Hello hello.

Comme promis, nous repassons à deux chapitres par semaine, afin de réduire l'attente entre les chapitres. Voici donc le moment de savoir ce qui arrive à Patterson, et quelles sont les intentions de la nouvelle venue envers Jane.

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Remerciements

Merci à toutes mes lectrices et tous mes lecteurs et un grand merci à Fan28, Guest (enfin les 3 Guest lol) pour vos reviews.

Fan28 : Effectivement, Weitz était content de lui, mais il avait ses raisons ^^. Quant à savoir qui a fait tout ça pour la piéger, réponse très bientôt, même si pour le moment elle doit faire face à d'autres problèmes.

Guest : Comme je le disais en intro, au départ je devais faire les deux points de vue, mais faut de temps j'ai dû couper le chapitre en me concentrant sur Jane. Dans celui-ci cependant, tu vas savoir ce qui arrive à Patterson ^^.

Guest 2 : Zapata s'est évanouie dans les bras de Weller après sa libération, tu sauras ce qu'ils font à la fin de ce chapitre ^^.Pour ce qui est du nombre de chapitre, il en reste environ 6 ou 7 pour conclure l'histoire principale (sauf si faute de temps je dois encore couper certains chapitres). Certaines personnes m'avaient demandé il y a déjà un petit moment si je ferais une suite, mais je n'ai pas encore décidé. Par contre je ferais sûrement quelques chapitres supplémentaires qui se passeront tout de suite après la fin de l'histoire, afin de montrer ce que deviennent les personnages (un peu comme un hors-série).

Guest 3 : You'll have the answer about Jane in this chapter ^^.

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Disclaimer

Blindspot, son histoire et ses personnages appartiennent encore et toujours à Martin Gero.

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Résumé du chapitre précédent :

Pendant que Kurt et Roman tentent de sauver Patterson et Zapata, Jane fait face à de nouvelles accusations portées contre elle par Weitz. L'homme est convaincu qu'elle a tué l'agent Bellinger, ce qui n'aide pas la jeune femme à faire face au stress qu'elle ressent déjà après sa mission pour Shepherd. Pire que tout, une arme couverte des empreintes de Jane a été retrouvée sur les lieux du meurtre. Les choses ne s'annoncent pas bien pour la jeune femme tatouée, qui reconnait avoir récupéré cette arme des semaines plus tôt sur un des hommes de Sandstorm tué lorsqu'elle et Nas étaient tombé dans une embuscade. Le fait qu'elle n'ait jusqu'ici jamais mentionné cette arme au FBI ne joue pas en sa faveur tout comme son absence d'alibi pour le meurtre. Avec angoisse, Jane se rend compte que même si elle renseignait Weitz sur la nature de l'enquête contre Sandstorm, elle n'a que sa parole à offrir sur l'endroit où elle se trouvait durant les dernières heures. Contre toute attente, elle reçoit de l'aide d'une inconnue qui se présente pour démonter les preuves que Weitz a contre elle. Son soulagement est cependant de courte durée, car il s'avère que la femme est la remplaçante de Keaton à la CIA, et qu'elle souhaite emmener Jane.

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Chapitre 107 – Self-control

Bureau du FBI, durant l'interrogatoire de Jane

Regroupés dans la salle d'observation, Reade, Nas et Pellington observaient le début de la conversation avec des sentiments mitigés. Reade était nerveux et en colère, tandis que Nas, bien que semblant plus calme en apparence, fronçait les sourcils en permanence. Malgré l'amélioration de leurs relations durant ces dernières semaines, une fois qu'elle avait semblé arrêter d'harceler Jane, l'agent afro-américain était cependant incapable de dire si c'était de l'inquiétude, ou si l'agent de la NSA pensait à ce que cela impliquait pour leur enquête contre Sandstorm.

D'un point de vue purement professionnel, perdre Jane serait évidemment un coup dur, car maintenant qu'elle semblait avoir regagné la confiance de Shepherd, sa valeur en tant qu'agent infiltré avait considérablement augmentée. Bien sûr, ce n'était absolument pas ce qui préoccupait Reade à l'heure actuelle, mais l'agent savait que derrière le regard indifférent qu'il jetait à la scène, Pellington était sans doute en train d'évaluer froidement la situation. Il ne connaissait pas Jane comme eux, et la jugeait même probablement capable d'une telle action sous la pression. Si Weitz parvenait à le convaincre que Jane était coupable, ou au moins que la situation nécessitait une enquête plus poussée, il la laisserait tomber sans hésiter pour éviter que cela ne rejaillisse sur le FBI. Même s'il ne faisait qu'accepter son placement en détention provisoire, les conséquences pourraient être terrible. D'une part parce qu'une fois dans une prison fédérale, il y avait toujours un risque que la CIA vienne la récupérer, et d'autre part parce qu'il savait que Jane ne supporterait pas d'être enfermée.

C'était encore une chose qui mettait Reade en colère, car il avait clairement vu le bref éclair de terreur dans ses yeux lorsque Weitz avait insisté pour qu'elle soit attachée comme une criminelle. L'agent savait que cela lui avait remémoré de mauvais souvenirs, lorsque Weller l'avait arrêté et qu'elle s'était retrouvée dans la même situation, juste avant que Keaton ne vienne la prendre. Ce qui l'enrageait encore plus était d'être totalement impuissant à faire quoi que ce soit pour arranger les choses. Faire irruption et déclencher un scandale dans la salle d'interrogatoire ne se terminerait bien ni pour lui, ni pour Jane. Au contraire, Weitz y verrait sans doute une interférence de sa part, et la confirmation que Jane avait quelque chose à cacher.

-« Monsieur…il y a quelqu'un qui veut vous voir », intervint un jeune agent que personne n'avait entendu entrer.

-« Qui est-ce » ? Demanda Pellington.

-« Je ne sais pas, elle n'a pas voulu dire son nom », répondit l'agent d'un ton incertain.

-« Très bien, j'arrive », soupira le directeur du FBI, avant de se tourner vers lui. « Agent Reade, essayez de joindre l'agent Weller pour savoir où il en est de la recherche des agents Patterson et Zapata. Et…n'empirez pas la situation ». Reade retint de justesse le sarcasme qu'il avait sur le bout de la langue, avant de se tourner vers Nas une fois que l'homme eut quitté la pièce.

-« Des nouvelles » ?

-« Rien de la part des agents que nous avons déployés autour des docks », répondit l'agent de la NSA en secouant la tête après avoir jeté un œil à sa tablette. « Ceci-dit, ce n'est pas très étonnant. Si l'agent Weller a bel et bien réussi à convaincre Roman de nous aider ils éviteront tous contacts avec nos hommes sur le terrain ».

-« Tout ça est un piège, c'est la seule option », répondit Reade en regardant à nouveau vers la vitre d'observation où Jane essayait de faire bonne figure même si les choses ne se passaient pas très bien. Il grogna lorsque Weitz révéla qu'il avait les empreintes de son amie sur l'arme du crime, et lorsqu'elle commença à s'empêtrer dans ses explications pour se justifier.

-« Bon sang Jane, tais-toi et demande un avocat », marmonna-t-il en voyant qu'en s'entêtant à essayer d'expliquer la situation, elle ne faisait que s'enfoncer davantage. Lui-même comprenait parfaitement pourquoi elle avait agi ainsi à l'époque, et pourquoi cela lui était sans doute sorti de la tête ensuite, mais il était douteux que ce soit le cas de Weitz.

-« Attendez…des coups de feu ont été signalés près de l'une des entrées des docks », dit soudain Nas, le distrayant de ses pensées.

-« Où ça » ? L'agent afficha rapidement une image sur son écran, et ils étudièrent un instant la situation. « Vous pensez que c'est Weller » ? Demanda-t-il ensuite en levant la tête vers elle.

-« Je l'ignore. D'après les premiers renseignements, l'un des gardiens a demandé une ambulance et la police près du secteur G-4, avant que son collègue n'entende des coups de feu sur la radio…Eh bien, techniquement il n'a pas eu le temps de donner le lieu, mais il était censé se trouver dans ce secteur à cette heure-ci », précisa l'agent de la NSA.

-« Ok…Même si ce n'est qu'une coïncidence, nous devons vérifier…Eh merde » ! S'exclama Reade après avoir regardé son téléphone.

-« Quoi » ?

-« Un message de Weller ! Il me l'a envoyé il y a plus d'une heure », pesta l'agent du FBI.

-« Pourquoi ne l'avez-vous pas vu plus tôt » ? Demanda Nas avec étonnement.

-« Parce qu'il l'a envoyé depuis un prépayé, je sais que c'est lui uniquement parce qu'il a signé le message. Comme mon téléphone est configuré pour ne pas considérer les messages inconnus comme prioritaires, je n'ai pas eu de notification quand je l'ai reçu », soupira Reade.

-« Que dit-il » ? Rapidement, Reade relaya les informations contenues dans le message. Ce n'était pas grand-chose, mais cela renforçait leur conviction sur ce qui venait d'avoir lieu.

-« Je vais envoyer un groupe sur place, avec Calligan. Il saura garder la tête froide », dit finalement Reade avant d'hésiter en voyant que la conversation entre Weitz et Jane ne s'annonçait pas bien pour la jeune femme ».

-« Allez-y, je reste ici », dit Nas en suivant son regard. « Vous devez vous assurer que les hommes qui vont aller en renfort sont conscients de ce qu'ils doivent faire. Si Roman est avec Weller et qu'ils ont retrouvé les agents Patterson et Zapata, il pourrait très mal réagir en voyant d'autres agents armés débarquer… ». Reade hésita quelques secondes de plus en regardant Jane, avant d'acquiescer en se tournant vers elle.

-« Je n'en ai que pour quelques minutes, le temps de rassembler le groupe et de le briefer, et je reviens. Protégez là c'est compris » ?

-« Je ne laisserais rien lui arriver », promit gravement l'agent de la NSA. Avec un hochement de tête, Reade quitta la pièce en trombe. Plus vite il informait les hommes qu'il comptait envoyer en renfort de ce qu'ils auraient à faire, et plus vite il pourrait revenir pour s'assurer que Jane allait bien.

Quelques minutes plus tôt, devant le bureau de Pellington

Le bruit des voix qui provenait du bureau que le directeur du FBI utilisait lorsqu'il était en visite à New-York interrompit Brianna, qui s'apprêtait à frapper. La jeune femme avait beau être jeune, elle avait déjà été l'assistante de la directrice adjointe Bethany Mayfair auparavant, et elle était celle de Kurt Weller maintenant. Chacun avait ses qualités et ses défauts, mais ils détestaient tous les deux être interrompus lorsqu'ils étaient en entretien, et Pellington avait montré plusieurs fois qu'il partageait ce sentiment. Réfléchissant, la jeune femme se dit que ce qu'elle avait à faire signer pouvait attendre et s'apprêtait à battre en retraire, lorsque les voix se firent plus précises.

Sa curiosité prenant le dessus sur son professionnalisme, la jeune femme fit un pas supplémentaire vers la porte, remarquant qu'elle n'était pas complétement fermée, ce qui permettait au son de filtrer.

-« Vous vous rendez compte de ce que vous me demandez ? Je ne peux pas tout simplement remettre Jane Doe à la CIA, après tout ce qui est arrivé ces dernières semaines », dit la voix de Pellington. Brianna retint de justesse un hoquètement choqué en portant la main à sa bouche. Comme tous les présents dans l'open-space ce jour-là, elle avait assisté à l'altercation entre Jane Doe et un homme, qui avait plus tard était identifié comme le directeur adjoint de la CIA Jake Keaton. Un homme qui donnait une impression détestable au premier abord, ce qui avait ensuite était confirmé lorsque l'homme s'était littéralement vanté devant eux d'avoir torturé la jeune femme tatouée. Elle se rappelait la détresse et la terreur qu'elle avait vu dans les yeux de Jane, ce qui l'avait beaucoup marqué.

Bien qu'elles ne se parlent souvent que pour échanger des politesses, Brianna avait rapidement admiré la jeune femme. Après avoir été retrouvée nue et couverte de tatouages dans un sac, celle-ci s'était battue pour découvrir ce qui lui était arrivé, et avait contribué à bon nombre d'enquêtes depuis son arrivée au sein de l'équipe Weller. Sous son abord un peu distant, qui était plus un moyen de se protéger que sa vraie personnalité, elle savait que Jane Doe cachait un grand cœur, pour l'avoir vu quelques fois agir avec la fillette dont elle avait temporairement eu la garde après l'accident de ses parents, et surtout l'avoir vu se faire une place au sein de l'équipe formée par les agents Patterson, Zapata et Reade. Ce n'était un secret pour personne au bureau qu'ils formaient un groupe plutôt fermé, presque une famille, avec le directeur adjoint Weller, et le fait que grâce à sa détermination et sa gentillesse elle ait réussi à s'y faire une place montrait à quel point elle était forte. Toute cette force avait cependant semblé s'envoler après la rencontre avec ce Keaton, pour laisser à la place une femme traumatisée et effrayée, ce qui avait était un contraste saisissant.

Après l'altercation, toute l'équipe avait semblé à deux doigts de commettre un meurtre, et il avait même fallu plusieurs agents pour retenir Weller qui voulait en découdre physiquement avec son homologue de la CIA. Connaissant son attachement à Jane Doe et à son équipe, ce n'était pas très étonnant lorsque que l'on prenait en compte le fait que l'homme avait torturé l'une, et agressé un membre de l'autre, d'après les accusations que la brune tatouée avait portés contre lui. Le choc avait été important pour les agents présents, encore plus lorsque Pellington et Weller avaient pris la parole pour expliquer que tout était vrai, et que les tatouages sur le corps de Jane Doe comprenaient des informations qui pouvaient mener à des opérations de la CIA, ce qui faisait d'elle une cible.

Pellington et Weller avaient été très clair sur le fait que Keaton ne devait plus être autorisé ni à entrer dans le bâtiment, ni à s'approcher de Jane Doe ou de l'agent Patterson. Tout le monde en avait convenu, et l'évènement avait attisé les passions, avant que la pression ne retombe un peu lorsque la nouvelle s'était répandue que Keaton avait été mis à pied par la CIA. Que le directeur envisage lui-même de déroger à ses propres ordres était donc des plus déconcertant…

-« J'en suis consciente, mais ce n'est que temporaire. La question n'est pas de savoir si vous voulez que nous ayons accès à Jane Doe, mais plutôt si vous voulez sauver vos agents… », répondit une voix de femme, attirant à nouveau son attention.

-« Bien sûr que je tiens à retrouver mes agents ! Tout cela ne serait pas arrivé si vous aviez pris des mesures appropriées contre Keaton lorsque je l'ai demandé » ! S'emporta le directeur du FBI, et Brianna pu l'entendre arpenter nerveusement son bureau.

-« Keaton a été suspendu dès que nous avons su ce qu'il avait fait à l'agent Patterson. Il était en attente d'une procédure disciplinaire, mais personne n'aurait cru qu'il irait jusque-là…Perdre son travail lui a visiblement fait perdre la raison », répondit calmement l'inconnue.

-« Au point d'enlever deux de mes agents » !

-« C'est vrai, et nous avons besoin de Jane Doe comme monnaie d'échange pour les récupérer. La balle est dans votre camp maintenant. Vous pouvez continuer à vous débrouiller seul, avec des résultats incertains, ou vous pouvez me laisser voir Jane Doe et récupérer les agents Patterson et Zapata ». Il y eut un long silence, puis dans un soupir, Pellington répondit.

-« Très bien…Que Dieu me pardonne, mais nous allons suivre votre plan. Jane Doe est actuellement dans la salle d'interrogatoire numéro 4 ». Entendant des bruits de pas se diriger vers la porte, Brianna se dépêcha de fuir vers le premier bureau vide qu'elle trouva afin de ne pas attirer l'attention, son cerveau fonctionnant à plein régime. Pour retrouver les agents Patterson et Zapata, Pellington allait réellement livrer Jane Doe à ceux qui l'avaient torturé la première fois ? Ce n'était pas correct…Cela ne pouvait pas arriver… Brièvement, la jeune femme pensa au directeur adjoint Weller, qui ces derniers temps s'était considérablement rapproché de l'amnésique à la peau couverte d'encre. Ils essayaient d'être discrets, ce qui était à la fois amusant et presque attendrissant, mais la plupart des agents soupçonnaient qu'ils étaient en couple. Malheureusement, Weller n'était pas là, sans quoi il n'aurait jamais laissé faire cela.

Penchant prudemment la tête par l'entrebâillement de la porte, l'assistante regarda la femme qu'elle avait entendue parler sortir du bureau, accompagnée de deux hommes à la carrure imposante. Sans attendre, elle se dirigea vers un raccourci. Elle ne pouvait sans doute pas arriver avant eux, mais elle pouvait toujours prévenir l'agent Reade. Lui ne laisserait pas cela arriver, elle en était sûre, même si ce qu'ils s'apprêtaient à faire risquait de leur valoir des ennuis auprès de Pellington. Certaines choses étaient tout simplement trop importantes pour attendre sans rien faire…

Quartier des docks, quelques temps plus tôt

Le souffle court, Patterson essaya de se faire la plus petite possible dans son coin en entendant les pas de son agresseur approcher. Mentalement, la jeune femme maudit son imprudence. En rencontrant le vigile, elle avait baissé sa garde, se pensant tirée d'affaire. Afin de ne pas paraitre menaçante, elle avait laissé tomber la barre de fer au sol, et lorsque les coups de feu avaient éclaté, elle avait pris la fuite sans pouvoir la récupérer. Et maintenant elle se trouvait là, sans arme et espérant passer inaperçu…Le côté rationnel de son esprit lui disait que le vigile avait eu le temps de prévenir ses camarades avant qu'on lui tire dessus, et que la police était sans doute déjà en route. Toutefois, elle savait qu'il valait mieux ne pas trop avoir d'espoirs. Même si le message avait été entendu, personne ne devait avoir d'idée de leur localisation précise, ce qui allait considérablement compliquer la tâche des secours pour les retrouver.

Un temps qu'elle n'avait probablement pas, songea-t-elle en apercevant l'homme qui la poursuivait entrer dans son champ de vision depuis sa cachette. Soudain, il se mit à ralentir, et avec horreur la blonde remarqua ce qui avait attiré son attention. Lorsqu'elle avait fui le bureau, elle s'était coupée au bras sur un tesson de verre, et quelque part entre le lieu où le vigile avait été abattu et ici, son pansement de fortune s'était desserré. Plusieurs gouttes étaient tombées sur le sol, et visiblement son poursuivant venait de les remarquer. Dans son malheur, elle avait un peu de chance, car cela ne formait pas une piste directe jusqu'à son abri, du moins d'après ce qu'elle pouvait voir. C'était cependant suffisant pour qu'il sache qu'elle se trouvait tout près et réduire son champ de recherche...

Mentalement, Patterson fit l'inventaire de sa situation. Son bras blessé commençait à l'élancer douloureusement, ce qui était une mauvaise nouvelle. Enfin…pas qu'elle se serait risquée dans un combat au corps-à-corps avec un homme armé de toute façon… Elle n'avait pas d'arme, pas de moyen de joindre des secours, en fait tout ce dont elle disposait c'était de la vieille couverture du bureau où elle s'était réfugiée, qu'elle avait emporté avec elle. À moins de se cacher dessous comme une enfant de trois ans en espérant que si elle ne le voyait pas, cela voulait dire que son agresseur ne la voyait pas non plus, cela ne lui serait pas très utile.

-« Allez sors, je sais que tu es là » ! Cria son agresseur, la faisant sursauter. « Ne m'oblige pas à venir te chercher et je ne te ferais pas de mal…Enfin, pas trop ». Cette fois-ci, malgré la peur, la jeune femme roula des yeux en songeant que c'était sans doute là l'idée qu'il se faisait d'une offre raisonnable. Le son de la voix était tout proche cependant, et elle chercha frénétiquement un autre moyen de fuir. Sa meilleure chance serait d'arriver à revenir sur ses pas et de récupérer l'arme et la radio du vigile, mais Dwight se trouvait entre elle et son objectif, et elle doutait de pouvoir le dépasser sans qu'il s'en rende compte. Soudain, un éclair de lucidité la gagna. La benne derrière laquelle elle se cachait se trouvait légèrement en surplomb, juste devant un plan incliné qui devait servir pour les livraisons. Si elle jouait bien cette carte…oui ! Son agresseur venait de se placer juste devant.

Espérant que la benne n'était pas trop lourde, la jeune femme déverrouilla le système de blocage des roues le plus rapidement et le plus silencieusement possible avant de caller son dos contre le mur. Son appui assuré, elle replia les jambes devant elle, les posant contre la paroi de métal. Contractant ses muscles, Patterson commença à exercer une pression constante sur la benne, qui vibra lentement. L'objet était moins lourd qu'elle le craignait, mais il lui fallait tout de même faire un sérieux effort pour la déplacer. Avec un horrible grincement de métal, la benne commença à bouger, et elle sut instantanément qu'elle n'avait que quelques secondes avant que la surprise ne disparaisse et que l'homme comprenne ce qu'elle préparait. L'adrénaline lui donna un coup de fouet, et après un dernier effort la benne commença à dévaler la rampe en direction de son poursuivant.

Sans attendre de voir le résultat, blonde se releva et se mit à courir dans la direction opposée. Derrière, la benne heurta quelque chose avec fracas, et plusieurs jurons se firent entendre, avant qu'un coup de feu ne claque sur le mur tout près de sa tête. Sans ralentir, Patterson se rua vers la première porte qu'elle trouva, appuyant frénétiquement sur la poignée. Malheureusement, elle était verrouillée, ce qui l'obligea à reprendre sa course sans attendre. Pour elle, tout semblait n'être que la répétition du même geste, car chaque porte derrière laquelle elle espérait trouver le salut était hermétiquement fermée. Ses poumons et ses jambes commençaient à brûler sous l'effet de l'effort qu'elle leur demandait, et elle dû finalement s'arrêter à une nouvelle intersection, haletante.

Tandis qu'elle essayait de reprendre son souffle, ses yeux scannaient rapidement les alentours à la recherche d'une issue, ou plus important, de son poursuivant. Elle avait complétement perdue la notion du temps durant sa fuite, mais d'après son état de fatigue, cela devait faire plusieurs minutes qu'elle courait. Maintenant que le rugissement du sang dans ses oreilles s'estompait un peu, l'agent prenait conscience que le bruit de l'océan lui semblait plus lointain. Dans sa fuite, elle avait dû s'éloigner sans s'en rendre compte de son objectif initial, les grues qu'elle avait vu en activité au loin, espérant y trouver de l'aide. Cette zone semblait au contraire beaucoup plus calme, ce qui diminuait ses options. Jetant un regard vers son bras, elle constata que le bandage de fortune qu'elle avait resserré dessus tenait toujours, mais savait qu'elle allait devoir trouver un médecin très rapidement. Même si la blessure était trop peu profonde pour risquer qu'elle se vide de son sang, il y avait toujours le risque qu'elle attrape une infection.

Instinctivement, sa main se porta à nouveau sur son ventre, où son bébé grandissait à l'abri du monde extérieur. L'idée raffermit sa détermination, il était hors de question de laisser quiconque faire du mal à son enfant. Sa meilleure chance pour le moment était de trouver un autre bureau, cette fois-ci muni d'un téléphone en état de marche et de s'y cacher en attendant les renforts. Reprenant sa marche à une allure plus lente, elle tendit l'oreille, à l'affut d'un bruit qui l'avertirait que son agresseur l'avait retrouvé. Ses pas la dirigèrent vers un bâtiment à deux étages, avec le logo d'une compagnie de transport. Bien sûr à cette heure de la nuit, ou plutôt du matin puisqu'elle voyait que la luminosité augmentait progressivement, personne ne s'y trouvait, mais elle avait des chances d'y dénicher un téléphone. S'approchant de la porte d'entrée, elle trouva sans surprise celle-ci fermée, avant de remarquer du coin de l'œil un mouvement dans la vitre sur sa droite. Derrière elle, la silhouette de Dwight se dressait, l'arme pointé sur elle. Sans réfléchir, elle plongea sur le côté, et le coup de feu claqua dans la vitre qui ne se brisa pas, mais s'étoila autour de l'impact.

Se ruant vers l'escalier anti-incendie qui menait au deuxième étage, Patterson commença à grimper lorsque son pied droit rata soudain une marche. Sa cheville se tordit sous son poids en heurtant la marche précédente, et elle s'effondra durement dans l'escalier, sa tête heurtant le rebord d'une autre marche.

-« Tu pensais réellement t'en tirer comme ça » ? Demanda l'homme avec colère en s'approchant. Un peu sonnée, la jeune femme essaya de continuer à ramper vers le haut, tout en regardant derrière elle. Le nez de Dwight était ensanglanté et de travers, et malgré son état de désorientation, elle en éprouva un bref moment de satisfaction, à l'idée que la benne l'ait heurté, ou qu'il se soit fait cela en sautant de côté pour l'éviter.

-« Je suis agent fédéral », bégaya la jeune femme en étouffant un cri de douleur lorsqu'elle essaya de reprendre appui sur sa cheville droite pour se redresser.

-« Je m'en fous complétement », gronda son assaillant en s'approchant le visage déformé par la colère. Patterson sentit la terreur l'envahir, mais alors que Dwight se tenait au pied de l'escalier et tendait la main vers elle, une masse de muscle le heurta violemment pour l'envoyer contre le mur. Encore un peu désorientée, l'agent du FBI plissa les yeux pour essayer de distinguer le visage de son sauveur, remarquant enfin une longue cicatrice au-dessus et au-dessous de son œil droit.

-« Roman », souffla-t-elle stupéfaite en observant le combat. Le frère de Jane était clairement supérieur au criminel de bas étage qui lui faisait face, et d'un geste sec lui brisa le poignet qui tenait l'arme, la laissant tomber au sol. L'homme hurla de douleur, mais transforma cette souffrance en colère, et parvint à se dégager d'un coup d'épaule qui envoya à son tour Roman contre le mur. Celui-ci sembla à peine remarquer le coup, et repartit tout de suite à la charge, enchainant plusieurs coups de poings visant des points sensibles : le foie, le plexus… tous conçus pour infliger le maximum de douleur. Finalement, il sembla se lasser de son punchingball humain et d'un coup de genou le mis au sol, avant de passer derrière lui en enroulant les bras autour de son cou dans une prise d'étranglement.

-« Roman non » ! Cria Patterson en le voyant faire. Pendant quelques secondes, elle crut qu'il ne l'avait pas entendu, ou alors qu'il l'ignorait volontairement, mais ses yeux croisèrent soudain les siens. Contrairement à ce qu'elle attendait, il n'était pas possédé par la soif de sang, au contraire, il semblait pris d'une colère froide mais était totalement maître de lui-même. Pour n'importe qui, il aurait pu sembler dangereux, mais sans savoir pourquoi, Patterson n'éprouvait que du soulagement et de la joie de le voir. Elle était incapable de l'expliquer, mais elle savait d'instinct que le frère de son amie ne lui ferait pas de mal.

-« Pourquoi » ? Demanda-t-il en continuant d'étrangler sa proie, semblant curieux d'entendre ses raisons. « Ce type est un violeur, personne ne le regrettera ».

-« Il doit nous dire où est Tasha », objecta Patterson en secouant la tête, avant de s'arrêter lorsque le monde se mit à nouveau à tourner autour d'elle.

-« Weller et moi avons retrouvé la… l'agent qui a tiré sur ma sœur », grogna le jeune homme, même si il était évident qu'au départ il avait un qualificatif beaucoup moins flatteur en tête pour la Latina.

-« Est-ce qu'elle va bien » ? Demanda aussitôt la blonde, sans plus se préoccuper du criminel qui faisait toujours des gestes désordonnés pour essayer de sortir de la poigne de fer de Roman.

-« La dernière fois que je l'ai vu elle n'était pas très en forme, Keaton a fait un sacré numéro sur elle. Mais elle était vivante et consciente », répondit le frère de Jane. En entendant ses mots, Patterson se sentit à la fois effrayée et soulagée. Effrayée car elle savait de quoi l'homme de la CIA était capable, et que son amie avait dû vivre l'enfer. Soulagée parce qu'elle était libre et en vie.

-« Ne le tue pas », dit-elle en voyant que l'homme ne bougeait pratiquement plus. « Tu vaux mieux que lui. Il doit être jugé pour ce qu'il a fait, et mourir comme ça serait beaucoup trop doux pour lui », essaya-t-elle de le raisonner. Venant de n'importe qui d'autre, à l'exception de sa sœur et peut-être de sa mère, même si Shepherd aurait plutôt donné l'ordre inverse, il se serait contenter d'ignorer la demande. Après quelques secondes de réflexion, il comprit que ce qui l'avait surtout touché, c'était que la blonde pense qu'il valait mieux qu'un vulgaire criminel. Pour une raison étrange, cela éveillait un certain écho en lui, et il relâcha sa prise, Dwight s'effondrant immédiatement sur le sol devant Patterson.

-« Prise du sommeil, il vivra », commenta simplement Roman en la voyant regarder l'homme inconscient avec méfiance.

-« Ok… Est-ce que tu as un moyen de prévenir Kurt que nous sommes là ? Non mieux emmène moi là-bas, je dois voir Tasha. Est-ce que Jane est revenue, est-ce qu'elle va bien » ? Demanda très rapidement la jeune femme.

-« Ola doucement », répondit Roman en s'approchant alors qu'il la voyait sur le point de tourner de l'œil en essayant de se relever.

-« Le bébé… je dois aller à l'hôpital… je dois être sûre qu'il va bien », murmura ensuite la blonde avec inquiétude, son cerveau semblant passer d'une idée à l'autre.

-« Je vais appeler une ambulance », lui dit Roman en portant la main à sa poche arrière, avant de jurer.

-« Quoi » ?

-« J'ai dû perdre mon téléphone en courant pour venir ici », marmonna le jeune homme avec colère avant de fouiller l'homme inconscient à ses pieds. Il lâcha un nouveau juron en sortant un téléphone de la veste de Dwight, manifestement brisé par le combat.

-« Il y a sûrement un téléphone à l'intérieur », répondit Patterson d'une voix faible. Alors qu'il allait répondre, Roman prit conscience que de nombreuses sirènes retentissaient aux alentours, et semblaient se rapprocher. Manifestement les coups de feu avaient alerté les fédéraux et ils rappliquaient en force.

-« S'il te plait… ne me laisse pas », murmura Patterson, se méprenant sur le sens de son hésitation et pensant qu'il allait la laisser ici en attendant que la police arrive. Ce n'était absolument pas son intention. Outre le fait que la meilleure amie de sa sœur, enceinte de surcroit, ne méritait pas qu'il l'abandonne ainsi après tout ce qu'elle avait fait pour l'aider à guérir, l'idée de la laisser derrière lui ne lui avait même pas traversé l'esprit.

-« Je ne vais nulle part », répondit Roman en la soulevant sans effort dans ses bras, plaçant une de ses mains de manière à maintenir son pansement de fortune sur son bras blessé. « Où plutôt si, mais tu viens avec moi », ajouta-t-il alors que la jeune femme perdait connaissance. Maintenant, il devait juste trouver un moyen de sortir du périmètre avec une femme évanouie dans les bras et de l'emmener se faire soigner sans se faire arrêter. Eh bien… le défi s'annonçait intéressant pensa-t-il avec un reniflement moqueur avant de se mettre en route.

…..

Quelques centaines de mètres plus loin, avec Kurt et Zapata

Avec un amusement mêlé d'inquiétude, le directeur adjoint du FBI regarda les ambulanciers essayer de convaincre Tasha de rester allongée sur son brancard, ce qui n'entrait visiblement pas dans les plans de la Latina. Il avait eu un moment de panique lorsqu'elle s'était évanouie presque littéralement dans ses bras, juste avant que les premières voitures remplies d'agents du FBI n'arrivent sur les lieux. Venus enquêter sur l'origine du coup de feu que lui et Roman avaient entendu, ils avaient été très surpris de les trouver ici, mais rapidement le mot avait été donné et une ambulance était arrivée au moment où Zapata reprenait connaissance, pendant que le reste des agents sécurisait les alentours et appelait les techniciens pour faire des relevés sur la scène de crime.

Après s'être entretenu avec l'agent en charge, il avait appris que l'ambulance avait été appelée par les vigiles suite à des coups de feu dans le secteur voisin plus tôt, mais que les secours été arrivés trop tard. L'homme était mort de ses blessures, et les urgentistes avaient donc répondu au nouvel appel du régulateur lorsque le FBI avait demandé une ambulance pour Zapata. Même s'il regrettait la mort de cet homme, Kurt était heureux que le hasard joue en leur faveur en fournissant rapidement des professionnels pour prendre en charge la Latina. D'autres coups de feu avaient retenti un peu plus tôt, mais il n'avait pas voulu laisser Tasha seule, et sur place les agents dépêchés en urgence n'avaient trouvé que Dwight Carmichael, sévèrement battu et inconscient, pas que cela le dérange. Il avait tout de suite soupçonné que Roman avait finalement retrouvé la trace de Patterson et de son agresseur. Bien sûr, il aurait aimé en avoir confirmation, mais Roman ne répondait pas à ses appels. Il pouvait y avoir plusieurs raisons à cela, et il avait décidé de se concentrer pour le moment sur ce qu'il pouvait gérer, son instinct lui disant que le frère de Jane ne laisserait pas Patterson en danger si elle avait besoin de soins médicaux.

-« Madame, restez allongée », essaya de convaincre une nouvelle fois une Zapata peu coopérative le plus âgé des deux hommes.

-« Je vais bien, ce n'était qu'un évanouissement de rien du tout », essaya de minimiser la jeune femme en retirant le masque à oxygène qu'on l'avait obligé à porter. Les blessures sur son corps avaient été rapidement bandées, et quelqu'un lui avait fourni une veste du FBI pour remplacer son chemisier en lambeau et préserver sa pudeur, mais elle ne semblait pas réellement s'en soucier. « Patron dis leur ! Nous devons retrouver Patterson » ! Ajouta-t-elle en le voyant approcher.

-« Elle a besoin d'aller à l'hôpital. Ses blessures sont stabilisées mais il lui faudra des points de sutures, et elle doit faire des radios pour être sûr qu'il n'y a pas de dégâts internes et que ses côtes ne risquent pas de percer ses poumons. Et je ne parle même pas du trauma crânien », soupira le deuxième ambulancier.

-« Ils ont raison Tasha, tu dois aller à l'hôpital », approuva Kurt, n'osant pas faire part de sa théorie à son amie devant autant de témoins. À cet instant, un SUV s'arrêta devant eux dans un crissement de pneus.

-« Monsieur, nous avons une urgence », dit Calligan en sortant précipitamment de la voiture aussitôt qu'il le vit, faisant prendre conscience à Kurt qu'il n'avait plus son téléphone et que le prépayé était resté muet depuis qu'ils avaient récupéré Tasha.

-« Quelle urgence ?! Est-ce que vous avez retrouvé Patterson ? Et Jane ? Est-ce qu'elle est revenue » ? Demanda rapidement Zapata derrière lui.

-« Pas de nouvelles de l'agent Patterson désolé. Et oui, miss Doe est revenue au FBI mais… ».

-« Mais quoi » ?! Demanda sèchement Kurt.

-« Weitz l'a accusé de meurtre, et la CIA veut l'emmener à nouveau. Les agents Reade et Monroe essayent de les en empêcher », répondit nerveusement Calligan, alors que Kurt et Tasha se figeaient sur place, ayant l'impression que le ciel venait de leur tomber sur la tête.

…..

Bureau du FBI, au même moment

Mécaniquement, Jane se laissa guider vers le garage par les deux hommes de la CIA. Après la journée qu'elle avait vécue, le choc était tout simplement trop grand. Son cerveau ne parvenait pas à assimiler ce qui lui arrivait, et en dépit de la petite voix dans sa tête qui lui criait de se battre, de tenter de fuir avant qu'il ne soit trop tard, elle était incapable de faire le moindre geste autre que de marcher sans réflexion. Son esprit tourbillonnait, revenant sur Weitz qui avait tempêté sur cette intrusion avant de se laisser convaincre par le papier que Walkers lui avait remis. Ensuite, cela avait été au tour de Nas d'essayer de s'interposer, mais sans succès. Pendant qu'un agent bloquait la femme diminuée par sa blessure, l'autre avait poussé Jane à avancer, suivit par sa supérieure. Elle se demandait où était l'équipe, et pourquoi personne ne venait à son aide. Est-ce qu'ils avaient changé d'avis à nouveau sur elle ? Est-ce que Pellington les avait fait arrêter pour s'assurer qu'ils ne gêneraient pas son transfert ?

-« Désolée pour toute cette mise en scène, mais nous avions besoin de nous débarrasser de Weitz », lui dit Walkers, lui faisant prendre conscience qu'ils venaient de s'arrêter. Alors que Jane la regardait sans comprendre, elle se tendit instinctivement, prête à se battre lorsque l'un des deux gardes du corps de la directrice adjointe de la CIA s'approcha d'elle, juste avant qu'une porte ne claque au fond du parking.

-« FBI, les mains en l'air » ! Cria Reade en s'approchant en courant, l'arme au poing. Le cœur de Jane se tordit, pris entre le soulagement de le voir et la crainte de le voir se mettre en danger.

-« Les mains en l'air », répéta une autre voix dans leur dos, et en tournant la tête elle vit Monroe qui approchait, menaçant lui aussi les agents de la CIA.

-« Du calme messieurs, je vous garantis que nous sommes dans le même camp », répondit prudemment la directrice adjointe de la CIA en levant les mains devant elle pour montrer qu'elle n'avait pas d'arme.

-« Ça j'en doute fort » ! Répondit sèchement Reade. « Jane, viens près de moi », ajouta-t-il plus doucement. Lorsque Brianna était venue le trouver, il n'en avait pas cru ses oreilles. Pellington osait faire cela dans leur dos ? Il maudit Keaton pour avoir fait éclater l'équipe en enlevant deux de ses membres, ce qui le laissait seul pour faire face à une situation potentiellement explosive. Enfin, pas si seul que cela, puisque Monroe qui rôdait non loin avait entendu la conversation et s'était porté volontaire pour l'aider à protéger Jane. Nas, qui n'avait pas réussi à empêcher les agents de la CIA de quitter l'étage des interrogatoires, les avait guidés en suivant la progression du groupe sur les caméras de surveillance, leur permettant de les prendre par surprise.

-« Baissez votre arme agent Reade… Vous aussi agent Monroe », intervint une nouvelle voix, alors que Pellington sortait rapidement de l'ascenseur, suivi par Nas qui boitillait aussi vite que le lui permettaient sa jambe blessée et sa béquille.

-« Pourquoi ? Pour que vous livriez Jane à la CIA » ? Demanda l'agent afro-américain avec colère.

-« Les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être », répondit le directeur du FBI d'une manière cryptique. Percevant un mouvement du coin de l'œil, Reade se tourna vers l'homme qui se tenait à côté de Jane, avant de plisser les yeux dans la confusion lorsqu'au lieu de l'attaquer il déverrouilla les menottes de la jeune femme. Méfiante et confuse elle aussi, Jane frotta machinalement ses poignets avant de se rapprocher instinctivement de Reade.

-« Je suis navré de la détresse que cela à pu lui causer, mais la situation nécessitait des mesures disons… peux courantes… », répondit Pellington.

-« Comment ? En la terrifiant en lui faisant croire que la CIA l'emmenait pour la torturer à nouveau » ? Demanda rageusement Reade, sans baisser son arme toujours pointée vers les agents de la CIA qui commençaient à avoir l'air nerveux.

-« Comme je le disais, je regrette moi aussi cette mise en scène. Je vous assure que je n'ai aucune mauvaise intention envers Jane », intervint Walkers en baissant les mains.

-« Keaton a dit exactement la même chose la première fois que je l'ai rencontré », gronda Jane alors que Reade passait devant elle, comme pour la protéger de son corps.

-« Keaton est un boucher, et même si j'aimerais que nous revenions plus en détail sur certains éléments qui ont récemment été portés à ma connaissance concernant votre situation, nous avons besoin de vous d'abord », répondit calmement la femme.

-« Pour faire quoi » ? Lui demanda la brune avec méfiance. Cette fois-ci Walkers lui jeta un regard surpris, avant qu'un éclair de compréhension ne passe dans son regard. « Je vois… vous étiez en infiltration et Weitz vous est tombé dessus à votre retour, alors vous n'êtes pas au courant… ».

-« Au courant de quoi » ? Demanda brusquement la jeune femme alors que Reade tournait la tête vers elle.

-« Ce… c'est Patterson… et Zapata », répondit l'agent très mal à l'aise, ne sachant pas comment lui annoncer la nouvelle.

-« Est-ce qu'elles vont bien » ? Demanda aussitôt Jane, son inquiétude changeant immédiatement de nature.

-« Je… nous n'en savons rien », admit son ami.

-« Elles ont été enlevées par Keaton, probablement pour servir d'appât et vous forcer à venir à lui », compléta Walkers, alors que la brune tatouée ouvrait de grands yeux horrifiés.

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Fin du chapitre 107

09/09/2018