Bonsoir tout le monde !

Eh oui, ça fait un mois mais je ne vous ai pas oubliés pour autant ! Seulement, un Bonus prend plus de temps à écrire, surtout s'il ne suit pas la trame de l'histoire comme celui-ci qui se passe des années avant. Mais comme vous étiez plusieurs à vouloir connaître un peu mieux le passé de Sian, voilà un Bonus rien que pour vous !

RàR :Lesaccrocsdelamerceri : J'espère que ce bonus sera à la hauteur de tes attentes. Et je promets aussi que les prochains seront... comment dire... plus joyeux ? Dans la mesure du possible bien sûr. ;)

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !

Lyana.


Farewell

14 janvier ̴Tokyo

La neige virevoltait au dehors. D'épais flocons se posaient délicatement sur le sol et sur chaque surface disponible, recouvrant Tokyo d'un épais manteau blanc. Assise derrière son bureau, une jeune femme aux cheveux châtains parsemés de mèches turquoise lançait des coups d'œil envieux aux enfants qui jouaient en contrebas, profitant de leurs vacances d'hiver avant la rentrée scolaire.

- Stilinski-chan(1), pourriez-vous répéter ce que je viens de dire ?

La jeune femme sursauta vivement quand la voix grave et impatiente claqua, amenant un silence pesant sur la salle de réunion. Détournant son attention de la rue, la jeune femme posa ses yeux noisette sur le petit homme qui se tenait debout face au vidéoprojecteur. De sa main encore tendue, il désignait une aire géographique entourée de rouge, mais elle n'avait pas la moindre idée de ce à quoi elle correspondait. En fait, elle n'avait strictement rien écouté depuis le début de la réunion. L'espace d'un instant, elle se mordilla la lèvre inférieure, sa conscience lui disant de tout faire pour contenter son supérieur, avant d'hausser les épaules : elle avait d'autres chose bien plus importantes à faire…

- Gomen(2), Nishimura-san(3), je n'en ai pas la moindre idée.

A sa droite, un homme d'une trentaine d'années aux cheveux acajou leva les yeux au ciel en pinçant les lèvres : depuis quelques jours, Sian n'arrivait plus à se concentrer, et ne se cachait pas de le faire savoir à son entourage. Bientôt, il ne pourrait plus rien faire pour elle. Elle n'eut d'ailleurs pas besoin de tourner la tête vers lui pour comprendre ses pensées, mais elle ne sembla pas gênée pour autant, se contentant d'enfoncer ses mains dans ses poches pour cesser de se tordre les doigts de nervosité. Voyant qu'il ne tirerait rien de plus de la jeune femme, l'homme qui faisait son exposé poussa un soupir d'exaspération avant de reprendre son exposé, ordonnant fermement à la plus jeune de l'écouter. Peu impressionnée par le front plissé et les yeux revolver du petit chef de la police, la jeune femme tenta pourtant de suivre ce qu'il disait. Discrètement, l'homme à sa droite se pencha vers elle, suffisamment proche pour qu'il puisse parler sans être remarqué de leurs voisins.

- Je peux savoir ce qui t'arrive en ce moment ? Tu n'es absolument pas à ce qui se passe autour de toi !

A nouveau, la jeune femme haussa les épaules, ses joues rougissant légèrement alors qu'elle serrait ses poings dans ses poches, frustrée. Refusant de tourner la tête pour rencontrer le regard désapprobateur de son ami, elle focalisa ses yeux noisette sur l'écran, se gardant bien de lui avouer qu'elle peinait à en distinguer les lignes principales, avant de souffler à son tour, d'une voix si grave et basse qu'il failli ne pas l'entendre :

- S'passe rien, lâche-moi…

Il hoqueta légèrement à ces mots, suffisamment fort pour être entendu, et il mima un étouffement pour ne pas laisser imaginer qu'il n'écoutait pas. Nishimura suspendit ses explications, le front barré d'un pli inquiet, tandis qu'un autre homme lui tendait un verre d'eau qu'il accepta volontiers : il en avait bien besoin pour avaler ce que sa protégée venait de lui balancer ! Se promettant d'aborder le sujet à la fin de la réunion, il se replongea dans les explications, prenant mentalement des notes tout en occultant la moue moqueuse mais triste de la jeune femme : elle ne perdait rien pour attendre.

Quand les projecteurs se rallumèrent, Mihaël n'eut pas le temps d'interpeler Sian que déjà elle se levait et rassemblait ses affaires, prête à partir. Elle avait d'ailleurs déjà atteint la porte, son sac sur l'épaule et un dossier serré contre sa poitrine, quand leur supérieur la rappela. Aussitôt, elle se figea, et il l'imagina sans peine en train de lever les yeux au ciel en jurant à mi-voix, les dents serrées de dépit. Un instant, il craint qu'elle ne tienne pas compte de l'appel et qu'elle s'enfuie, mais elle n'en fit rien. Docilement, bien que tendue, elle tourna les talons et s'approcha lentement de Nishimura qui s'était assis à son bureau, prenant bien soin de foudroyer son ami du regard avant de s'asseoir face à son directeur direct. Ce dernier ne perdit d'ailleurs pas de temps avant de commencer un interrogatoire en règle, le visage fermé et la mâchoire contractée.

- Hier, vous avez appelé Le Centre médical Cedars-Sinai(4) afin d'obtenir des informations sur l'un de leurs patients, est-ce exact Stilinski-chan ?

Mihaël écarquilla les yeux à cette information, tournant aussitôt la tête pour fixer sa protégée qui n'avait pas cillé, gardant les dos droit et les mains serrées sur le dossier qu'elle avait déposé sur ses genoux. Il pouvait sentir la tension de son corps, ainsi que sa gêne et sa détresse, le tout agrémenté d'une lourde couche de colère, mais il n'intervint pas : si elle avait fait un passe-droit, il était de son devoir de la laisser subir les conséquences.

- Est-ce exact, Stilinski-chan ?

La voix tonna, la faisant tressaillir et elle articula un « Hai… »(5) discret entre ses dents. En l'entendant, Mihaël ne fut pas capable de cacher sa déception : il pensait pourtant lui avoir inculqué les bases en matière de respect ! Elle avait même décidé d'entrer dans la police, à ses côtés, pour ça ! Et voilà qu'elle se mettait à outrepasser ses droits ?

- Et pour quelles raisons avez-vous fait ceci ?

Cette fois, elle ne perdit pas de temps à répondre, ses yeux lançant des éclairs alors que son corps entier frissonnait violemment. Le tremblement fut si violent qu'elle en pâlit, décontenancée, mais ce ne fut pas suffisant pour inquiéter et radoucir les deux hommes qui lui faisaient face.

- Raisons personnelles, mon Commandant.

Puis, sans même faire attention au visage scandalisé du Japonais face à elle, elle se tourna vers Mihaël, son regard perdant brusquement de sa dureté pour devenir presque suppliant. Elle se mordit la lèvre inférieure alors qu'un nouveau tremblement la traversait et elle grinça des dents en le fixant avec attention, détachant une de ses mains du dossier qu'elle tenait si précieusement pour la tendre vers lui, mais il se recula aussitôt, trop déçu pour accepter sa détresse.

- Fais-moi confiance, Mihaël… S'il-te-plait.

Mais l'homme fut incapable de l'entendre. Furieux et blessé, il se rangea aux côtés de son supérieur, tendant la main en exigeant qu'elle lui remette les informations récoltées. D'abord, elle refusa, le suppliant de la croire : elle n'avait pas outrepassé ses droits, elle avait agi dans les limites de la loi et c'était tout ce qu'ils avaient besoin de savoir ! Mais cette information ne sembla pas suffisante et bientôt, elle fut obligée de céder. Rageusement, les larmes aux yeux, elle se leva, faisant crisser les pieds de sa chaise sur le sol, puis jeta le dossier sur la table. Aussitôt, Nishimura s'en empara, la toisant alors qu'elle se dirigeait vers la sortie. Du coin de l'œil, elle vit son mentor se pencher par-dessus l'épaule du policier avant de blêmir brutalement. Cependant, elle n'en tira pas la moindre satisfaction. Ouvrant la porte à la volée, elle fit sursauter les officiers qui se trouvaient de l'autre côté.

- Sian-chan !

Entendre le chef de la criminelle utiliser son prénom d'une voix si troublée lui fit suspendre son geste et relever la tête pour découvrir leurs visages désolés et confus. Et ça ne fit qu'augmenter sa rage. Serrant les poings, elle glissa sa main dans sa poche pour en sortir la petite plaque qu'elle avait depuis qu'elle était entrée à la criminelle. Sans même ciller, elle la jeta à terre, coupant les deux hommes dans leur élan pour venir la rejoindre. Puis elle remonta son sac sur son épaule, les toisant avec tout le mépris qu'elle réussit à rassembler malgré sa douleur et sa colère, avant de lancer une bombe que les ravagea et qui plongea le commissariat dans un silence de plomb :

- Je ne veux plus jamais te revoir, Mihaël !

Incapable de prononcer le moindre mouvement, il ne la retint pas, la laissant quitter le bureau en coup de vent. Resté seul dans le bureau de Nishimura, il se sentit minable en posant une nouvelle fois ses yeux sur le dossier ouvert sur la table. En première page du rapport figurait une photo d'une femme qu'il ne connaissait que trop bien, accompagné d'un nom : Claudia Stilinski, et de deux mots écrits en capitales rouges et grasses : STADE TERMINAL.

22 janvier ̴Los Angeles

John poussa un long soupir en déposant un bouquet de frésias jaunes dans le vase de cristal qu'il avait amené de la maison : il s'agissait des fleurs préférées de Claudia, et en trouver en cette saison n'était pas une mince affaire ! Mais pour la voir sourire et pour oublier cette affreuse odeur aseptisée si caractéristique des hôpitaux, il aurait remué ciel et terre.

- Je me demande où tu les trouves, John, ils sont tellement beaux…

Le shérif de Beacon Hills sourit faiblement à ces mots, approchant le vase pour le déposer sur la table de chevet située à la droite de sa femme. Puis il tira le fauteuil près de lit et s'y assit pour lui prendre doucement la main. Elle était si froide ! Nerveusement, il brossa ses cheveux vers l'arrière avant de porter les doigts fins jusqu'à ses lèvres. La peau, rendue presque transparente par la maladie, lui donnait l'impression qu'elle allait se déchirer à tout moment, malgré toute la délicatesse dont il pouvait faire preuve. Parfois, quand c'était vraiment un mauvais jour, il avait l'impression que les callosités de ses mains habituées à brandir une arme seraient suffisantes pour la blesser. Mais elle ne s'était jamais plainte.

- Comment tu te sens aujourd'hui ?

Claudia ne répondit pas, se contentant de serrer un peu plus la main de son mari dans la sienne. Depuis quelques jours, sa maladie était si agressive qu'elle ne se faisait plus d'illusions sur son état : elle allait bientôt mourir. Mais pour ne pas faire souffrir son mari et son fils plus que nécessaire, elle gardait le silence, gardant son éternel sourire aux lèvres malgré la pâleur de son teint.

- L'hôpital m'a annoncé que Sian a appelé la semaine dernière. Je voulais la rappeler pour lui dire de rentrer, pour qu'elle te voie une dernière fois, peut-être que ce sera suffisant pour que tu retrouves tes forces… ?

A ces mots, Claudia écarquilla les yeux, perdant brusquement son sourire. Inquiet, John se redressa à son tour, sautant sur ses jambes, prêt à aller quérir un médecin. Affolé, il caressa doucement le front de sa femme laissé libre par l'épais turban turquoise qu'elle aimait porter sur sa tête pour cacher sa calvitie.

- Non… Ne la laisse pas… rentrer… Elle ne doit PAS revenir au pays… t-tu m'entends ?

Surpris par la soudaine gravité de la mère de ses deux enfants, le shérif se laissa retomber lourdement sur sa chaise, écarquillant les yeux dans l'espoir d'avoir quelques explications complémentaires : comment sa femme pouvait-elle refuser cette aide ? Comment pouvait-elle refuser de revoir sa fille aînée, ne serait-ce qu'une dernière fois ? Lisant son trouble dans ses yeux bruns, Claudia lui adressa un sourire d'excuses, épuisé : ce simple éveil, cet élan de frayeur, avait suffi à la vider de ses forces.

- Promets-moi qu'elle ne r-reviendra pas… Elle serait en danger. Elle doit d'abord terminer… son… sa… f-formation. P-promets… promets-moi que tu l'empêcheras de rentrer… J-John, p-pro… promets-moi…

Le shérif regarda sa femme avec une tristesse infinie, comprenant à ses traits tirés et à ses grands yeux bleus emplis de larmes que ce n'était pas un choix facile qu'elle faisait. Serrant un peu plus la main dans la sienne, il profita de l'absence de son fils pour laisser couler ses larmes alors que Claudia sombrait lentement dans l'inconscience, sa poitrine tressautant lourdement alors qu'elle toussait et tentait de retrouver un souffle qui se faisait de plus en plus rare. Et tandis qu'il sentait les doigts se détendre dans les siens, il laissa exploser sa douleur.

- Ne puis-je donc rien faire pour sauver ma femme ? Dois-je te regarder t'éteindre sans réagir, sans aller chercher de l'aide là où il peut y en avoir ?

Au bord de l'inconscience, Claudia sourit tendrement à ces mots, tendant faiblement sa main pour caresser la joue mal rasée de son époux. Délicatement, elle effleura sa pommette, puis sa lèvre, alors que ses yeux emplis d'un amour inconditionnel le scrutaient tendrement. Reniflant légèrement – John n'avouera jamais à quel point il se trouvait pathétique présentement – l'homme ferma les yeux, profitant de la douce caresse alors que la voix faible mais encore claire de sa Compagne s'élevait dans la chambre.

- Je t'aime tant John… Si tu savais comme je regrette de devoir t'abandonner avec nos enfants…

John ne fit pas la remarque qu'elle venait de parler d'une traite, comme si son souffle était revenu, car il savait que c'était un faux semblant. Il savait que sa femme perdait ses forces depuis l'extermination des Hale, et il savait que rien ne pourrait la guérir, même s'il gardait au fond de lui un espoir fou. L'espoir de retrouver, ne serait-ce que pour quelques instants, une famille unie, une famille heureuse.

25 janvier ̴Tokyo

Sian soupira en actionnant la tonalité occupée sur son téléphone : depuis près de deux semaines, Mihaël n'avait de cesse de l'appeler. Qu'est-ce qu'il ne comprenait pas dans la phrase « Je ne veux plus te revoir » ? Il y avait pourtant un sujet, un verbe et un complément, normalement, un flic avait suffisamment de neurones pour comprendre ça, non ? Elle grogna en enfonçant un peu plus son bonnet sur sa tête, rangeant son téléphone dans sa poche avant de rabattre la protection de laine sur ses mitaines : un véritable blizzard soufflait sur Tokyo, entre le vent et la neige, on n'y voyait goutte ! maugréant un chapelet d'injures à l'encontre de ce temps qui n'avait rien pour lui remonter le moral, la jeune femme poussa la porte de la première échoppe qui se présenta, soupirant d'aide d'être tombée sur un bar à sushis et non dans un Love Hotel ou dans un nightclub comme les deux dernière fois où elle avait été prise dans une tempête. Ôtant ses gants et son manteau trempé qu'elle suspendit à un crochet, elle alla s'asseoir à une place libre, croisant les jambes en lissant sa jupe avec précaution. Il ne fallut que quelques secondes avant qu'un serveur s'approche, un large sourire aux lèvres et un menu dans les mains.

- Ohayo, Misesu(6), puis-je vous apporter quelque chose ?

Sans même prendre la carte proposée, elle commanda une théière de thé et un assortiment de sushis avant de s'emparer de son téléphone pour naviguer tranquillement sur le net. Distraitement, elle remarqua que son journal d'appel indiquait 12 appels manqués rien que pour la matinée. Sans sourciller, elle les effaça avant de ranger le combiné quand l'homme revint avec sa commande. Après l'avoir remercié en joignant ses mains devant elle et en s'inclinant légèrement, elle commença à manger, savourant la température du thé qui semblait diffuser sa chaleur jusque dans ses os. Depuis quelques jours, elle sentait sa magie s'échapper de son corps, sans qu'elle puisse la retenir. Elle ne savait que trop bien ce que ça signifiait, mais elle n'avait pas particulièrement envie de l'accepter. Nerveusement, elle secoua sa main quand le son d'une télévision attira son attention. Fronçant les sourcils, elle tourna la tête vers le coin à gauche du bar, mais un attroupement lui barrait la vue. Terminant sa tasse de thé d'une traite, elle avala encore deux makis au saumon avant de se lever et de s'approcher. Ce qu'elle découvrit à l'écran la laissa sans voix. Les yeux écarquillés, elle réagit à peine aux mots qui lui parvenaient depuis le journaliste. Ses yeux noisette étaient rivés sur la scène qui se jouait derrière lui, et sur la silhouette qu'elle voyait adossée à une voiture, dont le bras laissait échapper un liquide sombre, carmin, qui tranchait avec la blancheur de la neige sur laquelle il tombait lentement. Devant son visage crispé de douleur, elle sentit toute sa colère fondre comme la neige au soleil.

- Mihaël…

Alors, sans réfléchir, elle retourna à sa table, laissa une poignée de yen largement suffisante pour son repas, et ramassa son sac en bandoulière, non sans avoir vérifié qu'il contenait bien les armes avec lesquelles son ami lui avait appris à se battre. En quittant le bar à sushis et en se jetant dans la tempête, elle ne pensa pas au fait qu'elle n'avait plus sa plaque et qu'elle n'avait donc aucune légitimité à intervenir, pas plus qu'elle ne jugea embêtant le fait qu'elle porte une jupe, des collants fins et des bottines trop larges aux chevilles… Slalomant sans peine entre les passants en abaissant un peu plus son bonnet sur ses cheveux, elle hâta le pas quand le bruit de la fusillade se fit plus proche. Dans sa tête, elle répétait quelques mots comme un mantra, le cœur au bord des lèvres et les yeux brûlants de larmes.

- Je ne peux pas le perdre lui aussi…

24 janvier ̴Los Angeles

Ce fut une sonnerie stridente qui réveilla Genim. L'adolescent releva la tête en se frottant les yeux, se demandant ce que cette sonnerie pouvait bien être, quand il fut violemment poussé en arrière. Quand le dossier de sa chaise heurta le mur, il se redressa, pleinement réveillé, et lança un regard tétanisé à son père qui se tenait de l'autre côté du lit de Claudia. Le vase de cristal dans lequel se trouvaient des frésias blancs était à terre, brisé en mille éclats, tandis que les médecins marchaient dessus en s'affairant autour du lit.

- Maman ! Maman, qu'est-ce qui se passe ?

Mais Claudia ne lui répondit pas. Tremblant de peur et de froid, l'adolescent parcourut la pièce du regard, notant mentalement chacune des expressions des personnes présentes avant d'arrêter son regard sur deux instruments situés de part et d'autre du lit. Le bruit venait de là, s'élevant simultanément de ce qu'il identifia comme un électrocardiogramme pour le plus petit, et comme un encéphalogramme pour le second.

- Papa ? Papa… pourquoi ça fait ce bruit ?

Cette fois, il n'avait pas élevé la voix, il avait juste parlé à voix basse, tout doucement, mais son père l'avait entendu. En deux enjambées, il fut près de lui, à le serrer dans ses bras en glissant ses doigts dans ses cheveux longs : Claudia les avait toujours adorés. Genim ne mit que quelques secondes à comprendre la raison de l'étreinte de son père, mais l'effet fut fulgurant. D'abord, il sentit chacun de ses muscles se relâcher, comme si son corps ne le soutenait plus, comme s'il s'évanouissait. Mais son esprit, lui, resta bien actif, analysant la situation, ce que ces lignes plates signifiaient, ce que la peau, plus pâle que d'ordinaire, si blanche, de sa mère voulait dire. Il ne lui fallut qu'une minute pour comprendre l'incompréhensible. Il lui en fallut une autre pour réaliser que tout était réel, que ce n'était pas le fruit de son imagination débordante, ses yeux s'écarquillant quand il comprit qu'il n'entendrait plus jamais le son de sa voix, son rire, qu'il ne verrait plus jamais ses yeux pétiller quand elle l'appelait Genim, ou encore qu'elle ne le serrerait plus jamais dans ses bras pour le calmer et le rassurer. L'enfant sentit son souffle se raréfier, la panique le gagnant lentement. A la troisième minute, il poussa un hurlement qui fit sursauter les rares médecins encore présents dans la pièce, occupés à débrancher les différents câbles qui avaient tenus Claudia en vie durant les deux derniers mois. John courba le dos quand son fils commença à se débattre et à pleurer, luttant lui-même contre son propre désespoir : il devait tenir, pour Genim, pour Claudia, et surtout pour Sian, qui était à l'autre bout du monde et qu'il devait empêcher de revenir.

- Je t'aime, Gen'… Je t'aime tellement… Je suis tellement désolé…

Mais ses paroles n'apaisèrent pas l'enfant qui continua de pleurer, de crier, d'appeler une mère qui ne répondrait plus. Impuissant, le shérif interrogea les médecins silencieusement, leur demandant s'il y avait ne serait-ce qu'un dernier espoir… Un simple hochement de tête négatif suffit à faire voler ses dernières espérances en éclats. Alors il baissa la tête, et ses larmes se mirent à couler le long de ses joues, silencieusement : maintenant, ils n'étaient plus que deux. Ce fut cet instant que choisit Genim pour se calmer. Se reculant légèrement, il fixa son père avec un sérieux trop réel pour un enfant de cet âge, et l'homme sentit son cœur se briser un peu plus dans sa poitrine quand la voix fluette s'éleva, inflexible :

- Plus personne ne m'appellera Genim, il n'y avait que maman qui aimait ce nom. Maintenant, je serai Stiles. Pour toujours…

25 janvier ̴Tokyo

Sian n'avait eu aucun problème pour passer les barrages de police, les officiers se souvenaient encore bien d'elle et l'équipe en action ne semblait pas avoir entendu parler de son départ deux semaines plus tôt. Ôtant son manteau et son sac en s'accroupissant derrière une voiture, elle n'eut aucun mal à repérer Nishimura et Mihaël, tous deux blessés.

- Stilinski-chan !

Elle tourna la tête, stoppant net son analyse de la situation quand la voix s'éleva dans son dos. Pivotant sur ses talons, elle interrogea le policier de ses yeux noisette avant de suivre son regard, se redressant juste assez pour voir par-dessus le capot du véhicule sans pour autant s'exposer. Elle n'eut aucun mal à voir les corps de trois hommes en uniformes étendus à terre, dans la neige, encore vivants, mais il fut plus difficile de déceler les tireurs dans l'épais blizzard.

- Kuzo…(7)

L'officier à ses côtés sourit légèrement à l'insulte et lui tapota à nouveau le dos. Pivotant une nouvelle fois sur ses talons qui firent crisser la neige, elle le laissa lui mettre un gilet pare-balle, appréciant la chaleur qu'il lui procura à l'endroit où il couvrait son pull en lainage blanc. Le cœur battant à vive allure, elle reprit son observation jusqu'à ce qu'elle sente son cœur se compresser dans sa poitrine. Aussitôt, elle écarquilla les yeux, ouvrant la bouche dans un cri muet alors que ses poings se serraient violemment.

- Pas maintenant… Pas quand je ne suis pas à tes côtés…

Les officiers échangèrent un regard, ne comprenant pas ce qu'elle venait de dire, mais elle ne leur laissa pas le temps de s'interroger plus longtemps. Déglutissant nerveusement, elle se redressa, lançant un regard par-dessus son épaule avant de s'emparer du petit pistolet qu'elle gardait toujours dans son sac. Il était chargé de balles d'argent, ce qui n'était pas l'idéal pour une intervention régulière qui ne possédait pas la moindre trace surnaturelle, mais c'était tout ce qu'elle avait.

- Ki o tsukete kudasai !(8)

Elle acquiesça à l'injonction et serra sa main sur son arme, la levant pour viser le blizzard. Heureusement pour elle, la neige s'était tellement épaissie qu'elle n'eut aucun mal à traverser sans être vue. Aussitôt aux côtés de Mihaël, elle se remit à couvert, rangeant momentanément son arme à sa taille avant de déchirer un pan de sa jupe pour enrouler le tissu autour du bras de son ami.

- Qu'est-ce-que tu fais là…

Elle sentit l'incrédulité dans sa voix quand elle déchira un autour morceau de tissu pour le presser sur la hanche blessée de Nishimura. Tendue, elle ne prit même pas le temps d'apprécier l'air ahuri de son mentor, se contentant de lui lancer un regard grave et inquiet. La douleur dans sa poitrine se faisait de plus en plus forte, et elle sentait ses mains trembler violemment autour du tissu qu'elle attachait tant bien que mal.

- Je ne veux pas vous perdre tous les deux.

L'homme la regarda tristement avant d'accepter sa main quand elle se releva. D'un geste sec mais mal contrôlé, elle le remit debout et à deux, ils aidèrent leur supérieur, restant cachés derrière la voiture. De l'autre côté, des officiers avaient également réussi à ramener les blessés à l'abri. Patiemment, Sian attendit leur signal avant de traverser à son tour, sa main serrée autour de la taille du Commandant qui peinait à avancer seul.

- Je suis désolé, Sissi…

Plus touchée par ces mots qu'elle voulut bien l'avouer, la policière ne le regarda pas, se contentant de se mordre nerveusement la lèvre en déglutissant légèrement. Arrivés à l'abri, elle aida Nishimura à s'allonger sur un brancard, s'emparant une nouvelle fois de son arme sous le regard inquiet de son mentor.

- Tu es sûr que…

Au même moment, des cris s'élevèrent. Aussitôt, chacun se mit en position, mais Sian, elle, resta immobile, ses yeux noisette rivés dans ceux de Mihaël. Il n'eut aucun mal à sentir sa détresse alors qu'elle sentait son cœur cesser de battre durant quelques secondes. De là où il était, l'homme n'eut aucun mal à voir la peau de sa protégée pâlir, une étrange lueur dorée disparaissant de ses veines.

- Oh non… Sissi !

Elle n'entendit pas réellement l'appel. Comme dans une autre réalité, elle vit ses lèvres bouger, le son lui arrivant déformé et à contretemps. Titubant légèrement, elle ne se rendit pas compte du moment où elle lâcha son arme, ni de celui où l'échange de coups de feux commença. Fixant un point qu'elle ne voyait pas, elle entendit un long hurlement dans sa tête, un hurlement féminin de désespoir complet. Elle n'eut aucun mal à reconnaître la voix de sa mère et elle pria pour que ses pouvoirs soient suffisamment puissants pour la sauver.

- Sian !

Les voix de Claudia, irréelle, et de Mihaël, lointaine, se mêlèrent dans sa tête alors qu'elle sentait une douleur fulgurante la traverser de part en part au niveau de sa nuque. L'espace d'un instant, sa vision s'obscurcit alors qu'elle n'arrivait plus à respirer, un flot de sang montant dans sa bouche, obstruant l'air qui tentait de passer dans l'orifice de sortie de la balle au niveau de sa gorge. Elle sentit ses jambes se dérober sous elle quand ses poumons brûlèrent par manque d'air. Dans l'obscurité la plus complète, elle tenta de se débattre, sa poitrine se soulevant inégalement, mais elle ne réussit pas à retrouver la lumière.

Mihaël ne put que regarder, impuissant, le corps de sa protégée tressauter sur le brancard alors que les ambulanciers tentaient vainement de stopper l'hémorragie. Autour d'eux, un silence religieux s'était abattu, un silence de mort. Chacun observait le corps de cette jeune femme dans la neige, le sang tâchant lentement son pull blanc, s'écoulant dans la neige immaculée qui formait un linceul… Par peur de la paralyser, personne n'avait souhaité lui ôter on gilet. Mais quand ils avaient compris que la balle avait traversé ses cervicales pour ressortir de l'autre côté, les mains cessèrent de s'affairer et des prières montèrent lentement vers le ciel. Désespéré, le chasseur tenta vainement de l'appeler, mais il ne vit que sa poitrine s'affaisser lourdement alors que ses yeux voilés roulaient dans leurs orbites.

- S'il-te-plait…

Mais elle ne se réveilla pas. Pas plus que la lueur dorée, symbole de ses pouvoirs magiques, ne revint. Sian Stilinski resta là, à même le sol, auréolée d'un sang si clair sur la neige qu'il donnait l'impression d'une auréole. Devant ce tableau, laissant libre court à son chagrin et à sa culpabilité, Mihaël ne put s'empêcher de se dire qu'elle ressemblait à un Ange… un ange déchu.

27 janvier ̴Tokyo

Elle sentit d'abord une série de picotements dans le bout de ses doigts, remontant le long de ses bras, puis, ce fut comme un grand souffle glacé qui s'empara d'elle. Elle sentit ses côtes vibrer alors que ses lèvres s'ouvraient dans l'espoir d'happer de l'air. Sous l'afflux massif d'oxygène, elle sentit sa trachée s'enflammer, provoquant une violente quinte de toux. Tremblante, elle tenta de se redresser, la tête lui tournant désagréablement, avant que son front ne heurte quelque chose de dur et de froid, dont le bruit résonna comme un gong. Il n'en fallut pas plus pour la faire paniquer, le souffle encore court, elle plaqua ses mains sur ses oreilles et se courba vivement en deux, heurtant à nouveau la paroi de ses genoux. La douleur lui vrilla les nerfs mais ce ne fut pas suffisant pour la contraindre à l'immobilité.

- S'il-vous-plait !

Ses cordes vocales tremblèrent et elle grimaça en se cambrant à nouveau pour explorer l'endroit où elle se trouvait. Quand ses doigts rencontrèrent ce qui ressemblait à une porte juste au niveau de sa tête, elle commença à marteler, des larmes perlant à ses yeux. Elle sentait le froid lui engourdir les pieds lentement, alors que son cœur s'emballait, envoyant un afflux massif de sang vers sa tête et à travers son corps.

- Aidez-moi !

Cette fois, sa voix sonna plus claire, ce qui lui donna suffisamment de courage pour accélérer ses coups : elle retrouvait ses forces. Grimaçant légèrement quand un goût métallique envahit sa bouche, elle commença à frapper les murs de la boite où elle se trouvait avec ses genoux et ses pieds, heurtant le plus de surface possible. Les bruits métalliques la rendaient folle, mais elle savait que c'était l'unique moyen d'attirer l'attention…

- Faites-moi sortir !

Sa voix se brisa sur ces derniers mots, alors qu'elle sentait sa peau se déchirer lentement au niveau de ses phalanges et des jointures. Refusant de s'arrêter, elle recommença à frapper de plus belle, sentant lentement le métal se déformer sous ses coups. La panique se faisait de plus en plus présente, mais elle refusait d'abandonner.

- S'il-vous-plait !

Son dernier hurlement sembla porter ses fruits car enfin, elle entendit des pas de l'autre côté de sa cage. Reprenant de plus belle ses coups, elle laissa couler ses larmes alors qu'un gémissement de détresse lui échappait : elle avait besoin d'aide, il fallait qu'on la sorte de là. Quand elle entendit une clé tourner dans la serrure au-dessus de sa tête, elle se calma enfin, posant ses mains à plat sur la surface métallique qui la surplombait, jusqu'à ce qu'un mince rayon de lumière passe par l'ouverture. Et ce fut là qu'elle les vit, ses veines d'or qui flottaient sous sa peau. D'abord, elle ne comprit pas, fronçant les sourcils en fixant ses yeux sur cette magie qui grouillait, puis elle réalisa, alors même que la lumière inondait sa prison et qu'on la tirait en arrière. Ce fut un véritable hurlement qui s'échappa de ses lèvres alors que la terrible réalité la rattrapait.

Quand Mihaël pénétra dans le bureau du Directeur de la Morgue de Tokyo, hors d'haleine d'avoir traversé le parking en quatrième vitesse, il fut accueilli par un visage contrit et mal-à-l'aise. Tout d'abord, l'homme s'inclina respectueusement avant de l'inviter à s'asseoir, mais il était trop impatient pour obéir, laissant son regard parcourir la pièce à la recherche de sa protégée.

- Nous sommes désolés, c'est la première fois qu'une telle chose arrive…

Les nerfs à vif, le chasseur balaya ses excuses du plat de la main, maugréant que ce n'était rien car ils ne pouvaient pas deviner, avant de s'approcher d'une fenêtre donnant sur une autre petite salle. Doucement, il écarta les jalousies avant de se statufier : de l'autre côté, il pouvait voir Sian, le visage et le haut du dos en sang, les bras attachés dans une camisole de force, agenouillée sur le sol, le corps parcouru de spasmes.

- Sissi !

Affolé, il posa la main sur la poignée, mais le directeur le rattrapa, lui offrant un visage désolé et inquiet qui ne fit qu'augmenter sa colère : elle venait de revenir à la vie, pourquoi était-elle attachée de la sorte ?

- Elle est imprévisible, Mihaël-san… C'est un véritable miracle qu'elle soit en vie, mais elle ne semble pas s'en rendre compte… Ce sang, elle s'est automutilée après avoir été extirpée. Nous n'avons pas de calmants dans un tel endroit, la majorité du temps les clients sont… restent… morts.

Le chasseur retint son sourire moqueur à ces mots : évidemment qu'elle n'allait pas accepter le mot « miracle » : si elle était en vie et en possession de ses pouvoirs, ça signifiait que sa mère, dernier Gardien de Californie, était morte. Et c'était lui qui allait devoir gérer la crise et prendre le relai pour la rassurer. Nerveusement, il prit une profonde inspiration avant d'abaisser la poignée de la porte, pénétrant dans la salle adjacente.

En entendant le bruit sec des talons sur le sol, Sian releva la tête et la fit pivoter d'un quart de tour, fixant le nouvel arrivant avec une haine qu'il avait rarement vue. Il ne lui fallut que quelques secondes pour le reconnaître, et quelques autres pour retrouver son calme, le fixant avec désespoir. Prudemment, il s'accroupit face à elle, en appui sur ses talons pour se relever en cas d'attaque, et entreprit d'évaluer son état. Le sang avait séché sur son visage, coagulant au niveau des plaies qu'elle avait faites sur son front. Ses yeux whisky, hagards, se fixèrent sur la silhouette face à elle, avant de s'illuminer brutalement quand enfin, elle le reconnut. Et presque aussitôt, ils s'emplirent de larmes.

- Miha…

L'homme ne perdit pas de temps et se laissa tomber devant elle pour l'enlacer, détachant les lanières de sa camisole pour la libérer. Immédiatement, elle enroula ses bras autour de sa nuque, enfouissant son visage dans son torse alors qu'il soulevait doucement ses cheveux pour dévoiler la marque d'entrée de la balle dans sa nuque. Contrairement à l'orifice de sortie, cet impact était resté, et était désormais strié de trois larges marques d'ongles. Elle avait raclé tellement profondément qu'elles ne disparaîtraient jamais. Son estomac se serra à cette idée, alors il ferma les yeux à son tour en la serrant un peu plus fort contre lui, la laissant pleurer et vider son sac.

- Pourquoi… Pourquoi ils sont revenus ?

- Chaque chose arrive pour une raison, Sissi. Je suis désolé de ne pas avoir pu te protéger de ça…

Elle renifla en se reculant légèrement, se servant de la manche de la camisole pour essuyer son nez et le sang séché qui maculait encore son visage. Dans l'encadrement de la porte du bureau, Mihaël échangea un regard avec le directeur qui les dévisageait avec attention, prêt à intervenir en cas de problème. Mais le problème ne vint pas. Quand elle se redressa, son visage avait changé, s'était fermé, et ses yeux s'étaient assombris, prenant un éclat sauvage et sombre qu'il n'avait encore jamais vu.

- Je vais finir ma formation. Je ne vais pas retourner à l'Institut, mais je vais apprendre à contrôler mes pouvoirs, et je vais finir cette formation de flic. J'apprendrai le métier de Chasseur, et je serai un Gardien à la hauteur de ma mère. Mais pour ça j'ai besoin de toi, Mihaël.

Il frissonna devant l'intensité du regard whisky, mais ne détourna pas le sien. Au contraire, il prit la main de sa protégée dans la sienne et la serra, comme pour sceller une promesse silencieuse. Et ce fut comme si le mur qui s'était construit autour d'elle depuis son réveil s'effondrait, un phénix qui renaît de ses cendres, plus terrifiant et puissant que jamais.

- Ensembles, jusqu'à la fin.


Posté le 19 aout 2016.

Voilà pour ce premier bonus ! Alors qu'en avez-vous pensé ? Avez-vous une idée pour le prochain Bonus ?

Petites précisions :

(1) Stilinski-chan : suffixe féminin utilisés par les Japonais

(2) Gomen : pardon

(3) Nishimura-san : suffixe de politesse

(4) Cedars-Sinai : situé sur Beverly Boulevard à Los Angeles, le Centre médical Cedars-Sinai est la clinique privée la plus importante et la plus réputée de Californie.

(5) Hai : oui.

(6) Ohayo, Misesu : Bonjour, Mademoiselle

(7) Kuzo : merde

(8) Ki o tsukete kudasai : faites attention à vous

Voilà pour les quelques mots de Japonais utilisés dans ce Bonus. J'espère qu'il vous aura plu et vous en aura appris un peu plus sur le passé de Sian.

Sur ce, à la prochaine, et n'hésitez pas à me donner des pistes pour ce que vous aimeriez lire dans le prochain chapitre !

x.x.x Lyana.