Note de l'auteur : Celui-là, il me trottait dans la tête depuis la toute première apparition d'Eileen. Le lien avec Erza (Scarlet, Mage la plus puissante, même le nom : en phonétique [èl – za] et [èl – line]). Même sans l'allusion de Neinhart juste avant le chapitre où on voit Eileen pour la 1ère fois, c'est pas compliqué de deviner. Maintenant reste juste à savoir si elles sont mère et fille, sœurs (à cause des 7 ans passés gelée sur Tenrô on ne sait pas trop) ou autre chose. Bon sang, je veux trooooop savoir ! Mais je penche sérieusement pour l'option : Eileen = Maman, parce que les chapitres précédents c'était tout à propos de Silver Papa de Grey, Igneel Papa de Natsu, Yuri Papa de Makarov, Laila/Ana et Lucy + Brandish et sa maman, bref, que des histoires avec les parents et pour l'heure la seule qui n'y a pas eu droit c'est Erza. Bon, j'arrête là mes âneries – la faute aux antalgiques ça – et on passe à la fiction. :)


Partie I


Perché sur le mat du navire, Neinhart trembla d'effroi devant sa méprise. Comment avait-il pu ne pas reconnaître la femme qui venait de s'écrouler sur le pont, dix mètres plus bas ? Alors même que sa couleur de cheveux et les traits de son visage – sans même parler de sa magie – criaient au monde son lignage ?

Les tremblements étaient également dus à l'excitation. Enfin ! Après toutes ces années de recherche ! Après toute cette solitude qu'elle avait endurée, Dame Eileen touchait enfin au but !

— Oh mon Dieu ! Reste avec nous, Erza !

Les deux Fioriens qu'il avait balayés plus tôt étaient revenus. La femme brune étreignait Erza. L'homme aux cheveux bleus lui adressa un regard enragé. Neinhart pouvait sentir sa magie, décuplée par la colère. Puissant, mais rien à voir avec la Dame qu'il servait. Il vit les cercles magiques apparaître au-dessus de lui alors que sa télépathie fonçait en direction du Nord de Fiore. Un sort de ce calibre ne le tuerait pas mais il ne pouvait se permettre de perdre la liaison avec Dame Eileen. Surtout pas maintenant.

Pour gagner du temps, il ré-invoqua Simon.

Neinhart ?
— Ma Dame !
, s'exclama-t-il en pensée. Je l'ai trouvée ! Elle est là, devant moi !

Son interlocutrice mit un moment à répondre. Quand elle le fit, il pouvait sentir l'exaltation dans sa voix.

J'arrive.

Il sentit vaguement son Historia disparaître. La magie stellaire s'abattit et il encaissa le choc. Dans la fumée qui s'éleva de l'explosion, il se redressa lentement et sourit en sentant la puissance titanesque qui venait de surgir de nulle part.

Sa vision se dégagea et il entrevit la chevelure écarlate éparpillée sur le bois du pont. La brune terminait de nouer un morceau de voile déchiré autour de la taille de la blessée, tentant d'endiguer le flot sanglant qui s'en échappait. Il espéra que Dame Eileen lui pardonnerait.

Son genou cueillit l'épéiste en kimono juste sous le menton et l'expédia à plusieurs mètres de là. Une exclamation échappa au mage des comètes alors qu'il récupérait Erza – Damoiselle Erza – et se téléportait aux côtés de la Dame.

Celle-ci tendit la main et passa son index sur la joue contusionnée de la femme inconsciente.

— Erza... Tu m'as tellement manqué, ma chérie.
— Qui êtes-vous ?, gronda l'homme aux cheveux bleus.

Sans se préoccuper du gêneur, celle qui portait le nom de « Désespoir écarlate » continua d'admirer les traits de la Reine des Fées. Elle fronça les sourcils devant le tissu taché de carmin autour de sa taille.

— Pourquoi est-elle blessée ?
— C'est de ma faute, s'excusa le mage d'Arbalez. Je ne l'ai pas reconnue tout de suite et nous nous sommes affrontés. Elle a annulé mon Historia, ajouta-t-il.

Une lueur de fierté passa dans les yeux de la femme plus âgée.

— Hé !, s'exclama à nouveau Jellal. Qu'est-ce que vous comptez faire à Erza ? Lâchez-là !, commanda-t-il avec rage.

Le prénom de la rousse sembla attirer l'attention de la plus puissante mage d'Arbalez. Elle releva le regard pour croiser celui du Maître de Crime Sorciere.

— Qui est-ce, Neinhart ?, demanda-t-elle.
— Un vieil ami de la Damoiselle, ma Dame, répondit ce dernier.
— Je vois. Laisse-le en vie, dans ce cas.
— Bien.
— Partons, maintenant. Nous n'avons plus rien à faire ici.

Sur ces mots, Eileen se débarrassa de son manteau marqué aux armes des Spriggans Douze et le plaça sur les épaules d'Erza. Ils tournèrent le dos au mage des comètes, prêts à s'en aller. Un éclair doré les contourna et Jellal apparut devant eux, les dents serrées.

— Rendez-moi immédiatement Erza, ordonna-t-il.
— Tu es têtu, garçon. Ôte-toi de mon chemin avant que je ne te détruise.
— Qui êtes-vous ?, l'ignora-t-il. Qu'est-ce que vous voulez à Erza ?
— Rien de mal, si c'est ce qui t'inquiète.
— Je ne vous crois pas. Vous servez Zeref.
— Libre à toi. Maintenant, ami de ma fille ou pas, si tu ne t'écartes pas, tu le regretteras.

Le bleu resta sans voix.

— Votre fille ?, répéta-t-il d'une voix atone.
— Crois-tu que je mente ? J'ai cherché ma chérie pendant plus de quinze ans et maintenant que je l'ai retrouvée, je n'ai aucune intention de la perdre à nouveau.
— C'est ridicule ! Vous êtes une mage d'Arbalez !
— Mais je suis née ici, à Ishgar, comme beaucoup d'autres des Spriggans Douze.
— Vous dîtes que vous la cherchiez ?! Vous étiez en train de détruire Fiore !
— Tu ne connais rien à la vie. Que sais-tu des misères d'une mère à qui l'on a arraché son enfant ?

La douleur dans la voix dans la femme rousse était audible.

— Si je dois m'aliéner la planète entière pour retrouver ma fille, soit. Si je dois détruire un continent entier ou me salir les mains, je m'en fiche. Et si servir un mage noir me permet de réaliser ce dont je rêve depuis si longtemps, alors je le ferai. Peu importe le prix à payer.

Jellal n'eut pas le temps de protester davantage : un coup vicieux le frappa par derrière. Il reconnut le mage qui l'avait jeté à terre : c'était un des leaders de la Tour du Paradis – un de ceux qui les avaient torturés et qu'il avait tué.

L'Historia disparut avec les deux mages d'Arbalez, et il ne put que fixer vainement l'endroit où se trouvait Erza quelques secondes plus tôt.

ooOoo

Elle ouvrit les yeux dans une chambre inconnue, couchée sur un lit confortable. Un éclair douloureux remonta depuis son flanc le long de sa colonne vertébrale, suffisamment puissant pour le faire gémir. Une main douce écarta la mèche qui lui tombait dans les yeux avant de caresser sa joue.

— Chuuut, murmura une voix. Reste couchée, ma chérie. Repose-toi.

Un souvenir flou titilla un coin de sa mémoire mais resta inaccessible. Un parfum inconnu et pourtant familier émanait de la personne assise à côté d'elle. Elle distingua de longues mèches écarlates – de la même exacte nuance que les siennes – alors que son esprit sombrait à nouveau.

A la frontière entre conscience et inconscience, la réminiscence apparut à nouveau – limpide.

Maman ?