Mystères révélés

Lorelei entra sans attendre la permission dans le bureau de Vladimir où Nolan était reçu par l'intéressé.

-Entre, je t'en prie, railla Vladimir après qu'elle se soit installée dans un des fauteuils.

-Merci, sourit Lorelei. J'ai besoin de vous.

-L'Apocalypse est arrivée ? fit Vladimir. Ou bien tes congénères sont subitement devenus aptes à t'aider ?

-Tu es en grande forme, constata Nolan.

-Ça aurait été un plaisir de discuter avec toi mais je suis sérieuse, fit Lorelei. J'ai besoin de voir Bellatrix Lestrange.

-Pourquoi ? s'étonna Nolan, chez qui elle était captive

-Elle aurait des informations dont j'aurais besoin, grimaça Lorelei. Il me les faut absolument.

-Pourquoi ne pas demander à Anastasia ? fronça des sourcils Vladimir

-C'est fait, fit Lorelei. Mais elle n'a pas cherché ce que je veux.

-Soit, fit Nolan. Je peux te laisser la voir. Mais elle est instable.

-Je sais, sourit Lorelei. C'est pour cela que je veux la voir.

-Qu'est-ce qui se passe ? demanda Vladimir

Lorelei soupira.

-Est-ce que vous vous souvenez de la famille Weasley ? demanda Lorelei

-La gamine qui a crié sur tous les toits qu'elle serait la future lady Potter ? se souvint Vladimir

-C'est ça, confirma Lorelei. Justement, cette gamine est morte il y a deux mois. Enfin, officiellement.

-Et officieusement ? soupçonna Nolan

-Elle se trouve sur mon domaine de Sicile, avoua Lorelei.

-Pourquoi avoir fait croire à sa mort ? s'étonna Vladimir

-Elle a contacté Luna il y a plusieurs mois, révéla Lorelei. Avec Octavia, la gouvernante des Prince, nous sommes allées la rencontrer et j'ai découvert que son organisme était saturé de potions et de rituels de contrôle. Elle a accepté que j'essaie de les enlever mais c'était assez long puisque je ne la voyais pas tout le temps. Nous avons finalement mis Augusta Longbottom et Narcissa Malfoy dans la confidence et nous avons établi qu'il serait plus sûr qu'elle disparaisse définitivement.

-Pourquoi ? demanda Nolan

-Jusqu'à ce qu'il perde tout, Dumbledore n'avait pas arrêté de faire traîner la petite Weasley à toutes les soirées Sang Pur qui se sont déroulées depuis qu'elle a quitté l'école, expliqua Lorelei. Et au fur et à mesure que je l'examinais, j'ai découvert certaines consignes mentales concernant cette future union. Je voulais en savoir plus.

-Soit, fit Vladimir. Je ne te ferais pas l'affront de te demander comment tu as organisé sa mort mais je voudrais savoir ce que tu as découvert.

-Elle est manipulée depuis sa naissance pour qu'elle veuille épouser Harry Potter à tout prix, révéla Lorelei. Elle est sous Imperium quasiment depuis qu'elle est entrée à Hogwarts.

-Et elle n'est pas devenue folle ? s'étonna Nolan

-Visiblement non, répondit Lorelei. Je suis également étonnée. Mais ça doit venir du fait qu'une fois qu'elle a quitté Hogwarts, ses ordres ont drastiquement changé.

-Quel rapport avec Lestrange ? demanda Nolan

-Anastasia m'a indiqué certaines choses sur elle qui ressemble à ce que j'ai pu trouver sur la petite Weasley, fit Lorelei. Ce serait une bonne base pour la libérer totalement.

-Si tu réussis à la sauver, tu te doutes que tu ne pourras pas la laisser partir, non ? fit Vladimir

-J'y ai pensé, assura Lorelei. Pour l'instant, je pense la faire entrer à mon service avec un serment magique assez lourd. Je n'ai pas encore les détails mais elle pourrait m'être utile.

-Tu fais comme tu veux, fit Vladimir. Mais tu te doutes que je n'hésiterai pas à lui effacer totalement et définitivement la mémoire ?

-Je ne suis pas une novice, renifla Lorelei.

-Du calme, sourit Nolan. Je vais te conduire à notre invitée. Vladimir ?

-Nous pourrons reprendre cette conversation plus tard, congédia dédaigneusement Vladimir.

Lorelei montra les dents.

-Tu ne perds rien pour attendre, siffla Lorelei.

-Je t'attends, provoqua Vladimir.

Nolan attrapa Lorelei avant qu'elle ne se jette sur Vladimir pour lui arracher les yeux à mains nues.

-On y va, ordonna Nolan.

Lorelei se redressa, lui tira la langue et quitta la pièce la tête haute.

§§§§§

-Bienvenue, lord Black, sourit Sarah.

-Allons-nous avoir encore une fois cette discussion ? leva les yeux au ciel Sirius. Vous faites partie de la famille, vous pouvez m'appeler Sirius.

-Bien, milord, taquina Sarah.

Sirius abandonna.

-Je vais vérifier si votre fils est réveillé, fit Sarah en passant dans la pièce d'à côté.

-Merci, sourit Sirius.

Le Sorcier prit place dans le canapé. Cela faisait bientôt un mois que la maison d'Eleanor Faussecreth avait explosé, emportant la propriétaire des lieux et son oncle Cubert. Les funérailles avaient été discrètes, d'autant plus qu'ils étaient les derniers de leur famille déjà ravagée par la guerre.

Et donc, cela faisait un mois qu'il était père.

Quand Eleanor lui avait ordonné de s'en aller, Sirius avait transplané de nombreuses fois à travers le pays pour semer ses éventuels poursuivants avant de se rendre au manoir Black. De là, il avait emprunté sa Cheminée Internationale pour se rendre sur le domaine de Vladimir Romanov, plus précisément sur le domaine alloué au Gang de Bronze et leur famille. Quand il s'était présenté devant la maison, Sarah Wallace avait immédiatement envoyé Lindsay dans sa chambre pour conduire Sirius dans une chambre d'ami. Là-bas, elle avait dû user de toute sa psychologie et de son empathie pour pouvoir récupérer l'enfant endormi des bras du lord choqué. Elle l'avait brièvement examiné, nourri et couché avant de coller au bec du plus vieux une fiole de Philtre de Paix pour avoir le fin mot de l'histoire. Une fois les balbutiements traduits, Sarah avait heureusement pris les choses en main. Elle avait avisé Anastasia, sa logeuse, de la présence de sa nouvelle charge, et lui avait demandé de s'occuper du nouveau père pour qu'il ne retourne pas en Angleterre totalement hébété et surtout, pour qu'elle fasse en sorte que ni Astoria ni Lindsay ne révèlent pas inadvertance la présence du bébé. La maîtresse Spirituelle accepta, un peu surprise, mais comprenait que Sirius avait besoin de temps pour assimiler la situation avant d'en dire plus au reste de la famille. La jeune femme avait toutefois demandé au papa d'au moins lui donner le prénom du bambin avant de repartir.

Deneb Sirius Black était un petit garçon particulièrement énergique, à l'image de son père. Il avait rapidement fait des nuits complètes, c'était un glouton sans même qu'il devienne obèse et il ne quittait pas la peluche en forme de Sinistros et celle en forme de panthère que lui avait offert son père. Astoria et Anastasia étaient en pâmoison devant le petit bout de chou et n'hésitaient pas à le pomponner pour se faire la main, la plus jeune étant enceinte de trois mois et la plus âgée souhaitant avoir un enfant, sans oublier Sirius qui venait le voir tous les jours pour apprendre à s'occuper de lui. En somme, c'était un enfant heureux.

Mais qui n'avait pas encore d'existence réelle.

Alors qu'il le prenait dans ses bras et que ce dernier babillait joyeusement, Sirius le berça tendrement et de temps à autres, caressait ses cheveux bruns. Ce n'était pas un secret qu'il pouvait se permettre de cacher mais pour autant, le dévoiler le mettrait en danger. Après les vérifications de rigueur – avec la duplicité de Dumbledore, ça ne l'aurait pas étonné qu'on lui colle l'enfant d'Eleanor et d'un autre comme étant le sien – il avait reconnu Deneb comme son fils et l'avait présenté aux Gobelins pour qu'ils puissent l'enregistrer dans leurs bases de données. Mais maintenant, il ne savait pas comment annoncer à Harry qu'il avait un cousin et à Severus qu'il avait un fils. Il s'agissait des deux personnes dont il redoutait le plus la réaction, encore plus quand ils apprendraient toute l'histoire. Avec tout ce qu'ils étaient en train de faire pour que Dumbledore et Voldemort sortent de leur trou, cette nouvelle était loin de tomber à pic. Mais il n'avait pas le choix. En ce moment, il était en train de récupérer tous les enfants Black qu'on lui avait cachés ! D'abord Dora, ensuite Teddy et maintenant Deneb !

-C'est ton bébé ?

Sirius sourit en voyant Lindsay. Sarah ne lui avait pas expliqué qui était exactement Deneb mais visiblement, elle l'avait trouvé toute seule.

-Oui, confirma Sirius, faisant confiance au sort d'Anastasia pour que la petite fille garde sa langue.

-Il a les mêmes yeux que toi, fit Lindsay.

-Je sais, sourit Sirius.

-Oncle Ry et oncle Sev l'ont vu ? demanda Lindsay

-Non, avoua Sirius.

-Pourquoi ? s'étonna Lindsay

-Je ne sais pas comment le leur présenter, avoua Sirius.

-T'as qu'à faire comme avec moi ! proposa Lindsay

Sirius éclata de rire. En vérité, Sarah s'était contentée de déposer Deneb dans les bras de Lindsay sans la prévenir et ensuite, elle lui avait annoncé qu'il s'agissait de son cousin. Ça pouvait être une idée …

-Dis-moi, est-ce que ça te dirait de m'aider à faire une blague à Harry et Severus ? proposa Sirius, un plan tordu se formant dans sa tête

-Oui ! s'écria Lindsay

-On va profiter de ton anniversaire dans trois semaines pour le faire, ricana Sirius.

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Xénia et Xéno avaient trouvé refuge chez Ore à la suite de l'explosion de la maison du frère. La Pythie avait réussi à transmettre un message à Luna pour qu'elle cesse de s'inquiéter. Depuis, Xénia vivait dans le Département des Mystères et Xéno avait quitté le pays mais continuait à faire paraître le Chicaneur depuis sa cachette.

-Nous allons faire en sorte que cette diseuse de bonne aventure ne soit qu'un mauvais souvenir pour Hogwarts, fit soudainement Ore. En plus, elle va pouvoir nous servir.

-Comment ça ? sursauta Xénia

-Tu te souviens que je voulais débarrasser l'école de Trelawney ? reprit Ore

-Projet tombé à l'eau depuis que l'école a été attaquée et qu'elle a été évacuée, fit remarquer Xénia.

-Mais toujours d'actualité, insista Ore. L'école rouvrira et je refuse que le déficit en Gardes du Temps continue dans ce pays. Ce n'est pas avec ce charlatan qu'on y arrivera.

-Soit, concéda Xénia. Mais comment tu comptes faire ?

-Nous allons l'inviter ici, sourit machiavéliquement Ore.

-Ça ne sera pas un peu dangereux ? s'inquiéta Xénia. Dans les faits, elle n'a aucune aptitude pour qu'on lui permette d'entrer ici.

-Nous sommes les seules à savoir qu'elle n'a pas sa place parmi les Voyants employés par le Département des Mystères, confirma Ore. Mais les autres la connaissent quand même comme Voyante, même si elle n'a pas le don. Donc ça ne serait pas si surprenant si elle venait à cet étage.

-J'imagine qu'elle n'aura jamais la possibilité d'entrer dans le Département, comprit Xénia. Mais quel est ton plan ?

-Nous allons … « inciter » notre potentielle recrue à se perdre, révéla Ore.

Xénia ne mit que quelques instants à comprendre ce que la Pythie voulait faire.

-Tu veux l'envoyer dans le Département de Recherches ? sursauta Xénia

-Oui, répondit Ore. Cela fait trop longtemps qu'il nous nargue et il est temps qu'on sache à quels outrages à la Magie il s'est rendu coupable. Je n'ai aucun scrupule à y envoyer une personne qui ne sert strictement à rien.

Xénia sourit. Cela faisait bientôt dix ans qu'elle entendait Ore pester contre Sybille Trelawney, le professeur de Divination d'Hogwarts. De toute sa vie, elle n'avait fait que deux prophéties et n'avait découvert aucun Voyant et encore moins aidé ceux qui connaissaient leur don à le développer, ce qui avait pour conséquence qu'elle n'avait rien à faire dans leur communauté. C'en était presque devenu une obsession.

-Je te laisse t'occuper des détails alors, capitula Xénia. Mais il ne faut pas qu'elle meure, tu sais.

-Cette recommandation est totalement inutile, renifla Ore. Je te signale que nous sommes parfaitement capables de faire parler les morts.

Frissonnant violemment, Xénia préféra s'éclipser. Visiblement, Sybille Trelawney s'était faite une ennemi mortelle de Ore en menant leur art à l'extinction.

§§§§§

Gellert serra les dents, se retenant d'hurler sa rage.

Mais quel imbécile !

Depuis qu'Albus avait fui leur maison, Gellert l'avait poursuivi à travers l'Europe. A cause de son état de santé, l'ancien directeur d'Hogwarts n'avait pas vraiment couvert ses traces. Il fallait dire aussi que puisque Gellert n'était pas censé être vu hors de sa prison, Albus devait croire que son amant n'oserait pas le suivre … Manque de chance, Gellert avait fait sa vie sans Albus et il avait trouvé plus d'une façon de s'épanouir pendant que son compagnon prenait l'ascendant sur la Grande Bretagne. Et puis, de toute façon, Gellert avait appris que lorsque le CIS avait déchu Albus de tous ses titres, son absence de sa prison avait été révélée. Donc il pouvait se mettre à la recherche de son amant récalcitrant.

Gellert se rendait compte au fur et à mesure qu'il suivait les traces d'Albus que ce dernier semblait totalement le croire tout acquis. Or, même s'il avait été tenu pendant toutes ses années de limiter ses déplacements, un couple se faisait à deux et se consolidait tout le temps. Mais il était clair qu'Albus lui portait autant de considération qu'à une épouse qui ne vivait, ne respirait et n'attendait qu'après son mari.

S'il en était venu à un tel constat, c'était parce qu'il était tombé sur l'une des nombreuses caches d'Albus, située aux Pays-Bas. Gellert savait que son amant ne gardait pas ses documents les plus sensibles « chez eux » – cela faisait quelques dizaines d'années qu'il avait compris qu'Albus ne considérait pas la maison où il se réfugiait quand il n'était pas en prison comme étant la leur – et jusqu'à aujourd'hui, il n'avait jamais su où ils étaient. Après avoir vérifié qu'il ne reviendrait pas de sitôt, Gellert était entré et avait fouillé les lieux. Il était tombé sur de nombreux projets dont il n'avait jamais eu connaissance et qui lui avait fait froid dans le dos. Il savait qu'Albus avait commencé à se perdre véritablement quand cette fameuse prophétie avait vu le jour mais il ne s'était jamais douté qu'il lui cachait autant de choses depuis si longtemps. En fait, d'après les notes qu'il venait de trouver, Albus avait basculé bien avant qu'il ne songe à pousser Hitler à annexer les pays autour de l'Allemagne.

L'amour l'avait-il aveuglé à ce point ? Il comprenait que ça avait joué mais aussi que son amant avait joué sur sa soif de connaissances pour qu'il aille exactement dans le sens qu'il voulait. Par amour, il avait accepté de se faire « vaincre », de se faire emprisonner, de poser le moins de questions sur l'avancement de sa conquête de la Grande Bretagne … de se satisfaire de ses trop rares visites, de se laisser dominer, au lit comme dans leurs rares discussions, d'encaisser ses colères, de le soigner pendant et après ses crises sans même un remerciement.

Quand était-ce la dernière fois qu'Albus s'était enquis de sa vie quand Gellert n'était pas à ses côtés ? C'était trop rare pour s'en souvenir. En vérité, il était devenu soumis, contrairement aux grandes promesses qu'ils s'étaient faites aux débuts de leurs relations où ils s'étaient promis d'être l'égal de l'autre.

Dans la cachette, il avait également découvert des centaines de fioles de souvenirs ainsi qu'une Pensine. Il avait été dégoûté de découvrir qu'il s'agissait des nuits que son amant avait passé avec d'autres. Oh, il n'était pas assez stupide pour croire qu'Albus lui serait resté fidèle comme lui mais il ne s'était jamais douté qu'il entretenait plusieurs jeunes Sorciers et Moldus pour ses besoins sexuels.

Durant cette visite, il avait commencé à douter de l'amour d'Albus pour lui. Gellert savait qu'il n'était pas parfait et son amant non plus mais il espérait qu'il avait assez de respect pour lui pour qu'ils puissent aborder ensemble de tous les sujets. Visiblement, c'était trop espérer …

Parmi les dossiers épars, il avait trouvé plusieurs rituels de vol de magie. C'était l'un des points sur lesquels Gellert s'était montré particulièrement ferme. Peu avant leur affrontement, Albus avait été touché par un sort particulièrement vicieux qui lui avait fait perdre un peu plus de la moitié de sa magie. Il avait réussi à le faire passer par une conséquence de leur combat mais Gellert savait que ça hantait son amant. Il avait pensé que ses recherches sur les Horcruxes l'auraient assez distrait mais ce n'était pas le cas, surtout en voyant qu'il comptait prendre la magie du jeune Harry Potter pour compléter la sienne. Mais ça n'avait pas été tout ce qu'il avait prévu pour le jeune Sorcier. Albus louchait beaucoup sur son argent et son patrimoine …

Et son corps.

Non pas comme objet sexuel mais pour remplacer son esprit et son âme par les siens pour profiter du nom des Potter à travers le monde.

Et Gellert n'était pas inclus dans ce grand projet.

Drôle de façon de le remercier d'avoir sacrifié sa vie pour lui. Malheureusement, Gellert allait lui rappeler qu'il n'était pas une épouse éperdue d'amour pour son compagnon et que ce n'était pas avec un sourire qu'il avait mis à genoux l'Europe entière.

Qu'Albus apprenne la douleur de la trahison.

§§§§§

Severus reprit son souffle difficilement.

Depuis qu'il était devenir Mage Noir, il lui semblait beaucoup moins énergique qu'avant, ce qui le surprenait. Oh, il était toujours un excellent combattant mais il était de plus en plus fatigué et cela l'intriguait. Bien entendu, il avait interrogé Shin pour avoir son avis et il avait tout de suite compris qu'il lui cachait quelque chose d'important.

Malheureusement, il devait se concentrer sur autre chose. Après qu'Harry lui ait confirmé que la maison où se rendait Voldemort n'était pas protégé contre les porteurs de la Marque, il avait décidé de s'y rendre lui-même. Mais alors qu'il allait s'approcher, il vit une silhouette inconnue quitter la maison. Assez surpris, il devait l'avouer, il se mit à couvert et attendit que la silhouette le dépasse pour se mettre à la suivre en prenant toutes les précautions possibles. Ils arrivèrent dans le Londres Moldu et le maître de Potions fut surpris de reconnaître l'adresse. En effet, c'était dans cet immeuble que vivaient Molly Prewett et son fils Ronald.

Il attendit une heure avant que la silhouette ne ressorte et cette dernière le conduisit dans une maison Sorcière dont les protections lui disaient quelque chose. Il ne mit pas longtemps à comprendre qu'il s'agissait des mêmes qu'il y avait sur la maison qui protégeait Nymphadora Tonks et Teddy Lupin. Alors qu'il se cachait pour attendre le départ de sa silhouette, il jeta un regard distrait sur la fenêtre dont le rideau était entrouvert et se figea.

Il venait de découvrir la cachette d'Albus Dumbledore.

§§§§§

Harry avait décidé de se reposer au manoir Potter. Depuis qu'Elias avait retiré l'Horcruxe en lui ainsi que la magie de Voldemort, quand il cherchait du calme, il allait dans la pièce où sa magie purifiait celle de celui qui avait tenté de le tuer et l'observait évoluer.

Maintenant que l'avenir de la lignée Malfoy et que celle des Longbottom également était assurée, il se doutait bien qu'on ne tarderait pas de lui qu'il en fasse de même. Mais il n'avait aucune idée de l'identité de la personne qui aurait l'immense honneur de porter le descendant de la lignée Potter et qui plus est, du Sauveur. Toutes les jeunes filles – et moins jeunes – en rêvaient mais comme Esther l'avait démontré, il serait difficile de se faire une place dans le Gang de Bronze et dans la Famille en général. Le brun avait toujours haï le fait que les couples n'aient pas beaucoup leur mot à dire dans leur formation chez les Sang Pur mais il se rendait compte qu'il était nécessaire pour les parents d'enquêter soigneusement les personnes qui pourraient entrer dans la famille pour qu'elles n'apportent pas la disgrâce voire la déchéance.

Heureusement pour lui, ni ses parents biologiques, ni Severus et ni Sirius n'avaient voulu le fiancer à une personne qu'il ne connaissait ni d'Adam ni d'Eve. Tous avaient convenu qu'il serait le seul à savoir qui lui conviendrait le mieux et avec un père particulièrement méfiant et aussi Slytherin comme Severus et un parrain qui, même sous ses airs purement Gryffindor, savait prendre ses précautions, Harry n'avait que très peu de chance de tomber sur la mauvaise personne.

Soupirant lourdement, il quitta les cachots et décida de se promener dans les bois du domaine.

-Il n'est pas bon de se perdre dans ses pensées, fit une voix.

Harry se retourna en souriant. Au fil des années, il avait appris à reconnaître la magie d'Elias. Il était d'ailleurs l'un des seuls à pouvoir entrer sur le domaine sans même que ses protections ne réagissent négativement, avec Vladimir bien sûr.

-Bonsoir Elias, fit Harry. Malheureusement, il faut bien que je réfléchisse de temps en temps, vous ne croyez pas ?

-Ce n'est pas faux, concéda Elias.

Ils prirent place sous un arbre plusieurs fois centenaire.

-Qu'est-ce qui te préoccupe aujourd'hui ? demanda Elias

-Disons qu'après la mort de Dumbledore, il serait temps que je songe à vivre ma vie, soupira Harry. Tous les membres du Gang sont casés et il est temps que je pense à l'avenir de la famille Potter.

-Ah oui, cette fâcheuse habitude Humaine de ne pas attendre son âme-sœur, fronça du nez Elias.

-Nous ne sommes pas aussi proches de la Magie que nous ne le devrions, s'excusa Harry.

-Il n'empêche que toi, tu l'es assez pour reconnaître la tienne, pointa Elias.

Le frisson avait été presque imperceptible mais Elias l'avait quand même noté.

-Depuis quand tu es au courant ? comprit Elias

-Quand vous avez commencé à m'apprendre à maîtriser ma magie, avoua Harry.

-Cela fait des années ! écarquilla des yeux Elias. Tu as dû souffrir horriblement !

-Je ne voulais pas lui forcer la main et chacun d'entre nous avait et a encore des obligations, répondit Harry.

-Mais … protesta Elias.

-Je ne reviendrais pas dessus, trancha Harry.

-Soit, fit Elias. Quel est exactement le problème ?

-Ce n'est pas exactement un problème, souffla Harry. En ayant une certitude quant à mon âme-sœur, je n'imagine l'avenir qu'avec lui. Donc mettre une femme enceinte n'est pas exactement une idée qui me plait.

-Et porter son enfant ? proposa Elias

-Que voulez-vous dire ? fronça des sourcils Harry

-Les mâles ne peuvent-ils pas porter la vie ? s'étonna Elias

-Ce serait une chose à confirmer avec Vladimir mais pour moi, seules les femmes peuvent donner la vie, fronça des sourcils Harry.

-Avec la Magie, rien n'est impossible, sourit Elias.

Un air rêveur, Harry posa une main sur son ventre. Si seulement …

-Ne me faites pas espérer, soupira Harry. Et puis, je n'ai pas envie d'être de nouveau une bête de foire.

-Tu as d'autres possibilités qui s'offrent à toi ? demanda Elias

-Insémination artificielle chez les Moldus, je pense … haussa des épaules Harry. Je ne sais pas trop.

-Il doit obligatoirement être de ton sang ? demanda Elias. L'adoption existe, tu sais.

-Disons que ça m'évitera pas mal d'ennuis, grimaça Harry.

-Donc tu en es réduit à trouver la mère porteuse parfaite, résuma Elias.

-Une femme qui ne voudra pas me voler à la dernière minute mon enfant parce que c'est celui du Survivant, grimaça Harry.

-Il se peut que j'aie une idée … sourit Elias.

§§§§§

Luna eut un sourire béat en posant une main délicate sur son ventre.

Enfin ! Son enfant s'était harmonisé avec la magie d'Hogwarts !

Elle n'avait pas encore annoncé à qui que ce soit qu'elle portait le fruit de son amour pour Neville elle voulait d'abord qu'il entre en résonnance avec l'école pour que tous les deux sachent qu'ils pourraient compter l'un sur l'autre en toute circonstance puis que la guerre se termine enfin. Or, s'il y avait bien un secret qu'elle avait gardé du Gang comme de la Famille, depuis le premier jour où elle avait posé le pied à l'école de magie d'Hogwarts, c'était qu'elle savait que Voldemort et Dumbledore seraient définitivement défaits avant la naissance de son premier enfant.

La fin était proche.