Disclaimer : Les personnages et l'univers des 100 ou de Fear the walking dead ne m'appartiennent pas, je ne fais que les emprunter le temps d'une histoire.

Avertissements : Cette histoire peut contenir de la violence et des scènes de sexe, pour public mature uniquement.

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'Qui est ce type ? Je le connais….d'où est-ce que je le connais ?'

Je regarde de nouveau par la lunette de mon fusil. Du haut du toit sur lequel je me trouve, je ne distingue pas les détails de son visage, mais l'attitude de l'homme me rappelle quelque chose. Il court dans ma direction, tentant d'échapper à deux rodeurs particulièrement rapides. Le talkie crépite à mes pieds.

« Regarde-moi ce looser…il aurait mieux fait de dézinguer les deux zombies et on en parle plus… »

La voix d''Anya me parait lointaine, alors que je me concentre sur le visage du 'looser' en question. Encore quelques mètres, et je serai en mesure de le distinguer mieux. Le talkie s'anime une nouvelle fois.

« Bon je le descends, ce naze vas faire foirer toute l'opération s'il continue comme ça. »

Ca y'est, ce visage, ces yeux….je le connais…mais bon sens d'où ? Le sentiment de culpabilité qui m'envahit est inexplicable, mon cerveau se souvient. Moi pas encore. Je cherche désespérément dans ma mémoire alors que j'attrape le talkie, et appuie sur le bouton de transmission.

« Attend.»

Je regarde encore un fois par la lunette, et l'homme lève brièvement les yeux dans ma direction. Il est impossible qu'il m'ait repéré, mais cette fois ci, je le reconnais. J'appuis désespérément sur le bouton du talkie, alors que deux rodeurs supplémentaires s'attaque à l'homme en bas de la rue.

« Tire sur les morts, pas sur le gars ! » Je crie presque en parlant, paniquée à l'idée qu'Anya décide de le tuer néanmoins.

« Bien reçu. » Langage militaire, elle ne comprend pas, mais elle fera ce que je demande, pas de questions. Enfin pas tout de suite…

J'épaule mon fusil, alors que le premier tir de l'autre côté de la rue explose la tête du mort qui allait croquer dans mon bonhomme. Je tire rapidement, deux fois, pour descendre les deux zombies restant encore debout, le quatrième s'étant effondré un peu plus tôt, un couteau encore planté dans le crâne.

L'homme se baisse pour se mettre à l'abri, et scrute les toits, cherchant le, ou les tireurs. Au bout de quelques minutes, il sort prudemment de sa cachette, arrache son couteau du zombie, et commence à courir.

« Je dois arrêter ce type » dis-je au talkie, en posant mon fusil.

« Quoi ? Non, stop Elyza ! On n'est pas là pour décorer les toits je te signale, on a une mission. Le convoi passe avant tout. Tu ne bouges pas de ton poste. »

Et merde. Je reprends mon fusil. Elle a raison, je suis stupide. Mais je regarde courir l'homme dans la rue, et tout mon être me hurle de lui courir après. De ne pas le laisser s'échapper, car sinon, tout est perdu. Mais je reste néanmoins, le convoi doit être protégé, il en va de notre survie, la mienne et celle de notre communauté. Je ne bouge pas, mais j'attrape de nouveau le talkie.

«Tu as une meilleure vue que moi, regarde au moins dans quelle direction il part. » L'agacement est perceptible dans ma voix, tant pis, elle comprendra.

J'entends le crépitement caractéristique qui annonce une transmission, mais rien ne viens. Le talkie est silencieux à nouveau. Je pourrai toujours le suivre après, je fouillerai toute cette putain de ville s'il le faut. Après tout, il n'y a pas tant d'endroit où se cacher à San Francisco…

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Heureusement, on repère le convoi moins de cinq minutes après que j'ai perdue de vue le coureur. A travers la lunette, je repère Bellamy qui guide le véhicule en marchant devant. Je sais que c'est lui à sa démarche, il m'est impossible de distinguer son visage encore, et quand bien même, il porte comme moi une écharpe, un bonnet, et une paire de lunettes de soleil qui le rendent méconnaissable. Il fait encore frais en ce début de printemps, mais le soleil commence doucement à reprendre ses droits.

La horde qui s'agglutine inexorablement derrière eux n'est pas aussi grosse qu'on le craignait, et tant qu'ils ont de l'avance, elle ne pose pas de soucis. Notre job, c'est de garder la rue libre, pour que rien n'entrave leur avancé jusqu'au dock, où ils chargeront les provisions avant de rentrer au bercail.

Ce convoi est d'une lenteur extrême, et même si la rue est franchie en moins de dix minutes, cela semble une heure à mes yeux.

Lorsque le dernier garde disparait de ma vue au coin de la rue, je remballe mon fusil, et je suis en bas de l'immeuble en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Je porte le talkie à mes lèvres.

« Anya, par où il est parti ? »

« Je suis la pauvre nouille. » dit-elle en sortant de la ruelle derrière moi. Je sursaute légèrement en me retournant.

Evidemment, de sa position, elle a perdu de vue le convoi il y a un moment, et ça lui a donné tout le temps de venir me rejoindre.

« Quelle direction ? » je demande à nouveau, ignorant son insulte. Le temps presse, je n'ai pas le temps de jouer avec elle. Anya lève un sourcil d'un air outré.

« Déjà, on dit 's'il te plait'… » Mais elle comprend à mon regard que je ne suis pas d'humeur à plaisanter, tout dans mon attitude respire l'urgence de la situation.

« Vers le stade. » annonce-t-elle finalement.

Et merde. Les gars du stade ne sont pas les plus sympas du monde. Nos communautés coexistent, mais on ne peut pas dire que ce soit de cordiales relations entre nous. Trop de rumeurs sur leur compte.

« Okay Anya, tu rejoins Bellamy, dit lui que je ne rentre pas avec vous. »

« Pardon ? Alors là ma vieille, pas question que tu me largues comme une vieille chaussette. Déjà tu vas m'expliquer à quoi rime ce cirque, et ensuite je te colle aux basques. Vu dans quel état tu te trouves, tu vas te faire bouffer au premier coin de rue. »

Elle a raison, je suis bien trop agitée pour penser clairement, pas assez concentrée. Et puis avoir Anya prés de moi me rassurerais. C'est plaisant de pouvoir compter sur quelqu'un pour sauver ses fesses en cas de coup dur.

J'acquiesce, et part à la recherche de nos vélos. Le moyen le plus rapide et silencieux de se déplacer, dans une ville fantôme bourrée de zombies.

Mon talkie en main, je contacte le convoi en chemin.

« Bellamy tu me reçois ? C'est Elyza.» L'attente me semble durer une éternité.

« Claire et net. »

«Préviens Lincoln et les autres, Anya et moi on ne rentre pas avec vous. On prendra la prochaine navette pour rentrer au bercail. »

« Répète s'il te plait, j'ai cru comprendre que vous ne rentriez pas avec nous…. »

« C'est exactement ce que j'ai dit Bell, on a un truc à faire avec Anya. »

« Elyza, il n'y a pas de navette, pas un seul fichu bateau dans le dock qui peut vous ramener, et tu le sais. »

« Peu importe, on se débrouillera, on attendra la prochaine mission, où tu viendras nous chercher au point de rendez-vous ! » L'agacement reprend de plus belle. Ils ont tous décidés de me mettre des bâtons dans les roues ou quoi ?

Anya attrape son talkie à son tour, et appuie sur le bouton de transmission.

« Bellamy, Miss commandante a décidé de se lancer à la poursuite d'un looser, alors comme je ne peux pas la laisser toute seule, je l'accompagne. »

« Un looser ? »

« Un type, un gars, un bonhomme… » Ajoute Anya.

« Quel type ? »

Je lance un regard noir à Anya, et articule un 'merci' ironique, alors que je reprends la communication.

« J'ai vu Nick. »

« Nick ? Qui c'est ça ? »

J'avais moi-même eu beaucoup de mal à reconnaitre le jeune homme après plus d'un an et demi, mais c'était lui j'en étais certaine. J'éclaire Bellamy.

« Le frère d'Alicia. »

Le silence me répond de l'autre côté du talkie. Quand finalement Bellamy parle à nouveau, la question me fait lever les yeux au ciel.

« Comment est-ce que ce type peut être encore en vie ? » Sérieusement, c'est la seule chose qui lui vient à l'esprit ?

« Peu importe, il a sans doute des infos. Je dois le retrouver. »

«Lincoln vas être furieux. » Ca y'est, il abdique. Je m'expliquerais avec le boss plus tard.

« Il s'en remettra. Fin de transmission, on roule. »

Et je range mon talkie dans mon sac à dos en enfourchant mon vélo. Anya fait de même derrière moi.

« On le rattrapera avant qu'il atteigne le stade. » Affirme-t-elle.

« Je l'espère, sinon c'est la merde, on ne rentrera jamais. »Devoir se faufiler dans l'immense bâtiment sans attirer l'attention, ça ne me plait pas du tout. Il parait que leur chef est un peu mégalo sur les bords, il se fait appeler 'Chancelier'. Franchement, a quoi ça rime tout ça, comme si Lincoln se faisait appeler 'Sire' ou 'Président'. On s'est toujours bien sorti des rencontres avec ses hommes, mais ils savent que nous avons de la ressource. A priori, certains ont été moins chanceux que nous. Si tu n'as rien à leur offrir, tu peux bien crever. Et si les rodeurs ne suffisent pas, ils te filent même un coup de main. Je grince des dents en repensant à ces rumeurs, quand Anya vient se mettre à mon niveau.

« On fait tout ça pour une fille ? » demande mon amie.

La réponse ne vient pas tout de suite, pédalant comme si ma vie en dépendait, slalomant entre les carcasses de voiture, et les morts errants.

« Non. Pas une fille. » Je murmure assez fort pour que Anya m'entende, alors qu'elle suit le rythme a à peine un mètre de moi.

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