Disclaimer : L'univers et les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés.

Bonjour, et encore un immense MERCI à tous ceux/celles, enregistrés ou non, qui m'ont envoyé un petit LUMOS !
S'il vous plait... continuez ;)
Merci aussi aux nombreux lecteurs anonymes et à tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte.


LUX IN TENEBRIS

...

Novembre touchait à sa fin, sans qu'aucun autre incident n'ait été à déplorer. Comme il fallait bien commencer par quelque chose, Hermione avait entamé une série de séances d'hypnose avec Harry, hélas sans grand succès.

Severus passait de longues heures dans son laboratoire ou dans la salle aménagée, et elle l'y rejoignait aussi souvent qu'elle le pouvait. Le Maître des potions n'avait pas caché sa préoccupation à la jeune femme. Toutefois, elle n'avait pas plus remarqué que les autres la manière étrange dont Harry avait prononcé son prénom, le jour de l'incident, et il en venait presque à espérer qu'il s'était laissé entraîner par son imagination.

Ils passaient les heures à étudier d'anciens grimoires plus ou moins noirs, ou à discuter de la composition d'une éventuelle potion destinée à anéantir la chose qui hantait Harry, au cas où, Horcruxe ou autre chose, cela se révèlerait être la bonne hypothèse. Severus avait ressorti les notes des recherches qu'il avait entreprises pendant la guerre, et qu'il n'avait jamais eu le temps de terminer.

En arrivant dans le laboratoire, ce jour-là, Hermione semblait préoccupée.

—Severus ?

—Oui ?

—Je viens de penser à quelque chose.

—Pourquoi est-ce que ça ne m'étonne pas ?

—Ah-ah ! Lorsque… vous savez, dans le bureau…

—Ça va, Hermione, vous n'avez pas besoin de prendre des gants. J'ai surmonté ça !

Elle le considéra un moment d'un air septique. Il n'avait pas remis les pieds dans le bureau directorial depuis plus de deux mois, il était clair qu'il n'avait aucune envie de se retrouver dans la même pièce que les tableaux. Même s'il avait le pouvoir de les faire taire. Le traumatisme était encore bien présent.

—Si vous le dites… C'est à propos de votre… en parlant de la Déesse, vous avez dit : 'elle peut peut-être effacer un dessin'. Est-ce qu'il s'agissait de…

—La Marque des Ténèbres. Oui !

—C'est bien ce que j'avais pensé. Vous… Cette Marque… elle constituait un genre de lien avec Voldemort, n'est-ce pas ? Lorsque vous étiez appelé…

—Vous avez raison, c'était beaucoup plus qu'un simple tatouage, elle nous reliait effectivement au Seigneur des Ténèbres. Lorsque nous étions appelés, elle agissait comme un Portoloin, nous ne savions jamais où nous allions Apparaître.

—C'est bien ce que je pensais. Lorsque nous avons été capturés, Lucius Malfoy l'a appelé en posant sa main sur sa Marque.

—Cela pouvait effectivement marcher dans les deux sens. A cette différence que nous avions intérêt à avoir une très bonne raison, pour le contacter, sinon, les représailles pouvaient être terribles ! Il avait aussi le pouvoir de nous faire souffrir à distance au travers d'elle, et j'ai toujours fortement soupçonné qu'elle lui permettait de savoir, dans une certaine mesure, où nous étions en permanence. C'est certainement de cette façon qu'il a pu localiser ceux qui, comme Karkaroff, ne lui avaient pas répondu, après son retour, et les éliminer, aussi bien qu'ils soient cachés.

—Elle a eu une réaction, lorsqu'il a disparu ?

—Lors de sa première disparition, la douleur est brusquement devenue presque insupportable, avant de disparaître totalement, d'un seul coup. La Marque est progressivement devenue très pâle, et après quelques mois, elle était à peine discernable. Lors de sa première tentative de retour, lorsqu'il avait pris possession de Quirell, elle est redevenue un peu plus visible, puis elle s'est estompée de nouveau. Lorsqu'il est mort… très honnêtement, j'étais dans un tel état, lorsque je me suis traîné hors de la Cabane Hurlante, que je n'étais pas en mesure de remarquer une douleur supplémentaire. Tout mon corps n'était que souffrance. S'il avait pu hurler, je crois qu'il aurait couvert le bruit de la bataille. Le venin de Nagini était comme un acide que je sentais littéralement se répandre dans chacune de mes veines, et le contrepoison qui tentait de le neutraliser décuplait la douleur. Je ne me souviens pas si la Marque était visible à Avalon. Je… depuis des années, j'ai toujours essayé, autant que possible, d'éviter de regarder mon avant-bras gauche. C'était devenu comme une seconde nature. Ce n'est que le soir de mon retour ici, que je me suis aperçu qu'elle avait disparu. Est-ce, comme Dumbledore a l'air de le penser, dû à l'intervention de la Déesse, ou est-ce lié à la disparition définitive du Seigneur des Ténèbres ? Très franchement, je n'en sais rien. Mais compte tenu de mon expérience antérieure, je tendrais personnellement à pencher pour la deuxième hypothèse.

—Mais si nous partons du principe qu'elle était liée à Voldemort, ne pourrions-nous pas penser qu'elle fonctionnait un peu comme le lien qui le reliait à Harry ? Sa cicatrice le faisait souffrir à chaque fois qu'il était à proximité de lui, ou qu'il interagissait avec lui. Et depuis la fin de la guerre, elle est inerte.

—Il est évident que la magie utilisée pour créer la Marque était très noire, et intimement liée à Voldemort, mais de là à penser qu'elle était reliée à son âme, c'est beaucoup s'avancer… Mais je vois où vous voulez en venir. Si la magie d'Avalon a pu effacer ma Marque, elle pourrait peut-être venir en aide à Potter. C'est effectivement une possibilité que nous ne devons pas éliminer. Mais elle reste tout de même très hypothétique. Encore une fois, nous n'avons que l'opinion d'Albus pour penser que les deux choses sont liées, et un voyage à Avalon ne serait envisageable qu'en dernier recours. Pour autant que je connaisse le rituel, rien ne garantit que Viviane nous donnerait accès à l'île, ni que la Déesse, ou Morgane, accepteraient de nous aider. D'autant que dans les souvenirs que j'ai pu récupérer, Morgane semblait persuadée que Harry avait définitivement vaincu les Ténèbres et que Voldemort était bien mort.

—S'il est vrai qu'il n'a commencé à envisager des Horcruxes qu'après avoir découvert l'existence du journal intime, comment Albus pouvait-il être aussi certain qu'il reviendrait, après sa première disparition ?

—Il ne me l'a jamais dit. L'absence de corps et la cicatrice de Potter ont dû lui donner à réfléchir, je suppose. Il a eu des années pour creuser son idée, et le journal l'a finalement corroborée. Il connaissait bien Tom Jedusor, n'oubliez pas qu'il fut son mentor à ses débuts à Poudlard. Tom n'était pas de ceux à se contenter d'une chose, s'il pouvait en avoir plusieurs et sa quête de puissance était telle qu'il ne devait viser rien de moins que l'immortalité. C'est à ce moment-là qu'il a dû aller rendre visite à Slughorn. Horace était trop couard, ou trop prudent, pour dépasser la ligne, mais malgré ses dehors bonasses, il n'a jamais hésité à flirter avec les arts noirs dès lors que cela servait à ses intérêts, et il avait été le directeur de Maison de Serpentard pendant la scolarité de Jedusor. Si quelqu'un pouvait avoir des renseignements sur le sujet qui l'intéressait, il était le candidat le plus probable. Et dès lors que ses soupçons ont été confirmés, il lui suffisait de suivre la logique du jeune homme qu'il avait connu. La recherche de ses ancêtres, son attachement à Poudlard, d'où les symboles liés aux Fondateurs et les objets volés aux clients de Barjow&Beurk …

—En parlant de son attachement à Poudlard, j'ai l'impression que malgré les réticences des premiers temps, Harry semble beaucoup plus apaisé depuis qu'il vit ici. Mais d'un autre côté, on dirait qu'il attend inconsciemment quelque chose. Je ne sais pas, un signe, un souvenir... Je suis inquiète, Severus, c'est comme si ses deux personnalités ne s'opposaient plus, mais se fondaient petit à petit l'une dans l'autre. De plus, il n'a jamais réussi à fermer son esprit, vous êtes bien placé pour le savoir. Alors comment expliquez-vous qu'il soit aussi réfractaire à l'hypnose ? En trois séances, je n'ai rien pu obtenir d'autre que des souvenirs de notre scolarité commune. Rien que nous ne sachions déjà.

—J'avoue que cela m'a aussi intrigué. Je sais que même sous hypnose, un sujet ne livrera rien de ce qu'il veut cacher, mais dans son cas, il semble qu'il se bloque également sur des choses que nous connaissons déjà, comme sur son enfance avec les Dursley par exemple. Sa deuxième personnalité apparait automatiquement dès qu'il est endormi, comme pour faire barrage entre vous et son esprit. La fois prochaine, j'aimerais que vous me laissiez l'interroger.

—Ne pensez-vous pas que s'il s'agit de ce que nous craignons, cela puisse se révéler dangereux pour vous ?

—Sur votre divan, il est désarmé, et même Voldemort, avait besoin d'une baguette pour lancer un Avada Kedavra. Ironisa-t-il.

—Ne plaisantez pas avec ça ! Avez-vous trouvé d'autres pistes, concernant la destruction des Horcruxes ?

Il refusait de la laisser approcher des grimoires les plus noirs.

—Non. Il semble qu'en-dehors du venin de Basilic ou du Feudeymon, il n'y ait aucune autre issue. Le Feudeymon étant évidemment exclu d'office dans ce cas.

—Existe-t-il une substance pouvant contrer le poison du venin de Basilic tout en conservant ses propriétés ?

—La seule chose capable de le vaincre, ce sont les larmes de Phénix. De plus, ni le poison ni le contrepoison ne se trouvent dans le commerce, et nous n'avons plus ni Basilic ni Phénix à notre disposition.

Hermione sembla soudain se souvenir de quelque chose.

—A ce propos… Savez-vous qu'avant qu'il ne le tue, le Basilic a apparemment mordu Harry ? Fumseck l'a sauvé, in-extrémis. C'est Ginny qui me l'a raconté ce matin. Apparemment, Harry ne s'est jamais souvenu de ce moment-là, ou n'a jamais voulu le raconter à personne.

—Potter a été mordu par le Basilic ? Mais pourquoi ne me l'avez-vous pas dit plus tôt ?

—Parce que je ne le savais pas. Et parce que ce n'est pas certain. C'est de ça que j'étais venue vous parler, lorsque j'ai soudain pensé à la Marque. Quand le journal a été détruit, Ginny est revenue à elle, mais elle avait l'esprit encore brouillé, elle n'a vraiment retrouvé toute sa lucidité que beaucoup plus tard. Pendant des années, elle a revécu ce moment dans ses cauchemars. A chaque fois, elle se réveillait en suffocant au moment où elle revenait à la vie. La scène ne lui est vraiment revenue dans sa totalité que la nuit dernière. Harry était mourant, lorsque Fumseck est arrivé et a guéri sa blessure en versant une larme dessus. Bien entendu, ce n'est qu'un rêve, mais je pense que les rêves nous révèlent parfois ce que nous nous cachons à nous-même lorsque nous somme éveillés. Nous avons immédiatement essayé la Pensine, mais elle ne montre que l'habituel souvenir de son réveil confus. Si ce souvenir est réel, son esprit l'a enregistré sans qu'elle en ait conscience. Nous devrions peut-être envisager l'hypnose sur elle aussi…

—Il y a un moyen beaucoup plus simple. L'analyse du sang de Potter… Est-ce que vous vous rendez-compte que ça changerait tout ? Si Potter a vraiment été mordu, il se peut que son organisme ait développé une certaine résistance au venin de Basilic.

—Ce qui le rendrait inefficace !

—Peut-être pas inefficace, mais moins virulent, et du coup, peut-être 'contrable'. Par contre, l'Horcruxe étant, lui, incorporel, y serait théoriquement toujours aussi sensible. Avant tout, il me faut un échantillon du Sang de Potter !

Hermione n'eut aucun mal à convaincre Harry de lui laisser prélever un peu de son sang. Il lui fallait effectuer un checkup complet, argua-t-elle, avant de pouvoir commencer à envisager un quelconque traitement, autre que psychique. De plus, si Severus devait être amené à composer une nouvelle potion, il devait savoir ce qui inter-réagirait le mieux avec la physiologie de son patient.

Il fallait du venin de Basilic pour tester la réaction du sang de Harry, et comme Severus l'avait dit à Hermione, la substance était aussi rare et introuvable que les larmes de Phénix. Les Basilics avaient théoriquement tous disparu du monde magique, après que Harry ait tué celui qui hantait la Chambre des Secrets, dont les restes avaient dû être balayés par l'inondation. De toute façon, ils avaient déjà récupéré tous ses crochets dix ans auparavant. Il ne restait que la lame de l'épée de Gryffondor, qui en avait été imprégnée. Ayant été forgée par les Gobelins, elle en avait gardé les propriétés, qui renforçaient encore ses pouvoirs.

Il était plus de minuit lorsqu'il poussa la porte du bureau avec appréhension et lança un sort informulé avant que les tableaux n'aient pu réagir à son intrusion. Les portraits se figèrent instantanément, tels des images moldues, et il traversa rapidement l'espace qui le séparait de l'alcôve secrète où était cachée l'épée. Du coin de l'œil il surveillait le cadre contenant l'image de Dumbledore, qui écarquillait ses yeux myosotis d'une façon presque comique, impuissant à défaire le sortilège qui le neutralisait. Lorsqu'il repassa devant le portrait, en sens inverse, Albus le regardait maintenant avec une expression de profond respect. Il ne brisa le charme, avec un soupir de soulagement, qu'une fois la porte refermée. Il n'avait pas été certain que ça marche aussi bien, tant la puissance de son mentor, même au travers d'un simple portrait, était restée immense.

L'épée s'était laissée prendre sans réticence, comme le jour où il l'avait emportée pour la donner à Harry afin qu'il puisse détruire le Horcruxe contenu dans le médaillon de Serpentard. Elle qui était sensée ne se donner qu'à un Gryffondor, s'était alors lovée dans sa main comme si elle avait été forgée pour lui.
Comme aujourd'hui, où elle épousait parfaitement la forme de ses doigts, répandant une douce chaleur le long de son bras. Il sentait sa puissance irradier peu à peu dans tout son corps. Le directeur était par définition au-delà des Maisons, et il se demanda s'il serait aussi bien accueilli par les symboles des autres… sauf que le médaillon de Serpentard, la coupe de Poussouffle et le diadème de Serdaigle avaient tous été détruits, soit par elle, soit par le venin du Basilic dont elle était elle-même imprégnée. Elle restait le dernier objet venant directement des Fondateurs, et il comprit que le pouvoir des symboles disparus étaient passés en elle, au travers du venin qui les liaient tous. L'épée de Gryffondor était devenue l'épée de Poudlard, l'épée des Fondateurs. Elle servirait désormais tous ceux qui auraient besoin d'aide, quelle que soit leur appartenance.

Les résultats s'étaient révélés intéressants, même s'il ne savait pas encore vraiment comment exploiter au mieux ce nouvel élément. Mais le fait que sang de Harry puisse, dans une certaine mesure, résister au venin du basilic constituait indubitablement une avancée dans leurs recherches. Une avancés qui pouvait s'avérer déterminante… restait à savoir dans quel sens. Si le venin ne détruisait pas totalement le corps du jeune homme, détruirait-il pour autant le parasite, Horcruxe ou fragment d'âme, en lui ? Et, le poison restant tout de même assez puissant pour certainement lui laisser de grosses séquelles, comment trouver la larme de Phénix nécessaire à son complet rétablissement ? Il appréhendait déjà de devoir aller demander à Albus ce qu'il était advenu de Fumseck.

Il se doutait bien qu'Hermione ne serait pas contente de savoir qu'il avait passé la nuit à plancher sur le problème, sans lui demander de l'assister, mais sa soif de savoir n'avait pas résisté à son insomnie chronique. Que pourrait-elle lui reprocher ? Il n'avait pas trahi sa parole, ce qu'il avait fait n'avait rien de dangereux. Par précaution, il attendit tout de même le déjeuner, pour lui glisser, entre deux plats, ce à quoi il avait passé une grande partie de la nuit. Si elle n'osa pas faire un esclandre en public, ses yeux lui promettaient des représailles cuisantes. Il lui promit de passer, pour en discuter, dans l'après-midi. Au moins, aurait-elle le temps de se calmer un peu.

TBC


LUMOS ?