Bonjour, bonsoir,

Et voilà, dernier chapitre de Plan D. J'ai pris un tel plaisir à l'écrire, vous vous imaginez même pas - un brin sadique, j'adore ça.

Bref, cette fin va permettre une publication plus rapprochée de LSVA et je m'en réjouis d'avance.

Merci Arya pour tout ton travail.

Des bisous et bonne lecture,


CHAPITRE V

Dean

Mardi soir.

Trois jours que je n'ai pas revu mon beau brun et, ma foi, c'est pas plus mal. Non, mais, je suis pas quelqu'un qu'on prend juste pour de la baise, bon sang !...

- Je suis bien contente que tu m'aies appelée.

Je me redresse du lit, me masse les tempes et observe la jeune étudiante remettre ses boucles d'oreilles à la sortie de ma salle de bains.

Bon, okey, je suis quelqu'un qu'on prend juste pour de la baise. Mais pas Cas, Cas n'a pas le droit.

Je me lève, me frotte le haut du crâne à la recherche de mon caleçon qui doit être… Où est-ce que je l'ai balancé ? Je l'attrape alors que j'entends un bruit se répercuter dans mon salon, je soupire en comprenant que quelqu'un est à la porte.

Faites que ce ne soit pas Charlie, je l'ai appelé pourtant, pour lui dire que je ne mettrais pas les pieds en cours de la semaine. Si c'est elle, c'est de l'harcèlement.

Benny ? Oh non, juste, je veux pas le voir.

Je trottine jusqu'à la porte d'entrée, m'habillant rapidement de mon boxer. Si Benny vient pour m'amener dans son bar médiocre, je lui lance une bouteille d'eau sur la tronche. Mieux, je lui écorche le bras avec mes dents.

J'ouvre la porte.

- Cas ?

- Hello, Dean.

Merde, que… Comment… Comment il sait où j'habite ? Je le dévisage longuement alors que ses yeux me scrutent : il regarde mes jambes, mon entrejambe, remonte sur mon torse et… Pourquoi j'ai pas mis un pantalon ? Ne le regarde pas, Dean, ne bande surtout pas !

Il me sourit, ses joues légèrement rouge et je vois ses yeux redescendre vers mes hanches. Mon dieu, il va m'achever.

J'ouvre la bouche, la referme, planque tout doucement mon bassin derrière la porte et je soupire. Il fallait bien que je sois confronté à cette gueule d'ange un jour mais c'était trop tôt, bordel, j'étais pas prêt.

- Charlie m'a dit que tu n'as pas été en cours depuis lundi, c'est elle qui m'a donné ton adresse.

- J'oublierai pas de la remercier.

Sarcastique, Dean ? Oh mais ouais, fabuleux. Castiel entre dans mon appartement sans que je l'invite, je suis sur le point de lui dire de partir mais, finalement, je me retiens, ferme la porte et je pars m'installer sur une chaise, en mode dépité. Pourquoi il est là en fait ?

- Dean, je crois que j'ai-

- Ah ouais, euh… Cas, je te pré-

- Je la connais, nous sommes en cours ensemble.

Je me retourne vers la blonde qui met en place tous ses bijoux à ses poignets et je l'observe incrédule.

- T'es en litté ?

- C'est ça.

- Ah, ok, je savais pas.

Elle rit en empoignant son sac à ma main et me dépose un baiser chaste sur les lèvres avant de me balancer :

- Il n'y a pas grand chose que tu connais de moi, Dean, si ce n'est ma taille de soutif.

Un clin d'œil et elle s'éloigne vers la porte d'entrée en balançant sa main vers Castiel.

- Appelle-moi, Dean.

- Salut.

La porte claque et le silence revient. Je me racle la gorge, me dandine sur la chaise et je triture mes doigts, oh, tiens, j'ai une petite griffure sur le pouce.

- Ça sent-

- Le sexe, ouais.

Je lève mon doigt et je montre chaque recoin avec, un sourire sincèrement malsain sur les lèvres.

- On a couché dans chaque pièce et dans chaque recoin avec Maggie, c'est ma copine.

Bon, j'en fais sans doute un peu trop mais oh, hé, j'avais le droit de me venger, nom de nom. C'est lui qui merde, pas moi.

- Claire.

Je lève mes yeux vers lui, ne comprenant pas le moins du monde ce qu'il entend par claire ? Claire, ça pue le sexe ?

- Quoi ?

- Elle s'appelle Claire et non Maggie.

Ah… Crédibilité zéro, Dean…

- Maggie, c'est son surnom.

Sors la rame, Dean-o, et pagaie loin et vite. Je me masse la nuque, gêné, parce que ouais, là, niveau gaffe attitude, je gère puissant.

- Bon, bref, qu'est-ce que tu fous, ici ?

- Je suis venu m'excuser pour mon attitude de dimanche.

Je le scrute longuement, ne le lâchant pas du regard, attendant qu'il en dise plus mais il ne dit rien et me regarde simplement avec une lueur déterminée. Pourtant, je ne vois pas une seule once de culpabilité dans son regard et cette constatation m'énerve.

Je me lève, joint mes mains autour de ma nuque, je soupire et repose mon regard sur lui.

- C'est faux, tu ne regrettes rien.

- Je viens m'excuser, je n'ai jamais dit que je regrettais.

- Ça revient au même. Si tu t'excuse, tu regrettes, ça va ensemble !

Il dandine de la tête, le regard dur, droit comme un i. Il paraît grand dans cette position, ça me perturbe.

- Je ne regrette pas de t'avoir demandé de coucher avec moi, Dean. Je m'excuse simplement de te l'avoir dit.

- Putain mais tu te rends compte de ce que tu me dis ? Ambre est au courant que tu es là ? Parce que je t'assure que je serais pas le seul à être aussi énervé, maintenant.

Son regard se met à lancer des éclairs, littéralement, et il semble sur le point d'exploser. Chose qu'il finit par faire en serrant ses poings contre son corps.

- Que veux-tu que je te dise, Dean ? Tu me rends fou ! Tu sais ce que je regrette ? Je regrette d'avoir trop bu samedi soir parce que si j'avais diminué ma consommation, on aurait couché ensemble. Au lieu de ça, je me suis endormi comme une masse dans tes bras ! Je ne fais que de me passer cette scène en boucle dans ma tête, en m'imaginant ce qui se serait passé si je ne l'avais pas fait ! Ca me ronge, Dean !

Sexuellement. Tout n'est que sexuel avec lui et, nom d'un chien, c'est pas seulement ça que je veux avec lui. Pas seulement du sexe pour du sexe, comme avec Maggie.. Claire... Peu importe. Je veux juste faire l'amour avec lui, aller faire les boutiques avec lui, manger du pop-corns avec lui au cinéma, je veux être un putain de couple avec lui.

Ouh, c'est bon de se le faire dire intérieurement, j'ai l'impression d'avoir un poids en moins.

- Ouais, et ? Tu es avec Ambre, Cas ! Tu es en couple ! Et puis, quoi, tu vas coucher avec moi une fois et c'est tout ? Tu te barres ensuite ?

- Si c'est pas moi qui me barre, ce sera toi ! Ta réputation te précède, Dean ! On sait tous comment tu fonctionnes !

Claque puissante et monumentale. Ouais, je suis un coureur de jupons, ouais, je couche pour le plaisir de coucher parce que je n'ai simplement pas trouvé la bonne personne. Et celle-ci est là devant moi, je le sais, je le sens, dans chaque recoin de mon organisme. C'est Castiel que je veux à mes côtés. Pour toujours, bordel !

- Tu me veux, tu la quittes ! A prendre ou à laisser !

Prions le seigneur, à présent. Prions pour que cet abruti de Castiel quitte sa partenaire. Amen.

- Bien.

Bien ? Bien, bien, bien ? Comment ça bien ? Je reste incrédule alors qu'il ouvre la porte de mon appart' et je reste pétrifié.

- Au revoir, Dean.

Au revoir, Dean ? Je fais un pas, la porte claque, et je me retrouve seul, la bouche entrouverte. Le salop !

OoooooooO

Une larve. Une larve immonde et répugnante. Voilà ce que je suis.

Nous sommes vendredi et je pleure encore et toujours comme un foutu gosse qui vient de perdre son jouet favori.

Bon, à mon niveau, c'était carrément l'homme de ma vie que je venais de perdre mais, hé, c'est du pareil au même.

Je viens de vomir la bière que je viens d'enfiler et également ma fameuse tarte à la pomme. Ma tarte à la pomme… Castiel le paiera un jour !

- Cas...

Je lâche encore un hoquet. Ça ne peut pas s'arrêter un jour ? Je vais plus avoir d'eau dans le corps à cette allure ! J'avais entendu dire que 80% de notre organisme était fait d'eau… Je suis plus qu'à 20 maintenant et encore, je suis probablement optimiste.

Je crache dans l'évier et je pleure encore. Ça, c'est parce que je vois un morceau de tartes dans le siphon, c'est tout. C'est plus du tout à cause de Cas.

Nouveau reniflement. Pourquoi quand je pense à Cas, j'ai encore des larmes au coin des cils ? Il peut pas juste disparaître de mon cerveau. Charlie qui s'y connait en magie, elle peut pas, hop, me faire oublier toute cette histoire ?

Laissez-moi mourir !

Je sursaute en entendant un toc me provenir de l'extérieur. Qui sait qui m'emmerde un vendredi ? Qui sait qui vient perturber ma peine de cœur, hein ? Ils ont pas autre chose à foutre ?

Je frotte mes yeux avec énergie, me passe un coup d'eau gelé sur le visage et je grimace devant ma dégaine. Je fais peur à voir, même pour moi. Génial.

Nouveau toc.

- Patience, putain ! J'arrive !

J'enfile mon peignoir, renifle à nouveau, m'observant encore dans le miroir. Ouais, bah, la personne va se contenter d'un Dean amoché par l'amour.

Mon cœur se serre encore. Dieu que j'en ai marre de ce corps. Je trottine comme un mourant jusqu'à la porte, "Dean-zombie : un nouvel épisode chaque jour", ça claque, et j'ouvre la porte.

- Dean…

- Qu'est-ce que tu me veux encore ?

Je pose mon front sur la porte, entièrement lessivé à présent. Il vient fêter sa victoire ? Je sens de nouvelles larmes s'agglutiner autour de mes yeux mais je les ferme et inspire pour les faire partir.

- Je suis tellement désolé.

Je sens son petit corps se coller contre mon peignoir, timide. Je n'ai pas la force de le repousser, au contraire, cette proximité me fait un bien fou. Je vais clairement être achevé, là.

- S'il-te-plaît, Cas, ne me fais pas plus souffrir que tu ne l'as déjà fait. Je le supporterai pas.

Je sens ses bras m'encercler le corps et son étroite étreinte devient plus forte. Je peux sentir son parfum m'asperger les narines et cet odeur me parvient naturellement jusqu'à mon cerveau, m'envoyant un "respire à fond, ne la quitte plus" qui clignote avec frénésie.

- Je t'ai choisi, Dean. Je prends ce que tu me donnes.

Je ricane avec tristesse. Tout est triste chez moi depuis une semaine de toute façon, je me suis habitué à cette émotion.

- Mon corps, c'est ça ?

- Je ne veux pas que ça mais je prends ce que tu es prêt à me donner..

Je ferme la porte, suis son mouvement et Castiel se retrouve dos contre cette dernière. Il ne m'a pas lâché et moi, je pose mes paumes contre sa taille. Je tourne le visage vers la gauche, lentement, et mes lèvres se posent sur son oreille.

- Et si c'est mon cœur que je souhaite te donner ?

- Alors le mien est à toi.

OooooooooO

Je rumine dans mon coin devant l'épisode de The Walking Dead qui s'apprête à se terminer. Dieu que cette histoire est loufoque, comme si j'allais me trimbaler à dos de cheval dans une ville envahie de zombie. Il est débile ou quoi ?

Je lâche des yeux la télévision et je me retourne pour observer Castiel judicieusement concentré pour avancer sur son livre historique. Des feuilles sont éparpillées autour de lui, un crayon a pris place au creux de son oreille et un autre entre ses lèvres.

Il est beau ainsi. Il l'est toujours. Dans n'importe quelle circonstance. Quel chanceux !

- Hé, Cas ?

- Mmmmh ?

- Tu te souviens de la première fois qu'on s'est vu ? Chez toi ? J'étais venu pour prendre un livre à Ambre.

Il lève les yeux de son bouquin et les dévie vers moi, un sourcil relevé.

- Oui, je me souviens.

- En fait, c'est parce que je voulais coucher avec Ambre mais je t'ai vu et j'ai craqué.

Un demi-sourire se dessine sur son visage, j'en fais de même dans la seconde. Son sourire est trop craquant, j'y peux rien !

- Tu as craqué ?

- Yep', et j'ai du mettre en place toute une stratégie pour te revoir.

Cette fois, il se redresse entièrement sur sa chaise, son dos se collant contre le dossier, et il semble véritablement curieux.

- Une stratégie ?

J'hoche la tête, me déplace sur le canapé, mes genoux contre l'assise, mes bras avachis sur le haut et je pose mon menton sur ces derniers, mon regard émeraude posé sur lui.

- Mon Plan A était de faire du charme à Ambre pour qu'elle m'invite de nouveau chez elle. Elle m'a envoyé boulet. Mon Plan B a été d'envoyer Benny vers elle pour qu'il s'incruste chez vous et me donne toutes les infos sur toi. Elle l'a aussi envoyé balader.

- Tu n'es pas sérieux ?

- Si. Mon Plan C a été d'envoyer Charlie chez vous, je pensais qu'Ambre était lesbienne puisqu'elle m'avait rejeté, moi et Benny. Et bingo, Charlie a réussi à me donner toutes les infos que je voulais. Ce que tu faisais, où tu étudiais etc...

Il lève ses deux sourcils, cette fois, et penche le visage vers la gauche. Cette moue me fait chavirer, tout chez lui me fait chavirer.

- Et ton Plan D ?

- Mon Plan D ? Envoyer Dean jusqu'à toi.

Je lui fais un clin d'œil charmeur et il se lève pour me rejoindre, s'installant sur le canapé à quelques centimètres de moi.

- Tout était calculé, finalement ?

- Absolument tout mais je ne m'attendais pas à tomber amoureux de toi, Cas.

Il ouvre les yeux, entrouvre la bouche, et je souris. Hé, ouais, bébé, je peux le dire haut et fort, c'est toi que j'aime et pour le restant de mes jours.

- Dean...

Je me décale légèrement, ma main se pose sur sa joue et je caresse ses lèvres du bout de mes doigts.

- J'aime notre histoire, Cas, malgré le fait que tu as fait souffrir Ambre. Je ne regrette rien.

- Ambre ne nous en veut pas, Dean. Moi aussi, je t'aime.

Je m'avance pour sceller mes lèvres aux siennes, tendrement, amoureusement. Tous mes gestes n'étaient qu'amour dès lors qu'ils étaient pour Cas. Huit mois. Huit mois qui me semblent n'être que des secondes. Ma vie à ses côtés passe tellement vite.

- Tu sais que je me suis mis avec Ambre parce que tu es venu nous voir la première fois ?

- Hein ?

Je fronce les sourcils.

- Quand je t'ai vu venir jusqu'à nous pour la voir, j'ai pris peur. Je pensais que tu voulais sortir avec elle alors j'ai pris mon courage à deux mains et je me suis déclaré. Je ne l'aurais jamais fait si tu n'étais pas venu.

- Tu veux dire que tu aurais été encore célibataire si je ne m'étais pas pointé ?

- C'est ça.

- La boulette !

Castiel rit, de son rire à me faire fondre, et je ris à mon tour, collant un peu plus étroitement mon corps contre le sien.

- Sauf qu'on ne se serait jamais rencontré.

- Bien sûr que si, j'aurais bien fini par tomber sur toi, Cas, et peu importe dans quelles circonstances, j'aurais forcément craqué pour toi.

- Tu dis n'importe quoi.

Je l'embrasse, le faisant taire au moins pour quelques heures, parce qu'évidemment, je ne compte pas le laisser gentiment assis sur moi. Non mais, je reste Dean Winchester et le sexe, c'est la vie. Mais seulement avec Cas.

* THE END *