A/N: Bonne et heureuse année 2018 à tous ! :)

Bonne lecture !


Le 26 décembre, j'arrive en fin de matinée au Northwestern Memorial hospital, mais pas pour travailler. Marlène a accouché hier après-midi d'un petit garçon, qui mesure 45cm et pèse 2,5kg, et dont je serai la marraine ! Il est né avec presque trois semaines d'avance, mais ses mensurations sont correctes. Quand Uriah m'a téléphoné hier soir pour m'annoncer la nouvelle, il m'a précisé que les médecins restaient tout de même très attentifs à l'égard du nouveau-né. Quand j'arrive au service de maternité –situé au même étage que le service de pédiatrie où Tobias travaille aujourd'hui-, je demande à la secrétaire médicale le numéro de la chambre de Madame Pedrad.

- Chambre 1093, me dit-elle. Elle a déjà deux visiteurs, essayez donc d'attendre que l'un des deux parte avant d'entrer. La chambre n'est pas très grande.

- Je ferais vite, merci beaucoup, je lui souris avant de m'éloigner.

Marlène et Uriah doivent être avec leurs parents, je ne vais donc pas les déranger longtemps. Lorsque j'approche de la chambre, j'entends les discussions à travers la porte. Je frappe doucement et entre.

- Tris ! m'accueille chaleureusement Uriah.

Il me prend dans ses bras rapidement puis je vais saluer ses parents qui sont autour du lit où se repose Marlène, son bébé âgé de quelques heures dans les bras. Ils sont tous les quatre en admiration devant la petite personne, et cette vision me fait sourire. Je tends à Marlène le bouquet de fleurs que je lui ai apporté.

- Merci, Tris. Il ne fallait pas !

Elle sent l'odeur des fleurs et donne le bouquet à sa belle-mère qui le met dans un vase.

- Tu plaisantes, je lui souris. J'ai aussi un petit cadeau pour le bout de chou, mais je l'ai laissé dans la voiture de Tobias, je poursuis en roulant des yeux. Je vais essayer de vous l'apporter ce soir. Tu sais quand est-ce que tu quittes l'hôpital ?

- D'ici la fin du week-end. Les médecins veulent nous garder quelques jours de plus en observation parce que, même si je n'ai pas accouché deux mois trop tôt, c'était quand même prématuré…, me répond-elle.

- Oui, je comprends. Je ne reste pas longtemps. On ne doit pas être plus de deux visiteurs en même temps, je poursuis en souriant sans quitter le bébé des yeux.

Il me regarde avec de grands yeux, et je ne peux pas m'empêcher de rire.

- Il est adorable ! Est-ce que ce petit bonhomme a un prénom ?

Le couple échange un regard et Marlène me sourit.

- Oui, je te présente Matthew, me répond-elle en caressant la petite tête de son bébé.

Elle me le tend et je le prends dans mes bras délicatement.

- Salut Matthew, je lui souris en le berçant. En tout cas, vous avez eu un magnifique cadeau pour Noël cette année, je souris en relevant les yeux vers Uriah et Marlène.

- Le plus beau des cadeaux, me répond Marlène.

Le bébé semble tellement fragile dans mes bras, il est si petit. Je le garde quelques minutes alors que la petite famille me raconte ses fêtes de fin d'année, légèrement perturbées par l'accouchement de Marlène, puis le redonne à sa maman. Je jette un coup d'œil à Uriah qui regarde sa femme et son enfant avec tellement de douceur que cela m'émeut. Uriah a toujours été le rigolo du groupe, le farceur; mais depuis quatre ans qu'il est avec Marlène, je l'ai vraiment vu évoluer et devenir un homme. Il plaisantait toujours en parlant du mariage quand il était plus jeune, en disant que jamais il ne se marierait. On ne parlait même pas d'avoir des enfants. Et maintenant le voilà à 27 ans, marié à la femme qu'il aime et heureux papa.

- Et toi, Tris ? commence Hana, la mère de Zeke. Pas de projet de faire un petit bébé ? me demande-t-elle avec un clin d'œil.

- Non, pas vraiment, je lui réponds.

J'ai vraiment de la chance, car mon père ne me met aucune pression de ce côté-là contrairement à la mère de Christina qui lui demande si elle est enceinte à chaque fois qu'elle la voit. Et d'après ce que mon amie m'a dit, c'est pire depuis qu'elle sait qu'elle a emménagé avec Will. En plus, mon petit doigt me dit que mon frère sera papa avant que je ne sois même mariée ! Mais mon frère et mes amis ont rencontré la bonne personne il y a déjà plusieurs années. Tobias et moi ne nous connaissons que depuis le mois de juin, nous devons encore nous laisser le temps.

- Tu es encore jeune me belle, tu as le temps ! Je suis vraiment heureuse d'être grand-mère de trois petits anges, mais c'est vrai que vous avez encore toute la vie devant vous.

- Je n'irai pas jusque-là, je lui réponds en roulant des yeux et la mère de mon ami rit à côté de moi.

- Et ton Noël à toi s'est bien passé ? poursuit Marlène.

- Oui, très bien. On était chez mon père pour le réveillon et chez les parents de Tobias le 25. Et bien sûr, votre coup de téléphone hier a terminé notre journée en beauté, je lui réponds avec un sourire. Tobias est passé d'ailleurs ?

- Oui, il est venu pendant sa pause à 10h, me répond Marlène. Matthew s'est endormi dans ses bras. Il a un vrai instinct paternel : il fera un super papa ! poursuit-elle avec douceur.

Je souris à l'idée de Tobias en papa poule.

- Mais il est passé vraiment en vitesse, apparemment la situation n'est pas facile dans le service aujourd'hui.

- Je vais aller voir comment il va, on doit déjeuner ensemble ce midi…, je lui réponds. Et puis, je vais vous laisser. Vous avez besoin de vous reposer, et je travaille cette après-midi ! je poursuis en reprenant mon sac à main que j'avais posé au pied du lit.

- Reposez-vous bien, je conclus avec un sourire, je repasserai en fin de journée !

- Bon courage pour cette après-midi, me dit Uriah.

- Merci ! je lui réponds avec un dernier sourire avant de sortir de la chambre.

Alors que je quitte le service, je jette un coup d'œil à mon portable et vois qu'il est déjà presque midi et demi. J'ai dit à Tobias que je passerai voir Marlène en fin de matinée, et il m'a dit qu'il essaierait de prendre sa pause déjeuné avant que je commence mon service. Je traverse donc l'étage en direction du service de pédiatrie et préviens la secrétaire que je n'ai pas de rendez-vous mais que j'attends Tobias.

- Bien sûr, installez-vous en salle d'attente, me dit-elle. Vous voulez que je bipe le docteur Eaton pour le prévenir que vous êtes ici ?

- Non, ne vous dérangez pas, il sait que je l'attends. Je vais patienter, merci, je lui souris.

Je vais m'asseoir dans l'espace d'attente, comme souvent très rempli. Je salue rapidement les parents et enfants déjà installés puis m'assois sur une des deux dernières chaises libres dans un coin. A côté de moi se trouve un père de famille d'une trentaine d'années qui a l'air très agité et agacé : il n'arrête pas de murmurer dans sa barbe et sa jambe est agitée d'un spasme nerveux. Je ne sais pas si Tobias va pouvoir prendre sa pause rapidement, mais je décide de l'attendre un quart d'heure avant d'aller déjeuner. J'en profite pour sortir le dernier livre de cardiologie que j'ai acheté mais l'homme à côté de moi, toujours très agité, m'empêche de me concentrer. J'arrive difficilement au bout de la première page quand mon voisin arrête d'agiter sa jambe et se redresse brusquement. Je lève les yeux à mon tour et vois Tobias – toujours aussi beau dans la blouse que je lui ai offerte- debout à quelques mètres. Il porte une barbe de quelques jours qui, je trouve, lui va vraiment bien, mais il semble très fatigué. Ces parents ont insisté pour que nous finissions les restes avec eux hier soir, et c'est vrai que nous avons passé une excellente journée et une soirée très sympathique, mais nous sommes rentrés tard et Tobias s'est levé tôt ce matin. Il travaille encore aujourd'hui et lundi avant de prendre quelques jours bien mérités. Il scanne la pièce des yeux, et je vois à son visage que ce qu'il s'apprête à dire ne l'enchante pas.

- Mesdames, messieurs, je suis le docteur Eaton. Je suis désolé de vous l'annoncer, mais les rendez-vous du docteur Miller fixés à partir de 11h30 sont annulés, commence-t-il. Mes collègues et moi-même allons essayer de reprendre ses consultations cette après-midi à partir de 13h.

La plupart des parents grognent, mais Tobias ne se laisse pas perturber et poursuit :

- Je vous invite à vous rendre au secré…-

Il est interrompu par l'homme assis à côté de moi qui se lève, furibond.

- Non mais c'est une blague ?! Je suis ici depuis 45min ! Et c'est maintenant que vous me dites que le médecin est pas là ? s'énerve-t-il en s'approchant de Tobias, son fils sur ses talons.

Tobias se tend, tout comme moi.

- Monsieur, je suis désolé, le docteur Miller a dû quitter précipitamment le service pour des raisons personnelles, et nous étions tous en consultation ou en opération jusqu'à maintenant, lui répond Tobias en essayant de le calmer.

- Je veux pas le savoir ! Déjà vous êtes toujours en retard, et en plus, maintenant vous décidez de ne pas venir ! C'est une honte !

Je vois le visage de Tobias se durcir, mais quand il reprend la parole, il garde une voix basse et posée.

- Monsieur, je vous répète que je suis désolé, nous allons faire tout notre possible pour que votre fils consulte un médecin aujourd'hui.

- Et vous vous avez débarqué à quoi ? 11h ? Vous êtes le dernier arrivé, et c'est sur vous que ça tombe d'annoncer qu'un de vos collègues a décidé de ne pas venir aujourd'hui ? poursuit l'homme en l'ignorant. Et après on dit que les médecins travaillent beaucoup !

Je grimace à ses mots. Tobias est parti à 7h ce matin parce qu'il a été appelé d'urgence pour un de ses patients.

- Monsieur, je n'ai, il me semble, aucun compte à vous rendre. Si vous souhaitez parler au chef de service, il sera disponible cette après-midi, il est actuellement au bloc opératoire, lui répond Tobias.

Je salue sa patience. Il jette un coup d'œil autour de lui, et je vois la majorité des parents se lever. Ils ne semblent pas ravis, mais se dirigent vers le secrétariat –non sans laisser passer une remarque désagréable.

Tobias ferme un instant les yeux et tourne de nouveau son attention vers son interlocuteur.

- Monsieur, je comprends tout à fait votre agacement...-

- Je veux un rendez-vous tout de suite ! s'exclame-t-il en haussant brusquement le ton, et je me lève de ma chaise.

J'ai peur qu'il ne se jette sur Tobias tellement il semble à deux doigts d'exploser. Ce-dernier remarque mon mouvement et me jette un rapide coup d'œil. Il s'apprête à prendre la parole, mais on le devance.

- Monsieur, je me ferais un plaisirs de m'occuper de votre fils, commence Claire en s'approchant des deux hommes et en posant la main sur le bras de Tobias.

- Le docteur Eaton a encore une consultation, il ne pourra pas prendre en charge votre fils, poursuit-elle avec un sourire, mais je peux prendre un peu de mon temps sur ma pause déjeuner pour une dernière consultation, conclut-elle, sa main caressant lentement l'avant-bras de Tobias, comme pour le détendre.

Et à mon plus grand désarroi, cela semble fonctionner. Il se tourne vers elle, ses yeux chargés de reconnaissance et de soulagement.

- Merci beaucoup, Claire, lui souffle-t-il alors qu'elle s'écarte de lui.

- Je t'en prie, tu me revaudras ça ! lui dit-elle avec un clin d'œil et une légère pression sur son épaule. Tu viens mon bonhomme, poursuit-elle en faisant signe au garçon d'environ sept ans, collé aux baskets de son père.

- Heureusement que votre charmante collègue est là, dit le père de famille avec un dernier regard à Tobias.

Je sens l'amertume monter en moi. Charmante collègue. Les mots me donnent envie de vomir. Il aurait tout aussi pu dire « petite-amie ». Si Tobias ne semble pas avoir relevé les mots du trentenaire et se frotte les yeux distraitement en essayant de se reconcentrer, Claire, elle, affiche un sourire victorieux avant de s'éloigner.

Moi qui croyait qu'il allait enfin mettre les points sur les i avec elle, qu'il allait lui faire comprendre qu'elle ne pouvait pas continuer à être comme ça avec lui. Surtout après ce qu'il s'est passé il y a deux jours. Je n'arrive pas à savoir si je suis plus en colère que triste. Elle a fait ça pour l'aider, mais la façon dont elle se tenait, sa main sur le bras de Tobias…

- Madame Taylor et Martin, appelle Tobias avec un petit sourire une fois que sa collègue et son patient se sont éloignés. C'est à nous.

Une dame et son petit-fils se lèvent, et je me pousse pour les laisser passer.

- Nous vous suivons, docteur ?

- Oui, allons-y, répond-il avec un sourire.

Il commence à faire demi-tour, puis son regard croise le mien et il s'arrête.

- J'arrive dans cinq minutes, vous voulez bien m'attendre dans la salle de consultation ?

Il se retourne et parcoure l'entrée du service du regard.

- Emilia, est-ce que tu veux bien conduire Madame Taylor et son petit-fils dans mon bureau, s'il te plait ? J'arrive tout de suite, demande Tobias à mon amie.

- Bien sûr, lui répond-elle en souriant au jeune patient. Salut, Tris ! me souffle-t-elle de loin en m'adressant un signe de main et je lui réponds par un sourire.

Tobias les regarde s'éloigner et me fait signe de le suivre. Nous nous écartons légèrement de l'espace d'attente et nous retrouvons dans un coin du hall.

- Je suis désolé, Tris, commence-t-il en se tournant vers moi. J'ai pris du retard sur mes consultations, et avec Charles qui a dû partir rapidement…

- C'est pas grave, je lui réponds sans croiser son regard.

- On se voit ce soir, d'accord ? conclut-il en déposant un rapide baiser sur ma joue.

Je relève la tête et lui adresse un petit sourire, puis il s'éloigne.

Je pousse un soupir et me dirige vers les ascenseurs pour aller déjeuner.


Je retrouve Christina à la cafétéria, et Emilia nous rejoint quelques minutes après. Nous sommes en train de parler du Noël de Christina et de ce que nous prévoyons pour le nouvel an quand soudain Christina s'interrompt et nous regarde avec un grand sourire.

- Bon, les filles, je voulais vous dire… avec Will on va essayer d'avoir un bébé !

Je manque de recracher ma gorgée d'eau. Je regarde Christina avec de grands yeux.

- C'est vrai ? C'est super ! Je ne pensais pas que vous alliez sauter le pas si vite, lui dis-je avec un sourire.

- Oui, c'est vrai que ça va vite entre nous, mais j'aime vraiment Will, on a acheté notre appart'… c'est la prochaine étape ! me répond-elle en riant. Et puis, j'ai toujours voulu avoir une famille nombreuse, et Will aussi… il faut bien commencer !

Je souris aux mots de mon amie, car elle n'a pas tort.

- Je n'ose pas imaginer la tête de ma mère quand je lui annoncerai que je suis « enfin » enceinte, poursuit-elle en roulant des yeux et je ris.

- Enfin, pour l'instant, je ne lui en parle pas du tout, je ne veux pas qu'elle s'emballe et qu'elle commence à acheter un milliard de chose pour un bébé qui n'existe même pas encore !

- En tout cas, on veut être les premières à savoir quand tu seras enceinte, lui dis-je, toute excitée pour ma meilleure amie.

- Bien sûr ! Enfin, il n'y a que quelques jours que Will et moi avons parlé de ça…, me répond Christina.

Emilia est étrangement très silencieuse à côté de moi, et je porte mon attention sur elle.

- Et pour toi Emilia ? je demande à ma belle-sœur avec un sourire.

- Pour moi quoi ?

- Mon frère n'a pas envie de devenir papa… ?

Elle rougit, manifestement un peu gênée par ma question.

- Non…, enfin si ! Je veux dire, on en n'a pas vraiment encore parlé, donc je ne sais pas…, me répond-elle en évitant mon regard.

- Vous avez encore le temps, je lui réponds. Regarde-moi, ce n'est pas comme si j'allais tomber enceinte incessamment sous peu, je poursuis en riant.

- Non, c'est pas que je ne veux pas d'enfant, j'en veux, mais…, dit-elle, et je vois ses yeux se remplir de larmes.

- Qu'est-ce qui ne va pas ? lui demande Christina en prenant sa main.

- C'est Caleb, il ne veut pas ? je poursuis, inquiète pour mon amie.

- Non, c'est pas ça…

Je vois qu'elle essaie de contenir ses larmes, et je passe un bras autour de ses épaules pour la soulager.

- Si tu ne veux pas en parler, on comprend, je lui dis doucement.

Ce n'est pas le genre de sujet que j'aborde avec mon frère, mais ça m'étonne de sa part qu'il ne veuille pas d'enfant.

Elle souffle un grand coup et relève les yeux vers nous.

- En fait, je crois que je suis enceinte, nous annonce-t-elle.

Heureusement que je n'avais rien dans la bouche, car je crois que cette fois je l'aurais vraiment recraché.

Une seconde passe le temps que nous assimilions la nouvelle, et je prends la parole.

- C'est une super nouvelle ! Depuis quand le sais-tu ?

- Je ne suis pas sûre en fait, nous avoue-t-elle, la voix basse et triste. Mais je suis en retard de dix jours, je suis tout le temps fatiguée, et ça fait une semaine que j'ai des vertiges le matin. J'ai rendez-vous chez le gynéco dans deux jours.

J'ai du mal à voir le problème, mais mon amie m'éclaire rapidement.

- Je ne l'ai pas dit à Caleb.

Elle doit voir l'incompréhension sur nos visages et poursuit.

- Nous savons tous les deux que nous allons fonder une famille un jour, mais nous n'avons jamais envisagé que cela arrive si tôt… C'est plus un accident en fait. On est parti quelques jours en vacances le mois dernier, et j'avais oublié ma plaquette de pilules. Je n'ai jamais pensé que je tomberai enceinte. Je suis vraiment trop stupide, je sais ! nous dit-elle avec un faible rire.

Le silence s'installe quelques secondes.

- J'ai peur de la réaction de Caleb, nous avoue-t-elle finalement.

- Oh, Emilia, lui dis-je en la serrant contre moi. Je suis sûre que mon frère sera très heureux !

- Si j'étais toi, j'attendrais ton rendez-vous chez le médecin, et si tu es vraiment enceinte… ce serait le plus cadeau que tu pourrais faire à ton mari pour la nouvelle année, lui dit Christina avec un sourire.

Emilia nous sourit à son tour, et cela me rassure.

- Et puis ce sera super si on a des enfants à peu près en même temps ! poursuit-elle, toute contente. Peut-être que tu auras un garçon, et moi une fille, et plus tard ils se marieront !

Emilia et moi éclatons de rire, chassant définitivement les larmes des joues de mon amie.


Mon après-midi dans le service se passe sans problème. Si bien qu'à 17h, j'ai fini le tour de mes patients et les quelques consultations que j'avais de prévue. Je me souviens que j'ai promis à Marlène de lui apporter le cadeau que j'ai acheté pour Matthew, donc quand mon dernier patient est parti, j'envoie un SMS à Tobias pour lui expliquer la situation et lui dire que je passerai prendre ses clés de voiture dans quelques minutes. Je suis consciente que mon message est sec, mais je suis toujours très déçue et en colère de sa réaction –ou plutôt de son manque de réaction- face au comportement de Claire ce midi.

J'essaie de ne pas trop me prendre la tête, mais j'avoue que je ne sais pas trop où nous en sommes. Il y a deux jours, elle se jette dans ses bras il s'excuse, me promet que ça va changer nous passons un excellent Noël ensemble et ce matin, c'est comme si encore une fois il ne voyait rien. Et cela me fait plus mal que je ne le voudrais.


Quand j'arrive au service de pédiatrie, cette fois-ci je ne me dérange pas, et accepte quand la secrétaire me propose de biper Tobias. Je ne suis pas d'humeur à l'attendre, je peux bien le déranger pour une fois. J'attends quand même cinq bonnes minutes avant de le voir arriver au bout du couloir. Il me voit tout de suite et me sourit de loin.

- C'est toi qui m'as fait biper ? me demande-t-il. Tu as besoin de quelque chose ?

- Oui, je t'ai envoyé un message. Tu peux me passer tes clés de voiture ? je lui réponds en gardant mes yeux fixés sur son torse partout mais pas sur les siens.

- Bien sûr, pourquoi ? Je les ai laissées dans mon casier je peux aller te les chercher.

Je souffle, énervée. Je sais qu'il n'a rien fait, il n'a juste pas vu mon SMS, mais je ne peux pas m'empêcher d'être énervée contre lui.

- J'ai laissé le cadeau pour le fils de Marlène et Uriah dans ta voiture.

- Okay, je vais les chercher, je reviens tout de suite. Tu vas donner le cadeau et on part d'ici une petite heure ? me demande-t-il.

- Non je vais rentrer en taxi, je suis fatiguée, je lui réponds sèchement.

Le silence se fait entre nous.

- Quelque chose ne va pas ? me demande finalement Tobias, me forçant à relever les yeux vers lui.

Je peux lire l'incompréhension dans ses yeux, et cela m'agace encore plus.

- Rien ne va, Tobias ! je m'exclame en haussant un peu le ton.

J'essaie de retenir les larmes qui perlent à mes yeux.

- Je ne comprends pas…

- Tu ne comprends jamais rien, c'est ça le problème ! Tu ne vois pas comment elle est avec toi ! Je pensais que ça allait vraiment changer après ce qui s'est passé mercredi, mais manifestement, je m'étais trompée. Ça ne va pas pouvoir continuer comme ça, Tobias, je poursuis, en le regardant cette fois-ci droit dans les yeux.

Je vois à l'expression de son visage qu'il comprend de quoi je veux parler. Il souffle un grand coup avant de prendre la parole :

- J'ai pas eu le temps de mettre les choses au clair avec Claire aujourd'hui… mais je te répète qu'elle n'est qu'une collègue, me dit-il en prenant ma main.

- Et moi je te répète que tu ferais bien de le lui rappeler, parce que j'ai l'impression qu'elle est de pire en pire !

Nous nous toisons quelques secondes et Tobias s'apprête à reprendre la parole quand une voix l'interrompt :

- Tobias, tout va bien ?

J'entends Claire quelques secondes avant de la voir apparaître au bout du couloir et se diriger vers nous. Je ferme un instant les yeux d'exaspération avant de les rouvrir.

- C'est bon, va juste me chercher tes clés, et retourne bosser, je lui dis résignée, à voix basse pour ne pas attirer encore plus l'attention sur nous.

Tobias ne bouge cependant pas d'un centimètre et scrute mon visage.

- Qu'est-ce que tu …-

Je suis interrompue par ses lèvres qui s'écrasent sur les miennes.

Il me sert contre lui, et j'entends un hoquet de surprise s'échapper de la bouche de Claire.

Il s'écarte de moi au bout de quelques secondes mais garde ses bras autour de ma taille.

- C'est pas vrai ! s'exclame Claire.

Nous tournons tous les deux la tête, et je manque d'éclater de rire en voyant l'expression sur son visage.

- Tu as largué l'avocate ? demande-t-elle à Tobias désespérée.

- Je ne suis jamais sorti avec une avocate, lui répond-il en me regardant.

Elle ne semble pas comprendre ce qui se passe et a un regard horrifié. Son regard va de Tobias à moi et s'arrête finalement sur lui.

- Mais… ça fait combien de temps ?

- Depuis le début, lui répond simplement Tobias.

Elle ferme les yeux un instant, et lorsqu'elle les rouvre, son regard est meurtrier.

- Tu ne sais vraiment pas ce que tu rates ! lui lance-t-elle.

Et sans plus attendre elle s'éloigne. Elle ne m'accorde pas même un regard, mais, pour une fois, cela ne me dérange pas qu'elle m'ignore.

Tobias reporte rapidement son attention sur moi.

- Je crois qu'elle a compris, maintenant, me dit-il en roulant des yeux.

Il marque une pause avant de poursuivre :

- Je t'aime, Tris, et je ne veux jamais que tu en doutes.

Je me mets sur la pointe des pieds et dépose un baiser sur ses lèvres en souriant.


A/N : Voilà pour ce chapitre ! J'espère qu'il vous a plu, dites moi ce que vous en avez pensé :)

Et encore une fois je vous souhaite une excellente année 2018 !

A bientôt,

Keep Calm and Love Reading