne rien laisser au hasard, mais bien entendu, la mission exigeait qu'elle se défende et avec votre permission j'éviterai de le mentionner dans le rapport officiel.

- Bien sûr, approuva Jim en se disant que Kot était d'une trempe peu commune. Et a t-elle bien réagit à … hum, cette expérience ?

- Oui. Elle a eu plusieurs orgasmes lors du coït.

- Vraiment? dit Jim qui ne s'était pas du tout attendu à être informé ce genre de détails. C'est … oui. Et bien, félicitation, improvisa t-il.

- Merci capitaine. Elle m'a aussi assuré que cette expérience la laissait sur une impression positive.

- Tant mieux, tant mieux. Et vous-même Spock ? demanda t-il.

Spock le regarda d'un air dubitatif.

- Cela vous a t-il plu ? demanda Jim qui à tout prendre s'inquiétait aussi de la perception de son ami.

Après tout, si Kot lui avait fichu une trempe, ça pouvait traumatiser quelqu'un.

- Certains aspects m'ont semblé intéressants, d'autre moins, dit-il évasif.

- C'est à dire, demanda Jim.

Spock le regarda perplexe.

- Cette question manque de précision capitaine.

Jim posa la main sur son épaule comme l'aurait fait n'importe quel bon copain.

- Je veux seulement m'assurer que vous allez bien, c'est tout.

À ce contact, Spock fut parcourut d'un frisson et sans aucun avertissement le lien du koon-ut-so'lik se réactiva, se vrilla à son capitaine et se mit à battre énergiquement entre eux. Jim sursauta violemment et jeta un regard stupéfait à Spock, tout aussi incrédule.


Nous interrompons ce palpitant chapitre pour indiquer à nos aimables lecteurs qu'il s'agit ici d'un petit chapitre surprise. Pour ceux qui n'aiment pas trop ce genre de classique, rien de plus facile que de sauter les détails de l'affaire pour vous diriger plutôt vers l'épilogue où vous retrouverez les aventures de notre anti-héroïne principale. Merci beaucoup de votre attention et de votre fidélité!Un merci tout spécial à Adalas qui a inspiré ce chapitre. Chère amie, celui-là c'est pour toi ;)


Spock se recula d'un pas, prit par surprise. Tandis qu'ils se dévisageaient, son esprit acéré analysa les données à toute vitesse.

De un, il était retombé en pon farr. Le plus probable était que celui-ci avait prit fin prématurément parce qu'il n'avait aucun intérêt pour Kot et que celle-ci s'était montrée irritante. Cette situation imprévue ne pouvait donc provenir que de la présence d'un partenaire plus approprié, ce qui menait au deuxième point :

Ce partenaire se trouvait être son capitaine auquel il était maintenant lié tout comme à une femelle et ce point était de loin le plus troublant parce qu'il n'avait jamais pensé à James Kirk de cette façon.

- Spock ? C'est vous qui … ? demanda Jim qui sentait les coups de tambours qui parcouraient cet étrange … «lien» devenir de plus en plus forts.

- Oui. Je suis désolé capitaine. Ceci est hors de mon contrôle.

- Qu'est-ce que c'est que … ce ... cette ... ?

- Le lien du Koon-ut-so'lik, dit-il à contre coeur. C'est le lien qui unit les fiancés vulcains.

- Êtes vous bien sûr que la mission est terminée Spock ? demanda t-il de plus en plus troublé.

Le vulcain baissa les yeux comme s'il n'osait pas le regarder.

- Elle l'était mais elle s'est réactualisée de façon imprévue capitaine.

- Et pour qu'elle raison ? demanda Jim en redoutant la réponse.

C'était aussi ce qui intriguait Spock. Normalement, le lien se renforçait entre les fiancé vulcains au fil des années jusqu'au mariage. Mais en dehors de ce contexte, il avait découvert que des apports extérieurs étaient essentiels pour l'alimenter. Selon les données dont il disposait, le respect qu'il accordait à sa partenaire était un aspect primordial. C'était pour cette raison qu'il avait pu se lier à Kot. L'admiration semblait être également un aspect important, c'était ce qui l'avait poussé à courtiser la reine de l'astéroïde malgré leur différences physiques. Différences d'ailleurs trop importantes car le lien ne s'était pas implanté correctement avec elle.

Ceci étant, il était évident que Jim possédait ces deux aspects. Il le respectait et l'admirait depuis de nombreuses années. Il lui accordait également d'autres qualités, un esprit supérieur et une loyauté à toute épreuve. Il avait développé de l'amitié à son endroit et à tout prendre, un mâle humain était un partenaire sexuel plus approprié qu'une fourmi géante.

- Capitaine, je suis désolé mais la situation ne me laisse aucun autre choix, dit-il visiblement embarrassé.

- Que voulez-vous dire Spock? demanda Jim qui sentait avec inquiétude le lien vrillé à lui.

- Voulez-vous être mon partenaire d'accouplement capitaine ?

Kirk battit des cils et pâlit soudainement

- Vous n'êtes pas sérieux.

- Oui. Je suis sérieux, dit le vulcain mal à l'aise.

- Monsieur Spock, cette demande est vraiment inapproprié, dit Jim qui n'arrivait pas à y croire.

Spock pinça les lèvres et pencha la tête comme s'il s'excusait.

- Je n'ai pas le choix capitaine. … Et malheureusement vous non plus. Je suis désolé que vous soyez confronté à cette situation.

- Il y a sûrement un autre moyen, dit-il en se reculant d'un pas. Mademoiselle Kot pourrait …

- Mademoiselle Kot n'a pas les qualités voulues. Il semble que ce soit vous qui les ayez.

Tandis que les battements de ce lien stupéfiant traversaient son corps avec de plus en plus de force, Jim avala sa salive avec un certain effroi. En abandonnant Kot à la porte de la chambre quelques heures plus tôt, il s'était dit que le cas échéant, il aurait prit sa place plutôt que de laisser mourir le vulcain, mais maintenant qu'on y était, il devait s'avouer qu'il n'avait pas la moindre envie d'être confronté à cette expérience.

- Peut-être que je si m'éloignais de vous, cela calmerait …. Vous voyez, proposa t-il.

Spock réussit à grand peine à contrôler le tremblement qui courut tout le long de son corps.

- Je ne crois pas capitaine. Comme vous le savez, je percevais Kot malgré le bouclier de protection des astéroïdes. Il en sera de même pour vous, peu importe où vous vous trouverez.

Spock ressentit soudain une attirance puissante envers Jim. Beaucoup plus forte que celle qu'il avait pu éprouver pour Kot ou pour la reine. C'était une attirance presque aussi puissante que celle qu'il avait ressenti pour T'pring. Il n'y avait plus rien à faire. Aucune distance ne pourrait maintenant le détourner de son nouveau partenaire d'accouplement.

- J'en suis désolé capitaine mais je n'en suis pas responsable. Il m'est impossible d'y mettre fin par moi-même. Je n'ai aucun contrôle. À mon grand regret. Si j'avais eu le moindre doute, je vous aurais évité bien entendu.

- Je remarque que vous êtes beaucoup plus calme que vous l'étiez ces derniers jours. Peut-être qu'il ne sera pas nécessaire de …, n'osa finir Jim.

- Non. Ce n'est qu'une question de temps. Le battement du lien se renforce comme vous pouvez le percevoir. D'ici peu, je ne serai plus moi-même. À mon grand regret encore une fois.

- Et dans ce cas vous ...

- Dans ce cas, le plus probable est que je tente de m'accoupler à vous de force comme cela s'est produit avec Kot.

Ça y est, se dit Jim. Il aurait dû s'en douter. Bien entendu, cette fichue histoire ne pouvait pas se conclure sans un drame.

- Pour éviter que je vous agresse, je dois être enfermé immédiatement jusqu'à ce que mort s'ensuive. C'est aussi une option logique.

- Vous savez pertinemment que jamais je ne permettrai une telle chose.

- Dans ce cas, il n'y a que deux alternatives.

Spock mit les mains derrière son dos en essayant de se montrer professionnel malgré la folie qu'il sentait monter en lui.

- Les femelles peuvent se défendre elles-mêmes lors du défi du koon-ut-kale-fee. Vous pourrez donc vous battre pour vous-même. Si vous l'emportez, cela mettra un terme à … tout cela. Malheureusement, votre victoire est impensable.

- Je pourrais vous assommer avec le phaseur et je l'emporterais, suggéra Jim avec espoir.

- Non. Vous gagneriez du temps mais je m'éveillerais dans les même disposition Nous devons nous affronter physiquement. C'est incontournable. Comme nous sommes en quelque sorte «fiancés», il est possible que je ne vous tue pas mais j'estime que c'est peu probable. Vous n'êtes pas une femelle.

- Très attrayant. Et l'autre alternative ?

- Avant que je sois pris par la fièvre, nous pourrions faire un essai. Les conditions seraient plus favorables. Et nous pourrons toujours nous battre par la suite si vos impressions ne sont pas concluantes.

- Et à quel genre d'essai pensez-vous exactement ? dit Jim soudain assailli d'images perturbantes.

- Dans un premier temps, rien de directement … physique, dit Spock en estimant que c'est ce qui devait l'inquiéter.

Le vulcain fixa son mâle et ressentit une puissante envie de s'accoupler à lui. Surtout que maintenant, il savait ce qui se produirait. L'idée de vivre une telle expérience avec James Tiberius Kirk se mit à l'exciter furieusement.

- Vous devez vous décider immédiatement capitaine. Sinon, il sera trop tard.

Jim se recula d'un pas, troublé au-delà des mots. Adolescent, il avait bien sûr fait quelques expériences mais cela s'était révélé peu concluant voire même, peu attrayant. Il n'avait aucun penchant pour les autres hommes et en cet instant, il le ressentait plus intensément que jamais. Sauf que se faire étrangler par le vulcain ne lui disait rien qui vaille non plus. Comme un rat acculé qui devrait choisir entre le chat et le piège mortel, il dû se résigner au parti le moins terrible.

- Bien. Très bien. Faisons un essai puisqu'il n'y a …. pas d'autre choix, dit Jim totalement révolté à cette idée.

Spock avança vers son partenaire et leva la main en laissant son index et son majeur dressé. Jim remercia le ciel en réalisant que le vulcain n'avait rien de pire en tête et après un instant d'hésitation posa les doigts sur les siens. Le lien les entoura à la façon d'une bulle et Spock ressenti que Jim se calmait instantanément. Comme si le toucher des époux leur donnait un répit, le battement du lien se fit plus assourdi et moins agressant.

Le phénomène aiguisant les capacités télépathiques, Spock perçut que Jim était dans des dispositions extrêmement négatives. Il dégageait un remugle de craintes, de frustrations et d'horreur. Même un vulcain, aussi peu clairvoyant émotionnellement soit-il, pouvait déduire qu'il fallait modifier cet état d'esprit sous peine d'infliger des dommages psychologiques à son partenaire.

Si s'accoupler à Kot ne lui avait appris qu'une chose, c'est que les humains ne pouvaient pas résister au plaisir érotique. Même s'ils étaient dans de mauvaises dispositions et que leur orgueil les poussaient à se rebeller ou même s'ils n'avaient aucune envie de s'accoupler, il leur était difficile de refuser. Bien sûr, avec Kot, cette faiblesse lui avait semblé relativement pitoyable mais avec Jim c'était différent. Il avait envie de lui faire vivre de telles sensations. Qui plus est, la possibilité de maîtriser son compagnon de cette façon lui parut étrangement appropriée et invitante.

Il posa une main légère sur son ventre, juste sous son nombril. Jim se crispa et Spock lui envoya la pensée qu'il ne descendrait pas d'avantage sans son consentement. Il perçut que Jim songeait qu'il n'avait pas intérêt.

Le vulcain se concentra donc sur l'intérieur de son corps et il y fit passer l'énergie de leur lien.

Son partenaire écarquilla les yeux en ressentant un plaisir aussi soudain que puissant courir en lui. Spock réalisa avec satisfaction que les mâles étaient encore plus réceptifs à ce genre de sensation que les femelles. Ils répondaient au quart de tour. Malgré lui, Jim poussa son bassin contre sa main et un court gémissement s'échappa de ses lèvres entrouverte. Spock ressentit qu'il se dressait involontairement et il y appliqua l'essentiel de sa concentration.

Le vulcain lut la rébellion dans les yeux de l'homme, il perçut qu'il refusait de se laisser aller, tellement qu'il fut parcourut d'un tremblement. Cette résistance désespérée excita le prédateur en lui. Il trembla à son tour dans l'expectative de le posséder. Il allait goûter son esprit mais contrairement à Kot, il n'avait pas envie de l'y obliger. Il le respectait trop pour cela. Par contre, il allait le faire capituler et son mâle s'offrirait à lui de sa propre volonté quoi qu'il en pense.

Il s'appliqua avec attention sur l'organe le plus effectif de l'appareil masculin et la respiration de Jim s'accéléra. Il perdit toute attitude combative et ferma les yeux comme pour mieux savourer l'impression. Spock perçut que les pensées négatives de son mâle avaient été soufflées par ce plaisir physique auquel il ne pouvait en aucun cas résister. La stratégie se montrait d'une efficacité redoutable et Spock prit soin de ne lui laisser aucun répit afin de court-circuiter toute autre impression.

Jim perdit la tête et il saisit la main qui s'appuyait légèrement sur son ventre pour la descendre au lieu dit. La stimulation se révéla encore plus aisée et Jim poussa son bassin contre sa main en affichant un regard éperdu. Spock ressentit un désir irrépressible et décida que son mâle était suffisamment en son contrôle pour passer à l'étape suivante.

Tout en gardant sa main à la bonne hauteur, Spock il abandonna les doigts de son amant, l'entoura de son bras et le souleva comme s'il ne pesait rien. Réveillé par les battements violents du lien qu'il sentit à nouveau vrillé à lui, Jim sentit ses pied quitter le sol et comprit qu'il en était au moment redouté. S'il voulait s'échapper et se battre, c'était maintenant. Comme s'il l'avait deviné, Spock se concentra à nouveau et le plaisir qui s'empara de son corps fut tel que Jim oublia instantanément cette alternative. Il sentit que Spock le déposait sur le lit et se couchait sur lui comme s'il était une femme.

- Non! Pas comme ça! ordonna Jim qui ne pouvait imaginer une chose pareille.

Spock se mit à trembler, contrôlant avec peine l'envie de l'immobiliser pour en faire ce qu'il voulait.

- Nous n'avons pas le choix, dit-il d'une voix grave que Jim ne lui connaissait pas. C'est de cette façon que le contact doit être établi.

Une lueur de crainte apparut dans l'œil de Jim qui mollit aussitôt. Spock chercha son bras qu'il remonta pour lier ses doigts aux siens. Alors que le lien les entourait, il perçut les images de copulations bestiales qui tournaient dans son esprit et comprit enfin ce qu'il redoutait.

- Je ne recherche pas le plaisir physique. Je ne te prendrai pas comme un humain, je te prendrai comme un vulcain, dit-il en le tutoyant pour la première fois de leur longue amitié.

Il lui fit passer l'image de deux corps immobiles et de sa main sur sa joue. Se faire tutoyer par Spock le prit au dépourvu et l'excita étrangement mais Jim y prêta peu d'attention car il ressentit surtout un incroyable soulagement. Dieu merci, il n'allait pas devoir affronter le douloureux cauchemar de se faire défoncer par un vulcain en rut. Spock le sentit qui se détendait enfin. Soulagé à son tour, il glissa sa main sous lui pour le préparer à ce qui allait suivre et ce concentra sur un organe sensible. Il sentit son mâle tressaillir et se dresser à nouveau contre lui. En faisant un grand effort pour garder le contrôle de lui-même, il attisa ses sens jusqu'à ce que Jim émette un grondement sourd, soulève son bassin et darde malgré lui le ventre de son partenaire.

Il abandonna alors la main de son compagnon et la bulle qui les entourait fut dissoute.

Tandis que les battement du lien se faisaient de plus en plus forts, Spock le regarda avec envie et laissa courir ses doigts dans ses cheveux à la façon d'une caresse, songeant aux délices qu'allait lui offrir cet esprit admirable. Jim qu'il tenait toujours plongé dans une débauche de sensations érotiques frissonna, étonné par cette marque d'affection. Spock le regardait avec un air sombre et une attention feutrée qui lui plurent étrangement. Pour la première fois, il remarqua que son second était beau et le sentir pressé contre lui, fit courir une intense chaleur dans son bas ventre déjà soumis au plaisir qui le dominait.

Décidant qu'il était temps, Spock s'éloigna pour se débarrasser de son chandail. Jim fit de même et ils se déshabillèrent en quelques instants. Le terrien se recoucha et le vulcain fut prit de violents tremblements en voyant son mâle ainsi offert. Spock ressentit l'envie brutale de s'accoupler à lui. S'il souhaitait garder le contrôle et profiter de ce moment, il devait faire vite. Il marcha vers la table, ouvrit la boîte qu'avait préparé Mccoy pour saisir la capsule de gelée et s'avança vers le lit en se tartinant généreusement. Il se coucha sur Jim et plongea ses yeux dans les siens.

- Tu es prêt? demanda t-il en tremblant comme une feuille.

Malgré que Spock l'ait mit en feu, Jim avala sa salive, redoutant ce qui allait suivre. À contre coeur, il lui fit une place entre ses jambes. Spock se pressa contre lui et s'aidant de la main, il poussa avec précaution, soucieux de ne s'avancer que ce qu'il fallait pour établir une connexion. Jim se crispa de déplaisir et fit une grimace de douleur mais Spock n'eut pas à aller loin car à peine furent-ils en contact que le lien du Koon-ut-so'lik se déchaîna autour d'eux. Le terrien en oublia instantanément l'aspect physique de la chose, stupéfié par l'incroyable violence du phénomène psychique.

L'énergie furieuse se mit à tournoyer autour d'eux comme un ouragan, pressant leur corps d'énergie l'un contre l'autre. Spock s'arc bouta pour résister à la tempête. Il ne voulait pas gâcher ce moment unique en le consommant à la hâte. Ce n'était pas chose facile que d'arriver à contrôler cette furie démentielle mais il parvint à la maîtriser suffisamment pour que leurs esprits aient le temps de s'effleurer.

Le vulcain s'en délecta.

Johann Kot avait été effrayée et rebelle à ce contact. De son côté, il était sous l'emprise de la fièvre et n'avait pas pu la rassurer. Sans compter qu'elle était un peu … brute. Bien entendu, il l'avait choisi pour cette raison et il aurait été injuste de le lui reprocher. Il n'en restait pas moins qu'en touchant le remarquable esprit de son ami, Spock découvrit de quoi était réellement fait le plaisir vulcain.

Soudainement, parce que Spock n'avait fait que le minimum, ils se trouvèrent désunis et tout s'arrêta. Jim le dévisagea interdit. Il n'avait perçut l'esprit de Spock qu'un infime instant mais c'était amplement suffisant pour qu'il en redemande. Impatient de le retrouver, il oublia toutes ses réserves et entoura le vulcain de ses jambes pour s'offrir à lui. Spock fixa son mâle qui se soumettait enfin et le désir fleura à son œil. Il se reconnecta en prenant soin de s'avancer d'avantage, assez du moins pour éviter ce genre d'interruption.

La tempête de déchaîna à nouveau. Ils se laissèrent guider par elle et leurs esprits se traversèrent. Aussitôt Spock se sentit porté par une intense allégresse et il savoura avec délice l'âme de cet humain qu'il admirait et respectait. Il le perçut entièrement. Dans toute sa simple vérité. Jamais il n'avait partagé avec quiconque une impression qui lui ait semblé plus pure ou plus vraie et il en éprouva une profonde jouissance.

Jim ressentit l'intensité du plaisir qu'éprouvait le vulcain et s'ouvrit lui aussi à cette étrange perception. Il perçut son ami dans toute sa vérité et il toucha au bien-être qu'il éprouvait toujours lorsqu'il était en sa présence. Il goûta ce bien être concentré, pur, intense, paisible et en ressentit un plaisir profond qui n'avait rien d'humain.

Spock posa les doigts sur sa joue et tout se fondit. Si Jo avait perçu ce phénomène comme un immense néant, Jim le vécu d'une façon très différente. Peut-être parce qu'il se sentait en parfaite sécurité auprès de son ami, il ne perçut pas un grand vide mais un grand tout. Il eut l'impression étrange de toucher à l'univers dans son entier. Il ne pouvait formuler aucune pensée mais en percevant cette immensité indescriptible, il comprit avec acuité qui était Spock et ce qu'il cherchait à atteindre. Il se laissa aller avec son compagnon dans cet infini. Le temps s'arrêta, tout cessa et ils furent. Uniquement.

Jusqu'à ce que l'infini se dissolve et qu'ils réintègrent leur monde.

Doucement, ils revinrent à eux. Spock ouvrit les yeux et regarda son mâle. Il remarqua sa soudaine beauté et Jim lui rendit son regard ébloui. Spock se sépara de lui mais contrairement à la première fois, il n'eut pas envie de savourer seul l'allégresse de cet instant. Couchés sur le côté, ils restèrent immobiles, les yeux dans les yeux, tous deux fascinés par ce qu'ils avaient perçus l'un de l'autre.

C'est alors que Jim comprit que mâle ou femelle, cela n'avait aucune importance. C'était lui. Spock. Il l'aimait, l'appréciait, l'admirait. Il était remarquable en tout point. Personne d'autre n'arrivait à le faire se sentir aussi bien. Il réalisa qu'il le voulait. Il le voulait comme il n'avait jamais voulu personne d'autre.

Le terrien l'entoura de ses bras alors qu'un désir foudroyant s'emparait de ses reins. Il lui avait donné son esprit et s'était perdu avec lui aux confins de l'existence, maintenant il voulait aussi se perdre dans son corps. Il se coucha sur lui et le vulcain ouvrit docilement les jambes entre lesquelles ils se glissa. Il tâtonna pour trouver la capsule sur le lit et l'ayant attrapé il appliqua une bonne quantité de gel puis s'appuya contre un lieu auquel il n'aurait jamais pensé brûler d'accéder.

- C'est douloureux, l'avertit Jim.

- Je peux ignorer la douleur.

- Et le plaisir Spock? demanda t-il avec un air sérieux que son compagnon ne lui avait jamais vu.

- J'ai déjà eu tout ce que je pouvais désirer.

- C'est … enfin, si tu ne veux pas…, dit Jim qui trouvait étrange d'aller jusque là avec lui sans qu'il en partage l'agrément.

- Non. C'est intéressant, assura t-il.

- Même si ça ne te fait rien? dit Jim qui trouvait toujours l'idée dérangeante.

- Ça m'intéresse parce que c'est toi.

Imitant la position qu'il avait déjà expérimenté, Spock entoura sa taille de ses jambes mais il posa aussi ses mains à la base de son dos. Désarmé par le plaisir de son toucher, Jim gémit en enfouissant le nez dans son cou. Il cessa de tergiverser et consomma son désir, s'unissant à lui dans une étreinte tendre et virile. Alors que son esprit vulcain effaçait toute trace de douleur, Spock réalisa avec une certaine surprise que la mécanique de l'affaire ne l'intriguait plus. Là n'était plus l'intérêt. L'intérêt venait plutôt de percevoir Jim sous un tout autre jour.

Il était son T'hy'la depuis de nombreuses années. Il avait toujours été son «ami» et son «frère». Mais «amant», c'était la première fois. Ceci étant, les choses s'étaient si bien passées qu'il dû convenir de le troisième aspect du mot était bien choisi. On pouvait même se demander si les T'hy'las n'étaient pas la meilleur solution lorsque le … la folie prenait un vulcains isolé. Et si aucun vulcain n'aurait apprécié de parler d'une telle chose, aucun non plus n'aurait pu manquer l'étymologie du mot.

Jim le prit avec précaution, guettant tout indice de déplaisir. N'en percevant aucun, il s'engagea d'avantage, glissant avec plus d'aisance. Il fut bientôt tout à fait à l'aise et sembla apprécier cette union au plus haut point. Spock le laissa aller un moment puis cessa d'alimenter son plaisir, curieux de voir ce qui se produirait. Jim s'enhardit, recherchant une stimulation plus directe. Comme fouetté par le désir, il se releva à demi et augmenta la cadence, insistant sur l'aller. On aurait presque dit qu'il perdait le contrôle de lui-même. Il se mit à afficher des expressions étranges, poussa des grognements, souffla comme une forge et son regard qui cherchait le sien, semblait absent et confus.

Fascinant.

Spock posa le bout des doigts à la base de son dos et se concentra à nouveau. Jim échappa un gémissement sourd, ralentit et il poussa son bassin contre lui avec force. Il demeura appuyé énergiquement contre son corps et le fixa comme s'il le voyait à nouveau.

- J'aime quand tu fais ça, dit-il avec un regard moins confus.

- Kot aussi a réagit positivement au toucher télépathique, l'informa t-il, estimant que cette donnée pourrait l'intéresser.

Mais le regard de Jim se durcit comme s'il n'appréciait pas du tout cette idée.

- Vraiment ?

- Oui.

- Et tu l'a embrassée ? demanda t-il, sûr que non.

- Bien entendu.

Envieux, Jim mordit sa lèvres. Il frissonna alors que Spock déplaçait les doigts pour s'intéresser au territoire de la prostate. Le terrien leva la tête en fermant les yeux et respira profondément, indiquant que l'organe avait bien les propriétés qu'on lui prêtait.

- Et ça t'a plu ? demanda Jim.

- Pas nécessairement.

Le terrien esquissa un sourire

- Et moi, tu veux m'embrasser ?

- Si tu y tiens, dit-il accommodant.

Spock s'intéressa plus directement au nouvel organe érogène et Jim échappa un grognement. Son regard devint étrangement sérieux et il approcha son visage du sien.

- Et tu crois qu'avec moi ça te plaira ? demanda t-il avec un regard fixe et brillant.

- Je ne sais pas. … Peut-être, dit-il en prenant en compte le succès de l'accouplement vulcain.

Le terrien avança son visage vers le sien pour y poser doucement ses lèvres, baiser que le vulcain accepta stoïquement. Jim le connaissait trop bien pour s'en formaliser et respectant ses réserves, il ne fit qu'affleurer leurs bouches. Après un moment, Spock lui rendit le baiser et Jim gémit, encore plus excité par ses lèvres que par son toucher vulcain. Toucher qui pourtant, avait tout le succès escompté.

Spock s'en étonna. Considérant que les lèvres n'étaient pas classées parmi les zones érogènes effectives, cette manifestation de plaisir lui sembla inexplicable. Piqué par la curiosité, le vulcain s'impliqua d'avantage dans le baiser pour vérifier l'hypothèse et son amant fondit dans ses bras. Le rythme de ses coups de hanches s'apaisa et ses mouvement devinrent étrangement souples. En effet, le baiser semblait provoquer une réaction d'importance. Jim plongea ses yeux dans les siens et Spock y vit une profondeur qui lui était inconnue. Par contre, la moitié terrienne de lui-même elle, y reconnut tout de suite l'éclat de l'amour humain.

Le vulcain se braqua aussitôt.

- Tout va bien, dit Jim rassurant Tu sais que tu peux me faire confiance.

Spock l'observa plus ou moins sûr. Il avait appris à ses dépens à quel point l'accouplement rendait les terriens émotifs et il était assez peu friand de tels débordements. N'appréciant rien tant que les défis d'envergure, Jim se sentit hautement interpellé par son air buté. Une chose était certaine, il allait réussir à avoir cette tête de mule aussi sûrement que deux et deux faisait quatre.

Il attendit que son ami retrouve son impassibilité puis il l'embrassa à nouveau sans insister. Spock accepta passivement le baiser qu'il finit par rendre tout en restant sur ses gardes. Évitant de s'emporter, Jim réagit à ses lèvres en se montrant plus érotique, piquant de nouveau la curiosité du vulcain.

Spock se fit plus entreprenant et conscient qu'il était maintenant un objet d'étude, Jim réagit comme le scientifique s'y attendait. Percevant que le vulcain rassuré se laissait enfin aller, Jim glissa sa langue entre ses lèvres. Spock sembla d'abord surpris mais il finit par lui accorder timidement ses muqueuses.

Frissonnant d'excitation contenue, le terrien l'embrassa avec retenue, soucieux de ne pas l'effaroucher. Spock lui rendit l'étrange caresse et son amant se coula contre son corps en gémissant. Tout en jouant les cobayes dociles, Jim fit grimper peu à peu les enchères. Confiant, le vulcain suivit son capitaine comme il l'avait toujours fait et le baiser prit des accents enflammés. Il s'embrassèrent passionnément et ne pouvant feindre plus longtemps Jim, fou de désir, savoura sa victoire en l'aimant avec transports.

Le terrien s'était montré assez habile pour que son ami se croit toujours en parfait contrôle de lui-même mais bien sûr, ce n'était plus le cas et Spock se surprit à apprécier cette intimité partagée. Il devait avouer qu'il n'était pas désagréable que son t'hy'la s'abandonne à lui de cette façon. Qui plus est, il éprouvait une certaine satisfaction à maîtriser la jouissance de son mâle tandis que celui-ci menait l'accouplement. Comme toujours, Jim dominait la situation mais il le faisait tout en se soumettant à lui.

En fait, il en allait de l'accouplement comme du commandement. Ils se complétaient à la perfection.

Jim le regarda avec une intensité troublante puis posa son front sur le sien tout en le prenant avec une étrange affection. Spock se sentit plus près de son ami que d'ordinaire et il réalisa qu'il éprouvait cette fameuse impression d'union humaine dont parlaient les romans. Selon Kot, si ce phénomène se produisait c'est qu'ils s'aimaient tout les deux. Spock en fut surprit. Aimait-il Jim ? … Certainement pas. Aimer était une affaire humaine. Les vulcains eux s'attachaient les uns aux autres. Par contre, l'expérience avait démontré qu'il pouvait développer une relation avec cet homme sans devoir s'humaniser pour autant. Jim aimait le vulcain en lui. C'était même ce qu'il préférait. Pour preuve, lorsqu'il avait été forcé de le remplacer, n'avait-il pas choisit un autre officier scientifique vulcain?

Cette pensée l'excita curieusement et il se surprit à désirer son mâle à nouveau.

Le lien se remit à tourbillonner et à battre autour d'eux mais cette fois avec moins de violence. Spock perçut que Jim souhaitait cette communion autant que lui et ils se traversèrent tandis que leurs corps s'aimaient avec une tendresse débridée. Alors que les esprits humain et vulcain se fondaient l'un à l'autre, le coeur de Jim s'emballa. Il tressaillit galvanisé et Spock en ressentit les effets dans tout son être. Cette fois, il ne fut pas effrayé. Ce n'était qu'un orgasme partagé et son propre esprit n'avait en rien échappé à son contrôle. Il se rendit compte que perçu de cette façon, cette sensation pouvait même se révéler intéressante ; … scientifiquement parlant bien sûr.

L'homme s'alanguit et roula sur le côté avec un doux grognement. Il resta couché sur le dos, immobile mais comme s'il ne pouvait se résoudre à se séparer tout à fait de son amant, il posa tendrement la main sur sa cuisse. Après tous ces contacts rapprochés, ce toucher ne lui sembla pas aussi inapproprié qu'il aurait pu l'être et Spock ne s'y opposa pas.

Les battements du lien faiblirent, ralentirent et cessèrent tout à fait. Spock comprit que cette fois, c'était bel et bien terminé et qu'il fallait donc en finir. S'appliquant à ne ressentir aucun regret, il prit sur lui et avec une discipline toute vulcaine il cessa de ressentir un quelconque intérêt pour son capitaine. Le ruban d'énergie qui les reliait s'effilocha et disparut. Spock prit une profonde respiration et regarda le plafond en se fiant à son esprit entraîné pour faire disparaître l'impression de solitude et de tristesse qui l'avait soudain envahi.

- Spock …

Le vulcain tourna la tête et Jim plongea les yeux dans les siens. Il ne savait pas pourquoi le lien s'était rompu, le laissant seul et désemparé. Mais en ce qui le concernait, il était hors de question que quoi que ce soit se termine. Si une seule chose était certaine, c'est qu'il ne pourrait jamais plus se passer de Spock. Jamais. Personne ne l'avait emmené à un tel degré d'extase. Jamais il ne s'était senti aussi proche de qui que ce soit. Quelque chose venait de naître entre eux et de cela, il avait envie plus que tout. C'était ce qu'il avait recherché avec chaque compagne mais c'est avec un compagnon qu'il l'avait finalement trouvé.

- Spock, je refuse que cela prenne fin.

Le vulcain sembla incertain de ce que cela signifiait.

- Il doit y avoir autre chose ensuite, exigea Jim.

- À quoi pensez-vous capitaine ? dit Spock presque aussi professionnel que d'habitude.

Jim pinça les lèvres en réalisant qu'il était redevenu le capitaine et que Spock n'allait pas lui simplifier la tâche.

- Que diriez-vous d'une sorte de parenthèse, dit-il en respectant à regret le vouvoiement qu'il avait rétabli. Capitaine et commandant le jour mais la nuit … ce serait différent.

- Entendez-vous par là que nous soyons amants capitaine?

- Oui. Entre autre, dit t-il en songeant qu'il ne voulait pas que cela.

- Je suis vulcain. Une telle relation n'est envisageable qu'à l'intérieur du mariage.

- Vous voulez dire nous deux, se marier ?

- Ce serait incontournable

Il y avait belle lurette que les mariages entre gens de même sexe faisaient partie de la culture terrienne et après ce qu'il venait d'entrevoir, Jim n'eut pas une seconde d'hésitation.

- Dans ce cas, veux-tu m'épouser ?

Spock haussa les sourcils ne s'étant pas attendu à une telle proposition. L'affaire était complexe. Les vulcains ne se mariaient pas par amour mais par commodité. Le pon farr les y obligeaient bien entendu mais avoir des enfants était aussi un devoir citoyen. Dans cette optique, marier des gens de même sexe n'avait pas la moindre logique et de telles unions n'étaient donc pas prévues.

Cependant, il se sentait lié à Jim aussi fortement qu'il l'avait été à T'pring et il devait appliquer toute sa concentration pour empêcher le koon-ut-so'lik de se réactiver entre eux. Il serait sans doute difficile de contrôler le lien sur une longue période. Cela amoindrirait forcément ses compétences mentales et nuirait à sa tâche. Cet aspect pouvait bien sûr rendre un mariage logique. Par contre cet argument ne convaincrait pas les vulcains qui évidemment, lui conseillerait de prendre une épouse ce qui réglerait aussitôt ce problème.

Jim ne pouvait plus supporter ce silence.

- Spock, je t'aime. Tu comprends ? dit-il avec le plus grand sérieux. Il n'est pas question qu'il n'y ait qu'une seule fois.

Le vulcain le regarda imperturbable.

- La tradition vulcaine n'approuve pas ce genre de mariage. C'est impossible ...

Alors même qu'il parlait, le visage de Jim se durcit et son second reconnu l'air furibond qui annonçait une rébellion imminente.

- Non! Il n'y a rien d'impossible ! cria t-il. Je ne le permettrai pas!

Il se leva exaspéré et arpenta la chambre de long en large comme un lion.

- Rien ne m'empêchera de t'avoir. RIEN! Sauf une chose. Que tu ne veuilles pas de moi. Alors est-ce que tu veux de moi ? Dis-le ! Maintenant ! ordonna Jim.

Toujours couché sur le dos, Spock l'observa énigmatique.

- Ce que je veux ne change rien aux faits objectifs.

Jim en déduit que c'était un oui. Il voulait de lui. Il cessa soudain d'arpenter la pièce en éprouvant une impression bizarre. Il rêvait ou bien ses cuisses étaient étrangement détrempées ? Il passa la main sur sa jambe et tout comme sa prédécesseur, réalisa que les vulcains ne lésinaient pas sur les quantités.

- Excuse-moi, c'est juste ...

Tout à la fois amoureux, déterminé, furieux et désespéré, il s'engouffra dans la salle de bain, saisit une serviette et s'épongea avec une certaine stupéfaction. Spock croisa ses mains sur son ventre.

- Comme je le disais, les vulcains n'officialisent pas de tels mariages. Par contre, leur adhésion à la fédération implique qu'ils reconnaissent les mariages célébrés par les autorités accréditées.

Jim passa vivement la tête par la porte.

- Ce qui inclut les capitaines de vaisseaux fédérés?

- Ce qui inclut les capitaines de vaisseaux fédérés, approuva Spock.

Presque sans oser y croire, Jim sortit lentement de la salle de bain en le fixant, serviette à la main.

- Donc je peux nous marier ?

- Oui, dit Spock.

Jim le toisa en mettant les mains sur les hanches.

- Et bien sûr, tu le savais depuis le début.

- Oui. Mais tu m'a laissé peu d'occasions de t'en informer, lui rappela le vulcain.

Jim dû en convenir.

- Et qu'est-ce que tu réponds ?

Spock se leva du lit pour lui faire face. Il cessa de le contrôler le lien des fiançailles qui les relia de nouveau. Ils en éprouvèrent tous deux un profond bien-être. Jim lui adressa le sourire en coin qui lui était familier et Spock lui répondit par l'air impassible qui le lui était tout autant.

- Les terriens ont t-ils besoin de réponses plus humaines ?

- Pas moi.

Jim distingua une certaine douceur dans son regard, éclat qui valait largement tous les serments. Il s'approcha de lui comme attiré par un aimant.

- Nous ne sommes pas encore mariés, lui rappela Spock en devinant ses intentions.

- Très bien. Marions-nous maintenant. Tout de suite, proposa Jim.

- La procédure de Starfleet implique une démarche officielle et une cérémonie.

Jim soupira, oubliant ses projets les plus immédiats.

- Qui plus est, je crois que tu devrais y réfléchir d'avantage, conseilla Spock.

- C'est tout réfléchi.

- Le règlement interdit le harcèlement envers les minorités sexuelles. Cela indique que ce harcèlement existe et un mariage t'y exposerait.

- Je suis amiral Spock. Je plains le premier qui osera me harceler.

- Tu pourrais être confronté à d'autre désagréments.

Jim hocha la tête en imaginant la commotion de l'équipage.

- Il est certain que certains auront un choc mais ...

- Quelqu'un en particulier?

- En fait, je crois que ce devrait être assez général, estima Jim. Disons que dans la catégorie couple surprise, nous allons gagner le trophée de l'année. Il n'y a aucun doute.

- Starfleet ne décerne aucun trophée à cet effet.

- Il y a un. Informel mais indéniable, assura t-il. Et tu sais quoi? Je le veux ce trophée.

Spock haussa les sourcils.

- Dans ce cas.

- À moins que toi … ? Tu y vois un problème?

- Non. Les vulcains ne sont pas sensibles au mépris.

Jim acquiesça comme si c'était l'évidence.

- J'aurais dû m'en douter.

- Bien entendu.

Jim sourit. Il n'y avait que lui pour répondre ça. Il fut frappé par sa beauté et le désira à nouveau.

- Tu savais qu'avant le mariage, les fiancés terriens peuvent coucher ensemble? dit-il en se dressant subtilement.

- Oui. Mais je suis vulcain et je n'accepterai ce type de contacts que de mon sa-telsu.

Jim sembla déçu.

- Alors demain. Marions-nous demain.

- N'est-ce pas un peu précipité?

- Non. En aucun cas, trancha Jim qui se demandait s'il serait capable d'attendre jusque là.

- Bien. Si tu veux.

- Et en tant que fiancé, je peux au moins t'embrasser ?

- Non.

Spock se détourna pour s'habiller, mettant son t'hy'la au supplice. Il prit la capsule sur le lit pour la ranger dans la boîte puis il songea qu'il valait mieux la garder et la posa plutôt sur la table. Jim se dressa d'avantage en considérant les promesses que sous-entendait l'item. Spock ferma la boîte et la reprit.

- Je vais préparer le formulaire. Nous nous verrons demain pour les détails.

- Tu pourrais le faire ici, suggéra Jim.

- Non. Ce n'est pas nécessaire.

- Qui parle de nécessité?

- S'isoler sans raison valable n'est pas convenable pour des fiancés.

Jim réalisa qu'il devrait bel et bien prendre son mal en patience.

- Alors demain, dit-il résigné.

Jim le dévora des yeux. Spock soutint le regard de son t'hy'la et un imperceptible sourire apparut dans son oeil.

- Capitaine, le salua t-il comme d'habitude.

Il se retourna et sortit. Le terrien resta immobile un instant puis il se laissa tomber sur le lit et soupira en regardant le plafond. Il s'alanguit en se remémorant les impressions incroyables qu'il avait eu lorsque leurs esprits s'étaient traversés. Il réalisa que même en son absence, il ressentait la présence de Spock à l'autre bout du lien, il se concentra pour le percevoir plus clairement et le vulcain tourna également son attention vers lui. Il respira profondément, n'osant croire que la vie pouvait se parer de tant de promesses alors qu'il n'avait jamais eu la moindre intuition de leur existence. Il ressentit soudain un inconfort poisseux qui réorienta ses fantasmes. Parant au plus pressé, il étendit le bras pour récupérer la serviette, la glissa sous lui puis il retourna à ses passionnantes rêveries.