Disclaimer : L'univers et les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés.

Bonjour, et encore un immense MERCI à tous ceux/celles, enregistrés ou non, qui ont envoyé un petit LUMOS à ma muse *HEART* !
Merci aussi aux nombreux lecteurs anonymes et à tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte.

A l'origine "Yule ball" était un chapitre unique, mais je l'ai par accident fait tomber dans un chaudron d'antidote à la potion de ratatinage, ce qui a eu pour effet de la faire croitre exponentiellement...^^
Donc aujourd'hui, première partie du chapitre que vous attendez tou(te)s ;)


Yule ball (première partie)

...

Les vacances de Noël approchaient à grands pas. Depuis quelques jours, une effervescence inaccoutumée régnait dans le château. L'après-midi du mercredi précédent, les boutiques de Pré-au-Lard avaient vu s'abattre une nuée d'adolescents surexcités, à la recherche du dernier accessoire à la mode, du maquillage de fête qui mettrait ces demoiselles le plus en valeur, ou plus simplement d'un cadeau de dernière minute. Hermione, Ginny et Tonks dans un bel élan de solidarité féminine, avaient préféré se rendre à Londres, abandonnant la surveillance du troupeau à leurs collègues masculins. Après un après-midi de shopping dans le Chemin de Traverse, plusieurs incursions dans des magasins moldus et un cappuccino réparateur, c'est avec des mines fatiguées mais réjouies qu'elles avaient affronté, à leur retour, les regards meurtriers de ceux qui avaient été réquisitionnés pour encadrer les monstr-élèves.

Malgré les réticences du Maître des potions, Minerva avait en effet, forte de l'appui de la plupart de ses collègues, bien entendu réussi à avoir gain de cause. Elle avait dû batailler fort, mais elle était au moins aussi têtue que Severus. Elle avait gagné, elle avait pu organiser son traditionnel bal de Noël.

La veille du départ des élèves pour les vacances d'hiver, la journée avait été consacrée aux préparatifs, et le soir, élèves comme professeurs s'étaient tous mis sur leur trente-et-un. Sauf évidemment le directeur, qu'on aurait d'ailleurs difficilement imaginé vêtu autrement que de sa redingote noire. Seules deux ou trois personnes remarquèrent que celle qu'il portait ce soir-là était impeccablement coupée dans un tissu discrètement chatoyant aux reflets bleutés, et que sa cravate de soie était agrémentée d'une épingle d'argent gravée aux armes de la famille Prince.

Dans la Grande Salle magnifiquement décorée, les tables avaient disparu dès la fin du repas, afin de ménager une vaste piste de danse. Et sur l'estrade habituellement réservé aux professeurs, sévissait un orchestre sorcier dans toute son horr-sa splendeur. Seigneur ! S'il y avait un domaine où les Moldus pouvaient se prétendre indubitablement supérieurs aux Sorciers, c'était bien l'art ! Sous toutes ses formes. Debout près d'une tenture, dans le coin le plus sombre qu'il avait pu trouver, un verre de vieux cognac français à la main, Severus attendait le moment où il pourrait s'éclipser discrètement sans que personne ne le remarque. En attendant, il gardait le regard fixé sur la piste de danse, où Hermione Granger, éblouissante dans une longue robe de soie vert d'eau aux reflets changeants bleutés et argentés, et dont la jupe, sous le bustier, s'épanouissait en corole jusqu'au sol, dansait, serrée d'un peu trop près à son goût par Charlie Weasley. Lorsque le jeune homme se pencha vers elle pour lui dire quelques mots, elle se mit à rire, la tête légèrement rejetée en arrière, faisant glisser dans le mouvement, le long de ses bras, l'étole diaphane qui recouvrait ses épaules nues.

Le verre explosa dans sa main. Un rapide regard circulaire lui confirma que personne n'avait remarqué l'incident. Il secoua sa main blessée pour se débarrasser des tessons, et sans se donner la peine de lancer un Reparo sur les débris, il se glissa rapidement derrière le rideau, qui dissimulait une porte… Il était resté suffisamment de temps pour assurer son rôle de directeur, qui se soucierait de son absence, maintenant ? Il ôta un morceau de verre demeuré dans une entaille et enroula son mouchoir autour de sa main ensanglantée. Il s'occuperait de ça plus tard, dans ses appartements. De l'autre côté de la porte, la musique avait changé. L'orchestre jouait maintenant une valse lente, peut-être à la demande d'un des professeurs les plus âgés. Il s'imagina Hermione serrée entre les bras de Weasley. Plus vite il serait loin de cette salle et…

—Severus !

Il s'arrêta net. Il ne s'attendait certes pas à entendre cette voix. Hermione était devant lui, elle le regardait d'un air de reproche.

« Vous partez déjà ? J'espérais au moins une danse. J'ai attendu toute la soirée !

—Vous m'avez déjà vu danser, Granger ?

Elle s'approcha de lui, bien décidée à ne se laisser rebuter ni par son air sombre, ni par son ton revêche ni par le fait qu'il l'ait appelée par son nom de famille, ce qui ne s'était plus produit depuis pas mal de temps.

—Non, mais ça ne veut pas dire que vous ne savez pas faire. En fait, Minerva m'a confié que vous étiez même un très bon danseur.

—Ah oui ? Et d'où tient-elle cette intéressante information ? Rétorqua-t-il d'une voix mordante, avant de se mordre virtuellement la langue, en se souvenant in-extremis, que c'était McGonagall elle-même, qui lui avait appris à danser, comme à tous les autres, en troisième année. « La dernière fois que j'ai dansé…

—C'était pour le bal de la Saint Valentin, lors de votre cinquième année, et vous aviez invité Lily Evans… (Décorer la salle avec Minerva en papotant apparemment de tout et de rien, s'était avéré une source précieuse de renseignements et potins en tous genres).

Il s'était figé. Elle retenait sa respiration. Ils n'avaient pas modifié leurs habitudes de travail, mais depuis Halloween, à une petite exception près, il s'était montré généralement plus réservé avec elle. C'était peut-être un reste de gêne due à ce qui s'était passé, mais il lui avait demandé du temps, et elle s'était demandé si sa réserve n'était pas due à autre chose qu'aux raisons qu'il lui avait données.

Il lui fallait en avoir le cœur net. Il lui fallait savoir si elle devrait lutter avec le fantôme de Lily Evans. On pouvait lutter contre une rivale en chair et en os, pas contre une morte.

Pas contre cette morte !

L'incident du verre ne lui avait pas échappé, et lorsqu'elle l'avait vu disparaître derrière la tenture, elle avait planté un Charlie interloqué au beau milieu de la piste de danse, et s'était précipitée pour le rattraper. Il n'avait pas répondu, mais il ne semblait pas en colère non plus. Il n'y avait même plus aucune trace de l'agressivité dont il avait fait montre un instant auparavant. Il avait de nouveau barricadé son esprit, il avait ré-endossé le masque inexpressif de la chauve-souris des cachots, verrouillé par l'Occlumencie, qu'elle haïssait tant.

—Mr Weasley doit vous attendre !

Le ton était beaucoup trop calme. Le regard trop détaché. Son cœur manqua un battement, et elle écarquilla des yeux ébahis. Serait-il possible que Severus Snape soit… jaloux ?

Charlie ? Croyez-moi, je suis le moindre des soucis de Charlie Weasley !

—Ce n'est pas ce à quoi cela ressemblait il y a un instant, lorsque vous dansiez !

Cette fois, le cœur de la jeune femme fit carrément une cabriole dans sa poitrine et elle sourit franchement, essayant de cacher son émotion… Il était réellement Jaloux ! Et elle trouvait ça… définitivement adorable ! 'Seigneur, s'il savait que je pense ça, il me tuerait !'

—Je peux vous assurer en toute connaissance de cause que Charlie ne s'intéresse absolument pas à moi. Et si vous voulez vraiment tout savoir, il ne m'a invitée à danser que parce que quelqu'un d'autre s'obstine à ne pas sembler remarquer ce que vous-même devez être le seul dans l'école à ne pas avoir vu non plus ! Je soupçonne que même certains élèves, ont commencé à se rendre compte que leur professeur de Soins aux Créatures Magiques a un faible très prononcé pour leur professeur de Défense. Ce qui semble d'ailleurs réciproque, bien qu'aucun de ces deux idiots ne se décide à faire le premier pas. Je suppose qu'en faisant mine de flirter avec moi, il espérait la rendre… jalouse, peut-être ? Termina-t-elle d'un ton taquin, qui ne manquait pas de sous-entendu. D'ailleurs, il ne s'y trompa pas, et la fusilla du regard.

—Je ne suis pas… 'Tais-toi, Severus, tu es en train de t'enfoncer, là !'

Décidé à pousser son avantage jusqu'au bout, elle se rapprocha à presque le toucher, et posa une main légère sur son bras.

—Alors dansez avec moi. Et après, nous irons nous occuper de cette main.

Il leva un sourcil qui se voulait ironique, mais il sentait ses défenses se fissurer. Cette femme serait sa perte… et puis il devait bien s'avouer qu'il n'avait plus très envie de résister !

—Ici ?

—Je n'avais pas compris que vous préfériez vous produire devant un public !

Un semblant de sourire amusé passa sur les traits de l'homme.

—Gryffondor impertinente! Murmura-t-il en l'enlaçant.

—Serpentard arrogant ! sourit-elle en se laissant aller entre ses bras.

Elle se rendit vite compte que Minerva avait eu raison. Il n'était pas seulement un très bon danseur, il était un excellent danseur. Décidément, cet homme n'avait pas fini de la surprendre ! Lorsque la musique se tut, ils restèrent un long moment immobiles, les yeux dans les yeux, avant qu'elle ne s'empare délicatement de sa main blessée.

—Venez. Dit-elle simplement, et il la suivit sans protester.

Elle grimaça à la vue des vilaines entailles dissimulées sous le mouchoir. Même si ce n'était certainement pas grand-chose comparé à tout ce qu'il avait eu à subir dans sa vie, ça devait tout de même faire un mal de chien, et pourtant, il semblait ne pas s'en rendre compte. En levant les yeux, elle s'aperçut qu'il la fixait avec avidité, et elle se sentit fondre sous ce regard. Les jambes en coton, elle essaya de dissimuler la rougeur qui se répandait sur ses joues en se tournant vers un placard vitré sur les étagères duquel s'alignaient des dizaines de flacons, tous étiquetés de l'écriture fine et nerveuse du Maître des potions.

—Un cognac de cette qualité, c'est dommage pour désinfecter des plaies. Fit-elle mine de plaisanter, en attrapant un flacon d'essence de Dictame dans la pharmacie. Elle en versa quelques gouttes sur les lésions, provoquant une fumée verdâtre qui s'éleva de la main de Severus. Les coupures se refermèrent, ne laissant que quelques traces qui semblaient dater de plusieurs jours.

—J'ai beau y être habituée, je trouve à chaque fois cette potion vraiment…

—Magique ?

—Vous nous avez habitués à mieux, au niveau sarcasme !

Il la regarda au fond des yeux, cherchant à y déceler une quelconque malice.

—Nymphadora ? Vraiment ?

—Vraiment ! Mais vous n'avez pas fini votre verre, tout à l'heure, que penseriez-vous de le faire maintenant ? Je n'ai pas de cognac à vous offrir, mais j'ai une bouteille de Champagne au frais… Vous venez ?

Sans attendre une réponse qui ne vint de toute façon pas, elle l'entraina, par la main qu'elle n'avait pas lâchée, vers la porte de communication avec ses appartements.

Il avait ravivé le feu et se tenait debout, dos à la cheminée, lorsqu'elle revint de la cuisine, deux flutes et une bouteille de champagne dans les mains. Elle déboucha la bouteille, remplit les deux verres et lui en tendit un.

— A quoi buvons-nous ? Noël n'est que dans cinq jours.

—Au départ des cornichons ? Ironisa-t-il.

—C'est du Champagne, Severus, pas du vinaigre. On pourrait sûrement trouver mieux, comme toast ! Sourit-elle en retour.

—Alors que diriez-vous de à… A nous ? Offrit-il d'une voix subitement devenue légèrement rauque, en plongeant deux orbes de velours noir au fond de ses yeux.

Elle avait perçu la légère hésitation dans son ton, et le moment où il avait finalement abaissé ses défenses et rendu les armes. Son regard n'était plus vide, il brillait maintenant d'une braise qui fit naître une étincelle incandescente au plus profond de ses entrailles.

—A nous ! Répondit-elle en levant légèrement sa flute pour la faire tinter contre celle de Severus, avant de la porter lentement à ses lèvres, sans le quitter des yeux...

TBC


Hé hé ! Je sais... je suis légèrement (?) sadique à mes heures, niark... Que cela ne vous empêche pas de nourrir ma muse d'un petit LUMOS, afin que la lumière soit, la semaine prochaine !