Disclaimer : Les personnages du "Seigneur de Anneaux" appartiennent à leur auteur, J.R.R. Tolkien, mais aussi à Peter Jackson car les personnages que j'utilisent sont tels que l'on peut les voir dans les films. Apparemment, je peux toujours pas avoir un bout d'Aragorn… Et Merry, il est disponible ? Non plus ? Zut alors  !

Auteur : Cybelia – cybelia_mail@tiscali.fr – http://cybeliacottage.free.fr/fanfics.htm

Genre : Slash

Notes de l'auteur : Plusieurs personnes m'ayant demandé ce qui allait arriver à Aragorn et Legolas après la fin de "Rien ne s'efface", j'ai décidé d'écrire cette suite. Elle va raconter les aventures des protagonistes de "Rien ne s'efface" (Aragorn, Legolas, Frodon, Sam, Merry, Pippin et Gandalf) après leur départ du château d'Aragorn.

Héritages

Chapitre 1

Frodon était ravi d'arriver enfin chez lui. Alors qu'il allait pousser la porte de Cul-de-Sac, une voix familière l'interpella. Il se retourna et tomba nez-à-nez avec les Sacquet de Besace[1]. Frodon jeta un regard fatigué à Sam qui se tenait près de lui et lança d'une voix forte :

- Bien le bonjour, cousins ! Que me vaut la joie de votre visite ?

- Nous venons d'apprendre votre retour et nous venions vous saluer.

Sam s'interposa.

- Frodon est fatigué. Nous venons de faire une longue route. Je vous propose de revenir un autre jour.

Les Sacquet de Besace lui lancèrent un regard dédaigneux qui voulait dire clairement "Mais de quoi se mêle t'il, le jardinier ?". Frodon le remarqua et en fut irrité. Il ne put s'empêcher de parler sèchement à ses cousins, plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu :

- Sam a raison. J'ai envie de me reposer chez moi ! Revenez dans quelques jours !

Les deux Hobbits se regardèrent et partirent, furieux. Sam posa une main sur l'épaule de son ami et l'interrogea :

- Vous allez bien ?

Frodon s'adoucit immédiatement et répondit en souriant :

- Oui. Ils n'avaient pas à te parler comme ça.

- Ce n'est pas grave.

- Si, c'est grave. Tu n'es plus un jardinier, à présent. Ils te doivent le respect.

Sam haussa les épaules et Frodon soupira. Puis, il reprit son sac qu'il avait posé sur le sol et entra chez lui. Alors qu'il ressentait une joie immense à retrouver sa maison, il s'avisa que Sam était resté dehors.

- Que fais-tu ? Entre !

- Je ne sais pas…

Frodon ressortit et se campa devant son ami, les poings sur les hanches.

- Qu'y a t'il, Sam ? Demanda le Hobbit d'une voix douce.

- Je… nous… Je voudrais savoir ce que je suis pour vous, maintenant que vous êtes guéri.

- Je ne comprends pas…

- Ce que vous m'avez dit, lorsque vous étiez malade… Que… Que vous m'aimiez…

Frodon comprit alors ce qui tourmentait son ami.

- Je n'ai dit que la vérité. Je t'aime, Sam. Et, je veux que tu viennes vivre ici, à Cul-de-Sac, avec moi.

- Vous en êtes sûr ?

- Oui. Mais, à une seule condition !

- Laquelle ? Demanda Sam, hésitant.

- Que tu arrêtes de me vouvoyer !

- Je vais essayer. Je vous… te le promet.

- Parfait. Allons nous reposer, je suis épuisé.

Il entra à nouveau chez lui et, cette fois-ci, Sam le suivit, le cœur battant à tout rompre.

Frodon vida son sac de voyage et accrocha son épée, Dard, au-dessus de la cheminée, là où Bilbon la rangeait. Il repensa avec nostalgie à son oncle, se demandant s'il vivait encore. Sam était dans la cuisine en train de préparer un bon repas lorsque Frodon le rejoignit.

- Sam… Je sais que nous venons d'arriver, mais…

- Qu'y a t'il ?

- J'aimerais savoir si Bilbon…

- Vous voulez que l'on aille à Fondcombe ?

- Je sais que nous aurions pu y passer en rentrant, mais j'avais vraiment trop envie de rentrer un peu chez moi. Nous pourrions peut-être y aller dans quelques jours ou dans quelques semaines ?

Frodon avait l'air d'un petit enfant qui demandait un jouet d'une voix timide ne sachant pas si ses parents accepteraient sa demande. Sam s'approcha et, après une brève hésitation, prit son ami dans ses bras.

- Tu sais bien que je te suivrais où que tu ailles. Si tu veux repartir demain, je serais prêt.

- Merci, Sam.

Frodon se blottit dans les bras de son ami.

- Mais j'ai envie que nous profitions un peu l'un de l'autre. Nous irons à Fondcombe dans une semaine. Et, en attendant…

Il se dégagea des bras de Sam et le prit par la main, l'entraînant dans sa chambre.

- Que… que fais-tu ? Demanda l'ancien jardinier, subitement intimidé.

- Allons dormir !

- Mais, et le dîner ?

Frodon s'aperçut que son estomac criait famine.

- Tu as raison, j'ai faim.

- Ce n'est pas encore tout à fait prêt, dit Sam en retournant derrière ses fourneaux.

Frodon s'assit et répondit :

- Pas grave, je ne suis pas pressé. Sam ?

- Oui ?

- Merci.

Sam rougit jusqu'aux oreilles et murmura :

- Merci à toi.

Une semaine passa. Sam et Frodon apprenaient tranquillement à vivre ensemble. Comme il l'avaient décidé, ils repartirent en direction de Fondcombe, non sans avoir d'abord confié Cul-de-Sac au père de Sam. Frodon avait peur que les Sacquet de Besace essayent de s'emparer de ses biens et il les laissa donc sous la surveillance vigilante du vieux Gamegie. Ils firent la route rapidement, Frodon étant impatient de savoir si Bilbon était toujours vivant. Ils firent quelques haltes pour se reposer et frissonnèrent en passant en vue du Mont Venteux. Au bout de cinq jours de marche, ils arrivèrent à Fondcombe. Ils furent frappés par le décor qui s'étendait sous leurs yeux. La majorité des Elfes avaient quitté leur sanctuaire et les arbres avaient envahis les grandes salles de la demeure du Seigneur Elrond. Frodon sentit son cœur se serrer.

- Sam, je crois que c'était une mauvaise idée.

- Pourquoi ?

Alors que Frodon allait répondre, un Elfe s'approcha d'eux.

- Je vous souhaite la bienvenue à Fondcombe, Messieurs. Je m'appelle Argil. Que nous vaut l'honneur de votre visite ?

- Je… j'aimerais savoir si Bilbon Sacquet vit toujours ici.

Le regard de l'Elfe s'assombrit.

- Je suis désolé. Monsieur Sacquet s'est éteint il y a quelques semaines. Suivez-moi.

Il se dirigea vers un petit jardin abrité, suivi par les Hobbits. Une fois arrivé, il les laissa seuls. Frodon se laissa tomber à genoux devant la sépulture de son oncle, des larmes inondant ses joues. Sam se tenait en retrait et pleurait lui aussi. Ils restèrent ainsi de longues minutes sans parler, puis Frodon se releva et essuya ses larmes. Il se tourna vers Sam, un sourire timide sur les lèvres.

- Je pense que nous devrions rentrer chez nous.

Sam acquiesça silencieusement. Alors qu'ils allaient repartir, une voix forte retentit derrière eux, les stoppant net. Ils se retournèrent simultanément et s'écrièrent en chœur :

- Gandalf !

Le magicien s'avança vers les Hobbits et s'agenouilla pour les serrer dans ses bras.

- Que faites-vous ici ? Je vous croyais à Edoras.

- J'y étais. Mais j'ai fait beaucoup de route depuis. Je suis passé par le domaine de Maître Gimli et je vous en ramène une excellente nouvelle.

- Laquelle ? Demanda Sam, intrigué.

- L'épouse de notre ami va bientôt mettre au monde un héritier. Gimli va organiser une grande fête à cette occasion et m'a chargé de venir vous prévenir. J'avais décidé de faire une halte ici pour saluer mes amis Elfes et Argil m'a informé de votre présence.

- Vous saviez pour Bilbon ? Demanda Frodon, le cœur serré par le chagrin.

- Non, je viens de l'apprendre comme vous, soupira le magicien.

Son visage restait impassible, mais les Hobbits pouvaient voir dans ses yeux la tristesse qui l'habitait.

- Mes amis, je pense que nous devrions nous mettre en route vers la Montagne Solitaire si nous voulons y arriver avant la naissance.

- Allons-y ! Répliquèrent les Hobbits, heureux de repartir à l'aventure.



[1] Pour les personnes qui n'ont pas lu le livre, ni vu le film, les Sacquet de Besace sont des cousins de Bilbon Sacquet (lui-même étant l'oncle de Frodon) et ils rêvent de s'emparer de Cul-de-Sac qui est l'habitation la plus belle de la Comté.