La mécano 3em classe Johann Kot regardait les cuves de recyclage d'un air découragé. L'Enterprise comptait trois cuves principales. Réservoir de purification des liquides, réservoir d'eau potable et réservoir septique. Bien entendu, c'était le réservoir septique qui déconnait et bien sûr, c'était elle qui devait investiguer le problème. C'était toujours elle qui se coltinait cette foutue cuve à merde. Trois mètres de haut sur deux mètres de circonférence de pur bonheur.

En soupirant elle grimpa à l'échelle fixée sur le revêtement extérieur métallique et atteignit la passerelle qui entourait cette saleté. Elle tapa le code d'ouverture sur la petite console et le couvercle se rétracta comme une fleur autour du tuyau d'arrivée, laissant apparaître la cuve de polymère blanc. Jo grimaça lorsque le délicieux fumet la prit à la gorge. Il y avait une putain de fuite et elle allait devoir barboter dans cette merde pour le reste de la journée. Dégoûtée, elle fit le tour de la passerelle et attrapa l'échelle qui permettait de descendre dans le mince espace entre la cuve de plastique et le revêtement métallique du réservoir.

- Hey Jo!

Elle remonta les quelques barreaux qu'elle avait déjà descendu et regarda le lieutenant ingénieur Rick White, son supérieur direct.

- Quoi?

- Le commandant veut te voir.

- Hein?

Elle repoussa une mèche de cheveux brun en laissant une trace de cambouis sur son nez et le dévisagea du haut son perchoir.

- Quel commandant ?

- Spock.

- Spock? Le type avec les oreilles pointues?

- Ouaip. Il veut te voir.

Jo resta interdite un moment.

- Mais pourquoi? demanda t-elle incrédule.

White haussa les épaules.

- Et comment tu veux que je le sache?

- Il veux me voir où?

- Dans son bureau.

- Tu déconnes ou quoi?

- Nope, dit-il sans faire cas de son langage.

- C'est une blague, c'est ça?

- Ce sont les ordres et tu ferais mieux de te bouger, dit-il en tournant les talons.

Johann éteignit sa lampe en ressentant une pointe d'inquiétude. Pour un simple mécano, une rencontre au sommet n'était jamais au grand jamais une bonne nouvelle. La semaine d'avant elle avait cassé le nez de Fritz mais en fait, c'était plus ou moins un accident et puis il l'avait bien cherché. De toute façon, les filles qui se laissaient peloter sans répliquer étaient mal barrées alors elle était certainement dans son droit! Il avait peut-être fait une plainte?

Elle descendit par l'échelle de service, se tartina les mains de gelée désinfectante, s'essuya puis elle monta dans les quartiers dévolus aux gradés. Ce n'est qu'une fois rendue à destination que les regards stupéfaits de l'équipage lui firent réaliser qu'elle aurait mieux fait de se changer avant de se pointer chez les bourgeois.

Jo était une jolie fille dans son genre. Rien d'extraordinaire sinon que le mélange russe/canadien était assez réussi pour qu'on la courtise de temps à autre mais ici, on était dans une toute autre dimension. Avec sa large combinaison rouge tachée d'huile, ses cheveux raides et bruns en bataille roulés dans un chignon et sa tache de cambouis en plein sur le nez, elle tranchait sérieusement avec les filles du coin qui avaient toutes des airs de pétasses en puissance.

Elle passa ses mains dans ses cheveux pour tenter de les replacer un minimum mais elle estima rapidement ses efforts futiles. Des filles en uniformes du genre, on en voyait pas tellement passer dans les bas fonds de l'Enterprise. De temps à autre mais regroupées dans un couloir, ça fichait un peu un choc. Bon sang, est-ce qu'il fallait vraiment avoir l'air de ça pour parader dans le quartier des patrons? Et puis où était le putain de bureau? Bien sûr, ce connard de commandant n'avait rien dit. Il devait s'imaginer que les mécanos apprenaient leur foutu numéro de bureau par pure dévotion.

- Excusez-moi.

Une grande femme blonde avec des cheveux remontés en damier s'arrêta et la dévisagea avec stupéfaction.

- Excusez-moi, je cherche le bureau de monsieur Spock.

- Et vous êtes? demanda Janice Rand en reculant d'un pas comme si elle craignait d'être contaminée.

- 3em classe Johann Kot. Matricule SC214-820. Équipe de nettoyage.

La femme d'une beauté surnaturelle qui sentait la chirurgie plasma à un kilomètre semblait hésitante.

- C'est monsieur Spock qui m'a fait demander.

- Monsieur Spock, vous êtes sûre?

- C'est ce que m'a dit mon chef de section. Le lieutenant Rick White.

- Bien. Suivez-moi, dit Janice avec un sourire quelque peu forcé.

Elles marchèrent le long d'un couloir percé de portes et heureusement moins fréquenté que le couloir principal. Tout en suivant la pin up, Johann ne put s'empêcher de ressentir un élan de pitié. Quand on était forcée de porter des uniforme aussi merdique, on avait intérêt à être à jour dans son épilation. Sans compter que les mauvais jour du mois, ce ne devait pas être une sinécure de devoir se balader en culottes. La grande blonde s'arrêta devant une porte et appuya sur la touche verte.

- Monsieur Spock, j'ai avec moi Johann Kot de l'équipe d'entretien. Elle dit avoir un rendez-vous.

Jo se demanda s'il arrivait souvent qu'elle prenne la peine de faire les présentations avant d'ouvrir la porte. Quelque chose lui disait que non. Peut-être craignait-elle qu'elle soit là pour accomplir une mission vengeresse et se mette balancer des mottes de lubrifiant à la tête du commandant.

- Oui. Merci mademoiselle Rand, grésilla l'interphone.

- Mademoiselle Kot, dit Janice en ouvrant la porte sans arriver à dissimuler son incrédulité.

Jo la remercia en se disant qu'au fond sa réaction n'avait rien de surprenant étant donné qu'elle non plus pigeait que dalle. Elle entra dans les quartier du second qui derrière son bureau, se leva pour l'accueillir.

- Merci d'être venue 3em classe Kot.

- Monsieur.

Bien qu'elle en aille souvent entendu parler elle n'avait jamais vraiment vu le commandant de proche. Il allait de soi que l'équipe d'entretien étaient rarement en première ligne lors du passage royal de son estimée personne. Elle se dit qu'à part les oreilles et les sourcils, il n'avait pas l'air aussi bizarre qu'on le disait. De toute manière, sur l'étage dévolu aux techs, il se disait plein de trucs. Certains assuraient que c'était un génie, d'autres que c'était un profond connard, d'autres qu'il était cruel et d'autres qu'il était sex.

Pour ce qui la concernait, tout ce qu'elle savait avec certitude c'est que qu'elle que soit la raison pour laquelle il l'avait fait venir, rien ne servirait de supplier puisque les vulcains n'avaient pas d'émotions. Là-dessus au moins, tout le monde était d'accord.

Elle avala sa salive, intimidée de se retrouver devant une si haute autorité.

- Veuillez vous asseoir, dit-il en indiquant le siège devant lui.

La jeune femme le regarda avec un air embarrassé qui mit en valeur la tache d'huile qui lui barrait le nez.

- Excusez-moi monsieur, mon habit de travail n'est pas très propre.

- Ça n'a pas d'importance, dit-il en se rasseyant lui-même.

La mécano resta immobile un instant, puis prenant son courage à deux mains, s'avança vers le fauteuil de polymère noir où elle s'assit mal à l'aise.

- Écoutez, si c'est pour la bagarre … Je voudrais dire que je suis désolé. Je le regrette sincèrement.

- Ceci relève des responsabilité de votre chef de section. Adressez-vous à lui pour ce problème.

La jeune femme dévisagea le vulcain en se disant qu'elle venait d'avoir l'air drôlement tarte.

- Bien monsieur.

- 3em classe Kot, je vous ai fait venir pour vous proposer une mission.

Le premier officier du vaisseau s'absorba dans la contemplation de son bureau, comme s'il cherchait ses mots tandis que Jo battait des cils, certaine d'avoir mal entendu.

- Une mission monsieur?

- C'est une mission d'une importance capitale pour les opérations de l'Enterprise, dit-il en fixant toujours son plan de travail.

Il leva les yeux sur la jeune femme stupéfaite.

- J'ai étudié soigneusement toutes les candidatures possibles. Et vous êtes mon premier choix. Vous avez je crois, toutes les qualités requises.

Jo n'en croyait pas ses oreilles. Une mission? Il allait lui donner une promotion? À elle!?

- Je vous aie choisi entre autre choses, pour votre discrétion exemplaire et pour votre profil psychologique.

- C'est un honneur monsieur, dit Jo qui s'était plutôt attendue à se faire virer.

Le second commandant garda le silence en fixant le bureau.

- Et en quoi consiste cette mission monsieur?

- C'est …. délicat, dit-il en fronçant les sourcils.

- Délicat monsieur ?

- Je ne souhaites pas m'étendre sur le sujet mais sachez seulement que les vulcains sont confrontés à des impératifs auxquels ils doivent obéir ou mourir, dit-il avec un air embarrassé.

Spock se leva de sa chaise et fit quelque pas vers la porte. Un instant la jeune femme eut l'impression surréaliste qu'il allait s'enfuir du bureau mais il s'arrêta et après un court silence, se retourna pour la regarder dignement.

- J'aurais bientôt besoin d'une partenaire d'accouplement.

Ses paroles mirent quelques secondes à faire leur chemin dans la tête de Johann qui battit des cils.

- Je vous demande pardon monsieur?

- Je vous ai choisi pour être ma partenaire d'accouplement mademoiselle Kot; si vous acceptez bien sûr.

- Heu … c'est la mission dont vous parliez ? demanda Jo incrédule.

Il hocha la tête affirmativement.

- Monsieur, juste pour être sûre de bien comprendre, votre mission c'est que vous voulez baiser avec moi c'est bien ça?

Spock releva la tête.

- Je ne le dirais pas de cette manière, répondit-il, mais d'une certaine façon, c'est exact.

La mécano le regarda sans pouvoir y croire. De un : ce connard s'imaginait qu'il pouvait se commander des ingénieurs à la carte sous prétexte qu'il allait crever. De deux : il osait parler de mission. De trois : il lui annonçait ça comme le pire mufle à jamais avoir vagabondé dans les étoiles. Pour un pourri, c'était la crème de la crème.

En jurant par devers elle, Johann se passa la main sur le visage, étendant la tache de cambouis sur sa joue. Les gars de son équipe comme Fritz, elle en faisait son affaire mais avec les patrons, la situation était beaucoup plus délicate. Ce sale pervers aux oreilles démentes méritait clairement de se faire écrabouiller les bourses. Malheureusement, il était beaucoup trop haut placé pour ça. La méthode habituelle dévolue aux connards était hors service et en bref, elle était dans la merde.

Elle jeta un coup d'oeil à la chambre qui se trouvait derrière le paravent. Elle était tapissée de rideaux de velour rouge et il y avait même une chandelle dans un coin. Clairement, le baisodrome était fin prêt et il allait falloir jouer serré.

- Monsieur … Si je peux me permettre …, dit Jo en souriant aimablement sur sa chaise. Il y a sur le vaisseau des filles qui en pincent pour vous et qui serait ravie de combler tous vos besoins. Moi vous voyez, sans vouloir vous froisser, vous n'êtes pas trop mon genre.

- Elles n'ont pas les qualités requises, dit-il en croisant les mains derrière son dos.

Ça y est, un salaud qui a un fétiche sur les combinaisons crasseuses songea t-elle.

- Vous savez que vous avez un vrai fan club ici. Même des mécanos si c'est votre truc. Il y a de tout pour trouver ce qui vous branche.

- Cet aspect est sans intérêt, dit-il en la fixant.

- Sans intérêt? Alors quoi? Ce qui vous branche ce sont les filles qui ne vous branchent pas?

Il la regarda gravement puis se rassit dans son fauteuil.

- La situation est plus complexe, dit-il en joignant les mains comme un foutu prof qui se prépare à vous endormir avec ses conneries.

Jo se leva brusquement et se recula d'un pas comme un animal pris au piège.

- Écoutez, moi je m'en fout. Merci bien pour l'offre mais je ne suis pas intéressée, dit-elle d'un air désolé.

- Vous êtes la personne la plus qualifiée pour cette mission mademoiselle Kot. Dans les circonstances, cette qualification est primordiale. Je me permet d'insister pour que vous considériez cette mission sérieusement.

Autrement dit, elle avait intérêt à passer à la casserole si elle ne voulait pas payer le plein tarif pour avoir osé le refuser lui et son incroyable virilité. C'était vraiment la poisse. La vraie. Et Johann ressentit une terrible colère l'envahir.

Elle était entré à Starfleet comme mécano spécialiste mais on l'avait «temporairement» assignée à l'équipe de nettoyage, résultat : elle végétait à l'entretient de ce vaisseau merdique depuis un an. Il était vrai que ses façons abruptes pouvaient indisposer parfois. Elle comprenait que personne n'avait jamais eu d'avancement en crachant par terre et en cassant des nez. C'était justement pour ça qu'elle était devenue mécano et pour ce boulot, elle était vraiment douée. Ce n'était pas pour rien qu'on l'avait accepté à Starfleet. Pourtant, aucun de ses chefs ne semblait capable de s'en rendre compte. Avec le temps, elle en était venue à se dire qu'au fond tout ce qui comptait, c'était de savoir tortiller du cul et baisser son froc au bon moment. Malheureusement, pour ça, elle n'avait aucun talent et le regrettait d'ailleurs amèrement

À vrai dire, elle en avait marre. Elle en avait marre de ce foutu rafiot, elle en avait marre des cuves de recyclage et elle en avait marre de tous ces connards qui la regardaient de haut. Et si une seule chose était sûre, c'est qu'elle n'allait sûrement pas se faire passer dessus par une saloperie d'extraterrestre pour réussir garder un boulot dont elle n'avait rien à foutre.

La limite était atteinte. Elle en avait plus que sa claque. C'était aujourd'hui qu'elle foutait le camps de ce bordel et avant de partir elle allait sûrement pas se gêner.

- Monsieur, comme vous me prenez pour une pute, je vais vous rendre la politesse. Permettez-moi de vous dire que vous n'êtes qu'un gros porc qui se croit au dessus de tout le monde mais vous voulez que je vous dises,? Vous vous trompez. Et votre «mission», vous pouvez la roulez bien serrée et vous la mettre où je pense. «Monsieur».

Elle ressentit aussitôt un immense soulagement. C'était enfin terminé. Ils allaient la débarquer dès que possible et à grands coups de pieds. Elle en avait fini avec tout ça et advienne que pourra.

- Vous savez qu'insulter un commandant peut vous mener en cour martiale mademoiselle Kot, dit Spock en se levant à son tour.

- Pour l'instant vous n'avez rien d'un commandant et tout d'un imbécile en rut qui se croit tout permis, cracha t-elle en passant derrière sa chaise question d'avoir quelque chose à lui balancer sur la gueule s'il tentait quoi que ce soit.

- Vous vous trompez mademoiselle Kot, dit-il parfaitement calme. Je ne suis rien de tel, du moins pas pour l'instant. Mais je ne ferai pas de cas de vos insultes puisque dans les circonstances, votre réaction est conforme avec les aspects de votre personnalité qui ont motivés mon choix.

- Vous êtes un sado-maso ou une connerie du genre? C'est quoi votre problème?

Spock se rassit et l'invita d'un geste à faire de même mais elle préféra rester debout derrière sa chaise.

- Comme je vous l'ai déjà dit, le problème est un impératif auquel mon espèce est forcée de se soumettre.

- Ha oui c'est vrai. Il faut vous faire sucer la bite parce que sinon vous allez en crever c'est bien ça?

Il haussa un sourcil, pris au dépourvu par l'idée.

- Cette mission n'implique rien de tel, spécifia t-il.

- Excusez-moi je croyais avoir compris que vous vouliez baiser.

- Le fait est que je ne sais pas exactement ce qui se produira mais je suis assez certain que les pratiques auxquelles vous référez ne seront pas nécessaires.

- Vous voulez me baiser mais vous ne savez pas ce qui se produira ? dit-elle en le regardant curieusement.

- Non. Je ne sais pas. Et c'est pourquoi le choix de ma partenaire est important, dit-il comme si c'était l'évidence. Vous avez le profil le plus approprié. Toute autre membre de l'équipage courrait d'avantage de risques. Par conséquent, il est dans l'intérêt de vos collègues et de l'Enterprise que vous acceptiez cette mission.

- Monsieur, ma réponse est non. Vous pouvez crever je m'en fous, vous pouvez vous taper l'équipage au grand complet je m'en fous aussi et vous pouvez même me virer avec ça. D'accord? Est-ce que je peux m'en aller maintenant? J'ai une cuve pleine de merde qui m'attend.

Spock l'observa d'un air grave.

- Cette réaction ne cadre pas avec les traits dominants de votre personnalité.

Johann s'étouffa presque d'indignation.

- Désolé de vous décevoir mais me faire servir aux patrons comme une pizza ne fait pas du tout partie de mes traits de personnalité.

Il la fixa avec attention.

- Mademoiselle Kot, craignez-vous quelque chose présentement?

Elle le dévisagea avec stupéfaction.

-Vous blaguez là, pas vrai?

Mais son regard sérieux indiquait qu'il ne blaguait pas du tout.

- Très bien. Si vous y tenez. Vous êtes commandant et je suis mécano 3em classe ce qui implique que vous avez tous les pouvoirs et moi aucun. Ensuite vous me faites venir ici pour m'annoncer que vous voulez me baiser et sans blague, vous ne comprenez pas ce que je crains?

Il la regarda comme si ses neurones carburaient grave.

- Craignez-vous que je vous force à vous accoupler ?

- Attendez que j'y pense …. Ouaip, je crois bien que c'est ça, ironisa t-elle.

- Toute action de cette nature est interdite par le règlement, dit-il d'un ton qui sous-entendait qu'elle aurait dû le savoir. J'ai spécifié que je vous proposais une mission. Une proposition peut être acceptée ou refusée. D'autant plus que j'ai souligné que celle-ci impliquait votre consentement. Votre inquiétude est donc infondée.

Jo se dit qu'elle commençait à comprendre pourquoi personne ne s'entendait sur le cas du second commandant : il n'avait foutre rien d'humain.

- Monsieur, proposer une baise n'est pas et ne sera jamais une mission, tenta t-elle en frais d'explication.

- C'est pourtant le cas présentement.

Elle le regarda longuement, prise au dépourvue. Il était vraiment sérieux avec sa connerie de mission.

- Je ne comprend pas, monsieur.

Spock hocha la tête imperceptiblement.

- Non. En effet.

Il baissa les yeux sur son plan de travail et soupira tandis que Jo tapotait nerveusement le dossier de la chaise.

- J'aurais préféré ne pas en venir là mais il est logique que cela s'avère nécessaire, dit-il comme pour lui-même.

Il resta immobile un instant comme s'il lui coûtait de s'y résoudre.

- Il y a un moyen par lequel je pourrais vous donner toutes les informations utiles, dit-il en levant à nouveau les yeux sur elle. Une fusion mentale qui vous permettra d'accéder à ma mémoire et à mon esprit.

- Une fusion mentale? Vous pouvez faire ça? dit Johann incrédule.

- Oui.

- Et vous voulez faire ça … maintenant?

- Oui. Si vous êtes d'accord bien entendu.

Jo le dévisagea avec suspicion. Sa mère lui avait dit que des trucs dingues pouvait arriver à ceux qui s'engageaient chez Starfleet mais même elle n'aurait sûrement pas imaginé que vous pouviez vous faire sortir d'une cuve à merde pour vous retrouver face à un extraterrestre qui voulait vous baiser et faire des fusions mentales.

Sans s'embarrasser des règles de savoir vivre, Jo poussa un rot disgracieux qui résuma le fond de sa pensée quant à la situation puis elle leva les yeux sur le commandant qui fronça un sourcil désapprobateur mais conserva une attitude stoïque en attendant sa réponse