Disclaimer : L'univers et les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés.

Coucou !
Désolée pour ce petit hiatus ! (fin d'année scolaire trrrrrrès chargée, travaux, déménagement, chââââleurrrrrrr) Bref… on s'achemine doucement vers la fin de cette histoire. Prochain chapitre dans une ou deux semaines, ça dépendra de beaucoup de choses. Mais je ne vous oublie pas !

Merci à Zeugma, LycorisSnape, Daidaiiro, Juliana, Manon, mamy83, Quetsche, Kahouete, Cassandra Rogue et Amandine Valentine pour tous vos commentaires sur le dernier chapitre.

Merci aussi à LycorisSnape, Zeugma, Juliana, Drennae, Kitkat, Rosaliepanda, Daidaiïro, Kho et Kyradelacour, qui ont pris la peine de lire et commenter mon petit OS 'compensatoire' intitulé « Au clair de la Lune »

Et enfin, merci à tous ceux qui lisent et qui s'abonnent… en 'silence' :' allez, allez, un petit effort de clavier ! Ça ne coute rien que quelques secondes, et ça illumine la vie des auteurs :)


La plus puissante des Magies

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Il se sentait nauséeux, il avait du mal à tenir sur ses jambes flageolantes, et lorsqu'il sentit ses genoux se dérober sous lui, il fut reconnaissant à Fred d'être là pour le soutenir. Dès qu'ils arrivèrent à l'infirmerie, Poppy l'installa sur l'un des lits, avant de s'assurer qu'il allait toujours bien. Rassurée sur son état, elle recula pour laisser la place à Ginny et Fred. Harry se tourna vers son beau-frère, qu'il avait vu en train d'aider Hermione à s'occuper de Severus.

—Comment va le professeur ?

—Je ne…

—Lorsque nous sommes partis, il était stable physiquement, mais nous ne pourrons vraiment nous prononcer que lorsqu'il sera réveillé. Il a eu beaucoup de difficultés à revenir, et nous ne savons pas ce qu'il pourra en être des dommages éventuels sur son esprit. Coupa Madame Pomfresh sur un ton agressif.

—Que s'est-il passé ? Hermione avait vraiment l'air de m'en vouloir.

—C'est on ne peut plus compréhensible. Il semble qu'elle et Severus soient devenus… très proches, et elle était, à raison, très inquiète. Il était en détresse respiratoire sévère, il a convulsé, et puis son cœur a lâché. Elle n'a réussi à le réanimer qu'à l'aide de cet appareil moldu, le dilif, difil…

—Défibrillateur l'aida Fred. « Sans ça, il serait mort ! Qu'est-ce qui est arrivé, Harry ? De quoi est-ce que tu te souviens ?

—À vrai dire, tout allait bien jusqu'à ce que… il leur jeta un regard circulaire en avalant sa salive. « Je… je lui ai demandé de me montrer la dernière année de la guerre, telle qu'il l'avait vécue. Débita-t-il très vite. « Je sais, poursuivit-il devant le regard noir de l'infirmière. « Ce n'était pas prévu, et cela n'avait rien à voir avec mon problème ! En tout état de cause, il a accepté.

Il baissa la tête.

« Tout le temps, il a essayé de me démontrer que c'était lui le responsable de tout, et je pense qu'il a voulu 'enfoncer le clou' en acceptant de me montrer ce qu'il avait été obligé de faire pendant cette année-là. Bref. Nous… nous étions dans la Cabane Hurlante, au moment où Nagini s'est jeté sur lui…

Il hésita, manifestement embarrassé.

« Maintenant, je réalise que je n'aurais jamais dû lui demander cela. Revivre ce moment, après… après tout le reste… cela devait être… Je… lorsque je l'ai senti paniquer, j'ai voulu tout arrêter. Mais son esprit… c'est comme s'il ne distinguait plus la réalité du souvenir, comme s'il cherchait à fuir… j'ai essayé de l'appeler, mais il n'a pas semblé entendre. Et puis… et puis quelque chose est arrivé, je ne me souviens pas quoi, et soudain, nous étions dans la forêt interdite. Mais je ne sais pas comment nous étions arrivés là, parce nous étions dans ses souvenirs et qu'à ce moment-là, il était censé être déjà mort dans la Cabane Hurlante, il ne pouvait pas… Et que ce n'est pas un des souvenirs que je voulais…

—Harry ! Gémit Ginny d'un ton horrifié.

—Oui, je sais que je n'aurais pas dû lui demander ça. Sur le coup, je n'ai même pas réalisé qu'après celle de ma mère, j'allais l'obliger à revivre sa propre mort ! Et quelle mort… mais laisse-moi finir, s'il te plait ! C'était comme dans mes cauchemars, je voyais l'Avada filer tout droit vers moi, comme au ralenti, je pensais que j'allais mourir. Et au moment où il me frappait, j'ai senti une pression énorme sur mon esprit, comme si quelque chose voulait… c'est difficile à expliquer, je ne sais pas comment l'exprimer. Le… pousser, le faire dévier. Et tout de suite après, il y a eu cette douleur dans ma tête. La même que…

—La même que quoi, Harry ?

—La même que dans le premier souvenir. C'était… c'était celui de la mort de ma mère. Et je me suis souvenu de la douleur, lorsque la malédiction a rebondi, et que j'ai senti comme un fer rougi appliqué sur mon front. Qui aurait traversé mon front. Je me suis aussi souvenu que Snape m'avait soigné, ce soir-là. Lui-même l'avait oublié. C'est pour cela que lorsque Dumbledore est arrivé je n'avais plus qu'une cicatrice. C'était la même douleur, exactement la même. Mais aussitôt après, elle avait disparu, et Snape n'était plus là. Et puis je me suis senti comme 'aspiré' vers mon corps. J'ai essayé de résister, mais je ne pouvais pas lutter. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, mais je suis certain que c'est lui qui a fait cette… chose. Qui s'est… sacrifié. Encore une fois.

Comme mue par une inspiration subite, Ginny avait posé la main sur son front pour écarter ses cheveux en désordre, collés par la transpiration.

—Elle n'est plus là ! Ta cicatrice ! Ta cicatrice a disparu !

Harry porta une main incrédule à son front, tâtant la peau désormais parfaitement lisse, avant que Ginny n'invoque un miroir pour qu'il puisse constater le miracle de visu.

—Alors… ça… ça voudrait dire que…

—Qu'il n'y a plus aucune trace de Voldemort en toi. Termina Fred. « Que Snape a réussi ! Je ne vois pas d'autre explication.

—Mais il a dit…

—Je sais, il nous a bien expliqué que changer de réalité dans vos souvenirs n'affecterait que votre esprit, et n'aurait aucune incidence sur ce qui s'est réellement passé. Mais ta cicatrice n'était pas vraiment le résultat d'une blessure physique à proprement parler, ta blessure avait été causée par la magie du fragment d'âme, lorsqu'il s'est réfugié dans ton esprit. Elle était juste, en quelque sorte, un 'reflet' de la malfaisance de Voldemort. Pour preuve, après son retour, elle s'irritait, te faisait souffrir, saignait même parfois, lorsqu'il se connectait à ton esprit, alors qu'habituellement elle te laissait tranquille. Et d'ailleurs depuis dix ans, elle s'était considérablement atténuée, au point que certains jours, elle était presque invisible… Il a dû réussir à faire quelque chose qui a totalement éradiqué ce qui persistait de l'esprit de Voldemort en toi… où ce que tu croyais inconsciemment qu'il en restait.

À l'énoncé du nom du Maître des potions, Harry s'était rembruni.

—Mais à quel prix ? Je croyais avoir tout compris lorsque j'ai vu ses souvenirs, il y a dix ans, mais j'étais bien loin de la réalité. Tout ce qu'il a vécu, tout ce qu'il a enduré… jamais je n'aurais cru qu'un homme puisse accepter de subir volontairement une chose pareille pour expier une faute dont il n'est, en grande partie, finalement même pas responsable. Si… s'il ne s'en sort pas, je…

—Taisez-vous Potter ! Poppy avait l'air furieux. Severus a fait cela pour vous, en pleine connaissance des risques qu'il encourrait. Et même si comme vous le dites il ne s'en sortait pas, ou si son esprit devait ressortir altéré de cette aventure, ce serait bien mal le remercier, que de continuer à vous vautrer dans vos idées malsaines, voire pire, au cas où ce serait là votre idée… Ce qui ne veut pas dire que vous en sortiriez indemne pour autant, parce que si Hermione ne vous achève pas, je me porterai volontiers volontaire pour le faire moi-même.

Harry releva la tête, les considérant tour à tour, l'air intrigué.

—Hermione… Elle avait l'air… Merlin, elle l'a embrassé, je n'ai pas rêvé ?

Ginny hésita un court instant. Mais par son geste, son amie n'avait elle-même pas dévoilé ce qui l'unissait à Severus ?

—Tu n'as pas rêvé, non. Elle et Snape… ils sont… enfin, ils sont ensemble depuis noël.

—Tu… tu le savais ?

—Oui, et pour qui sait un peu observer, ce n'était pas bien difficile à deviner. Luna, Draco et Neville sont aussi au courant. Et d'ailleurs, elle jeta un coup d'œil aux concernés, « Fred et Poppy n'ont pas eu l'air autrement stupéfaits. Mais elle m'avait fait promettre de ne rien dire, et d'après ce que j'ai cru comprendre, Snape avait lui-même 'découragé' Malfoy en personne. J'imagine assez bien la scène ! Pouffa-t-elle. « Quand à Luna et Neville, ils sont assez intelligents, ou ont assez de sens d'autoconservation pour savoir tenir leur langue sans qu'on ait à le leur demander.

—Et nous nous en tiendrons nous aussi à ce sage comportement, jusqu'à ce qu'ils décident d'en parler eux-mêmes ! Renchérit Madame Pomfresh. « N'est-ce pas Messieurs Potter et Weasley ?

—Eh bien après ce qu'il vient de faire, je crois que nous honorerions tous bien mal notre dette envers le professeur, si nous ébruitions ses secrets. Sans compter que si par miracle il nous loupait, Hermione se chargerait de nous le faire regretter à la manière forte. Conclut Fred en souriant malicieusement. « Vous savez, un jour que nous plaisantions sur l'éventuelle vie privée de Snape, et de quelle femme serait éventuellement capable de le supporter, George m'avait dit que si elle n'avait ne serait-ce que dix ans de plus, il imaginait très bien Hermione venir à bout de la chauve-souris des cachots… ne serait-ce qu'à l'usure ! Il aurait été très fier de son intuition !

—J'avoue que c'est … bizarre à imaginer, mais en y réfléchissant bien, c'est assez logique… au moins au point de vue intellectuel ! Mais quand même… qui aurait pu imaginer… Snape !

—Moi, monsieur Potter. Coupa Poppy. « Et après avoir vu ses souvenirs et ce qu'il vient encore une fois de faire pour vous, j'aurais aimé penser que vous aussi. Je le connais depuis ses onze ans, et je voyais bien à l'époque, à quel point il était attaché à votre mère. Cet homme a une capacité à aimer au moins aussi grande que son intelligence, même s'il s'est appliqué à le cacher pendant des décennies. Et s'il s'en sort, vous avez intérêt à ne jamais plus lui demander de vous rendre ce genre de service… ni aucun service du tout d'ailleurs. Il a fait pour vous, depuis votre naissance, plus que quiconque en dix vies.

—Et je lui en serai à jamais reconnaissant. Vous croyez que je pourrai…

—Ce que je crois, c'est que vous devriez rentrer à Londres dès que vous vous sentirez en état. Je ne pense pas qu'Hermione ait tellement envie de vous voir dans l'immédiat. Et quand bien même, elle pourra toujours faire un saut Square Grimmaurd. Rentrez chez vous Monsieur Potter, j'en assume la responsabilité, et reposez-vous. Je passerai vous voir ce soir pour vérifier votre état. Poppy se tourna vers Ginny. « Je resterai ici jusqu'à ce que je sois certaine que tout va bien pour Severus. N'hésitez pas à me joindre par Cheminette à n'importe quel moment, si vous pensez qu'il y a le moindre souci.

Severus avait sombré dans un sommeil profond mais agité, et Hermione comprit très vite que l'épreuve était loin d'être terminée pour lui. Par moments, son corps était secoué de longs tremblements et de mouvements incontrôlés. Des paroles indistinctes s'échappaient de sa bouche, entrecoupées de gémissements. À un moment, il se mit à pleurer dans son sommeil, à demander pardon. Encore, et encore.

Hermione le tenait toujours dans ses bras, impuissante à soulager cette douleur, ce désespoir qui s'échappaient de lui en vagues ininterrompues. Elle avait voulu le réveiller, en vain, mais au son de sa voix, il s'était agrippé à elle comme un noyé à une épave. Alors elle avait continué à parler, juste pour qu'il entende le son de sa voix. C'était terminé, ils allaient partir, ils allaient revenir en France. Elle lui racontait les longues promenades sur la grève, pieds nus dans les vagues mourantes, les couchers de soleil sur l'océan, et le vent du soir, qui faisait onduler les hautes herbes qui bordaient la falaise. Elle lui disait les nuits à la belle étoile, sur le balcon qui surplombait la mer comme la proue d'un navire, la splendeur de la voute céleste et la douceur de l'air. Elle n'avait connu la Maison de la mer qu'en hiver, mais elle se l'imaginait très bien, il le lui avait décrit si souvent…

Sa voix semblait l'apaiser. Lorsqu'elle parlait, son souffle se faisait plus régulier et les tremblements s'atténuaient. Elle posa une main sur son front couvert d'une sueur glacée, et commença à caresser doucement ses cheveux emmêlés. Il marmonna son prénom, mais lorsqu'elle le regarda, elle vit qu'il était toujours endormi. 'Deux âmes en une' lui souffla une voix intérieure, qui ressemblait étonnamment à celle de Severus. 'Au-delà d'un simple lien'. Elle ferma les yeux. 'L'amour est la plus grande des forces de l'univers, et la plus puissante des Magies'. Et cette fois, la petite voix était celle de Dumbledore.

Elle se concentra sur leur lien. Puisant à la source de son amour pour lui, elle tenta de se relier à lui et petit à petit, son âme entra en résonnance avec la sienne. Elle commença à les ressentir. Son désespoir, sa culpabilité, sa peur, sa solitude, sa souffrance. Toute la profondeur et l'horreur de son indicible souffrance, et comme une lueur qui tentait de percer toute cette obscurité, son amour pour elle. Elle ferma les yeux et se concentra, essayant de visualiser cette souffrance morale sous la forme d'une boule de noirceur insondable.

« Severus ! Appela-t-elle à mi-voix, la main toujours posée sur son front. La tête de l'homme s'agita sur l'oreiller. « Tu dois m'aider, mon amour, libère ta douleur, laisse-là couler dans ma main pour que je puisse t'en débarrasser. Laisse la lumière gagner. Elle sentit son recul, la résistance de son esprit. 'Je ne peux pas' souffla la voix dans sa tête, et un tourbillon d'images de visages torturés, morts, se mit à tourner autour d'elle.

Tellement de culpabilité, tellement de désespoir !

'Ex-pier'. Le cœur d'Hermione se serra à ces mots, mais une image se forma dans sa tête, réminiscence d'une lecture ancienne, celle d'un prêtre catholique donnant l'absolution à un pénitent en confession. Le remords et la repentance de Severus étaient profonds et sincères, et il avait plus qu'expié pour ses péchés, pendant plus de la moitié de sa vie. Il avait amplement mérité sa rédemption. Pourquoi ne pas essayer ? Elle s'avança fermement au milieu du tourbillon des fantômes qui le hantaient. « Je te pardonne ! Murmura-t-elle en projetant autour d'elle une vague d'amour, dont la force fit ployer les ombres qui l'entouraient, les noyant dans sa lumière, qui vint se fondre dans celle qui émanait de l'âme de Severus. Elle cligna des yeux, sentant physiquement la brûlure de la lumière intense derrière ses paupières closes. Lorsque les points noirs qui dansaient devant ses pupilles se dissipèrent, elle constata qu'ils baignaient dans la même aura dorée qui avait scellé l'union de leurs âmes.

Elle reporta son attention sur Severus, qui n'avait pas bougé. Pendant un moment, la respiration du Maître des potions se suspendit, mais avant que la panique n'ait fini de la submerger, il expira lentement et profondément. La boule noire, qu'elle avait sentie, presque physiquement contre sa main, dure et froide, semblait maintenant se dissoudre en une poussière grise de souvenirs qui, elle le savait instinctivement, resteraient à jamais douloureux mais désormais apaisés. Il dormait maintenant paisiblement, ses traits s'étaient détendus, il paraissait plus jeune, presque vulnérable. Très doucement, pour ne pas le réveiller, elle déposa un baiser léger sur ses lèvres et se rallongea contre lui. Elle ne savait pas comment, mais elle savait que le long cauchemar était enfin terminé.

TBC


Un petit Lumos pour encourager la muse ?