Voici donc un OS écrit par Lightness (que j'ai mis beaucoup trop de temps à poster, désolé dude)

Il est centré sur Lightness et le pouvoir que lui avait donné Meta, soit la capacité d'échanger de conscience ou de corps (selon le point de vue) avec n'importe qui.

Je précise aussi que le ton est assez sombre et violent, rien de très descriptif, mais je préfère vous prévenir quand même =)

Bonne lecture à tous :D !


NDA : Voilà ma participation j'espère qu'elle te plaira !


« Vite Sabrina ! On va tout rater, faut le faire avant que la police arrive ! »

« Lâche-moi Sulivan et laisse-moi faire »

Elle acheva la retouche dans son rouge à lèvres, elle descendit légèrement son décolleté et elle sortit du fourgon de TF1.

« Vous êtes prêt ? Ça va bientôt être à vous ? »

Elle tapota son oreillette pour la mettre bien en place, décidément, c'était vraiment pratique de pouvoir communiquer avec le staff de cette manière.

« C'est bon on a fini de régler les cam, on est ready » dit sur ses talons, ce très cher Sulivan, sportif à la retraite qui l'assistait dans son show.

Et aujourd'hui, était un numéro spécial.

Elle se posta le long de l'allée de d'hortensia violet qui amenait devant la grande porte de la cage aux malades, fit un signe à Sulivan, qui démarra la caméra en attendant le signal du plateau télé.

« Et tout de suite un retour sur la tragédie qui a eu lieu dans la région Grenobloise avec quelques huit morts, Sulivan Carsy et Sabrina Carsson »

« Allez-y » dit la voix dans son oreillette, elle plaça son micro devant sa bouche, attendit quelques secondes, puis commença.

« Oui Anne, nous sommes ici devant l'hôpital de La Tronche où un homme d'une soixantaine d'année a tout simplement asphyxié les patients du service de réanimation avant de sauter du 4ème étage »

Quelques patients sortaient affolés par la porte d'entrée, prenant leur jambes à leur cou, des femmes enceintes, comme des vieux en fauteuil roulant, elle avait l'impression d'assister à une migration de fauves.

« Nous ne savons pas pourquoi cet acte fut commis hier soir aux alentours de 23 heures environ, selon le personnel, encore sous le choc. »

Regardant du coin de son œil noirci les voitures de la police scientifique arriver pour délimiter la zone de mort, elle soupira intérieurement, les images choc ne seront pas pour aujourd'hui.

« Eh vous! Sortez d'ici c'est une zone sous surveillance vous n'avez rien à faire ici ! »

Les sirènes de police s'arrêtaient, tandis que les patients de l'hôpital étaient conviés à passer par derrière, par la grande porte vitrée, traversaient en masse des hommes en blancs, transportant des brancards empestant l'odeur de décomposition.

« D'ailleurs, voici venir un homme de la police, monsieur, est-ce que l'enquête a déjà été lancée et connaissons-nous les motifs de le terrible et tragique (dit-elle en insistant sur ce dernier mot) accident ? »

Le policier, un petit châtain complètement désorienté par la façon dont la journaliste exercée l'aborda, se mit à chercher ses mots, ne sachant pas ce qu'il pouvait dire, essayant de ne pas jeter de coups d'œil au corps de la femme en face de lui, qui se dévoilait impudiquement à ses yeux.

« Eh ben, je..

« Et à propos des noms des victimes, quand pourront nous les savoir pour faire un lien avec le meurtrier ? » elle s'avança encore le laissant se noyer dans son parfum de Givenchy qu'elle mettait toujours en excès.

« il faut dire que.. » il se recula d'un pas, reprenant un souffle.

« Il faut dire que l'enquête avance bien, et que nous sommes sur nos pistes, qui ne pourrons être divulgué publiquement. » interviens un autre policier, saisit son collègue par l'épaule, pour le tirer du charme de la dévoreuse de parole, qui semblait bien déçue de l'intervention qui avait sauvé le junior de passer à la casserole.

« Si l'horreur est bien présente, les familles des victimes seront appelées dans la matinée, pour qu'ils puissent commencer un deuil, des plus terribles » termina la journaliste, à moitié déçue, éteignant son micro en laissant le journal continuer, elle avait quand même gagné sa journée, mais elle ne laisserait pas repartir ce petit homme bleu sans avoir décroché son scoop.

« Putain Mathieu, je t'avais déjà de ne jamais répondre aux questions des journalistes, ! Ce sont de vrais rapaces ! » Les yeux furibonds de l'homme au costume bleu durcissaient les traits de son visage mate, ses cheveux bruns se balançant devant son visage, le rendant peu crédible.

S'appuyant contre l'arrière du fourgon, le plus petit des deux soupira, il avait gaffé mais déprimé à l'idée que son chef continue de le gronder comme un enfant, s'excusa avant de retourner avec sa patrouille pour rentrer au poste.

La famille arrivait déjà, blanc comme des linges, les yeux mornes et brillant d'un espoir désespéré, courant jusqu'aux corps des défunts que l'on commençait à apporter dans le camion funéraire.

Les sanglots déchirants d'une femme commencèrent à se faire entendre, c'était le début de la fin.

« Sale temps » pensa à voix haute le policier, se dirigeant vers sa voiture de fonction, commençant à sentir la pluie tomber, des nuages noires avaient envahis toute la voûte céleste, plongeant la ville dans une semi-obscurité, tendit que le vent ne faisait de plus en plus insistant.

Les montagnes tout autour de la ville devenaient de grandes masses noires qui donnaient presque l'impression de bouger au fil du temps, les géants du brouillard tournaient autour de la ville, donnant à Mathieu l'impression d'étouffer dans son petit coin.

« Est-ce que vous l'avez vu.. ? »

Une main lui tirait la manche. Des doigts glacés lui touchèrent la peau

En se retournant en étant brusquement sorti de ses pensées, il vit un enfant d'environ 16 ans, la gorge bleue-violette, les yeux livides, son teint était très pâle, encadré par des cheveux blonds, il titubait.

« Qu'est-ce que tu cherches petit ? » dit-il en essayant d'être rassurant.

« Mon.. »

« Qui est ce gosse Mat ? » demanda son chef, lui yeux froncés de suspicion.

« Je ne sais pas, il vient de commencer à me.. »

« MON CORPS, OU EST MON CORPS ? DONNEZ MOI MON »

« De quoi tu parles ?! » Mat de plus en plus inquiet n'arrivait pas à se défaire de l'emprise du plus petit, beaucoup plus forte qu'il n'y paraissait.

Ses yeux, ils, étaient blancs.

« RENDEZ MOI MON CORPS ! RENDEZ-LE..M »

Un éclair éclata

Il s'effondra sur le sol, comme si la vie l'avait subitement quittée, le sang gouttait de sa bouche et de ses yeux vitreux, perlant sur sa peau.

Tout d'un coup, Mathieu se rappela la marque que l'enfant avait au cou.

Un profond malaise le saisit, il vomit ses tripes tandis que son supérieur se précipita auprès de lui.

Ces marques, elles étaient toutes présentes sur les personnes qui avaient été étranglées.

Elles étaient mortes.

Un éclair éclata de nouveau, déchirant le ciel.


Je ne me souviens pas.

Qu'est-ce qui s'est passé ?

J'ai l'impression d'être sorti d'un très long rêve..

Pourquoi ce sentiment me ronge t-il ?

Je ne comprends pas d'où elle vient.

Cette explosion de colère.

Mes paupières se soulevèrent lourdement. J'avais des fourmillements dans tout le corps, quelques tremblements me secouèrent. J'entendais le bruit régulier des machines autour de moi.

L'effort de me redresser fut trop intense la première fois, je m'écroulai, essoufflé.

La deuxième tentative fût la bonne, ma vision était trouble et revenait petit à petit.

La pièce était sombre, des lumières clignotaient pourtant un peu partout. La porte du couloir était grande ouverte pourtant. Je voyais quelques tuyaux reliés à mes avant-bras, en tournant la tête à droite je ne voyais plus le vase de fleurs dont j'avais le souvenir, bizarre.

J'entendais des bruits diffus dehors, comme si des troupeaux marchaient vers moi, j'avais du mal à distinguer quoique ce soit dans ce fouillis de voix diffuses.

Tâtonnant un peu dans la semi-obscurité, je commençais à apercevoir une forme sur le sol qui m'inquiétait.

Je pressai le bouton de l'interrupteur.

Du rouge.

Des flots de rouge dévalaient en rivière autour de mon lit.

Un souffle violent de vent fit voler des morceaux de papiers autour de moi tandis que la lampe vacilla un instant.

Par terre, un homme allongé que je ne pouvais pas identifier, me tournant le dos.

Un trou béant dans les côtes.

Tout était sens dessus dessous dans la chambre, les papiers déchirés ou éparpillés dans toute la pièce, les flacons de médicaments brisés.

Les larmes me montaient aux yeux, ma mâchoire ouverte de stupeur sur le massacre devant mes yeux me semblaient s'être décrochés tant mes dents claquaient, je serai fort mes avant-bras, mes ongles entaillant ma peau.

Je me mis à pleurer, pleurer à chaudes larmes.

Je ne pleurai pas parce que j'avais peur,

Je ne pleurai pas parce que c'était horrible.

Je pleurai par tristesse, parce que, au fond de moi, je savais..

Je savais que j'étais celui qui avait tué cet homme


« Racontez-moi encore comment avez-vous fait, ça ? »

Le dégoût dans les derniers mots de la femme noire me donnait l'impression qu'elle me crachait dessus.

Ses sourcils se froncèrent sous ses lunettes noires fumées, je savais que parler avec moi l'excédait, pourtant c'était son travail de déterminer ou non s'ils voulaient me lobotomiser pour le reste de ma vie, trop dangereux pour vivre une vie, humaine.

Mes yeux, fatigués de cette pièce blanche où j'étais enfermé depuis un moment se retrouvaient, étaient brouillés par tant de sensation d'un coup, voir tant de couleurs après n'avoir vu que du blanc avait failli me faire perdre la raison.

Sa combinaison noire semblait tout droit sortie de l'enfer, faisant des bruits crispants à chacun de ses mouvements, envoyant des ondes de souffrance dans mes oreilles.

« C'est donc bien vous qui avez horrifié ce pauvre policier »

« Ça faisait tellement longtemps que je dormais, je voulais juste, marcher, mais quand j'ai voulu prendre la place du garçon dans sa tête, je ne pensais pas qu'il résisterait autant parce que mon corps était endormi.. »

« C'est donc vous qui l'avez tué ? »

Une seconde

Deux secondes

Trois secondes d'un silence insoutenable engloutis la salle d'interrogatoire de la police.

« Il était..en train de mourir, je, ne le savais pas, c'est pour ça qu'il s'est effondré juste après que je sois parti de lui. »

« Et vous en avez profité pour vous enfuir je suppose, sujet 3. »

Mes mains se crispèrent.

« Arrêtez d'utiliser ce nom... »

« Sujet 3 du département de recherche clinique, dites-moi comment avez-vous tué ces humains ?! »

Ses poings tombèrent sur la table, sa main gauche touchèrent le métal froid de son pistolet à sa ceinture, elle avait le droit.

Elle pouvait.

Elle aurait pu, mettre fin à ma vie dangereuse pour eux.

« Je..je...je ne voulais pas » dis-je en retenant mes sanglots « Je ne pouvais pas...retenir toute cette rage..quand j'ai quitté mon corps, ma conscience s'est noyée.. »

« Noyée dans quoi ? Dans votre culpabilité ? » souligna l'enquêtrice, fier de sa mauvaise blague qui ne fit que me mettre plus mal à l'aise

« DANS CETTE COLÈRE » hurlai-je « DANS LA COLÈRE QUI HABITAIT CETTE » je fus projeté contre le mur blanc, maintenant taché de cette couleur, de ce rouge.

Me forçant à me relever malgré l'absence de force de mes jambes, elle me flanqua deux gifles qui sonnèrent dans mes oreilles pendant de longues minutes, avant de me jeter de nouveau sur ma chaise, pour s'asseoir comme si de rien n'était à sa place, entendant de nouveau que je lui déballe encore mon histoire.

« De cette colère qui habitait cet homme, envers le monde, la façon dont les grands gagnent leur vie, la façon dont ils sont soignés par rapport à lui..colère d'être lui et qu'ils soient eux.. »

« Donc, si je comprends bien, vous avez tué ces gens parce qu'ils étaient bourgeois, d'après cet homme que vous veniez de connaître.. » le silence se fit de nouveau pendant quelque secondes, je n'osa pas fixer le mur gris de la salle, ni la grande fenêtre noire vitrée derrière laquelle, bien d'autre gens devaient se foutre de ce que je racontais, encore.

« Non, j'étais, prisonnier de sa colère, je ne pouvais rien faire je n'étais pas assez fort pour l'empêcher de faire ça, sa soif de vengeance était trop grande.. » lâchai-je.

« MONSIEUR LANGEVIN ÉTAIT UN HOMME DROIT, JAMAIS IL N'AURAIT COMMIS DE PAREIL CHOSES SOUS LE COUP DE LA COLÈRE ! »

Elle pointa son pistolet sur mon front, mais se contenta de tirer une balle dans mon bras.

Le silencieux atténua le bruit de la balle, mais le tir me fit presque plus mal que la douleur d'avoir été traversé par un morceau de métal.

« VOS ACCUSATIONS SONT STUPIDES NUMÉRO 3, J'ESPÈRE QUE VOUS TROUVEREZ UN AUTRE DISCOURS DEVANT LE TRIBUNAL, QUAND ON VOUS ENVERRA EN AMÉRIQUE POUR ETRE DÉTRUIT»

Elle me força à me lever pour m'emmener dans ma cellule, mes os se brisaient à chaque mouvement qu'elle me faisait faire, passer sous une broyeuse m'aurait fait moins mal je pense.

On épongea mon sang pour qu'il ne reste plus une goutte de rouge, me remit ma camisole, puis me jeta de nouveau dans le blanc, il fallait que je retire cette balle, elle me rendait fou de douleur.

Je ne sais pas combien de temps je resta là, puis tout d'un coup, un bruit assourdissant me vrilla de nouveau les oreilles, cela me semblait à des hurlements qui se propageaient dans mes oreilles, recroquevillé de douleur, je ne pus voir que deux silhouettes bien plus grandes que moi, un coup, et ce fût le noir.

Mon corps me semblait flotter, tandis que j'entendais des mots qui me venaient de temps en temps.

Soin

Jardin

Bois

Pension