Auteur: Maeve Fantaisie (ou Maeve tout court :) ).

Prompt: "C'est bon, pas la peine d'en dire plus."

Couple: Destiel.

Disclaimer: Rien n'est à moi. Enfin, quelques personnages sont à moi, mais c'est tout. :')

Note 1: Chapitre écrit lors du Marathon des Fanfictions, troisième round de l'année. Excusez-moi pour le retard. :')

Note 2: Avec ce bonus, c'est fini. Merci à tous, du fond de mon coeur, de m'avoir accompagnée tout le long de cette aventure.

Je vous dis à bientôt. :)


Cupidon - Chapitre 22 : Bonus

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A l'échelle humaine, le centre commercial devait être impressionnant, et Castiel reconnaissait qu'il n'en avait jamais vu avec des allées aussi longues, même si sa taille restait comparable à celle d'un grain de poussière à l'échelle angélique. Castiel, cependant, était intrigué par la variété de ses lumières artificielles, tous les sons différents que pouvaient émettre les semelles des chaussures en heurtant son parquet, et à quoi pouvait servir tout ce qu'il proposait.

Dean avait eu les yeux rivés sur son visage quand ils étaient entrés, et il avait dit : "Oho."

Il y avait tant de choses à voir, même pour un ange ! Castiel ne savait pas où regarder.

- Dean, Dean, qu'est-ce que c'est?

- C'est un crochet. Pour accrocher les serviettes, les torchons, les clefs...

- Il a une forme de chat, Dean.

- J'ai vu, Cas.

- Dean, Dean ! Et ça, est-ce que c'est un chapeau?

- ...C'est un abat-jour. Tu peux l'enlever de ta tête.

- Dean! Et ça, qu'est-ce que c'est?

- C'est un cadran solaire - je ne sais même pas comment tu as fait pour trouver un truc pareil ici!

Castiel s'était trompé : même ici, avec beaucoup de choses à voir, il savait où regarder. Dean n'était jamais loin, le suivant dans les allées ses mains dans les poches, beaucoup plus détendu qu'il ne l'avait été depuis le début de la semaine. Et à chaque fois que Castiel réussissait à le détendre un peu plus - en le faisant rire avec l'abat-jour sur sa tête, même si Dean s'était efforcé de cacher sa réaction; en allumant ses yeux de curiosité devant le cadran solaire - c'était une petite victoire.

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Il y avait beaucoup de monde, et parfois, au milieu de la foule, Dean accrochait sur lui un regard qu'il lui avait déjà vu : comme si Castiel allait disparaître sous ses yeux et ne plus revenir. Dans ces moments, Dean levait la main droite, comme pour le retenir, ou bien - ou bien Castiel ne savait pas. Il levait la main droite, puis s'immobilisait, son mouvement avorté. Il serrait les dents, baissait le bras, puis regardait résolument ailleurs.

Dans ces moments, l'air autour de lui devenait gris, ses iris s'éteignaient; c'était une réaction que Castiel détestait absolument.

Quand Dean commença à agir ainsi également quand ils étaient seuls tous les deux dans les rayonnages du centre commercial, Castiel s'arrêta et le fixa dans les yeux :

- Dean. Si tu veux me dire quelque chose, tu peux y aller. Je t'écouterai.

Dean avala difficilement, son regard fuyant. Il glissa brusquement dans sa poche la main droite fautive. Castiel aperçut le geste, et poursuivit :

- ...Et si tu veux me toucher, tu peux me demander, aussi.

Dean se pétrifia. Et puis, ses oreilles prirent une teinte qui rappela à Castiel l'aube, ses prunelles écarquillées, son souffle coincé dans sa gorge.

Cela ne dura que trois secondes; son coeur reprit son tambour violent et il croisa les bras sur sa poitrine comme par automatisme, postillonnant d'indignation :

- Pou-pourquoi est-ce que je voudrais-

Dean s'interrompit de lui-même brutalement. Il resta bouche bée, son expression perdue. Et Castiel, simplement, lui sourit légèrement en réponse, triste, triste, son front plissé. Ils avaient changé, tous les deux; ils ne pouvaient pas ignorer ce qu'il s'était passé cette semaine.

Et cette semaine représentait un poids plus lourd pour les épaules de Dean que pour les siennes.

Dean vit sa réaction et tressaillit comme s'il était électrocuté. Castiel s'avança d'un pas vers lui, inquiet, mais Dean l'arrêta d'un geste.

Le chasseur recula un peu. Il inspira, plaqua ses poings contre ses orbites. Et soudain, il rit, une fois, brusque, rauque. Le son n'était pas joyeux, et incompréhensible pour Cas.

- Ok...

Dean redressa la tête, et son regard-

Il semblait avoir pris une décision. Ses iris verts brillaient d'un éclat doré, chauds, fixés, fervents et absolus. Il était particulier, ce regard; Dean le regardait comme quand il avait décidé de combattre sa Destinée lors de l'Apocalypse. Il le regardait comme on choisissait de survivre. Il le regardait comme s'il avait décidé de gagner.

Les yeux de Castiel s'écarquillèrent.

Avant qu'il ne pût réagir, Dean combla la distance les séparant et le poussa légèrement d'une main sur l'épaule; il évitait son regard, mais il souriait :

- Viens... Les costumes sont de ce côté.

Castiel se laissa entraîner; il ferma les paupières, les rouvrit. La main de Dean, sur son épaule, trembla un peu, hésita... avant de frôler son coude, et de venir se resserrer autour de la sienne.

- C'est par-là...

La voix de Dean était sourde. Il ne le regardait toujours pas.

Castiel sourit à son tour, et le suivit.

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Dean examinait un costume pour Sam. Il avait entraîné Castiel par la main jusqu'au rayonnage concerné; des regards s'étaient tournés vers eux, mais Dean semblait s'être efforcé de les ignorer, son menton relevé, ses doigts resserrés un peu plus autour de ceux de l'ange.

Le geste avait fait grandir le feu qui animait Cas; cette petite flamme dont il n'avait remarqué la présence qu'après avoir rencontré Dean et qui continuait de cuire en lui silencieusement en réchauffant tout son être.

Castiel se pencha par-dessus l'épaule droite de Dean, pour étudier lui aussi la veste du costume. Dean se crispa légèrement quand sa joue frôla son oreille, mais il ne se recula pas; après quelques secondes, même, ses épaules se détendirent de nouveau, et il pencha la tête en direction de l'ange comme pour mieux l'écouter :

- Il manque deux centimètres de chaque côté au niveau des épaules, pour Sam.

Dean se tendit de nouveau, mais cette fois-ci, il s'éloigna d'un pas de Castiel. Son absence laissa de l'air froid contre la joue de l'ange et une curieuse impression de vide qu'il n'aima pas. Cette fois-ci, qu'avait-il donc pu dire pour vexer Dean?

- ...Oh...

La voix de Dean était étrangement cassée, et ce dernier dut le remarquer car il se racla la gorge et poursuivit en évitant le regard de Cas, son ton étrange :

- Tu connais la taille de Sam de manière aussi précise?

Il sourit, et Castiel fronça les sourcils en reconnaissant son sourire faux et blessé. En le voyant redresser la tête, Cas devina qu'il allait faire une blague pour camoufler ce qu'il ressentait et l'interrompit :

- Si c'est cela qui te dérange, je connais ta taille aussi, Dean. Je connais même l'agencement exact des cellules qui composent ton corps, vu que c'est moi qui ai-

Dean glapit. Brusque, embarrassé, attirant tous les regards.

Il sauta sur Castiel, plaquant sa main contre sa bouche, frénétique. Jetant des coups d'oeil autour de lui, ses oreilles des phares, il mumura fiévreusement :

- J'ai compris, c'est bon. Pas la peine d'en dire plus.

Quand Castiel se tourna vers Dean pour vérifier s'il disait vrai, les yeux forêt brillaient, chaleureux, et Cas crut y déceler de la joie.

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Au début, Cas ne comptait pas choisir une nouvelle cravate, mais elle avait aimanté son regard et il n'avait plus eu le choix. Elle était douce, son toucher soyeux, et sa couleur forêt représentait pour Castiel un foyer, le feu dans sa poitrine, et tout ce qui était précieux et qu'il devait protéger.

La question ne se posait plus; il la mettrait.

Dean se rapprocha de lui avec une fausse nonchalance, ses mains derrière sa nuque. Il appuya son épaule contre la sienne et prolongea le contact un peu plus longtemps que ce qu'il faisait d'habitude, lui jetant un regard en coin :

- ...Tu veux acheter une nouvelle cravate?

- Oui.

Cas n'arrivait pas à détacher ses yeux de l'objet; la flamme, en lui, s'apaisait, s'épanouissait, son coeur battant.

Dean détourna la tête pour faire croire qu'il ne l'observait plus :

- Je ne t'ai jamais vu avec une cravate verte.

Cas le regarda, et comme les mots débordaient, il les dit :

- Elle a la couleur de tes yeux.

Dean s'immobilisa; pas brutalement, mais comme le temps s'arrête.

Cas l'ignora et reporta son attention sur la cravate :

- Pas exactement, bien entendu. Elle manque de nuances. Et elle ne peut exprimer la chaleur de tes iris...

Dean eut un hoquet. Cas exposa la cravate à la lumière; elle avait des reflets irisés, et cela le fit sourire :

- Mais, elle s'en rapproche bien.

Dean posa sa main sur la cravate, et la saisit sans la lui retirer des mains :

- ...Comment tu fais?

Cas redressa la tête, confus :

- ...Dean?

Dean l'observait, son visage voilé mais ses pupilles battantes. ll y avait de la lumière, dans ces yeux, une bataille d'émotions et un feu que la cravate ne pourrait jamais, jamais reproduire.

- Comment tu peux me dire tout ça, Cas? Aussi facilement? Comment peux-tu parler ainsi de ce que tu ressens sans te soucier des conséquences? ...A moins que tu ne les réalises pas, ces conséquences?

Et Cas comprit. Il comprit, enfin, ce que Dean voulait dire. Il fronça les sourcils et attrapa les doigts de Dean, leurs deux mains resserrées sur la cravate :

- Tu te trompes.

Il accrocha ces yeux, parce que c'était important, important.

Il ne voulait plus jamais les lâcher :

- Les "conséquences", je les connais. Je les attends.

Je t'attends, il voulait dire, et le regard de Dean s'écarquilla, s'ouvrit comme une fenêtre.

C'était pour cette raison qu'il n'avait pas pressé Dean de questions après son retour de chez Terry; pour cette raison qu'il n'était gêné en aucune façon de ne pas posséder la Vision comme les Cupidons ou Gabriel. Pour cette raison qu'il laissait Dean poursuivre son chemin, à son rythme, se contentant de l'accompagner jusqu'à ce qu'il le remarquât à ses côtés.

Castiel ouvrit la bouche, et c'était facile :

- Je t'aime.

Comment pourrais-tu savoir ce que je veux et ce que je ne veux pas, Dean Winchester?

Dean frémit, une vague d'un sentiment inexprimable. Cas sourit à sa réaction, tendre :

- Je le dis, parce que, comment pourrais-tu le savoir si je ne le fais pas, Dean? Comment pourrais-tu savoir que c'est vrai?

Il n'y avait rien de plus simple.

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Dean entraîna Cas par la main jusque dans les vestiaires, les costumes sur ses épaules, la cravate toujours emmêlée autour de leurs doigts.

Arrivés dans l'un des vestiaires, il tira le rideau, et plaqua Cas contre le mur.

- Dean?

Les costumes tombèrent par terre. Les mains de Dean se posèrent sur les joues de Castiel, caressant la peau sous ses yeux, ses oreilles, son nez. Un son monta de la gorge du chasseur, étranglé, douloureux, et il posa sa tête contre sa clavicule; il frémissait de tous ses membres.

- Dean?

Dean le serra contre lui, de toutes ses forces. Il rit. Quelque chose le secoua, et Cas réalisa que c'était un sanglot.

- Dean ?!

- Un "amour sincère"... qu'on dit à voix haute pour le rendre vrai.

Castiel sentait l'affolement battre des ailes dans sa poitrine. Il posa ses mains sur les épaules de Dean, sur son front, sur ses pommettes, essayant de croiser son regard :

- Dean, Dean? Tu ne te sens pas bien, je peux faire quelque chose?

Et Dean rit encore plus. Il ouvrit les paupières, et les sentiments qui animaient ses yeux dans la semi-obscurité du vestiaire, vert espoir sur or décidé, Cas n'avait jamais rien vu de plus beau :

- Je crois que tu nous as tous sauvés, Castiel.

Alors, Dean l'embrassa. Pas violent, mais tendre, pas brusque mais lent. Pas en arrêtant le Temps mais en le ralentissant, laissant des grains de sable de secondes, de minutes, entre les doigts; laissant quelque chose à chérir, laissant quelque chose de durable.

- Dean?

Dean embrassa le coin de sa bouche, comme incapable de le lâcher, et glissa les mains dans ses cheveux, caressa sa nuque. Il appuya son front contre le sien, et son sourire, tandis qu'il fermait les yeux comme pour savourer le moment, cousait du bonheur dans les plis de sa peau :

- ...Hey, Cas...

Et ce fut à ce moment-là - à ce moment-là seulement - que Cas réalisa que c'était vrai, que Dean ne comptait pas fuir.

Il plaqua ses lèvres contre les siennes, sa poitrine un brasier, et Dean rit, rit, et il lapa sa joie, la dessina sur ses joues de ses doigts. Il sourit contre sa bouche, et son coeur d'ange chanta, cette joie le bois de ce qui le consumait.

Euphorique, Dean essayait de parler entre deux baisers. Comme Cas ne supportait pas de rompre le contact, il en profitait pour embrasser sa joue, son front, sa tempe, son menton; il effaçait ses larmes de ses lèvres, laissait derrière des traînées de tendresse et d'amour.

- Demande-moi pourquoi je t'embrasse. Cas, Cas, demande-moi pourquoi je t'embrasse.

- Pourquoi tu m'embrasses, Dean?

Dean croisa son regard, et posa sa main contre sa joue. Cas appuya sa tête contre la paume, sans aucune hésitation, et il l'entendit, l'embardée dans la poitrine de Dean; il le sentit, l'envol de ce qu'il restait de son hésitation.

- Parce que ça déborde. Parce que j'en peux plus. Cas, Cas, je veux rendre tout vrai.

- Tout vrai?

Dean se rapprocha encore et murmura contre ses lèvres :

- Je t'aime.

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Ils ralentirent, s'efforcèrent d'essayer les costumes. Quand Dean le vit avec la cravate verte, il ne tint pas et déposa un baiser sur ses lèvres, les doigts autour du tissu :

- On va y arriver. Sam va s'en sortir.

Castiel fronça les sourcils. Dean les embrassa, en chassa les soucis.

- Tu en es sûr?

- Oui...

Les prunelles de Dean étincelèrent. Il glissa une main sur sa nuque, posa son front contre le sien :

- Parce que tu es avec moi.

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FIN.