Bonsoir à tous, Voici la seconde partie de ce conte complètement déjanté sortit tout droit de mon imagination alambiquée.

Je vous souhaite une bonne lecture ainsi que de belles fêtes de fin d'années.

Le Petit Poucet suite et fin…

Ce fut alors le moment précis, pour Chaperon Rose, Chaperon Rouge et leur petite troupe d'amis, d'entrer en scène. Et comme toujours, ils délaissèrent l'entrée des artistes !

Parvenus devant l'entrée de la demeure de l'ogre, la gourgandine blonde opéra un quart de tour, fit face à son petit public masculin et prit la parole :

: Mes petitous, mes petits bouts, l'heure est venue, pour nous, de nous présenter au Seigneur de ces lieux. Ouh, tous ces ou sont si doux !

Alachnÿ : Annoncé ainsi, je me sentirai presque de présenter, avec les honneurs je vous prie, ma baguette magique en prime time. Votre tour de chant s'en sentirait bien redoré.

: Oh, c'est trop chou petit magicien libertin.

Prince Charmant : Que cela est de la dernière conséquence ! Alachnÿ, vous savez offrir un certain tour aux choses.

Alachnÿ : C'est bien mon ami, chantez donc mes louanges, cela ne m'en fera que plus à emporter dans ma besace, laquelle, ai-je besoin de vous le préciser, ne demande qu'à être remplie.

: Bon, quand vous aurez fini de déblatérer de bonnes grosses âneries, ma cousine pourra peut-être toquer !

: Voilà ! Il est temps ! Ouhhh ! Je suis toute excitée à cette idée.

Prince Charmant : Ma mie, il ne tient qu'à vous de m'accorder la grâce de soulager cette soudaine excitation. Je possède, ici-bas, de quoi vous contenter grandement.

: Ouais, bon, évite de trop rêver quand même Prinçouille ! T'as les moyens ? Combien te reste-t-il dans ta cachemaille ?

Prince Charmant : Hélas, j'ai perdu mes derniers écus au « Royaume de la Pendelotte » !

: Tant qu'y t'reste le tien, c'est tout bon. Allez cousine, frappe les trois coups, comme au théâtre !

Prince Charmant : Ma demie mie, comme vous êtes drôle !

: Demie ? Attends d'voir quand j'serai complète…mon chirurgien mettra l'paquet pour te faire baver un max. On s'est déjà mis d'accord. J'te prie d'croire qu'y va pas s'curer l'nez quand y va m'opérer. De toute façon, ça vaut mieux pour son avenir !

Un moment de silence s'installa, durant lequel, chacun des intervenants de cette passionnante histoire, imagina le pauvre médecin aux affres du Tyrannosaures en cas d'échec de la fameuse intervention chirurgicale, « Spéciale roploplo à la Pamela Anderson ». Cet homme savait-il sa vie en sursis ? Il y avait, à s'y méprendre, un flou artistique du plus charmant effet, sur l'avenir du médecin.

Chaperon Rose interrompit ce moment de grâce en gravissant les trois marches du perron et se présenta devant la lourde porte en chêne massif sur laquelle était disposée un heurtoir représentant une main de bronze au poing fermé :

: Eh ben, vaut mieux pas s'le prendre en pleine tronche çui'là !

Mère-Grand : En effet, bien que pour certain, voire certaine, ce serait une providence divine. Quitte à chasser les mauvaises idées germant comme des herbes folles, employer les grands moyens est souvent souverain.

La petite troupe se tourna de concert, et l'on vit arriver en claudiquant, l'aïeule, quelques-unes de ses mèches blanches volant dans l'air du soir :

: Ça alors…mais c'est ma mémé d'amour ! Alors, on arrive clopin clopant l'ancêtre ? On tient une sacrée forme, pas vrai ?

La vieille dame, les mains sur les hanches, fixait son arrière-petite-fille, un air de défi au fond des yeux :

Mère-Grand : Si mon arrière-petite-fille ne m'avait pas volé ma paire de bottillons, je n'en serais pas au stade de m'écorcher la plante des pieds !

Chap. Rouge : Mais c'est bon pour ta corne ma mamichette. Allez, t'inquiètes, tu pourrais faire le tour de la Terre avant de parvenir à l'user.

Prince Charmant sortit de la poche de son pourpoint de velours bleu nuit, un mouchoir délicatement bordé de dentelles de Venise, afin de dissimuler un sourire légèrement malvenu. Chaperon Rose, quant à elle s'empara du bronze en gloussant avant de lancer sa réplique devenue, depuis, légendaire :

: Toc, toc et retoc !

Chap. Rouge : Toujours par trois, cousinette, comme la Sainte Trinité !

Un courant d'air froid, surgit de nulle part, frigorifia, l'espace d'un battement de cil, l'atmosphère. Chacun s'adressa un regard inquiet :

Alachnÿ : Il serait de bon ton de mettre nos carcasses à l'abri mes amis. Ça n'est même plus un vent suspect que nous venons de ressentir, mais un avertissement glauque, teinté d'un soupçon de couardise digne de la plus maléfique entité qui se puisse exister. Comme je tiens particulièrement à ma vieille peau, vous ne m'en voudrez pas si je passe en premier afin de mettre à l'abri, le plus talentueux représentant de son ordre ?

Mère-Grand : Eh bien, il est beau le plus grand magicien que la Terre ait porté ! Si nous n'avons besoin de rien nous ferons appel à vous.

Un tantinet vexé, le plus excentrique des représentants de son Ordre répliqua vertement :

Alachnÿ : Mon obligeance à votre égard pourrait bien prendre quelques libertés, Madame Mère-Grand. L'on ne s'en prend pas impunément à plus important que soi ! Et il existe certains êtres, maléfices, monstres, vapeurs toxiques, ou même dangers dont nous ne saurions soupçonner les effets nocifs.

Tous les regards se tournèrent vers Chaperon Rouge, laquelle souriait en les observant :

Chap. Rouge : En voilà, une belle tripotée de trompe la mort ! Y'a longtemps qu'l'aut cornu cherche à faire main basse sur moi, mais la peau d'gland qui réussira ce tour de force n'est pas encore venu au monde, j'vous le dit moi !

Le chat de son maître, Matouba, émis quelques gloussements avant de prendre la parole en ouvrant sa grande gueule hérissée d'une myriade de dents pointues :

Matouba : Plus grand que soi, mon Maître l'est-il, ou ne l'est-il point ?

Un peu oubliée, cette brave bête n'en demeurait pas moins aussi étrange que son créateur, lequel fronça les sourcils :

Alachnÿ : Merdasse, fallait-il que je sois saoul comme un polonais pour avoir sorti de sous ma chevelure hirsute…

Chap. Rouge : De sous ta tignasse, ça collerait mieux.

Alachnÿ : De sous mes cheveux d'ange, disais-je, une telle erreur de la nature ?

Chap. Rouge : Tu devais être bien rond…comme une queue d'pelle !

Un couinement de souris rappela à l'ordre du jour les belligérants légèrement entremêlés à leurs convictions solidement implantées dans leurs boîtes crâniennes. Chaperon Rose gémissait à fendre pierre sous les regards ahuris de ses amis :

Mic Mac : Quèque y lui arrive à la donzelle ?

Chap. Rouge : T'inquiètes le lutin, certains mots lui font d'l'effet à ma cousinette bien proprette.

A ces mots, la petite poupée blonde se mit à tournoyer sur elle-même en lançant son légendaire cri de guerre :

: Et pou et pou et pou…et zou !

L'on entendit la porte se déverrouiller en même temps que Chaperon Rose présentait son ravissant fessier tendu de soie rose devant une femme en chemise de nuit, chandelle à la main, coiffé d'un ravissant bonnet de nuit, au demeurant, dont la bouche entrouverte, laissa deviner un certain étonnement pour ne pas dire un étonnement certain.

Il y avait là…sur son perron….pêle mêle : un cul froufrouté de rose, une petite fille rousse au regard trouble, un jeune homme blond dont les cheveux retenu par un catogan lui conférait un air des grands soirs, un vieil homme au maintien fier portant une barbe à faire pâlir de jalousie le vieux druide de la forêt lui-même, un petit lutin à l'air vicelard, une dame dont l'âge canonique ne se comptait plus sous peine d'en offenser la porteuse, et un chat allongé sur le dos lui offrant un sourire aux mille dents.

Une fois revenue de sa surprise, ce qui convenons-en, lui prit quelques secondes, elle réussit à énoncer quelques paroles :

Femme de l'ogre : Mais…mais enfin…seriez-vous la bande de romanichels du cirque « Zingarello » que j'ai entraperçu au village hier ?

: Voilà ! On est les Zingarelli en folie . Y'à pas plus Zingarelli que nous ma brave Dame.

Femme de l'ogre : Que faites-vous à cette heure sur mon perron ? Comment t'appelles-tu charmante petite fille ?

Mère-Grand : Otez le charmante de votre discours brave femme, vous en reviendrez vite.

Surprise, la femme de l'ogre posa son regard soupçonneux sur cette ancêtre pas très comme il faut. Avec ses mèches blanches éparses, ses vêtements froissés et ses…pieds nus, ce personnage ne lui disait rien qui vaille. Son regard se reporta sur la petite fille, laquelle accentua un sourire hypocrite des plus déroutant :

Chap. Rouge : Comme vous êtes bonne ma brave Dame, je suis certaine que vous nous porterez secours in petto. Cela se voit dans la demi-seconde que vous portez la compassion, l'innocence, la bravoure, la générosité et la force à l'intérieur de votre belle âme, et je suis sûre qu'en m'approchant un peu, je pourrai même deviner un ruban de soie rouge nouant le tout tel un fichu de grand-mère, fichu que ma Mère-Grand portait autrefois…enfin, dans une autre vie, avant qu'elle ne décide de le jeter aux moulins, préférant montrer à tout venant sa gaine du dimanche, pas vrai ma mémé d'amour ?

La mémé d'amour referma son poing. Il ne fut pas loin d'atterrir sur la tête bien faite de ce petit chancre venu bouleverser sa paisible retraite :

Mère-Grand : Tu sais ce qu'elle te dit ta mémé d'amour ?

Chap. Rouge : Ouaip ! J'en ai une vague idée mamichette.

Un miaulement détourna l'attention de l'hôtesse de ce vaste domaine :

Chap. Rose : Ouuuh, bonjour petite choupinette. Je me nomme Chaperon Rose, et avec moi, de belles intentions s'imposent dès lors que l'on ne s'interpose et que l'on ose.

Chap. Rouge : Yep ! Ça c'est bien sorti du panier la cousinette !

Chap. Rose : Moi et ma culotte frissonnons quelque peu…

Chap. Rouge : Allez mémé, avec un peu d'chance, ça s'ra tout pareil pour ta p'tite gainette triple renfort.

Elle échappa de peu à un joli revers de main, lequel n'était pas dénué d'une noble intention :

Prince Charmant : Madame, je suis certain que la première partie d'une personne, dont le rayonnement atteint tout ce qui se trouve à ses côtés, se trouve être l'esprit et un tantinet du mien, me laisserait penser que tel est votre cas. Comme je le claironne sans cesser de m'époumoner : l'esprit est une nécessité pour une personne, qu'elle en ait ou affecte de paraitre en avoir ou du moins, qu'elle soit persuadée qu'elle en ait. Ceci étant dit…nous feriez-vous les honneurs de votre logis ?

Un poil surprise par tant de déférence et de si belles paroles dont son mari n'était guère friand, la femme leur ouvrit grand la porte de sa demeure en émettant tout de même les avertissements de rigueur :

Femme de l'ogre : Savez-vous que vous entrez dans l'antre de l'Ogre de la forêt ?

Mère-Grand : J'en ai vu d'autres ma bonne Dame !

Chap. Rouge : Vous pouvez lui faire confiance, elle est devenu le pilier du très célèbre : « Au Trou fleuri »…c'est dire !

La châtelaine comprit, mais un peu tard, qu'elle venait de laisser entrer les ennuis avec une majuscule particulièrement redondante.

Lorsqu'ils entrèrent, Chaperon Rouge et Mic Mac, n'eurent pas assez de leurs quatre yeux pour contempler toutes les richesses que possédaient cet immense manoir. Le maître des lieux avait bon goût c'était une certitude et plus particulièrement pour les œuvres d'Art trônant un peu partout. La caisse enregistreuse, directement greffée sur le cerveau du gnome ne cessait de tintinnabuler. C'était à donner le tournis !

Chap. Rouge : Eh ben, vise-moi ça la demi-portion ! Y'a d'quoi, au bas mot, assurer ma descendance jusqu'à la treizième génération.

Mic Mac : Pourquoi qu'tu choisis toujours un chiffre porte poisse ? Tu vas nous porter la scoumoune !

Chap. Rouge : T'inquiètes, j'suis vaccinée.

Mic Mac : C'est qu'je tiens à mes miches moi !

Chap. Rouge : Tes miches n'ont jamais été aussi bien gardées, et ça, je peux te le garantir !

De leurs côtés, Prince Charmant et Alachnÿ semblaient apprécier cette petite aventure, tout comme la découverte de ces mille et unes merveilles.

Portée par toute sa gentillesse, la femme de l'ogre, les conduisit dans la cuisine où elle alluma plusieurs chandeliers en argent. Les yeux du lutin brillèrent encore plus sous la pâle lueur des halos formés par les bougies.

Prince Cha rmant pensa, non sans avoir préalablement réfléchit, ce qui chez lui semblait une seconde nature, arrondir les angles et peut-être même les poncer quelque peu en envoyant bien enrobés dans du papier de soie, quelques compliments à la généreuse Dame des lieux afin de recevoir en retour un léger petit encas. Minuit avait fait basculer l'ancien jour dans le nouveau qui allait couvrir certains des évènements non loin de se présenter à eux et prendre des forces était au centre de leurs préoccupations :

Chap. Rouge : Bon…c'est pas tout ça, mais qu'est-ce qu'on graille ? Un p'tit quèque chose pour caler ma dent creuse ne s'rait pas de refus ma bonne Dame. Ben oui, ma quenotte est sacrément demandeuse et ce à n'importe quel moment.

Mère-Grand : Et tes bonnes manières petite chipie ? Ne vois-tu pas l'heure tardive ? Madame était couché bien sagement aux côtés de son cher et tendre…hum…tendre ou pas, c'est selon, à bien y réfléchir…et toi tu oses quémander comme une mendiante ?

Chap. Rouge : Une mendiante ? Attends mamichou, y'a deux ou trois p'tites choses qui viennent de sonner agréablement dans mon oreille. Alors la bonne Dame devant nous s'enorgueillirait de posséder une machine de guerre dans son plumard ? Performance, performance ma mémé…un restant d'appétit à satisfaire ?

L'ancêtre s'empara d'un fruit qui trainait dans la corbeille de fruit et le balança sur la tête de son arrière-petite-fille dont la jeunesse l'avait paré d'une remarquable agilité :

Chap. Rouge : Yep ! J'suis pas tombée loin on dirait ! C'est ok Coral dans le lit conjugal on dirait. Ah mamichounette ça fait envie pas vraie ?

Mère-Grand : Mets-là en veilleuse petit cafards hideux où je vais prendre ma colère et l'étendre sur le monde à commencer sur ta petite tête mal faite !

Chap. Rouge : Voilà, la zingarella que je suis est martyrisée comme une pauvrette…tant pis, je mangerai des cailloux comme d'hab.

Femme de l'ogre : Mais non voyons, je vais vous préparer une petite collation.

Chap. Rouge : Merci brave Dame. Ce soir je mangerai à ma faim…pour une fois !

Chap. Rose : Cesse donc ton cinéma ma cousinette.

Chap. Rouge : Tout ce à quoi j'ai droit…je suis une pauvre petite fille…

Une pomme tenta de faire taire la roussette, mais la fillette était, décidément trop agile pour les mains de la vieille.

Des bruits de pas firent trembler le parquet de bois parfaitement ciré…

L'ogre fit irruption dans la cuisine, l'œil hagard, un bonnet de nuit sur son visage encore endormi. Sous ses sourcils broussailleux, deux yeux d'un bleu lagon se bloquèrent sur Chaperon Rose, laquelle minaudait à qui mieux mieux devant cette soudaine marque d'attention. Comme il était d'usage chez les porteurs de boules, et plus particulièrement chez ce digne représentant de la gent masculine, un sourire niais s'afficha sur les traits du monstre :

Chap. Rose : Oh ! Bonsoir petit bout…euh, grand bout dirait-on ! Nous sommes désolés d'avoir troublé votre nuit sans doute peuplée de douces rêveries, mais mes amis et moi-même nous sommes égarés. C'est idiot, vous en conviendrez. Vous serait-il possible de nous offrir asile pour cette nuit ? J'ai peur du noir…bouh !

Un magnifique sourire s'étira sur cette face ronde, à tel point qu'il semblait avoir poussé deux rangées de dents supplémentaires :

Chap. Rouge : Vise-moi ça Mic Mac, ça en fait d'la découpe tout ça…dommage qu'il n'en ait pas quelques-unes en or, ma pince aurait trouvé à qui parler !

Mic Mac : Quoi ? Mais t'es malade ! On finirait en bouillie dans son estomac en moins de deux !

Ogre : Il a raison, et au cas où…j'ai une ouïe fine !

Chap. Rouge : Ah oui ? Et alors ? J'ai pas peur de vous le dire en face Monsieur l'Ogre…si vous aviez des dents en or vous seriez déjà en train de me courser pour vous en avoir déjà dérobé deux ou trois.

L'ogre fronça les sourcils devant la hardiesse de cette drôlesse qui ne trouva rien de mieux à faire que s'assoir sur l'une des sept chaises hautes des enfants du Maître des lieux. Puis, confortablement installée, La Rouge balança ses petites gambettes en scrutant d'un air ravie son auditoire resté bouche bée :

Chap. Rouge : Alors, quand c'est-y qu'on fait bombance ?

L'ogre s'approcha en un demi pas et planta ses prunelles claires dans celles, sombres, du Tyrannosaure :

Chap. Rouge : Pourquoi qu'tu m'regardes avec ces yeux de merlans frits ?

Ogre : Tu devrais trembler de peur, hurler, avoir déjà fait pipi dans ta culotte de terreur…

Chap. Rouge : C'est fort possible…pour une autre que moi, mais pas pour Chaperon Rouge, ah, au fait, tu devrais boire un p'tit quèque chose, t'as pas une haleine des meilleurs jours !

Mère-grand : Veuillez ne point faire cas de mon horrible arrière-petite-fille. Cette enfant est ma croix à porter et, croyez-le ou non, à chaque jour suffit sa peine. A croire que le poids de mes péchés l'alourdit d'heure en heure…

Chap. Rouge : Ben, t'en a bien une tripotée d'péchés ma mémé verte, pas vrai ? Lever la gambette à tout venant ça s'paye au final !

Ogre : Mais…je vous connais…nous serions-nous déjà rencontrés ?

Chap. Rouge : Tiens, tiens…et d'où est-ce que vous vous connaitriez…hum ?

Ogre : Serait-ce vous que j'avais remarqué en combinaison de lat…

Chap. Rouge : En combinaison de quoi ? T'en as trop dit ou pas assez l'ami. Il est temps de se mettre à table. Attends, je sors mon I Phone. Allez vas-y, envoie la sauce. C'est parti pour les révélations !

Ogre : Est-ce véritablement une enfant ? Le doute m'habite…

Un miaulement de Chaperon Rose, mit un terme à ces tergiversations :

Prince Charmant : Ma mie…

Chap. Rouge : Laisse tomber !

Affairée à ses casseroles, la brave épouse de l'ogre tentait de comprendre la tournure que prenait cette étrange conversation emplie de non-sens, de contre sens, de sens interdit et de sens dessus dessous. C'est alors que l'on aperçut le Petit Poucet encore ensommeillé, appuyé contre le chambranle de la porte de la cuisine :

Petit Poucet : Tiens…c'est encore toi la rouquine, qui parle fort et qui est toujours énervée ?

Chap. Rouge : Eh…mais c'est la p'tite peau d'glandounette ! Alors, on est allé se fourrer dans la gueule du loup ?

Le petit garçonnet se gratta la tête…une fois, deux fois…bref, une fois de plus les gènes parlaient pour lui :

Petit Poucet : Je n'ai rien compris !

Chap. Rouge : Tu s'ras un futur Prix Nobel toi, ou je n'm'y connais pas !

Sept petites filles, coiffées de couronnes en or, en chemise de nuit rose bonbon, baillaient à qui mieux mieux, découvrant une fort belle dentition de lait laissant présager un futur râtelier digne de leur papounet :

Petite ogresse : Mère, que signifie ce charivari ?

Chap. Rouge : Mère ? Eh ben, on a un langage fleuri bordé de dentelles par ici. Qui sont ces ravissantes p'tites têtes couronnées ?

Etait-il besoin de préciser combien le lutin se mit à loucher sur l'or ainsi exposé sans la moindre protection. Matouba, lui, fut surpris par les quenottes pointues des fifilles à son papa. Etait-il besoin de préciser combien il se sentit proche, de ces carnassières…

L'ogre zieutait Chaperon Rose sans le moindre respect pour son épouse à ses fourneaux, Mère-Grand louchait sur les éventuelles capacités de ce grand gaillard costaud, endurant, viril…une bouffée de chaleur plus tard, un flot d'adrénaline la fit frémir.

Prince Charmant calculateur dans l'âme cherchait déjà à séduire l'une des sept merveilles du monde antique avec l'espoir d'avoir un nouveau beau papa plein aux as pour éponger ses dettes de jeux et ses ardoises longues comme un certain appendice mit à la diète pendant quarante jours…au club libertin « Au Royaume de la Pendelotte ». Bref, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Alachnÿ fit un tour de la situation et devina combien un vent de folie s'apprêtait à souffler sur ce manoir comme sur ses habitants. L'instant était venu de proposer un petit intermède. Son art de l'éructation détendrait probablement certains élastiques déjà bien tendus :

Alachnÿ : Merdasse ! Il règne ici une ambiance à couper au couteau. Cela tombe bien je viens d'aiguiser ma lame et me sens tout à fait disposer à partager le camembert. Oserais-je vous quémander la faveur d'un petit concours d'éructation. L'on m'a vanté vos mérites Monsieur l'ogre.

Ogre : Excelleriez-vous dans cette discipline à haut risque ?

Alachnÿ : Aidé d'une bonne bière, je pourrais vous chanter la messe en latin. Je ne suis pas certain que le Pape apprécierait ma performance, mais parions sur mes talents et que le Diable m'emporte si je ne gagne pas haut la main cette joute !

L'ogre : Je relève le défi ! Femme…va nous chercher la Struppërwültz !

Alachnÿ : La Struppërwültz ? Nous jouons dans la cour des grands Monsieur !

Ogre : Amédée, pour vous servir.

Chap. Rouge : Waouh ! T'envoie du rêve là !

Et les deux Maestro s'envoyèrent deux belles chopes de bière derrière la cravate sans en perdre une goutte. Pendant ce temps-là, Chaperon Rouge questionna le Petit Poucet discretos comme à son habitude :

Chap. Rouge : Alors crétin des Alpes, tu vas aller réveiller le reste de ta horde et l'on va gentiment se préparer à prendre le large en mode espionnage en période de guerre froide, pendant que notre magicos va mettre minable le gros plein d'soupe.

L'ogre se retourna vers Chaperon Rouge, un mauvais rictus sur ses lèvres :

Amédée l'ogre : Ne t'avais-je point dit que j'avais l'oreille fine ?

Ogresse : Ne vous avais-je point dit, Mère, combien cette enfant faisait du bruit ?

Chap. Rouge : N'avais-je point préciser combien ces têtes de glandouillettes commençaient à me courir sur le haricot ?

Mic Mac : T'y vas fort La Rouge. Ça va chier pour notre matricule !

Mère-Grand : Ça fait longtemps que ça aurait dû arriver à cette enfant démoniaque !

Prince Charmant : Quels échanges ! Je suis, à brûle pourpoint, aussi tendu qu'un soir de gala, et ce n'est pas peu dire.

Chaperon Rose : Ouuhh, je suis dans un état d'excitation…

Un sourire niais plus tard, la température monta d'un cran, alors que la fête s'installait véritablement dans ce manoir empoussiéré. Nom de nom ! Jamais folie ne parut plus douce au Maître du logis, qu'en cet instant. Ses yeux n'avaient plus assez de dynamique pour effectuer des trois cent soixante degrés sur l'ensemble de ses invités, jusqu'au chat Matouba, lequel s'allongea sur le sol et se mit à rouler sur lui-même en crachotant :

Matouba : Mon maître éructera-t-il pour la gloire, ou n'éructera-t-il point pour l'honneur ?

Alachnÿ : Tu vas avoir la réponse à ta question crétine, pas plus tard que tout de suite, gros tas !

Ogresse : Mère, que signifie ces manières de scélérats ?

Femme de l'ogre : Ce n'est rien mes enfants chéries…rien qu'une petite joute amicale.

Chap. Rouge : Voilà, les scélérats, que nous sommes, vont justes indisposer vos sensibles feuilles de choux les pétroleuses, mais c'est pour la bonne cause !

Et dans un grondement de tonnerre, le magicien commença son incroyable démonstration. La bâtisse parut trembler sur ses fondations tant il y mit de la volonté, à tel point qu'Amédée commença à envisager une sérieuse défaite. Cependant, au combat, la fuite était mal perçu. On ne désertait pas au front. Cela équivalait à l'exécution immédiate, aussi, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, il se lança à cœur perdu dans la bataille et…fit chou blanc.

Son filet d'air ne valait pas Le Sirocco d'Alachnÿ ! Avec cet individu dans la place, mieux valait s'arrimer avec force. Pitons en acier recommandés !

Furieux d'avoir été battu à plate couture par cet obscur magicien de pacotille, du moins selon son appréciation, l'ogre entra dans une rage folle, s'empara d'une pile d'assiette et le jeta au sol. Le fracas fut assourdissant et des débris de porcelaine jonchèrent le sol :

Chap. Rouge : C'est malin Amédée ! C'est quoi ce gros caprice ? Qui va payer pour toute cette casse ? En tout cas, pas un sou ne sortira de ma cachemaille ! Le premier qui m'demande une piécette n'est pas sûr de voir la prochaine aube se lever !

Amédée ouvrit de grands yeux sous l'air ahuris de son épouse, poêle à la main dans laquelle une omelette aux champignons attendait gentiment d'être dégustée. La brave femme s'immobilisa sans chercher à faire autre chose que gober un peu d'air en attendant la suite des réjouissances. Les petites ogresses se mirent à rire comme des hyènes, et les frères du Petit Poucet versèrent quelques pleurs bienvenus pour arroser leurs peurs arides. Leur plus jeune frère se gratta la tête…enfin vous voyez l'topo quoi :

Chap. Rouge : Le jour où vous verrez ce p'tit glandouillot comprendre quelque chose, faite-moi signe. Il est probable que ma tignasse aura blanchit, je porterai des bandes velpeau et je courrai le guilledou comme ma mémé d'amour. Ah oui, j'allais oublier la gaine triple renfort pour cause d'éventration suite à ma longue vie mouvementée par mes exploits renommés à travers tout l'pays. Ça va ? J'vous ai bien brossé l'portrait là ? Bon, on la mange cette omelette ?

Ogre Amédée : Hors de ma vue ! Filez au lit et sans passer par la case boustifaille, vous tous, à commencer par cette petite verrue rousse que je croquerai dès potron minet au petit déjeuner !

Chap. Rouge : Tu peux toujours essayer sumolito, mais j'te préviens, j'suis d'la barbaque avariée !

L'ogre fronça les sourcils ce qui était une façon d'interroger silencieusement Mère-Grand, laquelle leva les yeux au ciel :

Mère-Grand : Vous ne sauriez imaginer à quel point !

Ogre Amédée : Je mangerai la vieille en premier, elle masquera le goût.

Chap. Rouge : Ah…bonne idée, tu peux y aller, elle est faisandée celle-là, c'est d'la bonne.

Ogre Amédée : Je mordrai vos chairs avec appétit, et vos cris s'entendront jusqu'aux confins du monde.

Chap. Rouge : Eh ben tout un programme, mais j'te préviens, tu touche pas un cheveux d'ma mémé où tu regretteras le jour où t'as fait ta toute première apparition gros plein d'soupe ! J'me réserve le droit de faire chuter la reine mère !

Chap. Rose : Taratata mes choupinous. Calmez-vous enfin. Monsieur Amédée ne ferait pas de mal à une petite mouche, pas vrai choupinou ?

Ogre Amédée : Femme…ramène mes princesses dans leurs lits, quant à toi joli p'tit lot, dans mon plumard ! Il est temps que la pleine lune illumine mes nuits enchanteresses !

Chap. Rose : Ouuhh, et poète avec ça ? Mais enfin, et votre épouse ?

Ogre Amédée : Une triangulaire…ça te tente petite choupette en sucre ?

Prince Charmant : Ecoutez, je remarque, non sans un certain ravissement d'ailleurs, que votre conversation avec Chaperon Rose prend une tournure des plus agréables…sans doute le moment est-il venu de nous retirer sur la pointe des pieds, voir sur les mains si cela vous fait plaisir…

Ogre Amédée : J'ai dit au lit !

Alachnÿ : Je vous l'avais dit qu'il ne faisait pas bon se mesurer au plus grand magicien que la Terre ait porté.

Les réjouissances prirent fin de façon brutale. Les sept frères dormirent avec les sept ogresses, et les Zingarelli furent placés à la cave où la fraîcheur les conserverait à bonne température pour le petit-déjeuner du Maître de maison.

Mère-Grand ne décolorait point :

Mère-Grand : A cause de ton irrespect, nous voici dans de beaux draps !

Chap. Rouge : Ah…avoue que les seuls draps dans lesquels tu aimerais bien te retrouver en cet instant seraient ceux de not' bel Amédée…pas vrai ma mémé adorée ?

Mère-Grand : Arrgh !

Toujours le sourire aux lèvres, la rouquine s'approcha de la porte, colla son œil à la serrure et se redressa un air de triomphe sur son visage :

Chap. Rouge : Qu'est-ce qui sont tous crétins dans ces contes…la clef est sur la serrure. Autant dire que dans une poignée de seconde, on est dehors mes z'amis que j'aime et que j'adore.

Mic Mac : Ouais…au passage j'ai remarqué deux trois breloques…

Mère-Grand : Vous ne volerez point !

Chap. Rouge : Yep, dans tes rêves l'ancêtre. Je ne suis aucun commandement moi. J'suis Démonia et pour faire gonfler ma cagnotte, je volerai sous les yeux du Pape lui-même si l'occasion se présentait. Bon, et Chaperon Rose…vous croyez qu'elle va faire la culbute avec salto arrière ?

Mère-Grand : La pauvre enfant devra se sacrifier pour sauver nos peaux dont la tienne, enfant du démon.

Prince Charmant : Il est temps de fuir cet endroit dangereux.

Mic Mac : Mais, et Chaperon Rose ?

Prince Charmant : Voyons le gnome, on ne casse pas son jouet favori, c'est bien connu.

Alachnÿ : D'autant que d'après ce que j'ai pu constater, ce mauvais perdant semble posséder un fort bel appétit.

Un bruit métallique résonna contre la roche des parois sombre.

La Rouge, avec toute son agilité de voleuse patenté, réussit l'exploit de faire tomber sur le sol la lourde clef de fer, la récupéra en faisant passer ses petits doigts innocents sous la porte et s'empara du précieux sésame.

A l'étage supérieur, Chaperon Rose tentait vainement de gagner du temps et incita l'ogre à boire afin de le faire sombrer du côté obscur du pays des rêves. Heureusement pour elle, la fameuse bière Strüpperwültz, avait déjà bien creusée les sillons de l'inconscient qui réclamait, après quelques verres de Schnaps, son temps de réflexion, et le mastodonte tomba dans son lit comme une masse en commençant son récital en ré majeur.

Telle une petite souris, la poupée blonde se mit à la recherche de ses amis en couinant. Amédée, l'esprit encore embrumé et l'un de ses sens aux aguets, chercha de la main son joujou, mais ne le trouvant point, s'énerva quelque peu et sortit de son lit.

En chemin, il se dit que les sept mouflets dormant aux côtés de ses précieuses fifilles, feraient un excellent en cas pour le petit-déjeuner en plus de la brochette de zingarelli dormant à la cave.

A cette perspective, l'ogre saliva, fonça dans la cuisine, dénicha un couteau et se dirigea vers la chambre des loupiaux.

Dans cette pièce retentissait les ronflements des petites belettes. Un joli concert pour Petit Poucet et ses frangins. Cependant, ils n'étaient point mélomanes. Dommage pour eux, ceci dit, la providence éclaira sereinement leurs petits chemins de vies en cette sombre nuit, puisqu'il vint à l'esprit du petitou, (une fois n'était pas commune), une idée !

Petit Poucet : Mes frères…je vais récupérer les couronnes des demoiselles et j'en distribuerai une à chacun de vous afin que vous vous en coiffiez le crâne.

Frère de Petit Poucet : Une couronne ? Mais pour quoi faire ? Il n'y a que les filles qui en portent. On n'est pas des tarlouzes quand même !

Une voix bien connue du Petit Poucet, interrompit sa réflexion. Quel dommage, au moment même où un entrefilet de construction imaginative naissait dans les méandres embrumés de son petit cervelas ! Etait-il utile de préciser, qu'elle s'enfouit encore plus profondément dans un recoin du peu d'esprit dont le Très Haut avait bien voulut le doter. Et le néant reprit possession de sa petite tête qu'il se hâta de se gratouiller :

Chap. Rouge : Ah…j'attendais la phase grattage, non, parce que là, t'as failli me faire peur petite couillette. Quant à vous les frangins, vous n'êtes pas des filles mais des p'tites peaux d'glands, ça…sûrement ! Si votre cadet vous a dit de vous coiffer de ces machins, obéissez-lui avant que je vous colle un aller-retour dont il ne faudra pas vous plaindre. Allez, et qu'ça saute !

Petit Poucet : Pourquoi es-tu toujours énervée ?

Chap. Rouge : Parce que voir des glandillons dans vot'genre, me fait regretter ma condition de fille. Avec une paire de boules, je redorerai le blason des mâles qu'à coup sûr vous ternissez par votre niaiserie congénitale.

Petit Poucet : Je n'ai…

Chap. Rouge : N'en dit pas plus où c'est-y qu'j'vais pas pouvoir la retenir celle-là. Vite…j'entends l'ogre…

Petit Poucet : Mais…mais…nous allons mourir…

Chap. Rouge : Eh ben ça serait que justice doublée d'un bon débarras ! Chut !

Alléché par l'odeur de la peur, Amédée sourit de toutes ses dents, fort nombreuses au demeurant, et entreprit, consciencieusement comme il était de coutume chez tout ogre bien disposé, de trancher la gorge des sept têtes couronnées, sans se douter le moins du monde qu'il venait d'assassiner ses propres enfants. Satisfait, comme seul un gros gland, selon les pensées de Chaperon Rouge, pouvait l'être, il s'en retourna dans sa chambre, cherchant au passage sa petite souris, Chaperon Rose.

Il n'eut pas besoin de chercher bien loin. Au son de ses couinements aigus, il se guida et tomba nez à nez avec elle dans le couloir. Il l'attrapa par la taille et la fit basculer sur son épaule. A hauteur de son visage apparut la plus jolie vision qu'il lui avait été permis d'apercevoir depuis bien longtemps…la culotte rose aux nombreux frous frous, dentelles et nœuds de satin. Il y en eut un qui monta en température et se plaça dans les starting blocks, sans avoir à réitérer l'ordre.

Une fois jetée sur le lit, la petite poupée blonde fixa son adversaire de son air le plus entreprenant, si fait qu'Amédée se sentit enorgueillit par cet marque de respect et se dit, qu'au final, un petit somme lui permettrait de récupérer toutes ses forces et son potentiel pour faire chanter La Traviatta à cette petite femelle aux atouts diablement attirants. Aussitôt pensé, aussitôt fait, l'ogre s'endormit comme une masse sur son matelas de plume d'oie.

Agile, Chaperon Rose s'extirpa du lit et rejoignit Chaperon Rouge, Le Petit Poucet et ses frères. Le reste de la troupe les attendaient, impatiemment, dehors. Tous s'enfuirent aussi rapidement qu'ils le purent par le premier chemin se présentant à leurs pieds désireux de démontrer la vélocité de leurs courses.

A l'intérieur du manoir, Amédée fut réveillé par des cris d'orfraie. Passablement énervé d'avoir été tiré de son sommeil alors qu'il avait besoin de tout son potentiel de séducteur pour besogner allègrement Chaperon Rose, il se leva d'un bond et suivit les sons qui semblaient provenir de la chambre de ses enfants.

Là, il trouva son épouse à terre, évanouit. Il fronça les sourcils tout en s'approchant du lit rougit par le sang de ses enfants chéries.

Un long cri plus tard, il chaussa ses bottes de sept lieux, lesquelles lui permirent de parcourir les environs en moins de temps qu'il ne fallut pour le dire.

Les rugissements d'Amédée, eurent tôt fait d'attirer l'attention des fuyards. Affolés, chacun se trouva une cachette. Qui une anfractuosité, qui un trou dans les fourrés, qui un buisson bien fourni…bref, même le chat Matouba, grimpa en haut d'un arbre et s'y confondit avec le feuillage.

Le souffle court, l'ogre fit une halte, posa son imposant séant sur l'herbe tendre et se dit qu'au final, un petit somme rechargerait ses batteries à plat. Ni une, ni deux, il s'endormit, émettant des ronflements sonores aussi puissants qu'un moteur de Boeing au décollage.

Tous en profitèrent pour s'extirper de leurs cachettes et s'observèrent sans rien dire.

Le Petit Poucet se gratta les cheveux, mais rien à faire, les idées ne voulaient pas se montrer et faisaient de la résistance au fin fond du brouillard intersidéral qui était sien depuis sa naissance. Ce fut Mère-Grand qui, (encore une femme), prit une bien surprenante décision :

Mère-Grand : Aidez-moi à ôter les bottes de ce gros plein de soupe.

Prince Cha rmant : Mais enfin…est-ce bien le moment de faire du shopping ?

Chap. Rouge : Attends, attends, la mémé a flairé un coup de maître…

Avec la plus grande délicatesse, l'on déchaussa Amédée et la vieille femme se présenta devant Le Petit Poucet :

Mère-Grand : Hâte-toi de passer ces bottes magiques et file quémander l'aide du roi. Si tu sais bien t'y prendre, il se pourrait qu'il te confie quelques missions lesquelles pourraient enrichir ta famille car le souverain est fort généreux.

Chaperon Rose : Oh ouiiii, je confirme, très très généreux ! Il sait payer de sa personne en toute chose.

Chap. Rouge : Yep, si ma cousinette l'affirme, alors c'est qu'elle a dû tester. Alors, quèque tu fais encore là p'tit gland ? Ceci dit, ma mémé, on dirait qu't'en connais un rayon sur le roitelet…tout ça sent les prochaines révélations tonitruantes…attends, je branche mon I phone !

Mic Mac : Pourquoi qu'tu sors toujours c'te drôle de machine ?

Chap. Rouge : Les infos sont faites pour être emprisonnées petit ver de terre ! Le plus amusant c'est d'les monnayer après.

Mère-Grand : Cela s'appelle du chantage, petite verrue récalcitrante !

Chap. Rouge : Ouaip, et alors ? Tous les moyens sont bons pour faire cracher la monnaie l'ancêtre et t'en a tout plein dans tes bas de contentions des infos dont j'pourrai tirer parti ! Encore là toi ? Regardez-moi ce flan…le ravi de la crèche…Allez file ou j'viens t'botter l'croupion !

En un pas, Le Petit Poucet était déjà sorti de la forêt. Il craignait cette étrange petite fille, aussi prenait-il soin de ne point l'énerver plus que nécessaire.

Pendant ce temps, Dans le logis des Poucet, un cri retentissait avec force :

Mère : Oiiinnn !

Père : Ben alors Ma Germaine, qu'est-ce qui s'passe donc encore dans ta caboche pour couiner ainsi ?

Mère : Mes petits bouts me manquent…

Père : Et le mien, ne t'a-t-il point offert réconfort avec force attention ? J'te l'ai déjà dit, Les Thénardier s'occupent aux p'tits oignons d'nos morveux. On m'a dit le plus grand bien d'ces gens-là, même qui z'ont pris une p'tite gamine du nom de Cosette sous leurs ailes. Des angelots ces gens-là que j'te dis ! Allez, viens t'en par ici qu'j'te console avec tout mon talent !

Mère : Ton ardeur m'a encore apporté le mal joli.

Père : Hein ? Faudrait qu'tu causes enfin comme tout l'monde la Germaine !

Mère : Ouiinnn, tes semailles va encore germer dans quelques mois.

Père : J'ai rien semé…

Mère : Je suis grosse !

Père : Mais non ma douce.

Mère : Je suis à nouveau enceinte, triple buse !

Père : Oh, oh, mais il semblerait que ma rivière poissonneuse ne nous offre encore une ou deux bouches à nourrir. Eh ben on f'ra avec !

Mère : Tu peux déjà nous semer dans la forêt avant même que l'enfant naisse, ainsi il te sera plus facile de solutionner le problème.

Père : J'ai rien pigé, mais vint-en donc par ici. Voici une chose qui faut ben fêter ma Germinette, qui sait on aura p'être cette fois, une p'tite pisseuse ?

Mère : Bats les pattes !

Père : Mais tu risques plus rien Germaine, t'est déjà en pleine couvade.

La femme fronça les sourcils, sembla réfléchir intensément…avant de sourire :

Mère : Ben Dame, j'avais pas pensé à ça !

Père : Heureusement qu'j'suis là ma loupiotte. Mon pinceau va écrire sur le blanc de ta peau tout l'amour qu'j'porte sur mes épaules tel un fardeau…

Mère : Oh…mon poète d'époux…

Une bascule plus tard, la bête à deux dos dansait la gigue, alors que Le Petit Poucet, s'en venait vers le logis de ses parents, tout heureux d'apporter avec lui, une bourse rempli d'un or rutilant. Heureusement pour lui, la joute venait de prendre fin et le garçonnet toqua de belle force sur le chambranle de la porte de bois. La femme alla ouvrir, les joues rosies par le dernier assaut de son époux lorsqu'elle aperçut le petit dernier de sa couvée :

Mère : Oiiiinnn, mon fiston !

Les retrouvailles furent à la hauteur de la joie des parents et Le Petit Poucet narra toute l'histoire, alors qu'un charriot faisait halte devant le logis des Poucet. A la hâte, les frères se jetèrent dans les bras de leur maman. Le père Poucet, plus intéressé par la partie de l'histoire concernant les moult remerciements du roi à l'aide de bourses remplies d'or, se dit que les siennes pourraient désormais jouer sans craindre le courroux de sa chère et tendre puisqu'on pourrait élever dignement autant de marmaille qu'il prendrait plaisir à engendrer.

A cette perspective, sa plume légendaire eut une soudaine envie d'écrire et les parents fêtèrent avec éclat, toute la nuit, le retour des enfants prodigues.

Le Petit Poucet leur acheta une belle ferme avec tous les équipements nécessaires et les parents Poucet passèrent le reste de leur existence à concevoir dans la joie et la volupté…

Une fois l'ogre emprisonné, sa femme remariée, et la cachemaille de Chaperon Rouge bien remplie par quelques richesses dérobées de-ci, de-là chez Amédée, chacun se retrouva au Bois Joli pour se dire au revoir.

La Mère-Grand avait trouvé dans le manoir, une autre paire de bottes qu'elle s'appropria immédiatement. De fort larges, elles s'adaptèrent aux cuissettes de la vieille Dame à la perfection car il se trouvait qu'elles étaient fées. Heureuse découverte…sur Mère-Grand cela se traduit par une paire de cuissardes de premier goût. Prince, émoustillé, en eut un début d'élévation qu'il dû calmer in petto. Même Matouba crachota, ce qui dans son langage de félin était une marque d'appréciation :

Chap. Rouge : Eh ben, eh ben ma mémé…ça va être la fête du slip quand tu vas faire ta p'tite visite hebdomadaire « Au trou fleuri ».

Mère-Grand : Cesse donc de déblatérer des ignominies ma fille et va-t'en donc confesser tes péchés au père Lachaise.

Chap. Rouge : Des clous ! Ça m'prendrait le restant d'ma vie ma mamichette et j'ai, d'ici là, d'autres chats à fouetter, surtout quand j'aurai mes roploplos.

Mère-Grand : Enfant démoniaque ! Repends-toi !

Chap. Rouge : Compte là-d'ssus et bois d'l'eau ma mémé adorée. Tiens Prince, une p'tite bourse pour briller dans ton lupanar favori, moi j'm'en vais avec Mic Mac, on a des affaires restées en suspens à terminer fissa. Bye bye les glands !

Ce qui ressemblait à un ricanement, se fit entendre et chacun des convives s'observa le sang glacé. Bon sang, mais c'était donc vrai ? Le Diable, lui-même, suivait tous les faits et gestes de cette petite fille…

Lorsque les mots « Viens à moi mon enfant… » se dispersèrent accompagnés d'une vapeur verdâtre, aucun d'eux ne put s'empêcher de frissonner.

Et sous les yeux ébahis des convives, Chaperon Rouge stoppa sa marche, posa son petit panier en osier sur la terre, se retourna et adressa un formidable bras d'honneur au vent mauvais soufflant sur le Bois Joli.

Un rire lui répondit et la petite fille reprit son panier en chantonnant et trottina sur le chemin aux côtés de son ami lutin toute à sa prochaine combine…

Moralité : Rien ne sert d'être petit et bête, ou grand et intelligent, seul compte le degré d'implication dans le mauvais ou le bon de son destin pour remplir son escarcelle. Chaperon Rouge l'a bien compris, elle qui, écartelée entre deux mondes, ne cesse de vanter les bienfaits de ne se fier qu'à soi-même !

Toute réussite a le mérite que l'on veut bien acheter auprès des autorités compétentes. A vous de choisir….

Fin