Disclaimer : L'univers et les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés.

MERCI à Juliana, mamy 83, Zeugma, Manon, LycorisSnape, Daidaiiro, et Kahouete pour vos gentils commentaires.


Forever yours

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Les jours, les semaines, s'étaient mis à filer à une allure beaucoup trop rapide au goût d'Hermione. Elle avait, avec l'aide de Severus et de Fred, mis dans la confidence, aménagé la salle secrète, avec le matériel moldu qu'elle s'était procurée, auquel elle avait commencé à initier une Poppy enthousiaste. Pendant la bataille de Poudlard, elle avait été la seule soignante sur place, et au plus fort de l'affluence de blessés, l'épuisement aidant, elle avait pendant un court moment égaré sa baguette. Elle s'était alors rendue compte à quel point, malgré toute son expérience, cela l'avait handicapée. Au fil des siècles, solution de facilité ou influence des sang-purs, la médecine sorcière avait fini par s'appuyer principalement sur des sortilèges et des potions. Et l'on considérait avec mépris, comme 'tout juste bonnes pour des rebouteux Cracmols' toute les autres méthodes plus ou moins 'manuelles', utilisées par les anciens guérisseurs. Pourtant, elle reconnaissait à quel point aurait été utile, à ce moment-là, une simple connaissance des méthodes de réanimation et de premiers secours que lui enseignait Hermione. Et elle louchait sans retenue sur les instruments étranges qui l'entouraient, brûlant déjà d'impatience d'apprendre à s'en servir.

Apprendre à ne pas compter que sur la magie, savoir se débrouiller sans elle, était un avantage que les nés-moldus avaient indiscutablement sur les sorciers de sang pur, et c'était peut-être cela qui leur faisait tellement peur qu'ils avaient essayé de les éradiquer pendant la guerre. Privé de sa baguette, un sorcier n'était plus grand-chose. Et même si depuis la guerre la matière était devenue obligatoire, ce n'étaient certainement pas les différents professeurs d'histoire des Moldus, tous aussi ignorants les uns que les autres de la matière qu'ils étaient censés enseigner, qui s'étaient succédés à Poudlard, qui auraient pu faire évoluer les mentalités. Severus envisageait d'ailleurs très sérieusement, pour l'année suivante, de suggérer à son successeur de confier ce poste directement à un Moldu, ou tout du moins à un Cracmol qui, à l'instar d'Ernie, aurait été éduqué dans leur monde. L'emploi du temps du jeune homme n'était d'ailleurs pas surchargé au point qu'il ne soit possible de le lui proposer, en plus de son poste actuel. La 'classe préparatoire' avait en effet connu un tel succès, qu'en accord avec le Ministère et le conseil d'administration, il avait été décidé de l'intégrer définitivement au cursus.

Défibrillateurs, chariots d'urgence entièrement équipés, moniteurs cardiaques, suspensions à perfusions et autres, avaient été disposés dans une partie de la pièce qu'ils avaient isolée du reste par des vitres, et qui pouvait, en cas de nécessité, être éclairée aussi brillamment qu'un bloc chirurgical, à l'aide d'un sortilège créé pour la circonstance par Severus. Divers instruments chirurgicaux ainsi que plusieurs médicaments moldus côtoyaient potions et baguettes magiques, soigneusement disposés sur des plateaux aseptisés. Tout était prêt pour affronter le jour fatidique dans les meilleures conditions possibles.

Après que Harry lui ait relaté leur entrevue, Ginny était venue demander des éclaircissements à son amie. Les deux femmes partageaient la même angoisse, mais aucune n'était parvenue à dissuader son compagnon de tenter l'aventure. La seule chose que Ginny avait obtenue, était d'être autorisée à être présente auprès de son mari, à la condition de ne pas chercher à intervenir dans la procédure, quoi qu'il arrive.

Le temps semblait s'accélérer au fur et mesure que juillet approchait. Tonks et Charlie s'étaient enfin décidés à s'avouer leurs sentiments, et Teddy, qui aimait beaucoup le jeune homme ne se tenait plus de joie à l'idée d'avoir bientôt un beau-père, et, peut-être, des petits frères ou sœurs. Ses cheveux passaient régulièrement par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel sous l'effet de l'excitation, au grand amusement de Severus lui-même, qui avait fini, selon ses propres termes, par 'apprécier' le petit garçon. Jamais, même sous la torture, il n'aurait avoué qu'il éprouvait une certaine affection pour le fils de l'ancien Maraudeur ! Les derniers jours de l'année scolaire, qui suivaient la fin des examens, étaient, pour les élèves, prétextes à une agréable période de détente avant de retourner chez eux pour les vacances d'été, et pour les professeurs une raison supplémentaire pour apprécier d'autant plus lesdites vacances lorsqu'elles arrivaient enfin !

Severus avait vainement tenté d'aborder plusieurs fois avec Minerva la question de la fin de son directorat, mais elle trouvait toujours un prétexte pour se défiler. Et il fallait bien avouer que la réussite de cette année avait radouci son sentiment vis-à-vis de ce poste, et qu'il avait maintenant une furieuse envie de continuer à tester diverses évolutions dans l'enseignement prodigué à Poudlard. Au fil des années, au grand dam du Ministère, les nés-moldus s'étaient fait de plus en plus réticents à intégrer une école qui les couperait de toute technologie pendant les trois quart de l'année. La réussite de sa petite 'salle spéciale', que personne n'avait détectée, lui faisait envisager la création d'un espace 'technologique' à l'intérieur du château, qui pourrait, à l'instar de la bibliothèque, être accessible aux élèves à certaines heures, et permettrait en outre aux sang-purs de s'initier de façon autrement que théorique à la 'magie moldue'. En désespoir de cause, il avait fini par se décider à attendre que la sous-directrice prenne les devants… ce qui n'avait pas l'air d'être sa priorité. La plupart des gens, professeurs comme parents d'élèves, avaient en outre, vu dans le retour de Fumseck, la confirmation de la légitimité du Maître des potions au poste de directeur de Poudlard.

—Tu le ferais ? Si je te le demandais, tu le ferais… renoncer à cette folie ?

Les élèves étaient partis la veille, et l'expérience programmée pour le lendemain.

—Hermione ! Nous avons déjà… Il s'interrompit, la tête baissée, ses longs cheveux cachant son visage. « Je le ferais ! Reprit-il d'une voix sourde. « Veux-tu…

Elle s'approcha vivement de lui et posa une main sur son visage, écartant les mèches noires.

—Non ! Non, Severus. Pardonne-moi, je m'en veux tellement d'être aussi nerveuse. Bien sûr, que tu le ferais, et je sais aussi que tu t'en voudrais de ne pas être allé jusqu'au bout… et que tu finirais par m'en vouloir aussi.

—Je ne…

—Non, laisse-moi finir. Je… j'ai honte d'avoir ne serait-ce que pu penser à te le demander. Je sais que ta potion va fonctionner, c'est Harry qui me fait peur. J'ai peur qu'il n'en fasse encore qu'à sa tête et que ce soit encore toi qui aies à en supporter les conséquences. Ce… c'est horrible, J'en arrive à détester mon meilleur ami !

Il referma ses bras autour d'elle et la berça un moment contre sa poitrine, avant de poser ses lèvres sur sa tempe, et de commencer à parsemer son visage de baisers légers comme des ailes de papillon. Elle s'accrocha alors à lui avec désespoir, se hissant sur la pointe des pieds pour s'emparer avidement de ses lèvres. Elle gémit dans sa bouche en sentant son érection durcir rapidement contre elle.

—Aime-moi, Severus ! Aime-moi au-delà des mots. Je veux graver ton corps dans le mien. Je veux …

Leurs souffles se mêlèrent à nouveau et dans sa frénésie, elle lui mordit une lèvre, faisant sourdre une goutte de sang. « Pardon ! Murmura-t-elle en léchant la légère coupure avant qu'il ne s'empare à son tour de sa langue en glissant frénétiquement ses mains dans son dos. Il la souleva, pour la reposer sur le lit et s'allonger à côté d'elle en la caressant. Ses mains agissaient comme une drogue, sur elle, douces, ardentes, puis impatientes et pressantes à mesure qu'il la déshabillait, laissant la place à ses lèvres à chaque parcelle de peau découverte. Elle tremblait maintenant, de tout son corps. Elle en voulait plus, elle voulait sa chaleur, elle voulait le sentir. Contre elle. Sur elle. En elle. Elle arracha la chemise aux trop nombreux boutons et l'attira vers elle pour sentir le contact de sa peau nue contre la sienne, pour sentir le poids de son corps sur le sien. Chaud. Vivant. Vibrant. Il posa ses lèvres dans son cou, et elle le sentit sourire alors que ses doigts s'énervaient sur sa ceinture, et soudain, il n'y eut plus ni ceinture, ni rien d'autre, que sa dureté contre sa cuisse. Il avait abrégé son supplice d'un sort informulé. Il prit son visage dans ses mains, tirant ses cheveux en arrière, et plongea son regard dans ses yeux, la fixant intensément, faisant monter en elle une fièvre encore jamais connue. Elle sentait un titillement insistant dans sa tête, aux limites de sa conscience, comme une prière informulée.

—Hermione ! Murmura-t-il, et elle perçut tant de choses, dans ce simple mot, qu'elle en eut la chair de poule, malgré la lave incandescente qui semblait avoir remplacé le sang dans ses veines.

—Regarde ! Souffla-t-elle en lui rendant son regard tout en le guidant en elle. « Prend mon âme !

Il resta immobile un instant, leurs deux corps étroitement soudés. Elle sentit une vague de tendresse envahir son esprit, et hoqueta de surprise en s'apercevant qu'il lui offrait en retour plein accès au sien, et alors qu'il commençait à bouger lentement, elle put ressentir distinctement ses sensations mêlées aux siennes. C'était d'une intensité indescriptible, jamais atteinte. Puis il ne fut plus question de penser. Une fournaise ardente les emporta dans un tourbillon vertigineux qui s'acheva dans un éblouissement immaculé qui les aveugla un instant. Lorsqu'ils reprirent conscience, épuisés, haletants, le souffle rauque d'avoir trop crié, un halo doré se dissolvait lentement autour d'eux. Hermione cligna des yeux, pensant à une image résiduelle consécutive au flash intense qui avait envahi son esprit. Mais lorsqu'elle les rouvrit, le halo était toujours là, les enveloppant tel un cocon.

—Severus ! Qu'est-ce que c'est ?

—Seigneur ! Je… je croyais que c'était une légende. Que ça n'existait que dans les contes à l'eau de rose.

—Qu'est-ce que c'est ? Répéta Hermione, intriguée par son air stupéfait et presque… révérencieux.

—L'Union ! L'Union des Ames ! On dit que lorsque deux êtres, qui ne se sont jamais rencontrés dans une autre vie sont vraiment faits l'un pour l'autre, leurs âmes se lient à jamais, et que quoi qu'il arrive, ils se retrouveront toujours, quel que soit le temps, ou l'espace qui les sépare. C'est… c'est la naissance de deux âmes sœurs. Ça va… au-delà d'un simple lien, c'est… indestructible !

Hermione se lova au creux de ses bras en souriant.

—Si je comprends bien, on vient de prendre perpète !

—On le dirait bien, répondit-il en la serrant contre lui. « Mais en ce qui me concerne, c'était déjà évident.

Il ne lui avait jamais vraiment redit qu'il l'aimait, depuis cette soirée de janvier, le jour de son anniversaire. Il avait été ivre à ce moment-là, et elle se doutait bien qu'il ne le lui répèterait jamais en étant dans son état normal. Elle s'était attendue à une remarque sarcastique, pas à cette déclaration. Elle se redressa sur un coude pour voir sur son visage s'il était vraiment sérieux, mais il la regardait avec cette même expression, que lorsqu'il avait silencieusement sollicité qu'elle lui ouvre son esprit, tout à l'heure. Il la rallongea doucement, et posa légèrement ses lèvres sur les siennes en murmurant.

« Doute que les étoiles soient feu, doute que le soleil se meuve, doute de la vérité même, mais ne doute jamais que je t'aime. »*

Et chaque mot était une caresse sur sa bouche.

—Severus !

—Shhht ! Il la fit taire en approfondissant son baiser, avant de l'entourer de ses bras et de l'attirer au plus près de lui. « Dors mon amour. Demain n'existe pas encore. Le présent nous appartient et la nuit est encore longue. Murmura-t-il dans son cou alors qu'elle se sentait déjà aspirée vers un sommeil irrépressible.

Les deux hommes étaient allongés sur des lits parallèles, seulement vêtus de simples pantalons de coton noir (Hermione leur avait épargné les pyjamas rayés si chers à Poppy), recouverts d'une légère couverture de survie qui les isolait du froid des cachots. Fred, dont l'aide pouvait s'avérer précieuse en cas de problème avec les instruments, était assis près de sa sœur, sur un sofa qu'ils avaient ajouté pour la circonstance dans un coin de la pièce. Pattenrond et Fumseck avaient tout naturellement suivi le mouvement sans que personne ne les en empêche. Le premier s'était roulé en boule contre les jambes de Severus en ronronnant, et le second avait élu la tête de son lit comme perchoir.

Hermione enfila un de leurs doigts dans une espèce de tube relié à une machine.

—Vous êtes toujours décidés ?

Elle n'attendait pas de réponse, mais elle n'avait pas pu s'empêcher de poser une dernière fois la question. Elle appuya sur quelques boutons, et deux 'bips' réguliers se firent entendre, pendant que des courbes et des chiffres apparaissaient sur les moniteurs, qu'elle désigna de la main.

—Chacun son écran. Ceci va permettre de surveiller votre rythme cardiaque plus facilement. Les sortilèges correspondants émettent le son de votre cœur dans l'espace, mais lorsqu'il y a plusieurs personnes à contrôler, cela peut parfois provoquer des confusions. Ainsi, Poppy et moi pourrons mieux nous concentrer sur les autres éventuelles manifestations corporelles, après que vous aurez pris la potion. Vous avez des questions ?

Les deux hommes secouèrent la tête. Toutes les questions avaient été posées, et la procédure disséquée en long en large et en travers, pendant la réunion qu'ils avaient eue quelques jours auparavant. Hermione se tourna vers Harry.

—Tu n'as pas intérêt à dévier d'un pouce de ce que nous avons convenu. Si tu t'avises de faire courir le moindre danger à Severus parce que comme d'habitude tu voudras n'en faire qu'à ta tête, je t'avertis que ce n'est même pas la peine que tu t'avises de revenir. Parce que s'il lui arrive quoi que ce soit, je t'en tiendrai pour responsable, et si tu reviens vivant, tu ne le resteras pas assez longtemps pour en profiter !

Sans lui laisser le temps de répondre, elle lui tourna le dos pour s'approcher du maître des potions et sous le regard éberlué de Harry, et ceux, moins surpris qu'on aurait pu croire, de Fred et de Poppy, elle posa longuement ses lèvres sur les siennes.

— Souviens-toi, Severus ! Quoi qu'il arrive. Où que tu sois. Je serai avec toi ! Lui chuchota-t-elle à l'oreille avant de se reculer.

Puis elle leur tendit les deux flacons de potion, dans lesquels ils avaient ajouté, quelques instants plus tôt, une goutte du sang de chacun.

TBC

*Shakespeare : lettre d'Hamlet à Ophélie(Hamlet A2-Sc2)


Ma muse adore vos LUMOS... alors ne vous retenez pas ;)