Disclaimer : L'univers et les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés.

Merci à LycorisSnape, Zeugma, Manon, Juliana, mamy83, Kahouette, Daidaiiro, Firenze-Snape et jeanneo patronum, pour vos toujours adorables LUMOS!

Bonsoir. Dernier chapitre d'avance, et avec tout le travail que j'ai en ce moment, je ne peux pas, même si je vais faire tout mon possible, vous promettre un update pour la semaine prochaine… Mais même dans ce cas, je vous publierai quand même un petit quelque chose que j'ai en réserve dans mon disque dur (soit sous forme de petit OS, ou un chapitre bonus du « veilleur II »), que vous trouverez facilement dans mon profil )

Bonne lecture, et n'oubliez pas de laisser une petite offrande à ma muse, elle en a plus besoin que jamais !


Le sang de l'innocent

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Au bout d'un très long silence, uniquement troublé par le crépitement des flammes dans la cheminée, il reprit la parole, revenant au sujet qui les avait préoccupés avant cette digression.

« Tu voulais me parler de ce que tu avais découvert ?

Avec un soupir, elle accepta cette échappatoire.

—J'ai repensé aux paroles de Harry, où qui que ce soit qui s'exprimait à travers lui. À cette importance, qu'il avait l'air d'accorder à ton sang répandu sur ses mains. Je suis allée à la bibliothèque pour consulter des ouvrages sur la magie du sang. Je n'ai rien trouvé, même dans la réserve, c'est pour cela que j'ai eu besoin d'accéder à l'annexe.

—La magie du sang est un sujet tabou pour la plupart des gens. Dans leur esprit, elle est forcément associée, bien qu'à tort, à la nécromancie, alors que seule une infime partie relève des arts sombres.

—Il faut reconnaitre que c'est aspect-là qui a le plus été mis en avant au cours des siècles. Le sang étant intimement associé à la vie, dans l'esprit de la majorité des personnes, la sorcellerie associée au sang relève du sacrilège. Mais bon, on n'est pas là pour entamer un débat sur le sujet. Elle fouilla dans ses poches pour retrouver ses notes, passablement froissées. « J'ai trouvé ça, je cite 'Le sang de l'innocent, répandu sans raison par mortel maléfice, a la vertu de protéger celui qui le recueille, involontairement et avec un cœur pur, contre tous les maléfices de celui qui l'a versé. Chaque maléfice lancé contre le porteur du sang affaiblira le corps et altèrera l'âme du lanceur, à la mesure de sa puissance.'

« En résumé, pour Harry, ton sang aurait fonctionné comme un bouclier, qui l'a protégé des sortilèges lancés par Voldemort. Cela expliquerait tout ! Draco m'a dit que Narcissa lui avait raconté combien il avait semblé souffrir après avoir lancé l'Avada Kedavra contre lui, dans la Forêt Interdite. Il l'a envoyée, à elle, pour vérifier qu'il était bien mort, parce qu'il semblait avoir peur de s'approcher de son corps. Peut-être commençait-il à percevoir que quelque chose ne fonctionnait pas, dans son plan.
Et effectivement, Harry bénéficiait de la double protection de la baguette de sureau, qui refusait de le blesser gravement, puisqu'il en était le véritable maître, et de ton sang, dont il gardait encore des traces sur ses mains. Il a affaibli à la fois le peu qui restait en Tom Jedusor de son âme après la destruction des Horcruxes, et le fragment qui était dans Harry… et certainement aussi de Nagini elle-même, sans parler des dommages qu'il a pu provoquer sur son corps. Et le sortilège de mort étant le pire de tous, c'est aussi celui qui pouvait lui causer le plus de dommages.

« Tu avais raison, Harry n'était pas vraiment un Horcruxe au plein sens du terme, puisque Voldemort est vraiment mort, et sa 'vision' des limbes n'était qu'un délire induit par ce qu'il avait vu un peu plus tôt dans la Pensine. C'est la baguette de sureau et ton sang qui ont préservé sa vie, dans la forêt.

—Seulement Voldemort ne m'a pas tué de sa propre main !

—Mais il a bien versé ton sang par maléfice, et son intention était clairement de te tuer. Souviens-toi de ses paroles : 'le véritable maître de la baguette est celui qui a tué son précédent propriétaire…', juste avant qu'il ne te lance le Sectumsempra, avant d'ordonner à sa sale bête de t'achever. Dans son esprit tordu, il fallait absolument qu'il te tue de sa main, pour conquérir la baguette de sureau. Il n'a fait terminer le travail par Nagini que par sécurité, au cas où la baguette, dont il pensait que tu étais le maître, n'accepterait pas de t'achever. De plus, Nagini, elle, était un véritable Horcruxe. Non seulement elle contenait une partie de son âme, mais elle accomplissait sa volonté, ce qui revenait à te tuer lui-même, par serpent interposé. Sans ce Sectumsempra, Harry n'aurait pas eu d'autre protection que d'être le vrai propriétaire de la baguette, et je ne suis pas certaine que cela aurait suffi à le protéger contre deux Avada Kedavra dans la même soirée.

—Le Sectumsempra… comment ai-je pu oublier…

Il se réveillait encore parfois en hurlant, la nuit, à la vision de la gueule monstrueuse ouverte sur les crochets démesurés de Nagini, se jetant sur lui à la vitesse d'un éclair. Il en avait été tellement traumatisé, qu'il avait totalement occulté le sort qui l'avait jeté au sol, quelques secondes auparavant.

—Je pense que tu as quelques excuses, étant-donné les circonstances. Le coupa-t-elle avec une ironie amère. « J'étais là lors de l'affrontement final, et je peux t'assurer qu'en dépit de ses provocations, Voldemort n'était pas aussi fringant qu'il voulait le laisser penser. Lorsqu'il a lancé son dernier maléfice, il titubait, et il était à genoux, lorsque sa propre malédiction a fini par se retourner contre lui, avant que la baguette de sureau ne rejoigne son légitime propriétaire !

—En admettant que tu aies raison, mon sang était loin d'être innocent…

Malgré ses protestations, Severus paraissait tout de même très légèrement ébranlé par le raisonnement d'Hermione.

—Quoi que tu puisses penser de toi, il l'était de ce que pour quoi il a voulu te tuer. Tu n'as jamais été le maître de la baguette ! Et les deux Avada Kedavra qu'il a lancés ce soir-là contre lui, ont pratiquement réduit à néant le fragment d'âme qui subsistait encore dans Harry. Il n'en reste peut-être même véritablement guère plus qu'un fantôme, comme tu l'as toi-même suggéré. C'est pourquoi il ne se souvient plus de ce qu'il est. Mais inconsciemment, il sait que le sang, que ton sang, ce sang que Harry avait encore sur les mains, a une importance capitale pour lui, et il le craint encore aujourd'hui.

—Tout ça est bien beau, et peut expliquer ses paroles, mais cela ne résout pas notre problème pour autant.

—Mais ça confirme ton hypothèse au sujet du 'faux Horcruxe', et ça veut aussi dire que nous pouvons peut-être trouver une solution pour finir d'en débarrasser Harry par un moyen moins radical que ce que nous supposions. Et même si nous devons en arriver à utiliser l'épée de Gryffondor, nous avons maintenant le moyen de contrer les effets secondaires du venin de Basilic sur son organisme…

Un sourire triomphal sur les lèvres, elle tira de sa poche le flacon contenant la larme de Phénix, et le déposa dans la main d'un Maître des potions éberlué, pour une fois à cours de répartie.

« Et ce n'est pas tout…

L'horloge de la tour sonnait cinq heures lorsqu'Hermione termina son récit. Le feu était presque éteint et tout à leur discussion aucun des deux n'avait songé à le raviver. La soirée avait été éprouvante, émotionnellement, et accessoirement, physiquement. Elle frissonna et lança un Incendio négligent sur la cheminée en baillant, avant de revenir se lover contre 'son homme'.

Severus avait du mal à y croire.

—Fumseck… Fumseck aurait changé d'allégeance ?

—D'après Dilys, oui. Il t'aurait cherché après la mort de Dumbledore, sans pouvoir te rejoindre, à cause de Voldemort et des Détraqueurs. Elle a aussi fait des allusions à la larme solidifiée, qui pourrait, si j'ai bien interprété ses paroles, t'aider à le retrouver, ou peut-être l'inverse. Elle était assez sibylline.

—Dilys était une Serdaigle, parler par énigmes est un peu devenu une déformation chez elle, avec l'âge… Et j'ai bien peur qu'avec le temps, cela n'ait aussi déteint sur les autres. Mais elle est de loin celle qui m'a le plus aidé à tenir le coup, malgré tout ce que je devais subir, lors de la dernière année de la guerre, je lui en serai toujours reconnaissant.

—Je l'aime bien aussi. Elle semble très bienveillante. Et même presque… maternelle à ton égard.

—Et voilà le sentimentalisme Gryffondor qui remonte à la surface ! C'est un tableau, Hermione, fait de toile et de pigments de couleurs ! Allez, viens, tu es fatiguée. Nous avons tous les deux besoin de sommeil. Nous pourrons repenser à tout ça demain, à tête repo...

Il s'interrompit assez comiquement non seulement au milieu du mot, mais dans son mouvement pour se lever du sofa. Il se rassit en tournant la tête vers la jeune femme, qui le regardait maintenant d'un air interrogateur.

« De toile, de peinture et d'un… fragment de l'âme de celui qu'il représente !

—Les tableaux magiques seraient en quelque sortes des… enfin, un genre de Horcruxe ?

—Non. Ils n'ont aucun pouvoir, et surtout pas celui de ressusciter leur modèle. Ils ne sont pas à proprement parler vivants, mais ils sont conscients… cela ne te rappelle rien ?

—Seigneur ! Harry !

—Comme tu dis. Peut-être détiennent-ils, même sans le savoir, la solution au problème de Potter, depuis le début.

—Comment sont-ils fabriqués ?

—À ma connaissance, ceux des Directeurs apparaissent spontanément dans le bureau à leur mort. Certainement générés par le château lui-même. Les portraits magiques 'ordinaires', eux, sont de simples toiles, animées par un sort. Théoriquement, ils sont dépourvus de sentiments et leur conscience, bien que pouvant très légèrement se développer avec le temps, est limitée à ce que l'enchanteur a bien voulu leur accorder. Si le sort est lancé par le modèle lui-même, ils peuvent capter une partie plus importante de sa personnalité… tu n'as certainement pas oublié celui de Walpurga Black !

—Ce serait difficile, surtout pour une née-moldue.

—Je ne pense pas que ce qui 'hante' Potter soit exactement similaire, mais se pencher sur le fonctionnement de ce genre de sort pourrait peut-être s'avérer utile, dans une certaine mesure.

—Je peux m'en charger. Tu as assez à faire avec tes propres recherches.

—Miss Granger saute-t-elle sur l'occasion ! Pour une fois, ton côté miss-je-sais-tout-rat-de-bibliothèque pourra peut-être servir à quelque chose, finalement !

—Connard ! Sourit-elle.

—Moi aussi je t'aime ! Allez ! Au lit !

Il s'était réveillé une heure plus tard, haletant et couvert d'une sueur glacée. Nagini était revenue. Merlin en soit remercié, cette fois, il n'avait pas crié, et Hermione dormait toujours paisiblement près de lui. Leur conversation avait ranimé des souvenirs qu'il essayait désespérément d'occulter, le plus souvent en vain. L'Occlumencie ne lui était d'aucun secours pendant son sommeil. C'était le moment où il était le plus vulnérable, même s'il avait développé une technique qui lui permettait de 'verrouiller', et de mettre en quelque sorte sous alarme, certaines parties de son esprit avant de s'endormir, ce qui lui donnait quelques instants pour s'apercevoir de toute tentative d'intrusion, et le réveiller instantanément. Lorsqu' il était au service de Voldemort, il lui était parfois arrivé, lorsqu'il était obligé de passer la nuit sous le même toit que son 'maître', d'utiliser cette capacité. Mais c'était une pratique à la fois extrêmement risquée à long terme, et qui occasionnait d'atroces migraines dans les jours qui suivaient. À tout prendre, entre deux maux, il préférait encore les cauchemars, aussi affreux soient-ils.

Il aurait pu prendre une dose de la potion qu'il avait développée pour Hermione, mais réveillé pour réveillé, il voulait réfléchir, essayer de digérer les informations que la jeune femme lui avait apportées la veille. Il devait ordonner ces nouvelles données, les intégrer dans ses recherches en cours, et voir si elles pouvaient leur apporter un plus. Il s'était glissé hors du lit et était revenu s'installer dans le salon. Il s'était assis dans le noir, mais au bout de quelques instants, il se rendit compte qu'il arrivait à distinguer les objets autour de lui. À cette époque-ci de l'année, ce n'était pas encore la lueur de l'aube, et il n'avait pas invoqué la veilleuse bleutée qu'il utilisait régulièrement et instinctivement depuis son retour d'Avalon. Il tourna la tête pour essayer de déterminer la source lumineuse, et son regard tomba sur le guéridon où il avait déposé la fiole contenant la larme de Fumseck. Il n'était pas certain qu'une seule larme de phénix soit suffisante, s'ils en étaient réduits à se servir de l'épée de Gryffondor pour éradiquer la chose qui hantait Harry ? Il était littéralement terrifié à l'idée qu'il pourrait être obligé de tenir le serment qu'il avait fait au jeune homme. En auraient-ils un jour fini avec Voldemort ? Cet enfer finirait-il par se terminer un jour ?

TBC


'tit LUMOS ? :)