Bonjour/Bonsoir à toutes et tous !

Voici enfin, après un temps certain, la suite de ce spin-off.

C'est le second jour d'Ezio en Italie, ce qui correspond au chapitre 4 et suivant de l'Arc 3 de la fiction mère.

J'espère que ce chapitre vous plaira.

Bonne lecture !


Chapitre 2

Ezio se réveilla d'une nuit sans rêves, mais ô combien reposante. Cela devait faire des lustres qu'il n'avait pas connu une telle sensation de bien-être au saut du lit. Lorsqu'il ouvrit les yeux, il sursauta un petit peu et dû attendre un instant pour se rappeler où il était et ce qu'il y faisait.

C'est vrai… Monteriggioni…

Il bailla en se redressant, s'étira de tout son long, et se leva en se grattant le bas du dos. Il jeta un bref regard à sa montre - une Cerruti que lui avait offert sa mère pour ses 18 ans – et constata qu'il était déjà presque onze heures. Il en fut fortement surpris, lui qui était du genre à tomber du lit. Enfin, il supposait que la retombée des tensions nerveuses et le décalage horaire avaient dû avoir raison de lui.

En jetant un œil à la pièce, il remarqua la serviette et le linge de douche posés sur le bureau et eut un sourire. Probablement Yusuf avait-il remarqué son déplacement nocturne vers son ancienne chambre, et s'était dépêcher d'apporter le nécessaire de toilette pour lui éviter de devoir remonter à la chambre parentale. C'était vraiment très gentil et professionnel. Le Turc remplissait parfaitement son rôle d'intendant.

Attrapant les linges ainsi que son nécessaire dans son sac, Ezio sortit sur le palier de l'étage et se dirigea dans la salle de bain attenante. Il s'occupa de sa barbe, se rafraichit sous une bonne douche, puis se brossa les dents et s'habilla en mode vacancier. Il descendit ensuite à la cuisine, où il croisa Victoria, qui était affairée à préparer une tarte aux prunes.

-Ezio, bien dormi mon grand ? le salua-t-elle en le voyant approcher.

-Bonjour victoria. Comme un bébé je vous remercie...

Il réalisa soudainement une chose et décida de la taquiner avec un grand sourire.

-Vous n'êtes pas censée être à la retraite ? Vous n'arrivez pas à vous empêcher de venir travailler hein ?

-Allons bon ! s'exclama la vieille femme en entrant dans le jeu. J'ai bien le droit de venir préparer quelques bons petits plats pour ce sale garnement que tu es. Ça fait si longtemps que tu n'es pas revenu, laisse-moi en profiter un peu.

En disant cela, elle avait enfourné son gâteau, puis contourna le plan de travail et vint faire une bise sur la joue d'Ezio, qui lui souriait avec tendresse. Décidément, il se rendait compte à quel point cette femme lui avait manqué. Il s'en voulait un peu de ne pas être revenu plus tôt, car il pouvait essayer de se mentir autant qu'il le souhaitait, les occasions n'avaient pas manqué.

-Bon, s'exclama ensuite Victoria en s'approchant du fourneau ou se préparait une énorme marmite de bouillon de poule maison. Vu l'heure qu'il est, tu veux un petit-déjeuner tardif, ou tu attends encore une petite heure et je te serre un vrai déjeuner ?

Le jeune homme réfléchit un petit moment, puis déclara qu'il préférait ne boire qu'un jus d'orange frais pour l'instant et manger un vrai repas plus tard. L'ancienne intendante approuva de la tête et entreprit de presser les fruits, et demanda à Ezio de s'assoir. Pendant qu'elle s'affairait, il regarda un peu partout autour de lui, et demanda après un instant :

-Yusuf n'est pas ici ?

-Il est dans les vignes avec les ouvriers, lui expliqua Victoria en posant le verre devant lui. A cette période, il a fort à faire avec les vendanges.

-C'est vrai que le vin Auditore est un vin de vendanges tardives, se rappela Ezio à voix haute.

-Oui, c'est ce qui fait toute sa force de caractère et sa longueur en bouche. Il a mieux profité du soleil, approuva la vieille femme en sortant du frigo des légumes qu'elle rinça sous l'eau.

Il y eut un court silence durant lequel Ezio but son jus d'orange en observant l'ancienne intendante couper avec une sacrée maîtrise les légumes. Il constata alors qu'il y en avait une certaine quantité et interrogea :

-Tu n'en fais pas trop ?

-On a décidé il y a quelque années, avec Yusuf, que les ouvriers avaient bien le droit à un repas eux aussi, pour la peine qu'ils se donnent. C'est aussi pour ça que je continue de venir ici malgré ma retraite, ça me force à rester en forme, sourit-elle en se penchant sur sa marmite de bouillon pour la soigner.

-Je vois, approuva le jeune homme en hochant la tête.

Il estima, vu les quantités, qu'il devait y avoir une dizaine de têtes dans les vignes. Il se leva donc et déclara :

-Je vais te donner un petit coup de main si tu es d'accord. Je ne me débrouille pas trop mal en cuisine.

-Très bien, répondit Victoria sans discuter (un peu d'aide était effectivement la bienvenue). Alors pourrais-tu m'émincer cinq gros oignons s'il te plait. Avec mes vieux yeux, ça piques bien trop.

Ezio s'exécuta rapidement après s'être lavé les mains. Rapidement, à eux deux, ils confectionnèrent des spaghetti aux légumes sautés. Victoria expliqua que les deux grosses volailles qu'elle pochait en même temps qu'elle confectionnait le bouillon étaient pour une salade de poulet froide pour le lendemain. C'était agréable pour Ezio, qui se remémorait lorsqu'il était petit et que, déjà, il venait aider à confectionner des pâtisseries sous les ordres de l'intendante.

-Au fait, fit cette dernière après un moment, sortant les poulets de leur bouillon. Pour les mettre à refroidir. Yusuf m'a dit que tu avais déserté la chambre qu'il t'avait préparée.

Le jeune homme sursauta, il ne s'attendait pas du tout à une telle question. Il resta troublé un instant, cherchant des mots pour expliquer son malaise vis-à-vis de cette pièce, mais la vieille femme sembla comprendre le sens sous le silence et lui accorda un sourire empli d'empathie en déclarant :

-J'ai aussi beaucoup de mal à aller dans cette chambre depuis que j'ai appris la tragique nouvelle. A moi aussi ils me manquent, mon petit. Parfois je suis ici, affairé à mes fourneaux et je m'attends à ce que ta mère arrive en souriant pour valider le repas que j'ai proposé, ou je vois ton père au détour de son bureau… Mais ce ne sont que les ombres projetée par l'esprit d'une vieille femme.

Ezio la regarda avec tendresse s'essuyer les yeux, qui s'étaient embués de mélancolie, puis il posa une main sur la sienne, et décida de dire quelque chose de gentil pour la réconforter :

-Ils t'aimaient beaucoup, tu étais comme de la famille pour eux, je t'assure.

-C'est gentil…

Elle respira profondément, émue, regardant sa casserole, puis se ressaisit et reprit avec force son travail.

-Bon, assez, il nous faut vivre dans le présent désormais, et ce qui est important là-maintenant c'est qu'on a pas tellement d'avance ! Hop, hop, hop !

Ils terminèrent de préparer le repas juste pour midi, et apportèrent les plats à une grande table (composée de planches et de trépieds) dressée dans la cours arrière. Un instant plus tard, Yusuf et le reste des ouvriers arrivèrent. Le Turc fonça droit sur son nouvel ami et lui fit l'accolade, lui demandant s'il avait bien dormi. Ezio comprit très bien, à la manière dont il posait sur lui un regard inquiet en posant cette question, qu'il s'interrogeait sur les raison de son déménagement nocturne.

-J'ai dormi comme un ange, ça ne m'était pas arrivé depuis des siècles, le rassura-t-il avec un sourire, lui posant instinctivement une main sur l'épaule.

Ils passèrent tous à table, Ezio insistant pour aider à servir. Après tout, ces gens travaillaient en quelque sorte pour lui, il pouvait bien s'acquitter de son devoir de patron et au moins faire ça. Une fois qu'il se fut assis à son tour pour se sustenter, il observa rapidement les différentes têtes présentes. Il était une dizaine, tout au plus, d'un peu toutes les ethnies et d'un peu tous les âges.

Il y avait deux Noires, très souriants et sympathiques ; un Indien ; des Italiens aussi bien sûr ; et un Asiatique. Le regard d'Ezio s'arrêta plus longtemps sur l'un de ses compatriotes. Il ne sut pas pourquoi, mais il avait une sensation étrange avec ce dernier. Mais il ne voulut pas trop s'en inquiété pour l'instant et se reconcentra sur sa conversation avec les Ivoiriens qui lui demandaient qui il était et ce qu'il faisait ici. Yusuf voulut les réprimander en leur disant que ça ne les regardait pas, mais le jeune Auditore préféra rester plus poli et répondit par un semi-mensonge. Il leur raconta être venu en vacances. Ce n'était pas vrai, mais ce n'était pas non plus totalement faux.

Après le repas, les hommes repartirent pour travailler à la récolte. Yusuf resta un peu pour aider Ezio et Victoria à la vaisselle.

-C'est une sacrée équipe, fit l'héritier Auditore avec un sourire.

-C'est sûr, approuva Yusuf. Mais ce sont tous de très bons bosseurs, volontaires et durs à la tâche. Je les ai moi-même recruté avec méticulosité, et c'est les même qui reviennent depuis trois ans.

-Il faut croire que tu fais un bon patron.

-J'essaie de donner le maximum, tout en restant strict et juste.

Ils terminèrent de tout essuyer. Yusuf demanda ensuite :

-Que vas-tu faire de ton après-midi ?

-Je ne sais pas trop… Il me faudrait acheter quelques affaires. Des vêtements surtout. Je suis parti un peu à la hâte de Fasmay Hill et je n'ai pas pris grand-chose.

-C'est bête ça, fit le Turc avec une petite moue. Mais je comprends. Sauf qu'ici, à Fasmay Hill, il n'y a pas grand-chose. Il faut aller dans la ville voisine, ils ont une boutique de vêtement.

-Il n'y avait pas une braderie ici ? s'étonna Ezio, se souvenant vaguement d'une boutique près de la porte des remparts.

-Elle a fermé, lui expliqua l'autre. Malheureusement, en dehors du commerce du vin qui commence à se développer, les autres marchands du village ont de la peine à survivre. Surtout avec tous ses impôts et ses lois stupides. L'Etat devient voleur.

Il y avait eu de l'insurrection dans la voix du Turc, qui avait levé les yeux au ciel.

-D'accord, alors je vais gentiment me mettre en route, décida Ezio. Ça va, ce n'est pas trop loin si je me souviens bien. Je n'en aurais pas pour très long.

Il s'apprêtait à partir de la pièce, lorsqu'une idée lui vint en tête et il se tourna vers son nouvel ami :

-Je pense que tu dois être pas mal occupé avec les vendanges, mais est-ce qu'en fin d'après-midi tu accepteras de faire le tour du village avec moi pour me montrer ce qui a changé ?

-Mais avec un très grand plaisir ! s'exclama joyeusement le Turc avec un grand sourire. De toute manière, on ne travaille pas beaucoup l'après-midi, nous essayons de faire le maximum le matin pour profiter de la fraicheur. Si pour une fois je libère les gars plus vite, ils en seront très contents.

-Très bien, alors à toute.

Et ils partirent chacun de leur côté.

oOoOoOo

L'après-midi touchait maintenant à sa fin. Ezo venait de revenir de sa petite virée shopping. Il était très content de ses achats : des tee-shirts, des bermudas, deux jeans, costume de bain et une tenue de sport. Il avait l'intention de se la jouer décontracté le plus possible, et de reprendre un peu le jogging tant qu'il y était. Il sentait que son corps réclamait une activité physique depuis quelque temps. Ce n'était pas entièrement de sa faute s'il n'en avait plus aux USA, car la vie de Chef de famille fondatrice et les ennuies à la DaVinci Inc. Lui avaient par mal volé de temps et d'énergie, mais il comptait bien se rattraper à présent.

Yusuf l'attendait, assis sur le banc au bord de la fontaine au pied de l'escalier menant à la villa. Il était en train de lire une lettre et semblait quelque peu contrarié, ce qui inquiéta Ezio qui s'approcha en demandant :

-Tout va bien Yusuf ?

Ce dernier sursauta vivement en entendant l'appel, et ses mains chiffonnèrent immédiatement le papier, qu'il fourra dans la poche de son short tout en se levant.

-Ha ! Ezio, te revoilà ! La route a été bonne ? s'exclama de manière guillerette le Turc, mais un peu trop prestement.

-C'était quoi cette lettre, tu semblais soucieux ? interrogea encore Ezio, qui n'était pas dupe et avait bien vu l'air de son ami.

-Rien de bien important, menti avec conviction l'autre en posant une main sur l'épaule du jeune Auditore. Rien qui ne doive t'inquiété en tout cas, ce sont mes affaires, ne t'en fais pas pour moi. Tu es prêt à faire ce tour ?

-Il me faut vite aller poser ça à la maison, répondit Ezio en désignant les deux sacs qu'il portait.

-Très bien, alors vas vite, je t'attends ici.

-Ça marche.

Il se dirigea vers l'escalier en regardant son ami lui sourire avec conviction, mais Ezio voyait bien que ce n'était qu'une façade pour cacher autre chose. Il avait vu le trouble en lui quand il lisait cette lettre. Il espérait que ce n'était rien de grave. Lorsqu'il fut en haut, il jeta un rapide regard en bas de la rambarde et songea que ce devait tout de même être important, car Yusuf avait ressorti et déplié le bout de papier et l'étudiait à nouveau avec un air dépité.

Ezio se dépêcha d'aller à la maison, posa les sacs dans l'entrée, se disant qu'il les monterait en revenant, puis repart. Lorsqu'il revint vers le Turc, la lettre avait à nouveau disparut, et il semblait tout joyeux. Ils partirent à petits pas pour faire le tour du village. Tout en cheminant, Yusuf expliquait à son jeune ami les gros changements survenu au niveau du pays, les nouvelles lois, l'état des finances, etc.

Il entrecoupait ses explications avec des anecdotes sur tel ou tel boutique qu'il croisait : le scandale de la fille du boulanger se compromettant avec un vieille homme riche ; le petit incendie qui avait failli détruire l'église (et les maisons alentours) ; le document retrouvé dans les remparts nord, attestant du siège de la ville à la renaissance, etc…

Cela fit sourire Ezio. Il se rappelait du passé, lorsqu'il était gamin. Il se revoyait faire le fou avec Federico (il ne le remarqua pas, mais il réussit à penser à son frère sans aucune colère) et Claudia à travers les venelles. Ils s'aventuraient parfois sur les toits du village, sautant d'une maison à l'autre, s'imaginant appartenir à des bandes secrètes de la Renaissance (ils en avaient inventé trois : Les Assassins, les Voleur et les Courtisanes), se faisant pourchasser par de vilain Templiers (idée sortie droit d'un roman que lisait Claudia à l'époque) et devant retrouver des trésors cacher au travers du bourg.

Yusuf remarqua l'air mélancolique de l'Auditore lorsque celui-ci cessa de le suivre, les mains dans les poches, les yeux fixé sur le clocher de la petite église dont il ne voyait que la version de ses souvenirs, avant la réfection. Le Turc revint vers lui et lui demanda calmement :

-Tu vas bien mon ami ?

-Oui, fit Ezio, sans réellement avoir entendu la question.

Le plus vieux posa une main amicale sur l'épaule du plus jeune, qui sortit à ce moment de ses souvenirs et le fixa avec étonnement.

-Ho, excuse-moi ! s'exclama Ezio en se rendant compte qu'il avait déconnecté de la réalité depuis un petit moment déjà. C'est juste que…

-Ça ressasse beaucoup de souvenirs, le coupa avec beaucoup de douceur le Turc. Ne t'en fais pas, je comprends tout à fait.

Ezio lui accorda un sourire, puis releva les yeux sur la façade refaite. C'était très moche, il préférait l'ancien aspect. Là ça faisait trop moderne, ça jurait avec le reste du village.

-Il y a des moments où j'aimerais bien revenir aux temps d'avant, finit-il par déclarer avec une grande mélancolie dans la voix. Avant que tout n'éclate et que la famille se disloque. Oui, l'époque où ma famille était au complet me manque Yusuf.

-Je comprends, approuva l'autre en hochant la tête.

Il laissa passer un moment de silence, histoire de laisser à Ezio le temps de se recueillir encore un peu, puis il se plaça devant lui et lui décocha un grand sourire qui, il l'espérait, lui redonnerait de l'énergie.

-Allez ! Assez de mélancolie mon ami ! On ne peut changer le passer, ni même le retrouver. Mais en revanche, on peut choisir de son futur, et croire avec foi qu'il sera encore meilleur !

Ezio laissa son regard tomber dans celui de son nouvel ami. Il avait de très beaux yeux et un sourire qui communiquait une sacrée énergie. Il sentit la joie revenir en lui et ils se remirent marche. Yusuf avait parfaitement raison. Le passé au passé. L'important s'était aujourd'hui, et les choix qu'il prendrait pour construire demain !

Ils revinrent sur la « place du village », devant la fontaine au pied de la colline. A ce moment, un homme appela soudainement depuis la devanture d'une boutique :

-Hey, Yusuf !

Lorsqu'il tourna la tête dans cette direction, Ezio manqua une respiration et retint de justesse un petit cri de surprise. Il avait cru voir Léonardo leur faisant signe. Revenant de sa surprise, il comprit en se raisonnant que ça ne pouvait pas être son ex, et détailla mieux l'inconnu.

C'était vrai qu'il avait aussi des cheveux blonds, mi-longs sur les côtés, plus long derrière et retenu par un catogan. Une barbe naissante mal rasée, une forte stature (grand et musclé) et un style vestimentaire étrange. Il était habillé un peu comme un pirate modernisé, avec un tee-shirt à manche déchirée portant le pavillon noir, un jeans déchiré également, une ceinture en tissu rouge et un gilet de cuire.

-Edward ! s'exclama avec joie Yusuf en s'approchant de l'homme pour venir lui faire l'accolade. Tu es revenu de ton séjour à Florence !

Le Turc se tourna vers Ezio et lui fit signe d'approcha avec un bonheur enfantin sur le visage.

-Ezio, approche seulement, je vais te présenter. Voici mon meilleur ami : Edward Kenway ! Edward, je te présente Ezio Auditore, c'est lui mon patron (il rit en disant cela)

Le jeune homme s'approcha pour venir lui serrer la main. Ce qui le marqua le plus, à présent qu'il pouvait mieux le détailler, c'était le regard de l'homme. Bleu très clair, comme l'eau d'un lagon. Il avait un regard vif qui imposait le respect. Un autre détail accrocha Ezio : il avait une sacrée cicatrice sur la joue droite.

-Alors c'est toi le fils Auditore ! s'exclama le « pirate » en lui tendant une main amicale, le détaillant à son tour de la tête au pied. Enchanté.

-De même.

-Alors c'est à ça que ressemble le fameux « grand frère protecteur » de la petite Claudia, fit le dénommé Edward de sa voix rauque en continuant de l'observé. Pas mal du tout !

-Vous connaissez ma sœur ? fut surpris Ezio, légèrement sur la défensive en apprenant cela.

-Oui, enfin, de vue surtout. Je ne l'ai pas connue longtemps, je suis arrivé ici à peine quelque mois avant qu'elle ne rentre. C'est surtout Yusuf qui m'a pas mal parlé d'elle.

Ezio tourna le regard sur le Turc. C'était vrai que Claudia avait fui ici elle aussi, environ un an après le drame. Elle y était restée un sacré moment sans donner de véritable nouvelles et tout le monde à Fasmay Hill s'était inquiété. Donc, elle avait parlé de lui, c'était étrange d'apprendre des choses sur le séjour de sa sœur, alors qu'elle-même n'en avait jamais réellement parlé, comme si quelque chose de sombre l'en empêchait.

-J'ai pas eu beaucoup l'occasion de causer avec elle, poursuivit Edward. Je sais juste qu'elle avait trois frères. Un mort, un surprotecteur et un complètement dans les choux… Je pense deviner lequel tu es.

-Je vois…

Ezio baissa les yeux, puis réalisa soudain quelque chose et reposa son regard sur l'autre avec un sourire amusé.

-Vous disiez quoi à l'instant ? Que j'étais pas mal du tout ?

-C'est bien ça, éclata de rire le blond. Mais pas de méprise, je suis attiré par la gente féminine. Je dis simplement que si pour moi vous êtes « pas mal », vous devez beaucoup plaire pour ceux qui sont de l'autre bord…

Tout en disant cela avec gaieté, il avait détourné subrepticement son regard sur Yusuf, qui était un peu en retrait, dans le dos d'Ezio. Celui-ci fit une grimace gênée en secouant la tête négativement, puis bougea les lèvres sans prononcer un mot, articulant quelque chose qu'Edward capta, ce qui le fit tiquer de la paupière.

Yusuf était extrêmement gêné par cette situation. D'accord, il était homosexuel, mais il n'aimait pas le hurler sous les toits, sa vie privée ne le regardait que lui. Et oui, il était célibataire depuis quelque temps déjà, et Ezio était un très bel homme, tout à fait à son goût, mais il avait des principes. L'un d'eux était de ne pas coucher avec son employeur. Et Ezio était son employeur !

A ce moment-là, il fut ramené à la réalité par le rire des deux autres, qui avaient continuer de discuter pendant qu'il était perdu dans ses pensée. C'est aussi à cet instant qu'il se rendit compte qu'il était en train de dévorer littéralement Ezio des yeux, et il s'en voulut, se donnant une gifle mentale. Heureusement pour lui, le jeune Auditore n'avait pas remarqué, lui tournant le dos pour le moment. Il soupira de soulagement.

-Bon, je vous propose d'aller faire plus ample connaissance autours d'un verre, finit par déclarer Edward après un petit moment en désignant les quelques tables de l'autre côté de la place.

-Tu n'as pas peur pour la boutique ? interrogea Yusuf en désignant la boutique d'antiquités dans le dos du « pirate ».

-Bof, y a personne ces temps, et de toute manière, personne ne s'amuserait à voler ces babioles.

Edward était antiquaire, avait-il expliqué à Ezio. Enfin, dans sa jeunesse (il atteignait la fin de la trentaine à petit pas), il avait vécut avec ses parents aux Caraïbes, rapidement l'appelle de la mer l'avait pris, et il avait voyager un peu partout, devenant capitaine un temps. Puis il avait eu assez de cette vie sédentaire, et s'était décidé à venir s'établir de manière fixe pour construire une vie. C'était ici, en Toscane, qu'il avait décidé de s'installé, attiré par la beauté du coin. Puis il était devenu antiquaire, par besoin d'argent, et avait commencé à revendre les babioles entassées au gré des voyages en mers.

Rapidement, le petit groupe traversa la place et vint prendre place à une des tables disposée devant le café du village. Un instant plus tard, une belle rouquine, dans une robe légère d'été, sortit du bâtiment et vint vers eux.

-Salut les gars, ça boom ? interrogea-t-elle en accordant un grand sourire à Edward et à Yusuf.

-Ça joue ma biche et toi ? répondit sur le ton de la plaisanterie l'antiquaire.

-T'es courageux, répliqua la rousse en éclatant de rire. Si Mary t'entant m'appeler comme ça, elle te châtrera sans hésiter.

-Ho, ça va, bouda le blond. C'est pas comme si je te tripotais.

-Et tu fais bien, vieux cochon, continua de rire la jeune femme.

Elle remarqua alors la présence d'Ezio, et se calma, lui accordant aussi un sourire en demandant à Edward (sur l'épaule duquel elle avait posé une main amicale). Elle demanda :

-Et votre nouvel ami là, tu ne fais pas les présentations Ed ?

-Mais si, si tu m'en laissait le temps, diablesse. Anne, je te présente Ezio Auditore.

Le jeune homme se leva par convenance et tendit la main à la femme, qui le regarda avec surprise, peu habituée aux gens à bonnes manières, puis la lui serra.

-Ezio, Anne Bonny, la propriétaire du Jackdow, ce formidable bouiboui.

-Bouiboui toi-même ! s'exclama-t-elle en lui donnant une tape sur la tête. Monsieur Auditore, enchantée, se ressaisit-elle en se reconcentrant sur son hôte.

-Appelez-moi Ezio.

-Ok, alors dans ce cas tu m'appelles Anne et on se tutoie direct, ça joue ?

-Ça me va bien.

-Alors les garçons, je vous serre quoi aujourd'hui ? Rhum pour Ed et sirop pour Yusuf, comme d'hab ?

-Tu nous connais si bien Anne, pouffa le Turc.

-Ça marche. Et toi Ezio ?

-Donne-moi une bière, ça fait un bail.

-Je vous amène ça tout de suite.

Elle repartit en direction du café, et disparut un instant. Les trois hommes reprirent leur discussion, Edward continuant à raconter son histoire au plus jeune de la bande. Yusuf se demanda quand il allait le laisser parler à son tour, et s'amusa du débit de parole de son meilleur ami.

Ezio, pour sa part, l'écoutait avec patience. Il était habitué aux gens qui parlaient sans interruption. Léonardo était aussi de ceux-là. Tout en même temps, il s'amusait du fort accent britannique de l'antiquaire, qui avait inconsciemment switcher en anglais vu qu'Ezio venait des USA. Anne Bonny avait aussi cet accent, même si elle parlait un très bon italien.

Ça lui rappelait un peu Shaun. A la pensée de feu le comptable de la DaVinci Inc, il eut un petit pincement. Il l'aimait bien celui-là. Pour lutter contre la mélancolie de son ancienne vie à Fasmay Hill, il détourna son esprit sur un autre sujet. Il s'étonnait de constater la présence d'autant de britannique ici. Edward, Anne, et il allait tout de suite le constater, encore une autre personne.

Une minute plus tard, un serveur vint leur apporter leur boisson. Jeans, chemise, cheveux bruns coupé court, coiffé avec du gel. Ezio trouva étrange la manière soudaine dont la discussion s'était tue et la manière dont les deux autres hommes regardait la scène. Le serveur posa la chope de bière devant le jeune Auditore, qui par réflexe dit :

-Merci jeune homme.

Ce dernier lui adressa un sourire en coin, puis servit les deux autres qui semblaient à la limite d'éclater de rire.

-Merci ma belle, fit Edward en se retenant d'éclater de rire.

Le plus jeune ouvrit de grands yeux surpris au moment ou Anne revenait à son tour. Elle s'approcha du serveur, passa son bras autour des hanches de celui-ci, et déclara avec un grand sourire :

-Je vois que tu as fait la connaissance de ma femme.

-Je… pardon… quoi ?

Tous éclatèrent de rire, se moquant gentiment de la confusion d'Ezio, puis le serveur tendit la main vers lui en lui souriant, et parla d'une voix très féminine bien qu'un peu rauque :

-Mary Reads, je suis la femme d'Anne et la copropriétaire du Jackdow. Enchantée.

Ezio comprit enfin la méprise, et se perdit en excuse. Les deux femmes prirent places également à la table avec eux (il n'y avait qu'un autre client à la terrasse). Anne s'assit sur les genoux de Mary. Elles se regardaient avec tellement de tendresse et d'amour que cela attendrit énormément le jeune homme, qui se revoyait quelques années plus tôt avec Léonardo.

On expliqua à l'Auditore que les deux femmes, Anglaise d'origine, étaient mariées au Royaume-Uni, mais ici, elle n'avait pas encore de statue reconnu (l'Italie n'était pas encore d'accord d'accorder le mariage aux personnes de même sexe), mais elles gardaient espoir.

-Pourquoi être venues ici si vous n'avez aucun statue marital dans ce cas ? fut intrigué Ezio.

-On rêvait du sud, expliqua Anne, et on est tombée amoureuse de ce village y a quelques années lors d'un voyage. Je suis restauratrice de profession, et Mary a apprit le service sur le tas. Elle se débrouille très bien. Comme le café ici était à reprendre, on a grillé nos économies et on l'a repris. Ça fait quatre ans.

-Je vois. Et vous ne regrettez pas ?

-Pas un seul jour, affirma Mary en déposant un baiser dans le cou de sa femme.

-Et par rapport aux habitants, ça ne fait pas trop jazzer ?

-Tu sais, on est quand même en 2012, les mentalité changent petit à petit, répondit Anne.

-Bon, c'est sûr que certain nous lancent des regards un peu méprisants, mais comme partout, y'aura toujours des cons où qu'on aille. Mais bon, c'est un petit village et je crois qu'on c'est bien faites acceptées dans l'ensemble.

-Et temps qu'on ne se roule pas des pelles devant les petits vieux, ça roule.

Elle formait un joli couple, visiblement très uni. Elle devait avoir traversé certaine épreuve, ce n'était jamais très facile, surtout dans des pays très croyants. Ezio se sentit immédiatement attaché à ces deux femmes. En fait, il se sentait bien avec ce petit groupe. C'était agréable de ne pas se sentir seul. Il se sentait accepté sans rien avoir à faire.

La soirée débuta et se poursuivit sur un ton bon-enfant. Els deux femmes jonglèrent un moment entre la discussion et servir quelques clients (un groupe de trois touristes, et quelques habitants venus boire leur ballon de rouge). Anne s'absenta un petit moment en cuisine, et en revint avec un plateau d'antipasti maison bien garni pour l'apéritif. Finalement, elle dut aller en repréparer et ils dinèrent de cela.

La soirée se poursuivit un long moment dans la soirée, chacun racontant un peu son parcourt. Ce fut enrichissant et reposant. Vers 22 heures, Yusuf et Ezio décidèrent de rentrer car le plus vieux devait se lever aux aurores le lendemain pour la vigne. Ezio proposa de venir donner un bon coup de main aux vendanges, ce que le Turc accepta avec plaisir.

Ils saluèrent tous le petit monde (les trois autres étaient rentrés dans le café pour continuer de discuter), puis allèrent directement à la villa pour se coucher. Ezio abandonna Yusuf sur le palier, et voulut monter à la chambre de la tourelle, mais s'arrêta au milieu de l'escalier. Non, définitivement, il ne pouvait pas dormir dans cette chambre, cela l'angoissait trop. Il fit marche arrière et retourna se coucher dans le lit en forme de Ferrari.

Avant de se coucher, il regarda son téléphone portable, qu'il avait laissé ici sans s'en occuper. Il vit plusieurs message de Léo, se qui le surpris. Il hésita à les ouvrir, puis décida de lire le premier. Son ex l'y insultait presque en le remerciant irroniquement de l'avoir foutu dans une telle pagaille en léguant ses parts de la DaVinci Inc à Claudia. Elle lui prenait la tête. Il espérait qu'il reviendrait vite et se reprendrait en main.

Ezio soupira en décidant de carrément éteindre l'appareil. Il ne voulait plus penser du tout à Fasmay Hill pour le moment. Il avait passé une très belle journée et ce n'était pas le moment de tout gâcher en lisant les autres messages. De toutes manière, Léo pouvait être fâché tout ce qu'il voulait, ça ne le ferait pas revenir.

Il avait choisi de s'accorder un nouveau départ, loin de tout ça. Sa dernière pensée avant de s'endormir (il subissait encore un peu le décalage horaire) était qu'aujourd'hui, il avait eu la sensation de faire à nouveau partie d'un groupe, et ça avait été rassérénant.

Finalement, il pouvait peut-être effectivement escompter refaire sa vie ici et se rebâtir un nouveau foyer.

Le sommeil l'enveloppa,, et il sombra dans le monde des rêves avec un sourire sur le visage.