Disclaimer : L'univers et les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés.

Merci à LycorisSnape, Manon, Zeugma, Juliana, mamy83, renard, Kahouette, Daidaiiro, Amandine Valentine et jeanneo patronum… Vos Lumos illuminent mes méninges et me donnent le courage de continuer lorsque, parfois, c'est dur de trouver la motivation lorsque la vie se met à faire la garce… I love you !

Hermione à la rescousse ! Pauvre Dumbledore, je m'aperçois que je le maltraite tout de même pas mal dans cette fic. Ce n'était pourtant pas prémédité lorsque j'ai commencé à écrire cette histoire… quand je vous disais que les personnages prennent parfois le dessus.


Les larmes du phénix

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La gargouille l'avait laissée passer sans rien lui demander, mais ce n'est que bien plus tard que ce fait lui revint en mémoire.

Hermione avait repris les séances d'hypnose avec Harry, et cette fois, Severus ne s'était pas contenté de rester assis en retrait, dans un angle de la pièce, hors de la vue du patient. Il s'était planté en face de lui et après un long moment où chacun d'eux avait observé l'autre en silence, avait simplement demandé : « Qui êtes-vous ? »
Dans un premier temps, Harry n'avait pas réagi, il n'avait même pas semblé entendre, ce n'est que lorsque le Maître des potions avait amorcé un mouvement pour se retourner qu'il avait pris la parole. Troublé. Incertain. Comme si ce nouvel interlocuteur avait déclenché quelque chose de nouveau en lui.

—Brou-illard ! Flou ! Je dois me ssouvenir ! Je dois…

La voix était toujours celle du jeune homme, mais quelque chose en elle semblait altéré. Il plissait les yeux, sous un effort de mémoire intense.

Severus avait alors tenté une nouvelle approche.

—Savez-vous qui je suis ?

Là encore, la réponse avait mis du temps à venir, hachée, décousue, comme si Harry, où l'entité qui parlait à travers lui, avait du mal à mettre ses idées en place.

—Ssang… la baguette… je dois… le ssang sur sses mains ! Le ssang… Sseveruss…

—Le sang sur les mains de qui ?

—Harryyy Potter!

Les S n'étaient pas aussi prononcés que ce qu'il avait entendu le jour du banquet de rentrée, mais il ne put s'empêcher d'en avoir des frissons dans le dos. Et cette fois, Hermione avait aussi remarqué cette altération de la voix et de la prononciation de son ami, qui était ensuite retombé dans l'apathie qui caractérisait généralement ses séances.

Après le départ de Harry, Severus avait replongé dans une de ces humeurs moroses qui semblaient ne pas vouloir le quitter depuis leur retour à Poudlard, trois semaines plus tôt. Le salon d'Hermione était maintenant envahi de piles de livres, dont la plupart venaient de la bibliothèque des Prince. Elle lui avait clairement fait comprendre que tant qu''il n'avait pas de potions à préparer, il pouvait tout aussi bien poursuivre ses recherches dans une pièce douillette et bien chauffée, plutôt que dans ses cachots glaciaux. Elle ne l'avait pas obligé à choisir son salon, mais malgré le confort de son propre salon, qui contrastait étrangement avec le dénuement du reste de ses quartiers. Peut-être par un certain souci de préserver les apparences, parce c'était la seule pièce où il autorisait les éventuels visiteurs à entrer, c'était chez elle, qu'il avait choisi de s'installer.

Depuis le soir de son anniversaire, après le court moment de gêne du lendemain matin, leur relation était enfin apaisée. L'angoisse de perdre l'autre, qui les avait habités tous les deux alors qu'ils n'osaient pas s'avouer leurs sentiments s'était évaporée, et cette nouvelle liberté les avait libérés d'un poids qui aurait pu étouffer dans l'œuf leur fragile équilibre, malgré leur affection réciproque.

Lorsqu'elle l'avait vu ainsi, prostré dans son fauteuil, un livre qu'il ne lisait pas ouvert sur les genoux, le regard amorphe, fixé sur un point indéterminé du tapis, elle avait voulu le rejoindre pour le réconforter. C'est alors qu'elle avait remarqué les boutons défaits de sa manche gauche. Il essayait de le lui cacher, mais il avait peur. Elle était pourtant bien placée pour savoir que la Marque ne donnait aucun signe de réapparition, mais depuis leur retour en Écosse, après les quelques jours d'insouciance de leurs vacances françaises, elle l'avait plus d'une fois surpris à vérifier furtivement son avant-bras. Elle savait que ça le minait, et qu'il ne supporterait pas d'endurer un autre retour du Seigneur des Ténèbres. Elle n'avait pas pu en supporter d'avantage. Elle était sortie sous un prétexte quelconque et s'était précipitée dans le bureau directorial.

Debout face à son portrait, elle apostrophait maintenant Albus Dumbledore d'une voix sèche et cassante.

—Qu'est devenu Fumseck ?

—Oh, bonjour, miss Granger ! Comment va Severus, il n'est pas rev…

—Non. Et je ne pense pas qu'il ait la moindre envie de remettre les pieds dans ce bureau de sitôt ! Répondez-moi Albus ! Qu'est devenu Fumseck. Personne ne l'a revu depuis votre enterrement.

—Vous m'en voulez, vous aussi ! Je peux vous comprendre, mais vous devez…

—Non professeur, l'interrompit-elle, une main levée. « Pas de tentative de digression, d'explications, ni même d'excuses. Severus est beaucoup trop indulgent vis-à-vis de vous. Beaucoup plus que moi. Ne comptez pas que je vous trouve une seule circonstance atténuante. Ce que vous lui avez fait ne mérite aucun pardon. Vous l'avez détruit. Il portera à jamais les stigmates de ce que vous l'avez obligé à faire, et à endurer, dans son corps et dans son esprit. Alors non, moi, je ne vous pardonnerai jamais. Ne serait-ce que parce qu'il faut bien qu'au moins une personne soit à ses côtés, inconditionnellement. Pour le soutenir, voire pour le protéger, ne serait-ce que contre lui-même. Harry aussi a gardé des séquelles de vos manigances, et pour lui, Severus est encore une fois prêt à sacrifier jusqu'à sa vie. Mais cette fois, je ne le laisserai pas faire. Même si cela implique que je doive venir vous supplier à son insu, alors que mon plus cher désir est de ne jamais plus vous voir, ou vous adresser la parole.

—Vous êtes dure, Hermione ! Très dure ! Mais je suppose que je récolte ce que j'ai semé… Que se passe-t-il avec Harry ?

Un silence oppressant suivit l'explication d'Hermione. Pour une fois, Dumbledore semblait vraiment déstabilisé.

« Ainsi, Severus pense que Harry n'était pas vraiment un Horcruxe, du moins pas vrai sens du terme, et que quelque chose de Voldemort pourrait encore subsister en lui malgré tout ce qui s'est passé ?

—Il n'en sait pas plus que vous ou moi, il cherche. Il cherche à s'en rendre malade. Mais c'est une hypothèse plausible, que nous ne devons pas négliger. Si sa théorie est bonne, en ce qui concerne son immunisation au moins partielle au venin de Basilic, l'épée de Gryffondor peut nous aider, mais il nous faut aussi des larmes de Phénix pour prévenir tout risque de séquelles. Un Phénix peut vivre mille ans, et vous avez dit vous-même à Harry que Fumseck était né d'un œuf et non d'un foyer, ce qui veut dire qu'il est très jeune. Hors, il ne peut exister qu'un Phénix à la fois…

—Je vois que vous avez bien étudié votre sujet, miss Granger. Fumseck est effectivement toujours en vie mais malheureusement, je ne peux pas vous dire où le trouver, pour la simple raison que malheureusement, je l'ignore. Un Phénix n'a pas de maître. Il peut se choisir un compagnon, et lui être loyal, mais aucun homme ne peut lui imposer sa volonté. J'avais découvert l'œuf pendant un de mes voyages de jeunesse, en Perse, et l'avait ramené ici avec moi, mais il aurait très bien pu décider de partir, à la fin de sa croissance. C'est lui qui m'avait adopté, et lorsque je suis mort, il n'avait plus de raison de rester à Poudlard.

—Mais il était loyal envers vous, et vous lui aviez demandé de protéger Harry ! Si Harry est de nouveau en danger, n'est-il pas possible qu'il puisse le ressentir, et revenir pour lui ?

—Je ne sais pas, Hermione. Mais je veux aider Severus, et je veux vous aider… vous l'aimez, n'est-ce pas ?

—Plus que tout au monde, et j'en suis fière.

—Vous pouvez l'être, ma chère. Si un homme a mérité d'être aimé un jour, et de trouver le bonheur et la paix, c'est bien lui. Et je suis sûr que si une femme peut apaiser son âme, c'est vous. Dilys ? Appela-t-il.

—Je suis d'accord, Albus. Elle ne saurait être mise entre de meilleures mains.

—Dilys est la gardienne de l'unique larme que Fumseck m'ait laissée recueillir, lorsque je lui ai fait mes adieux, avant de partir pour la caverne avec Harry, afin de récupérer le pendentif de Serpentard. C'est un trésor inestimable, mais je suis certain que tous les deux, vous en ferez usage à bon escient.

Le portrait de l'ancienne directrice s'était détourné elle avait ouvert la porte d'une armoire à potions, peinte derrière elle, et revenait maintenant à l'avant de son cadre avec une minuscule fiole entre les doigts. Le tableau bascula et une niche apparut, dans laquelle était posée un flacon fait d'un cristal si fin et si pur, qu'il semblait pouvoir se briser au moindre effleurement. Hermione s'en saisit précautionneusement.

—Soyez tranquille, la fiole est protégée par un sort, elle ne peut être cassée, et le bouchon en est scellé magiquement. Seul un cœur pur, aux intentions honnêtes peut être capable de la déboucher. Je ne doute pas que vous ou Severus le puissiez, mais soyez sûrs de vous, à ma connaissance, il n'en existe aucune autre.

—Je vous remercie pour lui, Albus.

—Si cela peut compenser un peu du mal que je lui ai fait…

—Rien n'a ce pouvoir, d'autant plus que cette larme, c'est à Harry plus qu'à lui que vous l'offrez, mais si cela peut lui épargner une épreuve supplémentaire, alors je vous en suis reconnaissante. C'est tout ce que je peux vous offrir pour le moment.

Après avoir salué les portraits de la tête, elle se dirigea vers la sortie, son précieux butin serré contre la poitrine.

—Hermione !

La voix maintenant familière de Dilys Derwent l'arrêta au moment où elle allait ouvrir la porte. Elle se retourna vers le portrait de l'ancienne directrice Médicomage.

—Oui ?

—Fumseck… Il savait, pour Severus ! Ce soir-là…

—Dilys !

—Non, Albus, je ne me tairai pas ! Miss Granger a raison. Ce garçon à trop souffert, il vous a tout donné, vous n'avez pas le droit de lui dissimuler, encore une fois, la vérité. « Fumseck… reprit-elle en s'adressant à Hermione. « Il savait ce que Severus serait forcé de faire avant la tombée du jour. Ce n'est pas pour Albus, qu'il a pleuré ce soir-là ! Et ce n'était pas la première fois. Le soir où Albus lui a demandé de le tuer, il a pleuré aussi. Si une larme de phénix, versée dans un autre but que la guérison d'une blessure, n'est pas recueillie immédiatement dans un flacon de pur cristal, elle se transforme en diamant… le bouchon de ce flacon est la première de celles qu'il a versées pour Severus. Albus l'a découverte dans son nid, après son départ. Les larmes de compassion qu'un Phénix verse pour une personne en particulier ont bien d'autres pouvoirs, pour cette personne, que celui de guérison. Même solidifiées. Souvenez-vous-en, si vous essayez de le retrouver. Lorsque Severus a quitté Poudlard, ce soir-là, c'est pour aller rejoindre Voldemort, et Fumseck ne pouvait pas l'y suivre. Lorsqu'il est revenu, le jour de l'enterrement d'Albus, je pense que c'était pour essayer de le retrouver. Par la suite, les Détraqueurs cernaient le château. Et plus tard, il a dû penser, comme tout le monde, que Severus était mort. S'il pouvait savoir qu'il est en vie…

—Dilys !

—Vous ne croyez pas que vous leur avez caché assez de choses, Albus ? Voulez-vous vraiment continuer à gâcher la vie de ce garçon pour une simple question d'orgueil mal placé ? Si la loyauté de Fumseck a changé, peut-être devriez-vous commencer à vous demander pourquoi, en votre âme et conscience…

—Je ne l'aurais pas mieux formulé ! Bravo Dilys ! Renchérit le portrait de Phineas Black, alors que dans leurs toiles, les autres anciens directeurs affectaient à qui mieux mieux de dormir, ne voulant pas prendre parti dans la querelle.

Dumbledore ressemblait maintenant à un petit vieillard ratatiné dans son fauteuil, et l'étincelle qui pétillait habituellement au fond de ses yeux avait disparu. Il avait l'air si malheureux qu'Hermione eut presque pitié de lui.

—Merci Dilys. Elle se tourna tout à tour vers les trois portraits réveillés, dans leur cadre en hochant la tête en guise d'au-revoir. « Dilys ! Phineas ! Albus !

—Au-revoir, Hermione ! Prenez soin de Severus.

Une chose tracassait Hermione depuis le départ de Harry, cet après-midi-là. Elle s'immobilisa brusquement au milieu du couloir, et au lieu de continuer sur le chemin de l'infirmerie et de ses appartements, elle bifurqua vers la bibliothèque. Elle était songeuse. Les mots prononcés par le jeune homme tournaient en boucle dans la tête. Le sang. Le sang de Severus, répandu sur les mains de son ami, semblait revêtir une importance capitale pour l'entité qui le possédait. Elle en savait très peu, en vérité sur la magie du sang, et elle répugnait à retourner dans le bureau directorial pour demander de l'aide aux portraits.

Sa qualité lui donnait accès à la partie interdite, où étaient stockés les ouvrages jugés plus ou moins dangereux auxquels n'avaient pas accès les étudiants. Diana Smith, une ancienne Serdaigle qui devait appartenir à la génération de ses parents, qui avait remplacé Irma Pince au poste de bibliothécaire, lui ouvrit la barrière invisible qui la séparait du reste de la bibliothèque, avec un sourire de bienvenue qui ne manquait jamais de surprendre ceux qui avaient connu 'le dragon'. Après une première recherche infructueuse, elle se dirigea vers une armoire à laquelle elle savait que seul le directeur et les personnes expressément autorisées par lui pouvaient avoir accès. Elle se souvenait de la Gargouille. Se pourrait-il que pour une raison ou pour une autre, elle puisse… Lorsqu'elle posa sa main à plat sur la porte, celle-ci disparut comme par… magie (les expressions moldues avaient la vie dure !), lui donnant accès, non à un meuble, comme elle s'y était attendue, mais à une petite pièce dont les murs étaient tapissés de livres jusqu'au plafond.

Le cœur battant, elle prononça sans oser élever la voix « Accio livres traitant de la Magie du sang ! »

TBC


Lumos, please ?