Disclaimer : L'univers et les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés.

Merci aux revieweuses, mes rayons de soleil ! C'est grâce à vous que cette fic continue à être publiée régulièrement, voire parfois (certaines semaines, c'est un peu difficile) à exister.
Merci aussi aux nombreux lecteurs anonymes et à tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte.

Pour répondre à certains MP, et au cas où le sujet intéresserait d'autres personnes : OUI, l'histoire va très bientôt (encore quelques chapitres toutefois… Severus reste Severus, hein !) devenir un peu « citronnée », par moments (l'influence de Dumbledore sur le climat de Poudlard ? :). Mais il n'est, pour le moment, pas dans mes intentions de « faire » dans le « lemon » explicite. On en restera donc, à partir de ce moment-là et jusqu'à nouvel ordre (mais sait-on jamais où nos personnages peuvent nous amener…) au « lime » et au rating T. Si un M venait à s'imposer à ma plume et aux yeux de mes lecteurs les plus chastes, je ne manquerais pas de vous prévenir )
Bises.


Halloween eve

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Lorsqu'Hermione pénétra dans la Grande Salle, le mardi matin, pourtant en avance sur son horaire habituel, Severus était déjà là, assis devant une tasse de café fumant, un journal déplié sur la table à côté de lui. Les cernes autour de ses yeux dénonçaient ses nuits sans sommeil, et il arborait l'air avenant d'un hippogriffe à qui on viendrait de botter le derrière.
Il ne se décida à lui jeter un rapide coup d'œil que lorsqu'elle vint délibérément s'assoir sur la chaise voisine de la sienne. Lisant l'incertitude et une certaine gêne dans son langage corporel, elle lui sourit, choisissant de jouer la carte de la normalité, comme s'il ne s'était rien passé d'inhabituel au cours des trois derniers jours.

—Bonjour Severus, comment allez-vous, ce matin ? Le temps s'est rafraichi, vous ne trouvez pas ? Ça ne m'étonnerait pas plus que ça qu'il neige de bonne heure cette année, Fit-elle d'un ton enjoué en attirant une corbeille de toasts d'un Accio paresseux.

—Je vais bi… mieux (elle s'était souciée de lui, elle lui avait apporté plus de réconfort en deux jours, qu'il n'en avait jamais eu dans toute sa vie, elle méritait mieux que des faux-semblants), je vous remercie... Il se mit à jouer avec sa petite cuillère, laissant passer un silence assez long pour en devenir presque gênant. Je… je vous remercie pour tout ! reprit-il très vite en baissant la tête, laissant ses longs cheveux dissimuler son visage.

Attrapant un toast dans la corbeille qui venait de s'arrêter devant elle, elle se mit à le beurrer, comme si recevoir des remerciements embarrassés de Severus Snape au petit-déjeuner était quelque chose d'on ne peut plus naturel et banal.

—C'est moi qui vous dois des remerciements. Votre potion… Seigneur ! Vous êtes un véritable génie, je n'avais pas aussi bien dormi depuis des années. Et… et le livre est magnifique, vraiment, c'est un très beau cadeau, j'en suis presque gênée !

—Ce n'est rien, il était dans ma famille depuis… sûrement depuis sa parution, en fait. Je suis content qu'il vous plaise. Et il est certainement beaucoup moins précieux que… il baissa brièvement les yeux vers son poignet gauche, et le cœur de la jeune femme fit inexplicablement un double salto dans sa poitrine. Caché sous ses longues manches, il portait son bracelet ! « Vous n'auriez pas dû vous défaire de… que va penser miss Lovegood ? »

Après avoir hésité plus longtemps que nécessaire entre deux parfums, afin de se donner une contenance, elle se saisit, finalement au hasard, d'une coupe remplie de confiture de framboises, et répondit tout en continuant, en apparence tranquillement, à préparer sa tartine d'une main dont elle s'efforçait de cacher le tremblement.

—Tss tss! Je ne veux pas entendre un mot à ce sujet ! Et Luna me connait assez bien pour comprendre que je dois avoir une très bonne raison de ne pas le porter, et ne pas s'en offusquer (au besoin, elle lui dirait la vérité, mais cela, il n'avait pas besoin de le savoir). « À ce propos elle est mariée maintenant, et revendique le nom de Scamander. »

Manifestement soulagé par le ton de la conversation, il porta sa tasse à ses lèvres, entrant dans son jeu.

—Scamander… Rolf Scamander, le petit-fils de Newt ? Voyons… entré à Poudlard en 1992, la même année que miss Lovegood et Ginevra Weasley, réparti à Poussouffle, passablement doué en potions… il s'intéressait beaucoup aux créatures magiques, si mes souvenirs sont exacts, un trait de famille je suppose. Je suis certain qu'ils forment un couple tout à fait… assorti !

—Et encore, vous n'avez jamais rencontré les jumeaux ! Gloussa Hermione en retour en mordant dans le toast, et en récupérant du bout d'un doigt une miette au coin de sa bouche. Puis, avisant du coin de l'œil la porte qui commençait à pivoter sur ses gonds, elle ajouta rapidement, en posant une main sur le journal, à côté de la sienne, mais en prenant bien garde de ne pas le toucher : « Plus sérieusement Severus, n'oubliez pas que je serai là si vous éprouvez le besoin de parler de tout ça. Peu importe le temps qu'il vous faudra pour être prêt. Je veux que vous sachiez que vous pourrez toujours compter sur moi. A n'importe quel moment.»

Avant qu'il ait pu répondre, Minerva McGonagall et Filius Flitwick firent leur entrée dans la salle en discutant, suivis de près par les autres professeurs, et les premiers groupes d'élèves. Après avoir émis un grognement évasif qui pouvait au choix, être interprété comme une improbable réponse, ou passer pour une vague salutation à l'adresse de ses collègues, il finit d'avaler sa tasse de café, replia son journal et se leva.

—Toujours aussi gracieux de bon matin, notre cher directeur. Plaisanta le petit professeur de sortilèges. « Lorsqu'il enseignait, je plaignais les élèves qui avaient potions en première heure. »

—Seulement ceux-là ? Rétorqua Hermione, qui répondit par un sourire radieux au regard orageux que lui adressa Severus avant de se diriger d'un pas raide vers la sortie. « Mais je constate qu'il n'est pas le seul à ne pas être du matin », détourna-elle l'attention en désignant du menton Neville, qui avait l'air encore aux trois-quarts endormi.

—Dans le cas de Neville, je dirais que j'envierais plutôt ses élèves, rétorqua Filius… Un éclat de rire général conclut cette sortie, et Hermione se leva à son tour, en s'excusant. Elle devait se préparer pour les premières visites médicales du jour.

En ce début d'automne, l'infirmerie était calme, seuls deux lits étaient occupés. L'un par un Serdaigle de quatrième année qui s'était légèrement blessé la veille pendant l'entrainement de Quidditch, et l'autre par une Gryffondor de seconde année, à qui sa mère n'avait manifestement pas jugé utile de parler des réalités de la vie de femme, et que Maggie lui avait amenée, en pleurs, une heure plus tôt, à la demande d'un Neville un peu dépassé par la situation. Rassurée après les explications données par les deux femmes, la gamine s'était assoupie après avoir avalé une potion contre les maux de ventre, et un léger sédatif.

Après vérification de son état, Hermione donna au garçon l'autorisation de rejoindre ses quartiers, et de reprendre ses cours après le déjeuner.
Elle rejoignit ensuite Poppy Pomfresh, qui était passée lui donner un coup de main, dans l'alcôve où se déroulaient les visites médicales. Depuis la rentrée, ils avaient rencontré un cas de maltraitance avérée, sur un Poussouffle de seconde année, et trois fortes suspicions qui demandaient enquête plus approfondie, concernaient deux Serpentards, un de première année et un de quatrième année, et un Serdaigle de troisième année, tous de sang pur. Averti, le Ministère se chargerait de régler les problèmes avec les familles, et éventuellement de confier les enfants à des proches ou de leur nommer des tuteurs. Hermione était atterrée par ces résultats, à peine deux semaines après le début des visites, qui étaient loin d'être terminées. Severus quant à lui, s'était contenté de hocher la tête d'un air sombre, qui disait qu'il n'était pas plus étonné que cela.

Le dernier des élèves convoqués de la journée examiné, Poppy était repartie chez elle, après avoir partagé le thé d'Hermione. C'était la première fois que le directeur ne se montrait pas depuis qu'il avait instauré le nouveau règlement. Il apparut en fin d'après-midi, dans un tourbillon de robes de travail, venant manifestement tout droit de son laboratoire. Depuis qu'il n'enseignait plus, il avait en effet renoncé à porter en permanence les immenses robes, protection nécessaire lorsqu'on travaille avec des produits souvent corrosifs, qui lui avaient valu son surnom de chauve-souris des cachots. Après un coup d'œil en diagonale aux dossiers du jour, il s'apprêtait à tourner les talons, sans avoir prononcé un seul mot, lorsqu'Hermione sembla se matérialiser devant lui. Il évita de justesse la collision en marmonnant dans sa barbe une réflexion sur certaines Gryffondors qui étaient pire que des sangsues assoiffées en manque de sang frais.

—Je peux tout à fait comprendre que vous n'ayez pas envie de parler, mais cela ne vous dispense pas d'être poli.

—Je…

—Vous ?

Elle soutint sans ciller son regard hautain, et elle obtint sa victoire lorsqu'il détourna les yeux.

—C'est bon ! Je… suis désolé, là vous êtes contente ? C'est... je ne suis pas tellement à l'aise avec… et ce qui s'est passé… vous n'auriez jamais dû être mêlée à tout ça ! Une raison de plus pour moi d'en vouloir à Dumbledore !

—Vous n'avez pas à être gêné, Severus. Pas avec moi. Je vous jure que cela restera entre nous. Mais vous ne devriez pas garder ça à l'intérieur. Ça va vous ronger. Rassurez-vous, je ne vous en reparlerai plus après ce soir, mais pensez-y… J'ose espérer que vous me considérez un peu comme… une amie. En tout cas, en ce qui me concerne, c'est le cas. Bonsoir, Severus, prenez soin de vous. Après tout, vous avez une potion de sommeil qui est encore en période de test, et je refuse d'assumer toute seule le rôle du cobaye !

La routine avait repris ses droits, avec les visites bihebdomadaires, mais Severus semblait avoir suspendu leurs recherches sur le cas de Potter, faisant, avec une logique certaine, valoir le fait qu'il était idiot d'avancer ainsi à l'aveugle alors qu'ils pourraient bientôt 'étudier' Harry directement, et avoir ainsi une meilleure idée de la direction à leur faire prendre. La conséquence de cette pause fut la diminution notoire des longues soirées passées dans l'ancienne salle de potions.

Hermione savait, par Dina et Missy, devenues ses complices, qu'il n'avait pas remis les pieds dans le bureau directorial depuis la scène mémorable des aveux de Dumbledore, traitant les affaires courantes depuis ses appartements. Appartements dans lesquels il passait d'ailleurs le plus clair de son temps, n'apparaissant plus aux repas que très occasionnellement. Il recevait ceux qui lui demandaient audience dans un autre bureau de la tour directoriale, et s'arrangeait pour rencontrer les sous-directeurs dans la salle des professeurs, lorsque l'organisation de l'école le nécessitait.

Octobre vit l'installation des Potter à Poudlard. Le premier contact entre Harry et Severus se passa mieux que tous auraient pu l'espérer. Les souvenirs du Maître des potions et le temps passé avaient fait leur œuvre dans l'esprit du jeune homme, et si l'on n'aurait pas véritablement pu qualifier la rencontre de cordiale, c'était plus dû à une certaine gêne réciproque de la part des deux protagonistes qu'à l'ancienne hostilité qui les avait jadis séparés.

Le mois d'octobre vieillissait et l'humeur du directeur, les rares fois où il daignait les honorer de sa présence, semblait s'assombrir au même rythme que les jours. Hermione, bien qu'un peu étonnée d'un tel comportement, plus de deux semaines après les faits, mettait cela sur l'appréhension qui précédait la nouvelle organisation de l'école, qui prendrait effet au début du mois suivant. Lorsqu'elle pénétra dans la Grande Salle, au matin du trente et un octobre, elle réalisa soudain, en voyant la décoration d'Halloween à laquelle Minerva et Filius étaient en train de mettre la dernière main, à quel point elle se trompait.

Se traitant mentalement d'idiote, elle chercha machinalement des yeux la silhouette sombre à sa place habituelle, et ne fut pas étonnée de son absence. Cette date était certainement celle qui rappelait le pire de ses souvenirs à Severus. C'était le soir d'Halloween 1981 que les Potter, que la femme qu'il avait aimé plus que tout, étaient morts, assassinés par Voldemort. Au même moment, elle réalisa également, qu'année après année, Dumbledore l'avait obligé à assister au banquet organisé à cette occasion pour les élèves. Il avait soigneusement entretenu sa douleur et sa culpabilité en le forçant à célébrer cet odieux anniversaire dans une ambiance de fête et de rires. Son mépris pour le vieil homme qu'elle avait autrefois tant admiré monta encore d'un cran. Si selon Severus il n'avait rien eu à envier à Machiavel, selon elle, il n'avait non plus rien eu à envier à un certain 'divin marquis'… et sadisme pour sadisme, elle était pratiquement certaine que les tortures psychologiques de Dumbledore avaient laissé plus de séquelles sur Severus que les tortures physiques infligées par Voldemort.

Il fit tout malgré tout une brève apparition au repas du soir, le visage soigneusement neutre de toute expression, manifestement verrouillé par l'Occlumencie. Il se retira la dernière bouchée avalée, sans avoir adressé la parole à qui que ce soit. Hermione, qui n'avait guère plus mangé que lui, se leva à son tour. Les premiers effets des excès de nourriture et de sucreries n'allaient pas tarder à se faire sentir, et elle se devait d'être à l'infirmerie lorsque cela arriverait, se justifia-t-elle… ce qui n'était qu'une demi-vérité. Il arrivait presque à la bifurcation du couloir qui descendait vers les cachots, lorsqu'elle le rattrapa.

—Severus !

Il ne ralentit pas le pas, il ne tourna même pas la tête pour voir qui l'appelait.

—Qu'est-ce que vous me voulez ? Cracha-t-il par-dessus son épaule. « Pourquoi n'êtes-vous pas en train de vous amuser avec vos amis ? »

—J'ai terminé mon repas, répondit-elle, ignorant délibérément son ton peu engageant, en le rejoignant. « Et je n'ai pas tellement le cœur à faire la fête. D'autant que je pense que, si je me fie à mes souvenirs de scolarité, l'infirmerie va tourner à plein régime, cette nuit et demain. Je vais faire du café, je vous en offre un ? Et ne prétendez pas que ça vous empêcherait de dormir, à mon humble avis, vous n'avez aucune intention de vous coucher, cette nuit. »

Ils étaient arrivés devant la porte de l'infirmerie, et elle se décalait pour l'inviter à entrer. Il ne se rendit vraiment compte qu'il l'avait suivie, oubliant de tourner vers les cachots, que lorsqu'ils se retrouvèrent dans son salon, après avoir traversé le dortoir encore vide.

—Asseyez-vous, Severus ! Maintenant que vous êtes là, autant le prendre, ce café. J'en ai pour une minute.

Termina-t-elle en entrant dans la petite cuisine attenante au salon.

TBC