Chekov à 2 ans quand il s'aperçoit qu'il est différent. Deux ans seulement, et cette impression froide et douloureuse ne le quitte plus.

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Il n'y a pas d'éléments déclencheur, ce n'ai pas une révélation glaçante un jour de pluie –il fait même relativement beau en ce moment-, ou l'invention d'un esprit d'enfant solitaire.

A vraie dire cela ne lui fait rien.

Ou du moins ne lui fait pas grand-chose de plus.

Il a toujours vécue avec cette boule dans le ventre, il est habitué maintenant.

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Parfois il essaye d'en parler à Mama, peut-être est-il malade comme « Vi'tor » quand il avait mangé des petits fruits rouge ?

Mais quand Mama le regarde la boule grossit et il doit serrer très fort « Nesti » pour ne pas pleurer.

Il ne doit pas pleurer ou le regard fera encore plus mal.

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Il pense que Mama ne l'aime pas beaucoup, elle oublie toujours de lui donner son bisou du soir, ne lui sourit pas quand il enfile tout seul sa tunique et elle le gronde quand il parle.

Papa non plus il ne doit pas l'aimer beaucoup, il ne le prend jamais sur ces épaules comme « Edua'd » et ne l'emmène pas dans les bois comme Feodor ou « Ni'olaï ».

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Parfois il se fait bousculer par ces grandes jambes, alors qu'il attend silencieusement, Nesti collé contre son torse. (Il est grand Nesti, presque autant que lui –ces grands frères rigolent, ils disent que c'est lui qui est trop petit-, il est un peu abîmé aussi, c'était celui de Feodor. Mais il n'en veut plus maintenant que c'est un grand. Pavel pense que lui ne l'abandonnera jamais.)

Alors Papa trébuche et dit plein de vilains mots, avant que son visage ne se fige, surpris en regardant le petit garçon roux se relever, toujours sans bruit, et le fixer de ces grands yeux gris. Il se reprend et s'excuse en l'appelant « p'tit bonhomme » et Pavel est heureux.

Sa efface presque l'expression de papa quand il la vue. Presque.

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Sa langue le démange, il veut parler.

Raconter ce qu'il a fait aujourd'hui, lui demander si il veut bien jouer avec Nesti et lui –Nesti se sent seul-, lui dire qu'il est plus un bébé maintenant –alors il peut l'emmener avec lui non ?- et l'aider quand il grogne contre son delta tabloïde –il y a 12 358 bottes dans 1 hangars donc 37 074 pour les 3 de la maison et 48 261 sur tous les champs Papa-.

Il voudrait lui dire, mais il ne sait pas comment on dit après 999 –pourtant dans sa tête c'est très clair-. Et quand il a demandé à Mama elle a eu peur et lui a dit de ce taire.

Il voudrait que Papa soit fière de lui, il sait lire autant de lettres que Edua'd et compter combien il reste de foin quand on en prend la moitié –ça s'appelle une division lui a dit Feodor-.

Sa gorge le brûle, il veut parler.

Si il fait du bruit ils ne l'oublieront plus non ?

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Pourtant il se tait et baisse la tête. Mama n'aime pas quand il la regarde –elle est terrifier par ces yeux si intelligent qui semble la disséquer, au milieu de ce visage poupin. C'est dérangeant, anormal-. Et les autres ne sont pas contents quand il répond à leur place.

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Pavel comprend beaucoup de chose.

Il comprend qu'il est différent.

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Mais il ne comprend pas pourquoi.