Un OS écrit dans le cadre du Fof, il fallait écrire sur le thème "Origine" en une heure. C'est un peu une sorte de sequel à "Retourner à la poussière". Ou un teaser...

Bonne lecture !


Gaster regardait ses petits frères jouer. Ils devaient avoir dans les six ans maintenant. Le plus petit, il l'avait appelé Sans. Très fainéant, mais tellement drôle et blagueur. Le plus grand, il lui avait donné le nom de Papyrus. Excité, affectueux et naïf, voire idiot hilarant.

En soi, il n'avait gardé que peu de choses de leur mère, si ce n'est cette joie de vivre.

Avouerait-il leur origine ? Est-ce que Gaster devait dévoiler leur histoire ? Ce n'était pas un problème pour eux, mais pour lui.

Il n'y arrivait pas. Il n'y arrivait pas à y penser sans que les larmes ne s'accumulent dans ses orbites.

Il naquit en enfer. Considéré comme un rat de laboratoire. Les piqûres avaient perforé ses os, les études sur son corps l'avaient fatigué, alors qu'il venait à peine de naître. Et il n'y avait pour seule chaleur que les bras de son père et de sa mère.

Pourquoi tout avait disparu ?

Pourquoi devait-il toujours avoir froid, maintenant ?

Personne ne savait pour lui et ses frères. Personne ne savait leur secret. Il avait vu le cadavre de sa mère, morte alors qu'elle amenait ses deux bébés dans la prison souterraine où étaient enfermés les monstres. Morte, probablement pour le revoir, et Gaster n'avait pas pu l'enterrer dignement.

Ses parents lui racontaient la surface, pendant leur captivité. Le soleil, les plantes, les astres. Tout ce que la terre offrait à voir.

Il n'avait assisté à ce spectacle que pendant un court instant. Lors de la grande bataille entre monstres et humains, où le soleil éclairait la terre déchirée par la guerre. Terre sur laquelle Gaster était censé tué.

Mais il n'était qu'un enfant. Un enfant ! Né il y a peu de temps, un nouveau-né forcé à grandir et entraîné à se battre, pour finalement contempler la guerre, et son père mourir devant ses yeux !

Pas une existence, mais un cauchemar.

Un bruit le tira de ses sombres pensées. Papyrus, agenouillé au sol, s'était mis à chanter, sous le regard ébahi de Sans. Gaster reconnut la comptine qu'il fredonnait à ses frères pour qu'ils dorment. La comptine que fredonnait sa mère.

Il ne put s'empêcher de sourire. Au moins, il lui restait un dernier souvenir. Un dernier trésor. Qui lui permettrait de lui rappeler le passé, son origine, sans tristesse.

Il s'avança et prit ses petits frères dans ses bras. Ils lui rendirent son étreinte.

Et nous chantons doucement.