Comme nous l'avons vu au chapitre précédent, le devoir est certainement une composante essentielle de la culture vulcaine mais cet aspect doit bien sûr être chapeauté par des principes. Pour les vulcains il me semble évident que le principe le plus important doit être celui de justice. Du moins, l'ensemble des épisodes le laisse croire. Pourrait-on imaginer un vulcain assez mal intentionné pour être injuste? Au-delà du pon farr et à moins que j'ai manqué quelque chose, la réponse est : impossible. Un vulcain agit toujours selon la logique et il est parfaitement illogique d'être injuste puisque la justice est là pour garantir l'intérêt de tous.

Mais qu'est-ce que la justice pour un vulcain ? N'est-ce qu'un ensemble de règles à suivre aveuglément ou bien le jugement personnel a t-il droit de citer ?

Pour étudier la question, prenons le cas du fameux : «l'intérêt de tous doit primer sur l'intérêt de quelques uns» et de son évolution. Nous avons entendu cette phrase mémorable pour la première fois dans le film The wrath of Khan mais nous la voyons déjà en action dans de nombreux épisodes de la série. Gallileo 7 en est sûrement un des plus impressionnants.

1- Dans cet épisode, l'équipage de la navette subit une attaque et Spock se retrouve coincé sous une grosse roche. Il ordonne à l'équipage de le laisser là mais ceux-ci le sauvent tout de même. Une fois revenu à la navette, il s'insurge qu'on l'ait ramené en passant outre ses ordres. Même lorsqu'ils réussissent à décoller et s'enfuir, il accuse encore l'équipage d'avoir gâché leurs chances de survie en le sauvant.

Ici, Spock applique le principe littéralement. Malgré qu'il ait eu une chance de s'en sortir, il considère qu'il était beaucoup plus logique de le sacrifier pour l'intérêt commun.

2- Dans The wrath of Khan (1982) Spock entre dans une chambre radioactive, seule façon de sauver le vaisseau. En mourant brûlé derrière la porte de verre il dit à Jim de l'autre côté «La logique dicte clairement que l'intérêt de beaucoup doit primer sur l'intérêt de quelques uns» et Jim dévasté lui répond «ou d'un seul».

Ici son choix est moins clairement radical que dans Galileo 7 car l'Enterprise était condamné si personne ne se sacrifiait et Spock serait mort de toute façon.

3- Dans le film suivant, The search for Spock (1984), il apparaît que l'âme et le corps de Spock peuvent vivre séparément et qu'il est possible de les réunir lors d'une cérémonie vulcaine. Après moult péripéties où l'Enterprise brise les lois fédérales, la cérémonie a lieu et Spock revient à la vie. Voyant Jim, il lui demande pourquoi ils l'ont sauvé. Il répond «Parce que l'intérêt d'un seul prime sur l'intérêt de beaucoup».

Dans un retournement génial, Jim défie toute logique vulcaine en prouvant que l'affection humaine transcende tout le reste et son contraire.

4- Dans The Voyager Home (1986), Amanda lui demande s'il croit toujours en ce principe et Spock répond que oui. Elle lui répond que cela signifie qu'il est là par erreur car ses amis ont passé outre ce concept pour le sauver. Ce à quoi il répond que les humains sont parfois illogiques.

Ce qui semble indiquer que l'intervention de Jim n'a pas modifié la perception de Spock.

5- Plus loin dans le film, il insiste pour que l'équipage sauve Chekov même si cela met en péril leur mission de sauver la planète Terre et tous ses habitants. Jim surpris lui demande « Est-ce que c'est la chose logique à faire ?» et Spock répond « Non. C'est la chose humaine à faire».

Ce passage stupéfiant nous révèle qu'en fait la perception de Spock s'est modifiée de façon radicale. Il comprend la vision humaines des choses au point où il considère logique d'agir de façon illogique.

Le chemin parcouru est impressionnant. Dans Galileo 7, non seulement il n'avait pas du tout compris pourquoi l'équipage l'avait sauvé mais il considérait que ce sauvetage était une grave erreur tandis que dans Voyager Home, il propose de mettre l'équipage et une planète entière en péril pour sauver la vie d'un seul homme.

Comme on le voit dans cet exemple, Spock est capable de s'ajuster de façon très impressionnante selon son jugement personnel et c'est cet aspect que nous explorerons dans ce chapitre et le suivant. Mais bien sûr, dans cette fiction, nous sommes encore très loin de Voyager Home. Nous avons affaire au Spock de Galileo7. Un Spock tout ce qu'il y a de plus rigoureusement vulcain.


Jim jaillit de l'ascenseur comme un boulet de canon et entouré de quatre gardes, il suivit le couloir comme dans un cauchemar. Poignardé … cette folle l'avait POIGNARDÉ! Il était tellement hors de lui que tous ceux qui s'étaient rassemblés dans le couloir en cherchant vainement des nouvelles sur ce qui s'était passé se poussèrent de son chemin en vitesse. Il s'empressa jusqu'à la porte de Spock qui s'ouvrit devant lui et l'inconcevable bordel qui régnait dans la chambre lui sauta au visage.

Il crut tout d'abord s'être trompé de porte puis il vit Kot assise à une petite table qui se levait, l'air catastrophée et aussi pâle qu'un linge.

– Attendez dehors, ordonna t-il aux gardes.

Il entra et ses yeux se vrillèrent comme des poignards sur la cinglée qui avait marié son meilleur ami. Elle resta debout, au garde à vous en tremblant sans oser le regarder.

– Capitaine est-ce qu'il est…? Comment il est …? Je veux dire, il va …?

– Qu'est-ce qui s'est passé? demanda t-il d'une voix blanche sans daigner lui répondre.

Elle avala sa salive.

– Je ne sais pas monsieur … C'était … trop bizarre.

– Vous ne savez pas ? gronda t-il en s'approchant.

Jo se tassa sur elle-même effrayée.

– C'est à cause du truc vulcain, je sais pas ce que c'est …, dit-elle avec la voix déraillante de pleurs. Monsieur, est-ce qu'il est …? Il va bien ?

– Parlez pour que je vous COMPRENNE ! tonna t-il furieux.

Jo sursauta tellement il était terrifiant.

– Qu'est-ce qui s'est passé? gronda t-il comme s'il allait la décapiter sur place

– Monsieur … monsieur Spock a fait un truc vulcain sur moi et j'ai eu vraiment peur et … je l'ai attaqué… avec ça …, dit-elle en pointant le tournevis sanglant qui s'était écrasé au milieu du plancher.

Kirk frissonna en voyant l'objet en question.

– Vous dites que Spock vous a fait quelque chose qui vous a effrayé, dit-il avec un calme inquiétant.

– Il voulait … me forcer et il a fait un genre de télépathie ou je sais pas, tenta t-elle complètement paniquée.

– Vous dites que Spock vous aurait agressé c'est bien ça? dit-il d'une voix blanche.

– Bha oui … un genre de … agression ouais, dit-elle en ne sachant pas trop comment appeler ça.

– Vous voulez me faire croire que monsieur SPOCK! Le premier officier de ce vaisseau et un VULCAIN vous aurait AGRESSÉ! cria t-il enragé.

Jo réalisa qu'il ne la croyait pas une seconde et elle enfouit son visage dans ses mains pour éclater en sanglots. Jim tenta de reprendre son calme. Il était capitaine et devait garder la tête froide. Cette histoire allait finir en cour martiale et la procédure devait être impeccablement suivie parce que cette folle allait finir ses jours au fond de la colonie pénale la plus sévère qu'il puisse trouver ! Il s'en occuperait personnellement comme il ne s'était jamais occupé de quoi que ce soit !

– Et pourquoi cette «agression» ? dit-il froidement.

– Il voulait que je ramasse … tout ça, hoqueta t-elle.

Voilà qui était plus crédible.

– Si vous aviez mis mes quartiers dans cet état c'est moi qui vous aurais arrangé ! ne put-il s'empêcher de cracher avec mépris.

– Alors c'est pas vous qui m'auriez forcé à rester dans votre cabine ! rétorqua t-elle du tac au tac.

Il la dévisagea sans pouvoir y croire et Jo aussi incrédule que lui, baissa la tête en maudissant son foutu de caractère de chiotte. Putain de merde ! Pourquoi elle pouvait jamais la fermer !

Kirk la dévisagea longuement comme s'il tentait de s'empêcher de l'étrangler sur place. Finalement il pressa la touche d'ouverture des portes.

– Emmenez-là en salle de contention, dit-il aux gardes.

La jeune femme suivit l'escorte sans discuter et Jim ferma le poing pour empêcher sa main de trembler. Il ne pouvait pas mourir. Spock ne pouvait pas mourir. Pas lui. Mais s'il mourait, il le jurait sur la tête de son défunt père, il aurait la peau de cette garce aussi vrai qu'il s'appelait Kirk !

Le pauvre capitaine eut tout le temps de se ronger les sangs car ce n'est que deux jours plus tard que Spock se réveilla du coma vulcain. Selon Mccoy, les organes endommagés s'étaient parfaitement régénérés. Jim en avait presque pleuré. Presque. Il aurait bien aimé le voir mais Mccoy ayant interdit toute visite, il en avait donc profité pour préparer le rapport. Un dossier impeccable, presque digne d'un vulcain, qui enverrait Kot en prison illico. Il attendait impatiemment de voir la signature de Spock sur les documents et il avait même dévié de leur trajectoire question de pouvoir livrer cette cinglée à la base la plus près et au plus vite.

Enfin, Mccoy le fit appeler et il courut à l'infirmerie. Il trouva le vulcain dans son lit, à demi relevé sur des oreillers et qui avait tout l'air de se porter comme un charme. Mccoy lui sourit et il s'avança au chevet de son ami.

– Spock, comment vous sentez-vous? dit-il plus ému qu'il voulait bien l'avouer.

– Très bien capitaine.

– Il n'aura aucune séquelle, annonça Mccoy satisfait.

– C'est une excellente nouvelle, dit-il en souriant.

– Capitaine, puis-je demander ce qui est arrivé à Johann. Le docteur Mccoy refuse de m'en informer sous prétexte que je dois me «reposer», dit-il d'un ton qui indiquait qu'à son avis, les réserve de Bones étaient nettement exagérées.

– Elle est en contention évidemment. D'ailleurs j'ai apporté le rapport. J'imagine que vous voudrez le vérifier, dit-il en lui tendant la tablette.

– Ce ne sera pas nécessaire.

Jim le regarda sans comprendre.

– Vous ne voulez pas vous assurer que les documents sont conformes ? demanda t-il se disant que c'était bien la première fois que le vulcain faisait entièrement confiance à qui que ce soit pour un rapport.

– Je n'ai pas l'intention de porter plainte.

– Quoi !? dit Jim stupéfait.

– Je n'ai pas l'intention de porter plainte, répéta t-il posément.

Kirk le dévisagea pris au dépourvu tandis que de l'autre côté du lit Mccoy semblait tout aussi abasourdi.

- Vous avez failli mourir Spock ! lui rappela le docteur.

– Mais ce n'est pas le cas.

L'œil du capitaine lança un éclair.

- Donc, si je comprend bien, vous refusez de faire quoi que ce soit même si votre femme a tenté de vous tuer !

- C'est exact.

- Je vous rappelle qu'il y a eu une tentative de meurtre sur le vaisseau ! dit Jim scandalisé.

- Je n'approuve pas cette accusation.

- Spock, bon sang, elle vous a poignardé en plein coeur ! dit Mccoy. Du moins … si votre coeur avait été à cet endroit.

- Il s'agit d'un incident domestique.

- Pas du tout ! Mon second peut se faire trucider n'importe quand ce qui menace la sécurité de l'Enterprise, dit Jim en sortant l'argument massue.

- C'est peu probable. Selon toute vraisemblance, il s'agit d'un incident isolé.

- Spock, sans vouloir vous froisser, votre compréhension des femmes est assez limitée, fit remarquer Jim qui avait déjà pu mesurer à quelle profondeur abyssale le vulcain était capable de s'embourber.

- Dans ce cas précis, mon jugement s'appuie sur des données scientifiques.

En effet, depuis son réveil Spock avait passé le temps en consultant des données sur moniteur. Il avait étudié tout ce qui pouvait expliquer cette agression ou éclairer ses causes. Les données sociologiques s'étaient révélées particulièrement intéressantes. Il avait déduit que le nahan-pohkau pouvait être perçu comme de la violence domestique et en cas de telles violences, le meurtre d'un conjoint par l'autre était assez courant chez les humain. Kot étant particulièrement combative, ceci expliquait cela.

- Mon épouse a été victime de violence conjugale.

- De violence conjugale ? répéta Jim stupéfait.

- C'est exact.

- De votre part ?

- Évidemment.

Jim jeta un coup d'œil à Mccoy tout aussi ahuri.

- Je ne suis pas sûr de comprendre ...

- En tant que vulcain j'ai agis en fonction de la logique mais d'un point de vue terrien mes agissements peuvent être associés à de la violence domestique. Johann était donc en état de légitime défense.

Jim repensa à Kot qui assurait que Spock l'avait agressée. Mais même si le vulcain venait de le confirmer lui-même, il éprouvait les plus grandes difficultés à imaginer une telle chose.

- Spock, qu'est-ce qui s'est passé exactement?

Le vulcain réfléchit un instant sur ce qui lui était permis ou non de dévoiler à des humains.

- Mon épouse refusait de m'obéir et j'ai dû l'y inciter. Je ne peux pas donner de détail sur cette situation mais après vérification, cette incitation peut être perçue comme de la violence selon les lois terriennes.

- Bon sang Spock, qu'est-ce que vous nous racontez ? Vous avez torturé votre femme pour la faire obéir ? dit Mccoy scandalisé.

- Ce n'est pas une torture mais un incitatif. Les vulcaines répondent positivement à cette forme de communication et j'aurais cru qu'il en allait de même pour les terriennes.

- Vous avez fait volontairement du mal à votre femme ? dit Jim troublé.

- J'ai fait ce que je devais faire pour rétablir l'ordre, ce qui est le devoir de l'époux mais j'ignorais que je lui «ferais du mal».

- Et bien je crois que maintenant c'est avec madame Kot que je sympathise, dit Mccoy cinglant.

- Ce n'est pas surprenant, vous être humain.

- Et qu'est-ce qui se passera la prochaine fois qu'elle refusera de vous obéir ? demanda Jim.

- Je suis présentement en train d'étudier de nouveaux incitatifs. Terriens cette fois.

- Vous ne pouvez pas obliger votre femme à vous obéir Spock ! dit Bones scandalisé.

- Elle est mariée à un vulcain et a donc les mêmes devoirs que toutes les épouses vulcaines.

- Mais qu'est-ce que vous vous imaginez !? Que votre femme est là pour vous servir ?

- Bien sûr que non. Mais son devoir est néanmoins de m'obéir.

Kirk et Bones se lancèrent un regard incrédule. Évidemment, dans ces conditions, que Kot ait eu envie de le trucider prenait tout son sens. Jim se racla la gorge.

- En fait, les terriennes ne sont pas tenue d'obéir à leur mari, assura t-il.

- Dans ce cas, il ne peut qu'y avoir des conflits.

- En effet et c'est pourquoi nous sommes des être doués de parole, dit Mccoy ironique. Pour discuter.

Spock les regarda étonné.

- Que se passe t-il si la discussion échoue ?

- Et bien … normalement chacun accepte de faire des compromis pour trouver un terrain d'entente, expliqua Jim.

- Considérant à quel point les humains peuvent se montrer illogiques, cela me semble inutilement complexe et ce, pour des chances de succès minimes, dit Spock peu enthousiaste.

- Malheureusement, vous n'avez pas le choix. Exiger l'obéissance de son épouse est immoral, assura Mccoy.

- Oui. Je comprend, dit Spock pensif.

- Et qu'est-ce que vous comprenez exactement? demanda Bones qui doutait grandement de son jugement.

- Que je ne peux pas exiger de mon épouse qu'elle se soumette à mon autorité docteur Mccoy, dit Spock l'air de dire qu'il n'était pas un crétin.

Bones sembla plus ou moins convaincu mais il se contenta d'afficher un air sévère à l'endroit de son collègue.

- Comme je refuse de porter plainte, Johann doit être libérée, reprit le vulcain. Dès que ce sera fait, je souhaite m'entretenir avec elle.

Jim soupira peu enthousiaste.

- Spock, est-ce bien raisonnable ? Je crois que vous ne devriez plus vous voir. Vous êtes ... trop différents.

- Johann est mon épouse. J'ai donc le droit de la voir à moins que le docteur Mccoy ne s'y oppose pour des raisons médicales mais comme il a déjà permit votre visite je ne vois pas qu'elle raison il pourrait invoquer.

- Donc, si je comprend bien, vous voulez reprendre votre vie conjugale comme si rien ne s'était passé, dit Jim troublé.

- Évidemment, dit-il comme si ça allait de soi.

- Et je n'ai aucun moyen de m'y opposer ? demanda t-il.

Spock resta pensif une seconde comme s'il inventoriait l'ensemble des possibilités.

- Non, aucun.

- Bon, dit Jim contrarié. Puisque je ne peux rien faire, il en sera comme vous voulez. Par contre, vous ne demeurerez plus ensemble.

- C'est exclu, dit Spock.

- C'est un ordre, dit Jim autoritaire.

- Dans cette situation, les lois vulcaines prévalent, indiqua Spock.

- C'est un problème de sécurité. J'ai donc un pouvoir discrétionnaire, argumenta Jim.

- Pour en bénéficier, vous devez faire un rapport relativement à l'agression mais comme je réfute cette accusation cette démarche ne peut pas être entreprise.

Kirk soupira.

- Spock, pouvez-vous comprendre que je m'inquiète pour vous?

- C'est illogique capitaine. Je ne cours aucun danger en vivant avec mon épouse.

- C'est tout de même quelque chose à entendre de la part de quelqu'un qui vient de se faire poignarder, ironisa Mccoy.

- Spock, je vous en prie, insista Jim. Vous courez un danger en vivant avec elle. Le contraire serait justement illogique.

– Je ne cours aucun danger car cet événement procède d'un malentendu.

- Un malentendu ? répéta Jim.

- Oui. Suite à notre mariage, j'ai agit comme n'importe quel vulcain l'aurait fait avec son épouse vulcaine. Je n'aurais pas pu deviner que Johann réagirait aussi mal. Je croyais qu'elle avait simplement besoin de temps pour s'adapter et dans ce contexte, son agressivité m'a semblé normale.

- Et il ne vous est pas venu à l'idée qu'il fallait agir de façon humaine avec votre épouse humaine Spock ?

- Non. Pas plus qu'il ne vous viendrait à l'idée d'agir comme un vulcain avec votre femme docteur Mccoy. Je n'ai jamais eu l'occasion de m'intéresser au couple humain et je ne peux pas connaître ses règles de fonctionnement sans les avoir étudié.

– Nous avons déjà eu une discussion sur les femmes, renchérit Mccoy. Si vous aviez suivi mes conseils peut-être que nous n'en serions pas là.

– Il s'agissait d'ordre de mission et j'ai suivi votre procédure dans le cadre de la mission. Je suis désormais engagé dans une relation conjugale. Je ne vois pas en quoi un ordre de mission s'appliquerait à une relation privée.

Mccoy le dévisagea comme s'il ne pouvait pas croire qu'il était extraterrestre à ce point.

– En mission ou non ça ne change rien. Ces conseils sont valables en tout temps !

– Vraiment? dit Spock étonné.

– Oui, vraiment ! assura Bones.

– J'en tiendrai compte à l'avenir, dit Spock pensif, de même que des réactions agressives de Johann. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il est impossible qu'une attaque de cet ordre se reproduise capitaine. Johann n'a pas le profil d'une meurtrière. J'estime qu'il n'y a que 0,05% de chance pour qu'elle tente de me tuer à nouveau.

Jim comprit qu'il avait perdu la partie mais Mccoy n'allait pas le laisser s'en sortir aussi facilement.

– Dans ce cas, j'exige que vous suiviez une thérapie !

Spock le dévisagea stupéfait.

– C'est incontournable, s'empressa d'approuver Jim.

Spock se rembrunit, cherchant visiblement un moyen de s'en sauver.

– En tant que psychologue, j'ai plein droit de vous prescrire une telle démarche ! Vous devrez me rencontrer avec madame Kot une fois par semaine.

Spock soupira exaspéré.

- Bien, dit-il n'ayant guère d'autre choix. Maintenant, puisque vous voilà rassuré en tant que psychologue, puis-je voir mon épouse ? demanda t-il sèchement.

Mccoy jeta un coup d'oeil à Jim qui approuva d'un signe de tête.

– Oui, je la fait appeler, dit Bones en se retournant pour sortir de la pièce. Jim, vous devez confirmer sa libération.

Kirk regarda son meilleur ami en mesurant à quel point permettre cette mission avait été dès la première seconde, une terrible erreur.

– Prenez tout de même garde à cette fille Spock.

– Je prend note de vos réserves capitaine.

Ne pouvant plus rien faire, Jim grimaça un sourire contrit et suivit Mccoy.

– Ne vous en faites pas Jim, dit Bones lorsqu'ils furent seuls. Je les surveillerai comme une vraie mère poule.

– J'imagine que c'est mieux que rien, dit-il en se dirigeant vers le moniteur.

Il donna ses ordres et attendit Kot de pied ferme. Quelques minutes plus tard, elle se présenta visiblement sous le choc. Jim se sentit un peu rassuré. Si jamais elle remettait ça, ce ne serait sûrement pas aujourd'hui. Il la dévisagea sévèrement et elle se mit au garde à vous. Il s'approcha d'elle pour la regarder de haut.

– Je n'ai qu'une chose à vous dire. Si jamais vous osez lui toucher encore ... Si je vois un seul bleu, la moindre égratignure … Je vous tue de mes propres mains, dit-il parfaitement sincère. Est-ce que c'est clair !?

– Oui monsieur, dit-elle en regardant droit devant elle.

Il la regarda en silence un moment puis sortit d'un pas pressé alors que Jo se tassait sur elle-même en tremblant. Elle semblait si pitoyable que Mccoy eut presque pitié.

– Il est là, dit-il en désignant le dortoir. Allez-y.

Jo avala sa salive et s'avança vers la porte pour faire face à son époux. La première et seule personne au monde qui se soit montré détestable au point qu'elle en vienne à commettre un assassinat.