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Chapitre 10
Ensemble ?
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« Alors annoncez Bodhi Rook mort durant la bataille, » déclara l'aîné en croisant le regard interrogateur de sa supérieure hiérarchique.

Ceci sembla faire immédiatement sens dans l'esprit de la sénatrice qui comprit aussitôt à quoi faisait allusion Cassian.

« Est-il… mort ? » demanda alors l'officier en haussant un sourcil, n'ayant pas eu ouï de la nouvelle.

Et puis, Rook était tout de même connu pour faire partie de Rogue One et avoir appartenu à l'Empire, ce n'était pas n'importe qui.

« Non, » lui fit Mothma impassiblement. « Mais comme le soulève le capitaine Andor, nous avons besoin de protéger Bodhi Rook de l'Empire, et nous craignons que certaines de nos données soient dérobées par l'ennemi. »

En effet, quoi de mieux que d'annoncer le décès de Bodhi avec tous les autres durant la bataille de Hoth ? Si l'Empire avait remarqué son taux de midi-chlorien en hausse, il ira donc surement rechercher d'autres informations sur lui et tombera rapidement sur son décès ce qui pourrait leur faire abandonner l'idée de le retrouver.

Mon Mothma reporta son regard vers Cassian, léger sourire aux lèvres, étonnée et épatée par l'idée que venait de leur offrir Cassian. L'officier quant à lui, hocha la tête, ne remettant pas en doute les ordres de la jeune femme, conscient de l'importance du sujet bien qu'il ne connaisse pas l'exactitude. En effet, le secret sur le potentiel don de Bodhi face à la Force restait confiné.

« Bodhi va devoir changer de nom car si nos informations continuent d'être filtré comme convenu et que par erreur son nom revient quelque part, l'Empire saura que l'on aura menti, » lui fit Mon Mothma une fois que l'autre homme se soit en aller pour annoncer d'autres directives à suivre.

Cassian sentait son cœur battre contre ses tempes, encore un peu secoué par l'idée qui lui était venue à l'esprit. Si cela marchait, Bodhi serait peut-être sauvé et lui aussi.

« Il va devoir s'effacer de la Résistance, » insista donc la jeune femme en voyant que Cassian ne l'écoutait pas vraiment. « L'ennemi ne pourra donc jamais s'en emparer. »

Cassian quitta des yeux le vide qu'il fixait jusque-là et croisa le regard de la sénatrice pour se racler la gorge et hocher lentement la tête.

« Je pense que… c'est une bonne idée, » avoua le capitaine finalement trop heureux de pouvoir éloigner Bodhi de la mort aussi très omniprésente au sein de la Résistance.

« Et vous aussi Cassian. Effacez-vous un temps de la Résistance, » reprit Mon Mothma.

Pendant un instant, Cassian se demanda si la sénatrice savait quelque chose à propos de la relation encore floue que Bodhi et lui partageait et partagerait aussi dans le futur, connaissance apportée grâce à ses rêves.

« Et si-… Et si ce geste conduisait directement à cette prédiction où moi et Bodhi sommes loin de la Résistance ? » lâcha alors Cassian qui ne pouvait oublier ce rêve.

« Il vous faut donc aller loin de Hoth, retrouver d'autres personnes, ne pas rester seul, et utiliser ce rêve à votre avantage. »

Elle avait raison, si Bodhi continuait de rêver de Hoth alors qu'il se trouvait à des années-lumière de là, alors ceci pourrait les protéger. Hormis si le rêve de Bodhi n'était… Qu'une métaphore pour leur annoncer que Cassian se ferait tuer un jour par Vador, n'importe où qu'il soit.

« Votre vie à tous les deux est plus en danger ici-même qu'à l'extérieur, » ajouta la sénatrice en voyant les traits de Cassian de tirer dans l'appréhension.

S'il partait lui aussi, avec Bodhi, il pourrait tenter de le protéger de tous les dangers et les aléas que la vie pourrait lui offrir, incluant des éventuelles troupes de l'Empire ayant pour but de le retrouver.

« Au moindre problème, la porte de la Résistance est toujours ouverte, » fit la jeune femme en abaissant d'un ton.

Cassian prit une longue inspiration, bercé par un monde futur qui allait s'offrir à lui, où il pourrait enfin vivre. Il n'avait pas vécu depuis ses six ans, après la mort de son père, c'est dire. Puis, il hocha la tête et apporta un regard déterminé vers la jeune femme qui lui sourit donc tendrement.

« Et au moindre problème ici, je rapplique aussi vite que je puisse, » lui répondit Cassian, le cœur battant.

Sa décision était prise. Il allait emmener Bodhi loin d'ici, Rogue One avait bien assez fait, maintenant, c'était à de nouveaux héros de sauver la galaxie. Mais au moment où il allait tourner les talons pour annoncer la nouvelle à son partenaire, la voix de Mon Mothma le coupa dans son élan :

« Capitaine ? »

« Oui madame ? » lui fit-il, étant prêt à tout accepter.

« Y-a-t-il quelque chose entre vous et le pilote Rook ? »

La veste que portait Bodhi ne lui appartenant pas avait surement dû être un indice assez conséquent, et aujourd'hui, Mon Mothma lui parlait en tant que personne égale. Le cœur de Cassian qui avait fait un petit bond à la question, se calma doucement et il sourit à son égard.

« Vous posez là une question bien personnelle. »

La sénatrice lui sourit en retour et contourna lentement la table numérique circulaire pour se positionner devant lui, et l'une de ses mains vint se déposer avec douceur infinie contre son bras.

« Je suis heureuse de voir que malgré tout, vous avez réussi à trouver votre lumière. »

Est-ce que finalement, elle avait compris une partie de l'essence des rêves de Bodhi même si le pilote n'avait pas tout dévoilé ? Au vu de l'expression satisfaite de la jeune femme qui lui faisait face, Cassian supposa que oui.

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Orbite de Sullust – Dortoir provisoire de Cassian Andor et Bodhi Rook– 3 ABY

La somnolence de Bodhi allait finir par avoir raison de lui, et il finirait par réellement s'endormir, ce qu'il ne voulait présentement pas. Déjà que la nuit était encrée par de lourds cauchemars, il ne voulait pas non plus aussi que ses journées soient teintées du même ressentiment. Ainsi, il entrouvrit légèrement les yeux et il afficha un doux sourire en voyant que l'espace était toujours là derrière la vitre et que le calme régnait dans la flotte rebelle.

Il fut si plongé dans la contemplation de ce vide intersidéral –et surement aussi trop fatigué pour rester aux aguets- qu'il n'entendit même pas la porte de la chambre coulisser et ce ne fut que lorsque l'intrus parla que Bodhi remarqua qu'il n'était pas seul.

« J'ai ma soirée, » lui avait dit le nouvel arrivant, ce qui avait fait sursauter le pilote.

Bodhi pivota aussitôt sa tête vers Cassian Andor qui se tenait droit devant la porte à nouveau close, et il remarqua que des lueurs étrangères brillaient dans les pupilles de son aîné, et il n'arrivait pas à déterminer ce que c'était.

« Ça veut dire, pas de mission, ni de rapport à rendre ? » lui demanda finalement Bodhi sans le lâcher des yeux.

Cassian hocha donc la tête et s'aventura dans la petite chambre vers la couchette où se trouvait Bodhi. Le plus jeune se détacha de la vitre et vint s'asseoir sur le bord du lit puis observa Cassian avec interrogation. Il sentait que Cassian avait quelque chose à lui dire.

De plus, ce fut bien la première fois que lui et Cassian pouvait discuter tranquillement sans avoir quelque chose qui les pressait derrière, car jusque-là, ils s'étaient rapidement retrouvés pour des déjeuners de cinq minutes ou bien l'un retrouvait l'autre dans le dortoir simplement pour se dire bonne nuit en s'échangeant de brefs chastes baisers sur les joues et les lèvres.

Et les deux dernières soirées, Cassian avait migré dans le lit de Bodhi qui possédait la couchette du dessous, et malgré la petitesse du lit, les deux hommes avaient préféré cette chaude proximité pour réparer leurs heures de sommeil complètement fissurées.

« Bodhi… J'ai une surprise. Enfin, je pense, » avoua finalement Cassian en tendant une main vers Bodhi toujours assis sur le bord du lit.

Bodhi plissa un instant les yeux avec suspicion, et un sourire vint se lire sur ses lèvres, puis il accepta cette main chaude et se redressa à l'aide de la poigne du plus âgé. En réalité, depuis le nouveau pas qu'avait pris leur relation sur Hoth peu avant l'évacuation, rien ne semblait avoir réellement changé si on omettait quelques signes affectifs plus intimes.

Bodhi avait eu peur que ça ne soit qu'une simple phase, mais finalement, Cassian qui le rejoignait dans son lit et le regard pétillant qu'il lui offrait aujourd'hui témoignaient d'une grande accroche entre eux.

« Une surprise, mais tu n'en es pas sûr, c'est ça ? » fit Bodhi alors que Cassian semblait ne pas vouloir lâcher sa main, même une fois qu'ils furent face à face dans cette petite chambre.

« Je ne suis pas sûr que ça marche, mais… J'ai envie d'essayer et voir. »

« Est-ce que j'ai des raisons de m'inquiéter ? »

Mais Cassian laissa échapper un faible rire, libéra la main de Bodhi et secoua furtivement la tête pour ensuite se gratter nerveusement le crâne. Il regarda ailleurs et continua d'une voix un peu moins assurée :

« Mais avant… M'accompagnerais-tu pour un dîner ? Bon, c'est dans la cafèt', avec un peu de gens autour, mais on demandera à Kay', Jyn et tes potes pilotes de nous laisser un peu tranquilles. »

K-2SO avait raison quand il disait que Cassian n'était pas réellement à l'aise quand il s'agissait d'interactions sociales. Il était habitué à travailler seul –ou avec un robot- et avoir des gens sous ses ordres, mais quand il s'agissait de relations plus personnelles, Cassian était un peu plus perdu, et Bodhi trouva cela presque mignon.

« Serais-tu jaloux de mes potes… ? » glissa Bodhi avec un petit sourire narquois à son égard.

« Non, pourquoi ? » répliqua Cassian peut-être un peu trop abruptement.

« L'intonation que tu as pris quand tu as mentionné mes potes pilotes, j'ai senti comme… un très léger agacement. »

« J'en étais sûr, K-2SO déteint bien trop sur toi, » riposta le plus âgé en regardant ailleurs.

Ce fut au tour de Bodhi de rire doucement, et Cassian reporta son regard vers lui et fut contraint lui aussi de sourire sans vraiment s'en rendre compte.

« Mais sinon, j'accepte ton invitation, » glissa finalement Bodhi.

Peut-être était-ce dû à cette semaine éreintante et finalement, qui l'avait un peu éloigné de Bodhi, car suite à la réponse chaleureuse du pilote, Cassian lui sourit largement et sans prévenir, plaça ses deux mains à l'arrière du crâne du plus jeune et écrasa ses lèvres contre les siennes.

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Orbite de Sullust – Dortoir provisoire de Cassian Andor et Bodhi Rook– 3 ABY

« Allez, dors Azúcar, fais-moi confiance, n'aie pas peur. »

Lorsque Bodhi Rook rouvrit les yeux, ses pupilles reflétèrent l'immensité de l'espace aux couleurs improbables. Il mit quelques secondes avant que son esprit ne s'extirpe entièrement de son précédent sommeil et au moment où il souhaita tirer une main vers la vitre pour apposer ses doigts contre la surface lise et translucide, il fut dans l'incapacité d'accéder à ce mouvement.

C'est là qu'il se rendit compte de la chaleur dans son dos et du bras fermement entouré autour de ses hanches, emprisonnant son bras gauche. Le cœur de Bodhi s'agita et ses narines purent enfin déguster la douce odeur de Cassian qui semblait l'entourer. De ce fait, il referma ses paupières dans un silencieux soupir de bien-être, profitant de cette chaude proximité avec l'homme de ses rêves –aux deux sens du terme-, et laissa doucement son esprit vagabonder un petit peu, se rappelant lentement des événements de la veille, incluant un repas sympathique avec Cassian malgré le bruit ambiant de la cafétéria, et puis, cette nuit…

À ces souvenirs, les joues de Bodhi se mirent à chauffer et son cœur s'emplit de joie alors qu'il bougea un peu pour se caler plus confortablement contre Cassian quand soudain, une petite étincelle de logique vint éclairer son esprit encore ensommeillé.

Ses yeux se rouvrir aussitôt et il se redressa tel un forcené, réveillant surement Cassian au passage. Mais il ne s'en soucia pas en premier lieu et plaqua ses deux paumes de mains contre son crâne.

Bon sang, son rêve avait pris fin ! Cette nuit avait été vierge de toutes visions terribles et son corps paraissait si reposé… Était-ce cela la surprise dont lui parlait Cassian… ?

« Bodhi… ? » murmura Cassian en ouvrant péniblement les yeux, son bras maintenant échoué sur la cuisse du pilote.

Mais Bodhi resta incapable de parler pendant un moment tant il était stupéfié par ce qui s'était produit –ou pas produit finalement- et il tenta un regard vers l'homme qui dormait derrière lui, la couette lui arrivant juste au-dessus du bassin, la moitié du visage dissimulé par l'oreiller blanc.

« Comment tu as fait… ? » finit par murmurer Bodhi en abaissant ses mains lentement, cherchant une explication dans le regard de son amant.

Cassian sembla comprendre et referma les yeux alors qu'un doux sourire se dessina sur ses lèvres.

« C'est un secret, » dit-il d'une voix ensommeillée, visiblement dans l'optique d'aller se rendormir.

« Comment ! » insista le plus jeune en se retournant parfaitement vers lui afin de le secouer par l'épaule.

Cassian comprit qu'il ne pourrait pas obtenir une petite heure de sommeil en plus s'il n'expliquait pas à Bodhi ce qu'il avait eu l'idée de faire avec Mon Mothma. Ainsi, il se redressa difficilement, les membres encore incommodés par le sommeil, et retira ses cheveux en arrière d'un geste las de la main.

Puis, il planta son regard soulagé et sérieux vers Bodhi pour ensuite lui expliquer toute l'histoire quant à l'annonce de sa mort fictive dans les données de la Résistance. Et le fait que ceci ait stoppé les rêves de Bodhi ne voulait dire qu'une chose : Grâce à cela, il avait modifié le futur, et ceci ne pouvait être que bénéfique. Mais d'autre part, ceci voulait aussi dire que l'Empire avait accès à leurs données d'une facilité déconcertante, et il allait rapidement en toucher deux mots à ses supérieurs.

Bodhi Rook quant à lui, resta bouche bée face à ce récit, et ne remarqua même pas qu'il avait intercepté l'une des mains de Cassian pour la serrer fort avec la sienne.

« On va s'effacer, Bodhi. Après tous nos efforts, c'est à nous de nous reposer… » lui affirma Cassian avec espoir en plaçant sa main libre contre l'épaule nue du plus jeune. « Profitons de ce que nous avons tous pu construire, Azúcar. »

Plus de rêve terrible et une porte de sortie afin de vivre avec Cassian Andor. Le sort avait donc fini par tourner, n'est-ce pas ? Bodhi déglutit, la gorge serrée et hocha vivement la tête, les larmes aux yeux.

Une nuit sans rêves avaient été un réel cadeau pour lui qui depuis des mois ne voyait que les mêmes images, mais la décision de Cassian était un tout autre don qui réchauffa son cœur.

« On part… ensemble ? » finit par demanda Bodhi à voix basse.

« Où que tu souhaites, Azúcar, c'est toi maintenant que je suis. »

« Loin de Hoth ? »

« N'importe où, loin de cette planète de glace. »

Ce fut trop d'émotion pour Bodhi qui comprit que faire machine arrière finirait par avertir l'Empire de leur mensonge, et être néfaste pour sa survie. De plus, ce choix permettait à Cassian de rester en vie, loin de toute cette guerre pour laquelle il était habitué.

Ils devaient céder leur place aux nouveaux héros.

De ce fait, Bodhi clôt cette discussion en enlaçant vivement son amant dans ses bras, trop heureux de voir les idées de Cassian Andor changer enfin. Il embrassa son cou brûlant et déposa son menton contre son épaule pour fermer les yeux et savourer ce moment d'intimité entre eux. Et il était sûr que c'était loin d'être le dernier désormais.

« Par contre, j'ai une petite mauvaise nouvelle, » glissa Cassian qui avait entouré le dos de Bodhi de ses bras.

« Je suis prêt à tout, maintenant, » lui avoua Bodhi sans bouger, léger sourire aux lèvres.

« Je crains que si on laisse Kay' ici, il risque de m'en vouloir à jamais et viendra me hanter jusqu'à la fin de mes jours. »

Bodhi laissa échapper un rire à travers ces larmes silencieuses –qu'il espéra invisibles à la vue de Cassian- et hocha la tête vivement, passant l'une de ses mains dans les cheveux ébouriffés du plus âgé.

« On ne va tout de même pas le laisser là ! Vous êtes comme les deux doigts de la main. »

« Même si 80% du temps j'ai envie de le passer au broyeur et que les 20 autres pourcents c'est sa tête que j'ai envie d'encastrer dans un mur. »

« Toi aussi tu parles comme Kay'. »

« Saleté de robot. »

Les sourires qu'arboraient les deux hommes étaient éclatants comme jamais et semblaient briller d'un blanc si pur dans la petite pièce et exigüe ouverte sur l'espace.

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Orbite de Sullust – Zone de décollage intérieure – 3 ABY

Le départ de Cassian Andor et Bodhi Rook avaient été en grande partie gardé secret. Mon Mothma allait bientôt annoncer publiquement la mort de Bodhi afin de ne pas engendrer des fautes dans les données futures pouvant trahir la réelle histoire, et elle proposa même à Cassian d'en faire de même.

Peut-être était-ce mieux si l'on voulait s'effacer d'un lieu, non ?

Jyn Erso regarda avec tendresse réservée Bodhi Rook enlacer l'un de ses camarades de vol et Cassian discuter des dernières commodités avec un général. La jeune femme ne pouvait pas se mentir, les voir partir la chagrinait, mais la vie continuait et elle aussi avait ses propres plans.

« Je respecte votre choix, et pour ma part, je pense que c'est une bonne idée, » avoua-t-elle une fois que Cassian et Bodhi vinrent la saluer.

Elle ne mentait pas non plus quand elle disait cela, sachant pertinemment depuis un petit moment déjà que Cassian ne pouvait pas rester ici après tout ce qu'il avait vécu et que si Bodhi voulait être définitivement délivré de ses prémonitions et de cette boucle du temps qui annonçait le pire, il se devait de partir.

Elle enlaça pourtant avec force Bodhi, lui souhaitant les meilleures choses, et puis quand ce fut le tour de Cassian, ce dernier s'excusa pour ce qu'il avait pu faire de déplacé envers elle, et K-2SO en profita pour enfoncer encore plus le clou à son grand dam.

« Et toi ? Que souhaites-tu faire ? » lui demanda finalement le capitaine après avoir fermé le caquet du droïde.

« Saw Gerrera avait des amis qui m'ont eux aussi élevé, » expliqua-t-elle avec un petit sourire. « Je compte essayer de les retrouver s'ils sont encore en vie quelque part. »

Bodhi hocha lentement la tête, conscient que la jeune femme aimait rester active, et que depuis le déplacement de la flotte rebelle, elle n'avait pas vraiment eu l'occasion de bouger, la Résistance ayant surtout besoin de pilote à ce moment même.

« La famille c'est pas trop mon truc, mais j'ai envie de voyager, » ajouta-t-elle en jetant un regard vers les portes du hangar ouvertes sur l'espace où brillait des astres magnifiques et la moitié de l'escadrille.

« J'espère que tu retrouveras ces gens-là, » lui fit Bodhi avec émotion, la famille ayant toujours été très importante pour lui.

Jyn hocha la tête, le cœur serré et lui adressa un regard déterminé. Le regard de Jyn Erso si semblable à celui de son père, ce qui réchauffa le cœur de Bodhi.

« Et tu sais que notre porte à tous est toujours ouverte, » lui affirma Cassian.

« Oui, je sais. »

Et elle le serra lui aussi dans les bras, pour un au revoir qu'ils n'espérèrent pas éternel.

« Les commérages avec toi vont me manquer cruellement, crois-le, » lui annonça K-2SO en tapotant le crâne de la jeune femme, brassant quelques mèches de ses cheveux bruns au passage.

Jyn laissa échapper un petit rire ironique en plaçant son index contre ses lèvres pour lui intimer d'un air amusé de garder cela pour lui.

« Je ne sais même pas pourquoi je suis surpris, » marmonna Cassian après un rire moqueur, son regard balayant K-2SO et Jyn.

Et lorsque le vaisseau de Cassian nommé Rogue One disparu dans la voie lactée, Jyn Erso sentit son cœur se gonfler de résolution. Tout comme Bodhi et Cassian, elle était prête à elle aussi retrouver cette blancheur.

« À très vite, mes frères. »

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Shili – Province aux champs bleutés– 3 ABY

« Bodhi Rook, quel plaisir de te revoir ! Et ce n'est qu'une expression bien sûr ! »

Le cœur du pilote se serra d'émoi et un large sourire vint éclairer son visage. Là, à quelques mètres en haut de cette petite colline aux couleurs pastel, se trouvait un moine aux cheveux noirs, aux yeux aussi blancs que la neige et aux parures aussi rouges que le soleil qui se couchait derrière lui.

Cet homme écartait déjà les bras pour accueillir les trois voyageurs tout droit venus de l'espace infiniment noir. À côté de lui, un autre homme plus costaud attendait, bras croisés, cheveux tressés voletant doucement dans le vent. Cassian trouva d'ailleurs cela étonnant de le voir sans tout son attirail protecteur et combatif, mais il restait tout aussi robuste même dans des vêtements aussi fins.

« Cassian Andor, K-2SO, bienvenue chez nous, » continua l'aveugle en serrant ensuite Bodhi qui venait de briser les derniers centimètres qui les séparaient.

Cassian se laissa un temps pour respirer ce bon air frais. Cette fois-ci, il n'était pas en mission ou en bataille, non. Il était ici pour vivre.

« On pourrait travailler ensemble sur la Force qui t'anime, » fit Chirrut Îmwe à Bodhi une fois que les deux hommes eurent raconté leur mésaventure et l'accord du Conseil.

Et l'ancien gardien des Whills n'avait pas paru si surpris que cela quant à la sensibilité vis-à-vis de la Force que semblait avoir Bodhi Rook. Qui sait, peut-être le savait-il depuis le tout début ?

« Ne devient pas son rat de laboratoire, » glissa Baze Malbus d'un ton las après avoir levé les yeux au ciel.

« Ne soit pas désobligeant, je ne compte pas l'utiliser comme tel, nous travaillerons ensemble, » sourit Chirrut en donnant un coup de coude relativement puissant contre les côtes de Baze qui le frappa ensuite avec étonnante douceur à l'arrière du crâne afin de lui faire ravaler ses paroles.

Bodhi et Cassian se lancèrent un regard entendu et sourirent doucement.

C'était donc ça, de se sentir si léger ?

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? – ? - ? ABY

Blanc. Pur. Incolore. Laiteux. Rien n'était visible, mais cette blancheur était sublime, douce et agréable.

« Rook, tu sais que je t'aime ? »

Une voix qui émanait de nulle part. Un petit rire significatif. Un semblant de sourire derrière le reste des paroles.

« Hum… Prouve-le-moi pour voir, Cass' ! »

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Shili– Maison de Cassian Andor et Bodhi Rook - 4 ABY

La mort de Dark Vador s'était répandue comme une trainée de poudre dans toute la galaxie, et bien que les choses étaient loin d'être terminées contre l'Empire, la vie s'arrangeait petit à petit. Luke Skywalker avait gagné et tous avaient fait sa part du boulot dans cette progression titanesque.

Mais ce matin-là, Bodhi se réveilla en sursaut, n'étant plus habitué à des rêves aussi proches de la réalité. Il se redressa donc dans le lit circulaire, clignant plusieurs fois des yeux, se remettant doucement dans le contexte du temps. Il était dans sa propre chambre, sur une planète lointaine, avec Cassian et-…

« Bodhi, tu m'as donné un coup de pied dans les côtes… » se plaignit son partenaire, allongé sur le ventre, visage enfoncé dans son oreille.

Bodhi resta à fixer la porte entrouverte et blanche de leur chambre, le cœur battant. C'était la voix de Cassian qu'il avait entendue dans ce doux rêve.

« Bodhi… ? » appela encore une fois l'ex-capitaine en levant légèrement la tête pour jeter un regard vers le plus jeune.

Et la seconde voix avait été la sienne, il en aurait mis sa main à couper. Cela avait-il un lien avec la mort de Vador il y a peu ? Un léger sourire se dessina sur les lèvres de Bodhi qui finit par déposer une main contre son visage, riant presque nerveusement.

« Tu me fais une crise de folie… » lâcha Cassian Andor en se redressant sur son coude, ne sachant comment interpréter le comportement étrange de son compagnon.

« Rien, rien… J'ai… »

Bodhi lâcha son crâne et reporta son regard vers Cassian. Cette scène lui en rappelait fortement une autre, en lien aussi avec ses prémonitions. Et celle-ci ? Était-ce un message de la Force elle-même ?

« J'ai vu quelque chose de beau, » lui avoua Bodhi Rook en lui souriant avec nostalgie, faisant parallèle avec une vieille question de Cassian à propos de ses rêves.

Hochant lentement la tête, Cassian tira son bras pour presser sa main contre le dos de celle de Bodhi placée contre le matelas et vint entrelacer ses doigts avec les siens.

Le voilà, ce blanc. Un blanc loin d'être taché. Un blanc pur pour un avenir éclatant.

« Parrain ! » cria soudain une petite voix qui semblait venir de l'étage inférieur de cette belle maison. « Vite viens, j'ai préparé le petit-déjeuner pour vous et tatate Jyn vient de sortir des crêpes de Raada du four ! »

En effet, une délicieuse odeur chatouillait déjà leurs narines, envolant la pièce dans une bulle chaleureuse.

« Oui, Poe, on arrive ! » s'exclama Bodhi en direction de la porte alors que Cassian sautait déjà du lit pour enfiler un pantalon, l'air affamé.

Oui, nul doute que ce blanc restera intact pendant un long, très long moment.

Aujourd'hui, le soleil brillait d'une lumière plus éclatante que jamais.

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Fin

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On peut donc imager que la mère de Poe ou la père a un lien familial lointain avec Jyn ;)

Merci Lil pour toutes tes reviews régulières et merci à tous ceux qui ont lu jusqu'au bout cette petite fic sur un couple peu populaire malheureusement.
N'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de cette fic, et je vous dit peut-être à très bientôt ! KISS