Disclaimer : L'univers et les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés.

Merci à Zeugma, jeanneo patronum, Juliana, Daidaiiro, Kahouette, et LycorisSnape, qui ont eu la curiosité d'aller jeter un œil et de commenter mon petit OS « Le lys et le serpent » .
MG123, bienvenue à toi et ne te gênes surtout pas pour retourner laisser des commentaires, même sur les anciens chapitres... oserais-je dire : 'au contraire' ;) En tout cas, un très grand merci pour ton appréciation xD

Coucou, me revoilou ! Le retour de Fumseck (je l'aime bien, Fumseck), un peu de citron, et un peu d'humour à la fin, avant de revenir au cas « Harry » la semaine prochaine (ou la suivante si ma muse continue sa grève intermittente, et mon travail à être aussi… bref, je pense que quelque part, les deux choses sont liées xD )

Bonne lecture, et n'oubliez pas de laisser une petite offrande à ma muse !


Le retour du Phénix

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Severus avait appuyé sa tête contre le dossier du fauteuil et fermé les yeux. Il flottait dans ce no-mans-land un peu flou, un peu irréel, à la frontière du sommeil et de l'éveil. Il revoyait clairement sa rencontre avec Hermione, au bord du Lac, lorsqu'il était rentré au château, à la fin du mois d'août. Cette quiétude qui l'avait envahi, ce bonheur simple que lui avait apporté la présence silencieuse de la jeune femme. Il avait lutté longtemps contre cette idée, cette évidence qui s'était peu à peu imposée à lui depuis ce jour-là. Cela avait peut-être même commencé plus tôt, dès son retour d'Avalon, dès leur première vraie conversation, dès leur première promenade dans le parc, lorsqu'il avait finalement fait abstraction de l'ancienne élève pour découvrir la femme, la personne, qu'elle était devenue. Mais c'est cette après-midi-là qu'il avait vraiment pris conscience qu'elle avait irrémédiablement commencé à capturer son cœur. Qu'il avait ressenti au plus profond de lui la communion de leurs âmes. Lorsqu'elle s'était jetée dans ses bras, en émergeant de son cauchemar, il aurait voulu que le temps s'arrête, et le vide qu'il avait ressenti lorsqu'elle s'était éloignée l'avait laissé comme étourdi, abasourdi devant la soudaine compréhension de ce qui était en train de lui arriver. C'est ce jour-là qu'il avait ri pour la première fois depuis que Lily l'avait abandonné, et le son de ce rire l'avait autant désorienté qu'il avait dû étonner la jeune femme.

Hermione… Malgré toutes les résolutions qu'il avait pu prendre depuis la mort de Lily, il s'était de nouveau laissé prendre au piège des sentiments. Il ne voulait pas la perdre. Il savait pertinemment que sa réaction, en ne la trouvant pas, à son retour du laboratoire, la veille avait été irrationnelle et très largement exagérée, mais il ne savait que trop de quoi était capable Voldemort. Et même si une réapparition du mage noir était plus que hautement improbable, il ne pouvait s'empêcher d'éprouver une terreur sourde et latente, depuis qu'il travaillait sur le cas de Potter. Il n'avait pas peur pour lui. Lui, il aurait dû mourir en 1998, et il considérait tout ce qui lui avait été accordé depuis son retour comme un bonus qu'il n'était toujours pas sûr de mériter. Mais il savait que si le pire venait à se produire, avant de l'achever, son ancien maître le ferait souffrir autant qu'il lui serait possible, et qu'il était parfaitement conscient, pour l'avoir déjà expérimenté, qu'au-delà de la souffrance physique, s'en prendre à ceux à qui il tenait était le meilleur moyen de le détruire. Il soupira.

Sans s'en rendre compte, il s'était saisi de la minuscule fiole luminescente, et la faisait machinalement tourner entre ses doigts. Ses pensées dérivèrent vers leur récente conversation. Fumseck… le phénix était de manière générale plutôt farouche avec les visiteurs de Dumbledore, il ne se laissait pas approcher par n'importe qui, et son comportement était un bon indicateur des personnes à qui son 'propriétaire' pouvait se fier. Mais avec lui, il s'était toujours montré amical, et se laissait caresser de bon cœur. Il était même souvent venu de lui-même se percher sur son épaule pour lui déverser quelques trilles apaisants dans les oreilles, lorsqu'il échouait dans le bureau de Dumbledore, à bout de résistance, que ce soit physiquement, ou moralement après avoir été forcé par son maître de regarder, ou pire, d'accomplir en personne des atrocités sans nom… Lorsqu'il n'avait pas été torturé lui-même. Ce qu'il avait été obligé de faire ou de laisser faire au nom de la protection de sa 'couverture' le hanterait jusqu'à son dernier jour. Dilys, Morgane, Dumbledore, Hermione, tous pouvaient dire ce qu'ils voulaient, le long cortège de ses fantômes n'était jamais bien loin.

Soudain, un nuage de suie dégringola dans la cheminée maintenant éteinte, le tirant brusquement de sa rêverie, aussitôt suivi d'un paquet plutôt volumineux, qui s'écrasa, avec un 'couic' de protestation, sur les cendres froides. Severus, qui s'était levé d'un bon en lançant un Lumos Maxima, s'accroupit devant le foyer, considérant le tas de plumes, qui reprit rapidement la forme d'un grand oiseau au plumage écarlate qui émergea de l'âtre avec le plus de dignité possible en lui lançant un regard vexé.

« Fumseck ! »

Le phénix l'observa un instant, avant de s'ébrouer et de s'avancer vers lui en caquetant joyeusement.

« Alors c'était vrai ! » fit Severus en grattouillant machinalement le crâne que le volatile lui présentait avec insistance.

« Cooak » le phénix s'envola subitement pour aller se percher au sommet de la bibliothèque. L'homme se releva, en se retournant pour voir ce qui avait effrayé l'oiseau.

—Pattenrond ! Viens que je te présente, mon gros, autant t'y faire tout de suite, je pense que vous allez devoir cohabiter, et faire bon ménage.

—Qu'est-ce qu'il se p... Ohhh ! Mais comment est-ce que… Hermione se tenait debout, sur le seuil de la chambre.

—Par la cheminée.

—Non, ce que je voulais dire, c'est comment a-t-il su comment et où te trouver ? Il y a près de neuf mois que tu es revenu, et ce n'est que maintenant, après que nous ayons découvert…

—Je ne sais pas. À moins que… Oui, c'est sûrement ça ! J'avais le flacon dans les mains, et je pensais à Fumseck… La larme, Hermione ! La larme pétrifiée ! Dilys t'a bien dit qu'elle pourrait l'aider à me retrouver, n'est-ce pas ? Ou l'inverse… Elle doit agir comme… comme un charme d'Appel… un peu comme… il se tourna vers l'oiseau « sans vouloir te vexer », « la Marque des Ténèbres avec Voldemort, je suppose.

Hermione considérait Fumseck avec émerveillement.

—Je n'ai jamais… crois-tu qu'il me laisserait le toucher ?

Avant que Severus n'ait eu le temps de répondre, le phénix était venu se percher sur l'épaule de la jeune femme et lui picorait gentiment l'oreille.

—Je crois que tu as ta réponse. Apparemment, il t'a adoptée.

Vexé, Pattenrond leur tourna le dos, et se dirigeait vers la porte, la queue et le menton hauts, lorsque Severus l'intercepta et vint s'assoir à côté d'Hermione qui avait pris place sur le canapé, et grattouillait la tête de l'oiseau, maintenant niché sur ses genoux.

—Rassure-toi, boule de poils, personne ici ne va prendre la place de personne ! De plus, je ne tolèrerai aucun sectarisme ! Que ce soit bien clair, on ne rejette pas l'autre sous prétexte qu'il est, il se tourna vers le phénix « à poils, puis vers Pattenrond « ou à plumes !

Hermione gloussa. L'image de Severus en aurait pris un sacré coup si les élèves avaient pu voir leur directeur, en robe de chambre, assis sur le canapé du salon de la Médicomage de l'école, faire ainsi la leçon à un chat orange et un oiseau rouge qui le regardaient d'un air… penaud ? Le demi-Fléreur tendit une truffe hésitante vers le Phénix qui émit un court trille mélodieux en réponse. Ce traité de paix signé, chacun se réinstalla confortablement sur les genoux des deux sorciers, réclamant leur dû de caresses et grattouilles en tous genres.

—Tu n'as pas dormi, n'est-ce pas ? Accusa Hermione en posant sa tête sur l'épaule du Maître des potions.

—Je… Toute cette histoire… Nagini… J'ai fait un cauchemar. Je ne pensais pas que je pourrais me rendormir, et je ne voulais pas te réveiller, alors je me suis levé. Je réfléchissais, et soudain j'ai remarqué que le flacon luisait dans le noir. C'est à ce moment-là que j'ai dû le prendre, sans m'en rendre compte. Ça a fait dévier mes pensées vers Fumseck, et soudain, il est tomb… le phénix lui donna un coup de bec sur la main qui caressait Pattenrond, en lui jetant un regard accusateur. « Il a jailli de la cheminée ! se reprit-il avec un rictus ironique à l'adresse de l'oiseau.

Il se leva. Déposant Pattenrond sur le canapé, il se tourna vers un angle de la pièce, dans lequel il fit apparaître un perchoir, et une mangeoire pleine.

« C'est dimanche aujourd'hui, non ?

—Oui, pourquoi ?

—Qu'est-ce que tu fais debout à cette heure-ci ? Qui se lève à sept heures du matin un dimanche, surtout après une nuit pratiquement blanche ?

—Toi apparemment. Répondit-elle du tac-au-tac en se levant à son tour pour aller déposer Fumseck dans son nouveau domaine.

Il l'avait suivie. Elle sentit ses bras s'enrouler étroitement autour d'elle, et ses lèvres se poser sur sa nuque.

—Et si nous revenions au lit ? Nous avons bien mérité une bonne grasse matinée, non ?

Ses doigts cherchaient l'ouverture du peignoir de la jeune femme et sa langue titillait le lobe de son oreille, faisant courir un frisson tout le long de son échine.

—Tu es fatigué, fit-elle semblant de protester.

—Pas à ce point ! Ronronna-t-il en faisant glisser sa bouche le long de son épaule jusqu'à sa clavicule, pendant qu'une de ses mains remontait le long de son estomac pour venir capturer un sein au mamelon déjà durci, tandis que l'autre prenait le chemin opposé, glissant sur la douce courbe de son ventre.

Elle se cambra sous la caresse et dut admettre qu'il avait l'air d'avoir encore quelques réserves en sentant son érection se presser étroitement contre elle.

—Hermione ! Haleta-t-il contre son cou.

—Oui, oh oui, Severus ! Soupira-t-elle en sentant son pouls s'accélérer.

Il la retourna entre ses bras, et s'empara ardemment de sa bouche, tout en la poussant peu à peu vers la porte de la chambre, qu'il referma derrière eux d'un sort informulé. La fatigue et l'angoisse avaient affuté ses sens. Soudain, il avait un besoin irrépressible de sentir son corps, chaud et vivant, vibrer contre le sien, sous le sien. Il la poussa sur le lit, s'écroulant sur elle en glissant impérieusement une jambe entre les siennes, il était dur et exigeant, mais elle planta un regard sans crainte dans le sien, lui offrant son corps sans retenue, tandis qu'il saisissait ses poignets entre ses mains. Elle était prête et il entra profondément en elle, sans plus de préliminaires.

Il bougeait en elle rapidement, avec une urgence presque désespérée, le souffle lourd, ponctué de grognements rauques. Elle lui répondait avec une passion égale, s'accrochant à lui pour l'attirer toujours plus loin en elle. Les ongles profondément enfoncés dans sa chair, elle se cambra soudain, dans un paroxysme de plaisir, en haletant son prénom. Il s'immobilisa un instant pour la contempler. Dieu, qu'elle était belle ainsi, dans son abandon, les yeux voilés par le plaisir qui montait en elle, les lèvres gonflées, entrouvertes sur des mots hachés, entrecoupés de gémissements ! L'intensité de son regard fit monter une boule dans la gorge de la jeune femme. Tout ce qu'il avait tant de mal à exprimer avec des mots… toutes ces craintes inavouées… tout cet amour… elle le lisait dans ces yeux qui se faisaient velours pour elle. Elle le ressentait au plus profond de son âme. Elle saisit les longs cheveux sombres à pleine main, et l'attira dans un baiser dont la tendresse contrastait avec l'animalité des minutes précédentes.

Il recommença à bouger, sans briser le baiser, jusqu'à ce qu'elle rejette la tête en arrière, haletante, presqu'incohérente. Elle sentait le feu ardent qui prenait sa source au cœur de son ventre se répandre dans toutes les fibres de son être, jusqu'aux plus minuscules. Les mots s'étranglèrent dans sa gorge « Se-Sever ! », alors que ses muscles intimes se resserraient avec force autour de lui. Aussitôt, elle sentit tout son corps trembler avant qu'il ne se raidisse dans un grondement inintelligible, en déversant sa jouissance en elle. La violence de leur orgasme eut raison d'eux presque qu'instantanément, et ils sombrèrent, étroitement enlacés, dans un sommeil lourd d'où ils n'émergèrent que plusieurs heures plus tard.

—Vous allez bien Hermione ?

Minerva la regardait d'un air inquiet, alors qu'elle s'asseyait, avec une certaine raideur, à la table du déjeuner. Leurs 'conversations' de la nuit précédente avaient laissé quelques traces.

—Très bien, Minerva. Pourquoi ?

—Vous avez l'air… positivement épuisée ! Beaucoup de travail à l'infirmerie ? Des problèmes avec Harry ? Termina-t-elle à mi-voix.

—Non, non, tout va bien, je vous assure. Je… je n'ai simplement pas très bien dormi la nuit dernière, c'est tout.

—Encore vos cauchemars ?

—Euhhh, eh bien… pas… exactement, bien qu'un cauchemar soit effectivement impliqué…

—Bonjour Minerva. Miss Granger ! La tira d'embarras une voix grave à sa droite. « Vous faites des cauchemars Hermione ? Si vous avez besoin d'une potion… »

—Oh Severus ! Vous non plus, n'avez pas l'air très en forme aujourd'hui. Déplora la sous-directrice en tournant la tête vers lui.

Une quinte de toux l'interrompit. Tous les regards se tournèrent vers Ginny qui, ayant lâché le verre qu'elle venait de porter à ses lèvres, semblait s'étouffer dans sa serviette.

—Hermione !

—Ce n'est rien Harry, elle a dû avaler son verre d'eau de travers. Il faut juste qu'elle reprenne sa respiration.

Hermione foudroyait son amie du regard, pendant que Draco se penchait brusquement pour ramasser la serviette qu'il venait de faire tomber sous la table. Neville, assis entre les deux jeunes gens, les regardait tour à tour d'un air interrogatif, et soudain, il écarquilla les yeux en virant à l'écarlate, la bouche ouverte sur un O parfait. Il se reprit de justesse en recevant un coup de pied dans le mollet de la part de son voisin, qui venait de se redresser, un grand sourire plaqué sur les lèvres, apparemment ravi d'avoir récupéré sa serviette.

—Arrêtez de jouer les mères-poules, Minerva. On ne peut pas dire que nous soyons nombreux ici, à arborer une mine resplendissante. Nous sommes en février, et avec ce damné climat écossais, qui peut, à cette table se vanter de n'avoir pas subi, à divers degrés, les petits maux de l'hiver au cours de ses dernières semaines ? Trancha Severus, laissant sa collègue embrayer sur le climat sain et revigorant de sa chère Écosse.

—Voyons, Hermione ! C'est le secret de Polichinelle ! Pourquoi…

—Nous n'y tenons n'y l'un ni l'autre pour le moment, voilà pourquoi ! Ça devra te suffire ! Et puis vous n'êtes pas si nombreux à être au courant, ou à avoir compris. Luna, toi, Draco…

—Neville a deviné à midi, et je suis sûre que Tonks se doute de quelque chose, depuis le coup du fondant au chocolat.

—Il ne s'était encore rien passé, et elle est bien trop occupée à couver Charly des yeux pour faire attention à nous, en ce moment. Ce qui fait entre quatre et cinq personnes, ce qui est loin d'être la totalité du personnel de Poudlard, et encore moins du monde sorcier. Tu n'en en as pas parlé à Harry au moins ?

—Hermione ! Tu sais bien que… Ginny se sentait encore coupable, des années après, de ce qu'elle avait fait sous l'influence du journal de Jedusor. Plusieurs personnes auraient pu mourir, alors, y compris Hermione. Elle n'aurait jamais trahi son secret, même vis-à-vis de son mari.

—Je sais, Ginny, je te fais confiance.

—Quand même… Snape ! Merlin, Snape ! Je n'arrive pas encore à bien comprendre…

—Il n'y a rien à comprendre, c'est comme ça, c'est tout. C'est arrivé... ça s'est imposé petit à petit, comme une… évidence. Je… c'est difficile à expliquer, c'est complètement irrationnel. Il ne s'est pas subitement transformé en prince charmant, il a toujours le même sale caractère. Je suis bien consciente de tous ses défauts, et nos disputes sont généralement épiques. Mais j'ai aussi appris à voir au travers du masque, l'homme qu'il est vraiment, celui qui sait se montrer compréhensif, et tendre, et… oui, gentil, même si c'est difficile à croire.

—En tout cas, il n'y a qu'à te regarder et à t'écouter pour voir que tu es définitivement amoureuse, et que tu n'as jamais été aussi heureuse. Mais lui…

—Je n'ai absolument aucun doute sur ses sentiments. Ça me fait même un peu peur parfois, j'ai l'impression qu'il serait capable de… je ne sais pas. J'aimerais ne pas y penser, mais je ne peux pas m'en empêcher. La nuit dernière… je m'étais juste endormie à la bibliothèque. Il était dans tous ses états lorsqu'il m'a retrouvée. Il essaye de le cacher, mais il est terrifié à l'idée que Voldemort pourrait… Pas pour lui, mais pour moi. C'est aussi pourquoi tant que nous ne saurons pas au juste de quoi souffre Harry, je ne veux pas qu'il l'apprenne. Je ne veux prendre aucun risque. Si l'histoire devait se répéter, ça le détruirait. Il a déjà beaucoup trop souffert, assez pour plusieurs vies. Je ne veux plus qu'il souffre, et je ferai tout pour ça.

TBC


Un petit Lumos ? *puppy eyes*