Bonjour à tous. Et voilà, on y est. C'est la fin de cette histoire. J'espère que cet épilogue vous plaira. Merci encore à tous pour vos retours, pour avoir suivi jusqu'ici, pour vos commentaires. Merci à ceux qui ont reviewé, et aussi aux guests à qui je n'ai pas pu répondre. Vos messages m'ont fait très plaisir et je suis contente que cette histoire vous ait plu.
Si tout se passe bien, je devrai poster une autre Sterek dans le cadre du Sterek Pack Fest d'ici l'automne, mais bien différente de celle-ci. Je vous donne RDV à ce moment-là )
En tout cas, merci encore à vous tous qui avez lu, à Myriam pour sa correction et à Bruniblondi d'Amour, ma bêta sur ce coup-là. Vous êtes tous des choux. Je vous embrasse fort fort et encore merci.


EPILOGUE

Il n'a pas arrêté de pleuvoir – ou presque – depuis le fameux match de La Crosse après lequel Stiles a été kidnappé. L'affaire a fait la une des journaux locaux. Une mini psychose s'est même installée dans la région en voyant que personne n'était capable de mettre la main sur le coupable.

Les policiers ont organisé de nombreuses battues dans les bois, mais rien n'en est ressorti. Pas le moindre indice, pas la plus petite piste.

Étonnement, le plus serein dans tout ça, c'est la victime elle-même. Le fils du shérif a répondu à toutes les questions qu'ont pu poser les enquêteurs. Parfois un peu trop répondu d'ailleurs. Ils ont tous eu l'impression de se noyer dans un torrent de paroles, jusqu'à y engloutir l'information qu'ils cherchaient initialement.

Et qui aurait pu savoir que Stiles n'a pas beaucoup à se forcer pour arriver à ce résultat ? Son père peut-être. Sauf que le shérif Stilinski est trop sur les dents, enragé comme un pitbull à l'idée de retrouver le tortionnaire de son fils.
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Quelques jours après les faits, Stiles sort de l'hôpital, encore un peu contusionné mais remis de ses émotions. Étrangement, il ne se sent pas plus affecté que cela par cette épreuve. Il aurait dû, se dit-il. C'est la réaction normale. Mais non.

Ce n'est pas pour autant qu'il vote pour une séance de ce genre toutes les semaines. L'image de Kate Argent s'approchant de lui avec ses pinces restera gravée en lui pour le restant de ses jours. Non, en fait, c'est surtout que toute cette histoire lui a appris quelque chose. Elle lui a enseigné la foi. La confiance absolue et inconditionnelle en une autre personne.

À aucun moment il n'a douté que Derek viendrait le chercher. Et même à présent, alors qu'il vient de passer une semaine sans nouvelles, Stiles est confiant. C'est un peu comme de sauter sans filet, encore et encore, tout en sachant qu'il n'y aura aucun loupé. Jamais.

Et pour un angoissé tel que Stiles, c'est quelque chose de complètement dingue. Il n'aurait jamais imaginé ça possible. Peut-être est-ce également dû aux émotions qu'il perçoit sporadiquement via le lien, celles que Derek ne parvient pas à bloquer. Ainsi, Stiles sait qu'il manque à son compagnon. Que Derek se fait un sacré souci pour lui. Qu'il crève du besoin de s'assurer lui-même que Stiles est bien remis.

C'est pourtant le shérif qui raccompagne son fils jusque chez eux et l'aide à regagner sa chambre pour que Stiles s'y repose. Ce dernier n'a pas la moindre intention de dormir. Pourtant, une fois bien au chaud sous l'épaisse couette et bercé par le bruit de la pluie qui bat contre les carreaux, il ne lui faut que quelques minutes pour se laisser gagner par une confortable torpeur. Il n'a même pas pris le temps de retirer ses vêtements.

Il est tiré du sommeil ce qui lui semble être quelques minutes plus tard par un coup frappé à sa porte. Stiles sursaute avant de se frotter les paupières.

_Oui, Pa ?

Le shérif entrouvre le battant et y passe la tête.

_Tu dormais ? Je te réveille ?

_C'est rien, le rassure Stiles en écartant la couette pour se remettre sur ses pieds.

Il se fige en voyant l'expression de son père. Étonnée, un peu méfiante, totalement incertaine.

_Il y a quelqu'un qui demande à te voir.

_Derek, souffle Stiles qui vient de comprendre.

Il n'a même pas conscience du sourire qui illumine son visage à ce moment-là, creusant des fossettes un peu partout sur ses traits. Le shérif observe cette transformation avec curiosité avant de s'écarter pour que le visiteur puisse entrer.

Derek avance dans la pièce, tout de noir vêtu, les mains dans les poches de son cuir. Stiles connaît par cœur cette démarche. Il a envie de rire tant le bonheur de retrouver son mate pétille en lui. Il se sent flotter, complet.

Il est le seul à voir le sourire de Derek qui tourne désormais le dos au shérif. Cette expression si particulière, créée uniquement pour répondre à celle de son mate. La tendresse dans les yeux clairs est abyssale. Si Stiles n'y prend pas garde, il s'y perdra. Il s'en détourne donc pour détailler son visiteur.

Visiblement la pluie battante n'a pas décidé d'épargner les loups-garous plus que les autres. Comme ce jour-là sur le terrain, Derek est trempé.

_Tu ressembles à un chien mouillé.

_Tant que je pue pas autant…

Amusés, les deux compagnons échangent un regard complice.

_Hum, hum…

Pris par la manière qu'a le lien de s'enrouler tout autour d'eux pour les rapprocher sans même qu'ils se touchent, ils en ont presque oublié la présence du shérif. Quand ils se retournent tout deux pour lui faire face, l'expression du père de Stiles n'a pas de prix. Il les fixe, mi-embarrassé, mi-suspicieux.

_Stiles ? Tu me présentes ton ami ?

Derek et son compagnon n'ont pas besoin d'échanger un regard pour se comprendre. Le lien est là pour ça. Stiles peut même sentir la nervosité du loup à cette idée. Lui, il est plutôt confiant. De toute façon, maintenant qu'il se retrouve affublé d'un mate, il n'a plus vraiment le choix, non ?

Et ça lui convient plutôt bien…

_Papa, voici Derek, mon compagnon. Enfin, mon mec, quoi. J'ai pas trop de mot qui convienne maintenant que j'y pense. Bref. Derek, je te présente mon père. C'est le mec qui a le droit de porter un flingue en ville et tout…

_Monsieur, le salue Derek, la mine sérieuse.

Le shérif, lui, détaille des pieds à la tête cet énergumène qui vient de débarquer dans la chambre de son fils. Ça a l'air de faire beaucoup de choses pour une seule soirée.

_C'était donc bien Derek Hale, celui dont tu m'avais parlé, déclare-t-il prudemment. La personne que tu as rencontrée. Le même Derek Hale qui a vécu dans la maison dans laquelle on t'a retrouvé la semaine dernière ?

Stiles ne panique pas. Pas du tout. Après tout, ce n'est pas comme s'il ne pouvait absolument pas expliquer à son père comment il a connu Derek. Sans compter toutes les fâcheuses coïncidences.

Oups ?

_On s'est rencontrés à la fac, répond alors Derek de sa voix profonde. Je n'étais pas en ville ces dernières semaines, et je suis rentré aussi vite que j'ai pu quand j'ai appris. Je vais finir par croire qu'il y a une espèce de malédiction qui pèse sur cette baraque…

L'expression du shérif ne laisse planer aucun doute : il n'est pas près de gober l'histoire que Derek vient de lui servir. Son regard suspicieux voyage entre les deux hommes qui se tiennent côte à côte.

Stiles sait qu'il doit intervenir, détourner l'attention de son père. Même s'il sait que celui-ci n'abandonnera pas si facilement et finira par revenir à la charge.

_Oui, Derek donne des cours dans la section… vétérinaire de la fac.

Stiles sent Derek se figer à côté de lui tandis que son sourire se fendille.

Mais qu'est-ce qui t'as pris de dire ça ! hurle le lien.

Je fais ce que je peux… T'as une meilleure idée, Einstein ?

_Écologie ? Vraiment ? questionne le shérif, clairement dubitatif.

Un bon mensonge ne vaut que si l'on va jusqu'au bout des choses.

_Je t'assure ! Il s'est spécialisé dans le comportement du loup sauvage d'Amérique du Nord. C'est super intéressant ! J'ai appris plein de trucs.

Cette fois, Derek se crispe, et Stiles se dit qu'une fois que son père sera parti, il va lui falloir un tournevis pour dépouiller son mate du sourire de façade qu'il affiche.

_Je ne te savais pas passionné par les animaux…

_Heu, Derek rend beaucoup de choses… passionnantes ? propose Stiles.

Cette fois le shérif lève les deux mains devant lui pour l'interrompre.

_Stop ! Je ne veux rien savoir. Quoi que tu t'apprêtes à dire !

Stiles prend une mine à la fois choquée et outrée en regardant son père.

_Je n'allais rien dire ! T'es pas malade ? T'es mon père, quoi !

Guère convaincu, ce dernier secoue la tête en se pinçant l'arête du nez.

_Bon, Derek, je serais ravi de prendre le temps de discuter un peu plus avec vous une autre fois – comprendre : « déconne avec mon gamin et je te colle une balle une fois que j'aurai tiré toute cette affaire au clair. Ou avant... » – mais vous devez avoir beaucoup de choses à vous dire.

Stiles s'apprête à parler mais Derek le devance.

_Je crois aussi.

_Je vous laisse, conclut alors le shérif en quittant la pièce sur un dernier regard méfiant.

Quand la porte se referme sur lui, les deux compagnons se font aussitôt face, se dévorant du regard. Oui, il faudra composer avec le shérif, endormir sa méfiance et ses questions. Mais plus tard…

Il faut un petit moment avant que Derek ne lève la main pour passer son pouce sur un hématome qui marque toujours la pommette de Stiles.

Douleur dans les yeux clairs.

Culpabilité.

Stiles l'arrête en posant sa main sur celle de Derek.

_C'est pas ta faute.

_C'était ce que je redoutais…

Stiles secoue la tête avec un sourire hésitant avant de faire un pas qui le colle au corps chaud de Derek. Quand il voit que le lycan ne fait pas un mouvement pour le repousser, il enroule ses bras autour de sa taille et pose sa joue contre son torse.

_Nan. T'avais les jetons que ça se finisse mal. Sauf que c'est pas le cas. Je suis là. Tu es là. Et plus elle.

Il y a toujours eu de la culpabilité dans l'expression de Derek. Mais celle qui s'affiche alors, Stiles ne la connaît pas. Derek est très sérieux lorsqu'il pose les mains sur les épaules de son mate pour pouvoir le regarder droit dans les yeux.

_Je l'ai tuée.

La voix du lycan ne tremble pas. C'est un constat. Pourtant cette affirmation sonne comme une question. Elle appelle des réponses.

_Je sais, souffle Stiles sans la moindre hésitation.

Derek lui adresse une moue sévère, les sourcils froncés.

_Ce n'est pas… anodin.

_Derek, soupire le jeune homme. Je ne vais pas me mettre à hurler au grand méchant loup sanguinaire parce que tu t'es payé cette pétasse. En plus, ce n'est pas vraiment comme si tu pouvais aller raconter ton histoire aux flics pour qu'ils la collent en taule. Si tu n'avais pas fait ce que tu as fait, elle serait encore après toi. On n'en aurait jamais fini avec toute cette histoire et…

_Et ? l'encourage Derek qui semble toujours étonné que Stiles prenne les choses aussi calmement.

_Et tu aurais passé ta vie à m'éviter parce que ce qui s'est passé l'autre soir risquait d'arriver, assène Stiles. Maintenant, au moins, tu n'as plus aucun prétexte pour te débarrasser de moi.

En voyant le regard de Derek toujours aussi sombre, Stiles ne s'était pas le moins du monde attendu à ce que le lycan l'enlace brutalement en grognant. C'est pourtant ce qu'il fait, juste avant de fondre sur la bouche de son mate.

C'est comme ça que Stiles retrouve sa place. Tout naturellement. Pendant que Derek l'embrasse en le serrant si fort qu'il risque de fusionner leurs corps. À vrai dire, ça ne dérangerait pas Stiles vu la manière dont il s'agrippe à la veste de l'alpha pour le retenir lorsque ce dernier met fin à leur étreinte.

_Tu vas devoir te fourrer dans le crâne que je n'ai aucune envie de me débarrasser de toi, gronde Derek.

Stiles se contente d'arborer une expression espiègle, celle qui relève juste le coin de sa bouche et creuse ses fossettes de malice.

_Je le sais, mais c'est tellement plus drôle de t'emmerder avec ça…

Le lycan se contente de secouer la tête avant de recommencer à embrasser Stiles. Ils ont encore du chemin à faire, mais si Derek a appris une chose, c'est bien que la meilleure méthode pour bâillonner Stiles est d'utiliser sa bouche.

FIN


Bisous à tous et peut-être à bientôt :)