Voici donc notre vulcain favori en bien vilaine posture car ses espoirs de paternité sont à un cheveu de s'envoler en fumée. Comme on s'en doute, il devra user de tous ses charmes pour convaincre Jo de renoncer à ses plans. Une situation parfaite pour nous intéresser à l'idéal romantique vulcain.

Car que savons-nous de la romance typiquement vulcaine? En vérité, assez peu de choses.

TOS nous apprend qu'il y a des mariages arrangés, que les fiancés unis par le kon-ut-so'lik peuvent tromper leur promis, qu'une fois mariés les couples se promènent en se touchant deux doigts et que le mâle donne des ordres à son épouse.

Si nous faisons un rapide survol des autres séries et des films, nous avons Vorik qui en plein pon farr ne fera aucun cas de sa fiancée vulcaine officielle pour se mettre à chanter la pomme à une demi-klingon qui le tabassera pour sa peine. (VOY Blood fever) Il y a les regrets exprimé par Sarek de ne pas avoir montré plus d'affection à sa femme (TNG Sarek) il avouera aussi à Spock s'être marié par amour plus que par logique (ST 2009) Et finalement nous avons la romance entre Spock et Uruha qui battra de l'aile rapidement en raison du manque de compassion du vulcain pour les sentiments de sa bien-aimée (ST 2013 et 2016).

(Un mot sur la romance entre T'Pol et le terrien Tucker (ENT) que personnellement je ne trouve pas des plus convaincantes. Elle nous apprend que les vulcains peuvent tomber amoureux mais se résigner à se marier ensuite avec un autre qu'ils n'aiment pas puis le quitter parce que finalement ils aiment toujours le premier. Si on en croit cette série, les vulcains peuvent donc agir comme les humains des romances les plus classiques (mais en version un peu plus crispée). Pourtant TOS a dépeint les relations maritales vulcaines comme étant différentes, exotiques voire même stupéfiantes en nous donnant l'impression d'une culture réellement extraterrestre. À mon avis, (et bien qu'elle ne soit pas sans qualités) cette romance déjà vu mille fois n'est pas assez fidèle à l'esprit de TOS et c'est pourquoi je n'en tiendrai pas toujours compte dans cette fiction.)

À part ces quelques bribes d'informations, l'aspect le plus intéressant me semble être le regard étrangement intense qu'ont certains époux lorsqu'ils se regardent. Je pense entre autre à Tuvok lorsqu'il a une vision de sa femme sur l'Enterprise (VOY Bliss) ou encore à Sarek et Amanda lorsqu'ils se parlent seuls à seuls (TOS Journey to Babel) mais bien sûr, ça reste assez minimal comme indices.

Il est donc assez clair que les informations ne sont pas légions et on peut supposer que c'est parce que nos aliens favoris ne sont pas vraiment de grands passionnés romanesques. Par conséquent il y a fort à parier que contrairement aux humains, les rêveries amoureuses ne prennent pas énormément de place sur le disque dur d'un cerveau vulcain.

Dans ce cas, comment les stoïques extra-terrestres conçoivent-ils les relations et l'attachement ? C'est sur ce palpitant sujet que ce chapitre entend se pencher.


Jo, assise sur le rebord de la fenêtre secrète de la rotonde, admirait le spectacle que donnait vulcain. Les rouges et les ocres se mélangeaient gracieusement à sa surface et des touches d'or apportaient quelques chose de scintillant à l'ensemble. Magnifique. Seule dans l'immensité, elle semblait aussi sévère et hautaine que ses habitants et Jo se dit que peut-être bien que ça voulait dire que les planètes faisaient des créatures à leur image.

Elle entendit soudain des pas sur la passerelle et tourna la tête pour apercevoir le commandant qui apparut au bout de la passerelle. Il s'avança vers elle entre le clignotement festif de la machinerie.

– Je vous aie appelé à l'interphone.

– Ha ouais? J'ai rien entendu.

– Il ne doit pas y avoir de poste d'écoute dans ce secteur, déduisit-il.

– Ben heu, c'est pas une fenêtre de secours? Comment le garde fait pour communiquer avec la passerelle?

Spock haussa un sourcil.

– Ce vaisseau a été construit par des humains, dit-il comme s'il n'y avait pas besoin de chercher plus loin pour résoudre le mystère.

Jo haussa les épaules sans relever l'insulte.

– Mademoiselle Kot, je vous annonce qu'il sera impossible de procéder à l'extraction du fœtus comme prévu.

– Ah bon? Ben pourquoi? demanda t-elle surprise.

– Ce procédé est désormais interdit sur Vulcain.

Jo ressentit un soulagement immédiat. Au fond, elle avait dit oui parce qu'il y tenait vraiment mais pour sa part elle préférait en finir.

– Cool, dit-elle en se levant debout. Alors je suis désolée pour vous mais si ça vous fait rien, moi je vais à l'infirmerie.

– Pouvons-nous discuter un instant d'abord? demanda t-il en mettant les mains derrière son dos.

Jo soupira en devinant ses intentions.

– Vous allez essayer de me convaincre de le garder c'est ça ? Écoutez monsieur, vous perdez votre temps. Je n'en veux pas.

– J'aimerais que vous considériez à nouveau ma demande en mariage, dit-il impassible.

Jo le fixa puis pouffa de rire. Bordel, ce type c'était vraiment un cas. Elle croisa les bras d'un air effronté.

– Merci bien mais non. Même pas en cent ans.

– Les vulcains sont de très bons époux, assura t-il.

– Wow, dans ce cas le mariage doit drôlement les changer, supposa t-elle.

– Nous avons de nombreuses qualités. La fidélité par exemple, dit-il en sachant que cet aspect semblait désirable aux humains.

Jo le fixa sans trop y croire. Bordel, ça c'était une bonne raison de se marier avec un manche à balais.

– Peut-être mais vous savez, moi c'est pas tant les qualités que les défauts qui me frappent chez vous.

– Vous ne m'estimez pas de façon objective.

– Pffft. Le truc c'est pas de faire des estimations, le truc c'est que ça ne colle pas vous comprenez ? Vous et moi on a rien à faire ensemble.

– Je crois que vous avez torts.

– Commandant, sans déconner, je ne vous aime pas. Pas du tout. Fin de la discussion.

- C'est inexact. Vous m'aimez à plusieurs niveaux.

Jo ouvrit de grands yeux.

- Ah oui? Et on peut savoir lesquels?

- Vous aimez ma franchise. Dans le cas contraire, vous ne m'auriez pas excusé de vous avoir menti.

- C'est vrai. Je ne peux pas supporter les hypocrites et s'il y a un défaut que vous n'avez pas … mais dans votre cas, c'est tellement extrême que ça en est presque un sans blague alors je suis pas sûre que ça compte.

- Vous aimez également une certaine façon que j'ai de vous regarder.

Jo plissa les yeux en se demandant comment il pouvait savoir ça puis elle se rappela de la fusion mentale lors de la mission.

- Vous avez lu ça dans ma tête pas vrai ?

- Oui.

- Donc, maintenant, vous connaissez tout de mes fantasme sur vous ou quoi?

Il réfléchit un moment comme s'il cherchait à se rappeler.

- Lors de cette fusion mentale, votre seul fantasme non-violent par rapport à moi était d'ébouriffer mes cheveux.

Jo le fixa un instant puis sourit d'un air embêté.

- C'est vrai que j'ai jamais osé. C'est drôle non?

- Cette fusion m'a aussi appris que vous aimez être reliée à moi par le koon-ut-so'lik. Vous avez éprouvé des regrets lorsqu'il est disparut. Peut-être vous manque t-il parfois.

- Ha oui? Vous êtes sûr que ça me manque ?

- Non ce sont des suppositions.

- Des suppositions exact. Donc c'est tout? Les choses que j'aime de vous? C'est assez mince non? Pour se marier je veux dire.

- Il y a aussi l'accouplement.

- Ah oui ça. Vous voulez parler d'avant ou après que je vous ai foutu mon poing dans la gueule?

- Vous avez aimé vous accoupler avec moi. Cette première expérience n'était pas sans maladresse mais il serait difficile d'en nier le potentiel.

Jo pinça les lèvres. C'était en effet difficile à nier.

- Et ce potentiel n'a été qu'effleuré, ajouta t-il.

Bien entendu, si on laissait courir son imagination sur ce qui restait à explorer … Ça donnait à réfléchir mais il oubliait le principal.

- Monsieur, vous n'avez pas du tout apprécié cette expérience, lui rappela t-elle.

- Vous vous trompez. M'accoupler avec vous s'est révélé très satisfaisant.

- Vous voulez rire? Vous m'avez dit que vous n'êtes pas intéressé par le plaisir physique. D'ailleurs, quand vous en avez reçu une dose vous avez failli devenir dingue.

- J'ai été pris par surprise ; d'autant plus que j'ignorais tout du phénomène concret. Comme ce n'est plus le cas, il me sera facile de l'éviter. Mais je parlais plutôt de l'accouplement vulcain. Cette expérience s'est révélée positive.

- Oui et bien moi je n'ai pas tellement apprécié si vous voulez savoir.

- Je crois qu'il serait plus juste de dire que vous n'avez pas compris.

- Peu importe, c'est un truc complètement bizarre.

- Les humains peuvent s'effrayer lorsqu'ils sont confrontés à de nouvelles expériences mais cette impression se relativise lorsque l'expérience se reproduit. Je suis persuadé que vous apprécieriez d'avantage l'accouplement vulcain en l'expérimentant à nouveau.

- Je ne parierais pas là-dessus, dit-elle d'un air dubitatif.

- Dans ce cas, peut-être que les avantages de pratiquer le coït humain avec moi vous sembleront à même de compenser ce léger désagrément ; qui d'ailleurs n'a lieu qu'aux sept ans.

Jo ne put s'empêcher de sourire en coin … Il était sans contredit une baise d'enfer. Aucun humain ne pourrait jamais concurrencer ce qu'il arrivait à faire. Bien sûr, c'était le genre d'avantage qui pouvait faire pardonner bien des choses. Sauf que baiser ce n'était pas tout dans la vie.

- Écoutez, peu importe parce que ça ne change rien au fait qu'on ne s'entend pas tous les deux. Ça vous ne pouvez pas le nier. On arrête pas de se disputer.

- Jusqu'à un certain point vous aimez nos disputes. Vous appréciez particulièrement pouvoir me frapper ou me lancer des objets sans que je réplique pour autant. C'est une approche que vous pourriez difficilement vous permettre avec un mâle de votre espèce. Ils sont beaucoup plus fragiles et acceptent rarement de se faire frapper par leur épouse.

- Vous voulez dire que vous ne voyez pas de problème à être un mari battu?

- Ce concept ne s'applique pas. Vous n'avez pas la force nécessaire pour me «battre». Qui plus est, la douleur m'indiffère. Pour moi votre agressivité n'est qu'un moyen d'expression parmi d'autres et considérant que vous êtes humaine, je ne suis pas indisposé par ce mode de communication.

Pour ça, c'était certain que c'était original. On avait rarement vu un prétendant se vanter de ses qualités de punching bag.

- Ouais, okay. Ça peut-être sympa de pouvoir vous foutre une raclé mais ce n'est pas ça qui compte. Ce qui compte c'est que vous n'avez rien à faire de l'affection et encore moins de l'amour.

- Vous vous trompez. À l'intérieur d'un couple vulcain, les partenaires sont très attachés l'un à l'autre.

- Vous pourriez m'aimer, c'est ce que vous essayez de me dire?

- Bien entendu.

- Alors je vous épouse et comme par magie, vous allez m'aimer.

- Oui. Si on veut.

- Vous voulez rire?

- Un grand pourcentage d'humains se marient puis disent cesser de s'aimer. C'est plutôt cette conjoncture qui semble étrange.

- Justement, ça pourrait arriver vu que je suis humaine. Vous réussissez à me convaincre, je me colle avec vous puis j'en ai marre et je me tire. Vous y avez pensé?

- Je doute que cela se produise mais le cas échéant, il nous suffira de nous séparer.

Jo plissa les yeux l'air de dire qu'elle n'étais pas dupe.

- Peu importe tout ça. Votre demande bidon c'est uniquement pour garder votre mioche parce que malgré tous vos beau discours, c'est la seule chose que vous voulez de moi.

- Je ne vous épouse pas en échange que vous gardiez l'enfant si c'est ce que vous voulez dire. C'est une transaction à laquelle seul un humain pourrait penser. Ça n'a aucun sens pour un vulcain.

- Je suis désolé mais c'est exactement ce qui se passe. Vous voulez me marier parce que vous m'avez foutu en cloque et que je veux avorter. Sans cela, ça ne vous viendrai même pas à l'idée.

- C'est en effet cette situation qui motive ma demande mais vous vous méprenez sur mes intentions.

- J'ai beaucoup de difficulté à le croire monsieur.

- Vous me reprochez de ne pas avoir d'intérêt «amoureux» envers vous mais les vulcains ont une perception différente de cet état. Nos mariages sont arrangés et nous connaissons rarement d'avance notre partenaire. Pour moi, la situation actuelle est semblable à un engagement qui aurait été pris par des parents. Vous avez été choisie, non par ma famille mais par les circonstances pour être ma partenaire. Je suis donc disposé à vous épouser et à m'attacher à vous.

- Dites donc, c'est romantique tout plein. Alors ça veut dire que si je me fais avorter, forcément, vous m'épouserez tout de même.

- Non. Dans ce cas, les circonstances qui motivent ma demande n'existeront plus.

- Et voilà! Ça veut dire que vous me mariez pour que je garde le gamin. Ça revient au même.

- Je n'ai aucune stratégie pour «obtenir» quoi que ce soit mademoiselle Kot. Une grossesse rend notre mariage logique. Dans le cas contraire, cette logique est absente.

- Logique hein. Ça c'est ce que vous dites mais dans les faits, moi je dis que c'est surtout que vous ne pourriez jamais me pardonner ça. Me débarrasser de votre enfant sacré et tout …, dit-elle narquoise.

- En aucun cas. Je n'aurais pas besoin de vous pardonner pour la bonne raison que je ne vous en voudrais pas. C'est votre décision.

Jo battit des paupières déstabilisée.

- Mais bordel vous m'avez rendu à moitié folle pour réussir à garder ce gamin et maintenant vous me dites que vous vous en fichez?

- Je ne m'en «fiche» pas. J'ai cherché à vous faire changer d'avis mais la décision finale vous appartient de droit.

- C'est ça oui, dit Jo qui le croyait plus ou moins.

- J'obéis à la loi et celle-ci stipule que dans cette situation, je ne peux pas m'opposer à votre décision, insista t-il.

- Donc, si la loi était différente, vous m'obligeriez à garder l'enfant.

- Je ferais probablement ce qui est en mon pouvoir, oui.

- Alors de toute façon, ça fait de vous un beau salaud.

Spock la dévisagea imperturbable.

- Vous faites erreur. Vous me prêtez des intentions humaines ce qui n'est pas le cas. Cette demande en mariage procède uniquement de déductions logiques.

- Mais oui c'est ça. Parce que grâce à la logique, je suis devenue votre femme de rêve soudainement.

- Bien sûr que non, dit-il en haussant un sourcil. Une autre épouse serait plus appropriée.

Jo battit des cils désarçonnée une fois de plus par sa tournure d'esprit imprévisible.

- Alors putain de merde pourquoi vous voulez me marier si une autre serait plus appropriée ?!

- Parce que les circonstance vous désignent comme partenaire, répéta t-il posément.

Jo pouffa de rire et se massa gravement l'arrête du nez.

- D'accord, alors si on résume les points principaux, vous voulez me marier même si au fond vous aimeriez mieux n'importe qui d'autre. C'est ça?

- Ce que je veux n'est pas en cause. Je crois que c'est ce que vous ne comprenez pas. Je ne veux rien car je ne désire rien. Je n'ai pas d'attente. Je ne souhaite pas de résultat précis. La situation est ce qu'elle est et je réagis logiquement à cette situation. De ce point de vue, notre mariage procède d'une logique évidente.

- Et l'amour, on s'en fout, conclu Jo.

- Cet aspect se développera après le Koon-ut-kale-fee, le mariage vulcain, comme je l'ai déjà souligné.

Jo rigola en hochant la tête.

- Dans les faits, vous me proposez un sacré pari commandant. Vous m'assurez que vous allez vous transformer en prince charmant à la seconde où je serai coincé avec vous mais c'est assez dur à croire. À mon avis il y a beaucoup plus de chances pour que vous restiez l'insupportable vulcain que je connais.

- Je resterai moi-même mais je serai attaché à vous. Cela change tout.

Jo le regarda d'un air moqueur en se disant que si cette foutu chenille se changeait un jour en papillon, ce ne pourrait être qu'une saleté de mite.

- Monsieur, sincèrement tout ça n'a aucun sens. Si vous ne m'aimez pas avant, vous ne m'aimerez pas plus ensuite.

- Au contraire, c'est vous aimer sans que nous soyons mariés qui n'a aucune logique.

- Mais bordel! Ça ne se commande pas ce genre de chose!

- Les humains s'attachent l'un à l'autre sous le coup de l'émotion puis s'engagent au nom de cette émotion. Malheureusement, celle-ci finit par disparaître et dans 88% des cas, vos couples se disloquent. C'est un procédé tout à fait inefficace.

- Et bien sûr les vulcains font les choses beaucoup mieux que nous.

- Le procédé est à tout le moins plus logique.

- La logique n'a rien à voir avec l'amour monsieur

- Considérant le pourcentage d'échec de vos unions, j'imagine qu'il serait avantageux pour votre espèce de revoir ce mythe.

Elle soupira lassée de cette joute stupide.

- D'accord, donnez moi une preuve que cette stupéfiante transformation aura bien lieu et peut-être que je considérerai votre proposition, dit-elle pour se débarrasser de lui.

Il resta pensif un moment puis il hocha la tête.

- Très bien. Je vous propose de rencontrer ma mère.

- Bordel pourquoi je voudrais rencontrer votre mère ?

- En tant que terrienne mariée à un vulcain, elle sera à même de confirmer mes dires.

- Votre mère est humaine? Vous déconnez?

- Bien sûr que non, dit-il en levant un sourcil exaspéré.

- Alors vous êtes à moitié humain? dit-elle en ouvrant de grands yeux.

- Oui.

- J'arrive pas à le croire... Dites donc, un vulcain pur sang ce doit être vraiment insupportable.

Spock resta impassible.

- Écoutez franchement, je sais pas trop. Ce n'est sûrement pas trop mon genre d'endroit.

- Non. Probablement pas. Mais ensuite, vous pourrez prendre une décision en ayant tous les éléments utiles pour le faire.

Jo le toisa en silence puis se tourna vers la fenêtre pour admirer la superbe planète. En ce qui la concernait, c'était tout décidé. Elle préférait crever que de se retrouver coincé avec ce débile et encore d'avantage avec son mioche vulcain. Mais bien sûr, être l'une des rare terrienne à mettre les pieds sur vulcain, c'était quand même quelque chose parce que ceux qui l'avaient fait n'étaient pas légion. D'un point de vue terrestre, c'était un peu comme le nec le plus ultra des planètes. Quand on y avait été, on faisait parti d'un club sélect drôlement respecté et pour sûr, c'était le succès assuré à la taverne du coin. Après tout, c'était aux vulcains que la terre devait son entrée dans la fédération et surtout grâce à eux que les terriens étaient considérés comme une race «évoluée» plutôt que comme une bande de sauvages dégénérés. Et puis sans blague ça l'intriguait. Quelle genre de femme pouvait arriver à supporter un vulcain? Ça c'était une sapré énigme.

– D'accord. Je veux bien la rencontrer.

– Bien, dit-il en se retournant. Suivez-moi.

– Quoi? On y va tout de suite?

– Oui. Nous sommes en soirée et à cette heure ma mère est seule à la maison. La température sera également plus confortable pour vous.

Jo hésita un moment puis haussa les épaules et le suivi en se disant que si sa mère était aussi commode que lui en version terrienne, elle allait forcément l'accueillir à coup de rouleau à pâte mais peu importe ce qui arriverait, pour sa part elle aurait une sacré histoire à raconter aux copains.