Disclaimer : L'univers et les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés.

Bonjour, et encore un immense MERCI pour vos si gentils LUMOS ! (Et pour ceux à qui je peux répondre, encore désolée d'avoir été aussi tardive cette semaine).
S'il vous plait... continuez ;)
Juliana : ne t'inquiètes pas il va y avoir une petite explication entre Hermione et Severus, au sujet de la promesse en question.
Manon : A vrai dire, j'hésite encore un peu... ou alors il y aura un niveau "intermédiaire" :)
Mamy83 : Me voilà, voici la suite ! ;)
Leslie : Je ne pense pas que ça va vraiment être Voldemort "en personne" (en fait j'hésite encore entre plusieurs hypothèses, hi hi). La conversation entre Hermione et Severus arrive… et je crois qu'il a déjà compris qu'elle tient à lui ;)
Lilie : Coucou ! La suite tout de suite (et s'il n'y avait pas de solutions, bien que je ne sache pas encore au juste lesquelles, il n'y aurait pas d'histoire... ;)
Merci aussi aux nombreux lecteurs anonymes et à tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte.

Voici la deuxième partie du chapitre initié la semaine dernière.


Cicatrices anciennes

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Après la sortie d'Hermione, un silence pesant s'était installé. Ginny sanglotait silencieusement dans les bras de Harry. Severus, le visage verrouillé par l'Occlumencie, semblait avoir oublié qu'ils étaient là. Il brûlait d'envie de rejoindre la jeune femme, mais il savait que sa présence ne serait pas la bienvenue. Il aurait dû partir, mais il ne pouvait se résoudre à se lever. A la laisser. Les autres ne comptaient pas, ils pouvaient bien aller au diable ! Tous. Mais il l'avait blessée, et cela, il ne le supportait pas.

Lorsqu'elle revint dans le salon faisant léviter devant elle deux plateaux, il ne put qu'admirer le sang-froid dont elle faisait preuve. Le thé et les sandwiches se posèrent, avec tout de même un peu moins de douceur qu'il n'aurait été nécessaire sur la table basse, dans un tintement de porcelaine malmenée, pendant qu'elle reprenait sa place dans son fauteuil, sans un mot. Ses yeux étaient gonflés et rougis, mais elle s'appliquait à garder une expression rigoureusement neutre. Il ne put s'empêcher de penser qu'elle n'aurait sûrement, elle, eu aucun mal à devenir un bon Occlumens.
Ginny avait eu le temps de se calmer et essuyait discrètement ses larmes…

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…Harry reposa sa tasse sur la table, et regarda Severus d'un air hésitant, en se raclant la gorge.

—Hummm ! Professeur, est-ce que je peux vous demander quelque chose ?

Malgré sa volonté affichée de ne pas intervenir, Hermione ne put se retenir plus longtemps.

—Qu'est-ce que tu veux encore ? Tu ne trouves pas que tu en as déjà assez demandé pour aujourd'hui ? Aboya-t-elle, ses yeux lançant des éclairs qui n'avaient rien de bienveillants.

Harry eut la décence d'avoir l'air gêné.

—Non, Mione, je… ce n'est pas… c'est juste une… question.

—A quel propos ? S'enquit le Maître des potions avec lassitude. Autant en finir le plus vite possible.

—A propos de… de mes parents. Enfin, surtout de… ma mère. Sirius et Remus m'ont parfois parlé de mon père, mais ils n'étaient pas vraiment proches d'elle. Enfin, pas avant qu'elle ne sorte avec James. J'aimerais savoir comment elle était... avant. Vous êtes le seul à l'avoir vraiment connue, vous étiez amis, même avant Poudlard.

Severus ne répondit pas immédiatement, son regard s'était fixé sur un point sur le mur, qui semblait soudain le fasciner au plus haut point. Mais il ne semblait pas en colère, juste… résigné. Il soupira. A tant que faire, puisqu'ils étaient là, autant avoir aussi cette conversation aujourd'hui, et vider l'abcès une fois pour toutes. Harry avait l'air anxieux et jetait des coups d'œil nerveux alternativement au Maître des potions et à Hermione, qui fulminait une fois de plus intérieurement contre son ami. Elle aurait préféré que ce sujet ne soit pas abordé aussi vite.

—Je ne sais pas… Tenta-t-elle.

—Laissez, Hermione, l'interrompit Severus en levant une main. Puis, se retournant vers Harry. « J'ai bien peur de ne pas pouvoir être vraiment objectif, en ce qui concerne votre père, même après toutes ces années… »

—Je sais. Mais je sais aussi que vous serez assez honnête pour essayer de le rester le plus possible.

—Vous présumez de beaucoup de choses, en ce qui me concerne, Potter !

—Je pense avoir un peu évolué depuis que j'étais à l'école, Monsieur, j'ai appris à mesurer mes jugements, et je ne me buterai pas si vous me dites que mon père était un 'salaud arrogant'… c'étaient à peu près les termes que vous aviez employé à l'époque, non ?

Un rictus amer étira les lèvres de Severus.

—Et je les maintiens, du moins en ce qui concerne son comportement envers moi. Ce qui ne veut pas dire qu'il l'était pour la plupart des autres.

—J'ai compris et j'ai admis cela, professeur, en vérité, je suis désolé pour vous et j'aurais voulu avoir le courage de venir vous le dire, après cette séance désastreuse. J'en ai été presque malade, pendant plusieurs jours, mais j'étais tellement…

—Buté, oui, je crois que j'avais remarqué. Il a d'ailleurs mieux valu que vous ne soyez pas venu… je ne suis pas certain que vous auriez été bien reçu ! Et pour l'amour du ciel cessez de m'appeler Monsieur, ou Professeur ! Dieu merci, vous n'êtes plus mon élève, et vous connaissez mon prénom !

Un ange passa. Au bout d'un moment, Severus reprit la parole.

« Je suis originaire de Cokeworth, une banlieue industrielle, située au nord de Manchester. Nous avions neuf ans lorsque la famille de votre mère est venue s'installer à quelques pâtés de maisons de l'endroit où j'habitais, dans la zone résidentielle qui bordait la cité ouvrière. Son père était ingénieur, le mien ouvrier. Socialement, un monde séparait nos deux familles, mais sur le terrain de jeux du quartier, les enfants n'étaient plus que des enfants. J'ai très vite remarqué qu'elle était différente des autres. Je n'étais déjà pas très sociable, à l'époque, et je me cachais dans le tronc d'un arbre creux pour l'observer. Je n'avais pas l'intention de l'aborder de cette manière, mais le jour où Petunia, dont vous connaissez l'adorable caractère, l'a traitée de monstre, je n'ai pas pu me retenir. Vous avez vu ce souvenir-là. Lily était une fillette vive et intelligente, elle avait un caractère bien affirmé et ne se laissait pas facilement intimider. Les autres gamins… Bref, elle a été la première... La seule. À me tendre la main. Jusque-là, j'avais toujours été seul. Cette année-là, j'ai découvert le sens du mot 'amitié'. J'ai aussi découvert à quoi ressemblait une vraie famille. Une famille où les parents ne se déchiraient pas, où l'on pouvait parler sans crier, où l'angoisse d'entendre sa mère hurler au cœur de la nuit, ne le disputait pas à celle d'entendre ses hurlements s'arrêter net… où l'arrivée du père, le soir n'était pas synonyme de peur et de coups. En m'ouvrant leur porte, vos grands-parents m'ont offert une oasis, dans les pires moments.

Je crois que cette période, entre neuf et onze ans, malgré le climat qui régnait chez moi, a paradoxalement été la plus heureuse de ma vie, et c'est à votre mère que je le dois.

J'attendais depuis des années avec impatience le moment où j'entrerais enfin à Poudlard, je croyais que ma vie y serait différente. Meilleure. Avec Lily à mes côtés, des camarades qui ne me connaissaient pas et avec qui j'aurais pu repartir à zéro… J'étais au paradis lorsque je suis monté dans le Poudlard Express. Et puis j'ai rencontré votre père, et je me suis brusquement retrouvé en enfer…

Votre père… votre père était un Sang pur, dans tout ce que ce terme peut impliquer. Il était le seul enfant d'une famille aimante, il était riche, beau garçon, c'était un enfant gâté à qui personne n'avait jamais rien refusé. Il avait une conscience aigüe de la supériorité de sa caste, et de ce que tout cela pouvait lui offrir. Pour employer une comparaison qui ne va sans doute pas vous plaire, James était un équivalent Gryffondor de Draco Malfoy. Arrogant, il l'était assurément. À sa décharge, c'était dans son éducation, mais il pouvait se montrer absolument charmant avec ceux qui, en quelque sorte, lui… prêtaient allégeance.

Les autres…

Je suis loin d'avoir été le seul élève harcelé par les Maraudeurs tout au long de ces sept années. Vous connaissiez bien l'un d'entre eux, d'ailleurs. A son arrivée à Poudlard, Lupin était presque l'antithèse de James. Sang Mêlé, pauvre, souffreteux, timide et introverti, en bref, la parfaite tête de turc en puissance pour Potter et Black. Il avait toutefois la chance d'avoir été réparti dans la même maison qu'eux, et lorsqu'il eut accepté de se plier à leurs règles, il se retrouva automatiquement sous leur 'protection'. Protection dont il les convainquit de faire aussi bénéficier Pettigrew, qu'il avait pris sous son aile. À la différence, que celui-ci leur garda toujours une rancune de ne l'avoir accepté, lui, sang-pur, que parce qu'un sang-mêlé avait intercédé pour lui, qui devait conduire à leur perte, des années plus tard.

Votre père a commencé son harcèlement avant même de me connaitre, dès notre première rencontre, dans le train. J'étais chétif, mal habillé, et j'avais eu le malheur de dire à voix haute que je souhaitais être réparti à Serpentard… mais avec le recul, je pense surtout que c'était en grande partie à cause de Lily. »

—De ma mère ? Mais il ne la connaissait pas !

—Non, mais je suis presque certain que, sans aller jusqu'à dire qu'il en est tombé amoureux à onze ans, il a dû être impressionné par elle dès le premier regard. Lily était très jolie, elle avait de longs cheveux roux et d'immenses yeux verts, très légèrement en amande. On vous a souvent dit que vous avez les yeux de votre mère. En fait, ce n'est pas tout à fait vrai. Ils ont exactement la même couleur que les siens, mais leur forme est différente. Elle avait les pommettes hautes et un teint de porcelaine. Elle n'a jamais été quelconque, et même l'adolescence n'a eu aucun effet néfaste sur elle. Elle souriait facilement et n'avait aucun mal à se faire des amis… Elle a été ma seule amie, mais c'était très loin d'être réciproque. Elle était très populaire, et le fait qu'elle lui résiste a incité James à se focaliser sur elle dès le départ. Et il ne supportait pas de savoir que moi, Sang-mêlé loqueteux issu des plus basses classes de la société moldue, je puisse être son meilleur ami. Votre père ne tolérait pas de ne pas être le centre de l'attention, lorsqu'il était en public. Si Lily avait été un garçon, elle aurait certainement aussi été la cible de son harcèlement, mais elle avait la chance d'être une fille, et un Sang-pur ne s'en prend jamais à une femme. toujours l'éducation… Règle quelque peu galvaudée par les Mangemorts, d'ailleurs.

Le jour de...de la… scène au bord du lac a été l'un des pires de ma vie d'adolescent. Vous avez vu ce qu'il s'est passé, mais vous n'avez pas tout vu, et cela est allé bien au-delà des limites du supportable. Il faisait très chaud, cet après-midi-là, et après la tension des examens, la moitié de l'école était descendue au bord de l'eau pour se détendre et prendre le frais. Après que je l'ai traitée de… enfin… elle est partie, et ils ont continué à 's'amuser' avec moi pendant un long moment, avant qu'un Préfet ne se décide enfin à aller prévenir Slughorn. Lorsqu'ils l'ont vu approcher, de loin, ils ont enfin abandonné leur jouet, et tout le monde s'est dispersé, ce qui fait que lorsqu'il est arrivé, il n'y avait plus rien à voir. Je ne peux pas décrire l'état dans lequel je me trouvais. C'était de la rage à l'état pur. Même l'Occlumencie ne m'a été d'aucun secours ce jour-là. En quelques minutes, j'avais été humilié au-delà du supportable, et j'avais réussi à insulter impardonnablement la seule personne qui avait tenté de me venir en aide.

—Mais, s'il était vraiment comme ça… comment… comment ma mère a-t-elle pu tomber amoureuse de lui ? Elle… cautionnait tout ça ?

—Non ! Lily n'a jamais cautionné ce genre de choses. Elle ne m'a jamais pardonné, mais je sais qu'elle a réussi à convaincre Lupin de raisonner James afin que de tels excès ne se reproduisent pas.
Même si personne, moi le premier, n'a jamais voulu témoigner officiellement de ce qui s'était passé cet après-midi-là, tout le monde, professeurs compris, était au courant. Et malgré l'immunité qu'avaient plus ou moins octroyée Albus et Minerva aux Maraudeurs, de plus en plus de personnes ont commencé à prendre leurs distances avec eux. Non par solidarité envers moi, je n'étais pas particulièrement populaire, mais par peur d'être associés à ce qu'ils appelaient leurs 'plaisanteries' et de ne pas bénéficier, eux, de la même impunité !
L'année suivante, lorsque Black a vraiment dépassé les bornes de ce qui pouvait être tolérable, même par leurs protecteurs, en tentant de me faire tuer par Lupin. Parce que oui, je maintiens qu'il était parfaitement conscient de ce qu'il faisait. Même si Dumbledore les a une fois de plus couverts, principalement afin que Lupin ne porte pas les conséquences de la bêtise congénitale de son ami, Minerva, elle, a commencé à être un peu moins indulgente. Ils ont peu à peu cessé leur harcèlement, même si c'était principalement sur les autres. Moi, je demeurais une cible, lorsqu'ils étaient sûrs que personne, et en particulier Lily n'en saurait rien. Mais à ce moment-là, je n'avais plus personne pour me retenir. Je rendais coup pour coup, et ils avaient appris à se méfier des sorts que j'inventais.

—S'ils n'avaient pas été là, vous n'auriez pas…

Severus émit un soupir fatigué.

—Je n'en sais rien, Potter, offrit-il en intimant d'un regard à Hermione de se taire. « Personne ne peut savoir… Pour en revenir à vos parents, Lily et James ont commencé à sortir ensemble un peu avant Noël de notre septième année. Je ne sais rien de leur vie après Poudlard, j'étais alors plongé dans un apprentissage intensif, et je m'étais même coupé de mes propres maigres fréquentations. Deux ans plus tard, je venais tout juste d'obtenir ma Maîtrise, et je caressais l'idée que je pourrais peut-être essayer d'aller lui parler. J'espérais que peut-être, elle accepterait de m'écouter, de me pardonner. Après tout, quatre ans avaient passé, et j'avais commencé à me construire une nouvelle vie, je n'avais pas encore vingt ans, j'avais réussi à obtenir une Maîtrise en deux fois moins de temps qu'il n'en fallait généralement aux meilleurs, et je n'avais plus ouvert un grimoire de Magie noire depuis Poudlard... C'est alors que je suis tombé sur l'annonce de leur mariage, dans la Gazette. Ils avaient à peine plus de dix-neuf ans, mais nous étions en guerre, et tout le monde vivait dans l'urgence du moment.

—Et deux ans après, ils étaient morts. A cause de moi !

—A cause de vous ? La culpabilité est un sentiment avec lequel je suis familier. A juste titre. C'est ce soir-là que j'ai pris la plus mauvaise décision de ma vie ! Mais vous, Potter, de quoi pourriez-vous être coupable ? Vous aviez un an lorsque vos parents ont été tués. En quoi pourriez-vous être responsable de leur mort ?

—Sans moi, Voldemort ne s'en serait pas pris à eux.

—Non Potter ! Sans moi, il ne s'en serait pas pris à eux. Et même, en creusant un peu plus, nous pourrions dire que sans Trelawney, il ne s'en serait pas pris à eux. Mais au-delà des apparences, même tout cela est faux. Outre le fait que je sais maintenant de source sure que même sans la prophétie vos parents étaient déjà condamnés avant même votre conception, s'il n'y avait qu'une personne à n'avoir aucune responsabilité dans leur meurtre, ce serait vous !
Des parents se sacrifient chaque jour pour leurs enfants, c'est dans la nature des choses, et vous n'avez certainement pas été le seul dans ce cas au cours de cette guerre. Les rendriez-vous responsables de leur sort pour autant ?

Non, la réalité est beaucoup plus prosaïque. Vos parents sont morts, tout simplement, parce que Voldemort avait décidé de se débarrasser de ses principaux opposants. Croyez-vous que toutes les familles de sang pur partageaient ses idées, qu'aucune n'ait tenté de lui résister ? Mais il n'était pas idiot. La mort suspecte des jumeaux Prewett, l'assassinat des McKinnon au complet, et d'une grande partie de la famille Bones avaient déjà commencé à provoquer des murmures et des réticences dans ses propres rangs. Les grandes lignées sont toutes plus ou moins liées par le sang, et il ne pouvait pas, malgré tout, se permettre de se mettre trop de Sangs-purs à dos. Les Potter, tout comme les Londubat, étaient deux des plus anciennes et des plus puissantes familles du monde sorcier, et même parmi ses sympathisants, beaucoup étaient hostiles à leur élimination pure et simple. Croyez-moi, leur sort avait été scellé bien avant votre naissance, et la soi-disant prophétie de cette cinglée lui a fourni le meilleur des prétextes. Il y a beaucoup de coupables dans cette affaire, mais ni vous ni Neville n'en avez jamais fait partie.

—Peut-être, mais après le retour de Voldemort, combien sont morts à cause de moi ?

Personne n'est mort à cause de, ou pour vous Potter, cessez de vous croire le centre du monde. Est-ce vous qui leur avez demandé de s'opposer au Seigneur des Ténèbres ? Vous, qui leur avez ordonné de se battre et de mourir ? Non. Ce qui vous est arrivé lorsque vous étiez enfant à fait de vous un symbole vivant, mais vous n'en étiez pas responsable. En aucune manière. Une bannière n'est pas responsable de ce qui arrive à l'armée qui la suit.
C'est Voldemort qui a, bien involontairement, fait le vous 'le Survivant', et c'est Dumbledore qui a monté tout ça en épingle, saisissant l'opportunité au vol pour créer de toutes pièces son 'Elu', un messie au nom de qui il pourrait demander n'importe quel sacrifice à ses partisans. Je sais que pour vous c'est difficile à croire, à accepter. Il a été un mentor pour vous pendant six ans, comment pourriez-vous admettre aussi facilement qu'il vous a manipulé depuis cette nuit d'Halloween 1981 ?

—Je… j'ai vu vos souvenirs, prof-Severus, et j'ai beaucoup réfléchi pendant ces dix dernières années. J'ai fini par comprendre qu'il n'était pas vraiment ce que je croyais.

—Il a peut-être commis beaucoup d'erreurs au nom de son satané 'Plus Grand Bien', il était prêt à tout pour faire triompher la Lumière, mais vous ne devez pas non plus le diaboliser. Il a sacrifié beaucoup de choses, y compris sa propre vie… Mais il n'aurait jamais dû s'en prendre à un enfant innocent! En cela, je n'ai jamais été d'accord avec lui !

Harry eut un sourire amusé.

—Oh, il a toujours été parfaitement clair dans mon esprit que pour vous, je n'étais pas l''Elu' !

—Détrompez-vous Potter, que j'ai été d'accord ou non, vous l'étiez bel et bien, mais uniquement parce que lui l'avait décidé. Il lui fallait fédérer ses troupes sous une bannière, vous avez été cette bannière, ce symbole. Moi, j'ai simplement essayé de vous faire relativiser les choses, de vous traiter comme un enfant ordinaire. Ce qui ne vous a pas empêché, consciemment ou non, de finir par vous prendre à son jeu. Peut-être était-ce en partie un héritage de l'arrogance des Potter, ou tout simplement l'esprit de contradiction d'un gamin rebelle, mais vous avez marché à fond, et vous avez agi exactement de la manière dont il le voulait...

Il laissa dériver son regard vers les flammes, dans la cheminée.

« Si cela peut vous consoler, vous n'avez pas été le seul à avoir été manipulé par lui depuis l'enfance, et d'être tombé à pieds joints dans ses pièges ! »

Conclut-il comme pour lui-même.

Severus tenta de s'éclipser en même temps que les Potter, mais Hermione avait anticipé la chose, et elle le retint fermement par un bras, tout en refermant la porte derrière ses amis.

—Pas si vite, Severus ! Vous ne pensiez pas vous en tirer aussi facilement j'espère ! Vous allez m'expliquer ce qui a bien pu vous passer par la tête de faire une promesse pareille à Harry ! Vous avez une vocation de martyr ou quoi ?

—Calmez-vous, Hermione, et pour une fois, essayez de réfléchir autrement qu'en Gryffondor. Je ne suis pas fou, vous avez comme moi entendu sa question : même si tout le monde, dans cette pièce, a bien saisi où il voulait en venir, à aucun moment il n'a verbalisé ce à quoi je devais au juste l'aider, et son esprit 'chevaleresque' l'empêchait d'exiger un serment inviolable, que j'aurais d'ailleurs refusé. J'ai en outre bien insisté sur le fait que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour trouver une autre solution… et un esprit avisé peut longtemps trouver de nouvelles pistes à explorer. En tout cas, je n'ai pas l'intention de cesser de chercher de sitôt. Pour le moment, rien n'est désespéré, tant que son état reste stable, malgré ses crises.
Et j'ai confiance en l'esprit Gryffondor de Potter… sa promesse à lui, il la tiendra, ce qui, comme je l'ai dit, nous évitera le souci d'avoir à le surveiller en permanence.
Tout ce que j'ai fait, c'est gagner du temps, et de la tranquillité.

Hermione le regardait, les yeux écarquillés, impressionnée malgré elle par sa rapidité d'analyse et, quelque part, par sa… roublardise mise au service de la bonne cause.

—Ça s'appelle jouer avec les mots !

—Ça s'appelle raisonner en Serpentard.

—Mais s'il s'avérait que malgré tout… Je refuse de vous laisser vous sacrifier encore une fois, Severus. Et vous m'avez promis de ne plus vous mettre en danger inutilement. J-je ne veux pas… vous perdre.

Les deux derniers mots avaient été prononcés d'une voix presque imperceptible. Il n'était pas préparé à la vague de tendresse qui submergea son cœur. Il attira la jeune femme contre lui, caressant maladroitement ses cheveux d'un geste apaisant.

—Si le Seigneur des Ténèbres revenait, croyez-moi, il n'y aurait aucun doute possible. Mais je vous jure que s'il n'y avait qu'un seul espoir, même minuscule que l'esprit de Potter ne soit que dominé et comment dire… relégué dans un coin, je continuerais à chercher. Cela vous rassure-t-il ? Murmura-t-il avant de la repousser gentiment. « Minerva doit se faire un sang d'encre. Je dois aller la rassurer. »

—Je vous accompagne.

TBC


Un petit LUMOS pour éclairer ma journée ?