Une fois que les autochtones furent sortis des souterrains, Arthur les transporta au point le plus proche de l'artéfact.

Malheureusement, Arthur avait dû utiliser trois fois ce sort en très peu de temps pour éviter de croiser les insulaires.

Il ne lui restait quasiment plus de réserve magique. Juste de quoi récupérer l'artéfact et revenir sur le bateau.

Arthur en avait informé stupid frog pour qu'il évite tout acte inconsidéré.

C'était donc avec le trac qu'ils se dirigeaient vers la fin de cette aventure sur cette île. Francis ne disait rien pour lui permettre de se concentrer sur leur progression.

Il leur fallut un quart d'heure pour rejoindre le lieu de conservation de l'artéfact : une grotte avec une seule issue. De nombreux pictogrammes brillaient sur le sol et sur les murs de cette salle souterraine et l'alignement le plus impressionnant traversait entièrement le sol devant eux.

« Tu ne m'avais pas informé qu'il y avait des pièges, râla Francis.

— Je passe de l'autre côté, je reviens et on repart, l'informa Arthur. J'ignorais ce que l'on trouverait une fois arrivé sur place.

— Tu me rassures, c'est fou.

— Je maîtrise la magie, et toi, les océans. Patiente deux minutes. »

Malheureusement, Arthur se heurtait à un sacré casse-tête pour débloquer l'artéfact. Deux heures plus tard, il venait à peine de traverser le sol piégé qu'il devait sortir l'artéfact d'un coffre magique.

« Quoi qu'il arrive, tu restes de l'autre côté, Francis.

— Si tu meurs, je serai dans de beaux draps.

— Si je pouvais faire deux transferts, je t'aurai déjà ramené sur le navire. Je ne vais pas mourir. Je gère. »

Heureusement, Arthur avait étudié la langue ancienne de la magie et comprenait la signification des artéfacts gravés dans le coffre en pierre.

« J'ai un mauvais pressentiment, déclara Francis.

— Je n'aime pas quand tu dis ça, stupid frog.

— Généralement, j'ai raison.

— Je sais », soupira Arthur en se concentrant sur son deuxième défi personnel de la journée.

Une heure plus tard, Arthur déplaça encore une case du coffre devant ses yeux. Il sentait que la solution se rapprochait. Ce casse-tête faisait plus appel à ses capacités de réflexion qu'à ses connaissances en magie. D'ailleurs, il en était perturbé.

Certaines mauvaises langues traitaient les magiciens de machine à retenir par cœur des incantations. Est-ce que l'inventeur de ce piège misait sur une trop grande assurance en la magie ? Il fallait quand même posséder une certaine adresse et compréhension de la magie pour exercer.

Un bruit sourd se fit entendre plus loin dans le souterrain.

« Tu crois qu'ils reviennent ?, demanda Francis.

— J'espère que non. Je n'en ai pas terminé avec ce coffre. »

D'ailleurs, celui-ci émit un son mécanique peu encourageant.

« Laisse-moi me concentrer, stupid frog.

— J'aimerai bien... Ils ont l'air assez nombreux. Et je suis du mauvais côté, je te rappelle. »

Arthur abandonna sa tâche quelques instants et releva la tête vers le fond de la grotte. La lumière de plusieurs torches se projetait sur les murs. Arthur réfléchit en quatrième vitesse sur ce qu'il pourrait faire en pareille situation.

Il ne possédait plus beaucoup de réserves magiques. L'action la plus cohérente fâcherait énormément Francis... Il n'avait pas le choix, s'il souhaitait protéger Francis des insulaires et terminer ce qu'il avait commencé.

« Stupid frog ?

— Je te rejoins. Ils ne savent peut-être pas comment traverser le sol piégé.

— J'ai une meilleure solution. »

Étonné, Francis s'arrêta devant les pictogrammes sur le sol. Arthur amorça son sort, en effectuant plusieurs gestes de la main.

« Je mettrai plusieurs jours à te rejoindre. Surtout, attends-moi !

— Il n'en est pas ques... »

Allez ! Un stupid frog en pétard et en sécurité sur son navire. Il n'aurait pas à s'inquiéter pour lui au moins.

Arthur retint son souffle quand les insulaires débarquèrent dans la grotte. Il craignait ce qui pourrait lui arriver si les autotochnes connaissaient la solution pour se rendre jusqu'à lui. Au cas où, il pourrait lancer un sort de barrière au dernier moment.

Au bout de plusieurs minutes, il lui parut évident qu'ils ignoraient comment traverser le sol piégé qui les séparait. Ils avaient envoyé l'un d'entre eux chercher quelqu'un d'autre.

La trouille au ventre, Arthur s'intéressa de nouveau au coffre, en les surveillant de près.

Il mit plus d'une heure à sortir l'artéfact, un collier de perles, de son réceptacle, sous les yeux attentifs des insulaires. Ils avaient pointé leur bâton vers lui et semblaient le craindre. Arthur s'assit par terre, en cachant l'artéfact dans son manteau. Maintenant, il lui fallait attendre le moment où il retrouverait assez d'énergie magique pour retourner sur le navire.

Arthur ne savait pas s'il leur prendrait le courage de tenter quoi que ce soit contre lui. Il espérait gagner autant de temps que possible, afin de mettre en échec n'importe quelle attaque contre sa personne.

Quand leur Chef se présenta devant lui, Arthur se protégea avec une barrière magique pour les empêcher de l'approcher.

Ce furent parmi les jours et les nuits les plus longs de son existence.