Chapitre 16 :

Quand Jim s'endormit sur son épaule à la moitié du film, Spock aurait pu réveiller le jeune homme. Ou peut-être même aurait-il pu se décaler de sorte que la tête de Jim repose sur le siège au lieu de son épaule.

Il ne fit ni l'un ni l'autre.

En fait, Spock voulait illogiquement que le film dure plus longtemps qu'il ne l'était pour qu'il puisse continuer à être utiliser comme oreiller.

Spock n'avait jamais eu son thy'la endormi contre lui avant. Il n'avait jamais fait ça avec quiconque. Pendant sa brève intimité avec Nyota, elle n'avait jamais voulu se servir de son épaule ou de son torse comme appuie. Spock ne s'en était pas soucié non plus, car il ne s'était pas attendu à obtenir une quelconque satisfaction d'un tel geste.

Il avait eu tord.

L'avoir allongé sur lui de cette façon était quelque chose qu'il trouvait beaucoup plus attachant qu'il ne le devrait. Même si Jim appartenait à Spock d'une manière que Jim lui-même ne soupçonnait pas, Spock devait se rappeler que Jim était actuellement le petit-ami d'un autre. Quelque chose que Spock trouvait de fort désagréable.

Il n'avait pas confiance en Mitchelle, certes, mais Spock devait admettre qu'il n'apprécierait aucun des potentiels amants de Jim. Avant qu'il n'ai à réaliser ce que Jim était pour lui, Spock n'avait jamais eu à faire face à cette situation. Sur Vulcain, Jim avait été plus préoccupé par ses études, et n'avait socialisé qu'avec la famille ou ceux dont la famille avait confiance.

Maintenant, s'il avait eu une relation de cette sorte sur Vulcain, Spock se doutait désormais qu'il n'aurait pas été des plus heureux. Il réalisait, beaucoup trop tard, ce que Jim avait dû ressentir en le voyant avec Nyota.

Le film terminé, les lumières s'éteignirent, et Jim remua instantanément, ses cils se relevant pour révéler le bleu saisissant de ses yeux. Il redressa rapidement et cligna des yeux, sa peau rougissant.

« Désolé. » Jim se frotta les yeux. « Je me suis endormi ? »

« Effectivement. Le film n'était pas très intéressant. »

« Je suppose que non. J'espère que je n'ai pas ronfler. »

En fait si, il avait ronflé très doucement et, illogiquement, Spock avait été fasciné. Mais il ne répondit pas, et Jim sembla ne pas le remarquer.

« Si tu n'as pas d'objection, il y a un café et un salon de thé non loin d'ici qui est ouvert tard. J'ai pensé que ce serait agréable de s'y arrêter. »

« Oui. Bien sûr. » Jim se leva d'abord, se balançant juste un peu, et Spock le stabilisa immédiatement avec une main sur sa hanche. Jim devint encore plus rouge. « Pardon. »

Spock laissa tomber sa main et se leva. « Les excuses ne sont pas nécessaires."

Il sortit de l'auditorium, mais avant qu'ils ne quittent le bâtiment, Jim s'arrêta pour aller aux toilettes. Spock les dirigea ensuite vers le café et le salon de thé.

Jim sourit en entrant.

« Je ne suis jamais venu ici. Je suis à San Francisco depuis des mois et tu sembles en savoir plus sur ses secrets. »

« J'ai eu le temps d'explorer puisque j'enseigne seulement un cours. Contrairement à toi qui doit en suivre plusieurs. »

« C'est vrai. Et j'ai tendance à aller que dans des endroits que Gary ou Bones connaissent bien. »

Spock choisit sagement de ne pas répondre à cela et mena plutôt Jim vers une petite table près d'une fenêtre.

« As-tu développé un goût pour le café maintenant que tu es sur Terre, Jim?"

« Pas vraiment. J'en bois quand on m'en offre, mais ma préférence va toujours vers le thé. »

« J'ai remarqué que tu ne mangeais pas de viande non plus. »

Jim secoua la tête. « Définitivement des plats que nous avions sur Vulcan me manquent. Il y a quelques endroits ici qui servent des plats indigènes mais, je ne sais pas, ils ne sont pas tout à fait pareil pour moi. »

Spock pris le très petit menu. « Si tu me le permets, je vais choisir pour toi puisque je suis familier avec leurs offres. »

Jim sourit et agita la main. « Sûr. Tu sais ce que j'aime."

Spock se leva de la table, alla au comptoir et commanda une bouilloire de thé et deux tasses pour eux. Il revint quelques minutes plus tard et plaça le tout devant Jim.

« Ça sent bon. »

« Jim, puis-je te poser une question ? »

« Oui. »

« Pardonne mon manque de finesse dans cette situation, mais je suis inquiet pour ton bien-être. »

Jim haussa les sourcils tout en acceptant la tasse de thé fumante que Spock lui tendait. « Okay. »

« Combien de fois as-tu pris ces stimulants d'Orion ? »

« Quoi ? » Jim secoua la tête. « Hum. Ce n'est pas la question à laquelle je m'attendais. »

« A quelle question t'attendais-tu ? »

« Ça ne fait rien. Peu importe. Pas à quelques soirées. »

« Y-a-t-il eu d'autres drogues ? »

« Pas que je sache. » Jim haussa les épaules. « Ce n'est pas un problème. La plupart du temps je me sens juste … » Il s'arrêta, redevint rouge.

« Quoi ? »

« Je ne sais pas, Spock. Un peu … allumé. Et peut-être un peu étourdi. »

Spock pinça ses lèvres. « Je vois. »

« Je sais que tu n'approuves pas. »

« Il est vrai que je préférerais que tu évites d'ingérer des substances synthétiques. »

Jim sourit. « Donc, tu approuverais si c'était naturel ? »

Spock ouvrit la bouche puis la referma. Il secoua la tête. « Non. »

« C'est ce que je pensais. »

« Ma préoccupation première reste ta santé. » Dit calmement Spock. « Je ne veux pas qu'il t'arrive du mal. »

« Je sais. »

Jim posa sa main sur celle de Spock. Il n'était pas préparé comme Spock l'était au contact soudain. Le lien se déclencha, chaud et volatile. Son esprit se tendit vers celui de Spock avant que ce dernier ne puisse reprendre le contrôle. Les yeux de Jim s'élargirent.

« Spock ? »

Spock tourna sa main jusqu'à ce que leurs paumes se touchent. Leurs doigts se touchèrent. Un baiser Vulcain. Ce que Jim comprit. Son regard croisa celui de Spock.

« Qu'est-ce que c'est ? Ce n'est pas normal. »

« Ça l'est pour nous. »