Jo entra dans le dortoir et l'aperçut à demi-couché dans son lit. Elle s'arrêta dans l'entrée, n'osant pas trop s'approcher après ce qui s'était passé mais il leva les yeux sur elle sans démontrer la moindre animosité. Les larmes se mirent aussitôt à déborder de ses yeux. Elle tenta de se contrôler mais n'y réussit pas et éclata en sanglot.

- Je m'excuse! Je m'excuse tellement! hoqueta t-elle. J'ai failli vous tuer. Jamais je n'aurais pu penser que je pourrais … faire ça.

- Comme vous le voyez, je ne suis pas mort, fit-il remarquer pour mettre le tout en perspective.

Jo leva sur lui ses yeux rougis.

- Je vous aie poignardé en plein cœur. Comment vous pouvez être aussi calme, dit-elle d'une petite voix.

- Parce qu'il n'y a aucune raison de ne pas l'être, dit-il comme si c'était l'évidence.

Jo renifla en l'observant incrédule. Pour sûr c'était tout lui de prendre ça comme ça.

- J'apprécierais que vous tentiez de demeurer rationnelle. Cette émotivité empêche tout échange pertinent.

Jo essuya ses yeux avec sa manche et hocha la tête l'air de dire qu'elle ferait un effort.

- J'ai parlé avec le capitaine et il ne fera pas de rapport sur cet événement. Vous n'aurez pas à répondre de vos gestes.

Elle le dévisagea incrédule. Bordel, le capitaine voulait lui arracher la tête. C'était quoi ce délire?

– Quoi ? Mais pourquoi ? Je veux dire … Je vous ai poignardé. Il ne peut pas ...

– Je considère que cette situation était exceptionnelle.

Jo le fixa, désarçonnée.

– Heu … Vous m'avez foutu prison parce que je vous ai envoyé promener mais une tentative de meurtre, ça ne vous dérange pas ? dit-elle stupéfaite.

– Vous avez été victime de violence conjugale et avez donc agi en état de légitime défense.

Elle releva la tête sous le coup de la surprise.

– Vous considérez que c'est vous qui m'avez … agressé? demanda Jo qui s'était encore moins attendu à ça.

– Oui. Bien entendu je ne pouvais pas savoir que le nahan-pohkau n'était pas approprié pour interagir avec une épouse terriennes mais ceci étant, je vous ai agressé, oui.

– Alors c'est pour ça que le capitaine ne fera rien, comprit-elle.

– C'est exact. Il ne peut pas y avoir de crime si je refuse de porter plainte contre vous.

Jo en resta stupéfaite. Bordel, un humain l'aurait fait foutre en taule à vie mais lui, il ne lui en voulait même pas. Il prenait même toute cette merde à son compte. C'était vrai qu'elle s'était défendu mais bon sang, elle l'avait quand même poignardé. Un humain n'aurait jamais pu passer par dessus un truc pareil.

Elle commençait à saisir qu'il souscrivait à un idéal de justice extrême. Vraiment extrême. S'il voulait qu'elle lui obéisse, c'était parce que c'était son devoir, point barre. Il ne tentait pas d'obtenir des avantages pour lui-même comme elle l'avait cru, il s'en tenait simplement à cet idéal et y obéissait en toute chose quoi qu'il en coûte. Et si sous certains aspect ça faisait de lui un parfait imbécile, sous certains autres ça faisait aussi de lui quelqu'un de vraiment admirable.

– Asseyez-vous. Nous devons parler, dit-il en désignant la chaise destinée aux visiteurs.

La jeune femme tira la chaise jusqu'au lit et s'assit près de lui. Spock l'observa un moment en silence tandis qu'elle avait peine à croire qu'il passait vraiment l'éponge.

– Je considère que j'ai commis une erreur de jugement à votre endroit. Depuis notre mariage vous avez dû remarquer que je suis devenu … différent.

– Pour ça pas de doute, dès qu'on s'est marié vous êtes devenu un vrai conn…, je veux dire, vous êtes devenu vraiment froid avec moi, confirma t-elle.

– J'ai agi comme tout époux vulcain l'aurait fait. Cependant je réalise que si cette attitude convient aux vulcaines, elle ne convient pas aux terriennes ou à tout le moins, pas à vous.

Jo ne put empêcher les larmes de fleurer à ses yeux en l'entendant enfin dire quelque chose de sensé à propos de ce foutu mariage.

– J'ai mal jugé de votre détresse émotive. Je ne suis pas familier de cette forme de devoir envers une conjointe humaine, devoir auquel j'ai manqué en ignorant votre malaise. J'estime que c'est en partie ce qui vous a mené à démontrer autant d'agressivité.

Jo hocha la tête pour approuver en ravalant ses larmes.

– Bha ouais … C'est sûr que ça n'a pas trop aidé.

– Je suis désolé Johann, dit-il en la regardant compréhensif. Je crois qu'il est approprié de vous présenter des excuses.

Elle le regarda sans pouvoir y croire.

– Vous le pensez vraiment ?

– Oui. Mon comportement était inapproprié dans les circonstances.

Elle lui sourit d'un air désolé.

– Ben je m'excuse aussi. J'ai pas été trop gentille non plus. Je vous ai fait drôlement ch… enfin, je vous en fait baver quoi.

– Je considère que les derniers événements sont à mettre au compte de malentendus de part et d'autres. Si vous êtes d'accord, peut-être pourrions-nous ne pas en tenir compte et repartir sur de nouvelles bases.

Jo fronça les sourcils.

– Est-ce que ça veut dire que vous allez abandonner l'idée que je dois vous obéir ?

Spock haussa les épaules.

– J'imagine que c'est une possibilité.

– Et c'est clairement la bonne, dit-elle en reniflant.

Ils gardèrent le silence un moment. Pour la première fois, Jo se sentit bien à rester là sans parler. Toutes les autres occasion où il l'avait regardé comme ça sans rien dire, elle n'avait plus su où se mettre. Mais cette fois elle éprouvait une certain confort à se trouver près de lui.

– Il y a également un sujet que je souhaite aborder avec vous, dit-il enfin.

– Ben dites donc, c'est le jour des révélations, dit-elle un poil moqueuse.

Il la dévisagea avec gravité.

– Je réalise que je n'aurais pas dû vous refuser l'accès à certaines informations.

Jo le regarda intriguée.

– Vous voulez parler du truc de kir-canne? C'est ça?

Il approuva mais baissa les yeux comme si cela le mettait mal à l'aise.

– Ça a l'air vraiment dur pour vous de parler de ça hein ?

– C'est extrêmement tabou. Aucun non-vulcain n'en a jamais eu connaissance. Ce savoir nous est communiqué lors d'une cérémonie très fermée et ce n'est pas un sujet de discussion.

– Écoutez, sans blague, c'est pas un caprice. J'ai vraiment besoin de savoir. Et je dirai jamais rien là dessus. Croix de bois, crois de fer.

Il la regarda dubitatif

– Ça veut dire que c'est juré-craché, expliqua t-elle.

Il haussa un sourcils tout aussi dubitatif puis approuva de la tête en se disant que ça devait être un genre de serment.

– Il n'est pas convenable de parler de ce sujet mais si vous y tenez, je peux vous transmettre ces informations par fusion mentale. Cependant, je vous met en garde. Ce souvenir est extrêmement perturbant.

– Ça va. Je veux vraiment savoir. Et puis je commence à être habituée à voir des trucs perturbants dans votre tête sans blague.

Spock désigna le bord du lit et Jo se leva pour se rasseoir devant lui.

– Sur Vulcains, nous avons des techniques qui permettent de conserver certains souvenirs. À leur majorité, les jeunes adultes sont confrontés à la mémoire des temps anciens pour leur permettre de comprendre la valeur des enseignement de Surak. Ce souvenir est celui d'un vulcain anonyme du IVem siècle ; ou plus précisément, c'est le souvenir que j'ai gardé de ce souvenir.

Jo hocha la tête et il plongea ses yeux dans les siens.

– Nous n'en parlerons pas. Jamais.

Jo hocha la tête à nouveau et il leva la main pour la poser sur sa joue.

Elle était dans une grotte éclairée de chandelles. Ils étaient des centaines rassemblés là et elle jubilait. Elle était follement excitée. Autour d'elle il y avait un tapage incroyable. Des cris, des hurlements, des chants aigus qui lui vrillaient les tympans. Les gens sautaient sur place, levaient les bras au ciel, étaient secoués de spasmes. Elle-même trépignait comme si elle était prise de folie.

Soudain un silence extraordinaire tomba sur l'assemblée et elle s'immobilisa. Un grand prêtre habillé d'une toge blanche monta sur une estrade devant eux. Une dizaine de suivants grimpèrent à sa suite. Dans ses bras, il tenait un minuscule nourrisson dénudé qui hurlait à plein poumon. C'était un kir'kan, elle le savait. Tout le monde le savait. Tous les enfants sacrés se retrouvaient sur cette estrade. Elle jubila, tellement réjouie par cette apparition qu'elle éprouva la plus grande difficulté à rester calme.

Le grand prêtre leva le bébé à bout de bras et hurla des mots sans suite. Ennemis ! Guerre ! Pouvoir ! Victoire ! Comme tous les autres, elle répéta les mots en criant et chacun la faisait frissonner d'extase. Elle sentait sa force, leur force ! La force que leur donnait leur Dieu. Le grand prêtre donna l'enfant à l'un de ses suivant qui le tendit devant lui et elle faillit se pisser dessus d'excitation. Un disciple tendit une large lame que le grand prêtre saisit. Il leva brusquement au dessus du bébé et une joie féroce envahie son coeur bouillonnant. Elle hurla d'exaltation, ils hurlèrent tous. L'officiant baissa brusquement la lame pour l'enfoncer dans …

Elle sursauta si violemment qu'elle en tomba presque en bas du petit lit d'infirmerie. Elle se releva d'un bond en se reculant d'instinct, comme si ça pouvait lui permettre de s'éloigner de cette vision d'épouvante.

– N'en parlez pas, dit Spock troublé lui aussi.

Jo hocha la tête et serra ses bras autour d'elle comme si elle avait froid. Bordel, elle avait sentit tout ça comme si c'était elle qui le vivait ! Putain de merde! C'était la pire chose … le plus dégoûtant des … Une atrocité ! Mais le pire, c'était les émotions extrêmes qu'elle avait ressenties. L'excitation, la joie, la jubilation devant … devant ce spectacle à vomir. Ça rendait l'horreur encore plus horrible. Malsaine à un degré à peine imaginable. Elle resta là, sans pouvoir faire un geste, complètement sous le choc.

Spock la regarda avec ce qui lui sembla être de la compassion et il lui tendit la main. Elle s'approcha et mit ses doigts tremblants sur les siens. La bulle d'énergie les entoura et aussitôt, elle se sentit mieux. Protégée. Il restèrent comme ça, sans parler et le calme qui émanait de lui l'apaisa. Il attendit que sa respiration ralentisse et qu'elle se détende un peu. Elle perçut qu'il avait encore quelque chose d'important à lui dire.

– À notre connaissance, cela s'est produit pour la dernière fois au milieu du IVem siècle terrien. Mais si vous interrompez votre grossesse, ce sera la première fois depuis presque deux mille ans qu'un kir'kan …, dit-il avec un regard significatif.

Jo le regarda sans comprendre puis réalisa qu'il comparait ce prêtre fou furieux à … à elle ?! Elle retira vivement sa main et la bulle d'énergie fut dissoute.

– Heu … Quoi ?! hého! Vous êtes cinglé ou quoi !? Ce n'est pas du tout la même chose ! s'insurgea Jo scandalisée.

– Évidemment. L'interruption de grossesse n'a rien de répréhensible. Ça ne se compare pas. Mais comme je vous l'ai dit, ce sujet est extrêmement sensible. Ces événements ont laissés des cicatrices profondes dans notre histoire. Vous attendez un kir'kan et aux yeux d'un vulcain, il y a une parenté insupportable ; ne serais-ce qu'à un niveau symbolique.

Jo croisa les bras et le regarda troublée. C'était vraiment con comme comparaison mais après ce qu'elle avait vu, bordel, c'était quand même normal que les vulcains soient sérieusement traumatisés.

– Peut-être comprenez-vous mieux maintenant pourquoi j'ai tenté de vous empêcher d'avorter par tous les moyens.

– Bha oui, même au point de me marier …, dit-elle comme si c'était la pire connerie du siècle.

– Oui. Pour moi notre mariage est logique parce qu'il représente une chance d'éviter que cette situation se produise.

Alors c'était ça … Il avait marié quelqu'un de qui il n'avait rien à foutre juste à cause de connards qui avaient vécu il y avait deux mille ans. Bordel, question d'obéir à un idéal justice extrême, les vulcains étaient totalement cinglés.

– Mais je comprend maintenant que vous avez perçu mon opposition comme un abus de pouvoir, reprit-il. Sur terre, l'avortement est un droit inaliénable dans un idéal de justice. M'y opposer était inacceptable dans cette perspective. Peut être même l'avez-vous perçu comme une forme de torture.

Jo le regarda longuement en silence.

– Bha ouais … j'avoue que quand même ...

Il approuva de la tête.

– Il était de mon devoir d'empêcher cette situation de se produire mais puisque cela implique de commettre une injustice, je considère que je ne suis plus moralement tenu à ce devoir. Vous retrouvez par conséquent votre droit d'interrompre votre grossesse sans que je sois consulté.

Jo sentit que les larmes lui montaient aux yeux encore une fois alors qu'une tonne de tritanium tombait de ses épaules. Sans blague, quand on s'était fait retirer sa dignité on réalisait quel prix elle avait. Elle n'était plus sa chose. Son corps lui appartenait à nouveau et elle était redevenue une vraie personne, maîtresse d'elle-même.

– Notre relation m'importe Johann, dit-il avec une étrange affection. Puisse t-elle être longue et prospère. Mais ce ne sera pas possible si je m'oppose à votre volonté. À vos yeux je me comporte de façon immorale. User de mon droit est donc illogique.

Elle lui sourit au travers ses larmes et il lui tendit la main à nouveau. Elle hésita une seconde puis s'approcha pour poser les doigts sur les siens, faisant s'étendre le lien d'énergie autour d'eux. Aussitôt, elle sentit qu'il était attaché à elle. Un attachement comme elle n'en avait jamais ressenti. Quelque chose d'indescriptible qui n'était pas vraiment humain.

Puis elle perçut qu'il avait une idée derrière la tête. Il la dévisagea en serrant ses doigts dans les siens puis approcha sa main de ses lèvres et tendrement, il y posa un baiser. Un geste magnifiquement désuet qui la fit sourire. Elle pressentit qu'il était satisfait de sa réaction et elle sourit à nouveau. Il était totalement largué avec son vieux baise-main mais il fallait avouer qu'il était mignon avec ses tentatives de lui faire du charme à la terrienne. Il la regarda un moment encore puis laissa sa main, faisant disparaître le refuge vulcain.

- Maintenant, si vous permettez, je dois me reposer.

- Ouais. Bien sûr, dit-elle compréhensive.

Elle l'observa un moment sans rien dire.

– Alors… Ça veut dire que je suis libre ?

– Évidemment.

Elle lui sourit en le regardant en silence.

– Merci commandant.

– Il est inutile de me remercier. Si vous avez besoin de manifester de la gratitude, c'est envers la logique que vous devriez le faire.

Jo souffla un rire tellement cette idée saugrenue était bizarre. Du moins, elle pouvait être sûre d'une chose, il n'avait pas son pareil pour sortir des trucs délirants.

– Je suis contente que vous vous en soyez sortit commandant, dit-elle en le pensant vraiment.

Il la salua d'un signe de tête et elle se retourna le cœur beaucoup plus léger que quand elle était entrée. Elle sortit du dortoir songeuse et se buta presque à l'infirmière qu'elle n'avait pas remarquée. Bien droite et hautaine au milieu de l'infirmerie, Chapel la dévisageait avec ce qu'on ne pouvait décrire que d'une seule façon : de la haine. Toute son attitude signifiait que la prochaine fois qu'elle aurait à lui faire une injection elle foutrait sans doute de l'arsenic dans la seringue. C'est alors que Jo réalisa que si le commandant ne lui en voulait pas, il était clairement le seul.

– C'était ... c'était un accident miss Chapel, dit-elle en essayant de calmer le jeu.

Cela ne fit pas grande impression sur l'infirmière. Jo soutint son regard venimeux une seconde puis baissa les yeux et sortit sans demander son reste.

Spock replaça ses oreillers pour se rasseoir, très satisfait de leur entretient. D'une part il avait su démontrer de l'intérêt pour les émotions de son épouse, un véritable tour de force pour un vulcain, et d'autre part Johann s'était montré très réceptive à ses propositions. Mais plus intéressant, elle avait réagi très positivement à l'approche terrienne appelée «romantique». Par conséquent, il s'agissait d'un incitatif à envisager avec sérieux.

En principe, le romantisme impliquait de faire prévaloir les sentiments sur la raison ce qui de prime abord ne semblait pas du tout dans ses cordes. Par contre, en ce qui concernait la relation de couple, il s'agissait essentiellement démontrer son attachement à l'aide d'attitudes précises et de gestes codifiés qu'on appelait des «attentions». Comme par exemple, la technique du baise-main qu'il avait apprise dans «La passion d'une héritière», un des romans d'amour qu'il avait consulté en prévision de la mission. Cependant, pour utiliser le romantisme comme incitatif, ses connaissances étaient nettement insuffisantes.

Il tira à lui le moniteur posé sur un bras articulé et pesa sur les touches multicolores de la petite console. Il navigua jusqu'à la bibliothèque de cinquante-six mille romans et sélectionna la catégorie «Amour et romance» qui comprenait cinq mille huit titres. Il parcourut les premiers et entre «Si je m'abandonne à toi», «Le klingon aux yeux d'azur» ou «Le jeu de la tentation», il choisit à tout hasard «L'amour au confins des étoiles» et se lança dans la fastidieuse lecture avec une rigueur toute scientifique.


Note-

Ce chapitre s'est intéressé aux temps anciens et on se demandera à bon droit s'il est crédible que les vulcains aient jamais pu commettre de telles atrocités. Comme les matériaux canoniques sur cette époque sont extrêmement minces, je dirais que c'est à chacun de se faire son idée.

Dans cette fanfic, j'imagine une cérémonie où on fait revoir des souvenirs anciens dans le but de montrer aux jeunes adultes l'importance de la discipline vulcaine. En toute logique, une telle entreprise présenterait les pires souvenirs possibles pour faire comprendre l'ampleur de la violence qui régnait avant Surak. Les matériaux aussi anciens étant toujours très rares, le plus probable est que tous les vulcains de la planète aient été confrontés aux mêmes souvenirs à peu de chose près. Par conséquent, même si ces sacrifices n'étaient pas très courants ou n'était que le fait d'un obscur groupuscule de cinglés, ils auraient tout de même un impact majeur dans la psychée vulcaine.

L'holocauste de la deuxième guerre mondiale a eu le même genre d'impact dans la psychée humaine. Pourtant des génocides bien plus sanglants ont déjà eu lieu. Pourquoi celui-ci a t-il tant frappé les esprits ? Peut-être est-ce le procédé industriel et inhumain de la tuerie, les centaines de films percutants qui nous font revivre son atrocité ou encore le moment historique où il s'est déroulé mais ce massacre s'est avéré tellement frappant et horrifiant que l'ensemble de l'humanité en frisonne encore de dégoût. Il nous semble que rien de plus ignoble ne se soit jamais produit. C'est au point où même si le besoin d'anéantir son prochain en masse est toujours aussi criant chez les terriens, personne n'osera refaire une chambre à gaz de si tôt.

De la même façon, il me semble qu'un sacrifice tel que celui décrit dans ce chapitre pourrait traumatiser des générations entières de vulcain et les mener à s'opposer à toute action qui rappellerait un tant soit peu ce terrible épisode de leur histoire.

Heureusement, le bon sens a reprit ses droits et Jo est désormais libre d'agir à sa guise. Est-ce que cela signifie que Spock a abandonné la partie pour autant ? Considérant que les vulcains sont tout aussi têtus que les humains, cette idée est hautement improbable. Mais jusqu'où un vulcain serait-il prêt à aller pour réussir à garder son kir'kan et faire de Jo une bonne épouse ? C'est à cette question très intéressante que nous allons maintenant nous attarder.