Et voilà le dernier chapitre de cette histoire... Avec un peu de retard, mais cette fois j'ai deux excuses : 1) La rentrée est arrivée, et avec elle les joies du travail ; et 2) Le karma m'a puni de m'acharner contre Spock et c'est à mon tour d'être malade. (Heureusement, mes boucliers mentaux sont restés bien en place.)

Une toute petite explication pour le titre de ce chapitre : Uhura dit ça à Spock dans le film de 2009 (comme d'habitude, c'est plus classe en anglais : "I'll be monitoring your frequency") et j'ai toujours imaginé que c'était une sorte de code entre eux pour dire "Je t'aime", ou quelque chose d'aussi cucul que ça, dans la mesure où Spock, de toute façon, ne le dira jamais clairement. Petit canon personnel. En parlant de citations, en fin de chapitre, j'ai indiqué les références de tous mes titres, car je me suis rendu compte que je ne l'avais pas fait au fur et à mesure.

J'espère ne pas avoir écrit quelque chose de trop mièvre (ni de trop embrouillé temporellement parlant à cause des flashbacks). J'ai réécrit ce chapitre quatre fois avant d'arriver à cette version, qui me convient à peu près. Je pense que j'y ai exprimé plus de choses personnelles que je ne l'aurais souhaité, mais du coup peut-être que ça fera "plus vrai" ?

Enfin, un grand MERCI à celles qui m'ont suivie dans cette histoire (et dans les autres) ! J'ai besoin d'un peu de temps pour me poser mais je compte revenir début octobre avec une nouvelle fic, centrée sur McCoy (eeeeeet sur Spock aussi, évidemment), et avec une traduction TOS. J'avoue que j'ai aussi un peu de Sherlock dans les fonds de tiroirs, et un crossover complètement débile Kaamelott-Star Trek en cours d'écriture, et des projets Supernatural (parce que je suis tombée amoureuse de Castiel)... Bref, à bientôt !

Chapitre 18 – « C'est moi qui suivrai ta fréquence. »

Nyota n'avait encore jamais assisté à un procès. Sa vie avant Starfleet avait été somme tout plutôt banale, ses études s'étaient déroulées normalement, sans accroc, et ce n'était qu'avec l'arrivée du Narada et la destruction de Vulcain que son existence avait basculé vers l'exceptionnel – dans le genre totalement merdique, et par la suite extraordinaire, à partir du moment où l'Enterprise avait été propulsée vers l'inconnu, avec la jeune femme à son bord. Mais même Nero n'avait pas été jugé pour le crime qu'il avait commis, le plus grand génocide de l'histoire universelle – car il était difficile d'intenter un procès à un homme qui avait disparu corps et biens au fin fond d'un trou noir.

Il s'agissait donc d'une grande première pour elle, et d'autant plus étonnante que le procès aurait dû, selon les pratiques adeniennes, avoir entièrement lieu de façon télépathique. Si les extra-terrestres avaient décidé, pour l'occasion, d'utiliser leur voix, normalement réservée aux activités artistiques et religieuses, c'était en raison de leur récente appartenance à la Fédération. Ils avaient décrété que la procédure concernant un grand nombre d'humains, les Adeniens se devaient d'en rendre toutes les étapes parfaitement transparentes et compréhensibles pour leurs nouveaux alliés.

La jeune femme, nerveuse à l'idée d'évoquer devant une assemblée si nombreuse les événements dont elle avait été victime deux semaines et demie auparavant, fut frappée, en entrant dans le « tribunal », par l'harmonie profonde qui régnait en ce lieu, tout comme dans toutes les constructions adeniennes, si elle pouvait en juger d'après le peu qu'elle avait aperçu de cette planète. Etonnant bâtiment en effet que cette demi-sphère de métal entrelacée de lianes et de fleurs odorantes qui, par moments, s'agitaient doucement, sous l'effet d'une brise provenant de l'ouverture du toit, ou peut-être d'une volonté propre, comme le petit hidar'j (une sorte de petit cactus domestique adenien) que lui avait offert Val'Mere, et qui venait parfois se frotter de lui-même contre sa main, après avoir rétracté ses épines. Elle l'avait même entendu ronronner à plusieurs reprises.

Elle se sentit apaisée et, alors qu'elle gravissait les quatre marches qui la séparaient de sa tribune, elle parvint même à jeter un regard en direction de la foule. Les neuf membres survivants du conseil étaient présents, ainsi que l'équivalent du ministre de la justice, venu tout exprès de la capitale pour l'occasion. La population était venue nombreuse assister au procès – et, Uhura le soupçonnait, jeter un coup d'œil curieux aux aliens qui avaient débarqué trois semaines auparavant et, après leur avoir sauvé la vie d'une menace dont ils étaient totalement ignorants, bouleversé radicalement la vie de leur planète en leur proposant une alliance. Les ondes qu'elle percevait n'étaient absolument pas hostiles, mais pour la plupart emplies de chaleur et de bienveillance. Elle se sentait étrangement attirée par ce monde paisible, silencieux et presque immobile, les Adeniens économisant non seulement leur voix mais également le moindre de leurs mouvements.

Elle s'assit dans une chaise tressée d'une sorte de jonc rosâtre, souple et agréable au toucher, entre Keenser et Christine. De l'autre côté de la vaste salle, elle aperçut Spock, assis à la droite de Kirk, qui la cherchait du regard. Elle lui sourit. Bien sûr, il ne lui rendit pas son sourire, mais ses yeux ne la quittèrent pas tandis que les trois accusés entraient à leur tour dans la salle, sous bonne garde. Nyota ne put se défendre d'un instinctif mouvement de dégoût, mais, étrangement, elle ne pouvait associer ce qu'elle avait souffert à ces trois corps filiformes, blancs et sinueux, qu'elle n'avait entraperçus que quelques instants à bord de l'Enterprise, pendant leur lutte acharnée pour le contrôle du vaisseau. La terreur était restée associée à ceux qu'elle aimait probablement le plus au monde, ce qui n'avait pas facilité les choses, et les avait même rendues exceptionnellement difficiles au début.

Nyota, pendant les jours qui avaient suivi les événements, s'était demandé si elle serait un jour capable de se trouver dans la même pièce que Spock, sans même parler de le regarder en face, de lui adresser la parole ou de le toucher. Leur première entrevue avait été désastreuse (alors qu'elle l'avait réclamée, certaine de parvenir à faire la différence entre le réel et l'illusion), et elle était sortie des quartiers du Vulcain en courant, prise d'une peur panique et irrationnelle lorsqu'il s'était levé de la chaise où il était assis. McCoy et Val'Mere l'attendaient heureusement dans le couloir, et l'avaient escorté, en pleurs, jusqu'à l'infirmerie, où elle avait explosé de rage envers l'injustice de la situation, l'imposteur qui avait sali son esprit, terni ses souvenirs, posé son empreinte répugnante sur ses sentiments – et, enfin, contre elle-même, qui n'était pas capable de surmonter l'épreuve.

- Cela ne fait que quelques jours, avait fait remarquer Leonard avec gentillesse.

Lui-même se tenait volontairement à bonne distance de la jeune femme, mais, étrangement, elle avait dépassé son aversion pour le médecin beaucoup plus aisément que le dégoût qu'elle éprouvait pour Spock. Ce qu'elle trouvait encore plus injuste que le reste, car une partie d'elle-même mourait d'envie de se blottir dans les bras du Vulcain.

- C'est logique, lui avait calmement expliqué Val'Mere. Cin'Han (tel était, apparemment, le nom de l'être qui avait pris la place du premier officier sur l'Enterprise) a pénétré de force dans ton esprit à plusieurs reprises et l'a marqué en y creusant de profonds sillons. Les autres se sont contentés de légères incursions. Ces lésions ont été vite réparées. Les autres prendront plus de temps. Calme-toi, respire profondément, avait-elle intimé en effleurant de ses longs doigts blancs les mains tremblantes de la jeune femme.

Elle avait senti la chaleur réconfortante émanant de l'extra-terrestre se propager dans tout son corps et laver pour un temps son esprit des impuretés qui l'avaient souillé.

- Et si je n'y arrive pas ? avait-elle murmuré.

Elle n'avait jamais imaginé que sa relation avec Spock pût s'achever de la sorte, aussi stupidement. Une dispute était envisageable, oui, due à leur impossibilité de communiquer parfois, en raison de leurs différences culturelles, psychologiques, mentales, un jour où elle n'aurait finalement plus pu supporter son silence et sa voix neutre – mais pas parce qu'ils avaient croisé, pendant une mission non prévue, la route de trois salauds qui avaient décidé de prendre son esprit pour leur terrain de jeux personnel. Elle voulait bien accepter l'échec de sa relation amoureuse à la condition d'être certaine d'avoir tout fait pour sauver ce qui pouvait l'être. En l'occurrence, elle partait perdante avant même d'avoir pu essayer.

- Tu vas y arriver, avait répondu Leonard avec une conviction qui avait retenu son attention.

- Tu es bien la dernière personne à laquelle j'aurais pensé pour m'encourager à rester avec Spock, avait-elle reniflé, trouvant la situation plus qu'ironique. Après avoir passé six mois à me répéter que c'était une mauvaise idée de me mettre avec lui…

- J'ai eu tort, d'accord ? Je n'ai vu que ce que je voulais voir et je suis passé à côté de beaucoup de choses.

Cette tirade l'avait distraite un moment de son propre chagrin.

- Attends, tu veux dire que si je me remets avec lui (elle avait surpris le regard entendu entre les deux médecins – mais c'était elle qui avait raison, ils n'étaient plus ensemble, car son incapacité à lui faire confiance avait entériné la rupture), tu arrêteras de me répéter que c'était une erreur ?

McCoy avait soupiré.

- Tu me connais, je ne peux pas promettre ça. A un moment, il m'exaspérera et mes paroles dépasseront ma pensée. Mais disons que j'ai… partiellement changé d'avis.

- Qu'est-ce qui s'est passé en bas ?

- Beaucoup de choses. Mais je préfère que ce soit lui qui te les raconte.

Elle n'avait pas insisté. Trop de choses tournaient déjà dans sa tête. Elle n'avait pas besoin, en prime, de savoir ce qui se passait dans celle des autres.

.

Le « ministre », dont elle avait oublié le nom, se leva et inclina la tête vers les humains, assis de part et d'autre de la salle, avant de se tourner vers Val'Mere, qui s'était proposée pour plaider la cause d'Uhura, Christine et Keenser. Le système politique et juridique adenien ne reposait pas sur des élections, mais exclusivement sur le volontariat et le tirage au sort. Personne n'exerçait la fonction d'avocat, mais chacun pouvait offrir de défendre un accusé, à la condition de n'être pas trop proche de lui (famille et amis étaient exclus d'office pour partialité). Si personne ne se présentait, l'avocat était tiré au sort. C'était ce qui était arrivé pour les trois imposteurs, leur crime ayant semblé par trop énorme pour pouvoir être défendu.

Cin'Han, contrairement à ses deux acolytes, ne baissa pas le regard, ne fit pas profil bas, ne chercha pas à se faire oublier des jurés. Pendant toute la lecture des charges qui pesaient sur lui, tête haute, il fixa la jeune femme, comme s'il cherchait à communiquer télépathiquement avec elle, comme s'il voulait lui prouver qu'il détenait encore un certain pouvoir sur son esprit, ou peut-être lui transmettre un ultime message. Nyota frissonna et sa main tâtonna sur sa droite pour rencontrer celle de Christine, qu'elle serra de toutes ses forces. Elle ne voulait pas chercher à comprendre les raisons de ce regard immobile, intense. Il l'avait torturée. Il n'avait pas le droit de poser les yeux sur elle. Elle détourna la tête vers la tribune opposée à la sienne. Jim lui sourit et lui fit un signe d'encouragement. Tout va bien, Nyota, tu ne risques rien, tu es en sécurité.

Le capitaine s'était montré étonnamment adulte et mature. Comme si son bref séjour sur Adenia l'avait complètement changé. (Si Uhura voulait être parfaitement honnête avec elle-même, elle devait avouer que le changement avait commencé un peu avant. Probablement à la mort de Gary Mitchell, première perte humaine que l'Enterprise ait eu à déplorer depuis la folie destructrice de Nero.) Il avait géré de main de maître – et sans Spock à ses côtés pour le conseiller, bien qu'il eût été, dès son réveil, en communication presque constante avec lui – la prise de contact avec le peuple adenien en même temps qu'il avait su exposer la situation auprès de Starfleet de telle sorte que l'amiral Marcus avait été plus ou moins contraint de lui confier la mission d'un premier contact, normalement réservée aux capitaines beaucoup plus expérimentés. Peut-être James T. Kirk était-il, en fin de compte, un leader-né, capable de prendre des décisions intelligentes rapidement et de se dévouer corps et âme à son équipage et à sa mission.

Evidemment, elle ne l'aurait pas avoué devant lui, mais elle commençait presque à l'admirer.

Elle respira de nouveau librement, le mauvais sort conjuré. Elle ne risquait rien. Elle était en sécurité.

Le procès fut lent et long, du moins pour les Adeniens, qui devaient prendre le temps des circonlocutions de la parole et laisser s'exprimer oralement les principaux témoins, à savoir les membres de l'équipage de l'Enterprise, alors qu'ils avaient l'habitude d'aller télépathiquement à l'essentiel. Val'Mere résuma les faits de façon parfaitement neutre – la façon dont les trois usurpateurs avaient mis au point, illégalement, un amplificateur mental, puis attiré l'Enterprise par un faux signal de détresse, et enfin pris la place des trois officiers descendus sur la planète, grâce au pillage de leur esprit – avant de proposer d'entendre les victimes pour obtenir davantage de détails sur le comportement des Adeniens durant le temps qu'ils avaient passé sur le vaisseau.

Le ministre étendit la main vers Keenser, Christine et Nyota, et leur fit courtoisement signe de parler lorsqu'ils le désireraient. Keenser se leva le premier (les Adeniens avaient placé devant sa chaise, légèrement rehaussée, une sorte de tabouret qui lui permettait d'atteindre la même taille que ses voisines) et commença à raconter posément la façon dont il s'était rendu compte que le premier officier n'était pas vraiment le premier officier.

Tandis que le petit extra-terrestre parlait, de sa voix rocailleuse et apaisante, comme les pierres d'un torrent se heurtant les unes aux autres, Nyota regagnait une partie de son calme défaillant. Entendre formuler ce qu'ils avaient éprouvé pendant cette interminable semaine, leur angoisse à l'idée qu'Adenia allait être détruite, la façon dont ils avaient élaboré une stratégie pour lutter contre les trois imposteurs, les interrogatoires, l'arrestation brutale dont ils avaient finalement été victimes, était étrangement libérateur. Elle sentait presque physiquement le poids qui l'oppressait s'alléger un peu plus à chaque mot prononcé.

Lorsque Keenser évoqua les coups qu'il avait reçus et dont les séquelles seraient visibles pendant plusieurs mois, une chose étrange se produisit : une vague de stupéfaction, puis d'indignation, monta lentement de l'assistance, le tout sans le moindre son. Seule la voix de l'ingénieur résonnait sous le dôme de verre et de métal, au milieu d'un silence attentif, empathique. Mais la colère s'emparait des esprits, devenait palpable, même pour des êtres non-télépathes. Uhura la percevait parfaitement, comme une onde atteignant son cerveau, une onde qu'elle n'était pas capable de déchiffrer, mais dont elle sentait malgré tout la présence. Val'Mere l'avait prévenue : la violence physique était une chose totalement inconnue de son peuple, ce qui expliquait leur absence totale de réaction, dans les cellules, lorsque le faux Spock les avait menacés de son phaseur. Porter la main sur quelqu'un représentait non seulement un abominable crime, mais également un acte sans précédent, presque inimaginable.

Après le témoignage du Roylan et ceux des trois Ranniens, vint le tour de Nyota. Elle était certaine que ce moment serait difficile, qu'elle balbutierait, chercherait ses mots, ne parviendrait pas à exprimer les sentiments complexes qu'elle éprouvait depuis le moment où l'imposteur était entré dans sa chambre, ce fameux soir, et avait violé son esprit. Elle se leva, fit un pas, jeta un vague regard en direction de Spock, puis se tourna vers Val'Mere.

Parle sans crainte. Tu es en sécurité. Personne ne te jugera.

Val'Mere était venue frapper à la porte de sa chambre, le lendemain du jour où le capitaine avait repris le contrôle de l'Enterprise. Il était étrange et légèrement ironique de constater que la forme « normale » des Adeniens ne l'effrayait absolument pas, contrairement aux visages familiers de ses supérieurs. L'extra-terrestre lui avait demandé la permission d'entrer, et, en désespoir de cause, Nyota avait accepté. Elle savait que Val'Mere était une guérisseuse dans son propre peuple et que ses intentions étaient bonnes.

- Ton esprit est endommagé, avait-elle doucement constaté. Je peux le sentir.

Uhura avait haussé les épaules. Oui, son esprit était endommagé, elle le savait, mais cela ne l'avançait pas à grand-chose de le savoir.

Comment elle avait accepté de laisser Val'Mere pénétrer ses pensées, après ce qu'elle avait subi la semaine précédente, demeurait un mystère, mais elle avait accepté. Et senti toute la différence entre une possession forcée et un partage librement consenti.

La thérapie proposée par l'Adenienne reposait sur les principes télépathiques de son peuple, auxquels Nyota s'était avérée extrêmement réceptive, et consistait en des séances qu'un habile psychologue eût probablement pu conduire verbalement, s'il avait eu devant lui une petite dizaine d'années. En quelques jours seulement, Val'Mere avait localisé les traumatismes principaux dans l'esprit de sa patiente, et l'avait fait « parler » à leur sujet. Intérieurement du moins, puisqu'elle n'était pas prête encore à mettre des mots sur ce qu'elle avait vécu. L'évoquer en pensée était autrement moins douloureux. L'esprit de la guérisseuse effleurait doucement les zones mutilées, comme si les sentiments de la jeune femme avaient eu un emplacement réel dans son cerveau, parfaitement délimité, et visible pour qui savait le voir. Lorsqu'elle sortait de ces séances avec Val'Mere, apaisée et plus forte que la fois précédente, elle avait l'impression qu'une brise d'été avait défroissé certains de ses doutes. Certes, ils revenaient, mais il lui semblait qu'ils étaient chaque fois un peu moins forts.

.

Elle prit une profonde inspiration. Non, personne ne la jugerait, parce qu'elle n'avait rien fait de mal. Il était tellement difficile de s'en convaincre. Elle avait trahi ses amis en livrant leurs noms. Elle avait assisté, impuissante, à leur torture. Elle avait frappé Spock, avec l'intention de le faire souffrir. Avec l'intention de le tuer. Elle aurait pu le tuer, d'ailleurs, et il s'en était fallu de si peu… Chekov, Jim et Leonard avaient beau lui répéter que rien n'était de sa faute et qu'elle était victime et non coupable, elle ne parvenait pas à se pardonner. Au final, si elle ne pouvait pas regarder Spock en face, ce n'était peut-être pas tant à cause de ce qu'il lui avait fait subir que du crime qu'elle-même avait failli commettre.

Lorsqu'elle avait aidé McCoy à opérer le Vulcain (il était tellement plus facile de le regarder alors qu'il était endormi, vulnérable, à sa merci…), elle avait pu constater par elle-même les dégâts qu'elle avait causés : une côte fêlée, une concussion cérébrale et une entorse au poignet. L'idée qu'elle aurait pu le tuer l'avait alors traversée. Ses mains s'étaient mises à trembler de façon totalement incontrôlable alors qu'elle passait à Leonard des ustensiles potentiellement mortels et qu'un simple tressaillement pouvait être fatal. Heureusement, Val'Mere s'était réveillée peu de temps après et avait pris le relais. Juste à temps pour aider le médecin en chef à se débarrasser du truc visqueux et plein d'épines qui avait brusquement… sauté de la poitrine ouverte de Spock sur l'avant-bras de Leonard, lui plantant ses appendices dans la peau. Une petite troupe conduite par Jim, hors d'haleine et passablement surprise (et grandement soulagée) de trouver le corps du dernier imposteur à terre aux pieds de la table d'opération, avait alors débarqué à l'infirmerie. Val'Mere contrôlant parfaitement la situation, Uhura avait quitté la pièce pour aller se réfugier dans les bras de Pavel, la seule personne au monde capable de la réconforter à ce moment.

L'opération, quoique longue, complexe et répugnante, s'était heureusement bien passée. Nyota avait attendu six jours avant d'aller voir Spock. Leur première entrevue ayant été un désastre, elle s'était barricadée dans ses quartiers et n'avait permis qu'à Val'Mere de venir la voir pour leurs séances télépathiques quotidiennes. Puis le Vulcain avait eu une étrange rechute et s'était brusquement mis à cracher du sang, alors même qu'il avait été déclaré guéri et autorisé par McCoy à assister le capitaine dans les négociations qu'il menait avec les dirigeants adeniens. Au beau milieu d'une phrase, il s'était, selon Chekov qui avait assisté à la scène et, après avoir conduit le commandant à l'infirmerie, était venu prévenir Nyota, soudainement effondré, incapable de respirer. Apparemment, l'immondice qui avait pris place dans son poumon avait voulu laisser un petit souvenir de son passage.

Uhura n'était décidément pas pressée de découvrir la jungle adenienne.

Suite à cet incident, McCoy avait installé Spock dans son bureau au lieu de le laisser dans la pièce commune de l'infirmerie, pour des raisons qui avaient semblé à la jeune femme presque aussi sentimentales que professionnelles. Elle avait pris son courage à deux mains et était venu rendre visite au Vulcain le lendemain de sa rechute. Leonard lui avait gentiment laissé la chaise sur laquelle il était en train de travailler avant de l'embrasser sur la joue et de quitter la pièce avec un sourire, la laissant seule avec Spock.

Jamais elle ne l'avait vu si vulnérable, et cette idée la mettait quelque peu mal à l'aise. Elle le connaissait depuis plus de trois ans. Jamais elle ne l'avait vu malade, ou manifester devant elle le moindre signe de faiblesse. Depuis quatre mois qu'ils s'étaient embarqués à bord de l'Enterprise, il avait été blessé une fois, sans que cela n'affecte en quoi que ce soit son efficacité coutumière. L'idée que Spock pût être vulnérable lui semblait presque aussi incongrue que celle d'un Kirk sérieux et réfléchi – et pourtant…

D'un autre côté, cela la rassurait, car ainsi allongé sur un des lits de l'infirmerie, sous perfusion et inconscient, le Vulcain ne ressemblait pas au Spock qui l'avait maltraitée pendant plusieurs heures, alors qu'elle luttait pour conserver sa santé mentale dans une des cellules de l'Enterprise. Lorsqu'il s'était réveillé, cependant, le cœur de la jeune femme avait fait un bond dans sa poitrine et il s'en était fallu de peu qu'elle ne quittât la pièce en courant.

- Reste allongé, avait-elle ordonné en regrettant de ne pas parvenir à insuffler de chaleur ou de tendresse dans sa voix.

- J'ai été opéré, mais je ne suis pas invalide, avait répondu Spock, visiblement offensé par cette idée.

Il s'était cependant interrompu alors qu'il passait en position totalement assise.

- Le problème n'est pas là, avait-il conclu.

- J'avoue que je serai plus à l'aise si tu restes allongé, avait avoué Uhura.

En réalité, elle était prête à s'enfuir au premier geste un peu brusque. Elle avait beau savoir que Spock, ce Spock-ci, n'était pas un danger pour elle, elle ne parvenait pas à le ressentir. Il avait repris une position horizontale, bien qu'il eût dû en coûter à son côté vulcain. La conversation qui s'était ensuivie avait été difficile, entrecoupée de silences et, du moins de son côté, encombrée de réticences. De la part de Spock, on ne pouvait jamais savoir.

Puis, sans préambule, sans transition avec le précédent sujet (l'alliance de la Fédération avec les Adeniens, parfaitement neutre et sans intérêt alors qu'ils auraient eu tant de choses importantes à se dire), il avait soudain déclaré :

- Je t'ai entendue.

- Quoi ?

- Sur Adenia. Je t'ai entendue lorsque tu m'as appelé.

La jeune femme avait jeté un coup d'œil sur le moniteur pour vérifier les constantes du Vulcain. Elles étaient loin d'être alarmantes, ce qui était déconcertant.

- Je ne comprends pas ce que tu veux dire.

- Tu t'es servi de notre lien télépathique pour m'appeler lorsque tu étais en danger. Je t'ai entendue. J'ai essayé de te répondre, mais je n'ai pas réussi à empêcher que ce…

Il sembla chercher un mot neutre pour exprimer ce que lui inspirait l'Adenien qui avait pris sa place.

- Ce connard ? avait proposé Nyota avec un pâle sourire, le premier depuis qu'elle avait été emprisonnée.

Spock avait acquiescé, sans toutefois prononcer le mot lui-même. Trop d'émotion, conclut-elle. Le jour où le premier officier se montrerait grossier, il serait temps de s'inquiéter.

-… à empêcher qu'il te blesse.

- Tu ne pouvais rien faire, avait-elle répondu spontanément, et pour la première fois ses yeux avaient croisé les siens.

Les yeux de Spock étaient différents de ceux de l'imposteur, avait-elle alors réalisé – et elle avait immédiatement éprouvé un indicible soulagement. Peut-être son masque vulcain n'était pas bien en place. Peut-être avait-elle appris à lire au fond de ce regard tout ce qu'il était incapable de dire.

- Val'Mere pense qu'il est important que je te voie souvent, et que j'apprenne à voir les différences entre lui et toi, avait-elle expliqué en se détendant légèrement.

- Est-ce difficile ?

Elle avait acquiescé, apercevant pour la première fois une fragile lueur au bout du tunnel.

- Oui. Mais pas impossible. Continue juste à me regarder comme ça.

Spock, docile, avait continué à la fixer.

- Je t'ai entendue.

.

Une larme trembla un moment au bord de sa paupière, hésita, frémit, vacilla, tomba. Elle expira doucement. Ses yeux, totalement noyés, ne distinguaient plus ni les accusés, ni les jurés, ni les témoins. Le premier mot lui coûta tant qu'elle se demanda si elle allait même réussir à terminer sa phrase.

Alors, de la même façon qu'elle avait ressenti l'horreur éprouvée par les Adeniens lorsque Keenser avait fait le récit de son emprisonnement, elle perçut très distinctement la compassion que la foule dirigeait vers elle, comme un formidable raz-de-marée qui balaya ses dernières craintes. Les mots se bousculèrent sur ses lèvres, pressés d'enfin sortir, d'enfin exister hors d'elle, de quitter son esprit pour s'évaporer dans les airs, avec la terreur et l'humiliation qu'elle avait ressenties. Expliquer ce qu'elle avait éprouvé, cette sensation d'être à la fois dans son corps et totalement dépossédée de son esprit, de ce qu'elle avait de plus intime – pouvoir le dire et être comprise, et sentir cette chaleur pleine d'empathie monter vers elle, voir les regards des Adeniens tournés vers elle, compréhensifs, bienveillants, amicaux…

Elle osa finalement lever les yeux vers les trois hommes qui se tenaient de l'autre côté de la salle. Jim, la respiration courte, les mains crispées sur la rampe entremêlée de lianes, les lèvres serrées, fixait les accusés d'un regard haineux. Leonard la regardait, elle, sans rien laisser paraître de ce qu'il éprouvait (il avait basculé en mode professionnel dès le moment où Keenser avait commencé à parler), mais il la soutenait, l'encourageait, la poussait à expulser toute cette noirceur que l'esprit des Adeniens avaient laissé dans le sien. Spock… Spock la fixait également, intensément, sans que son regard exprimât quoi que ce fût, mais elle l'entendit distinctement.

Pardonne-moi.

Elle n'avait rien à pardonner, elle s'en rendait compte à présent qu'elle s'était débarrassée de toutes ces ténèbres dans lesquelles elle s'était débattue pendant les deux dernières semaines. Ni à Spock, ni à elle-même.

Elle sourit au milieu des larmes qui n'avaient pas cessé de couler le long de ses joues.

Peut-être tout allait-il s'arranger en fin de compte.

Vint enfin le tour de Christine, qui dut s'interrompre à plusieurs reprises, incapable d'évoquer certains souvenirs trop douloureux. L'implant cérébral qui l'avait tout d'abord protégée s'était retourné contre elle lorsque les Adeniens avaient compris son fonctionnement et trouvé une façon de s'en servir pour amplifier ses émotions. La thérapie que Val'Mere lui avait proposée ne fonctionnait pas aussi bien que pour Nyota et elle avait été incapable non seulement de se trouver dans la même pièce que McCoy, mais même de remettre les pieds à l'infirmerie, qui avait apparemment été en grande partie le siège des illusions que les imposteurs avaient imposées à son esprit. Nyota était bien en peine de savoir si mettre des mots sur ce qu'elle avait vécu avait permis à Christine de s'en libérer, ne serait-ce qu'un peu. Ce n'était en tout cas pas l'impression qu'elle donnait, et elle dut quitter la pièce en larmes dès la fin de son témoignage, soutenue par Syl et Chekov.

Après avoir entendu les principales victimes, le ministre se tourna vers Jim, Spock et Leonard, et les pria de relater la façon dont ils avaient libéré le vaisseau et sauvé Adenia des torpilles de l'Enterprise. Kirk prit la parole. Uhura, qui s'attendait à un récit grandiloquent, fut agréablement surprise de la sobriété de son discours. Puis elle comprit, lorsqu'il commença à raconter le choc d'avoir découvert six membres de son équipage emprisonnés, battus, traumatisés, qu'il conservait un ton volontairement neutre et détaché afin de se dissocier de l'horreur qui avait alors été la sienne. La méthode vulcaine, en quelque sorte. Mais les mâchoires contractées et le regard fixe du jeune homme en disaient assez long sur l'intense colère mêlée de terreur qu'il avait éprouvée. Le témoignage de Leonard fut, sans surprise, beaucoup plus émotionnel, et Nyota se surprit même à sourire en entendant les métaphores colorées qu'il utilisait pour parler de l'être qui avait pris sa place, occupé et souillé par sa seule présence pendant six jours son infirmerie bien-aimée.

Lorsqu'il eut fini, légèrement hors d'haleine, il se tourna vers son voisin de gauche et l'interrogea du regard, comme pour vérifier que Spock était bien en état de prononcer, devant une assemblée bienveillante certes, mais nombreuse, un discours qui allait nécessairement, à un moment ou à un autre, aborder le chapitre de ses émotions. Nyota fronça les sourcils en percevant la sollicitude réelle qu'exprimait le visage du médecin. La relation qu'il entretenait avec le premier officier avait changé, quelque part sur Adenia, de façon subtile mais bien réelle. Elle avait surpris, pas plus tard que la veille, une dispute entre eux au sujet du matériel réglementaire que Leonard pourrait dorénavant utiliser à l'infirmerie. La simple idée que le Vulcain pût, même de façon infime, transiger avec le règlement de Starfleet, indiquait qu'un changement capital s'était opéré. Et puis, malgré les sarcasmes et les remarques acerbes du médecin, auxquels Spock répondait avec son habituelle neutralité glaçante, quelque chose avait disparu. Peut-être l'acerbité, la méfiance, la rancœur ?

Le premier officier se leva et expliqua à son tour la façon dont les Adeniens avaient essayé d'envahir son esprit, avant de retourner contre lui l'arme la plus apte à le blesser : Nyota Uhura. Il prononça son nom sans un tremblement dans la voix, sans bouger, sans manifester quoi que ce fût, mais lorsqu'il eut fini, il se tourna, comme Jim l'avait fait, vers les trois imposteurs.

- Si votre peuple ne m'avait pas garanti un procès équitable, vous ne seriez pas sortis vivants des cellules de l'Enterprise, dit-il de cette même voix dépassionnée avec laquelle il débitait le règlement de Starfleet lorsque Kirk ne le respectait pas suffisamment à son goût.

Et il se rassit, faisant naître une vague d'émoi au sein de l'assistance. Il n'était apparemment pas dans les habitudes adeniennes de menacer de mort les accusés – et, en même temps, il sembla à Uhura que les sentiments qui montaient vers Spock étaient nettement approbateurs.

Les jurés délibérèrent télépathiquement, durant un temps qui parut infini à la jeune femme, dans un silence qui mettait ses nerfs à rude épreuve. Enfin, le ministre se leva et s'approcha des trois accusés.

- Le verdict est le suivant : pour le restant de vos jours, vous serez enfermés dans les prisons de la capitale et condamnés à ne plus jamais communiquer avec qui que ce soit. Vous ne pourrez plus jamais utiliser votre pouvoir télépathique. Selon le modèle de votre amplificateur, nous avons conçu un inhibiteur mental, qui vous en empêchera.

Les imposteurs n'émirent pas un son, ne poussèrent pas un cri, n'esquissèrent pas un geste, mais leurs yeux reflétaient l'horreur la plus absolue. Uhura essaya d'imaginer ce que signifiait une telle condamnation pour un peuple dont l'essentiel de la vie résidait dans le contact d'esprit à esprit, sans y parvenir totalement, mais la satisfaction qu'elle lut sur le visage du Vulcain la renseigna suffisamment sur la justice de ce verdict. Elle comprit alors que les trois usurpateurs étaient en train de supplier mentalement les jurés, mais ces derniers, intraitables, appelèrent une équipe de sécurité qui les entraîna loin de la salle. L'assistance se leva et sortit lentement. La plupart des Adeniens firent un signe de tête aux humains, certains vinrent leur parler pour les assurer de leur sollicitude et de leur plein accord avec la sentence. Une telle condamnation n'avait jamais été prononcée jusque-là, mais elle était, selon eux, amplement méritée, et à la hauteur du crime terrible qu'ils avaient commis.

- Nyota !

La voix de Val'Mere, douce et sereine, acheva de l'apaiser. L'extra-terrestre la serra dans ses longs bras brûlants et la fixa un moment.

- Ton esprit est plus clair, déclara-t-elle avec un sourire éblouissant.

Uhura acquiesça. Elle avait l'impression que son cœur allait éclater.

- Je voulais te proposer de rester quelques jours avec moi sur Adenia, le temps que ton capitaine termine les négociations avec nos dirigeants. Tu pourrais ainsi découvrir notre mode de vie tout en terminant la thérapie que nous avons entamée ensemble.

Kirk et Spock arrivaient auprès des deux femmes.

- Quoi, Val'Mere ? Vous voulez me voler mon meilleur officier en communications ? plaisanta le capitaine. Bones et Chekov m'ont déjà demandé à passer quelques jours ici. Vous voulez piller mon vaisseau, c'est ça ?

L'Adenienne sourit de nouveau.

- Ah, évidemment, si vous le prenez comme ça… Vous savez qu'il est impossible de vous résister quand vous faites ça ? Lieutenant, ajouta-t-il en se tournant vers Uhura, je vous octroie cinq jours de congé. Vous les avez amplement mérités.

- Merci, capitaine, répondit la jeune femme avec sincérité.

Le regard de Jim s'adoucit et l'étincelle moqueuse s'effaça de ses yeux.

- Nyota… Merci à toi. Pour tout.

Elle haussa les épaules, légèrement gênée. Elle n'avait normalement pas avec James Kirk de discussions émotionnelles ni même vaguement sérieuses. Il se rendit probablement compte de son embarras, car un sourire moqueur se dessina de nouveau sur ses lèvres.

- Allez, Val'Mere, laissons les amoureux ensemble. Faites-moi visiter un peu la ville. Je n'en ai pas vu grand-chose en fin de compte…

Ils s'éloignèrent vers la porte. Nyota et Spock restèrent seuls au milieu du tribunal vide.

- Qu'en penses-tu ? demanda la jeune femme en se tournant vers le Vulcain, soulagée de voir qu'elle ne ressentait qu'une légère pointe d'angoisse à l'idée de se retrouver seule avec lui. Est-ce que ça te dérangerait que je reste un peu ? J'imagine que tu auras beaucoup à faire avec Jim, et je t'assure que j'aimerais passer du temps avec toi, mais j'avoue que cinq jours ici, au calme, me tentent beaucoup.

Il inclina la tête sur le côté.

- Si tu as besoin de t'isoler quelques temps sur Adenia, je le comprends très bien. Pourrons-nous rester en contact ?

- Bien sûr ! s'écria-t-elle en tendant impulsivement la main vers lui.

Il hésita un instant avant d'avancer la sienne pour effleurer ses doigts. Elle ne les retira pas, mais caressa doucement le poignet du Vulcain qui tressaillit.

- Je surveillerai ta fréquence, murmura-t-il.

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Voici donc les citations trekkiennes utilisées pour les titres de chapitres :

Chapitre 1 : « J'aimerais vous citer le règlement, mais je sais que vous vous contenterez de l'ignorer. » - Spock à Kirk dans le film de 2009.

Chapitre 2 : « Les instruments ne relèvent que ce qu'ils sont programmés pour relever, mais l'univers est empli d'inconnu. » - Spock dans TOS « The naked time », à propos d'un virus inconnu qui pousse l'équipage à faire n'importe quoi (Sulu débarquant torse nu sur la passerelle, un fleuret à la main, en hurlant « En garde, Richelieu ! » est l'un des meilleurs moments de la série).

Chapitre 3 : « Le capitaine ne peut pas ordonner une exécution. Ce n'est pas le capitaine. » - Chekov à propos de Janice Lester, qui a pris la place dans le corps de Kirk et qui veut buter tout le monde dans TOS « The turnabout intruder ».

Chapitre 4 : « Spock a fini par contaminer ce garçon. » - McCoy à propos de Chekov, qui vient de faire preuve de logique dans TOS « Who mourns for Adonais ? ».

Chapitre 5 : « - Sont-ils ennemis, capitaine ? – Je ne suis pas certain qu'ils le sachent eux-mêmes. » - un esclave romain à Kirk, à propos de McCoy et Spock (qui, comme d'hab, n'arrêtent pas de se fritter, en l'occurrence sur les compétences médicales de McCoy, qui rétorque que les médecins sont formés à la logique) dans TOS « Bread and circuses ».

Chapitre 6 : « Où voyez-vous la réalité ? Vous êtes en pleine fantaisie. Vous vouliez l'aventure, la voici. » - Uhura au type qui garde l'Enterprise, juste avant que la fine équipe ne vole le vaisseau dans Star Trek III (The search for Spock).

Chapitre 7 : « Journal de bord du capitaine. Date stellaire… Armageddon. » - Kirk, toujours mélodramatique, dans TOS « Day of the dove » (franchement, ils ont vécu pire).

Chapitre 8 : « Continuer sans moi augmenterait singulièrement vos chances de survie. » - Spock à McCoy dans Beyond (ils sont pas mignons tous les deux ?).

Chapitre 9 : « Plus la plomberie est minutieuse, plus il est facile de boucher un tuyau. » - Scotty à Kirk, après avoir saboté le vaisseau amiral dans Star Trek III (The search for Spock).

Chapitre 10 : « Vous savez pourquoi vous n'avez pas peur de mourir, Spock ? Parce que vous avez peur de vivre. » - McCoy à Spock dans TOS « Bread and circuses » (probablement la citation que je préfère dans tout Star Trek, parce que c'est une magnifique explication de tous les comportements suicidaires, illogiques et délirants de Spock).

Chapitre 11 : « On est dans la mélasse jusqu'au cou. » - Chekov dans TOS « I, Mudd » (pour une fois, c'est plus marrant en français qu'en anglais).

Chapitre 12 : « Nous autres humains éprouvons des centaines d'émotions imprévisibles que la logique ne peut comprendre. » - Kirk à Spock dans TOS « What are little girls made of ? ».

Chapitre 13 : « La gloire de la création dans son infinie diversité. – Et la façon dont nos différences se combinent pour créer à la fois sens et beauté. » - c'est l'IDIC (« Infinite Diversity in Infinite Combinations », un des principes phares de la philosophie vulcaine, citée par Spock et par le docteur Jones dans TOS « Is there in truth no beauty ? ».

Chapitre 14 : « - Capitaine, vous me feriez presque croire à la chance. – Monsieur Spock, vous me feriez presque croire aux miracles… » - un dialogue somme toute classique entre Kirk et Spock dans TOS « A taste of Armageddon ».

Chapitre 15 : « Il est mort, Jim. » - Leonard McCoy, dans pas mal de circonstances…

Chapitre 16 : « Je suis médecin, pas… » - Euh, la devise de McCoy. Ensuite, vous rajoutez à peu près n'importe quelle profession.

Chapitre 17 : « Nous nous sommes débarrassés des émotions, docteur. Où il n'y a pas d'émotions, il n'y a pas de place pour la violence. » - une des nombreuses disputes Spock-McCoy dans TOS « Dagger of the mind ».

Chapitre 18 : « C'est moi qui suivrai ta fréquence. » - Uhura à Spock dans le film de 2009 au moment où il va descendre sur Vulcain pour essayer de sauver ses parents.