Charles pose un pied sur son balcon juste pour laisser une empreinte sur la neige fraîche. Il pouffe de rire en imaginant Erik et lui à Central Park, fabriquant un bonhomme de neige, alors il s'appuie sur la barrière pour appeler son petit ami par balcon interposé et voit des cartons envahir le sol de l'appartement d'Erik. Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? Charles fait demi-tour, accélère le pas et sort de son logement, même s'il est pieds nus et toujours en pyjama et frappe à la porte d'Erik, qui lui ouvre quelques instants plus tard.

"Qu'est-ce que tu fais ?" il entre sans attendre d'invitation et c'est encore plus clair maintenant. Erik déménage. Ils sont ensemble depuis deux ans et Erik ne lui a même pas dit ça ? Qu'est-ce que c'est que ce putain de bordel ?

"Oh, super, tu es là, tu peux m'aider à porter mes affaires du coup."

"Tu déménages ?" demande Charles, sa voix aussi brisée que sa confiance.

"Yep," Erik lui lance un grand sourire, posant un carton très léger dans les bras de Charles et en en prenant un lui-même. Il sort dans le couloir, et Charles le suit jusqu'à l'ascenseur.

"Pourquoi tu ne m'as rien dit ? Je croyais qu'on pouvait vivre comme ça, avec des appartements qui se font face."

"Je sais, mais ça ne marche plus." lui dit Erik, n'appuyant pas sur le bouton du rez-de-chaussée, mais sur celui du dernier étage, grâce à un pass. Charles arrête de parler. Quand la porte s'ouvre, ils arrivent sur un petit palier. Erik déverrouille la porte avec une clé attachée au porte-clés que Charles a acheté à l'inauguration du Musée MoFa sur lequel a travaillé Erik. Ils entrent et Charles découvre un appartement gigantesque et vide, avec un toit-terrasse qui surplombe la cour, d'où il peut voir leurs deux balcons.

"Ça doit coûter une fortune de le louer," dit Charles, estomaqué.

"Oh oui. Heureusement qu'on l'a acheté." approuve Erik en posant son carton.

"On ?"

"Toi et moi. Enfin, ta famille et moi, car c'est un cadeau de ta mère."

"Pourquoi ma mère me ferait un tel cadeau sans aucune raison ?" le rire de Charles est légèrement hystérique, il le sait, mais il ne peut pas s'en empêcher. Il pose lui aussi son carton, le corps tremblant de la tête aux pieds.

"Parce que je lui ai posé une question, et elle a pensé qu'elle pourrait nous offrir quelque chose".

Le cœur de Charles bat de plus en plus vite. Est-ce que c'est un rêve ? Ou peut-être qu'il est dans le coma ? Erik s'approche et pose un genou au sol avant de demander à Charles :

"Ouvre le carton," il fait un signe vers celui qu'a porté Charles, et bien sûr, il était si léger parce qu'il n'y a qu'une petite boîte noire à l'intérieur. Erik la prend et l'ouvre, et Charles arrête de respirer pour ce qui semble être une vie entière quand il voit une bague. "J'ai demandé ta main à ta mère, et elle a dit oui, et je suis tellement, tellement heureux car je veux vraiment t'épouser, parce que tu es l'amour de ma vie."

Non, Charles n'est pas dans le coma, il ne rêve même pas. C'est sa vie et il ne sait même pas vraiment comment tout est passé de masquer ses pleurs et sa douleur, à être aimé et aimer en retour, se tenir la main, regarder les poussettes dans la rue et se dire 'Un jour', non pas comme une chimère mais comme un souhait à l'unisson. Cela semble impossible de ne pas voir à quel point Charles Xavier aime Erik Lehnsherr, de jour comme de nuit, à travers chaque couche que la vie ajoute à leurs existences, brodées dans une passion qui ne s'effacera simplement jamais. Il frissonne à l'idée d'être un jour appelé Charles Lehnsherr. Ou Charles Lehnsherr-Xavier. Oui, Charles Lehnsherr-Xavier, il adore ça.

Il ne dit rien et quitte l'appartement pour entrer dans l'ascenseur. Erik le regarde à travers les portes ouvertes, abasourdi, et Charles explique en haussant les épaules :

"Je croyais qu'on avait dit que quand ça arriverait, nous serions dans un ascenseur." il sourit et sourit encore plus fort. "Oui, Erik, oui, je veux t'épouser et passer ma vie avec toi."

Erik soupire, soupire, et se lève avant de courir jusqu'à l'ascenseur où il rencontre les lèvres de Charles avec les siennes, l'emportant dans un baiser qui n'a aucun point de comparaison au monde.

"Tu as remarqué que c'est un appartement avec trois chambres, Charles ?" chuchote-t-il contre ses lèvres humides et Charles lui caresse la joue.

"Oui," expire-t-il avant de l'embrasser de nouveau, ses bras trouvant naturellement leur place autour de la taille d'Erik.

Torse contre torse, joue contre joue, ils respirent et se tiennent avec tout l'amour qu'ils ressentent l'un pour l'autre, depuis le tout premier jour sur leur balcon. Charles aime son appartement, et il chérira toujours la façon dont ils se sont rencontrés, mais le nouveau sera le leur et la chambre qui donne sur le parc sera parfaite comme chambre d'enfant.

"On peut voir des étoiles à New York, finalement," dit Charles.

Erik sourit et lui caresse les cheveux avant de chuchoter, "N'en doute jamais."


Et nous voilà à la fin de l'aventure... En espérant qu'elle vous ait plus. J'ai pris un plaisir immense à la traduire, merci encore SCN ! Tout plein de love.