Épilogue :

La lumière bleutée de la Lune donnait à la peau de John une couleur irréelle, alors qu'elle dessinait les contours de son corps, comme si la silhouette nue de l'ex-espion, étendu sur le ventre, les côtes régulièrement soulevées par une respiration lente, était irisée par une lueur un peu magique. Sherlock suivait du bout de ses longs doigts les courbes et les angles qu'elle mettait ainsi en valeur, depuis quelques secondes, et rien que ces effleurements suffisaient à faire naître sur cet épiderme parfait des grains de chair de poule. Et comme l'épiderme de John Watson n'était pas tout ce qu'il y avait de parfait chez cet homme et que l'entièreté de son être était globalement irréprochable, le Britannique émit dans son sommeil un son qui mélangeait grognement approbateur et gémissement.

Sherlock cligna des yeux en avisant le sourire qui étirait ses lèvres. Il avait cessé de se demander pourquoi un homme tel que John Watson le trouvait digne de ce qu'il qualifiait de son amour. Il avait appris que remettre cela en question provoquait chez le blond une grande tristesse. Pour Sherlock, avait compris ce dernier. De la tristesse que lui ne puisse pas comprendre ce que son soldat lui trouvait et qui le faisait rester depuis si longtemps à ses côtés.

Il avait cessé de se demander pourquoi John l'aimait et c'était devenu un fait. Duquel il s'étonnait très souvent, ressentant une joie assez incroyable, presque douloureuse, quand il pensait qu'il avait le blond auprès de lui depuis trois ans déjà sans que, jamais, il n'ait été question qu'ils se séparent même quelques semaines. Mais un fait immuable, qui le rendait la cible des sourires éclatants et fiers du blond – car si ses rictus ironiques et sarcastiques étaient toujours présents, John ne lui adressait jamais que ses sourires heureux, dont le nombre avait crû de façon exponentielle depuis qu'ils s'étaient retrouvés, deux ans après la guerre. Cible de son admiration, aussi. Cible de son autorité quand John décidait qu'il ne se comportait pas tel qu'un être humain sensible était censé le faire, que ce soit envers lui ou un tiers.

Ce soir était un de ces moments où, après une étreinte et des baisers qui les avaient laissés épuisés et amoureux et endormis pendant quelques minutes – John plus longtemps que lui, visiblement -, Sherlock se répétait une fois encore combien il avait de la chance d'être tombé sur cet homme au milieu d'un conflit dont il n'avait même pas su combien il était abject au moment où il l'avait vécu.

En papillonnant des yeux pour tenter de voir net – un voile trouble et inexplicable s'était posé sur ses yeux, pendant quelques instants – il se leva pour se rendre à la fenêtre. En contrebas s'étendait la cour de la ferme-auberge dans laquelle ils étaient logés, dans la banlieue de la capitale belge. Une des nombreuses bâtisses agricoles qui les avaient accueillis ces trois dernières années, pour quelques jours ou quelques semaines, selon, et dans lesquelles ils – John – avaient apporté leur main d'œuvre en échange du gîte et du couvert. Lorsqu'ils étaient restés dans de simples auberges, le blond avait fait la plonge et Sherlock joué du violon s'il y en avait un dans l'établissement, de l'harmonica sinon, dans la salle de restauration pour les clients.

Ils avaient parfois dû passer la nuit dehors, aussi, quand la chance n'avait pas mis d'habitant serviable sur leur chemin, qu'ils n'avaient vraiment plus d'argent et que les aubergistes du coins n'acceptaient pas les menus services pour paiement. Ça n'avait pas été si désagréable que ça quand c'était arrivé dans des régions méditerranéennes. Lorsqu'ils avaient dû dormir sur les pavés d'Amsterdam en février 1950, cependant, ils avaient tous les deux cru qu'ils ne verraient pas le jour arriver – ils avaient tant aimé cette ville, malgré cela, les bâtiments splendides, l'atmosphère libérée et joyeuse qui y régnait, les lumières rouges qui les avaient menés à des mystères dont ils ne soupçonnaient pas l'existence.

Sherlock ouvrit la fenêtre. Bruxelles, comme une amante endormie par une chaude nuit d'un été indien qui tirait sur sa fin, caressa sa peau de son souffle et Sherlock essaya d'entendre les secrets qu'elle lui murmurait. Tout était silencieux, cependant. C'était agréable. Il lui semblait que cela résonnait avec ce qu'il était parvenu à devenir, enfin. Il jeta un coup d'œil derrière lui à la forme du blond qui remuait légèrement sur le lit. Toujours éteint, cependant, vit le brun avec une satisfaction vaguement coupable. Le paysan qui les laissait occuper cette chambre en fermant les yeux sur ce qu'il ne pouvait que deviner de leur relation avait glissé une cigarette au brun, plus tôt dans la soirée, quand il l'avait vu regarder son tabac avec des yeux brillants. Sherlock observa avec révérence le tube qu'il tenait entre le pouce et l'index, puis l'alluma en inspirant immédiatement une profonde goulée. Il toussa quand la fumée âcre du tabac brun s'engouffra dans sa trachée. Le violoniste s'était habitué au tabac blond des Américains, pendant ces deux petites années qui avaient séparé le retour de Lestrade de celui de John et ce dernier avait veillé au grain, par la suite, pour qu'il n'ait accès à aucun moment à la moindre substance potentiellement addictive – Sherlock soupçonnait Lestrade d'avoir évoqué la question de la morphine avec le Britannique.

Il observa longuement ce dernier en fumant lentement, tourné vers l'intérieur, et se tordant le cou chaque fois qu'il devait souffler par la fenêtre. John avait tout abandonné pour le retrouver. Son pays – le vrai – sa famille… la moindre notion de stabilité, alors qu'ils avaient erré de façon relativement aléatoire de ville en ville, au gré des envies irrépressibles de Sherlock qui n'avait pas réussi à tenir plus de trois semaines de suite au même endroit. Il lui avait plusieurs fois semblé que John, lui, aurait voulu prolonger certains de leurs séjours, quand leur chambre était chaude et leur gamelle plus remplie que ce que leur étape suivante, la rue peut-être, aurait à leur offrir.

Le regard brillant du brun coulait le long du corps de John, plus maigre et plus musculeux qu'avant, à la peau qu'il savait tannée par le Soleil impitoyable de leurs longues marches, quand l'auto-stop n'avait pas fonctionné aussi bien qu'ils l'auraient voulu. Et malgré les privations, malgré les caprices de Sherlock, malgré la course incessante contre il-ne-savait-quoi, jamais le blond n'avait émis l'idée qu'il en avait assez de tout ça. De lui. De leur vie de cavale, eux qui n'avaient aucune raison de fuir quoi que ce soit.

Mais Sherlock ne fuyait pas. Il ne fuyait rien. Il vivait. Il découvrait. Il avait découvert, après avoir visité sa Palerme natale, suite à leur rencontre avec Anthea, qu'il n'appartenait à aucune endroit en particulier, à aucun lieu, aucune ville. Mais que toutes celles par lesquelles il était passé étaient à présent les siennes, à lui. Même Londres, qu'ils avaient longuement visitée en 1949 – il y avait rencontré Alan Turing, alors, et l'avait presque convaincu d'enseigner au département de mathématiques de Nancy, particulièrement à la pointe en cybernétique. Il en avait parcouru les rues dont il avait appris le plan par cœur à l'époque où il vivait à Nancy et se faisait encore passer pour un britannique.

Il ne fuyait pas, quand il cherchait à découvrir toutes ces autres villes. Au contraire. Il courait à sa propre rencontre, il courait après ce qu'il aurait pu être si. S'il n'était pas né en Sicile, si son père ne l'avait pas contraint à vivre en ce hors-la-loi qu'il n'était pas, sous un faux nom et une fausse vie, en France. Si la guerre n'était pas arrivée. S'il avait eu la possibilité de se forger une identité stable et pas totalement dissociée. S'il avait été libre d'être lui. Il lui semblait, à chaque nouveau pays et ville d'Europe visité, qu'il se réconciliait avec ce qu'il était aujourd'hui, ce qu'il avait été par le passé, ses passés, quels qu'ils aient été, et ce qu'il pourrait être, peut-être, plus tard.

Mais John n'avait pas besoin de courir après lui-même. Le blond avait su très tôt ce qu'il allait être : un agent double pour les Britanniques ; un mari pour une épouse ; un soldat pour une cause en laquelle il ne croyait pas, pour une autre cause en laquelle il croyait. Et pourtant, il le suivait. Alors, peut-être, le blond avait-il également décidé d'être quelque chose pour lui.

Sherlock inspira profondément la dernière bouffée qu'il pouvait tirer de son poison, la garda longuement dans ses poumons avant de la souffler par la bouche avec lenteur. Il songea avec étonnement qu'il n'avait véritablement plus besoin de tabac, maintenant que l'homme qu'il avait incarné dans chacune de ses cigarettes, par le passé, était à ses côtés d'une façon qu'il osait penser définitive. Maintenant que l'homme en question ne se mariait plus à cette odeur. Ses yeux perçants étaient toujours posés sur le corps endormi de John alors qu'il ressassait ces pensées, toutes ces pensées qui l'avaient envahi à la vue de son espion dans la nuit Bruxelloise.

Quand il rampa sur le matelas pour prendre le blond dans ses bras en recouvrant son dos de son propre long corps maigre, son amant grogna et le gratifia d'un « Tu pues » rauque et bas. John frissonna pourtant, odeur incommodante ou non, quand les baisers de Sherlock s'échouèrent très délibérément sur sa nuque, juste à la lisière de ses cheveux, où la peau fine était particulièrement sensible. Il gémit sous les caresses des doigts du brun au creux sa taille, au creux de son dos, au creux de ses cuisses. Sherlock n'eut besoin que d'une légère pression de l'index pour sentir qu'il ne s'était pas refermé de leur étreinte précédente, et John gémit plus fort, et son nom cette fois, quand Sherlock le pénétra un peu plus brutalement que ce que la situation l'exigeait.

Le blond grondait, pourtant, sons de gorge qui signifiaient continues, encore, plus fort, et Sherlock se fit un plaisir de lui obéir. Car John Watson, qu'il l'ait en lui ou qu'il le prenne, ne perdait jamais la direction des opérations. Et Sherlock lui laissait volontiers la barre, sans même se poser la question, puisque John le laissait en charge du reste de leur vie.

Sherlock jouit avant le blond, et quand il amena une main au membre gorgé de son amant après avoir basculé avec lui sur le flanc, ce dernier se saisit de son poignet, court-circuitant son mouvement, et l'amena à ses lèvres pour embrasser sa paume, longuement. Le violoniste le laissa faire et ne chercha pas à se dégager quand le blond entremêla finalement leurs doigts, à quelques centimètres de son visage. John aimait parfois le garder en lui, simplement, ce qu'il ne supportait que s'il ne venait pas lui-même d'avoir un orgasme. C'était une chose que Sherlock avait appris à son retour : John Watson avait besoin d'espace physique entre lui et le reste du monde pendant quelques minutes, quand il venait de jouir, à présent. Or, parfois, John préférait garder Sherlock contre lui, simplement contre lui, prêt alors à sacrifier sa propre jouissance pour un plaisir plus diffus et plus profond, quelque part, puisqu'il ressemblait au bonheur. Du moins était-ce ainsi que l'interprétait le brun, au regard de son propre ressenti et de sa force.

En cet instant, il se sentait incroyablement chanceux d'avoir John avec lui, contre lui, autour de lui. Il voulait le lui faire comprendre à renfort de baisers dans le cou et sur le trapèze. Mais, ce soir, il avait décidé de le lui dire autrement, aussi.

« John ?

- Oui ?

- J'ai envie d'une maison. D'une maison dans laquelle on habiterait tous les deux. À nous. »

Il sentit la respiration du blond se bloquer quelques secondes. Puis :

« En France ? À Nancy ?

- Non. Je… non. Ailleurs. »

John remua, se retourna pour lui faire face. Il immisça ses bras de part et d'autre du corps du brun et le serra longuement contre lui en embrassant ses lèvres avec ferveur.

« Où tu veux, Sherlock. Absolument partout où tu veux. »

Le brun papillonna à nouveau des paupières. Il aurait aimé détourner le visage, mais John le tenait étroitement dans son étreinte pour déposer des baiser à répétition sur ses lèvres et balaya d'une main sa joue avant d'embrasser la marque humide et salée de son sourire.

Sherlock aurait voulu lui dire qu'il était désolé de l'avoir traîné comme ça aux quatre coins de l'Europe. Il savait pertinemment qu'il recevrait une pichenette sur le nez s'il osait prononcer le mot pardon dans cette situation. Ce qui l'arrangeait particulièrement, parce que s'excuser n'était pas exactement dans ses attributions.

Alors il ne dit rien, sourit vraiment très fort, parce qu'il y avait de quoi, et laissa John l'aimer, cette fois, car le blond en avait visiblement envie et que Sherlock ne se souvenait pas d'une fois où lui-même aurait voulu dire non.

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Deux mois plus tard, Gregory Lestrade eut la surprise et le plaisir de voir sonner à sa porte deux individus desquels il n'avait eu des nouvelles que très sporadiques au cours des trois dernières années et, surtout, aucune adresse à laquelle envoyer une réponse. Dans une émotion assez confuse, Mrs Hudson, Katherina et Lucie qui avait à présent cinq ans, et peu voire pas de souvenirs d'eux, mais qui portait une écharpe bleue particulièrement usée autour du cou, embrassèrent les nouveaux venus et leur demandèrent pour combien de temps ils comptaient rester sur San Francisco. John, assis aux côtés de Sherlock dans le canapé du salon des Lestrade, recouvrit de sa main celle de son amant que ce dernier avait négligemment posée sur sa cuisse, et lui envoya un regard brillant quand la voix grave du plus jeune déclara :

« Nous avons trouvé un appartement à louer à Macondray Lane, à deux rues d'ici, grâce aux quelques économies que j'avais laissées à Nancy et à celles de John en Angleterre. »

Ce qui était une réponse très appropriée, puisqu'ils n'envisageaient absolument pas de partir. Sherlock s'épanouirait parfaitement dans cette grande ville au dessin des rues si compliqué, y trouverait son lot de mystères à éclaircir. Quant à John il pourrait être médecin, ou écrivain, ou les deux. Sherlock imaginait qu'il pourrait l'aider dans ses enquêtes – avec Lestrade dans la police locale, il était certain qu'il trouverait des affaires d'un intérêt relativement correct à se fournir. Il se souvint de la seule fois où il avait eu cette idée, celle de John comme assistant dans son activité de détective consultant. Le blond était alors toujours son soldat allemand blond. C'était en juin 1941, et la fin de la guerre qui se profilait forcément signifiait alors très clairement la fin de ce qu'ils étaient ensemble. Dans une autre vie – une énième à ranger aux côtés de la Sicilienne, de la Nancéienne, et de tout ce qui ressemblait à des parenthèses qui constituaient pourtant ce qu'il était aujourd'hui. Il sourit en songeant que cette fois, faire cette proposition au blond ne serait pas illusoire et vain : rien n'avait plus le pouvoir de les séparer, que ce soit une guerre ou sa résolution.

Alors, oublieux de la conversation comme il savait parfaitement l'être puisque celle-ci était sans intérêt, il porta la main de John à son visage, l'embrassa avec beaucoup de dévotion et la fit glisser plusieurs fois contre ses lèvres pour le simple plaisir de leur contact avec les doigts calleux du médecin. Et quand ce dernier lui lança un regard interrogateur puis complice, Sherlock lui sourit en retour.

Par la fenêtre, le Soleil posait ses rayons d'un automne plus clément qu'en Europe sur la végétation qui envahissait gracieusement les escaliers menant d'une rue à une autre, dans cette ville à l'architecture aussi unique que libre. Comme nous, songea Sherlock et, au milieu de sa famille britannique, allemande et peut-être un peu française, aussi, dans cette nouvelle ville qu'il habitait avec son soldat britannique, il n'imagina pas qu'il eût pu se sentir plus heureux ailleurs.

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Fin


Argh. Écrire le mot "Fin" T-T

Bien, je vais commencer par les mercis. Encore et toujours. De façon très précise pour les reviews sur le dernier chapitre : Nekonya-Myu, Electre1964, Clelia Kerlais, isshehappy, Louisa74, Mana2702, Mimi Kitsune, odea nightingale.

Merci à Elie Bluebell pour ta bêta lecture, pour ces 197 pages relues et corrigées avec tant d'enthousiasme, et pour ton soutien au fur et à mesure de cette écriture, et pour les remarques judicieuses que tu as faites sur mes erreurs historiques, géographiques, scénaristiques.

Et puis merci à tous ceux qui sont arrivés jusqu'à ces lignes après avoir lues toutes les autres. J'ai pas trop envie de m'étaler ici, mais cette histoire a été écrite puis publiée dans un contexte très particulier, à un moment de ma vie qui a beaucoup de signification, en très positif comme en beaucoup moins, et mettre le mot "FIN" dessus aujourd'hui est à la fois un soulagement et une très grande tristesse. Alors comme elle est très importante pour moi, d'autant plus merci de l'avoir suivie, reviewée et/ou favoritée.

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Quelques infos et éclaircissements :

Vous êtes plusieurs à avoir demandé si John et Sherlock allaient finir à Londres. A la base, c'est ce qui était prévu. D'ailleurs, un chapitre qui finit sur "Sherlock rêva que le blond et lui vivaient à Londres et que la guerre n'existait pas" a été écrit dans l'idée d'en faire un genre de prémonition. Sauf que.

Sauf que, dans la suite du réalisme de cette histoire, les envoyer dans un pays aux lois homophobe, le même qui a castré chimiquement Alan Turing pour son homosexualité, ainsi que d'autres, c'était juste pas possible. J'ai pas pu. Je voulais un pays anglophone, pour la cohérence avec le reste (je ne voyais pas une autre langue que l'anglais pour rassembler Sherlock et John, surtout pas ni l'allemand, ni le français, ni l'Italien). Et c'est SomeCoolName qui m'a donné l'idée de San Francisco, et plus précisément de Macondrey Lane, qui est l'allée qui a inspirée Barbary Lane dans les Chroniques de San Francisco, d'Armistead Maupin. Alors merci à elle aussi, qui a trouvé l'endroit où John et Sherlock pourront vivre leur vie et vieillir en paix.

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Pourquoi avoir parlé d'Alan Turing dans cet épilogue ? Pas pour faire un crossover cumberbatchesque (défi : répéter ce mots 10 fois de suite), comme me l'a fait remarquer après coup Elie ;) Mais parce que son biographe, Andrew Hodge, rapporte que Turing aurait hésité en 1948 a postulé en tant que professeur à l'université de Nancy qui possédait alors une excellente école de mathématiques. Un autre mathématicien qu'il a croisé dans sa vie, Wiener, y a travaillé plusieurs années et lui avait vanté tant la ville en soi que les hommes avec qui il aurait pu travailler. Et on peut se demander, si Turing était allé au bout de cette idée, à quoi ressemblerait le visage de l'informatique aujourd'hui : Alan Turing n'aurait certainement pas subi la castration chimique qui n'avait pas court en France, et aurait eu quelques années de plus devant lui pour continuer ses recherches...

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J'ai aussi envie de dire deux mots de l'hôtel d'Angleterre et de l'hôtel Thiers, qui ont accueilli beaucoup de scènes de cette histoire.

L'hôtel d'Angleterre donnait sur la place Thiers. Il s'élevait juste à côté de la porte Stanislas. Aujourd'hui, une partie en a été détruite et le sol est devenu la terrasse du café l'Ambassy. Je n'ai aucune idée de ce qui s'est passé entre le d'Angleterre et l'Ambassy, je n'ai pas trouvé d'archives entre les deux, sur internet. Le café l'Ambassadeur qui aurait été ouvert à la suite de l'Angleterre, une fois qu'il a été retiré à Monsieur Edouard, est le pur fruit de mon imagination.

L'hôtel Thiers a lui aussi été détruit. Dans les années 1970, la frénésie immobilière a pris les grands de Nancy, et de magnifiques bâtiments classiques et arts nouveaux ont été détruit pour faire des grandes tours moches à la place. L'hôtel Thiers n'a pas été épargné.

L'idée que je ne pourrai jamais visiter ces deux lieux qui ont tant d'importance dans cette histoire me rend très triste.

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Je suis certaine qu'il y a d'autres choses que j'aurais voulu vous dire sur cette histoire, Histoire et lieux visités par John et Sherlock, mais je ne sais plus. Alors je vais vous quitter là dessus, sur un dernier merci, et une grosse dose d'amour à vous partager équitablement. Et un peu de tristesse à fermer la page de ce livre.

Des bisous et des câlins à tous !

Nauss