Disclaimer : L'univers et les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés.

Un immense MERCI à Manon, LycorisSnape, Kyradelacour, Zeugma, Juliana, Daidaiiro, Mamie83, Eïleen1976, Amandine Valentine, et Kahouete, pour tous vos si gentils LUMOS !
Merci aussi aux nombreux lecteurs (hélas) anonymes et à tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte.

Les vacances se terminent bientôt (pour eux comme pour moi, sniff^^), mais en attendant, encore quelques jours de détente pour nos tourtereaux .
La nouvelle « parenté » de Snape n'est (pour le moment en tout cas, mais l'occasion fera peut-être le larron) justifiée par rien dans la fic, mais lorsque j'ai vu Le portrait cité en note, sur la toile, j'avoue que je n'ai pas pu m'en empêcher


De surprise en surprise

.

Sa tentative pour alléger l'atmosphère, et peut-être faire oublier à quel point ses dernières paroles dévoilaient plus qu'il ne l'aurait sûrement souhaité sur ses sentiments, tomba à plat. Les yeux remplis de larmes, Hermione lui coupa la parole d'un baiser. Il ne lui avait pas dit qu'il l'aimait, et elle n'attendait rien de tel de lui, mais sa déclaration l'avait bouleversée. Il ne lui avait pas dit qu'il l'aimait, et il ne le lui dirait probablement jamais, mais il lui avait offert un symbole d'éternité… et Severus Snape ne faisait jamais rien par hasard.

Elle l'avait pris par surprise, mais il se reprit très vite. Il l'enveloppa de ses bras et répondit passionnément à son baiser.
Si elle avait encore eu des doutes sur son attirance pour elle, ils se seraient envolés rapidement. La façon dont il l'embrassait, mordillait ses lèvres comme s'il était affamé d'elle et ne pouvait pas se rassasier de si peu, le goût de sa bouche, faisaient courir des frissons sous sa peau et un flot de lave en fusion dans ses veines. Lorsqu'ils se séparèrent, à bout de souffle, Severus appuya son front contre le sien en fermant les paupières sur ses yeux sombres, devenus aussi noir que de l'obsidienne sous l'appel du désir.

Hermione tâtonna un moment autour d'elle pour trouver sa baguette et fit venir à elle un paquet, d'un Accio informulé.

—J'ai bien peur que mon cadeau ne semble bien insignifiant à côté de ça. Et en prononçant ces mots, elle pensait autant à ses paroles et à ses baisers qu'au bracelet qui luisait doucement à son bras.

—Je n'ai pas besoin de cadeau, je t'ai, toi…

Elle tenta de dissimuler l'émotion supplémentaire que ces quelques mots faisaient naître en elle, en faisant tomber le contenu du paquet dans sa main, avant de lui rendre sa taille originale. Une immense pièce de laine noire se répandit sur eux, tandis que Severus la regardait d'un air perplexe.

—Moi aussi je te devais quelque chose. C'est moi qui avais mis le feu à ta cape, en première année, pendant le match de Quidditch. Elle baissa les yeux, honteuse rétrospectivement. « J-je croyais que c'était toi qui essayais de faire tomber Harry de son balai.

—Je sais. Sourit-il, amusé de son embarras.

—Tu… tu le savais ?

—Pas immédiatement, mais je l'ai très vite compris. Tu n'as jamais cherché à dissimuler ton petit talent particulier avec ces flammes, et la déduction n'était pas bien difficile à faire. Tout comme j'ai toujours su que c'était toi qui avais dérobé mes ingrédients, pendant ta deuxième année.

—Co-comment ?

— Un professeur, à supposer qu'un professeur, on se demande bien pourquoi, ait eu besoin de Polynectar, serait venu me demander les ingrédients, ou, plus probablement, de lui préparer la potion… justificatif à l'appui bien sûr, l'usage du Polynectar étant, comme chacun le sait, règlementé, précisa-t-il ironiquement.
« Bien entendu il ne fallait pas non plus exclure une tentative extérieure, après tout, Barty Croupton nous a prouvé, par la suite, que ce n'était pas impossible, mais à cette époque, c'était peu probable. Ton exploit de cette année-là a d'ailleurs en grande partie contribué à fausser mon raisonnement, l'année de la Coupe de Feu, soit dit en passant.
Restaient les élèves, et peu d'entre eux auraient été capables de mener à bien cette préparation, mais une seule s'est retrouvée à l'infirmerie avec des appendices félins. J'avoue d'ailleurs que le spectacle m'a valu quelques bons fous-rires rétrospectifs dans mes appartements !
J'ai été assez stupéfait, lorsque je t'ai vue, à l'infirmerie. J'avais d'abord soupçonné un coup des jumeaux Weasley. Honnêtement, je ne voyais qu'eux, pour être à la fois assez doués en potions, et assez inconscients pour me voler.
Le Polynectar ne fonctionne pas d'humain à animal et ce genre d'accident doit être traité très rapidement afin d'éviter que la mutation ne devienne définitive. Qui crois-tu qui a préparé la potion destinée à te faire retrouver ton apparence normale ? Et de votre trio infernal, tu étais la seule à être capable, non seulement de le préparer, mais également de contourner les protections de ma réserve.

—Je me trompe, où cela ressemble étrangement à un compliment ?

—Tu as du mal entend…

Il cessa soudain de parler. Il tâtait l'étoffe, sous ses doigts, avec curiosité. La cape était doublée non de tissu, comme on aurait pu le croire au premier regard, mais d'une substance fine, d'une extrême souplesse, et d'une grande douceur. Il fronça les sourcils.

« De la… peau de Manticore ? C'est extrêmement rare, et hors de prix ! Comment…

—Hagrid m'a offert cette peau, le coupa-t-elle. « Après la guerre, en remerciement pour avoir soigné Crocdur après la bataille. Lui-même avait été atteint par un maléfice vicieux, et était coincé à l'infirmerie, et les Médicomages ne se souciaient guère que des humains. La pauvre bête avait été blessée alors qu'elle tentait de protéger Lavande Brown de Greyback. Il le méritait autant que les autres combattants, même s'il n'avait pas réussi à la sauver.
Tous les Mangemorts connus avaient été tués, ou arrêtés, et après la mort de Ron, j'avais plus ou moins décidé de revenir vivre parmi les Moldus. Je ne risquais plus grand-chose, alors, et je ne l'ai pas utilisée. Et puis je n'y ai plus pensé, même lorsque j'ai décidé de reprendre mes études, l'année suivante.
Je l'ai retrouvée lorsque j'ai déménagé pour m'installer ici. Je voulais… je ne savais pas quoi t'offrir pour Noël, alors j'ai repensé à cette vieille histoire et ça m'a donné une idée. J- j'ai pris une de tes vieilles capes dans l'entrée, un après-midi où tu travaillais dans ton laboratoire, et je l'ai portée à un tailleur du Chemin de Traverse, pour les mesures.

—C'est la deuxième fois que tu te prives d'une protection pour moi. Tu n'ignores certainement pas que la peau de Manticore…

—A la propriété de repousser la plupart des sortilèges, je sais, et si c'est ce qui te tracasse, elle était assez grande pour deux capes, et j'en ai aussi fait faire une pour moi.

—Abominable miss-j 'ai-réponse-à-tout ! Enonça-t-il d'un ton oscillant entre tendresse et sarcasme.

—Vous allez me donner une retenue, professeur ? Sourit malicieusement Hermione.

—Très chère, sachez que je ne verse pas dans ce genre de fantasme… mais je ne serais tout de même pas contre une punition pour avoir osé émettre un tel sous-entendu. Venez ici, Granger. Puisque c'est Noël, je vais être généreux, et vous laisser choisir vous-même votre peine.

—Vous êtes sur professeur ? Cela risque de vous mettre aussi à contribution !

—Je vais prendre le risque.

—Eh bien… il n'y a pas de chaudrons à récurer, ici, mais… de la main, elle le repoussa sur le tapis. « En cherchant bien, je pourrai certainement trouver quelque chose à 'astiquer'.

Comme elle l'avait subodoré, cela finit aussi par le mettre très rapidement à contribution, Severus ne supportant pas de rester inactif trop longtemps dans ce genre de situation. Dans la lueur mourante des braises, leurs deux corps, entrelacés sur le sol, ne semblaient plus qu'une entité étrange et gémissante, aux membres multiples, à la respiration saccadée et aux gestes désordonnés.

—Oh m-mon Dieu, Sev-Severus !

À quatre pattes sur le tapis, Hermione haletait, le dos cambré, sous l'homme qui la prenait avec une telle intensité, les doigts crispés sur ses hanches. Ses yeux étaient voilés par la jouissance, qui montait en elle en vagues déferlantes. Il se pencha et mordit la base de son cou, en refermant l'étau de ses bras autour d'elle. Elle se dissolvait dans une spirale de sensations sans cesse renouvelées, ses halètements se muèrent en râles, et lorsqu'il la redressa d'un coup, la plaquant contre son torse, un bras entourant sa taille, et une main crispée sur un sein, elle poussa un cri autant dû à la surprise qu'aux sensations provoquées par ce brusque changement de position, et elle explosa enfin, la tête rejetée en arrière sur son épaule, en criant le prénom de son amant. Au même moment, il s'enfonça en elle d'une dernière poussée profonde, et déversa son orgasme dans un grognement, avant de s'écrouler sur un coude sans cesser de l'enlacer, le souffle court.

—Seigneur, Hermione ! Souffla-t-il contre son cou, en déposant un baiser sur la chair tendre, sous son oreille, avant de rouler sur le côté. « Seigneur, je... je… Répéta-t-il en ramenant tout contre lui dans un geste à la fois tendre et possessif, le corps encore frissonnant qu'elle lui abandonnait avec tant de confiance. Elle dormait déjà lorsqu'il attira sur eux la cape, qu'il avait repoussée sur le plancher au début de leurs ébats, avant de lancer un léger Incendio pour raviver le feu dans la cheminée.

Lorsque Severus avait parlé de faire un saut au Manoir familial pour constater l'état des lieux, afin d'évaluer le degré des rénovations à envisager, elle s'était imaginée une ruine perdue dans une jungle inextricable et remplie de bestioles auxquelles elle ne préférait pas penser (elle avait des frissons rétrospectifs en se rappelant du nettoyage du Square Grimmaurd).

Lorsqu'ils eurent Transplané, ils se retrouvèrent devant une gentilhommière dans le style de la région, paraissant, de l'extérieur, relativement bien entretenue. Severus lui expliqua qu'en accord avec son grand-père, et maintenant avec lui, des agriculteurs moldus se chargeaient de faire prospérer les terres avec pratiquement tout bénéfice pour eux. Un notaire Cracmol se chargeait de toutes les transactions et formalités au nom de la famille Prince. Des sorts de Repousse-Moldus avaient été placés sur les bâtiments, et personne ne songeait même à s'en approcher. Il lui expliqua que son relativement bon état était dû aux sorts de Stase qu'autant son grand-père autrefois, et maintenant lui, avaient régulièrement placés sur le manoir, faute de le faire régulièrement entretenir. Ce qui n'avait pas empêché la bâtisse de subir les outrages du temps, au cours des siècles précédents. Comme il l'avait fait pour la maison de la Corniche, Severus fit en sorte que le bâtiment accepte Hermione comme lui-même, et enseigna les sorts de Garde à la jeune femme.

L'état des lieux fut très vite expédié. Deux des trois Elfes des Prince viendraient se charger des travaux durant l'été suivant, cela avait déjà été convenu depuis des mois. Severus se contenta de vérifier qu'il n'avait rien oublié, et de prendre l'avis d'Hermione sur quelques détails. Après quoi, il commença à inspecter les livres de l'immense bibliothèque qui fit s'écarquiller et briller les yeux de la jeune femme dès qu'elle en eut franchi le seuil. C'était la seule pièce qui avait manifestement été entretenue en permanence. Tout y était d'une netteté clinique, et des sorts de climatisation renforcés montraient que les propriétaires successifs avaient eu à cœur de protéger les précieux manuscrits extrêmement anciens, qu'elle pouvait distinguer au travers de certaines portes vitrées.

Ici, les livres de Magie côtoyaient les ouvrages scientifiques Moldus, démontrant l'ouverture d'esprit de la famille, tous des originaux pour la plupart extrêmement rares, voire introuvables, et bien entendu hors de prix. Les titres s'y lisaient, autant qu'elle puisse en juger, surtout en latin, en grec, supposa-t-elle au vue de la graphie, en français et en anglais pour la plupart, mais on pouvait aussi y distinguer d'autres langues, et des caractères qu'elle devinait gothiques, cyrilliques ou arabes, voire chinois, et même runiques, et d'autres, qu'elle ne reconnaissait absolument pas. Seul un mur, ce qui n'était tout de même pas rien compte tenu des dimensions de la salle, était consacré à la littérature d'agrément. C'était un véritable paradis pour bibliophile !

—Tu lis toutes ces langues ? Demanda-t-elle, curieuse.

—Non, bien entendu. Seulement l'anglais, le français, l'italien, l'allemand, l'espagnol, le latin et le grec… un peu de russe aussi, assez pour pouvoir comprendre le sens général, mais pas assez pour m'y fier entièrement. Répondit-il d'un ton distrait, en examinant les rayonnages.

—Oh ! Et c'est tout ? Rétorqua-t-elle d'une voix exagérément déçue.

Il se retourna vers elle, l'air interrogateur, ce qui déclencha un fou-rire chez Hermione. Il la regarda un moment d'un air sceptique, avant de comprendre qu'elle se moquait de lui.

—J-je ne voulais pas…

—Je sais que tu n'avais pas l'intention de te vanter ! Ceci dit, je suis tout de même impressionnée.

—Tu es loin de connaître tout de moi, sorcière ! Tiens, regarde… je doute que même Dumbledore ait eu connaissance de cela.

Il désignait un tableau, suspendu au-dessus de la cheminée. Un portrait très ancien, datant certainement de la renaissance et sans aucun doute d'origine moldue, qui représentait, en buste, un homme très brun, aux cheveux raides et mi longs, vêtu d'une tunique rouge, sous le col montant de laquelle se distinguait le blanc de celui de la chemise, qui posait sous un olivier, devant un paysage typiquement toscan*. N'aurait été la couleur de l'habit, on aurait pu croire…

—Severus ! On… on dirait que tu as posé pour ce portrait !

—Rassure toi je ne suis pas immortel, c'est Laurent de Médicis qui a posé pour ce portrait. Les Médicis étaient une famille devenue moldue depuis plusieurs générations, mais ils avaient des sorciers parmi leurs ancêtres. Ils n'ignoraient rien de leur ascendance, mais ils n'étaient pas très conventionnels. Par contre, la famille comptant beaucoup d'ecclésiastiques, une éventuelle descendance sorcière aurait pu s'avérer embarrassante, et ruiner toutes leurs ambitions. Les chances que l'antique héritage magique ne ressurgisse après plusieurs générations d'unions avec des Moldues étaient infimes, mais il se trouve que sur les neuf enfants que Lorenzo eut avec son épouse, deux ont hérité de la magie de leurs ancêtres, deux jumelles, déclarées mort-nées, qui furent secrètement envoyés en France avec leur nourrice, dépositaire du secret de leur naissance, qui n'était autre qu'une sœur bâtarde de Laurent.

« L'accouchement ayant été difficile, je doute que Clarissa Orsini, sa femme, ait même su que ses filles étaient vivantes. Elles furent confiées aux Prince, amis de longue date, et élevées avec leurs propres enfants. L'une d'entre elles mourût en bas-âge, mais l'autre, prénommée Chiara, épousa par la suite l'héritier des Prince. Chiara avait en outre hérité de la lignée de son père un savoir-faire inné pour les potions, qui se manifesta très tôt dans son enfance. Si la réputation des Médicis pour les poisons est connue de tous, ce n'était pas leur principale production, d'ailleurs, pour ceux-là, ils ne se fatiguaient pas trop et se contentaient la plupart du temps du bon vieil arsenic, comme tous leurs contemporains. Non, comme le suggère leur nom, ils ont créé énormément de potions de soins, dont beaucoup que nous utilisons encore aujourd'hui.

« Cela se produit rarement, mais les Cracmols, même étant dépourvus de magie peuvent conserver certains dons, en particulier médicinaux, et les transmettre à leurs descendants, même Moldus. Et s'ils sont dépréciés aujourd'hui, il fut une époque où ces 'guérisseurs' étaient très respectés dans les campagnes… d'autant plus que la plupart du temps, ils étaient plus efficaces que les rares médecins moldus, qui tuaient souvent plus de patients qu'ils n'en guérissaient. Ce portrait est une copie, réalisée par le peintre lui-même, de celui qui est conservé de nos jours dans les entrepôts des galeries florentines.

Hermione en restait bouche-bée.

—Merlin, Arthur, et maintenant Laurent le Magnifique… Quelle est la prochaine étape ?

—Tobias Snape. Laissa-t-il tomber froidement, avant de reprendre d'un ton plus mesuré. « Tu sais, les familles sorcières ne sont pas si nombreuses, et les ancêtres 'célèbres' ne constituent ni une rareté, ni un titre de gloire. Celui-là explique peut-être tout simplement mon talent naturel et mon goût pour les potions, mais c'est tout. Et je te serais d'ailleurs reconnaissant de garder tout cela pour toi.

—Je n'ai jamais eu l'intention d'envoyer ton arbre généalogique à Rita Skeeter, rassure-toi… Quoique ça pourrait être amusant de voir ce qu'elle en ferait.

—Ne parle pas de malheur, cette femme est pire que la Dragoncelle ! Accio livres traitant des Horcruxes, des Phénix et des Basilics… et de la possession des esprits ! In mensa ! Ajouta-t-il précipitamment lorsque plusieurs rayons commencèrent à manifester des signes d'agitation.

Une escadrille de volumes s'envola de diverses parties de la bibliothèque, et vint docilement se poser sur l'immense table de chêne, qui trônait au centre de la pièce. Severus élimina rapidement ceux auxquels il avait pu avoir accès à Poudlard, les renvoyant à leur place. Avec un soupir, il réduisit les autres, qui constituaient une jolie pile, avant de les glisser dans ses poches.

« Il semble que les vacances touchent à leur fin. Conclut-il avec une grimace.

TBC

*Voir portrait de Laurent de Médicis, par Girolamo Machietti (16°s).


Lumos, please ?