Note de l'auteure :

Voici donc la deuxième partie (et la fin) de cette première fiction.

Je voudrais remercier les personnes ayant pris le temps de m'écrire une review suite à la publication du premier chapitre, mais également les personnes ayant mis mon histoire en favori, ça fait vraiment plaisir.

Bonne lecture à tous !

Disclaimer :

Je précise que l'univers et les personnages appartiennent à leur auteure JK Rowling , je n'ai fait que les emprunter.

J'ai gardé les éléments des livres jusqu'au tome 5 inclus, et j'ai créé des divergences à partir du tome 6.

Rating :

Il s'agit d'une fiction classée M, en raisons de relations homosexuelles explicites, et dans cette partie c'est amplement justifié ! Déconseillé donc aux personnes mineures ou ne souhaitant pas lire de relations intimes homosexuelles détaillées et très explicites ^^


Harry était dans une pièce décorée dans les tons beige et ocre, une petite table en bois verni et un grand canapé gris qui semblait particulièrement moelleux trônaient en plein milieu. Sous ses pieds nus, un très grand tapis très doux de couleur rouge, tellement épais qu'il ne pouvait pas voir ses doigts de pieds qui s'y enfonçaient. Une console d'un blanc nacré se trouvait contre le mur, juste en face de lui, et sur celle-ci se trouvait des petits gâteaux, ainsi qu'une théière, un grand pot à bec fermé, et de la vaisselle. Il se retourna pour regarder derrière lui, et il vit une jolie porte de bois sombre, toute simple mais élégante avec une poignée gris mat. Contre les deux autres murs se trouvaient tout un tas de poufs plus ou moins empilés, de différentes couleurs chaudes, il y en avait tellement que Harry aurait pu s'y allonger et s'en servir de lit. Dans un des coins, près des poufs, il y avait une petite bibliothèque en bois clair, avec quelques livres et objets posés sur les étagères. De sa position, Harry ne voyait pas bien ce que c'était.

Il ne connaissait pas cette pièce, il ne savait pas comment il avait atterri là, mais il s'y sentait bien. Le tapis était doux sous ses pieds, la température était très agréable et la lumière de la pièce, qui semblait venir de nulle part, était douce et tamisée. Harry se dit que cet endroit était une véritable aubaine, qu'il allait pouvoir tranquillement s'y reposer sans être ennuyé par des compagnons de dortoir bruyants.

Un bruit dans son dos l'alerta et il se retourna pour voir la porte s'ouvrir sur une silhouette. Drago entra dans la pièce et referma silencieusement la porte derrière lui. Il était beau, dans sa tenue entièrement noire, une tenue que Harry savait qu'il appréciait porter. Une chemise simple, boutonnée presque jusqu'en haut, une veste assez classique qu'il avait gardée ouverte, et un pantalon droit. Chose inhabituelle, il ne portait ni chaussures ni chaussettes. Ses cheveux blonds, mi-longs, tombaient le long de son visage, sa peau pâle semblait presque luire dans la lumière tamisée de la pièce et ses yeux gris avaient pris la couleur d'un nuage d'orage prêt à déverser une averse.

Drago sourit doucement et s'approcha lentement de Harry, sans un mot, les mots auraient été incongrus ici et Harry ne s'attendait pas à entendre Drago parler. Il arriva à sa hauteur et s'arrêta tout près, un éclair de malice dans les yeux. Il leva la main droite, toujours lentement, et toucha du bout de ses doigts la tempe gauche de Harry, puis descendit pour glisser le long de sa mâchoire. Un délicieux frisson traversa Harry des pieds à la tête, un frisson doux et tiède, comme les doigts de Drago. La main droite de ce dernier retomba doucement et attrapa celle de Harry. Il le fit doucement tourner sur lui-même et le tira calmement jusqu'au canapé, en restant toujours face à lui. Drago s'assit sur le meuble moelleux et attira Harry à son côté. Ce dernier était bien, il se sentait à sa place, en confiance, et son petit nœud dans le ventre le titillait gentiment. Drago lui faisait son petit sourire en coin qu'il aimait tellement, il aurait voulu lui dire à quel point il aimait secrètement ce sourire particulier.

Drago tenait toujours la main gauche de Harry, et il leva l'autre pour la passer dans les cheveux bruns du Gryffondor, découvrant sa cicatrice sur le front, la caressant du bout des doigts. Ceux-ci parcoururent le visage de Harry, son nez, ses lèvres, son menton et la ligne de sa mâchoire, puis vinrent se perdre dans son cou et se calèrent derrière sa nuque, en douceur. Son pouce caressa la peau de la nuque de Harry, qui sentit un nouveau frisson le parcourir, et il ferma les yeux pour mieux l'apprécier, comme pour mieux se rappeler plus tard cette sensation délicieuse. Il rouvrit les yeux, et perdit son regard vert dans celui de Drago, ses yeux si gris, si troublants. Comment avait-il pu ne pas se rendre compte d'une beauté pareille auparavant ?

Lentement, Drago approcha son visage de celui de Harry et posa ses lèvres sur les siennes. Un baiser si léger et si fugace que Harry n'était pas sûr qu'il ait eu lieu. Drago le regardait, et Harry savait qu'il attendait une éventuelle réaction négative de sa part, qu'il lui laissait la possibilité de se détourner et de refuser quoi que ce soit d'autre. Pour rien au monde Harry ne se serait détourné de ce regard envoutant, il voulait s'y perdre, s'y noyer, il voulait encore sentir les douces lèvres de Drago, pour être sûr qu'il n'avait pas rêvé.

Comme pour faire suite à cette pensée, Drago s'approcha doucement et l'embrassa de nouveau, plus longtemps cette fois et plus fermement également. Harry accueillit ce baiser avec ferveur, et y répondit. Il leva sa main droite, qui reposait sur sa cuisse, la posa sur l'épaule de Drago et s'y accrocha. Le baiser devint plus intense, plus profond, et Drago prit le visage de Harry en coupe.

Les lèvres de Drago s'entrouvrirent et sa langue glissa sur les lèvres de Harry, léchant et caressant. Harry accepta avec plaisir l'invitation de cette langue chaude et douce et ouvrit la bouche à son tour, avec un lourd soupir. Leurs respirations devenaient plus profondes et plus rapides, leurs mains caressaient les épaules, les cous, les visages avec impatience. Harry se sentait bien, et sans qu'il s'en rende compte son petit nœud à l'estomac s'était déployé dans son ventre et une douche chaleur s'en échappait pour le réchauffer en entier. Il était à sa place, là dans les bras de Drago, et le temps pouvait s'arrêter.

Harry se réveilla au petit matin, murmurant le nom de Drago, et contrairement à ces dernières semaines il s'éveilla progressivement, et non en sursaut. Une fois mieux éveillé, il s'assit dans son lit et se frotta le visage, essayant de s'ancrer dans le réel et de ranger son rêve si réaliste dans la catégorie onirique de ses souvenirs. Son petit nœud au creux du ventre était toujours là, à le tirailler. Il se rendit compte que la douche glacée était encore une fois nécessaire, comme chaque matin depuis des semaines, et il remerciait silencieusement tous les jours la personne ayant créé les lits des dortoirs de Poudlard. En effet, ceux-ci présentaient de lourds rideaux qui pouvaient se fermer, afin de créer un peu d'intimité — et accessoirement conserver la chaleur — pour les élèves le souhaitant. Ces derniers temps, Harry fermait systématiquement ses rideaux avant de s'endormir, ne voulant pas que ces camarades de chambre le voient en mauvaise posture avant même qu'il ne s'éveille.


La première semaine de vacances s'écoula presque comme dans un rêve pour Harry, même si Hermione le houspillait tous les matins pour qu'il vienne travailler quelques heures avant de sortir voler. Les journées de Harry étaient presque toutes identiques depuis ce premier samedi, il se levait, prenait son petit-déjeuner puis allait travailler à la bibliothèque avec Ron, Hermione et Neville. Après le déjeuner il se rendait sur le terrain de Quiddich et volait avec Malefoy pendant deux heures. À la fin de leurs entraînements, ils rentraient vers le château tout en discutant de choses et d'autres, et faisaient souvent un détour dans le parc pour prolonger leurs discussions avant de rentrer pour dîner et rejoindre leurs Salles Communes respectives.

La veille de Noël arriva, et Harry et ses amis découvrirent les décorations dans le château. Comme d'habitude, la Grande Salle présentait les habituels sapins couverts de guirlandes et boules de Noël brillantes. Les armures du château étaient ensorcelées et entonnaient des chants de Noël dès qu'un élève passait à proximité. L'ambiance était légère et joyeuse, et Harry s'était réveillé avec une certitude. Aujourd'hui, d'une manière ou d'une autre, Malefoy serait mis au courant de ce qui tracassait Harry, et tant pis si cela devait briser leur amitié.

La journée se déroula comme les précédentes, mais le dîner fut somptueux. Les professeurs étant restés à Poudlard avaient fait dresser une unique table au centre de la Grande Salle, pour eux-mêmes et les élèves présents dans le château. La soirée fut ponctuée de rires, de discussions enflammées, et d'explosions de pétards magiques.

Avant de descendre dîner, Harry avait pris soin de jeter un sort sur son faux-galion « SdB Préfets 22 h ce soir », et il espérait que Malefoy avait eu le message, qu'il n'avait pas laissé son galion dans la poche d'un vêtement dans son dortoir. Il se doutait que le dîner se prolongerait suffisamment tard pour se rendre directement après à la Salle de Bains des Préfets.

Harry était assis entre Hermione et Luna, et malgré la bonne ambiance et le repas délicieux, il ne put avaler grand-chose. Son nœud à l'estomac lui faisait mal ce soir, il n'avait pas faim du tout et se sentait très inquiet. Malgré sa résolution de tout avouer à Malefoy, il ne se sentait pas très à l'aise et avait l'impression qu'il allait tourner de l'œil. Le fait de n'avoir presque rien mangé de la journée aurait amplement pu expliquer sa sensation de malaise, mais il n'en avait pas conscience, il mettait tout sur le compte de son stress.

Hermione s'était rendu compte du changement d'attitude de son ami, elle le connaissait suffisamment pour savoir que quelque chose n'allait pas, un peu comme au début de l'année avant qu'il lui raconte ses problèmes de cœur. Elle essaya tout le repas de l'inciter à manger, et tenta discrètement de le questionner sur ce qui le tracassait.

Aux environs de 21 h 45, Malefoy se leva, remercia chaleureusement les professeurs, souhaita bonne nuit à ses camarades encore attablés et quitta la Grande Salle. Harry ne l'avait pas quitté des yeux un seul instant depuis qu'il s'était levé, et Hermione s'en rendit compte. Elle soupira et chuchota dans l'oreille de Harry.
— Harry, tu n'es pas très discret.

Il sursauta et tourna immédiatement les yeux vers son assiette. Elle continua.
— Je suppose que ton attitude bizarre de ce soir à un rapport avec lui, n'est-ce pas ?

Il acquiesça discrètement et répondit du bout des lèvres à Hermione.
— Il saura tout ce soir, débrouille-toi pour retenir Ron et les autres, je pars dans 10 minutes et je ne dois pas être suivi.

Elle posa la main sur son bras pour confirmer qu'elle avait compris, et repris naturellement la discussion qu'elle avait entamée avec Ron et Neville. Ces derniers ne s'étaient même pas rendu compte de leur échange presque silencieux.

Harry essaya de ne pas surveiller sa montre toutes les minutes, et quitta la Grande Salle comme prévu à 21 h 55. Il sortit lentement de la pièce, et une fois hors de vue, il se précipita dans la tour de Gryffondor, se brossa les dents, glissa sa cape d'invisibilité dans la poche de sa veste, vérifia sa tenue et sa coiffure — ses cheveux étaient toujours aussi indisciplinés et il abandonna l'idée de les coiffer — puis il rejoignit au pas de course le couloir où donnait la Salle de Bains des Préfets. Grâce à son statut de capitaine de l'équipe de Quiddich de Gryffondor, il avait droit d'utiliser cette Salle de Bains, même s'il n'y allait que rarement et continuait à se préparer dans les sanitaires de la tour Gryffondor.

Il arriva devant la porte à 22 h 10 essoufflé et en nage, se rendit compte qu'il ne devait pas vraiment être à son avantage et regretta de ne pas avoir pris plus de temps d'avance pour se préparer. Il attendit quelques instants que son cœur cesse de battre à tout rompre et posa l'oreille sur la porte, dans l'espoir d'entendre quelque chose de l'autre côté. C'était peine perdue, il n'y avait aucun bruit audible depuis ce côté de la porte. En même temps, il imaginait mal Malefoy l'attendre en jouant des castagnettes avec les tuyaux de la baignoire, dans le cas où Malefoy l'attendait bien sûr.

Harry inspira un grand coup, ouvrit lentement la porte, se glissa rapidement à l'intérieur et referma silencieusement derrière lui. Il se retourna, la peur au ventre, et son cœur fit un bond en découvrant Malefoy, mi-assis, mi-adossé à la gigantesque baignoire, les bras croisés, dans une attitude nonchalante. Il était venu, Harry se sentit rassuré de le voir, et dans le même temps complètement paniqué à l'idée de ce qu'il allait devoir faire. Pour une raison mystérieuse, Malefoy semblait très amusé de la situation. Harry remarqua qu'il s'était changé et ne portait plus la même chemise qu'au dîner, c'était typique de Malefoy et cela le fit sourire.
— Salut Potter, que me vaut l'honneur d'un rendez-vous clandestin en pleine nuit ? demanda Malefoy sur un ton amusé.

Harry le regarda dans les yeux, s'approcha de quelques pas et prit une grande inspiration pour trouver le courage de se lancer. Il avait les mains moites et fit un effort pour ne pas les essuyer sur son pantalon. Il les mit dans ses poches, dans une attitude qu'il espérait détendue.
— Il faut qu'on parle sérieusement Malefoy, je crois qu'on a des choses à se dire. En tout cas moi j'ai des choses à te dire.
— Ouuuh, mais tu me ferais presque peur Potter ! répondit Malefoy, hilare. Sérieusement, on a passé des heures à voler ensemble cette semaine et tu n'as pas trouvé l'occasion de me parler de ces choses sérieuses ?

Harry se sentait mal, Malefoy avait l'air trop joyeux, ça ne lui ressemblait pas, avait-il bu avant de se rendre à leur rendez-vous ? Ou bien avait-il déjà tout deviné et se moquait-il de lui ? Il avait l'impression que tout était déjà fichu, mais se rappela sa résolution, il devait tout lui dire, il ne supportait plus de passer tant de temps avec lui sans lui avouer ses sentiments. Harry se balançait légèrement d'un pied sur l'autre, les mains profondément enfouies dans les poches de son pantalon, la tête baissée. Il commença à parler, en espérant ne pas être coupé.
— Je n'ai pas envie de discuter de mon choix de te parler ici et maintenant, mais tu pourras sûrement convenir que la discussion est plus aisée ici au chaud que dehors dans le froid, perchés sur des balais. Harry leva la tête pour regarder Malefoy, celui-ci hocha légèrement la tête et semblait à l'écoute. Harry décida de continuer sur sa lancée, il était maintenant trop tard pour faire demi-tour. Il garda courageusement la tête relevée pour voir les réactions du jeune homme en face de lui.
— Je ne sais pas trop comment te dire tout ça, alors je vais tenter de ne pas m'emmêler les pinceaux et je te demanderais de ne pas me couper la parole.

Harry inspira un grand coup.
— Je pense que je devrais commencer par te dire que je suis désolé de ne pas avoir pris le temps de te connaître avant l'an dernier, parce que j'ai découvert quelqu'un de bien. L'année dernière on a passé beaucoup de temps ensemble, sans que personne d'autre ne soit au courant, et plus j'apprenais à te connaître plus je t'appréciais. Je ne m'étais pas rendu compte à quel point ces moments étaient devenus importants pour moi. Je me suis retrouvé un peu perdu pendant les vacances d'été, on m'avait dit que je ne pouvais pas t'écrire, que je ne pourrais pas te voir, et ça a créé comme un vide dans ma vie. Sauf que je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite. À la rentrée, j'étais impatient de te revoir, de reprendre nos discussions, mais je n'ai jamais réussi à trouver assez de temps pour ça, et je suppose que toi non plus, on a trop de travail cette année…

Harry reprit son souffle, lança un regard un peu inquiet à Malefoy, et voyant que ce dernier ne réagissait pas négativement, il continua.
— Ce que je veux dire c'est que je me suis rendu compte cette année à quel point ton amitié était importante à mes yeux, et que je n'arrivais pas à vivre cette amitié comme je le voulais. En plus de ça, j'ai eu l'impression que tu étais plus distant avec moi, et que tu ne recherchais plus ma compagnie, peut-être parce que tu t'es trouvé d'autres amis. Je sais que ce n'est pas bien ce que je te dis, car je n'ai pas le droit de te dicter avec qui tu peux ou non être ami, d'autant plus quand il s'agit de Hermione. Enfin bref, je suis un imbécile.

Harry fit une nouvelle pause, Malefoy hocha la tête comme pour lui dire de continuer, qu'il l'écoutait.
— La semaine qui vient de s'écouler m'a permis de me rendre compte de pas mal de choses. En passant de nouveau du temps rien qu'avec toi, j'ai réalisé à quel point cela m'avait manqué, que le vide que je ressentais, sans même savoir qu'il était là, était comblé en ta présence. Je rêve de toi depuis des semaines, je te cherche des yeux tout le temps, et j'ai cette petite boule au ventre en permanence. Et je ne savais toujours pas ce que ça voulait dire. J'ai fini par me rendre compte cette semaine, pour être complètement honnête ça m'a frappé ce matin au réveil, que tout ça voulait sûrement dire quelque chose. Je comprendrais que tu me retires ton amitié avec tout ce que je te dis, mais ça me ferait vraiment mal. Parce que, tu vois Drago, je crois que je suis amoureux de toi…

Enfin ! Harry avait réussi à tout lui dire, mais il ne sentait pas vraiment bien pour autant. Son cœur battait la chamade, ses mains étaient toujours aussi moites et il transpirait dans le dos. Il faisait vraiment trop chaud dans cette pièce, quelle idée d'avoir gardé sa veste ! Ses joues étaient légèrement rouges, la honte commençait à le submerger maintenant qu'il réalisait ce qu'il venait de faire, et il baissa la tête vers ses chaussures. Pourvu qu'il ne le prenne pas trop mal !

Drago avait rapidement affiché un large sourire, mais Harry ne l'avait pas vu, trop occupé qu'il était à observer le sol.
— Harry…

Harry leva la tête à l'annonce de son prénom, c'était la première fois qu'il l'entendait dans la bouche de son ami. Et ce qu'il vit le décontenança quelque peu, Drago souriait franchement et ne montrait pas la moindre animosité.
— Harry, tu en as mis du temps, dit-il calmement.

Harry en resta bouche bée.
— Heuuu, pardon, quoi ? fut la seule chose qu'il put répondre.

Drago se mit à rire, un rire léger et cristallin, comme des notes de musique.
— Je trouve que tu as mis du temps à te rendre compte qu'il y avait plus que de l'amitié entre nous, Harry. Je pensais pourtant que tu avais compris certaines allusions.

Harry n'arrivait pas à en croire ses oreilles. Il était sûrement en train de rêver, une nouvelle fois, c'était impossible que tout ça soit réel.
— Est-ce que je comprends bien ce que tu es en train de me dire ? Tu…partages mes sentiments… ?

Drago lui fit son petit sourire malicieux et se décolla de la baignoire sur le bord de laquelle il était resté à moitié assis jusque-là. Il s'approcha de Harry qui était resté au milieu de la pièce.
— Je ne suis pas vraiment sûr d'avoir des sentiments amoureux pour toi Harry, cependant il y a définitivement quelque chose entre nous, et je peux t'affirmer que ça fait bien longtemps que j'espère pouvoir te mettre dans mon lit !

Harry était complètement bloqué, les yeux écarquillés et la bouche à moitié ouverte, ne sachant pas s'il devait répondre ou pas. Pendant ce temps Drago s'était rapproché de lui, et lui passa tendrement la main sous la mâchoire comme pour l'inciter à la refermer.
— Remets-toi Harry ! Et ferme la bouche on dirait un poisson hors de l'eau.

Harry referma la bouche et secoua la tête pour se remettre les idées en place, alors que Drago éloignait sa main de son visage. Harry en profita pour mieux le regarder, il avait vraiment l'air sérieux, il ne se moquait pas de lui du tout. Son regard parcourut le visage Drago, se plongea dans ses yeux gris, et s'attarda sur ses lèvres légèrement roses. Elles semblaient l'appeler tandis que Drago les humidifiait du bout de la langue. Il osa lever la main et les effleurer du bout des doigts, si douces, comme dans ses rêves. Drago en profita pour embrasser la pulpe de ses doigts, les yeux mi-clos.

La main de Harry glissa le long de la mâchoire de Drago, descendit le long de son cou et alla se nicher dans sa nuque. Il s'approcha et posa ses lèvres sur celles de Drago. Quel délice, il était sûr maintenant de ne pas rêver, car rien ne pouvait être aussi agréable en rêve que ce qu'il ressentait à ce moment.

Il picora les lèvres du jeune homme blond d'une multitude de petits baisers, et ce dernier décida qu'il en voulait plus. Drago attrapa le visage de Harry en coupe entre ses mains et l'embrassa plus profondément, passionnément. Il ouvrit les lèvres et caressa celles de Harry avec sa langue, suça sa lèvre inférieure, le faisant gémir. Harry ouvrit la bouche à son tour pour accueillir et découvrir la langue chaude et douce de Drago. Les langues se mélangeaient et découvraient la bouche de l'autre. Harry était parcouru de délicieux frissons et son petit nœud à l'estomac se déployait doucement et le réchauffait de l'intérieur. Comme dans son rêve, se rappela-t-il brièvement.

Les souffles se firent courts. Harry avait posé ses mains dans le dos de Drago, et le serrait fort contre lui. Ils semblaient ne pas pouvoir être rassasiés de l'autre, et les mains de Drago se détachèrent du visage de Harry pour lui caresser le cou, les épaules, le dos. Il commençait à se sentir à l'étroit dans son pantalon et pouvait constater que Harry était dans le même état, il sentait un renflement contre sa cuisse gauche et cela l'excita davantage. Drago tira sur la chemise de Harry pour la sortir de son pantalon et pouvoir passer les mains dessous. Il commença à le caresser doucement au niveau du ventre quand Harry interrompit le baiser et s'écarta légèrement en repoussant les mains du jeune homme blond. Drago en resta interdit.
— Drago… je ne veux pas aller trop vite, d'accord… ? dit doucement Harry. Je ne suis pas prêt pour ce genre de choses, ajouta-t-il en baissant les yeux, légèrement honteux.
— Si je comprends bien, tu n'as pas dû expérimenter grand-chose avec Cho en cinquième année, répondit Drago.

Harry secoua la tête, mortifié. Il se sentit obligé de se justifier.
— Non en effet, ni avec personne d'autre si tu veux le savoir. Et encore moins avec un autre homme… Avant toi, je ne pensais même pas être attiré par les hommes d'ailleurs…

Harry avait toujours la tête baissée, les yeux fixés sur la chemise de Drago et les petits plis qu'elle formait. Drago lui releva doucement la tête et le regarda dans les yeux, et Harry y vu de la bienveillance, mais aussi un petit éclair de désir.
— Harry, on ira à ton rythme, je ne suis pas pressé. Peu importe que j'aie plus d'expérience que toi.

Il lui sourit, et Harry ne put s'empêcher de répondre à ce sourire. Drago l'embrassa tendrement sur le bout du nez.
— Après tout, ça fait des mois que je me soulage en pensant à toi, alors je peux bien attendre encore un peu, ajouta-t-il en riant.

Il s'écarta rapidement de Harry, se doutant que ce dernier pouvait mal prendre cette blague de mauvais goût. Harry réagit plus rapidement que lui et lui donna un petit coup de poing dans l'épaule, affichant un visage faussement offusqué.
— Je ne vous connaissais pas ce ton grivois, Monsieur Malefoy, mais je prends note de vos capacités particulières pour plus tard, rétorqua-t-il en éclatant de rire à son tour.

Les deux garçons se mirent à rire de concert, et la magie de ce moment intime passé à s'embrasser s'évanouit dans les airs. Le fou rire passé, ils se regardèrent un moment et décidèrent d'un même mouvement de regagner leurs dortoirs respectifs.

Harry retrouva Ron et Hermione dans la Salle Commune de Gryffondor, ils s'étaient installés près du feu de cheminée. L'arrivée de Harry interrompit leur discussion et celui-ci se demanda s'ils ne parlaient pas de lui. Il prit conscience que cela l'aurait sûrement particulièrement énervé à une époque, mais ce soir il se sentait tellement heureux qu'il ne releva pas et s'installa à côté de Ron dans un canapé. Hermione avait pris place dans un grand fauteuil moelleux juste en face du canapé et regarda Harry, des interrogations plein les yeux. Harry lui fit un petit sourire et hocha discrètement la tête pour lui faire comprendre que les choses s'étaient bien passées, et elle répondit de la même façon. Ron, qui avait repris son discours sur l'équipe de Quiddich des Canons de Chudley, ne se rendit même pas compte de l'échange silencieux.


Cette nuit-là, Harry ne rêva pas de Drago, pour la première fois depuis des semaines. Il se réveilla détendu et reposé, sans vraiment réussir à se souvenir de ses rêves, mais sans la sensation de frustration habituelle que le prenait dès le réveil. Il sourit en se rappelant l'épisode de la Salle de Bains des Préfets, et se sentit plus heureux que jamais. Il découvrit également que son petit à l'estomac avait disparu et qu'une sensation de chaleur l'avait remplacé. Puis il découvrit les cadeaux au pied de son lit, il avait complètement oublié que c'était Noël. C'était sûrement le plus beau Noël de sa vie. Il se rendit même compte que son estomac grondait, il avait faim !

La journée se déroula comme les précédentes, ou presque, Hermione ayant insisté plus que fortement pour que les garçons travaillent plus longtemps maintenant que la deuxième semaine de vacances débutait. Il ne leur restait plus beaucoup de temps ! Harry refusa de retourner à la bibliothèque après le déjeuner, mais promis de travailler plus à partir du lendemain, il ne voulait sous aucun prétexte être en retard sur le terrain de Quiddich, même si faisait gris et qu'il bruinait.

Il avait mangé rapidement, la tête plongée dans son assiette afin de ne pas fixer Drago qui avait pris un malin plaisir à s'assoir en face de lui à table. Harry n'avait pas trouvé d'autres solutions que de regarder son assiette, sinon il savait parfaitement qu'il aurait passé son temps à regarder son vis-à-vis, perdu dans ses yeux, et cela aurait été un peu louche.

Du fait de son empressement au déjeuner, Harry arriva en premier sur le terrain de Quiddich et décida de commencer à voler sans attendre. Il fut rapidement rejoint par Drago, et ils volèrent en silence pendant une bonne heure, tout en échangeant nombre de regards impatients.

N'en pouvant plus d'attendre, Harry se décida et mit pied à terre, espérant que le Serpentard ne tarderait pas trop à le rejoindre, mais on ne savait jamais avec lui. Quelques instants après il atterrit avec grâce et rejoignit Harry d'un pas léger.
— Déjà, Harry ? Tu ne veux plus voler ? Je pensais pourtant que c'était ce que tu préférais faire par-dessus tout ? demanda Drago sur un ton faussement sérieux.

Harry ne lui répondit pas et attrapa brusquement ses lèvres pour les embrasser furieusement. Drago répondit avec empressement à son baiser, et laissa Harry lui lécher et lui suçoter les lèvres avec délectation. Enfin, Harry s'éloigna légèrement et reprit son souffle, un sourire sur les lèvres.
— Tu n'avais qu'à le dire que tu ne voulais pas voler, je suis toujours partant pour d'autres activités avec toi, dit gentiment Drago, en passant sa main dans les cheveux de Harry.
— Je voulais voler, mais j'en pouvais plus de te voir me regarder narquoisement à chaque fois que je croisais ton regard… D'ailleurs, je suis sûr que tu as fait exprès de t'assoir en face de moi à midi, alors que tu ne le fais jamais d'habitude, rétorqua Harry.

Il tenta de rester sérieux face à Drago, mais sa bouche s'étira rapidement en sourire. Il n'arrivait même pas à faire semblant d'être en colère après lui. Il était loin le temps où rien que la vue du jeune blond dans un couloir de l'école le rendait fou de rage.

Ils décidèrent de ne plus voler pour aujourd'hui et allèrent se promener dans le parc du château. Il n'y avait personne d'autre en vue, et Harry se sentait libre d'agir comme il le sentait, sans avoir peur du regard d'autres élèves ou de professeurs face à ce couple improbable.

Ils parcoururent le parc de long en large pendant plusieurs heures, discutèrent de choses et d'autres, s'embrassant passionnément dès que l'envie s'en faisait sentir, et le soleil termina bientôt sa course en chargeant le ciel de nuances rose et orange. Le froid se fit plus prégnant et les deux jeunes hommes se dirigèrent vers le Hall du château.
— Harry, demanda Drago, on fait quoi pour les autres maintenant ? Je n'ai pas tellement envie de continuer à te voir uniquement dans la clandestinité.

Harry hocha la tête, il était assez d'accord là-dessus. Mais il avait peur des réactions des autres, il ne voulait plus être la cible du regard des gens, il avait trop souvent été pointé du doigt depuis sa première année. Même si finalement, ça ne pouvait pas être pire que les autres fois, et après tout il en avait l'habitude maintenant.
— Rendez-vous à 19 h 30 devant la Salle de Bains des Préfets, on ira au dîner ensemble ce soir, ça règlera le problème, proposa Harry.

Drago acquiesça au moment où ils passaient la porte du Hall, et ils se séparèrent.


Harry arriva, comme à son habitude, en retard devant la porte de la Salle de Bains des Préfets.
— Toujours aussi ponctuel à ce que je vois, lança ironiquement Drago qui s'était adossé au mur.

Harry haussa les épaules et prit le temps de l'observer. Il s'était changé pour le dîner, typique de Malefoy, il avait certainement pris une douche ou un bain après avoir transpiré dehors pendant le vol sur balai. Pour une fois sa tenue n'était pas entièrement noire, il avait enfilé un jean bleu très foncé près du corps qui soulignait ses jambes, une chemise gris acier qui rappelait la couleur de ses yeux et un gilet noir en grosses mailles de laine qu'il avait gardé ouvert.

Harry s'approcha pour le saluer à sa façon et l'embrassa tendrement du bout des lèvres, avant de laisser glisser sa bouche le long de sa mâchoire et dans son cou pour de légers baisers papillonnants. Sa peau sentait bon, un très léger parfum de vanille, oui il avait dû prendre un bain.
— Allez Harry, on y va, sinon on aura plus rien à manger en arrivant, les Weasley auront tout mangé ! plaisanta Drago en repoussant gentiment Harry. Tu es prêt ?
— Ok, on y va, répondit-il en soufflant un grand coup pour se donner du courage.

Harry attrapa la main de Drago et enlaça leurs doigts avant de se diriger vers les escaliers qui les amèneraient à la Grande Salle.

À quelques mètres de la porte de Grande Salle, Harry entendit les bruits de discussions et de vaisselle caractéristiques. Les autres avaient déjà commencé à dîner, et ils étaient sûrement les derniers. Harry s'arrêta à proximité de l'entrée de la pièce. Ils étaient le long du mur, invisibles pour les convives attablés. Son cœur battait la chamade, il sentait ses mains devenir moites et remercia silencieusement Drago de ne pas lâcher sa main transpirante. Ce dernier lui caressa le dos de la main avec son pouce pour l'encourager, et initia le mouvement vers l'entrée de la Grande Salle, Harry n'eut d'autre choix que de le suivre.

Harry et Drago entrèrent dans la Grande Salle et se dirigèrent vers le groupe formé par leurs amis, vers le milieu de la table dressée au centre de la pièce, ils pouvaient voir que ces derniers leur avaient gardé des places. Les conversations et les tintements de couverts cessèrent progressivement à mesure que le duo s'avançait dans la pièce. Les élèves des différentes maisons, tous mélangés, les regardèrent passer, étonnés. Certains en avaient même oublié qu'ils avaient la bouche ouverte, prêts à enfourner une cuillère ou une fourchette qui se retrouvait figée à quelques centimètres de l'orifice.

Harry tenta de ne regarder personne, ni sur le côté ni devant lui, où se trouvait la table des professeurs. Un rapide coup d'œil à celle-ci au moment de leur entrée lui avait suffi, il avait surpris le regard écœuré de Rogue, et il ne doutait pas qu'il allait encore plus en baver en cours de Défenses Contre les Forces du Mal dès la reprise des cours. Il se sentait terriblement mal à l'aise, mais Drago continuait de lui caresser le dos de la main et cela lui faisait du bien. Il le regarda furtivement et se rendit compte que le Serpentard semblait parfaitement à sa place et pas gêné le moins du monde.

Arrivés près de leurs amis, un petit moment de gêne s'installa, ils avaient bien gardé des places pour Harry et Drago, mais séparées. Ce qui, somme toute, était bien normal puisqu'ils n'avaient jamais mangé côte à côte depuis le début des vacances et leurs amis s'étaient assis dans la même configuration que d'habitude. Luna eut la présence d'esprit de se décaler pour laisser assez de place pour les deux garçons, et ils purent s'assoir. Le silence fut interrompu par le directeur Dumbledore qui reprit la conversation qu'il avait avec son voisin, et les autres professeurs firent de même. Le reste de la table, ou presque, recommença à manger, s'arrachant à la contemplation du couple.

Ron, Ginny et Neville ne s'étaient pourtant pas décidés et semblaient comme pétrifiés d'étonnement. Luna fit comme à son habitude et commença à parler avec Drago de plantes inconnues de Harry. Hermione prit la parole, essayant de dédramatiser la situation.
— Hé ho, réveillez-vous, dit-elle en donnant un petit coup de coude à Ron. Il n'y a pas de quoi fouetter un chat, Harry et Drago se sont trouvé des affinités particulières, voilà tout.

Elle lança un regard compatissant à Harry et enfourna une bouchée de purée de pommes de terre. Neville reprit ses esprits et sembla réaliser que Luna et Drago discutaient de botanique, il s'intéressa aussitôt à leur échange. Ron avait finalement refermé la bouche quand Hermione l'avait cogné, mais regardait encore Harry avec des yeux ronds.
— Bon, Ron, tu me fais un peu flipper à me fixer comme ça… Et ta purée dégouline de ta fourchette, lui dit Harry, toujours aussi gêné et mal à l'aise.

Ron cligna des yeux, deux ou trois fois, puis les informations montèrent à son cerveau. Il reposa sa fourchette dans son assiette.
— Dis-moi Harry, c'est une blague que vous avez décidé de nous faire ou c'est sérieux ? demanda Ron à son ami.
— Non Ron, ce n'est pas une blague, et j'apprécierais que tu arrêtes de me regarder comme si j'étais un Scrout à pétard, répondit Harry un peu sèchement, légèrement sur la défensive.
— Ok, ok, t'énerves pas vieux… Si ça vous convient à tous les deux ça me va. Et puis bon, c'est pas le premier choc que vous provoquez tous les deux, termina Ron en haussant les épaules et en reprenant sa fourchette.

Ginny sembla retrouver contenance durant l'échange entre Harry et son frère.
— Bon, et bien au moins je comprends mieux pourquoi je n'avais pas la moindre chance avec toi, dit-elle en rigolant doucement.

Et le repas se termina relativement normalement pour tout le monde.


La deuxième et dernière semaine des vacances de Noël se termina rapidement, et les élèves revinrent la veille de la rentrée. Bien évidemment, la majorité d'entre eux étaient au courant du nouveau potin avant même de revenir. Difficile d'imaginer que la petite vingtaine d'élèves restés au château pour les vacances aient réussi à mettre au courant la majorité de l'école en quelques jours, et pourtant ! Les hiboux de Poudlard avaient rarement eu autant de travail !

Le point positif pour Harry c'est qu'il savait qu'une fois l'attrait de la nouveauté passé, on arrêterait de le dévisager. Il l'avait déjà vécu avant et savait que ça ne durerait pas éternellement.

Le côté négatif de sa nouvelle situation sentimentale c'était les troupeaux de filles qui passaient leur temps à glousser et soupirer quand il passait à proximité. C'était devenu insupportable. Harry ne comprenait pas pourquoi celles-ci se mettaient à s'intéresser à lui quand il s'affichait ouvertement avec quelqu'un d'autre, c'était à n'y rien comprendre.

Malgré tout, la vie à Poudlard reprit son cours normal, avec les bons et mauvais côtés. Les élèves de septième et cinquième années étaient toujours submergés de travail, et l'équipe de Gryffondor préparait sa rencontre avec Poufsouffle. Elle aurait lieu en février.

Avec tout ça, Harry était débordé, d'autant plus qu'il essayait de passer tour son temps libre, donc pas beaucoup, avec Drago. Ce qui faisait que leurs nuits étaient plus que courtes la plupart du temps. Le seul moment où ils arrivaient à trouver du temps pour eux c'était le soir, après le dîner — et les éventuels devoirs à terminer. Ils se retrouvaient en général dans la Salle de Bains des Préfets, mais après quelque temps, ils se rendirent compte que d'autres élèves auraient bien voulu y accéder de temps à autre. Ils décidèrent donc de trouver un autre endroit de rendez-vous où ils ne seraient pas trop dérangés.

Harry et les autres membres de l'équipe de Quiddich de Gryffondor venaient de rejoindre les vestiaires après un entraînement éprouvant, il pleuvait des cordes et il faisait très froid. Un temps normal pour fin janvier cela dit. La séance avait pourtant été fructueuse, et ils avaient donné le meilleur d'eux même. Drago avait assisté à l'entraînement depuis les gradins, comme chaque fois, emmitouflé dans une épaisse cape à capuche, un sort anti-pluie jeté sur l'étoffe. À peine Harry avait-il sifflé la fin de l'entraînement que Drago s'était dépêché de rejoindre les vestiaires pour se mettre à l'abri et retrouver Harry.

Il était déjà là, nonchalamment appuyé sur son casier, quand les membres de l'équipe déboulèrent dans les vestiaires en chahutant, dégoulinants de pluie, boueux jusqu'aux genoux. Harry se dirigea directement vers lui, un grand sourire aux lèvres, et ouvrit les bras pour l'enlacer. Drago se redressa et mit ses mains devant lui pour arrêter Harry.
— Harry, tu es vraiment trop sale, je refuse que tu salisses ma tenue, que j'ai miraculeusement réussi à garder propre malgré ce temps abominable, dit Drago d'un ton sérieux.

Harry le regarda avec des yeux de chien battu, espérant le faire plier. C'était peine perdue et il le savait, c'était le même numéro à chaque entraînement sous la pluie. Cela avait le don de faire hurler de rire ses coéquipiers. Ils les entendaient d'ailleurs s'esclaffer dans son dos pendant qu'ils se déshabillaient pour aller prendre une douche.

Harry abdiqua et commença à se déshabiller, laissant tomber au sol ses vêtements trempés et boueux. Une fois en caleçon et t-shirt il fit signe à Malefoy de se pousser de son casier, déposa ses lunettes, prit une serviette propre et son gel douche et se dirigea vers les douches. Il se sentit brusquement tiré en arrière par le bras.
— Et mon baiser, Harry ? demanda malicieusement Drago, les yeux pétillants.

Harry soupira, faussement agacé. Évidemment, maintenant qu'il s'était débarrassé du gros de sa crasse, le prince Malefoy daignait lui demander un baiser. Il le regarda avec un air offusqué.
— Quoi ? Tu me repousses tout à l'heure, et je devrais maintenant accéder à ta demande ? Tu rêves, Drago !
— Allez Harry, ne me demande pas de te supplier, je sais que tu en meurs d'envie, répondit Drago, sûr de lui, comme toujours.

Harry ne put bien sûr pas lui dire non, comme toujours, et lui offrit ses lèvres. Quelques baisers plus tard, il rejoignit enfin les douches, les joues en feu et des papillons dans le ventre. Il prit tout son temps pour se décrasser, sachant pertinemment que les autres partiraient le plus vite possible et que Drago l'attendrait patiemment, quitte à arriver en retard au dîner. Et il aimait bien faire mariner son beau Serpentard. Il le soupçonnait également d'en profiter pour le reluquer discrètement une fois les autres partis, mais il n'avait jamais pu le vérifier. Il se douchait sans lunettes, et sans lunettes il n'y voyait rien à deux mètres, impossible de savoir si Drago le matait sans scrupules. Après tout, ça ne serait que justice, se dit Harry, il avait lui-même profité de sa cape d'invisibilité un jour et l'avait observé en secret.

Harry termina rapidement sa douche une fois qu'il n'entendit plus les autres garçons discuter près des casiers, se sécha sommairement et attacha sa serviette autour de sa taille avant de rejoindre son casier, et Drago. Celui-ci avait retiré la lourde cape et l'avait pliée proprement sur l'un des bancs, et il s'était assis à côté.

Les cheveux de Harry gouttaient dans sa nuque et sur son torse, et sa peau était rose d'avoir pris une douche trop chaude. Drago ne se priva pas du spectacle, le détaillant ouvertement. Harry était assez musclé pour son âge, l'entraînement de Quiddich avait eu des retombées positives sur son corps, ça ne faisait pas de doute, et Drago se plaisait à admirer les pectoraux finement dessinés et les abdominaux marqués.
— Drago, retourne-toi s'il te plait, demanda Harry, comme à chaque fois.

Drago se retourna obligeamment, écoutant attentivement ce qu'il ne pouvait pas voir. Il entendit la serviette être dénouée, frottée sur des cheveux et être accrochée à la porte du casier. Il entendit Harry fouiller dans ses affaires propres et déplier un tissu qu'il devina être un boxer. Il entendit le bruit du tissu frotter contre de la peau, et un bruit d'élastique qui claqua. C'était le moment de se retourner, il savait que Harry ne dirait plus rien maintenant. Il avait bien essayé la première fois, mais avait rapidement abandonné la partie, Drago était trop têtu. Et quand un Malefoy voulait quelque chose, il finissait toujours par l'obtenir.

Harry avait maintenant enfilé ses chaussettes et un pantalon propre. Il cherchait quoi mettre comme haut quand Drago se colla à son dos, posant son menton sur son épaule, l'entourant de ses bras. Harry suspendit sa recherche dans le casier, mit ses mains sur celles de Drago et soupira d'aise.
— Je suis tellement bien dans tes bras, dit-il amoureusement.
— Tu as l'air tellement à ta place dans mes bras, répondit Drago sur le même ton.

Harry reprit sa recherche de vêtement propre dans le capharnaüm qui lui servait de casier, tandis que Drago laissait glisser ses mains sur la peau de Harry, parcourant son ventre dur, caressant ses côtes, et termina en posant sur son torse ses mains, les doigts entrecroisés. Il baissa légèrement la tête et embrassa doucement l'épaule de Harry, il laissa sa langue lécher l'os de la clavicule et enfouit son visage dans son cou, léchant et mordillant la peau sensible.
— Hum, tu sens tellement bon, dit-il dans un souffle.

Harry frissonna de plaisir. Sentir le souffle chaud de Drago dans son cou était un supplice, cela l'excitait terriblement. Non seulement ce dernier le savait parfaitement et s'en amusait, mais cela lui donnait également bien plus envie qu'il ne l'aurait avoué. Tout en continuant de dévorer le cou du Gryffondor, Drago fit glisser l'une de ses mains sur son ventre, puis plus bas, essayant de déboutonner son pantalon. Sa deuxième main s'était déplacée au niveau d'un téton et le pinçait doucement. La réaction de Harry ne se fit pas attendre, et il repoussa doucement les mains de Drago. Il attrapa enfin le t-shirt qu'il souhaitait mettre et l'enfila.
— Harry… je sais que tu en as envie, lui susurra Drago à l'oreille, les yeux fixés sur son entrejambe.
— Là n'est pas la question Drago, mais je meurs de faim, et le dîner ne nous attendra pas, alors il va falloir remettre ça à plus tard.
— Tu es trop sage pour notre bien à tous les deux, où est donc passé le Gryffondor qui fonce tête baissée sans réfléchir ? grogna Drago en le laissant finir de s'habiller.
— Il n'est pas si loin que tu crois. Rendez-vous à 22 h devant la Salle sur Demande, tu pourras te libérer ? demanda malicieusement Harry, un sourire aux coins des lèvres.
— Je crois que je vais pouvoir me débrouiller.

Harry s'habilla chaudement et mit ses affaires boueuses dans le panier à linge. Drago enfila sa cape, prononça doucement un sort anti-pluie sur celle-ci et sur celle de Harry, et les deux garçons affrontèrent main dans la main le déluge pour se rendre au dîner.


Peu avant 22 h, Harry quitta la Salle Commune de Gryffondor pour se rendre à la Salle sur Demande, la carte des maraudeurs dans une main, la baguette dans l'autre, et sa cape d'invisibilité dans la poche. Il valait mieux être prudent, car le couvre-feu était pour 22 h et il n'avait pas le droit de se promener la nuit dans les couloirs.

Il arriva au niveau de la grande tapisserie en face du mur de la Salle sur Demande en même temps que Drago. La carte et la baguette avaient rejoint la cape dans sa poche.

Harry passa trois fois devant le mur et une belle porte de bois sombre s'y découpa. Harry prit Drago par la main et ouvrit la porte. Il savait parfaitement ce qu'il allait trouver dans cette pièce. Il entra donc dans la pièce beige et ocre, garnie des mêmes meubles qu'il avait vus en rêve, le tapis rouge, le canapé moelleux, la table basse, la bibliothèque et la console blanche. Drago entra à son tour et en resta interdit. Alors comme ça Potter était capable d'avoir du goût, c'était particulièrement improbable !

Harry referma la porte et retira ses chaussures et ses chaussettes avant de s'avancer pieds nus sur le tapis épais. Il n'aurait pas su l'expliquer, mais il lui semblait que c'était la chose à faire, c'était doux et agréable, il ferma les yeux de contentement. Après un temps d'hésitation, Drago fit de même, ne souhaitant pas avoir l'air idiot avec ses chaussures de ville alors que Harry était nu-pieds.
— Je suis déçu Harry…, commença Drago.
— De quoi ?
— Tu n'as pas prévu de lit dans cette pièce ? termina Drago avec un sourire coquin.

Harry soupira, feignant l'exaspération. Il se retourna vers Drago qui était toujours près de la porte.
— Tu penses bien que je ne vais pas te faciliter les choses tout de même, répondit-il avec un petit rire satisfait.

Harry s'approcha du Serpentard et lui attrapa la main pour le faire avancer sur le tapis. Drago fut agréablement surpris de la douceur de celui-ci et comprit immédiatement pourquoi Harry s'était déchaussé. Harry guida Drago vers le canapé et le fit s'assoir, puis il se dirigea vers la console blanche et rapporta sur la table basse quelques biscuits et deux tasses remplies de chocolat chaud.

Harry ne souhaitait pas vraiment manger ou boire quoi que ce soit, mais il tentait de s'occuper les mains pour cacher son inquiétude. Drago avait bien sûr remarqué son petit manège et agrippa sa manche quand il passa près de lui.
— Harry, laisse tomber ces biscuits et vient près de moi.

Il tira doucement sur la manche de Harry pour le faire s'assoir à ses côtés. Il regarda attentivement son visage, il avait les joues légèrement roses, ses mains ne cessaient de remonter inutilement ses lunettes sur son nez, et il se mordillait la lèvre inférieure. Harry semblait en effet stressé.
— Harry, pour la millième fois au moins, ne te sent pas obligé de quoi que ce soit avec moi, dit Drago en espérant rassurer Harry.
— Je ne me sens pas obligé, mais c'est juste que je ne me sens pas très à l'aise. J'ai peur de pas savoir bien faire.

Drago sourit, et l'embrassa doucement.
— Tout ce que tu feras sera bien, ne t'en fait pas, dit Drago entre deux baisers.

Les deux garçons s'embrassaient depuis déjà plusieurs minutes, tournés l'un vers l'autre dans le canapé. Leurs mains ne cessaient de parcourir les corps, papillonnant, se perdant dans des mèches blondes ou brunes, caressant les nuques et les dos.

Harry avait les mains posées sur le torse de Drago, tandis qu'il lui léchait doucement les lèvres. Il savait que cela avait le don de lui faire perdre ses moyens — ou presque — et Harry aimait particulièrement entendre son Serpentard gémir de plaisir quand il lui prodiguait cette caresse. Drago était toujours tellement fier d'affirmer qu'il gardait toujours le contrôle de lui-même, mais Harry découvrait avec plaisir que même l'aristocratique Drago Malefoy avait des faiblesses.

Drago avait passé ses mains sous le haut de Harry, caressant tantôt la peau de son ventre musclé, tantôt la peau de son dos, le griffant très légèrement, juste de quoi le faire frissonner. Harry avait l'impression que son sang devenait feu, son cœur battait fort et son excitation augmentait de minute en minute.

D'un geste rapide, Harry fit passer le pull gris de Malefoy par-dessus sa tête et entreprit de déboutonner sa chemise noire. Il interrompit les baisers pour mieux se concentrer sur ses doigts qui s'acharnaient sur les boutons nacrés. Foutus boutons ! Pourquoi l'héritier Malefoy ne pouvait-il pas porter des t-shirts comme tous les autres adolescents ? Ce dernier rit doucement, ne faisant rien pour aider le Gryffondor, prenant un malin plaisir à le voir se démener. Histoire de lui compliquer un peu plus la tâche, il posa les mains sur les hanches de Harry, glissa la tête dans son cou et commença à lécher et souffler sur sa peau. Harry sentit immédiatement des frissons de plaisirs le parcourir, et maudit Drago d'avoir compris que cela le rendait fou de désir. Mais pas question de perdre le contrôle ce soir !

Le dernier bouton détaché, Harry retira sa chemise à Drago et passa lentement ses mains sur ses épaules, ses pectoraux finement dessinés, ses côtes légèrement visibles sous la peau blanche, son ventre musclé. Ses doigts chatouillèrent son nombril et caressèrent doucement la ligne de fins poils blonds qui en descendaient, pour s'arrêter au niveau de sa ceinture. Harry releva la tête, ne sentant plus le souffle de Drago dans son cou, pour découvrir que ce dernier, les mains toujours sur les hanches de Harry, avait fermé les yeux et légèrement rejeté la tête en arrière, un souffle rapide s'échappant de ses lèvres entrouvertes. Vision exquise pour Harry qui décida qu'il ne pouvait pas s'arrêter en si bon chemin, se promettant silencieusement qu'il arriverait bien à totalement lui faire perdre le contrôle ce soir.

Un sourire sur les lèvres, Harry crocheta les doigts d'une main sous la ceinture de Drago, les deux premières phalanges se retrouvant entre le tissu et la peau, et tira doucement vers lui, sa deuxième main continuant à descendre pour très légèrement effleurer la bosse qui déformait le tissu. Harry fut rapidement récompensé de son audace, car Drago se mit à gémir et à se tortiller, pour réclamer une caresse plus appuyée. Harry cessa et ses mains vinrent se croiser derrière la nuque du Serpentard. Drago rouvrit les yeux pour croiser un regard vert brillant d'excitation et de malice.
— Tu es sadique, Harry, dit-il avec une voix légèrement rauque, pleine de désir.
— Et encore t'as rien vu, lui répondit Harry, avec un sourire coquin.

Poussant doucement Drago vers le dossier du canapé, Harry s'assit à califourchon sur ses cuisses. Drago en profita pour lui retirer son gilet et son t-shirt, puis Harry reprit les caresses sur le torse et le ventre du Serpentard, insistant sur ses petits tétons roses, tout en l'embrassant furieusement. Il n'arriverait jamais à se rassasier de sa bouche, de sa langue. Harry commençait vraiment à se sentir à l'étroit dans son jean, et sentait les légers mouvements du sexe de Drago qui se gonflait également de sang. Il se colla le plus possible à lui et se mit à onduler du bassin, cherchant à l'exciter encore plus. Une vague de feu lui brula le bas-ventre, et pris à son propre jeu il accéléra le mouvement, se perdant dans les sensations.

Harry avait abandonné les lèvres de Drago. Le front posé sur son épaule gauche, les mains crispées sur son ventre, il s'était abandonné aux sensations provoquées par les frictions de leurs sexes à travers les tissus. Sa respiration se fit hachée et il commença à pousser de petits gémissements incontrôlés. Drago avait complètement rejeté la tête en arrière sur le haut du dossier, ses mains pétrissant le dos du Gryffondor, le souffle court.

Dans un sursaut de volonté, il décida de prendre les choses en main, afin d'arrêter le supplice que lui faisait vivre Harry et parce qu'il aurait été bien en peine de se retenir encore longtemps. Il ne voulait pas que ça se passe de cette façon, il voulait le faire jouir autrement. Drago attrapa alors brusquement les deux mains de Harry, les enserrant fermement dans les siennes, et le fit basculer sur le canapé, se retrouvant au-dessus de lui, se gardant bien de le toucher. Harry ouvrit des yeux surpris, presque groggy du fait de l'arrêt brusque des sensations.
— Drago, mais qu'est-ce que tu fais ? demanda Harry, encore légèrement essoufflé.
— Laisse-moi faire te faire du bien Harry, et si ça ne va pas dis-le-moi c'est tout.

Drago posa doucement les mains du Gryffondor de chaque côté de son corps, sur l'assise du canapé et l'embrassa doucement, le visage en coupe dans ses mains. Il approfondit le baiser, laissant sa langue glisser entre les lèvres de Harry qui se laissa faire avec délectation. Ses mains caressèrent la ligne de sa mâchoire, puis son cou, et sa bouche suivit, léchant et soufflant sur la peau sensible. Provoquant inévitablement un gémissement du jeune homme brun qui se tendit sous la caresse. Les mains de Drago continuèrent leur chemin le long du corps de Harry, caressant et griffant doucement la peau, sa bouche suivant le même trajet quelques secondes plus tard. Il lécha, suça et mordilla les sensibles tétons, et Harry sentit des langues de désir partant de son bas ventre le parcourir tout entier. Il avait fermé les yeux pour se concentrer uniquement sur les sensations, et sa tête reposait sur le haut du dossier. Il voulut passer ses mains dans le dos du Serpentard, mais celui-ci ne le laissa pas faire, plaquant doucement les mains baladeuses sur l'assise du canapé. Harry s'abandonna complètement aux sensations.

Après quelques minutes de ce traitement incroyablement excitant, Harry sentit Drago glisser au sol et ses mains déboutonner son jean, baisser la braguette et crocheter les deux mains sous le tissu, de part et d'autre de sa taille. Drago s'immobilisa quelques instants et Harry rouvrit les yeux.
— Je peux, Harry ?

Il ne put que hocher la tête et souleva légèrement les fesses pour aider Drago à lui enlever jean et boxer d'un seul et même mouvement. Son sexe dur était fièrement dressé, et Drago souffla légèrement dessus avant de le regarder dans les yeux. Les yeux acier de Drago étaient emplis de désir.
— Harry, fais-moi confiance, tu pourras toujours m'arrêter si ce que je fais ne te convient pas.

Ce dernier hocha la tête une nouvelle fois, moins inquiet qu'excité maintenant. Il avait compris que Drago ne le forcerait pas, ne lui ferait aucun mal. Et son cerveau déjà plein d'endorphines était de toute façon presque incapable de réfléchir.

Drago s'installa confortablement entre les jambes de Harry, qu'il ouvrit un peu plus pour accéder plus facilement à l'objet de ses envies. Harry sentit une nouvelle fois un souffle d'air sur sa verge, ça le chatouilla agréablement. Puis des légers baisers, du bout des lèvres, depuis la base jusqu'au sommet. Drago caressa du bout des doigts la très sensible peau des bourses, et sa langue glissa le long du sexe de Harry en suivant l'une des veines saillantes qui le parcourait. Le traitement qu'il infligeait à Harry le fit haleter, et la vision qu'il avait de Drago entre ses jambes était magique.

Harry hoqueta de surprise et de plaisir quand Drago le prit en bouche, semblant l'engloutir. C'était doux, chaud et humide, une sensation comme il n'en avait jamais connu avant. Il sentit la langue de Drago titiller et jouer avec son gland et se sentit comme électrisé. Drago aspira, lécha et suça, de plus en plus vite, caressant d'une main ses bourses et de l'autre son ventre. Harry ne savait même plus où il était tellement c'était bon, il avait fermé les yeux et avait pris les cheveux de Drago à pleines mains.

Perdu dans son plaisir, il se rendit à peine compte qu'une main remplaça durant quelques instants la bouche de Drago. Puis il sentit une légère pression humide entre ses fesses, Drago caressait tout doucement du bout d'un doigt son anus. Harry fut surpris sur le moment, mais la main de Drago qui faisait des va et viens sur sa verge le détourna bien vite.
— Reste détendu, chuchota Drago, fais-moi confiance.

Drago reprit rapidement son membre en bouche, Harry soupira d'aise, tandis que son doigt continuait à jouer vers son entrée. Il s'y enfonça lentement, très lentement. La sensation n'était pas désagréable, mais perturbante et il se contracta légèrement. Drago détourna une nouvelle fois son attention en jouant de la langue sur la peau hypersensible de son gland. Harry sentit bientôt une agréable pression à l'intérieur qui se transforma rapidement en plaisir intense, comme de petites décharges électriques se déversant dans son bas ventre.

Le désir montait de plus en plus vite et il arriva bientôt au point culminant, dans une espèce de sursaut de conscience il tenta de prévenir Drago.
— À… arrêtes Drago chuchota-t-il.

Drago entendit Harry lui parler, mais il refusa volontairement de s'arrêter. Il sentit bientôt le corps entier de ce dernier se tendre, et de longs jets chauds de semence tapissèrent sa langue. Il donna encore quelques coups de langue, avala le liquide et releva doucement la tête. La vision qu'il eut de Harry était particulièrement excitante à ses yeux, ce dernier avait toujours les doigts crispés dans ses cheveux blonds — il sourit en pensant brièvement qu'il allait être complètement décoiffé —, sa tête reposait contre le dossier du canapé, les joues rouges, la bouche entrouverte pour mieux reprendre sa respiration, une fine pellicule de sueur le recouvrant. Il était tellement beau.

Drago détacha délicatement les mains de Harry de ses cheveux, se mit au-dessus de lui et l'embrassa doucement. Harry sortit lentement de sa torpeur et prit Drago dans ses bras, le serrant fort contre lui, comme s'il voulait fusionner avec son amant.
— Merci, chuchota-t-il, à mon tour maintenant.

Il relâcha son étreinte et commença à défaire la ceinture et à déboutonner le pantalon de Drago quand celui-ci l'arrêta.
— Ne te sens pas obligé de me rendre la pareille, Harry, j'ai pris du plaisir à le faire, je n'attendais rien en retour.
— Moi aussi je veux te faire jouir Drago, il n'y a pas de raison que je sois le seul à en profiter, répliqua Harry en baissant sa braguette. En plus tu vas quand même pas me dire que tu as pas envie, on dirait que les coutures de ton pantalon vont craquer !

Drago se mit à rire doucement et secoua la tête.
— Si tu insistes, alors oui j'ai envie. J'ai vraiment très envie de toi là maintenant ! répondit Draco en le regardant dans les yeux, une main lui caressant la joue.
— Je ne suis pas sûr de savoir quoi faire, mais tu n'auras qu'à m'expliquer, je t'obéirais au doigt et à l'œil.

Drago se mit debout en riant, et aida Harry à le débarrasser de ses vêtements qui rejoignirent les autres déjà éparpillés tout autour d'eux.
— Viens là… dit Drago en prenant la main de Harry pour le faire se lever.

Il le prit dans ses bras et lui caressa le dos, tendrement en faisant de petits dessins du bout des doigts, il embrassa son front, son nez, ses lèvres, son menton, la ligne de sa mâchoire et termina sa course dans son cou. Un petit coup de langue et il souffla sur la partie de peau humide, faisant frissonner Harry.
— Dis donc Drago, tu triches, je croyais qu'on s'occupait de toi maintenant ! râla Harry.
— On va y venir, t'en fais pas, mais j'ai besoin qu'une certaine partie de ton anatomie soit de nouveau réveillée pour ça, répondit-il malicieusement.

Harry ne mit pas longtemps à sentir l'envie réveiller ses ardeurs, et sentir le sexe dur de Drago contre ventre n'y était pas étranger.
— Harry, j'ai très envie de te sentir en moi, je vais te guider.

Drago se dirigea vers le canapé, s'y assit élégamment — il mettait un point d'honneur à toujours s'assoir élégamment, quel que soit la situation —, attira Harry vers lui et s'allongea, une jambe pendant du rebord, l'autre pliée. Harry s'installa au-dessus de lui sans l'écraser. Drago prit l'une des mains de Harry, mit son majeur et son index dans sa bouche et se mit à sensuellement lécher ses doigts.
— Tu te souviens de ce que je t'ai fait tout à l'heure ? demanda Drago.
— Oui, souffla Harry.
— Je te laisse carte blanche, mais tu devras y aller doucement, un doigt à la fois. Tu devrais sentir quand je serai assez détendu.

Harry hocha la tête et embrassa Drago longuement avant de plonger vers son bas ventre. Il commença par embrasser sa verge, mit quelques coups de langue, Drago soupira de plaisir. Harry lécha consciencieusement ses doigts et caressa doucement l'anus de Drago, comme il se souvenait l'avoir ressenti plus tôt. Les souvenirs de ce moment étant plus que flous il se mit rapidement à improviser, Drago ayant l'air plus que réceptif à ce qu'il faisait. Il enfonça lentement le premier doigt, sentit les muscles de Drago se serrer puis se détendre à nouveau. Il poursuivit avec un deuxième doigt, et le temps que Drago se détende, il prit son sexe en bouche et fit le tour du gland avec sa langue. Drago se détendit tellement qu'il se mit à gémir doucement le prénom de Harry. Confiant, Harry glissa un troisième doigt aux côtés des deux autres, tout en continuant ses caresses buccales. Drago fut rapidement détendu, et commença à onduler des hanches, le souffle court et erratique.
— Harry, prends-moi, maintenant, demanda Drago.

Harry se redressa et regarda le visage de Drago, ses joues rouges, la mâchoire serrée, se mordant la lèvre pour ne pas crier — ne jamais perdre le contrôle se rappela Harry. Il s'agenouilla au plus près de Drago et le pénétra doucement, ayant peur de le blesser. Drago fit un brusque mouvement de hanche, ses jambes enserrèrent Harry pour se croiser dans son dos, et il se retrouva pénétré jusqu'à la garde. Harry, qui avait basculé vers l'avant et avait dû se retenir en posant ses mains de chaque côté de la tête de Drago, cessa tout mouvement, presque effrayé par la sauvagerie de son amant. Drago lâcha un lourd soupir de bien-être en regardant le visage du Gryffondor.
— Fais pas cette tête, c'est pas ma première fois, et j'en pouvais plus d'attendre, lui dit-il sur un ton rassurant.

Drago commença à bouger les hanches pour initier les va et viens, et Harry reprit ses esprits, se concentrant de nouveau sur les sensations délicieuses de son sexe chaudement enserré. Il se retira et pénétra de nouveau Drago, puis initia un rythme lent, le pénétrant profondément et se retirant presque entièrement à chaque coup de reins. Le souffle de Drago s'accélérait, ses lèvres laissaient échapper de petits gémissements délicieusement excitants aux oreilles de Harry. Drago tenta d'accélérer le mouvement par des mouvements plus amples de ses hanches, mais Harry s'agenouilla, le souleva légèrement sous les fesses et bloqua le mouvement de ses hanches avec ses mains. Drago rouvrit les yeux, regardant furieusement le Gryffondor qui arborait un large sourire, il en voulait plus et Harry ne se laissait pas faire !
— Tu m'as donné carte blanche Drago, lui dit-il malicieusement, tant pis pour toi !

Drago grogna et étouffa un gémissement tandis que Harry reprenait doucement ses coups de reins. Voir Harry au-dessus de lui, le sentir au plus profond de son être, lui fit se dire qu'il n'y avait pas meilleure chose au monde et qu'il se pouvait bien qu'il soit amoureux.

Harry continua sur le même rythme quelques instants, commençant à serrer les dents pour se retenir un peu plus longtemps. Il se souvenait de la promesse qu'il s'était faite à lui-même au début de la soirée, mais à ce rythme-là il n'était pas sûr d'arriver à faire craquer le Serpentard blond avant lui. Il accéléra légèrement le mouvement, diminua l'amplitude et empoigna l'érection du blond de la main droite. Drago étouffa un cri et le regarda une dernière fois avant de fermer les yeux et de s'abandonner aux sensations. Il n'arrivait plus à se concentrer en le regardant et ne tenait pas à perdre le contrôle, ça ne lui était encore jamais arrivé ! S'il avait su que le grand Harry Potter serait aussi doué lors de sa première fois, il aurait sûrement fait les choses autrement.

La jouissance était proche pour les deux maintenant, et Drago n'en pouvait plus.
— Plus vite, plus fort, Harry, supplia-t-il.

Harry serra un peu plus les dents, mais ne changea pas son allure. Il essayait de ne pas penser à ce qu'il faisait, aux sensations particulièrement intenses qu'il ressentait dans le bas ventre, et qui semblaient remonter le long de ses nerfs.
— J'en peux plus Harry, je t'en supplie, plus fort ! finit par crier Drago.

Harry sentit que c'était le bon moment et lâcha la bride, il accéléra ses coups de reins, pour finir par ne plus rien contrôler du rythme et de l'amplitude.
— Harry, Harry, ne cessait de répéter Drago, perdant tout contrôle de lui-même et de sa voix.

Après seulement quelques instants, Drago cria de plaisir. Harry le sentit se déverser dans sa main, et les contractions musculaires autour de son sexe le firent jouir dans l'instant. Quelques mouvements de hanches supplémentaires, et il s'affala de tout son long sur Drago, l'intégralité des muscles tremblants, le souffle désordonné, luisant de sueur. Il voulut se relever, de peur d'incommoder Drago par son poids, mais celui-ci l'entoura tendrement de ses bras pour l'inciter à rester encore contre lui.
— Harry… appela Drago.
— Oui Drago, répondit Harry en tournant la tête vers lui.
— C'est la première fois que je perds le contrôle de cette façon, tu m'as rendu complètement fou Harry.
— C'était bien mon intention en vous invitant ici mon cher, répondit Harry d'une voix douce.

Drago soupira, il se sentait tellement bien dans les bras son homme, il n'aurait jamais cru cela possible un jour.
— Harry, je crois que je le savais depuis longtemps, mais je viens de me rendre compte à quel point je t'aime…
— Moi aussi je t'aime Drago, répondit Harry.

Harry soupira d'aise, là il était bien, et le monde pouvait s'arrêter.


Merci de m'avoir lu jusqu'au bout.

Il n'y aura normalement pas de suite à cette histoire, puisque ce n'est pas prévu.
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