Image credit : aquarelle par Daniel Smith exposé sur Etsy, boutique OlechkaDesign.


Cette suite à la fic «Pon farr» n'est pas tant une fiction qu'une sorte d'étude psychologique. Dans Pon farr, nous avions suivi les aventures de Spock et de Jo, une mécanicienne fort mal embouchée que Spock avait choisi comme partenaire en raison de sa résistance peu commune.

Cette confrontation entre un humain de basse extraction et notre stoïque vulcain m'a bien fait rire mais une fois le pon farr terminé, il me semblait que le potentiel explosif de cette relation n'avait pas été pleinement creusé. Et puis je trouve très efficace de revisiter la psychologie de Spock et les détails de la culture vulcaine à l'aide d'un personnage aussi cabochon que cette mécanicienne sans aucune classe. Je vous propose donc une suite d'instantanés qui s'intéressent à cette relation qui n'est pas de tout repos.

À cet effet, je vous invite à ne pas prendre en compte les deux derniers chapitres de la fic qui faisaient virer le tout en slash pour le simple plaisir de le faire. Revenons au moment où après des ébats aussi torrides que stupéfiants, Spock tente de se sortir du bourbier où il s'est fourré en se montrant civilisé auprès de la pauvre Jo qui, insultée, lui a à moitié cassé le nez.

Pour se faire pardonner, il lui fait découvrir une fenêtre secrète dans la rotonde et le chapitre se termine alors qu'il s'en va en la laissant seule. Normalement, ils n'auraient jamais dû se revoir mais bien entendu, il en ira tout autrement.


Pour la seconde fois de sa vie, Jo monta dans l'ascenseur pour se rendre sur l'étage des officiers. Le commandant l'avait fait demander, sûrement pour signer des formulaires ou un truc du genre. N'empêche, cette fois elle avait fait les choses dans les règles. Elle s'était douchée et changée. Sa combinaison était impec, ses cheveux soigneusement attachés et à sa connaissance, elle n'avait aucune tache de cambouis où que ce soit. Malgré tout, dès sa sortie de l'ascenseur, les guignols qui vadrouillait dans les couloirs lui jetèrent des regards curieux. Bordel, à croire qu'ils avaient jamais vu un mécano de leur vie. Clairement, elle n'avait pas la tronche qu'il fallait pour se balader sur l'étage des patrons.

Elle leva le menton et ignorant de son mieux l'équipage intrigué, marcha d'un pas pressé jusqu'à la chambre du commandant et appuya sur la touche réservée aux visiteurs. La porte s'ouvrit sur Spock qui la dévisagea avec sa tête de déterré habituelle.

- Mademoiselle Kot, dit-il en se poussant pour la laisser entrer.

- Commandant.

Elle entra et la porte se ferma derrière elle. Il se tint au centre de la pièce avec un air étrangement sérieux. En le voyant tout coincé et hautain, elle se souvint soudainement pourquoi elle avait eu mainte fois l'envie pressante de lui foutre une taloche. Fidèle à lui-même, il ne fit pas grand-chose pour la mettre à l'aise et comme il ne semblait pas pressé de dire quelque chose, elle grimaça un sourire.

- Alors? Pourquoi vous m'avez fait venir?

Il la fixa de nouveau avec son air d'outre-tombe.

- Mademoiselle Kot, j'ai de bonnes raisons de croire que je vous ai fécondée, dit-il impassible.

Jo prit un air aussi catastrophé qu'incrédule.

- Hein? Vous hallucinez ou quoi?

- Puis-je m'en assurer? demanda t-il très professionnel.

Elle approuva et il s'approcha pour poser la main sur son ventre une secondes. Il hocha la tête pour confirmer son diagnostic.

- Vous attendez un enfant.

- Le docteur Mccoy m'a donné un injection contre ça. C'est impossible.

- Visiblement, ça ne l'est pas, dit-il en fin limier.

- Vous êtes sûr ?

- C'est une certitude.

- Refaites votre truc, ordonna t-elle.

- C'est inutile.

- Refaites-le, insista t-elle l'air de dire qu'il avait intérêt.

Il s'avança et reposa la main sur son ventre une seconde.

- Vous êtes fécondée, répéta t-il en se reculant.

- Dites-moi qu'il y a quand même une chance pour que vous soyez largué, dit-elle presque suppliante.

- Aucune, assura t-il en mettant les mains derrière son dos.

Elle savait assez de quoi il était capable pour ne pas douter d'avantage de son diagnostique et elle accusa le coup.

- Merde. Fait chier.

- Votre langage, désapprouva t-il.

- Désolé c'est juste … vous comprenez. C'est pas la joie, dit-elle tristement.

- Quelqu'un d'autre peut-il vous avoir fécondée ? demanda t-il posément.

Jo le regarda insultée.

- Sans blague ça fait juste une semaine votre mission. Vous croyez que je suis du genre à me taper l'équipage au complet peut-être ?

- Vous en avez le droit, dit-il comme s'il ne voyait pas le problème.

La jeune femme le dévisagea, prise au dépourvu.

- Heu … Bha non. C'est vous. Forcément.

- Bien. Assoyez-vous, l'invita t-il en indiquant la chaise où elle avait prit place lorsqu'il lui avait présenté la mission.

Elle hésita comme si elle n'en voyait pas très bien la nécessité puis s'assit lourdement en soupirant. Spock contourna le bureau et prit sa place habituelle.

- Écoutez, je comprend pas comment ça a pu arriver mais ce sera vite réglé.

Spock releva la tête.

- Sous-entendez-vous un avortement?

- Bah oui, dit-elle comme si c'était l'évidence.

- Il y a d'autres possibilités.

Elle haussa les épaules.

- Non. Je préfère faire ça. Comme si rien ne s'était produit vous voyez.

Il la fixa avec le plus grand sérieux.

- Mademoiselle Kot, les enfants conçus lors du … lors des événements que vous avez vécu sont sacrés.

- Sacrés? répéta t-elle.

- Sacré ou Kir'kan en vulcain.

Elle lui fit de grands yeux.

- Commandant, qu'est-ce que vous essayez de me dire? Que je ne peux pas me faire avorter?

- Ce serait inconcevable, assura t-il.

- Voyez-vous ça, dit-elle en croisant les bras d'un air effronté.

Spock compris que les choses allaient être compliquées. C'était logique. Avec les terriens, il y avait toujours des complications.

- Très bien. Comme vous êtes vulcain et que les choses vous échappent parfois, je vais vous donner une chance. Alors écoutez-moi très attentivement. Ceci … , dit-elle en désignant l'ensemble d'elle-même, c'est mon corps et tout ce qui se trouve dans ce corps m'appartient. Ce qui inclut les ovules qu'elles soient fécondées ou pas. Alors en dernier lieu, c'est à moi de décider et à moi uniquement. Vous, vous n'avez aucun droit vous pigez ?

Elle avait parfaitement raison selon les lois en vigueur et Spock approuva le raisonnement d'un hochement de tête. Jo le regarda et soupira tristement.

- Écoutez, je suis désolé. Sincèrement. Si vous voulez le garder c'est vraiment dommage mais moi, je ne peux pas.

- Puis-je demander pourquoi ?

- Parce que je n'en veux pas.

- Pourquoi n'en voulez-vous pas?

- Je n'en veux pas c'est tout. Je vais pas élever un mioche toute seule. Et vulcain en plus … Pffft.

- Je vous assure que vous ne serez pas seule.

- Vous voulez parlez de vous ? dit-elle en s'avançant dans son siège pour le dévisager avec ce qu'il estima être de l'ironie.

- Oui.

- Vous serez là pour ramasser la merde et le vomit? C'est vous qui allez vous lever la nuit? Vous allez quitter l'Enterprise pour essuyer de la morve?

- Peu importe les conditions, je vous assure que vous aurez toute l'aide nécessaire.

Elle eut un sourire triste et le regarda avec de la compassion ou peut-être de la pitié.

- Je n'en doute pas commandant. Mais si j'ai des enfants un jour je voudrais que ce soit avec quelqu'un qui m'aime au moins un peu, vous comprenez?

- Dans ce cas, souhaiteriez-vous que je vous épouse? demanda t-il posément.

Jo le regarda avec de grands yeux et battit des cils.

- Vous voulez rire?

- Non, assura t-il.

- On en a déjà parlé, lui rappela t-elle incrédule. Tous les deux, on aimerait mieux crever que de se retrouver ensemble. Vous vous rappelez ?

- Ceci redéfini mes priorités.

- Peut-être les vôtres mais pas les miennes. Moi, j'aimerais toujours mieux crever. Désolé.

- Vous vous trompez sur mon compte. Les vulcains sont de très bons époux.

- Bon sang! Mais vous pétez un câble ou quoi ?! Commandant, soyons sérieux. On ne s'entend pas tous les deux. Je vous énerve et vous m'énervez encore plus. Je ne peux pas vous parler plus de cinq minute avant que mes nerfs virent en boule.

- Il serait illogique de se débarrasser d'un enfant pour une question qui ne le concerne pas.

Jo leva les yeux au plafond.

- Mais oui ça le concerne ! Imaginez que ce mioche me ressemble. Il va vous rendre fou … Sans compter que s'il vous ressemble, c'est moi qui deviendrai dingue. Forcément, un de nous deux aura une vie merdique par sa faute. Juste pour ça, c'est une très mauvaise idée.

- Ce sont des spéculations. Mais même si vous aviez raison, il ou elle sera plus humaine que vulcaine.

- Ce ne sera jamais un il ou une elle. Ce ne sera rien du tout! Faites-vous tout de suite à l'idée.

- Le fœtus est sexué dès la conception il est donc actuellement mâle ou femelle.

- Mais putain! Vous faites exprès ou quoi ?!

- Votre langage mademoiselle Kot, dit il en fronçant les sourcils.

- Vous voyez, c'est ça! C'est exactement pour des conneries pareilles que je ne peux pas vous supporter. Et avouez-le, c'est pour les mêmes conneries que vous ne pouvez pas me supporter non plus alors avoir un mioche ensemble c'est exclu.

- Cette situation nous transcende mademoiselle Kot. Il ne s'agit pas de vous ou de moi. Il s'agit d'un enfant sacré. Un kir'kan.

- Monsieur, je crois que vous allez tomber en bas de votre chaise mais devinez quoi? J'en ai rien à foutre.

Spock releva la tête, lassé de la reprendre sur son langage. Jo l'observa en silence puis sourit.

- Quelque chose me dit que si vous ne vouliez pas quelque chose de moi, vous auriez déjà rempli trois rapports pour insubordination. Je vous aurais cru plus incorruptible, dit-elle d'un air navrée. Vous me décevez commandant.

- Dans cette situation ma partialité est approprié puisque vous êtes la mère de mon enfant.

- Non. En aucun cas. Enlevez-vous ça de la tête. Mon choix est fait.

- Je prendrai tout en charge, insista t-il. Vous n'auriez pas à vous en occuper. Ni même à le voir si vous ne le voulez pas.

- Monsieur, essayez de comprendre, dit-elle avec fermeté. Il n'est pas question que je porte un enfant, ni que je vous marie, ni que je me fasse entretenir, ni rien du tout. Je suis désolé mais je n'ai pas à payer parce que vous avez du sperme bionique. Mon choix est fait et il n'y a plus rien à dire.

Peut-être qu'il n'y avait plus rien à dire mais tout n'avait pas été dit pour autant. Spock laissa revivre l'intérêt qu'il pouvait avoir à son endroit et le lien du Koon-ut-so'lik existât de nouveau entre eux. Jo se figea quelques secondes prise par surprise. Elle le regarda avec de la méfiance ou de la colère.

- Qu'est-ce que vous essayez de faire exactement monsieur?

Il l'observa patiemment.

- Si vous tentez de me convaincre en remettant ça avec votre lien vous perdez votre temps, laissez-moi vous le dire.

Soudain, elle sursauta en se reculant dans sa chaise. Elle sentait l'ovule fécondée en elle.

- Vous le ressentez n'est-ce pas?

- Arrêtez ça, dit-elle d'une voix blanche.

- C'est ce que je perçois à chaque fois que vous dormez, dit-il gravement.

- Arrêtez! dit-elle en se levant. Je ne veux pas le voir.

- Je ne peux pas plus y être aveugle que vous le pouvez en ce moment, dit-il en se levant à son tour.

- Arrêtez ça MERDE ! cria t-elle furieuse.

Le triporteur du bureau vola à un cheveu de sa joue et explosa sur le mur.

- Coupez ce putain de lien ou je vous tue! hurla t-elle en lui lançant la chaise qu'il reçut sur l'épaule.

Il réalisa qu'il devait rapidement changer de stratégie. Il tenta de couper le lien mais échoua et toutes les munitions de gros calibres à portée de main se mirent à voler vers lui. Coincé derrière le bureau, il se prépara à ignorer la douleur.

- ARRÊTE! Putain de salopard! Coupe ça!

- Ceci est hors de ma volonté, l'informa t-il en se protégeant de l'écran de bureau avec l'avant bras.

- Hors de ta volonté? Tu vas voir ça!

Kot se rua dans la chambre et arracha la plus grosse hache du mur. Elle la retourna côté manche et la balança sur lui avec l'intention évidente de l'assommer. Il évita le coup de justesse et elle se prépara à lui en refiler un autre. Il détermina que l'objectif de son intervention visait en premier lieu à faire cesser la perception qu'elle avait du foetus.

- Je peux vous rendre inconsciente le temps de régler ce problème,

Elle arrêta son moulinet à moitié chemin et hésita le temps d'un battement de cil.

- Ce sera immédiat, dit-il en lui tendant la main.

Elle laissa tomber son arme et s'avança à portée. Une seconde plus tard, il la tenait inconsciente contre lui. Il la souleva et la porta sur le lit où il l'allongea.

Il l'observa un moment puis s'assit lentement près d'elle. Il leva la main, hésita un instant, puis la posa légèrement sur son ventre. Il ressentit pour la première fois la présence de son fils sous sa main et il ferma les yeux, question de faire connaissance.

La porte fit entendre un chuintement. Jim avait été appelé en urgence suite à des bruits et des hurlements inquiétants.

- Spock! appela t-il en réalisant qu'un véritable cataclysme avait eu lieu dans la chambre.

- Tout va bien capitaine, dit le vulcain en se levant.

Jim jeta un coup d'oeil dans la chambre et vit Kot inconsciente sur le lit. Il jeta un regard effaré à son ami.

- Qu'est-ce qui se passe? dit Léonard en se précipitant dans la chambre à son tour. Bon sang! Qu'est-ce que vous lui avez fait! cria t-il en apercevant la jeune femme

Le docteur se précipita à son chevet et Spock se poussa pour lui laisser la place.

- Je ne l'ai qu'endormie. Mademoiselle Kot n'a subit aucun préjudice physique, assura t-il tandis qu'une pastille de sang s'agrandissait sur la manche de son uniforme et qu'un bleu verdissait sur sa joue.

Léonard leva les yeux du tricordeur et dévisagea Jim.

- Elle est enceinte.

Spock haussa les sourcils l'air de dire que se trouvaient là toute les explications nécessaires.

- J'ai pourtant donné à mademoiselle Kot tout ce qui était possible pour éviter qu'une telle chose se produise, dit Bones sûr de lui.

- Cela ne fait aucun doute docteur. Mais on dit que le … phénomène, est incontrôlable sous tout rapport. J'imagine que cela inclut une éventuelle fécondation, supposa Spock.

Mccoy passa le tricordeur devant le vulcain.

- Vous n'avez que des blessures superficielles mais … une bonne quantité, dit Bones en se disant qu'il avait drôlement morflé.

- C'est elle qui a fait ça? demanda Jim en pointant la destruction massive du bureau.

- Évidemment.

- Et qu'est-ce que vous lui avez dit pour qu'elle se mette dans cet état Spock? demanda Bones d'un ton accusateur.

- Je tentais de négocier afin qu'elle ne se fasse pas avorter.

Ses deux amis eurent le même air désolé. Lorsqu'une telle chose se produisait, on pouvait dire sans se tromper qu'il s'agissait d'une situation merdique sous toutes les coutures ; et c'était encore plus vrai si votre ami était un vulcain assez peu clairvoyant émotionnellement.

Jim leur fit signe de passer de l'autre côté. Ils enjambèrent les divers objets qui encombraient le sol et entourèrent leur ami au prise avec un sacré problème.

- Donc, si je comprend bien, les négociations ont échouées, résuma Jim.

- Oui. Elle refuse le mariage, l'adoption et tout support.

- Oui, c'est plutôt mal parti, confirma Jim.

- Avez-vous une idée de ce qui motive son refus ?

- Je n'en suis pas certain. Plusieurs éléments divergents semblent en cause.

- Peut-être qu'elle vous en veut? Est-ce que par hasard quelque chose aurait mal tourné lors de la mission? demanda Jim.

- Non.

- Et comment pouvez-vous en être certain? renchérit Bones qui doutait grandement de son jugement à cet effet.

- Mademoiselle Kot m'a assuré que cette expérience l'avait laissé sur une impression positive.

Jim et Mccoy échangèrent un coup d'oeil incrédule, tous deux étonnés par cette réussite des plus inattendue.

- Elle semble malgré tout entretenir un certain ressentiment à votre endroit, souligna Bones en désignant la pièce démolie.

- Nous ne sommes pas parvenu à trouver un terrain d'entente lors des négociations, éluda Spock.

- Elle refuse aussi l'extra-utéro? demanda Mccoy étonné.

Spock le dévisagea. Non seulement les vulcains étaient chefs de file dans ces techniques mais ses parents avaient eux-même eu recours à cette technologie.

-Vous n'y aviez pas pensé? dit Léonard incrédule. Hum … Étiez-vous sous le coup de l'émotion ?

Pour la première fois Spock ne répondit pas à l'éternelle boutade et c'est à ce moment que ses deux amis comprirent à quel point il était perturbé.

- Merci pour cette proposition docteur Mccoy, dit Spock comme si de rien n'était. J'en informerai mademoiselle Kot. Maintenant, si vous voulez bien nous laisser, je souhaite lui parler en privé.

- Vous êtes certain que c'est bien prudent? demanda Bones en songeant à ses ecchymoses.

- Merci docteur. Je devrais pouvoir m'en sortir seul, assura t-il un rien condescendant.

- Comme vous voulez, dit Jim. Mais n'oubliez pas que nous sommes là pour vous Spock. Si vous avez des questions à propos des femmes ou de quoi que ce soit …

- Merci capitaine. Ça ira, dit le vulcain stoïque.

- Bien, alors nous vous laissons.

Ils sortirent et Spock se rassit sur le lit près de Jo, réfléchissant à la meilleure façon de lui présenter le projet. Une dizaine de minutes plus tard, la jeune femme reprit conscience. Elle ressentit aussitôt le lien qui était toujours vrillé à elle. Elle se redressa brusquement et se retrouva face à Spock toujours assis au bord du lit.

Elle leva les yeux sur son tortionnaire.

- Je ne peux pas couper le lien, dit-il gravement.

- Comment ça vous ne pouvez pas?

- J'ai de l'intérêt pour vous désormais. Je ne peux plus le contrôler.

- Vous n'avez aucun intérêt pour moi Spock. Vous avez de l'intérêt pour cette ovule fécondée.

- J'ai de l'intérêt pour vous, assura t-il.

- Vous m'avez dit, et je cite, que vous n'aviez jamais été attiré par moi.

- L'attirance et l'intérêt sont deux choses différentes.

Jo haussa les épaules.

- De toute manière, ça ne fait que précipiter les choses, dit-elle avec indifférence. Plus vite j'en aurai fini avec ça, plus vite j'en aurai fini avec vous alors ...

- Puis-je proposer une dernière alternative?

Jo soupira et croisa les jambes en se massant le front.

- Quoi encore ?

- Les vulcains ont développés des technologies de pointe dans les méthode de fertilité. L'enfant pourrait se développer sans vous, à l'extérieur de votre corps dans un utérus artificiel.

Jo ferma les yeux.

- Cette proposition répond à tous vos vœux et aux miens. Vous aurez un avortement et je garderai l'enfant.

Elle avala sa salive et le fixa longuement. Elle passa ses main dans sa figure d'un air découragé puis elle éclata en pleurs. Elle pleura un moment puis renifla en essuyant son nez sur sa manche.

- Je vous écoute.

- Écouter quoi?

- Les reproches que vous avez à me faire.

Jo leva sur lui ses yeux rougis.

- Des reproches ?

- Oui. Je dois prendre le blâme et vous présenter mes excuses.

Jo ne put retenir un sourire moqueur tellement il était largué avec ses excuses bidons.

- En passant, cette fois si vous ne savez pas pourquoi vous vous excusez c'est normal. Vous n'êtes pas responsable de tout ça alors à ce que je sache, vous n'avez rien fait de mal.

Il approuva comme s'il n'en avait jamais douté.

- Voulez-vous être enlacée ? demanda t-il.

Jo le regarda comme s'il délirait sérieusement.

- Merci pour la proposition mais je crois que vous êtes déjà assez torturé comme ça sans en rajouter.

- On ne peut pas torturer un vulcain. Nous contrôlons notre douleur et nos émotions.

- Alors grand bien vous fasse mais moi je suis humaine et je ne contrôle rien du tout ça.

- C'est pourquoi je vous proposais un enlacement.

Jo ressenti plutôt l'envie de lui en balancer une. Elle respira profondément et réussi à garder son calme.

- Merci commandant, ça va aller.

Il acquiesça l'air de dire que c'était son affaire.

- Bon, écoutez. Je crois qu'il va falloir que j'y pense un moment, dit-elle en se levant.

Spock se leva à son tour.

- Nous passerons près de Vulcain dans quinze heures.

- C'est tout le temps que j'ai pour y penser ?

Spock hocha la tête.

- Vous avez entre quatorze heures sept minutes et quinze heures quarante minutes si tout se passe comme prévu.

- Bon ... De votre côté, si vous pouviez ravaler votre saleté de lien, ce serait très apprécié.

- Je ferai ce qui est en mon pouvoir.

- Donc … je vous recontacterai. Commandant.

- Mademoiselle Kot.

Elle sortit d'un pas précipité et Spock se rassit pensivement sur le bord du lit. Il avait étudié en profondeur le dossier et le profil psychologique de Kot avant de la sélectionner. C'était une femme impulsive, combative et têtue. Le plus probable était qu'elle demande à subir un avortement aussitôt sortie de la pièce. Elle ne prendrait même pas sa proposition en considération. Il n'y avait qu'une seule chose qui puisse l'encourager à prendre le temps de réfléchir à cette alternative. Un unique espoir.

Lorsque plus tôt il avait tenté de couper le lien il avait réellement échoué mais maintenant, le problème était inverse. Il ferma les yeux et se concentra pour alimenter l'intérêt qu'il portait à la jeune femme. Aussi mince soit-il, cet intérêt ne devait pas faiblir. Dans le cas contraire, le Koon-ut-so'lik disparaîtrait et avec lui disparaîtrait aussi son fils.


Note - L'idée que les enfants conçus lors du pon farr soient des Kir'kans («enfant» + «sacré» en langue vulcaine) n'est que pure invention.