Business & Co.

Résumé : Dean est enfermé dans sa routine sans surprise, entre un travail prenant et un frère amoureux, une rencontre va lui apporter ce qui lui manquait. UA Destiel / Sabriel.

Disclaim : les personnages de Supernatural ne m'appartiennent pas.

Bonjour à toutes. Voici une nouvelle histoire (je me dis toujours de ne pas poster tant que je n'ai pas fini d'écrire mais je n'y arrive pas). Cette fois-ci, je ne m'imposerais pas de publier une fois par semaine, ça sera fait de façon aléatoire et quand les chapitres me satisferont (il y en a déjà quelques-uns d'écrit). Petite nouveauté pour moi, un Sabriel qui accompagnera le Destiel (je me lance!). Je vous laisse lire en espérant que ça vous plaise.


Chapitre 1

Les élèves de la section économique suivaient leur professeur dans le grand hall. Des centaines de personnes en costume et tailleur allaient et venaient à cette heure matinale. Le soleil encore doux entrait par les grandes baies vitrées surplombant l'entrée pour baigner le hall de ses rayons et de sa chaleur. Un brouhaha ininterrompu berçait l'ambiance. Le professeur, accompagné d'un professeur suppléant, se retourna vers ses élèves pour leur faire quelques recommandations de dernières minutes puis il se dirigea vers la jeune femme à l'accueil qui le reçu avec un grand sourire.

- Bonjour.

- Bonjour, que puis-je faire pour vous monsieur ?

- Castiel Novak, j'accompagne un groupe d'étudiant, nous sommes attendus par Madame Mills.

La standardiste lui sourit et consulta son registre informatisé de la journée pour les personnes attendues.

- Je vais la contacter. Elle prit son téléphone et composa le numéro direct de la responsable communication. Madame Mills, Monsieur Novak et ses élèves sont arrivés.

Elle ne lâchait pas le professeur des yeux durant sa conversation, son sourire était devenu plus charmeur qu'à son accueil.

- Madame Mills vient vous retrouver. En attendant je vais vous créer des passes visiteurs, lui expliqua-t-elle tandis qu'elle pianotait sur son clavier.

- Je vous remercie.

- Si vous avez besoin de quoi que ce soit, faites-moi signe. Je m'appelle Sarah.

- Merci, lui répondit-il avec un sourire poli, gêné de l'intérêt qu'il lisait dans ses yeux.

Le professeur garda un sourire poli en attendant les cartes visiteur et en surveillant ses élèves d'un œil. Elle lui tendit une série de cartes après lui avoir demandé le nombre d'élèves et le nom de leur école. Il les rejoint au centre du hall pour leur distribuer les cartes blanches ornées d'un V rouge en attendant Madame Mills. Il avait eu de la chance, il avait fait des demandes à plusieurs sociétés cotées à Wall Street pour qu'elles accueillent ses étudiants sur une journée et leur faire découvrir l'ambiance d'une grande entreprise. Une seule avait répondu, Winchester Corporation. La responsable communication avait pris contact avec lui après en avoir parlé avec le président qui avait accepté d'ouvrir les portes de l'entreprise familiale. Une femme d'une quarantaine d'année s'approchait d'eux au moment où il finissait la distribution.

- Professeur Novak. Bonjour, Madame Mills. Ravie de vous recevoir.

- Bonjour, heureux de vous rencontrer. Je vous remercie encore pour votre réponse positive, en lui donnant une poignée de main sincère. Je vous présente le professeur Anna Roy. Elles se saluèrent avant que malade Mills reprenne.

- Je suis heureuse d'avoir pu répondre favorablement mais c'est notre directeur Monsieur Winchester que vous devez remercier.

- Ce sera avec plaisir si je le croise.

- Il était intéressait par l'idée d'accueillir des étudiants. Je pense que s'il le peut, il vous rencontrera. Puis-je m'adresser à vos élèves ?

- Bien entendu. S'il vous plait, un peu de silence, en se retournant vers le groupe, Voici Madame Mills, responsable de la communication de la société Winchester Corporation.

- Bonjour à tous. Jeunes gens, au nom de notre directeur, nous sommes heureux de vous accueillir pour une journée de découverte. Pour que tout se passe bien, je vous demanderai de garder vos badges visiteur bien en vue et de ne pas vous disperser. Je vous accompagnerai toute la journée pour vous présenter les différents services et intervenants que vous pourrez rencontrer et répondre à vos questions. Maintenant suivez-moi.

Madame Mills leur fit signe de la suivre, ils passèrent par les portiques de sécurité sous l'œil des vigils. Elle appela deux ascenseurs avec son badge prioritaire, les professeurs se partageant entre les deux groupes et ils s'élevèrent dans les étages. Ils s'arrêtèrent au dixième et se regroupèrent dans un silence relatif. Leurs professeurs leur faisant signe de se taire. La responsable communication se plaça devant deux portes qui faisaient face aux ascenseurs, pour leur donner quelques explications.

- Notre société a pour but en partie de racheter les entreprises en faillite pour y réinjecter des capitaux, les revendre ou les démanteler. A cet étage, les employés sont chargés de contacter l'administration judiciaire pour avoir des détails sur leur passif financier.

Une main se leva. Madame Mills fit signe à l'étudiante de prendre la parole.

- Est-ce que les entreprises peuvent être contactées directement par vos employés ?

- Non. Une fois que ces entreprises sont déclarées en faillite, elles passent en justice. Et c'est seulement l'administration judiciaire avec qui nous avons contact. Nous allons maintenant traverser cette salle d'acquisition. Je vous demande de garder le silence quand nous entrerons.

Elle se retourna et poussa la double porte qui s'ouvrit sur une quarantaine de personnes à des bureaux et affairées au téléphone. Ils passèrent d'un couloir aseptisé à une salle en pleine effervescence, ouverte sur l'extérieur et les buildings du centre-ville grâce à un mur de vitres. Les bureaux étaient alignés les uns à la suite des autres en une double ligne, des open-space tous identiques, où seuls quelques éléments personnels pouvaient les différencier, et qui donnaient une impression de vrombissement constant quand on travaillait la journée dans cette ambiance. Les élèves et leurs professeurs observaient tous autour d'eux, on avait l'impression de pénétrer dans une ruche en pleine activité. Ils traversèrent une partie de la salle jusqu'à ce que Madame Mills s'arrête auprès d'un employé.

- Voici monsieur Tran. Un de nos meilleurs employés. Kevin, voici les professeurs Novak et Roy, et leurs élèves. Ils passent la journée ici pour découvrir le monde de l'entreprise.

- Bonjour à tous, dit-il en serrant la main des professeurs et en faisant un signe de tête aux élèves.

- Pouvons-nous vous voir effectuer une recherche pour une entreprise ?, lui demanda-t-elle.

Il acquiesça, se rassit à son bureau, afficha sur son écran la liste des sociétés disponibles. Il en choisi une et effectua une recherche sur ses activités et sa situation financière, tout en expliquant sa démarche aux élèves qui l'entouraient. Puis il téléphona à l'administration judiciaire pour mettre une option sur la vente. Tandis qu'il parlait au téléphone madame Mills leur expliqua le déroulement de ces différentes étapes.

Une fois la démonstration terminée, madame Mills remercia l'employé et les entraina à sa suite pour sortir.

- Nous allons prendre la direction du treizième étage, consacré à la mise en contact des entreprises en difficultés et de potentiels repreneurs. Une main se leva à nouveau.

Les professeurs se regardèrent, ils ne s'attendaient pas à ce que leurs élèves soient aussi intéressés par cette sortie.

- En quoi est-ce intéressant pour vous ?, demanda un nouvel élève.

- Nous sommes commandités par ces possibles acquéreurs pour trouver des entreprises qui peuvent les intéresser, correspondant à un cahier des charges et pour cela ils nous versent une commission.

Sur ces explications, elle appela à nouveau deux ascenseurs pour rejoindre le treizième étage. Ils arrivèrent dans un espace comparable à celui qu'ils venaient de quitter, une zone neutre, d'attente avant d'entrer dans un service. Deux portes leur faisaient face, Madame Mills les poussa et ils pénétrèrent dans un couloir longé de plusieurs bureaux spacieux de chaque côté. Ils avancèrent dans un silence religieux, l'ambiance poussait au respect, on sentait que derrière ces portes fermées se jouait le futur de plusieurs entreprises, de leur directeur et de leurs employés. Ils étaient parvenus au milieu du couloir quand une porte dans leur dos s'ouvrit et des voix s'élevèrent. Six hommes en costume cravate sortaient, deux d'entre eux se serraient la main avec un air soulagé et un autre congratulait l'homme qui se tenait dos au groupe d'élèves. Ceux-ci se retournèrent pour observer les hommes d'affaires.

- Ah ! On a peut-être une chance, chuchota madame Mills pour elle et le professeur.

Elle avança vers le groupe d'homme en se tenant en retrait, attendant la fin de leur conversation puis se racla la gorge.

- Monsieur Winchester ? L'homme qui se tenait toujours de dos, pivota légèrement la tête pour confirmer l'identité de la personne qui s'adressait à lui. Auriez-vous une minute à me consacrer ? Il s'excusa auprès des autres et se tourna vers la responsable communication.

- Toujours pour vous, Jodie, en lui souriant.

Il avait une voix grave, un comportement qui imposait le respect et un sourire charmeur. Il s'arrêta à sa hauteur, ses yeux rivés sur elle, il n'avait pas encore regardé dans la direction du groupe d'étudiants. Madame Mills se tourna vers leur groupe et l'homme en fit de même, en la suivant. Le professeur qui observait la scène entendit des murmures derrière lui, ses étudiantes avaient l'air de trouver l'homme d'affaire tout à fait à leur gout. Une démarche assurée, un regard franc et direct, un corps de sportif et un visage de top model, le tout agrémenté d'un costume qui devait valoir sa paye mensuel, au moins. Voilà comment il fit la connaissance de Dean Winchester. Cet homme était né avec une chance insolente et une cuillère en argent dans la bouche. Les professeurs firent signe à leurs élèves de se taire.

- Monsieur Winchester, voici le professeur Novak, Roy et leurs élèves.

Le professeur tendit la main pour le saluer et le président en fit de même, il adressa un signe de tête à l'autre professeur qui se tenait plus loin.

- Professeur Novak, bienvenu dans notre société. Il fit signe aux élèves qui le saluèrent d'un signe de tête et reposa son regard sur lui. Le professeur agrippa le sien.

- Ils sont ici pour la journée et découvrir les différents services, expliqua Madame Mills.

- Oui, je me souviens Jodie. Il se retourna vers elle pour lui répondre, heureux d'avoir une excuse pour briser leur contact visuel. En l'espace d'une seconde, il avait l'impression d'avoir été analysé. Je suis heureux de pouvoir vous faire profiter d'une porte ouverte, dit-il au professeur en se retournant vers lui. Il est important que les étudiants se confrontent au monde du travail. Son sourire moins franc qu'au début restait courtois.

- Oui, je suis tout à fait d'accord et je vous remercie de leur donner cette chance.

- C'est un plaisir, il se surprit d'avoir plongé de nouveau dans ces yeux. Je m'excuse mais on m'attend. Je vous confie à Madame Mills, j'ai toute confiance en elle, en posant sa main sur l'épaule de la responsable communication.

- Merci, encore.

Monsieur Winchester les salua rapidement et rattrapa le groupe d'hommes d'affaire qui s'éloignait. Il se retourna et fit signe à Madame Mills qu'il voulait lui parler, il lui donna quelques instructions en aparté et repris sa direction initiale. Elle les rejoignit et ils reprirent leur découverte de la société. A midi, elle les conduisit à la cafétéria en leur donnant rendez-vous à quatorze heures là où elle les laissait. Leurs professeurs reprirent les commandes, leur donnant quelques instructions, ne pas se faire remarquer, ne pas manquer de respect et être prêt à l'heure dite, puis ils les laissèrent partir déjeuner. Le professeur Roy suivi un petit groupe d'élèves pour les garder à l'œil et laissa son collègue.

Le professeur Novak entra à la suite et jeta un regard circulaire à la salle. Une salle de réfectoire comme au lycée, un peu plus stylisé tout de même, des hommes et des femmes en costume et tailleur, plus ou moins cher selon le poste qu'ils devaient occuper. Il se mit dans la file pour se servir, en réprimandant au passage quelques élèves qui riaient un peu trop fort. Il continuait d'observait la salle pendant qu'il faisait la queue, un homme de dos était baissé pour parler à un homme attablé, il se redressa et continua son chemin. Il découvrit à ce moment le président de la société, Monsieur Winchester, prenant son repas à la cafétéria. Son regard resta fixé sur lui, étonné de leur voir assis au milieu de ses employés, il pensait qu'il serait plutôt pris par des déjeuners d'affaire dans des restaurants luxueux. Quand le directeur lâcha des yeux son interlocuteur qui était en train de s'éloigner, celui-ci tourna la tête et il rencontra son regard. Le professeur se trouva gêné de se faire prendre sur le fait, lui fit un sourire crispé et le président lui répondit d'un hochement de tête. Il tourna rapidement la tête et se focalisa sur les plats proposés.

Une fois servi, il entreprit de se trouver une place à table, sa collègue était installée avec un petit groupe d'élèves et les autres étaient disséminés dans la salle. Il aperçut une table inoccupée et le chemin le plus court passait à côté de la table du président. Il hésita un instant, il devrait le remercier encore une fois. Avant qu'il s'en soit rendu compte, sa politesse et sa curiosité de le voir attablé ici, le poussèrent dans sa direction. Il s'avança avec son plateau en main, doucement. Il avait l'air sympathique mais son attitude imposait le respect ainsi que sa réputation dans les affaires qui le faisait passer pour quelqu'un sans pitié. Il s'arrêta à sa hauteur et se racla la gorge.

- Excusez-moi de vous déranger pendant votre repas, Monsieur Winchester, mais je voulais vous remercier encore une fois de nous avoir accueillis dans votre société.

Il pouvait apparaître comme un homme rigide et sérieux dans son attitude mais très attentif à ses élèves. Sa voix grave, son regard scrutateur et le fait qu'il soit peu enclin à parler confirmer cette impression.

- Ce n'est pas la peine de me remercier encore. Madame Mills a bien défendu votre projet et j'étais intéressé par cet échange. Vous avez réussi à perdre votre troupe ?

Depuis leur rencontre il avait repris son aplomb, il s'était laissé déstabiliser par son regard inquisiteur, mais maintenant la surprise passée, il avait repris le contrôle.

- Je les laisse un peu respirer, nous devons retrouver Madame Mills à quatorze heures.

- Ah très bien, vous pouvez peut être vous joindre à moi dans ce cas.

- Je ne voudrai pas vous déranger…, lui dit-il en se retournant vers la table inoccupée, je peux...

- Si je vous le propose c'est que vous ne me dérangez pas. Asseyez-vous, lui dit-il en lui faisant signe de prendre place.

- Merci. Je dois vous dire que je suis surpris, je ne m'attendais pas à vous voir déjeuner ici.

- Un repas d'affaire qui s'est annulé à la dernière minute et j'essaye le plus souvent possible de partager un moment avec les employés même si je ne les connais pas tous, je ne veux pas qu'il y ait un fossé entre eux et la direction.

Ils passèrent le repas à discuter de l'éducation, de la société, des adolescents et de l'intérêt de ce genre de rencontre. Le président vérifia l'heure à sa montre. Le repas avait été agréable, des sourires échangés, un intérêt partagé. Le professeur avait eu l'occasion de l'observer alors qu'il parlait avec les personnes qui venaient le saluer. Il prenait le temps de leur adresser quelques mots sans jamais laisser paraitre un quelconque ennui.

- J'ai demandé à Madame Mills de réorganiser mon emploi du temps pour pouvoir recevoir vos élèves, leur faire une courte conférence et répondre à leurs questions.

- Oh je ne savais pas…, s'exclama le professeur.

Le président sourit devant son air surpris.

- Je vous laisse les retrouver et voir avec Madame Mills pour trouver la bonne salle. Je dois passer un coup de fil avant ça.

Il se leva rapidement et le professeur resta à l'observer. L'image qu'il avait de lui avait évolué avec ce repas, il se montrait sympathique et accessible. Il avait bousculé son planning pour pouvoir prendre le temps de les recevoir, il était loin de l'image qu'on donnait de lui dans la presse. Quand il vérifia la salle pour chercher ses élèves, il s'aperçu qu'elle était presque vide. Ils avaient passé plus d'une heure à discuter sans se rendre compte de ce qui se passait autour d'eux. Il se leva à son tour et retrouva ses élèves, sa collègue et Madame Mills devant la cafétéria, certains étudiants lui lançant des regards pleins de sous-entendus et quelques sourires qu'il ne voulut pas comprendre.

Jodie Mills les conduisit ensuite à une salle de réunion et leur expliqua que le président allait leur faire une présentation et qu'ils pourraient ensuite échanger. Celui-ci arriva à la fin des explications, entra plein de confiance et prit place en bout de table et fit face à son auditoire. Il resta debout et leur expliqua les différents rôles de la société, comment elle s'était développée et son futur. Son charisme naturel imposait le silence aux étudiants et pendant trois quarts d'heure il mit en avant les employés de la société et l'importance du rôle de chacun. Il observait les étudiants les uns après les autres, en lançant de fréquents coups d'œil à leurs professeurs. Ceux-ci semblaient aussi attentifs que leurs étudiants. A la fin de son exposé, il les encouragea à poser des questions et quelques mains timides se levèrent, il leur répondit en lançant quelques plaisanteries au passage. Il savait comment parler en public et se mettre le dit public dans la poche. Ce naturel encouragea d'autres élèves à poser eux aussi des questions. Le professeur buvait les paroles de ce professionnel, il n'avait pas réussi à quitter des yeux l'homme d'affaire, il était charismatique, intéressant et totalement compétent dans son domaine. Madame Mills les interrompit au bout d'une demi-heure en rappelant au président son prochain rendez-vous. Celui-ci les remercia pour leurs questions et prenant la direction de la sortie, il s'arrêta à la hauteur du professeur.

- Professeur…Novak ? Il sentit son pouls légèrement augmenter.

- Oui, il se leva, attentif à ce qu'il allait lui dire.

- J'aimerai vous entretenir d'une idée avant que vous ne partiez. Vous demanderez à Madame Mills de vous conduire à mon bureau quand votre journée découverte sera terminée. Il regarda celle-ci pour vérifier qu'elle avait noté sa demande et elle hocha la tête.

- Oui, très bien. Il lui sourit encore une fois pour le remercier.

- A tout à l'heure alors, répondit-il en regardant de côté et il sortit.

A la fin de la journée, le professeur Novak laissa ses élèves rejoindre le hall d'accueil avec sa collègue et Madame Mills le conduisit au vingtième étage, ils remontèrent un couloir et elle s'arrêta devant un bureau pour signifier à la secrétaire que le président attendait cette visite. La jeune femme blonde, passa un coup de fil et leur fit signe d'avancer. Elle frappa à la porte de Dean Winchester, co-président de Winchester Corporation comme indiqué sur la plaque dorée, et ouvrit la lourde porte en bois.

- Monsieur Winchester, nous avons terminé la visite.

- Je vous remercie Jodie, vous pouvez nous laisser. Ils se saluèrent et elle les laissa seul.

Le professeur n'osait pas bouger, le bureau simple d'apparence était très bien organisé et luxueux dans les matériaux utilisés. En entrant dans la pièce, on se retrouvait face à une baie vitrée, en avançant sur la droite et au fond, le bureau du président, lui permettait de profiter de la vue et d'être face à la porte. Plus à droite, dans un recoin, il y avait un petit salon en retrait qu'on ne remarquait pas immédiatement. La décoration dans les tons marron rappelait la nature, ce qui donnait une impression de calme et de respect. Il observa le bureau avant de plonger son regard sur la baie vitrée qui occupait un pan de mur complet et laissait apercevoir la ville en dessous gagnée par les ombres du soir et le fleuve au fond du paysage.

- Cette vue m'impressionne toujours. Le président s'était avancé et se tenait non loin de lui en admirant la vue.

- C'est vraiment époustouflant !, s'exclama-t-il en reposant son regard sur lui. Cette vue…

Il lui sourit et repris sa place dans le fauteuil derrière le grand bureau en s'appuyant contre le dossier.

- Asseyez-vous, je vous en prie. Le professeur s'assit et attendit qu'il aborde le sujet de leur rendez-vous. Comment s'est passée votre journée ?

- Je ne pouvais espérer mieux. Mes élèves ont tous été très intéressés.

- Je suis heureux d'entendre ça. Ils furent interrompus par le téléphone, le président se redressa et décrocha. Oui ? … Merci, vous pouvez partir Gloria, à demain. Désolé !, en raccrochant. Je vous ai parlé de mon intérêt à faire découvrir le monde du travail aux étudiants. Le professeur hocha la tête. J'aimerai aller plus loin et leur donner l'opportunité de faire un stage d'un mois ou deux. Est-ce que vous pensez que c'est quelque chose de faisable ?

Le professeur resta muet sous l'effet de la surprise, il ne s'attendait pas à tant de cette journée.

- Ça serait vraiment incroyable pour eux… mais il faudrait que je me renseigne pour l'organisation. Son visage qui s'était éclairé en entendant cette nouvelle, se rembruni aussitôt en pensant aux problèmes d'organisation. Il allait devoir bien calculer pour pouvoir proposer ce projet au directeur de l'établissement.

- Ça je vous laisse voir, vous n'aurez qu'à me tenir au courant.

- Mais ça ne risque pas de vous gêner dans votre travail ?

- Je ne propose ça qu'à cinq étudiants. Je ne peux pas faire mieux, pour qu'ils soient bien encadrés et que ça ne perturbe pas trop les équipes.

- Oui, bien sûr.

- Vous pourriez me proposer une liste de dix noms par exemple et on ferait passer des entretiens pour en retenir cinq.

- Oui c'est une bonne idée, ils seraient vraiment immergés dans le monde du travail. Il observait le professeur le regard perdu encore en train de réfléchir sur l'organisation.

- Très bien alors, conclu-t-il la conversation, en se levant et le professeur en fit de même. Il l'accompagna jusqu'à la porte, posa la main sur la poignée pour ouvrir et se retourna pour le saluer.

Il se retrouva bien plus près de lui que ce à quoi il s'attendait et il fut pris une nouvelle fois dans son regard. Cet homme l'impressionnait par ce qu'il dégageait. Il était calme, sérieux et professionnel et quand son regard se posait sur lui, il ressentait un léger malaise. Malaise accentué par le fait que ça lui arrivait tellement rarement qu'il avait presque oublié cette sensation bizarre d'un regard qui vous gratte et dont vous avez l'impression qu'il fore un trou dans votre boite crânienne pour mettre à jour tout ce que vous pouvez cacher. Sensation fortement désagréable de sentir quelqu'un lire en vous.

Il se rendit compte que son attitude devait paraître bizarre car le professeur le regardait étrangement maintenant, attendant qu'il le salue et se demandant à quoi il pouvait bien penser. Il reprit contenance rapidement, se racla la gorge et lui tendit la main avec un sourire qu'il tenta de faire paraître naturel.


Voilà pour ce premier chapitre. Merci de m'avoir lu et à bientôt pour la suite. Bises