Disclaimer : L'univers et les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés.

Encore une fois MERCI à Manon, LycorisSnape, Zeugma, Juliana, Amandine Valentine, Mamie83, Daidaiiro, et Kahouete, pour vos adorables LUMOS !
Merci aussi aux nombreux lecteurs (hélas) anonymes et à tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte.

Retour à Poudlard… et à la réalité (dans le sens de vie de tous les jours).
Hors du cadre idyllique de leurs brèves vacances, nos deux idi-pardon, tourtereaux vont se retrouver face à la calamité du doute et des interrogations au sujet de l'autre.
Ah ! Communication, communication…


Hurt and comfort

.

Ils avaient décidé de regagner Poudlard séparément, afin que personne ne se pose plus de questions que nécessaire à leur sujet. Même si certains allaient forcément se douter de quelque chose, ils étaient bien décidés, du moins pour le moment, à laisser planer l'incertitude sur leur relation… ne serait-ce que parce qu'ils ne savaient pas exactement eux-mêmes où tout cela allait les mener. Après tout, à peine plus de six mois auparavant, ils étaient presque de parfaits inconnus, voire ennemis. L'ancien professeur ombrageux, solitaire, injuste et acariâtre, soudainement réapparu après dix ans, et la miss-je-sais-tout exaspérante, meilleure amie de sa némésis.

Hermione, qui devait reprendre ses fonctions le lundi, était rentrée la première, le dimanche après-midi. Severus ne devait revenir que le surlendemain, après un court détour par le Pays de Galles, au manoir des Prince, où il n'était pas revenu depuis l'été précédent. C'était la première nuit qu'elle passait seule depuis la sortie et déjà, son absence lui pesait. Ce n'était pas uniquement le manque physique, non, elle avait l'impression d'être séparée d'une partie de son âme. Elle ne l'avait pas cherché, mais elle devait reconnaitre qu'elle était définitivement et irrémédiablement tombée amoureuse de Severus Snape. Elle n'aurait pas su dire à quel moment l'amitié s'était transformée en quelque chose de plus profond, à quel moment, le désir physique s'était mué en amour, mais elle savait, sans l'ombre d'un doute, qu'elle était bel et bien prise au piège et elle se demandait ce qu'il adviendrait s'il venait à se lasser d'elle.

Elle se retourna dans son lit en grimaçant. Ses membres étaient en coton, et elle sentait une barre d'acier lui transpercer le crâne, mais elle n'avait pas le courage de se lever pour prendre une potion anti-migraines.

Elle ne croyait pas au bonheur idyllique et sans taches. Ces vacances avaient été une merveilleuse parenthèse, mais l'homme qu'elle aimait n'était pas le premier venu. C'était Severus Snape, un homme moralement et physiquement profondément abimé, par une enfance et une adolescence marquées par la maltraitance, et par deux guerres où il avait dû tenir le pire des rôles et subir des sévices inimaginables. Esclave consentant, pour le rachat de ses fautes, de deux maîtres aussi impitoyables l'un que l'autre, dont l'un l'avait condamné à être haï comme le pire des monstres, rejeté par la communauté sorcière, et l'autre avait fini par le tuer de la manière la plus horrible qui soit, pour seul paiement de ses années de services. Il était bien loin d'être guéri d'un passé douloureux qui pour lui, était encore extrêmement récent. Ses blessures étaient bien plus profondes que ce qu'il voulait bien en laisser voir, et même s'il s'était livré à elle plus qu'à quiconque, il faudrait encore sûrement beaucoup de temps avant qu'elle puisse vraiment appréhender toute sa complexité.

Au milieu de la nuit, alors qu'elle était enfin parvenue à sombrer dans un sommeil agité et fiévreux, elle se réveilla en sursaut, avec le sentiment d'une présence dans le noir. Elle s'assit brusquement sur son lit en tirant sa baguette de sous son oreiller. Au même moment, un murmure lui parvint d'un angle de la pièce.

—N'aie pas peur, Hermione. Ce n'est que moi ! Une douce lueur, semblable à celle d'une veilleuse naquit d'un des angles de la pièce, éclairant vaguement les ombres, et elle put bientôt distinguer la haute silhouette, appuyée contre le mur.

—Severus ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? Tu ne devais pas rentrer qu'après-demain ? Et comment… elle s'interrompit, en se souvenant à temps que le directeur avait accès à toutes les parties du château, même privées.

—Je suis désolé, je n'avais pas l'intention de te réveiller. Je… tu me manquais. Avoua-t-il dans un souffle. Et elle sentit son cœur chavirer dans un maelström de tendresse.

Il la regardait. Elle pouvait deviner l'intensité de son regard malgré la pénombre. Mais il ne bougeait toujours pas, comme incertain de l'accueil qui lui serait fait. Elle prit alors conscience de la solitude qui avait été le lot de cet homme pendant presque toute sa vie. De tout ce qu'il avait dû affronter, depuis son plus jeune âge, sans que jamais ne lui soit accordé le réconfort d'une main amicale, ou d'une épaule consolatrice, dans les pires moments. Il avait perdu sa seule amie sur une idiotie de jeunesse, dans des circonstances qui sans rendre ses paroles pardonnables les rendaient, pensait-elle, au moins excusables. Elle en voulait à Lily, même en sachant que si les choses avaient tourné d'une autre manière, Severus ne serait sûrement pas près d'elle aujourd'hui. Lily n'avait pas su comprendre qu'en l'abandonnant au moment où il était le plus vulnérable, elle l'avait irrémédiablement livré aux Ténèbres. Son cœur se serra. Elle ne pouvait imaginer affronter un pareil isolement, et elle mesurait sa chance d'avoir eu des amis qui l'avaient soutenue, dans les plus mauvaises passes.

Le feu s'était éteint et elle frissonna. Elle se rendit soudain compte qu'elle était couverte d'une sueur glacée, et qu'elle claquait littéralement des dents. Elle ouvrit le lit, à côté d'elle.

—V-viens te c-coucher, offrit-elle en éternuant, « tu v-vas finir par n-nous faire at-traper la m-mort !

Il ôta rapidement ses vêtements, et se glissant à ses côtés, il la prit dans ses bras. Elle se lova étroitement contre sa chaleur, sentant le mal-être qui l'avait habitée toute la journée se dissiper peu à peu à son contact. Mais ses frissons persistaient, et l'étau qui encerclait son crâne ne se relâcha pas pour autant. Elle renifla lamentablement. Ce n'était pas ainsi qu'elle avait envisagé leurs retrouvailles.

—Tu es gelée, tu grelottes.

—Je pense que j'ai attrapé un rhume. J'avais juste mal à la tête en me couchant, mais maintenant, je crois que j'ai de la fièvre.

Severus se redressa sur un coude, et renforçant l'éclairage, lança un sort de réchauffement autour du lit, un Incendio dans la cheminée, et un rapide sort de diagnostic sur la jeune femme.

—Tu as 39,5. Je vais te chercher de la Pim… Elle le retint alors qu'il faisait mine de se lever.

—Oh que non, Severus Snape ! Il est absolument hors de question que je prenne de la Pimentine ! Elle n'osa pas ajouter 'devant toi', ce qui n'empêcha pas le concerné de comprendre parfaitement le sous-entendu. « Dieu merci j'ai pensé à renouveler mon stock d'aspirine avant de rentrer, ça suffira pour la fièvre et la migraine. Je n'ai pas besoin d'autre chose. N'importe quel médecin moldu te le dira : un rhume, ça passe tout seul.

—C'est ridicule, fit-il avec tout de même une nuance d'amusement dans la voix. Il aurait lui-même souffert mille morts plutôt que d'avaler volontairement de la Pimentine devant témoins. « Nous sommes des sorciers, et nous avons une potion qui peut…

—Non !

—Je te promets de ne pas rire !

—Même !

—Je ne regarderai pas !

—Severus…

—Bon, capitula-t-il, où est ton aspirine ?

—Dans mon chevet, pas la peine de te déranger. Elle fit tomber deux comprimés dans sa main et les avala avec un verre d'eau sous l'œil amusé du Maître des potions.

—Dommage, avec tes joues rouges et cette étincelle dans les yeux, tu aurais fait un charmant mini volcan*. Elle lui lança un regard qui se voulait furieux sans vraiment y parvenir, en arrachant rageusement une poignée de mouchoirs en papier de la boîte qu'elle avait tirée de sa table de nuit en même temps que la boite d'aspirine. Une autre précaution qu'elle se félicitait d'avoir prise avant de revenir dans le monde magique.

—J'ai trop mal à la tête pour me disputer avec toi.

Il la reprit dans le cercle de ses bras et l'embrassa légèrement sur le front avant de souffler doucement sur ses paupières, comme on le fait aux enfants.

—Viens, je vais te réchauffer, essaye de dormir. Demain, je m'occuperai de l'infirmerie. Avec ce temps, c'est bien le diable si je n'arrive pas à transformer deux ou trois cornichons en volcans miniatures, manière de satisfaire mes instincts pervers !

Avec les derniers jours de décembre, l'humeur de Severus s'assombrissait progressivement. Il s'efforçait de ne pas le montrer, mais Hermione le surprenait souvent avec le regard vide, semblant fixer le néant. Il disparaissait pendant des heures, et passait la majorité du temps seul, dans son laboratoire, plongé dans ses livres ou dans de complexes équations d'Arithmancie, ou encore penché sur ses cornues. Elle se serait crue revenue aux jours qui avaient précédé Halloween.

La nuit était déjà presque entièrement tombée, et les flocons serrés tombaient sur lui sans qu'il semble s'en rendre compte, lorsqu'elle le finit par le trouver, le soir du 31 décembre, après l'avoir cherché une grande partie de l'après-midi. Il se tenait debout, appuyé contre un mur, immobile malgré le froid glacial, dans une cour intérieure du château. Elle resta un moment à côté de lui, à regarder tomber la neige sans qu'il marque une réaction.

—Tu as réussi à échapper à mon rhume, ce serait quand-même dommage que ce soit pour attraper une pneumonie… Tu ne peux pas déprimer au chaud, comme tout le monde ?

—C'est la Médicomage qui parle ?

—Non, c'est le bon sens. Il gèle !

—J'aime regarder la neige tomber, c'est… apaisant. Et qu'est-ce qui t'autorise à supposer que je déprime ?

—C'est vrai que ton humeur est particulièrement conviviale depuis quelques jours. Tu disparais pendant des journées entières, on ne te voit même pratiquement plus aux repas, et tu ne réapparais que tard dans la nuit.

—T'ai-je donné des raisons de t'en plaindre ?

—N'essaie pas de retourner les choses contre moi, Serpentard ! … Est-ce tellement anormal, pour toi, que je puisse m'inquiéter ? Ajouta-t-elle après un silence.

Il sembla considérer la question sérieusement pendant un long moment, avant de répondre.

—Anormal ? Je ne sais pas ! Étrange ? Sûrement ! Constata-t-il comme pour lui-même, l'air étonné qu'un tel sujet puisse même être soulevé. « Mais tu n'as absolument aucune raison de t'inquiéter, Hermione, reprit-il sur un ton plus doux. Je sais que je ne suis pas toujours facile à vivre, mais…

Elle lui coupa la parole en posant une main sur sa bouche.

—Je sais parfaitement comment tu es, Severus ! Je ne te reproche rien, je ne cherche pas à te faire changer. Je veux juste que tu admettes que tu n'es plus seul… et accessoirement, que tu arrêtes de te geler volontairement, tu trembles ! Allez, viens, il y a du feu et du vin chaud à l'intérieur.

Il soupira. Le repas du soir s'étirait en longueur. Il n'y avait rien, à part peut-être les anniversaires, qu'il détestait autant que ces nuits du 31 décembre, où tout le monde faisait semblant de s'amuser et d'être heureux. Que fêtaient-ils tous ces imbéciles à coup de feux d'artifices et de bouteilles de champagne, ou en l'occurrence, Ecosse oblige, de whisky Purfeu ? Le fait de s'être rapprochés un peu plus de leur propre mort, ou bien d'y avoir échappé encore pendant une année ? Il s'éclipsa aussitôt qu'il le put, et se réfugia, pour l'y attendre, dans le salon d'Hermione.

Assis devant la cheminée, il faisait lentement tourner un fond de vieil armagnac rapporté de ses terres, dans un verre ventru. Il avait éteint toutes les lampes, et le feu crépitant créait une ambiance tamisée. Hermione avait été appelée à l'infirmerie, et la neige qui tombait en rideau serré à l'extérieur lui faisait encore plus apprécier la chaude intimité de la pièce. Les paupières à demi closes il laissait son esprit dériver. La jeune femme avait pris dans sa vie une place qui l'effrayait de plus en plus. Pendant plusieurs mois, il avait tenté de se mentir, de la tenir à l'écart, de se persuader que rien n'avait changé, qu'il ne s'agissait que d'attirance physique, mais en vain. Et il avait fini par capituler.

Il avala une gorgée d'alcool ambré, après avoir laissé son palais s'imprégner de sa riche saveur. Il considérait combien sa vie avait changé en moins de deux semaines. Ce séjour en France avait été comme une renaissance. Lui-même avait eu du mal à se reconnaître, et il n'en mesurait qu'avec plus d'amertume à quel point sa vie avait pu être misérable avant. Et elle s'inquiétait pour lui… personne ne s'était jamais inquiété pour lui, indépendamment de toute autre considération de mission à mener à bien ! Il ne la méritait pas. Il ne méritait pas le bonheur qu'elle lui apportait. Il n'imaginait pas que cela puisse durer, elle allait bien finir par se réveiller, par se lasser et se rendre compte de son erreur. Et pourtant… et pourtant il ne pouvait plus imaginer une vie sans elle.

Pendant si longtemps il avait cru qu'il ne pourrait jamais aimer une autre femme que Lily. Et maintenant, il s'apercevait que ce qu'il avait éprouvé pour son amie d'enfance, n'était rien de plus que les premiers émois d'un cœur adolescent. Oh, c'était de l'amour, bien sûr, il avait souffert, c'était de l'amour. Mais cette obsession maladive qu'il avait développée après sa mort, cela, c'était autre chose. Avec le recul, il se rendait compte que ce qu'il avait alors pris pour de l'amour n'était rien d'autre que le résultat de sa culpabilité exacerbée.

Lorsqu'il avait appris qu'elle avait finalement épousé Potter, il avait éprouvé de la rage, et cette rage l'avait poussé tout droit dans les bras de Voldemort. Après les premières semaines d'euphorique sensation de puissance, lorsque son esprit rationnel avait commencé à se rendre compte de la folie mégalomane de son 'maître', il l'avait amèrement regretté, mais il était trop tard. Mangemort n'était pas une position de laquelle on pouvait même songer à démissionner ! Il l'avait alors détestée, la rendant responsable de ce désastre, et se fustigeant immédiatement après, d'avoir pu avoir une telle pensée. Il était seul responsable de ses décisions, il n'avait pas le droit d'en accuser personne d'autre.

La culpabilité avait commencé à ce moment-là. Bien avant la prophétie, bien avant Halloween de 1981 et les évènements de Godric's Hollow. Ensuite… ensuite, l'idée de cet amour idéalisé avait été la seule manière qu'il ait trouvée de supporter sa misérable condition. Il l'avait mise sur un piédestal, vénérée comme une divinité, et Dumbledore avait entretenu cette obsession malsaine, à son bénéfice personnel. Il l'avait transformée en une laisse avec laquelle il en avait fait son esclave. Soumis. Obéissant jusqu'au sacrifice.

Il se considérerait toujours comme coupable, pour la mort de Lily, et elle resterait à jamais son premier amour et son unique amie d'enfance. Mais il avait enfin réussi à voir clair dans cette partie de sa vie. La confession de Dumbledore y avait été pour beaucoup, mais Hermione avait été sa lumière sur ce difficile chemin. Il ne guérirait certainement jamais tout à fait, mais son rayonnement avait apaisé sa douleur.

Elle ne l'avait pas vu de tout l'après-midi. Depuis quelques jours, on aurait dit qu'il la fuyait, qu'il cherchait à l'éviter. Commençait-il à regretter ? S'était-il déjà lassé ? Leurs vacances avaient pourtant été si parfaites ! Le retour à Poudlard y était-il pour quelque chose ? Le souvenir de Lily ? Elle avait senti son cœur se serrer à cette idée. Elle n'avait pas voulu lui laisser voir à quel point il comptait pour elle. Elle avait eu peur de l'effrayer, de le faire fuir. Et ça devenait un peu plus difficile chaque jour.

Le côtoyer, essayer de rester juste un peu plus qu'amicale, avec en permanence le souvenir de sa chaleur, de son odeur, de ses mains, de son… NON ! Son corps commençait à réagir rien qu'à l'évocation de ce diable d'homme, qui se cabrerait si elle prononçait un seul de ces mots qui se bousculaient sur ses lèvres quand ils faisaient l'amour. Je t'aime, j'ai besoin de toi, laisse-moi entrer dans ta vie… Mais elle avait trop peur qu'ils sonnent le glas de leur fragile équilibre. Elle préférait faire semblant de ne vouloir rien de plus qu'une relation purement charnelle.

Elle l'avait cherché longtemps, et elle avait fini par le trouver. Seul. Immobile sous la neige. Prenant son courage à deux mains, elle avait essayé de lui faire comprendre, à demi-mots ce qu'elle ressentait, et il ne l'avait pas repoussée. Après avoir renvoyé son patient trop gourmand avec une dose de potion anti-nausée, elle n'était pas retournée immédiatement dans ses appartements. Elle s'était laissée tomber derrière son bureau, la tête entre les mains, et elle avait tenté de mettre ses idées en ordre.

Il s'était montré si tendre, le soir de son retour, si attentionné. Malgré son apparente froideur pendant la journée, il la rejoignait chaque nuit et leurs étreintes étaient toujours aussi… satisfaisantes. Non, sur ce plan-là, il n'avait pas l'air de se lasser, se dit-elle avec un léger sourire. Elle se souvint alors de son état avant Halloween. Peut-être tout simplement, la période lui rappelait-elle aussi de mauvais souvenirs... Un peu rassérénée, elle se leva pour aller le rejoindre.

La porte s'ouvrit, se referma, et le silence se fit. Il tourna lentement la tête vers elle. Elle se tenait debout à l'entrée du salon, immobile, incertaine. Au moment où leurs regards s'accrochèrent, l'écho assourdissant du cri silencieux de leurs âmes sembla envahir l'espace autour d'eux, dissipant leurs doutes.

Ils restèrent ce qui leur sembla une éternité à se regarder sans bouger. Puis il lui tendit la main, et seulement alors, elle s'avança lentement dans la pièce.

Lorsqu'elle s'arrêta enfin devant lui, il la prit par la taille, l'attirant doucement à lui, et posa simplement sa joue contre sa poitrine. Elle se laissa glisser sur le divan, à son côté, et prenant son visage entre ses mains, elle posa ses lèvres sur les siennes. Il l'attira encore plus près de lui et leurs langues se trouvèrent. Elle goûta le parfum capiteux de l'alcool dans sa bouche. Il l'entourait de ses bras, une main dans le creux de ses reins, la plaquant contre lui, lui faisant éprouver toute la force de son désir pour elle.

Le premier des douze coups de minuit sonna au clocher de la tour de l'horloge.

Il plongea un instant son regard dans le sien, avant de reprendre tendrement possession de ses lèvres en murmurant dans un souffle contre sa bouche « ce soir, arrêtons le temps ». Le simple son de sa voix fit courir un frisson sous sa peau, alors qu'il se levait pour la prendre entre ses bras, la soulevant comme une enfant pour l'emporter vers la chambre. Les bras noués autour de son cou, elle laissait reposer sa tête sur son épaule. Comment avait-elle pu douter de lui ?

Sa bouche, ses doigts redessinaient inlassablement, au ralenti, avec une infinie tendresse, comme s'il voulait les imprimer à jamais dans sa mémoire, toutes les courbes de son visage et de son corps, l'amenant peu à peu, pantelante et suppliante, jusqu'aux frontières ultimes du désir, le corps tendu comme un arc, toutes ses fibres exacerbées, le moindre souffle sur sa peau déclenchant un délicieux supplice. Luttant contre l'urgence presque douloureuse de son propre désir, il plongea ses yeux jusqu'au fond de son âme, en emprisonnant ses mains dans les siennes, laissant encore monter la tension jusqu'au point de non-retour. Ce n'est que lorsqu'il la sentit s'arc-bouter sous lui, à bout de résistance, incapable d'articuler une parole cohérente, nouant ses jambes autour de ses hanches pour l'attirer en elle, qu'il se laissa enfin glisser, avec un gémissement rauque, au plus profond du fourreau chaud et accueillant qui semblait fait pour lui de toute éternité. Elle l'accueillit dans un soupir qui ressemblait à un sanglot, et un sentiment de plénitude encore jamais atteint l'envahit. Il lui fit l'amour lentement, intensément, s'abandonnant à elle comme jamais encore il ne l'avait fait, les yeux dans ses yeux, jusqu'à ce que la jouissance les terrasse.

Le souffle erratique, Severus s'immobilisa un instant au-dessus d'Hermione, et elle l'entendit murmurer d'une voix presqu'imperceptible contre son cou « mon Hermione ! », avant de rouler à son côté, en l'entrainant contre son torse. Elle ne savait pas si les battements anarchiques de son cœur étaient dus à l'intensité encore jamais atteinte de l'orgasme qu'elle venait de vivre ou à l'émotion provoquée par le possessif associé à son prénom.

*La Pimentine a comme effet secondaire de faire fumer les oreilles pendant plusieurs heures après la prise.

TBC


Un 'tit Lumos pour éclairer ma muse ? ^^