Disclaimer : L'univers et les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés.

Coucou ! Désolée pour le jour de retard (WE férié oblige, j'avais encore plus de travail que d'habitude )
Eh bien voilà, le 'voyage' commence. Plutôt calmement et par une scène bien connue… mais il faut bien un début à tout !

Et merci à jeanneo patronum, Zeugma, Kahouete , LycorisSnape, Manon, Juliana, Kyradelacour, Quetsche et Daidaiiro pour vos gentils commentaires sur le dernier chapitre.


Libérez-nous du mal (1èrepartie)

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Agrippé aux barreaux du parc, l'enfant essayait de se hisser sur ses jambes flageolantes, sous les encouragements souriants d'une femme aux longs cheveux roux. Elle riait à chaque fois que le bébé retombait sur ses fesses, provoquant une moue d'irritation sur son petit visage renfrogné. C'était vraiment trop injuste ! Comment maman pouvait-elle rire ainsi, alors qu'il faisait des efforts surhumains pour arriver à tenir debout tout seul ? Un grand tumulte se fit soudain entendre, en provenance du rez-de-chaussée. La femme sauta sur ses pieds et se précipita vers la porte, pendant que l'enfant, indifférent, refermait une fois de plus avec détermination son petit poing sur les barreaux. Des cris et des imprécations fusèrent, accompagnés d'un bruit de cavalcade dans l'escalier, et la femme rentra dans la nurserie en claquant la porte derrière elle. Le bébé sursauta, ce qui eut pour conséquence immédiate de le faire retomber assis, mais cette fois, maman ne riait plus. À genoux devant le parc, elle le regardait, avec des larmes plein les yeux.

Harry sois courageux, Harry sois fort…., maman t'aime, papa t'aime

Le fracas d'une explosion l'interrompit, et elle se retourna, alors que la porte volait en éclats. Un homme pénétra dans la pièce, haute silhouette vêtue de longues robes amples Au premier regard, on aurait pu le penser assez séduisant, mais à y regarder de plus près, les traits de son visage étaient altérés, comme déformés par une aura malsaine, une expression de malfaisance, qui semblait suinter par tous ses pores. Il s'immobilisa un instant, son regard injecté de sang braqué sur l'enfant, avant de se retourner vers la mère.

Ainsi c'est toi, la Sang-de-bourbe pour laquelle un de mes Mangemorts les plus orgueilleux s'est abaissé à ramper et à s'humilier devant tous ses frères ! Quel gâchis ! J'ai toujours pensé que Severus avait un goût déplorable en matière de femmes !

S-Severus ?

Je me demande pourquoi il m'a supplié de t'épargner, après la façon dont tu l'as traité. J'ai vu ses souvenirs. Tu n'es qu'une sale Sang-de-bourbe arriviste, qui s'est servie de lui et l'a rejeté dès qu'il ne lui a plus été utile. Si tu avais vraiment été son amie, comment aurais-tu pu t'accoquiner avec celui qui ne cessait de le harceler depuis des années ? Comment aurais-tu pu ne pas accepter de l'écouter après l'humiliation ultime dont il venait d'être victime ? Mais le Traître-à-son-sang fortuné et au nom prestigieux était une conquête bien plus intéressante que le Sang-mêlé miséreux, hein ? Tu ne mérites pas l'amour qu'il te porte, mais je lui ai promis d'épargner ta vie, et Lord Voldemort n'a qu'une parole, alors écarte-toi !

Désarmée, Lily ne pouvait rien faire d'autre que tenter de faire un bouclier de son corps au bébé, qui, indifférent aux querelles des adultes, avait repris son manège.

Non ! Pas mon fils ! Ce n'est qu'un bébé, il est innocent ! Je vous en supplie ! Prenez ma vie mais épargnez mon fils !

Ta vie ? Je n'ai que faire de ta vie, Sang-de-bourbe ! Et je l'aurais prise depuis longtemps comme j'ai pris celle de ton Traître-à-son-sang de mari, si je n'avais promis de te laisser vivre. C'est l'enfant que je veux ! Regarde-toi, que comptes-tu faire ? Tu n'as même pas de baguette ! Vous vous imaginiez bien protégés, hein ? Bien à l'abri parce que Dumbledore avait mis votre maison sous Fidelitas ! Vous êtes pitoyables ! Comment votre misérable Ordre du Phénix compte-t-il me vaincre, alors que ses membres ne sont même pas capables de distinguer leurs amis de leurs ennemis ? Regardez-vous ! Lamentables Gryffondors, qui se font tellement confiance, qu'ils sont incapables de concevoir que l'un d'entre eux puisse changer de camp et les trahir !

Les yeux de la femme s'agrandirent de stupéfaction alors qu'elle comprenait toutes les implications de ces paroles.

P-Peter ?

Qui d'autre ? Vous avez rejeté le Loup-Garou fidèle, comme tu avais déjà rejeté Severus. À son propos… sais-tu que je pourrais te remercier ? Que c'est à cause de toi qu'il est devenu Mangemort ? Que si tu n'avais pas épousé Potter il ne m'aurait jamais rejoint malgré son goût pour la Magie Noire ? C'est toi qui l'as poussé dans mes bras, femme ! Ironique, non ? Et maintenant, c'est encore une fois parce que ton arrogant Traître-à-son-sang de mari a fait le mauvais choix, que ton fils va mourir !

Repoussant la jeune femme d'un revers de main, Voldemort pointa sa baguette vers le bambin qui tout fier de son exploit, venait enfin de réussir à se hisser sur ses jambes, et qui, agrippé de toutes ses forces aux barreaux de son parc, se dandinait en gazouillant, pour attirer l'attention de maman.

« Avada…

Lily se jeta devant son fils.

« kedavra !

Lily retomba sur le sol, comme une marionnette brisée.

Et l'enfer se déchaîna.

Une boule d'énergie pure rebondit sur l'aura dorée qui avait soudain entouré l'enfant, et qui semblait sourdre du corps de sa mère, dévastant la pièce telle une tornade, faisant exploser un pan de mur, avant de percuter le Mage noir de plein fouet. Voldemort s'écroula dans un hurlement qui dut s'entendre à des miles à la ronde, son corps sembla se ratatiner sur le sol, avant de disparaître dans un tourbillon de poussière. Puis le calme retomba. Une lampe renversée éclairait encore vaguement les décombres et pendant un instant, un silence absolu régna sur la pièce, bientôt rompu par les pleurs de l'enfant.

Il était tombé, quelque chose avait heurté son front, et sa tête lui faisait mal. D'habitude, maman venait le consoler, mais maman ne bougeait pas. Pourquoi est-ce que maman dormait si profondément, allongée par terre ? Pourquoi n'arrivait-il pas à la réveiller ?

« Ma-ma ! »

Il pleura longtemps, et il était presque endormi, anesthésié par ses larmes, lorsqu'un bruit de pas hésitants se fit entendre dans le couloir. Peut-être papa avait-il entendu le bruit ? L'enfant tourna la tête vers le trou béant qui avait naguère été la porte.

« Pa ? »

Une ombre noire se dessina dans l'encadrement. Ce n'était pas papa. Ce n'était pas non plus le vilain monsieur qui avait fait peur à maman. Le nouveau-venu, tout de noir vêtu, affichait un visage pâle comme la mort encadré de longs cheveux de jais. Il tendit une main, comme pour s'appuyer au mur, mais il ne put se retenir et s'écroula sur ses genoux en hurlant. Indifférent à l'enfant qui avait recommencé à pleurer, il se mit à ramper vers la femme qui était étendu sur le sol devant le parc. « Lily ! » Il s'écroula sur le corps inerte en sanglotant, cherchant, malgré l'évidence, un signe de vie. Il pointa sa baguette sur sa poitrine en prononçant d'une voix sans timbre « Enervate ! » Une fois, deux fois…

L'enfant pleurait toujours, essayant d'attirer l'attention de l'adulte, qui finit par lever des yeux noyés sur lui. Au travers de ses larmes, son regard plongea dans celui du bébé, et il ne put retenir un frisson.

Tellement semblable !

Tout ce qu'il restait d'elle !

Il cligna des paupières. L'espace d'un instant, la tentation fut forte de prendre l'enfant dans ses bras, de l'emporter, de le cacher, de disparaître avec lui, loin du monde magique… Mais après un instant, le visage de James finit par se superposer au regard de Lily. Puis il remarqua la plaie sanguinolente sur le front du bébé, et perçut les relents de Magie Noire qui en émanaient. En état second, sans avoir vraiment conscience de l'avoir sortie, il se retrouva à pointer sa baguette vers la blessure, en marmonnant quelque chose, et le sang cessa de couler, tandis que la douleur s'évanouissait, remplacée par une agréable sensation de fraicheur. Quelques mots de plus, et le visage et la grenouillère du bambin étaient débarrassés des trainées rouges qui les maculaient. N'eut été la cicatrice en forme d'éclair qui zébrait son front, il aurait pu sortir de sa sieste. Severus rangea machinalement sa baguette dans sa manche gauche. Il avait refermé la plaie et calmé la douleur, Il ne pouvait rien faire d'autre. On ne pouvait pas effacer une cicatrice causée par la Magie Noire. Il revint vers la femme et la prit dans ses bras pour la première fois depuis six ans, et ce qu'il savait être la dernière fois.

Et la souffrance submergea tout.

La notion de temps, d'espace, le sort de l'enfant… plus rien n'avait d'importance. Son hurlement déchira une nouvelle fois la nuit et le temps s'arrêta de couler pour lui.

Severus !

Une main s'était posée sur son épaule, mais il ne réagit pas. Le Seigneur des Ténèbres pouvait bien l'achever, il s'en fichait bien. Plus, il ne désirait rien d'autre que la mort. Que l'oubli. Que le néant.

« Il est parti, Severus, il a disparu !

Fit une voix profonde, comme pour répondre à ses pensées. Il ne tourna même pas la tête. Il savait qui avait parlé. Il s'en fichait, tout ce qu'il voulait, c'était rester là… et mourir.

« Vous devez lui dire au-revoir, mon garçon, nous devons partir.

Il ne réagit pas, englué dans sa douleur.

« Severus ! Reprit la voix, maintenant exigeante. « Ouvrez les yeux !

Il obéit comme malgré lui. Son regard tomba sur le parc qui était maintenant vide, alors il tourna la tête vers Dumbledore, qui n'avait pas lâché son épaule.

« Reposez-là par terre, Severus, j'ai prévenu Remus, et les Aurors vont arriver d'un instant à l'autre, ils vont s'occuper de tout. Vous devez venir avec moi. Maintenant !

Sans répondre, il serra un peu plus fort contre lui le corps inerte de Lily. Et son regard fiévreux contenait à la fois un défi et une prière. Une lueur de compréhension passa dans les yeux du vieil homme.

« Non ! Je ne vous laisserai pas faire cela. S'ils vous trouvent là, ils vous croiront coupable, et vous aurez droit au Baiser. Vous pouvez encore faire quelque chose pour elle, mais pour cela, vous devez être vivant ! Venez !

Le vieux mage dut sentir le moment où la volonté du jeune homme céda, parce qu'il le lâcha et détourna pudiquement la tête. Ce qui allait suivre, nul ne devait en être témoin. Le moment où Severus desserra ses bras et allongea doucement le corps de son amie sur le sol, celui où il pressa ses lèvres sur son front, ce moment de pure agonie devait rester la propriété du jeune sorcier.

Il se remit sur ses pieds lentement, difficilement. Il avait du mal à rester debout, un vertige le saisit, et n'eut été le bras que Dumbledore passa autour de sa taille, il serait retombé sur le sol. Un instant plus tard, les deux hommes disparaissaient dans un 'pop'.

Il avait été convenu que c'était Harry qui choisirait les souvenirs qu'il voulait explorer, et il était évidemment logique qu'il ait choisi ce moment entre tous comme point de départ. Les premiers meurtres dont il se sentait coupable étaient bien entendu ceux de ses parents. Severus avait beau s'y être préparé, revivre cette soirée avait été une agonie sans nom pour lui. Au début, il avait pu vérifier le bon fonctionnement de sa potion. Il avait ressenti les pensées et les sensations du bambin comme s'il avait été lui-même dans le parc. Il s'était obligé à rester dans l'esprit de Harry, pour pouvoir se protéger du choc de voir mourir Lily en étant impuissant à intervenir. Le bébé qu'il était n'avait alors pas réalisé ce qui était en train de se produire. Mais à partir du moment où il s'était vu franchir la porte, il avait été malgré lui emporté dans l'ouragan de ses propres souvenirs, avec une netteté et une précision chirurgicales.

Jusqu'à aujourd'hui, ce moment était toujours resté assez flou dans sa tête. Même lors de ses précédentes expériences avec la potion, il n'avait pas voulu s'y attarder. Il se souvenait du vide absolu, de la sensation d'anéantissement total, lorsqu'il avait posé les yeux sur le cadavre de Lily et qu'il avait compris que tout était fini, mais tout le reste était habituellement noyé dans un brouillard de douleur innommable. Il ne s'était jamais souvenu de son premier contact avec les yeux de Harry, de sa première impulsion de disparaitre avec lui, tout ce qui pourrait jamais lui rester de Lily. Il ne s'était jamais souvenu d'avoir soigné la plaie qu'il portait au front, ni nettoyé ses vêtements. Cette soirée s'était toujours résumée à un tourbillon de souffrance dans lequel il avait l'impression de se noyer. Il ne s'était jamais souvenu de la manière dont il était retourné à Poudlard. Ce n'était dans le bureau de Dumbledore qu'il avait enfin 'repris pied'. Il était avachi sur un fauteuil, et le vieux mage le regardait avec une expression qu'il ne lui avait jamais accordée auparavant. Le mépris avec lequel il l'avait toujours considéré jusque-là avait laissé sa place à la compassion, et ça faisait peut-être encore plus mal. Mais à ce moment-là, il s'en fichait. Il se fichait de tout.

Lily était morte.

Par sa faute !

Il se rendit soudain compte d'une incongruité. Le bébé Harry n'était plus là, mais il percevait toujours la présence de l'esprit du jeune homme à son côté. Sous le choc de ce qu'il était en train de revivre, avec plus de détails encore que dans ses pires cauchemars, Severus ne s'était pas rendu compte immédiatement que Harry était resté dans son souvenir à lui, au lieu de suivre son jeune 'moi' et de partir avec Hagrid.

TBC


Tous en chœur : Lumos Maxima ! pour éclairer la suite du voyage xD