Disclaimer : L'univers et les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés.

Encore une fois MERCI à Kahouete, Zeugma, LycorisSnape, Daidaiiro, Manon, Kyradelacour, Juliana et Mamie83 pour tous vos LUMOS !
Merci aussi aux nombreux lecteurs (hélas) anonymes et à tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte.

Un chapitre peut-être pas essentiel pour l'action de l'histoire, mais très important pour les relations de nos héros… De gros progrès niveau communication, c'est le moins qu'on puisse dire, et pour que Severus en arrive là…


Cicatrice secrète

...

C'est exactement neuf jours plus tard, qu'elle eut finalement l'explication de l'humeur taciturne affichée par le Maître des potions depuis la fin du mois de décembre. Ce matin-là, lorsqu'elle s'était réveillée, il était déjà parti. Quand il le voulait, il pouvait être aussi furtif et silencieux qu'un chat, un reste de ses années d'espionnage sans doute. Elle en avait été contrariée, mais s'était dit qu'il devait avoir ses raisons… peut-être une idée subite concernant ses recherches, qu'il avait voulu tester sans attendre. C'est aussi pourquoi elle ne s'inquiéta pas de ne pas le voir non plus à la table du petit-déjeuner.

L'épidémie de rhumes, grippes et autres rhino-pharyngites qui sévissait depuis quelques jours, ne lui laissa aucun répit de la matinée. L'infirmerie ne désemplissait pas, et à midi, elle choisit de se faire apporter un en-cas sur place, afin de garder un œil sur tout ce petit monde. Même malades, et malgré la légère amélioration apportée par la nouvelle politique de Severus concernant la discrimination entre maisons, il n'était encore pas encore très avisé de laisser, seuls et sans surveillance, Gryffondors et Serpentards dans la même pièce pendant trop longtemps. Les vieilles habitudes avaient la vie dure !
Elle sourit au souvenir de la nuit de son retour à Poudlard… elle n'avait pas lésiné sur la Pimentine, et la plupart des élèves avaient choisi de garder fermés les rideaux entourant leurs lits, afin de préserver leur dignité. Un remède efficace, et dont les effets secondaires avaient pour avantage de vous procurer un certain calme pendant les quelques heures qu'il lui fallait pour agir. À croire qu'il avait été conçu par un Serpentard… il allait d'ailleurs falloir qu'elle pense à renouveler son stock, et puisqu'elle était coincée ici pour l'après-midi, pourquoi pas s'y mettre tout de suite. La Pimentine était une potion simple et relativement rapide à préparer. En laissant ouverte la porte de communication entre la salle commune et la pièce où elle conservait les médicaments, dont une partie était aménagée en mini-laboratoire pour les potions usuelles, elle pourrait surveiller ses patients tout en s'occupant utilement.

Entre ses différentes occupations elle ne vit pas passer le temps. Le flux des élèves avait fini par diminuer, et elle avait renvoyé dans leurs dortoirs ceux dont les oreilles avaient fini de fumer. Contrairement à Severus, elle avait pitié de leur amour-propre, et leur permettait de rester à l'infirmerie le temps nécessaire à la dissipation des effets secondaires de la potion. Ne restaient que trois lit occupés, par les cas arrivés en fin d'après-midi, deux Serdaigles et un Gryffondor qui, barricadés derrière leurs rideaux, ne devraient pas poser de problèmes. Elle se résolut à faire appel à un Elfe pour les surveiller. La nuit s'annonçait calme. Le lendemain était un samedi, et même enrhumés, les volontaires pour la Pimentine, devraient être nettement moins nombreux que sur semaine…

Ce soir, elle avait prévu, pour l'anniversaire de Severus, de lui faire la surprise d'un diner en tête à tête, qui leur rappellerait leurs vacances. Lorsqu'elle sortit de la salle de bains, il n'était pas encore revenu. Elle passa dans la chambre en fredonnant pour enfiler la robe qu'elle avait sortie pour la circonstance. Une heure plus tard, après avoir rectifié pour la Nième fois l'arrangement des couverts, elle se résolut à partir une nouvelle fois à sa recherche. Jetant une cape sur ses épaules, elle prit la direction des cachots.

Elle donna le mot de passe, et le portrait qui dissimulait l'entrée de ses appartements pivota, s'ouvrant sur l'obscurité la plus totale. Aucune lueur ne filtrait non plus sous la porte qui menait à son laboratoire. En fronçant les sourcils, Hermione sortit sa baguette pour lancer un léger Lumos. La nuit était tombée depuis longtemps, mais à cette heure-ci, et même s'il avait décidé de faire sa mauvaise tête, Severus n'aurait jamais été couché. Un rapide coup d'œil dans le salon, dans la chambre, et pour faire bonne mesure dans la salle de bains, lui confirma son absence. Elle poussa la porte du couloir qui menait au laboratoire, et parcourut rapidement les quelques mètres qui la séparaient de la pièce.

L'obscurité était à peine moins épaisse ici, à peine troublée par cette faible lueur bleutée venant de nulle part, qu'il utilisait comme veilleuse, ou lorsqu'il voulait se relaxer. Ce soir, il en avait réduit l'intensité au minimum, et ses yeux, pas encore accoutumés à la pénombre, ne distinguaient encore rien. Mais elle pouvait sentir une présence dans l'ombre, elle savait qu'il était là, quelque part dans le noir. Elle s'immobilisa sur le seuil et augmenta la puissance de son Lumos. Malgré le froid humide et piquant qui régnait dans les souterrains, il n'avait pas allumé de feu dans la cheminée. Elle sursauta, manquant lâcher sa baguette, et son cœur s'affola dans sa poitrine lorsque sa voix perça les ténèbres. Basse, inexpressive, sans vie.

—Qu'est-ce que tu veux ?

—Seigneur Severus ! Tu m'as fait une peur bleue. Qu'est-ce que tu fais dans le noir ?

Il était assis sur un tabouret, près d'une paillasse. Elle augmenta encore son sort et l'homme, ébloui, leva une main pour se cacher les yeux. Un verre était posé devant lui, ainsi qu'une bouteille de whisky Purfeu à moitié vide.

Hermione choisit de ne pas faire de commentaire, et pointa sa baguette sur la cheminée.

« Incendio ! » Lança-t-elle avant de se retourner vers lui. Il n'avait pas bougé, se contentant de porter le verre à ses lèvres d'un air absent, avant de laisser retomber sa main lourdement, renversant ce qui restait de liquide au fond du récipient sans paraître s'en apercevoir. Il gardait la tête baissée, les épaules voutées, ses longs cheveux retombait de chaque côté de son visage, le dissimulant à son regard. Elle soupira, s'efforçant de garder son calme.

—Severus ! Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu ne t'es pas montré de la journée… il y a un problème avec tes recherches ? Je… c'est ton anniversaire, je pensais…

—Mon anniversaire ? Répéta-t-il d'une voix pâteuse, avant d'éclater d'un rire amer qui ressemblait à la plainte d'une âme en peine. « Mon anniversaire ! Il saisit rageusement la bouteille qu'il envoya se fracasser contre un mur.

Hermione fit un pas vers lui.

—Tu es ivre ! Elle s'efforçait de garder un ton neutre, de ne pas avoir l'air d'émettre un jugement.

—Pas assez ! marmonna-t-il d'une voix éteinte. « Tu n'aurais pas dû venir. Ajouta-t-il. « Va-t'en !

Elle fit un autre pas en avant.

—Regarde-moi ! Devant son absence de réaction, elle s'approcha encore plus près de lui et posa une main sur son épaule. « Regarde-moi, Severus. Reprit-elle d'une voix douce mais ferme. « Je t'ai fait une promesse. Je t'ai promis de toujours être là pour toi, quoiqu'il arrive. Je ne partirai pas. Regarde-moi… mon amour termina-t-elle dans un souffle, si bas qu'il ne dut pas l'entendre. Et même… il y avait de fortes chances pour qu'il ne s'en souvienne plus une fois qu'il aurait dessaoulé.

Les mots semblaient avoir du mal à se frayer un chemin jusqu'à son cerveau. Au bout d'un long moment, il releva lentement la tête vers elle. La détresse inscrite sur son visage lui déchira le cœur. Elle se prépara mentalement au pire. Qu'allait-elle apprendre, cette fois, sur le passé de cet homme, qui lui fasse encore autant de mal aujourd'hui ? Elle entoura sa tête de ses bras et la posa contre sa poitrine, en caressant ses cheveux d'un geste apaisant.

—Quoiqu'il arrive, Severus, quoi qu'il arrive. Toujours. Je te le jure.

Un silence s'étira, uniquement brisé par le bruit de sa respiration. Rauque. Oppressée. Lorsqu'il parla enfin, ce fut d'une voix atone, qu'elle reconnut à peine.

—Elle est morte !

Hermione ne put retenir un léger hoquet de surprise. De qui parlait-il ? Le fantôme de Lily Potter passa devant ses yeux, comme une brume légère, et elle sentit un poignard lui transpercer le cœur. Mais elle fut désarçonnée lorsqu'il poursuivit.

« Il l'a tuée. Le jour de mon anniversaire. Juste après les vacances de Noël. Je… je passais toujours Noël à Poudlard. Il ne voulait pas que je revienne à la maison en dehors des vacances d'été. Cette année-là, elle m'a envoyé un hibou. En cachette. Elle me disait qu'elle était allée parler à son père, et qu'il était d'accord pour m'accueillir chez lui pendant les grandes vacances. Que… que ce serait bien que je fasse la connaissance de mon grand-père.

Et soudain, elle comprit.

—Ta… mère ?

—Elle… la situation avait encore empiré. Elle savait que ça risquait… de dégénérer à tout moment. Mon… il s'interrompit. Manifestement, il n'arrivait pas à prononcer le mot. « Tobias ! Cracha-t-il haineusement. « Il était alcoolique. Il la frappait. Je n'étais… je n'étais qu'un gosse, je ne pouvais pas faire grand-chose… Lorsque je suis entré à Poudlard, les choses ont semblé s'améliorer pendant quelques temps. Du moins, c'est ce qu'elle disait lorsque je revenais pour les vacances, mais ça n'a pas duré longtemps. Un jour, il y a eu un accident, sur une machine. Il… il était saoul, et les dernières usines saisissaient le moindre prétexte pour licencier les ouvriers sans avoir à payer d'indemnités. Quand il s'est retrouvé au chômage, il a commencé à passer ses journées au pub, à essayer de se faire payer des verres. Lorsqu'il rentrait ivre, il la frappait. Lorsqu'il était en manque, il cognait encore plus fort… C'est le jour de mes quatorze ans, que j'ai été convoqué dans le bureau de Dumbledore. La mère de Lily avait envoyé un hibou...

—Oh, Severus ! Je… je suis désolée, je n'aurais pas dû…

—Tu ne pouvais pas savoir, comment aurais-tu pu savoir ? Son ton était presque agressif maintenant, et pourtant, il s'accrochait à elle comme si sa vie en dépendait. Et soudain, il s'effondra sur la table, la tête entre ses bras. Ses épaules étaient secouées de tremblements, et elle devina qu'il pleurait. Sans un sanglot, comme il avait pleuré dans ses bras en venant d'apprendre la trahison de Dumbledore. Elle attira un autre tabouret pour s'assoir auprès de lui et entoura ses épaules de son bras. Il tressaillit, mais ne tenta pas de la repousser.

—Ce n'est pas honteux, Severus, ce n'est pas une preuve de faiblesse. C'est normal de pleurer pour ceux qu'on aime. Celui qui ne sait plus comment pleurer a perdu son humanité. Pleure mon amour, laisse sortir ton chagrin.

—J-je ne lui ai jamais dit que je… l'aimais ! Chez nous, on ne se disait pas ce genre de choses… on ne se disait pas grand-chose, ajouta-t-il dans un souffle. Il releva la tête pour la regarder, les larmes coulaient silencieusement sur ses joues. « Je l'aimais, Hermione, je l'aimais et je n'ai jamais pu… Oh mon Dieu, je suis tellement… fatigué !

Fatigué des faux-semblants, fatigué de jouer un rôle, comprit-elle, fatigué de ne jamais avoir pu se laisser un seul instant aller à être lui-même.

—Je suis certaine qu'elle le savait. Comment aurait-elle pu ne pas le savoir ? Tu étais son petit garçon, même à quatorze ans. Et une maman sait toujours ces choses-là.

—Tu ne comprends pas. Je n'ai jamais… ma mère, Lily… Je ne suis pas bon à ce genre de choses. On… on devrait toujours… le dire… même si c'est… difficile. Même si… si on a peur. Même si on doit être… rejeté ! Il tourna la tête vers elle pour la regarder d'un air désespéré. « Je… je ne veux pas refaire les mêmes erreurs, mais... Je ne veux pas… je ne peux pas… te perdre Hermione ! Tu es… tu es tout ce que j'ai jamais eu de plus précieux. Je… je t'aime. Tu…tu le sais n'est-ce pas ?

Ces mots dans sa bouche, entrecoupés de silences, d'hésitations, chargés d'une angoisse palpable, lui, toujours tellement éloquent, lui retournaient le cœur. Elle était bouleversée, sonnée. Jamais, même dans ses rêves les plus fous, elle n'aurait osé espérer entendre un tel aveu venant de cet homme. Même si tout dans son langage corporel, dans la confiance inconditionnelle qu'il lui accordait, dans la manière qu'il avait de s'ouvrir à elle plus qu'il ne l'avait jamais fait avec personne, le lui proclamait.

Du bout des doigts, elle repoussa une mèche de cheveux pour lui dégager le visage, lui rendant son regard avec tout l'amour qu'elle pouvait mettre dans ses yeux.

—Je le sais Severus, et en prononçant ces mot, elle réalisa qu'elle idiote elle avait été de douter de lui. Oui, elle le savait. Bien sûr qu'elle le savait ! Tout au fond d'elle, elle l'avait toujours su. « Je le sais, et je t'aime aussi. Et tu ne me perdras pas, je te le promets. Tu dois essayer de te reposer, maintenant. Elle se leva, lui tendant la main. « Viens, il est tard et il fait froid.

Il était moins saoul qu'il en avait eu l'air. Il titubait légèrement, mais pas au point qu'elle soit obligée de le soutenir. Dans la chambre, ils trouvèrent Pattenrond, endormi en boule au milieu du lit. Elle l'aida à se déshabiller, après avoir ranimé le feu dans la cheminée, puis elle alla explorer le placard suspendu au mur, près du lavabo de la salle de bains. Elle y prit une potion Anti-Migraine et une de Sommeil.

—Qui êtes-vous ? Ou est Severus ? Est-ce qu'il est blessé ?

Elle sursauta, manquant lâcher les flacons qu'elle tenait entre les mains, regardant autour d'elle pour trouver la source de la voix.

« Quelle gourde ! Vous n'avez jamais vu un miroir enchanté ? Elle posa les yeux sur le vieux miroir piqueté de taches noires, qui lui renvoya une image peu flatteuse. Elle aussi, avait dû pleurer, sans s'en apercevoir, et le mascara qu'elle avait exceptionnellement appliqué ce soir-là avait coulé, lui faisant un regard hanté, et laissant des traînées noires sur ses joues. « Vous avez une sale tête, vous feriez bien de vous débarbouiller. Et ces cheveux ! Pour une fois qu'une femme pénètre ici, il faut qu'elle ressemble à un vieil épouvantail sur la tête duquel un oiseau aurait fait son nid. Vous ne m'avez pas répondu. Est-ce que Severus va bien ?

Malgré son étonnement de voir l'objet s'inquiéter pour son propriétaire, Hermione toisa l'artéfact avec autant de morgue que devait en avoir le Maître des potions lorsqu'il recevait ses 'compliments'.

—Aussi gracieux que son propriétaire lorsqu'on le tire du lit à l'aube, je vois ! Pourquoi est-ce que ça ne m'étonne pas ?

—Comment pouvez-vous connaitre l'humeur de Severus lorsqu'on le réveille à l'aube ? Ohhh ! Seriez-vous la raison pour laquelle il n'a plus mis les pieds ici depuis trois semaines ?

—Ca ne te regarde pas ! Mais puisque tu sembles te soucier de lui, non, Severus n'est pas blessé. Il est juste… un peu indisposé. Pourquoi pensais-tu…

—Je vous ai vu prendre des potions de soin… et je l'ai trop souvent vu rentrer en piteux état pour ne pas me poser de questions lorsque quelqu'un d'autre le fait à sa place. Surtout si cette personne a l'air aussi dévastée que vous l'êtes. Et puis… c'est le neuf janvier aujourd'hui. Soupira-t-il, prouvant qu'il savait ce que signifiait cette date pour le Maître des potions.

—Pourquoi est-ce qu'un vieux miroir bon à jeter s'inquièterait pour son propriétaire ?

—Severus est le seul à n'avoir jamais cherché à se débarrasser de moi, je le connais depuis qu'il a aménagé ici, il y a vingt-huit ans. Malgré sa longue absence, nous avons tout de même passé dix-huit ans ensemble. Ça finit par créer certains liens, même si je ne suis qu'un vieil objet miteux. Mais n'allez surtout pas le lui répéter.

—Parce que tu ne pourrais plus le critiquer en restant crédible, hein ?

—Il aime autant que moi nos petites discussions.

—Oh mais je n'ai aucun doute là-dessus. Et qu'est-ce que je gagne à ne pas cafter ?

—Un conseil ?

—Lequel ?

—Lavez-vous la figure, vous allez lui faire peur ! Hermione ne put s'empêcher de sourire, avant de se pencher sur le lavabo pour suivre le conseil. « Eh bien voilà qui est bien mieux ! Vous n'êtes pas si mal, finalement.

Hermione reprit les fioles qu'elle avait posées pour se débarbouiller et sortit après avoir tiré la langue à son reflet, récoltant un ricanement amusé.

Elle déposa les flacons sur le chevet. Potions et alcool ne faisaient généralement pas bon ménage, mais il pourrait les prendre lorsqu'il le jugerait adéquat, sans avoir à se déranger.
Severus avait fermé les yeux, mais elle savait qu'il ne dormait pas. Elle repensait à la petite conversation qu'elle avait eue avec son miroir, et elle sentit sa gorge se nouer en réalisant que pendant toutes ces années, au long de toutes les épreuves qu'il avait traversées, seul un objet sans âme s'était réellement soucié de lui. Elle jeta un coup d'œil autour d'elle.

Depuis qu'ils avaient entamé leur relation, ils avaient toujours dormi dans la chambre d'Hermione. La seule fois où elle était entrée ici c'était lors de la nuit d'Halloween, et cette fois-là, elle n'avait pas vraiment eu le loisir d'examiner le décor… si l'on pouvait qualifier de décor l'austérité presque monacale de la pièce. Des murs de pierre brute juste blanchis, un lit de bois sombre flanqué d'un chevet sur lequel étaient posés un bougeoir et une pile de livres, et une grande armoire à double porte. C'était un endroit uniquement dédié au sommeil, où l'on n'avait aucune envie de s'attarder une fois réveillé. Une chaise, une petite table couverte de parchemins, qui témoignait de longues heures d'insomnie passées à travailler, et seul luxe tout relatif, un épais tapis qui recouvrait la plus grande partie du plancher, complétaient l'ameublement assez spartiate de la chambre.

Elle se déshabilla à son tour rapidement et se glissa entre les draps. Au moins, le lit était-il confortable ! Repoussant doucement Pattenrond, qui prit le temps de s'étirer à fond et d'une mini-toilette, avant d'aller consciencieusement piétiner leurs pieds, et de se rendormir, elle ramena les couvertures sur eux. Il avait rouvert les yeux et la regardait en silence, avec un air encore un peu incrédule. Il n'avait pas prononcé une seule parole depuis sa déclaration hésitante dans le laboratoire. Elle ne l'avait pas rejeté. Mieux, elle lui avait dit qu'elle l'aimait aussi. Il n'avait pas l'habitude de boire, mais il savait que les délires causés par l'alcool étaient rarement aussi agréables, et de toute façon, il n'avait pas assez bu pour délirer. Son corps était chaud et ses bras accueillants. Il se réfugia dans leur étreinte réconfortante, et vint reposer sa tête dans le creux de son épaule. La main d'Hermione se posa sur sa joue, caressant ses cheveux, effleurant son front dans un geste presque maternel.

—Dors, Severus. Dors mon amour, je suis là. Je serai toujours là. Ce soir, demain… à jamais.

—A jamais ! Répéta-t-il d'une voix somnolente. « A jamais…

TBC


LUMOS ? Merci d'avance.